Sécheresse : "Il faut prélever les excès d'eau" et la penser "comme une denrée rare et à réguler", estime Marc Fesneau
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Bienvenue, si vous nous rejoignez, à l'instant, on est ensemble pendant une demi-heure pour l'invité du 8.30 sur France Info, la radio et sur France Info, canal 27, avec comme chaque matin dans le studio Jean-François Aquili. Bonjour. Bonjour Céline. Et bonjour à vous Marc Fénaud. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation ce matin. Vous êtes le ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire. Alors on va parler de la rentrée, bien sûr, rentrée politique, puisque le Conseil des ministres de la rentrée aura lieu demain, rentrée sociale également. Mais d'abord, si vous le voulez bien, revenons sur l'été qu'on vient de traverser, qui a été terrible à bien des égards.
La sécheresse, la canicule, les orages. Vous avez annoncé hier une première série de mesures pour le secteur agricole. Est-ce que ça n'arrive pas quand même un petit peu tard ?
Par nature, non, puisque pour ce qui est du court terme et la gestion de crise, il faut qu'on soit au moment où on peut distinguer ce que sont les effets de la crise pour essayer de répondre. Donc c'est une première série de mesures. Je rappelle qu'on parle de productions qui, pour un certain nombre d'entre elles, n'ont pas été encore récoltées. Je pense au maïs, je pense au tournesol.
On sait déjà que ça va être en baisse.
On sait qu'on va avoir des difficultés. Donc c'est pour ça qu'on a un premier train de mesure. Et puis on verra à l'automne, une fois que la saison sera terminée, pour compléter éventuellement les dispositifs qu'il faudra, quelle est la difficulté principale ? Elle est liée à l'élevage. Pourquoi ? Parce que les éleveurs, généralement, mobilisent plutôt les fourrages ou mobilisent plutôt les prairies ou le maïs qu'ils produisent eux-mêmes. Or, on a une production de maïs qui est plus faible. Et deux, on a des prairies, tous ceux qui ont été sur les routes de France, cet été long vu, qui ressemble plutôt à des paillassons qu'à des prairies. Et donc on a un problème d'alimentation animale.
Et donc une difficulté pour les éleveurs à trouver très rapidement maintenant de l'alimentation, comme ils le font en hiver. Sauf que là, on est au mois d'août. Et donc c'est ça la difficulté principale devant laquelle on est.
Marfeno, ce sont à peu près tous les secteurs, à part peut-être la vigne ou les grandes céréales, ce sont tous les secteurs qui sont impactés par cette sécheresse. Par nature, oui. Ça veut dire qu'il faut aider tout le monde, finalement ?
Il faudra pièce par pièce, si je peux dire. Secteur par secteur, regardez les conséquences. La vigne, alors ça n'a pas été la sécheresse pour la vigne. Vous l'avez dit, vous avez parlé des orages, ça a été plutôt la grêle. Il y a eu encore des épisodes de grêle ou d'orages violents, je pense, dans le Gers ou dans le sud de la France ou en Corse, évidemment. Et donc, secteur par secteur, regardez, alors les grandes cultures, ça occupe une grande partie de nos surfaces. Une partie a pu être récoltée dans des conditions qui sont plutôt correctes, je pense, desserrées à la paille. Donc il faudra garder l'arboriculture, le maraîchage. Pourquoi ?
Parce qu'il y a un sujet d'accès à l'eau et une difficulté pour un certain nombre d'entre eux à avoir une production qui soit rendue.
Mais Marc Fénault, juste avant de rentrer dans le détail, des mesures secteur par secteur, une vision globale quand même de la gestion de crise. Est-ce que vous avez été suffisamment sur le terrain ? On a le sentiment qu'on a vu beaucoup Gérald Darmanin parler des incendies, aller voir les pompiers s'inquiéter du front des feux de forêt. On a assez peu vu le ministre de l'Agriculture auprès des éleveurs, auprès des cultivateurs, très inquiet par cet été hors normes.
J'ai été à la fois sur le terrain début août, encore la semaine dernière, enfin j'ai été sur le terrain tout l'été, à la fois pour constater et puis essayer d'évaluer les mesures. Les mesures que j'ai évoquées hier, que j'ai présentées hier, sont le fruit d'un travail de terrain que j'ai fait avec les équipes du ministère, les équipes des services déconcentrés de l'État. Donc le sujet c'est à la fois d'être sur le terrain et en même temps de regarder concrètement ce qui est possible pour l'agriculture.
Dans cette situation de crise là, Marc Fénaud, il faut communiquer au maximum ou il faut être discrètement sur le terrain ?
Il faut les deux. Je pense qu'il faut communiquer pour montrer qu'on est au plus proche des difficultés. Quand il y a un épisode de grêle, quand j'étais dans l'Allier, j'étais dans les Abdes-de-Haute-Provence, j'étais dans le Maine-et-Loire l'autre jour. Bref, il faut à la fois être sur le terrain parce qu'il faut montrer aussi aux agriculteurs, puisque c'est d'eux dont on parle en l'occurrence, qu'on est au plus proche de leur réalité, qu'on essaie de percevoir ce que sont leurs difficultés. Et puis deux, après, il faut aller là plus discrètement, faire un travail de fond, qui est un travail de réponse aux enjeux qui sont les leurs.
Parce qu'il y a des attentes du tout de suite, du maintenant. Il y a eu cette conférence hier pour présenter les premières mesures sécheresse. Vous allez mobiliser le régime de calamité agricole. Alors ça ne concerne pas tout le monde.
Non, alors il y a le régime de calamité agricole, il vient couvrir... Il y a ceux qui en bénéficient et pas les autres. Non, il vient couvrir, oui, bien sûr, mais il vient couvrir les besoins. C'est un régime qui existe depuis très longtemps. Il vient couvrir les besoins et les nécessités qui sont des cultures qui ne sont pas assurables. Ça, c'est un premier élément. Et donc c'est principalement les prairies, parfois un certain nombre de cultures. Ça peut être aussi, parce qu'on va avoir des conséquences, on le dit, trop peu sur des cultures dites pérennes. Je pense à l'arboriculture, aux petits fruits, le cassis, les framboises.
Là, c'est le fond qui a un risque de disparaître, parce que l'absence d'eau peut faire disparaître et mourir ces plantes-là. Et donc le système de calamité va être mobilisé. Deuxième élément, on va mobiliser aussi la capacité, parce que c'est un sujet de trésorerie pour beaucoup d'agriculteurs, c'est la capacité à acheter du fourrage, à acheter des compléments alimentaires pour leurs animaux. Et donc on va mobiliser la PAC en disant qu'en fond, les versements PAC, c'est 50% qu'on verse le 16 octobre et on va être plutôt à 75%, ce qui permet de remettre dans la machine, si je peux dire, de la trésorerie pour les agriculteurs. C'est quoi, c'est un milliard ?
Un milliard et demi, ça fait un milliard et demi. De plus, qui seront versés en avance de phase, qui permettront aux agriculteurs de pouvoir, pour une part d'entre eux, et puis après on va évaluer ce que vous disiez à juste titre, les besoins complémentaires, pour regarder ceux qui sont vraiment dans des situations d'impasse, pour répondre à leurs besoins, et ça, ça va se dérouler dans les semaines qui viennent.
Est-ce qu'il va y avoir des conséquences sur les prix ? Est-ce que ça, on peut déjà le mesurer sur les prix alimentaires ?
Alors, il y a les principales conséquences des prix alimentaires, vous l'avez vu, on l'a tous vu, c'est les conséquences de la guerre en Ukraine, puisque le prix des céréales est un prix qui a monté très puissamment à partir... Alors, il avait commencé à monter avant, mais qui a monté puissamment à partir de la crise ukrainienne. À date, on ne peut pas dire ça, parce que c'est un sujet plutôt d'accès et de trésorerie, mais en tout cas, il faut être vigilant pour faire en sorte que ne vienne pas se surajouter à cette question ukrainienne et à l'inflation qu'il y a à la crise ukrainienne, une inflation qui soit de notre nature.
Ça veut dire qu'il pourrait y avoir un mécanisme de compensation, si tel était le cas ?
Non, mais il y a déjà des... Ça, c'est un autre registre, c'est le registre pouvoir d'achat, c'est le registre inflation, mais à date, ce n'est pas ça qui est le sujet principal. Le sujet principal dans le milieu agricole, c'est que les agriculteurs puissent avoir accès pour des questions de trésorerie à de l'alimentation animale.
Qu'est-ce que vous dites aujourd'hui, ce matin, Marc Fénoux, à tous les agriculteurs, les éleveurs qui vous écoutent ce matin, ça va être comme ça tous les ans ? Il y a une vision des années qui viennent ?
Mais ça, c'est le moyen et le long terme, et c'est là-dessus qu'il faut travailler. La vérité, quand vous êtes face à des agriculteurs, quand on est sur le terrain qui ont eu parfois gel, grêle, sécheresse, le tout dans un pas de temps qui est de 12 mois, il y a une forme de désespérance avec le sentiment pour le monde agricole que de crise en crise, leur capacité productive, et donc on fond la souveraineté qui est la nôtre, elle risque de diminuer. Donc on a besoin de travailler sur ce qu'on appelle la résilience, c'est-à-dire la capacité des systèmes à être raisonnés, à être pensés dans un dérèglement climatique qui va durer. – C'est-à-dire quoi ? Faire des provisions ?
Changer la production ? – C'est des natures de production qu'on fait évoluer. Par exemple, on glose beaucoup sur le maïs, mais il y a déjà un certain nombre d'agriculteurs qui se sont orientés vers d'autres productions qui permettent de se substituer au maïs qui est très demandeur en eau.
– Le sorgho, par exemple ?
– Oui, par exemple. Il y a d'autres solutions qui peuvent être trouvées. C'est de travailler aussi sur les réserves en eau, parce qu'au fond, il faut faire en agriculture ce qu'on conseille à chacun d'entre nous quand on a une maison, c'est qu'on récupère l'eau de pluie quand il y en a trop pour pouvoir arroser son jardin. C'est exactement le même système, parce que l'eau en agriculture, pardon de répéter une évidence, sans eau, il n'y a pas d'agriculture. C'est un combat multimillénaire, le combat du monde agricole pour accéder à l'eau. Et donc, il va falloir aussi qu'on travaille sur ces sujets-là.
Puis, les pratiques agricoles, ce qu'on appelle l'agroécologie en particulier, qui permettent d'avoir des systèmes qui soient plus résistants, si je peux dire, à ces dérèglements climatiques.
– On va y revenir évidemment à la gestion en eau, parce que c'est un enjeu primordial. À l'avenir de l'agriculture également avec vous, Marc Phénon, ministre de l'agriculture. Tout d'abord, 8h40, le fil info, ce qu'il faut retenir de l'actualité de ce mardi, c'est avec Louise Buyens.
C'est l'heure de la rentrée pour l'exécutif. Elisabeth Borne et Emmanuel Macron dînent ensemble à l'Elysée ce soir. Au menu notamment le pouvoir d'achat, la réforme du chômage et la planification écologique. Ils se préparent avant le premier conseil des ministres, prévu demain. L'hôpital de Corbeille-Essonne, en région parisienne, n'a pas payé les 10 millions de dollars de rançon réclamés par les hackers qui ont piraté le système informatique de l'établissement ce week-end. Depuis, les admissions aux urgences et l'accès au dossier des patients sont très fortement perturbés. La direction n'envisage pas un retour à la normale avant plusieurs semaines.
Trois policiers suspendus aux Etats-Unis après une arrestation particulièrement musclée en Arkansas dimanche. Une vidéo montrant un homme plaqué au sol et tabassé par les agents circulent sur les réseaux sociaux. Plusieurs enquêtes sont en cours. Pénalisé par l'envolée du gaz qui nourrit l'inflation et augmente les risques de récession en Europe, l'euro passe sous la parité avec le dollar. La monnaie européenne n'a jamais atteint un niveau aussi bas depuis son entrée en circulation il y a 20 ans. Et avec nous Marc Fénaud, le ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire. Marc Fénaud, vous évoquez la gestion de l'eau.
Écoutez ce qu'on a dit la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, qui était l'invité vendredi dernier de nos conférences de France Inter.
Comment se fait-il qu'aujourd'hui les Pays-Bas et le Danemark, qui sont plus au nord que la France, se stockent plus d'eau que la France ? Nous avons un blocage idéologique en France sur ce sujet. On a besoin d'eau aujourd'hui. Tous les pays qui tiennent leur agriculture ont stocké plus d'eau que nous. En France, nous n'utilisons que 1,7% de l'eau de pluie qui tombe du ciel. C'est plus de 20% en Espagne. Face à une eau plus rare, il faut une gestion plus intelligente et une irrigation de résilience.
Marc Fénault, blocage idéologique, nous explique Christiane Lambert. Les écologistes sont hostiles à l'idée de stocker l'eau pour l'agriculture.
Oui, alors après, il faut simplement regarder la réalité des choses. Je le disais tout à l'heure, sans eau, il n'y a pas d'agriculture. Ce qu'on mange, c'est de l'eau. Quand vous mangez une salade, quand vous mangez des tomates, quand vous mangez, enfin bref, on peut multiplier les produits, c'est 90-95% d'eau. Donc il y a besoin d'eau pour faire pousser. Pardon d'avoir répété cette évidence. Deux, vous regardez un certain nombre de régions. J'étais donc dans les Alpes-de-Haute-Provence au début août.
S'il n'y avait pas un certain nombre de réserves en eau, je pense aux barrages de Serpensons et autres qui avaient été créés il y a certaines années, il y a des dizaines d'années, on se retrouverait dans la situation d'être en pénurie. Mais alors parce que à l'Ivoire, nous sommes en retard ? Sans doute, nous étions d'un pays d'un climat tempéré. Donc des régions type Provence-Alpes-Haute-Dazur avaient développé à l'époque, parce qu'ils avaient déjà cette conscience de risque méditerranéen, au sens de risque de sécheresse, qu'il y avait une difficulté. Mais étant un climat plutôt tempéré, nous n'étions pas à penser l'eau comme une denrée rare et une denrée à réguler.
Donc vous allez enclencher, j'imagine. Oui, alors ce n'est pas complètement nouveau, parce que pardon de vous dire qu'on a travaillé, mon prédécesseur Julien Denormandie avait beaucoup travaillé ce qu'on a appelé le varenne de l'eau, qui visait à développer trois axes. Le premier, le système assurantiel, peut-être qu'on y reviendra. Le deuxième, c'était le changement des pratiques. Et le troisième, c'est la création de réserves en eau. Pourquoi ? Parce qu'en gros, le volume d'eau qui tombe chaque année est le même. La difficulté, c'est que cette eau ne tombe pas de façon régulière. En gros, vous aviez, dans un département comme le mien... Donc il faut stocker.
Oui, dans un département comme le mien, vous aviez en gros 600 mm d'eau qui tombait chaque année. Et on pouvait presque diviser par 12, c'était à peu près le volume qui tombait tous les mois. Sauf que, par exemple, dans mon département, il est tombé une dizaine de millimètres d'eau depuis le 15 juin. Donc on a besoin... Et donc à la fin, il y aura 600 mm. Et donc il y a besoin, quand il y a trop d'eau, de pouvoir la stocker pour pouvoir la restituer
quand il y aura des périodes de pénurie. Vous savez, Marc Fénaud, toutes les critiques qui sont faites à l'encontre des réserves d'eau qui pourraient, selon les écologistes, favoriser la sécheresse parce que ça empêche l'eau de s'infiltrer dans les sols, parce que ça favorise l'évaporation, parce que ça confisque aussi une denrée commune à des fins particulières. Alors certes, pour faire pousser de l'aliment, des plantes et donc favoriser l'alimentation, mais en tout cas, il y a un choix qui est fait et qui est une forme de confiscation, disent les opposants à ces réserves d'eau. Je voudrais répondre à ça.
Pardon, je vous ai un peu coupé, mais premier élément, regardons ce que font les autres pays européens. La présidente Lambert a raison de le dire. Dans beaucoup de pays européens, on travaille sur les questions d'eau, sans dogmatisme, en essayant d'avancer sur le sujet. Deuxième élément, la souveraineté alimentaire, c'est un bien commun. La capacité qu'on a à se nourrir, c'est un bien commun. Donc quand les agriculteurs prennent de l'eau, ce n'est pas pour eux, c'est pour alimenter des végétaux en eau pour qu'ils puissent pousser. Est-ce qu'on pourrait, en contrepartie,
imaginer qu'on favorise des cultures qui soient moins gourmandes en eau ?
Mais c'est ce que je suis en train de vous dire. On fait les deux. Mais il y a des sujets, quand vous avez quatre mois sans eau du tout, et c'est ce qui s'est passé cet été, c'est sans eau, plus des épisodes caniculaires, ce qui fait du stress hydrique encore plus fort pour les plantes. Tout ça, s'il n'y a pas d'eau, à la fin, il n'y a pas de production agricole. Donc il faut simplement se le dire. L'eau qui rentre dans les nappes, c'est l'eau quand elle tombe tranquillement, si je peux dire. Quand il tombe 100 millimètres, quand il est arrivé, y compris dans des territoires qui n'y étaient pas habitués, en une demi-journée, cette eau-là, elle file directement à la mer.
Donc cette eau-là, elle ne vient pas remplir les nappes. Donc il faut prélever ce que sont les éclados, ce qu'on appelle les éclados, les excès d'eau, qui viennent désormais parce qu'on a une arrhythmie de la pluviométrie et une pluviométrie qui est... Moi, je suis dans un département, la région Centre-Val-de-Loire, les pays de Loire qui sont à côté, vous avez maintenant des pluviométries dans une journée que nous ne connaissions pas.
Donc ça veut dire que dans tous les départements, il faut favoriser la construction de ces réserves d'eau ?
Il faut combiner les choses. J'essaie de ne pas répondre au dogmatisme par le dogmatisme. Il faut combiner les choses. Des changements de pratiques, des changements d'assolement. Et puis, il y a besoin d'eau et donc il faut, pardon du terme, tranquillement poser les termes du débat. Et il y a bien des endroits, d'ailleurs, j'étais l'autre jour en Maine-et-Loire, où on voit bien qu'agriculteurs, associations environnementales, services de l'État et autres usagers se sont mis autour de la table. Et parfois, ça a permis de maintenir les étiages.
Si la Seine est encore à un niveau d'étiage assez élevé, s'il y a encore de l'eau à ce niveau-là dans la Seine, c'est parce qu'il y a bien des ouvrages qui sont en amont et qui existent et qui ont été créés, d'ailleurs avec une volonté qui est une volonté de l'onté contre les inondations, en particulier en région parisienne. Donc, il faut aussi développer le multi-usage. Et puis, dernier point, pardon d'être long, mais c'est un sujet important. Il faut qu'on développe aussi la capacité à mobiliser de l'eau. On est le pays d'Europe ou l'un des pays d'Europe qui mobilise le moins l'eau issue des stations de traitement de l'eau. Donc, vous faites quoi ? Vous allez enclencher tout de suite ?
Oui, mais dans le cadre du Varenne de l'eau, il y a un certain nombre de projets qui ont été posés sur la table. L'idée maintenant, c'est d'accélérer. Recycler l'eau ?
La France est très en retard.
Non, mais l'eau est recyclée. Simplement, maintenant, il faut la réutiliser en agriculture et donc, c'est parfois des contraintes normatives.
Les agriculteurs, ils sont prêts à ça ? Bien sûr qu'ils sont prêts à ça.
Sur un certain nombre de cultures, ça ne pose pas de difficultés particulières. Nous ne sommes pas sur une île isolée du reste du monde. En Italie, c'est 15% de l'eau issue des stations qui est réutilisée. En France, c'est 1%.
Il y a des blocages psychologiques aussi.
Oui, mais essayons de poser tranquillement les débats, de lever les blocages psychologiques et de répondre à la question qui est l'eau est une denrée précieuse et donc, il faut la traiter comme une denrée précieuse et donc, si on peut la réutiliser, par exemple, dans ce domaine-là, on le fait. Et si on peut la stocker quand il y a des excès de pluviométrie, eh bien, on la stocke.
Marc Fénault, est-ce qu'il n'y a pas, au fond, deux visions qui s'affrontent ? La question, c'est quel est le modèle, désormais, d'une agriculture résiliente, vous disiez tout à l'heure, respectueuse de l'environnement, capable de nourrir en même temps la population ? Je propose d'entendre Sandra Regol, qui est députée Europe Écologie Les Verts du Barin. Elle était sur France Info, notre invitée, avec Céline Asselot, et elle a proposé de consommer moins de viande et mieux. Alors, manger moins de viande, mais manger mieux de viande, ça veut dire de la viande qui est produite chez nous par des paysans qui font vivre nos campagnes.
Aujourd'hui, l'essentiel de cette viande que l'on consomme, elle vient de l'autre bout du monde. Elle répond à des modes de production qui ne sont pas ce qu'on voudrait. Elles ne produisent pas d'emploi chez nous. Moins de viande, mieux de viande, dit cette députée écologiste.
Il y a deux choses. D'abord, il y a une inexactitude. Ce serait tellement bien dans ce pays qu'on pose des sujets dans la réalité de ce qu'ils sont. L'essentiel de la viande qui est consommée en France ne vient pas de l'étranger. Elle vient de France. Il faut arrêter de dire des choses qui sont des sornettes. Ne prenons pas de cas minoritaires ou des sujets qui sont mineurs des sujets majeurs. L'essentiel de la viande produit d'eux. Donc ça, c'est factuel. Il suffit de vérifier, de voir que l'essentiel de la viande consommée en France c'est de la viande qui est produite en France.
Mais pas forcément nourrie uniquement avec des plantes et des fourrages produits en France. Non, non,
mais c'est encore un autre sujet. D'ailleurs, le plan protéines qu'a voulu développer le président de la République, c'est un plan d'autonomie alimentaire parce qu'on a besoin de travailler sur l'alimentation et de sortir effectivement du soja qui a été une alimentation qui était le produit de la déforestation. Et les éleveurs travaillent là-dessus. On n'a pas attendu les uns ou les autres pour le faire. Donc premier sujet, essayons de poser les sujets tels qu'ils sont dans la vérité des faits. Et le deuxième sujet, ça c'est assez juste, c'est comme consommateurs nous-mêmes. Qu'est-ce qu'on a dans l'acte de consommer ? Il y a un consommateur et puis il y a un citoyen.
Et quand on consomme des produits français, en particulier sur la viande, on a derrière, il faut penser derrière à qui est derrière le produit qu'on consomme. Et c'est un agriculteur, un éleveur qui permet d'entretenir le paysage, qui permet d'apporter des choses en termes de biodiversité, qui permet aussi d'éviter parfois dans certains secteurs que ça s'enfriche et qu'on puisse avoir des feux de forêt. Nous avons dans notre acte de consommation quelque chose qui est de l'ordre d'un puissant levier aussi pour l'agriculture.
Vous savez que la viande bovine c'est sans doute ce qui consomme le plus d'eau dans toutes les cultures animales évidemment qu'il faut énormément de litres pour produire un kilo de viande. Donc on peut se poser la question quand même
de ce choix-là. Tendanciellement, on voit bien d'ailleurs qu'on est plutôt sur une décroissance de la consommation de viande mais assis autour de ce bureau de dire il n'y a qu'à faucon, etc. qu'il y ait une tendance lourde qui soit celle-là. Par ailleurs, il y a un sujet central c'est qu'on ne réussira pas ces transitions s'il n'y a pas de recherche du juste prix. C'est-à-dire de rémunération.
Les justes prix, d'accord
mais les circuits courts par exemple, c'est la bonne idée. Oui, mais les circuits courts ils se développent, ils existent mais enfin 90% de la consommation ne se fait pas en circuit court et se fait dans la grande distribution. Et c'est là que nous avons comme consommateurs des choix que nous devons payer. On a eu beaucoup d'espoir au moment de la crise Covid dans cette crise qui était par ailleurs dramatique qui était au fond le retour au circuit court un peu forcé que nous étions du confinement. Et puis la nature est revenue au galop pardon de cette expression et au fond on est revenu dans les circuits de grande distribution classique.
Et donc là aussi comme consommateurs on doit regarder mais c'est vrai que les circuits courts sont une dévoire.
Qu'est-ce que vous dites aux consommateurs aujourd'hui ? Au vu de l'été qu'on vient de traverser qu'est-ce que vous conseillez ?
Tendance à dire que dans les actes de consommation que nous avons et je connais les contingences aussi inflation mais on a essayé de poser un certain nombre de sujets sur la table au gouvernement de faire en sorte qu'à chaque fois qu'on produit un axe de consommation on cherche l'agriculteur qui est derrière et la rémunération qui est derrière et le juste prix c'est pas forcément le bas prix parce que sinon on incite plutôt à une agriculture qui soit dévalorisée de la qualité.
C'est pas facile de savoir quand vous vous baladez dans les rues Il y a parfois des étiquetages
et vous voyez bien quand c'est produit en France vous voyez bien quand il y a une rémunération qui est indiquée enfin il y a un certain nombre d'indicateurs et de premiers indicateurs qui permettent de le faire.
8h51 sur France Info Marc Fénon notre invité ministre de l'agriculture On reprend cet entretien dans un instant tout d'abord ce qu'il faut retenir de l'actualité de ce mardi Louise Buyens pour le Filinfo
Le feu ne progresse plus dans le massif des Alpilles dans les bouches du Rhône près de 120 hectares de végétation ont brûlé depuis hier après-midi 250 pompiers restent mobilisés ce matin l'incendie n'est pas encore fixé Un garçon et une fille des mineurs sont morts hier soir dans un accident de la route à Lyon une ambulance privée qui partait en intervention les a percutés ils circulaient sur une trottinette sur la voie dédiée aux secours et aux bus Gérald Darmanin veut ouvrir des lieux de rééducation et de redressement pour les mineurs délinquants de Mayotte encadrés par des militaires le ministre de l'Intérieur et des Outre-mer annonce qu'il va faire des propositions au président dans les prochains jours Emmanuel Macron qui avait déjà évoqué cette idée pendant la campagne pour la présidentielle bientôt des formations destinées à l'armée ukrainienne et dispensées par l'Europe proposition du chef de la diplomatie européenne elle sera discutée la semaine prochaine par les ministres de la défense des 27 états membres France Info
Avec toujours dans le studio
de France Info Marc Fénaud ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire alors c'est une forme de rentrée demain premier conseil des ministres autour d'Emmanuel Macron à l'Elysée on va évoquer évidemment les grands sujets de la rentrée le budget aussi sans doute les arbitrages ont été annoncés par Gabriel Attal rallonge de 3 milliards pour la transition écologique et avec à l'intérieur un demi milliard pour l'agriculture est-ce que ça veut dire que l'un de vos enjeux pour la rentrée Marc Fénaud ce sera d'arriver à trouver votre place dans une priorité donnée à la transition écologique
mais l'agriculture par nature elle a beaucoup de voies et moyens de trouver des solutions dans les questions de règlement du dérèglement climatique il n'y aura pas de tiraillement il n'y aura pas de tiraillement parce que je crois que quand vous parlez avec les agriculteurs d'abord ils sont les premiers à connaître le dérèglement climatique il suffit de parler aux viticulteurs et qui vous montrent les tableaux des dates de vendange entre ce qu'était les tableaux au moins de leurs parents et ce qu'ils ont aujourd'hui donc eux ils savent ce qu'est le dérèglement climatique parce qu'ils l'ont perçu physiquement perçu et puis deux ils le vivent aussi comme une crise on en a parlé c'est à dire qu'en permanence ils sont victimes du dérèglement climatique et par ailleurs ils ont des solutions parce que l'agriculture est un formidable outil si je me permettais cette expression qui permet par exemple le stockage carbone la forêt aussi on n'en a pas parlé mais la forêt qui est aussi dans mon périmètre c'est un formidable outil pour le stockage carbone donc l'agriculture elle est à la fois victime du dérèglement climatique on en a longuement parlé tout à l'heure et deux elle porte des solutions qui permettront aussi de lutter contre le dérèglement climatique et donc on est au coeur et c'est pas par hasard que dans les budgets qui sont dédiés au sujet écologique de transition écologique et de lutte contre le dérèglement climatique l'agriculture soit au coeur du sujet
Vous diriez Marc Fénaud par-delà le sujet qui est important de l'agriculture que c'est une rentrée inquiète
C'est une rentrée oui écoutez quand on regarde ce qu'est le monde actuellement c'est inquiétant pour plusieurs motifs d'abord la crise ukrainienne C'est un peu le climat qui sous-tend ce conseil des ministres Oui oui au-delà de ce qu'on a évoqué qui est un climat un peu anxiogène le climat du dérèglement climatique crée de l'anxiété donc à nous au-delà de la réponse à l'immédiateté d'essayer de tresser des perspectives que j'ai essayé de faire devant vous de trouver des solutions la question c'est pas d'être posé sur son siège et de dire il n'y a qu'à il faudrait il aurait fallu c'est de faire et c'est ce qu'on fait et on ne le découvre pas cet été parce qu'il y a un certain nombre de mesures que j'ai évoquées qui avaient été prises avant puis deuxième donc ça c'est un sujet d'angoisse puis il y a un deuxième sujet qui est la crise ukrainienne qui porte son lot d'angoisse en termes d'inflation qui porte son lot d'angoisse en termes guerriers disons les choses parce que les rodeaux montades des uns et des autres en Russie peuvent être inquiétantes et globalement le sentiment que la tension internationale est à son combre dans un dérèglement global du monde et puis troisième élément la crise énergétique produite par la crise ukrainienne elle peut peser de lourdes menaces y compris sur de grands partenaires européens pour pas dire les premiers je pense aux allemands avec des risques sur l'économie mondiale et l'économie européenne donc évidemment mais la question n'est pas forcément pour nous quand vous êtes responsable politique de décrire la situation la question c'est d'essayer de trouver des solutions ce qu'on a fait dans le premier collectif
mais est-ce qu'on risque pas d'oublier très rapidement justement avec toutes ces priorités toutes ces sources d'inquiétude ce qui s'est passé cet été qu'on attende finalement l'été prochain la prochaine sécheresse les prochains incendies en disant l'hiver arrive on va être tranquille on aura du répli
et dès qu'il a plu on aura réglé le problème ce qui n'est pas le cas la vérité on disait tout à l'heure vous disiez tout à l'heure l'actualité chaude et puis le travail qu'il faut faire de façon plus discrète c'est pour ça qu'il faut aussi manier les deux parce qu'à un moment moi je n'oublie pas et je n'oublierai pas ce qu'on a vécu cet été et le gouvernement n'oubliera pas ce qu'on a vécu cet été et donc mais nous sommes dans une société de l'immédiateté donc il faut faire des images et montrer des choses et puis après on oublie un peu trop rapidement vous avez raison mais il n'est nulle question pour moi parce que les effets de ce qui s'est passé cet été agriculteurs ça se multipliera et donc la nécessité du dérèglement climatique face au dérèglement climatique c'est de s'adapter et donc ça c'est du temps long et donc il faut qu'on accepte de travailler sur le moyen long terme et c'est la difficulté y compris pour installer de jeunes agriculteurs c'est on est sur plusieurs générations qui vont subir le dérèglement climatique en agriculture comme dans d'autres domaines et donc notre responsabilité c'est de préparer le terrain pour faire en sorte que dans une ou deux générations on ait essayé de résoudre ce problème là mais dans l'intervalle il faut aussi s'adapter donc c'est les deux pieds sur lesquels il faut travailler
Marc Fénault vous fûtes ministre des relations avec le parlement ce qui se passe ce qui se passe dans l'hémicycle avec les oppositions qu'elles soient NUP ou RN il n'y a pas de dialogue possible je sais qu'il y a cette initiative renaissance de vouloir préparer en amont co-construire supprimer des amendements raccourcir non pas les circuits courts mais raccourcir le débat parlementaire ça ne marchera pas cette histoire
mais c'est la responsabilité je l'ai dit le lendemain des élections législatives c'est la responsabilité de chacun nous nous gouvernons nous sommes en situation de responsabilité donc notre responsabilité c'est de pouvoir réformer de pouvoir légiférer parfois il n'y a pas besoin d'ailleurs de légiférer on peut avancer sans légiférer on est un pays qui adore légiférer pour avancer on peut aussi faire des tas de choses sans avoir besoin de produire de la loi un pays qui est un peu malade de sa propension à essayer de régler en permanence les sujets par la loi quand bien des pays vous regarderez le nombre de lois qui sont votées dans d'autres pays bon mais ceci étant il faut voter des lois il faut voter des lois budgétaires nous on est c'est pas la question d'être prêt à dialoguer on est prêt à avancer on est prêt à réformer on est prêt à résoudre les problèmes des français parce que les français nous regardent tous les députés j'en ai été qui ont été élus au mois de juin ils ont une responsabilité c'est de résoudre les problèmes des français pas d'organiser les querelles et pas d'organiser son précaré pour les élections qui viendront et donc nous on est prêt à travailler et à réformer est-ce que d'autres le sont on verra bien cet été un certain nombre ont plutôt montré des signes qui ne sont pas des signes d'ailleurs de collusion simplement des signes parfois certains se sont abstenus côté gauche aussi c'est la capacité parfois à s'extraire en disant quel est l'intérêt général au-delà de mon intérêt politique immédiat ou particulier là aussi il faudrait qu'on sorte du temps court pour penser le temps long quand on est sur les sujets qu'on a évoqués la question de la transition écologique les questions de grands dérèglements géopolitiques vous ne croyez pas qu'on pourrait le faire et quand vous regardez les partenaires européens ou d'autres pays à l'extérieur de l'Union Européenne c'est ce qu'on fait quand on est on se croit ou on s'estime responsable
on termine sur une main tendue oui mais
Jean-François Aquili qui me connaît depuis longtemps sait que depuis longtemps c'est ce que je pense donc je n'ai pas changé de pied après il faut être la main tendue il faut qu'il y ait deux mains il faut qu'il y en ait une pour la saisir après les français seront juges à la vérité c'est ça ce qui se passera
merci beaucoup Marc Fénaud d'avoir accepté notre invitation ce matin ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire merci à vous Jean-François Aquili on se retrouve demain
Marc Fesneau