Sandrine Rousseau, députée "Écologiste et Social" de Paris | LCP, Lundi C'est Politique - 26/05/2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Sandrine Rousseau a été prise à partie il y a quelques mois lorsqu'elle a été prise à partie par des millions, d'agriculteurs lorsqu'elle avait mené une enquête sur les violences sexuelles et sexistes. dans le cinéma ces derniers jours, elle était aux avant-postes des débats sur la fin de vie. C'est l'invitée de "LCP-Lundi, c'est politique".
Bonne soirée et merci de votre fidélité. Bonsoir, Sandrine Rousseau. Je vous présente ceux qui sont en face de moi.
On parlera d'agriculture car vous sortez de l'hémicycle ou a eu lieu un vote important. Pour vous interroger sur ces sujets, il y aura Amanda Gabin, Thierry Fabre, Julie Marie-Leconte, Hugo Couturier, Hugo au Perchoir sur la chaîne Twitch, qui nous fera passer toutes les que vous réagissez. Avec vous, nous allons parler de votre parti questions et commentaires qui seront destinés à ce 121 députés ont voté contre le rejet. 174 ont voté 274 ont voté pour.
Sandrine Rousseau, vous aviez déposé des amendements pour que le texte soit discuté. - C'est grave. C'est une loi qui est grave pour la santé des personnes, pour la nature, les insectes, la biodiversité des sols et pour la productivité agricole.
Tuer les insectes avec ses produits, derrière, dans les années qui viennent, c'est se faire effondrer la productivité agricole. C'est comme si on donnait un canot de sauvetage percé aux agriculteurs. C'est grave. - On va revenir sur les amendements et les stratégies.
Quels sont vos moyens de revenir en arrière et de vous opposer à ce rejet ? c'est difficile de comprendre qu'on s'oppose à un rejet. Cette loi devait être débattue dans l'hémicycle.
Comme il n'y avait pas vraiment de majorité sûre, les défenseurs ont préféré renvoyer en commission mixte paritaire. C'est pour ça que j'appelle cela un 49.3 déguisé. - Mathilde Panot a déclaré qu'elle envisageait le dépôt d'une motion de censure.
Soutenez-vous cette démarche ? - Personnellement, je soutiens cette démarche même si on n'en discutera. A un moment, dès qu'on perd dans l'hémicycle, on ne peut pas ne pas accepter une défaite possible et toujours aller vers le court-circuit de l'assemblée.
La démocratie, c'est le pire des systèmes à l'exclusion de tous les autres. C'est aussi un art de perdre. On est démocrate lorsqu'on accepte la défaite, quand on accepte de perdre certains votes.
Là, c'est comme s'il n'y avait aucune capacité du gouvernement ou du groupe d'Emmanuel Macron d'accepter la moindre défaite. - On pourrait vous retourner l'argument, vous faites une motion de censure, que vous n'acceptez pas la défaite. - La motion de censure, c'est le droit que le parlement a sur le Gouvernement.
Nous nous sommes battus en commission et nous allons nous battre en commission mixte paritaire. Nous allons encourager à voter contre dans l'hémicycle quand ça reviendra en seconde lecture. - Vous ne savez pas quelle formule reviendra dans l'hémicycle.
Ce ne sera pas forcément celle du Sénat. - Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ce qui vient de se passer aujourd'hui conduit à discuter d'éléments essentiels pour notre avenir et notre santé, mais aussi pour la santé des agriculteurs, dans une sorte de conclave, un huis clos, une enceinte fermée. L'assemblée n'est pas publique.
On va débattre de sa en conclave au lieu de débattre au grand jour sur la dangerosité utilisés, la taille des exploitations, l'eau potable,...
Elle est mise en danger par des lois de ce type. - Vous êtes suivis par une motion de censure. Vous pensez que vous serez suivis par le groupe. - Nous en discuterons demain. - Ce n'est pas évident ? - C'est une question de tactique politique.
Mais moi, je suis pour cela. - Ces dernières semaines, des députés LFI, notamment, ont été pris pour cible par le les agriculteurs. - On ne dégrade pas les permanences parlementaires.
C'est la base. - Arnaud Rousseau s'en est pris... - Il est pour une agriculture productiviste intensive et internationale.
C'est l'un des principaux acteurs de l'agriculture spéculative. - Il dit que le blocage, c'est de votre faute. - Bien sûr. - Nous sommes dans un processus d'obstruction parlementaire que l'on regrette.
Le débat est nécessaire. C'est : Que veut-on faire de l'agriculture française ? Est-ce que notre souveraineté alimentaire nécessite d'être défendue ? - Arnaud Rousseau n'a rien à voir avec vous. - Heureusement.
Sinon, les réunions de famille seraient houleuses. - Il dit que c'est à cause de la France en soumises et des écologistes qui ont déposé trop d'amendement. Que lui répondez-vous ? - Je réponds que ce n'est pas la question.
Là, on ne veut pas débattre dans l'Assemblée nationale. Arnaud Rousseau n'a pas une espèce d'opposition supérieure à celle des députés de l'Assemblée nationale. Ce qu'ils font, c'est une forme de pression sur les députés pour qu'ils n'es-tu dit pas ce texte.
C'est grave. C'est un lobby. - On a entendu parler de trumpistes tout à l'heure. - Oui.
C'est un lobby qui empêche la démocratie de fonctionner. C'est très grave ce qui se passe pour l'écologie, pour notre santé, pour notre eau, mais c'est aussi grave du point de vue démocratique. Un lobby organisé qui a des intérêts financiers directs dans cette loi empêche la loi d'être discuté. - Vous citez la FNSEA. - Oui. - Est-ce que vous n'avez pas commis une erreur tactique en déposant autant d'amendement ? - Il y a 40 amendements par députés écologistes. - 1500 pour les écologistes et 3500 au total. - Sur la fin de vie, il y en avait 2500. - Vous avez donné un argument à vos adversaires pour en arriver à cette stratégie.
D'un point de vue stratégique, ils gagnent. - Il ne faut pas confondre la stratégie et le prétexte. Je pense que c'est un prétexte.
Sur la fin de vie, on avait 2500 amendements et on a pourtant étudié le texte. Sur la retraite, on en avait encore plus. On est allé aussi loin que possible.
A un moment, on a le droit de déposer des amendements sur un texte aussi important. - Les agriculteurs dénoncent une " concurrence déloyale ". On importe des produits de ces mêmes pays européens.
L'exemple d'une filière comme la noisette oø il n'y a plus de pesticides à disposition. On importe massivement des noisettes turques. Est-ce que vous comprenez cette critique et cette argumentation des agriculteurs qui disent qu'ils subissent ce boulet ? - Je leur réponds que c'est la raison pour laquelle nous souhaitons qu'il y ait des droits de douane sur les produits agricoles.
Nous voulons définanciariser et désinternationaliser l'agriculture. Chaque continent à son modèle agricole. Ce que nous faisons aujourd'hui, c'est nous mettre en concurrence avec les producteurs d'Amérique du Sud, avec ceux d'Asie.
Ce n'est pas le projet agricole que nous défendons. - Au sein de l'Europe, on importe des produits et des pesticides... en Espagne, il y a des pesticides autorisés alors qu'ils sont interdits chez nous.
Que fait-on dans l'Union européenne pour faire face à cela ? - On fait en sorte qu'il y ait une harmonie des interdictions dans l'Union européenne, sur la base du mieux disant. A sur la base du moins disant.
On a l'impression que n'importe quel pays qui autorise... bientôt, on varie autoriser le DDT, l'agent orange qui a encore des victimes aujourd'hui objecte au Vietnam.
Parce qu'il y a un produit qui serait autorisé dans un pays du monde, il faudrait qu'on l'autorise en France ? - Dans un marché unique, c'est beaucoup plus compliqué. Que proposez-vous ? - interdise les mêmes produits qu'en France.
Je veux qu'on les aide, les agriculteurs, par de l'aide publique. On veut faire en sorte qu'ils aient des revenus qui ne soient pas entamés par un des défauts de concurrence. - Il n'y avait pas que l'infanticide dans ce projet de loi.
On parle de la Seita méprise. En entendu la rapporteure du texte, non, Sandrine Le Feur qui est macroniste, qui disait qu'elle était clairement contre. Vous imaginez pouvoir sauver cet article en supprimant la Seita méprise ? - C'est ce que ne sait pas car, aujourd'hui, ça va être passé... -vous pensez... ? - On en retrouve dans le cerveau.
C'est un des produits les plus dangereux qui soient. J'espère qu'on arrivera à... - il y a des Macronistes qui sont contre, vous pourriez faire passer ça dans la CMP. -Ca fait partie de ce qu'on va faire comme travail démocratique dans les jours qui arrivent. - Un autre thème dont on parlait, c'est le stockage de l'eau.
Les agriculteurs disent qu'il faut pouvoir stocker l'eau quand il pleut pour pouvoir l'utiliser lors des sécheresses. Pourquoi ça vous inquiète ? On voit les exemples de bassines qui peuvent exister en France. - Les méga bassines sont dangereuses à plein de titres car elle capte une partie de l'eau qui ne va pas dans les nappes phréatiques.
Elle concentre les produits type pesticides dans les nappes phréatiques car il y a moins de là-bas. 60 % des méga bassines sont utilisées pour le maïs. Ca fait partie des débats à avoir de manière éclairée, comment changer d'agriculture.
Il n'est pas possible de continuer l'agriculture telle qu'elle est aujourd'hui. Cela nécessite de consommer moins de viande, de consommer des produits de saison, des produits locaux, d'avoir une agriculture qui soit davantage résistante au réchauffement climatique. - Une autre question, l'OFD a critiqué les contrôles.
Il dit qu'il faut adoucir les choses entre les agriculteurs et les contrôleurs. Pour vous, il faut défendre les agents de l'Office français de la diversité ? Même si ça peut être mal perçu de la part des agriculteurs ? - C'est une police qui représente le bien commun.
Si la police ne pouvait pas condamner certains délits, toute la droite serait vent debout. La police doit être respectée. Ce n'est pas une sous-police.
Il y a 14000 points d'eau, aujourd'hui, qui sont fermés pour cause de pollution. Il y a des clusters de cancer pédiatriques en Charente-Maritime et autres. Des enfants de 3, 4, 5 ans qui ont des cancers.
Un cancer dans l'enfance, ça bouleverse la vie de l'enfant des familles...
Le cancer du pancréas double tous les six ans en France. Vous savez quel est le taux de survie de ce cancer ? 10 %.
Et là, on autorise des produits qui sont une des causes du cancer du pancréas. On est oø ? - Il y a une question, vous parliez d'agriculture à taille humaine.
On vous demande à quand le retour à une agriculture à taille humaine. Aujourd'hui, quand on voit passer les tracteurs, on a l'impression que c'est le concours de celui qui a le plus gros. -Oui, on a laissé les tracteurs arriver jusqu'au pied de l'Assemblée nationale.
On n'a pas autorisé des collectifs, des associations qui luttent contre les méfaits des produits sur notre santé, de génération en génération. Je rappelle qu'il y a des produits qui agissent sur les individus mais aussi sur leur descendance. Pourquoi les tracteurs arrivent-ils au pied de l'Assemblée nationale ?
Quels sont les supers pouvoirs de ces agriculteurs et quels sont leurs droits ? Quels sont leurs passe-droits pour arriver... -Vous interpellez le ministre de l'Intérieur ? - Oui et, pourquoi ils autorisent cette manifestation alors qu'ils interdisent les autres?
C'est de la pression. Ce n'est pas une manifestation d'agriculteurs qui revendiquent leurs conditions de vie. Et je rappelle, il y a un sujet de répartition des marges entre les distributeurs et les agriculteurs, quel profit pour les Monsanto et les firmes de l'agrochimie.
C'est comme si l'empoisonnement était la seule manière, pour les agriculteurs, de survivre. C'est une erreur. -On parle des lobbys.
Comment lutter contre les lobbys comme la FNSEA? - Aujourd'hui, on lutte mal. Ils ont beaucoup de portes à l'intérieur du Gouvernement.
Le Parlement européen a fait un travail qui n'est pas parfait mais plus avancé que celui de l'Assemblée. Je veux qu'on travaille sur l'influence du lobby. La confédération paysanne est contre cette loi. - Demain, aura lieu le vote sur la fin de vie qui a été découpée en deux textes.
L'une sur les soins palliatifs, l'autre sur l'aide active à mourir. La semaine dernière vous avait témoigné de votre propre expérience familiale. - Je ne voulais pas en parler mais vous m'efforcez, donc je vais vous le dire.
Ma maman s'est suicidée. Elle s'est suicidée alors qu'elle était en fin de vie car il n'y avait pas l'aide à mourir. Elle s'est suicidée dans des conditions abjectes.
Son agonie a été insupportable, épouvantable. Elle a duré extrêmement longtemps car elle a fait ce que vous appelez un suicide libre, elle a pris, dans sa table de chevet, tous les médicaments qu'elle avait gardés depuis des semaines et elle les a avalés d'un coup. Je peux vous dire que c'est pour cela que je milite pour le droit mourir.
C'est pour cela que je vous invite à ne pas voter les amendements de suppression. Ce qui s'est passé lors de sa mort est exactement l'inverse de ce que nous voulons. Cette loi permet la sérénité, l'organisation, elle permet de faire en sorte que les proches soient à côté et tiennent la main des personnes qui sont en train de mourir. -Vous êtes intervenue pour parler de votre expérience familiale, évidemment, tout le monde vous a écoutée.
Ca nous ramène aux débats. -Vous reprochez à certains députés d'utiliser les mots suicide assisté et euthanasie, qui ne sont pas dans le texte. Beaucoup disent que les débats ont été éclairants. -Oui, ils ont été apaisés, constructifs, à la hauteur.
Mais j'ai aussi beaucoup entendu de personnes proches de personnes qui se sont suicidées être choquées par le suicide assisté. C'est pour ça que je suis intervenu. Plusieurs fois je suis intervenue en disant ne pas utiliser ce terme car ça choque.
D'autres ont aussi fait des interventions. Ils n'ont plus utilisé ces termes après. Ce n'est pas un suicide assisté, c'est une aide à la fin de vie.
C'est une manière d'abréger les souffrances. Ce n'est pas un suicide tel qu'on peut le voir chez les jeunes et chez les personnes...
C'est un acte médical. - Demain, il y a deux votes car il y avait deux textes. Celui sur les soins palliatifs sera voté avec une très large majorité.
Est-ce que vous pensez que l'autre a de bonnes chances d'être adopté ? -J'espère qu'il le sera car c'est important. C'est un texte qui est issu de nombreux mois de concertation, d'échanges.
C'est un texte important pour nos libertés. - Est-ce que vous pensez qu'il y aurait majorité ? - Je pense que ce sera serré.
Dans quel sens, telle est la question. -Car chacun se détermine en fonction de son propre choix. Il n'y a pas de consigne de vote.
C'est l'inconnu le plus total. - Beaucoup de députés sont venus discuter dans l'hémicycle, mais beaucoup ne sont pas venus. Même dans mon groupe, j'ignore la position de tous les députés. - Est-ce que vous appelez les députés à voter en faveur de ce texte ? - Oui, je rappelle que ce texte n'est que l'ouverture d'un choix.
Il consacre le droit aux soins palliatifs, ce qui est aussi une avancée importante, et un droit d'accès à l'aide à mourir. Ca n'empêche personne d'avoir accès aux soins palliatifs, ni à la sédation profonde et continue. C'est autoriser des personnes qui souffriraient trop à pouvoir abréger... - Ce sera un vote suivi en direct sur LCP demain après-midi. -J'ai parlé de ma maman car c'était pendant l'affaire Vincent Lambert.
Elle s'appelle Evelyne Rousseau et je voudrais que ce ne soit cité car c'est une militante de l'aide à mourir. Quand j'en avais parlé, ça l'avait déjà évoqué. -Ce texte sur les soins palliatifs, est-ce qu'il vous semble garantir un accès à ces soins partout et pour tous ? - Dans tous les cas, c'est une avancée importante comme on n'en a jamais eue.
C'est inscrit dans la loi pour que ce soit une avancée partout. J'invite le gouvernement à prendre en compte l'exigence de déploiement des centres palliatifs dans le budget de la sécurité sociale. Je défendrai les amendements pour l'accès à ces unités de soins palliatifs partout sur le territoire. chef de service des urgences, craint qu'on ait plus facilement accès à l'aide à mourir qu'aux soins palliatifs.
Vous entendez cette crainte ? - J'ai entendu tous les arguments mais je voudrais aussi que les médecins généralistes soient formés aux soins palliatifs. On peut créer des spécialistes, ça été discuté... - Est-ce qu'il ne va pas y avoir un décrochage chronologique entre le déploiement des soins palliatifs et... - Pendant les deux ans entre ces deux textes, on va se battre pour développer les soins palliatifs.
Il y a déjà 100 millions d'euros qui ont été décidés sur les soins palliatifs. Nous développerons les budgets pour les soins palliatifs avec l'accord de la majorité jusqu'en 2027, quand les textes entreront en vigueur, il y aura accès pour tous. -Est-ce que vous pensez que les textes de l'aide à mourir peuvent encore être améliorés ?
Car le chemin est long. Il y aura une deuxième lecture dans les deux chambres, est-ce que ça doit être l'occasion d'amélioration du texte ? -Ca, on verra.
J'ai peur qu'il soit vidé de sa substance au Sénat. Moi, ce n'est pas le texte que je voulais. Je le précise.
Pour moi, c'est une erreur... - Une deuxième lecture à l'Assemblée ?
Je ne sais pas. Le rapporteur n'a pas voulu ouvrir cette voie-là. Les directives anticipées ne sont ouvertes que pour la sédation profonde et continue, pas sur l'aide à mourir.
Il y a des personnes qui, par exemple, si vous faites un AVC et que vous êtes dans un coma irréversible, même si vous aviez dit à vos proches que vous vouliez l'aide à mourir, vous n'y auriez pas accès. Quelqu'un disait qu'une exception de directives anticipées pour les cas accidentels serait une bonne manière de ne pas ouvrir à des personnes qui ne sont pas conscientes mais quand même de respecter les personnes qui ont un accident grave. -C'est un sujet transpartisan.
A gauche, il y a des opposés. Un collectif est opposé à ce projet et dit qu'il est impossible de faire une loi sans prendre en compte l'invalidité dans la société. -Je les remercie de parler de validisme.
C'est une société qui met à la marge les personnes qui ne sont pas valides. C'est une forme de pression pour les personnes handicapées qui ont moins accès à une vie libre. C'est un problème structurel.
Je les remercie d'en parler. Pourtant, cette loi n'est pas une loi sur le handicap mais, sur la fin de vie. Cela parle des derniers temps de la vie.
Ce n'est pas une loi sur le handicap. Je voudrais le dire avec force car je lis partout, et je suis très attaquée sur mes positions, au titre du fait que je n'écouterais pas les concernés. Déjà, je les écoute mais, ils ne sont pas concernés par cette loi.
Il y a cinq critères pour avoir accès au droit à mourir, être français, majeur, avoir des souffrances insupportables et avoir une maladie en stade avancé ou terminal. Le caractère avancé a été défini par la Haute autorité de santé. Les personnes en situation de handicap ne sont pas concernées. - Ce n'est pas le même débat. - Mais comptez sur moi pour défendre les associations de luttes contre les le validisme...
Si le texte est voté, on ira au Sénat. Quelles sont vos craintes dans une Assemblée dominée par la droite, sur l'issue de ce texte ? - Je crains qu'il soit détricoté, rejeté.
Je crains que ça donne lieu à des débats qu'on avait évités à l'Assemblée nationale. A part sur l'euthanasie et le suicide assisté qui sont deux termes que nous avons rejetés. Des débats sur l'eugénisme.
Je sais que la droite a ça en tête. Ca peut faire partie des débats qui polluent complètement ce texte qui est un texte sur la liberté de choix, qui dit que le corps nous appartient en fin de vie. -Si on fait un flash-back sur ce texte, le fait que qu'il ait été scindé, est-ce que c'était une bonne idée ? - J'ai critiqué cette décision mais, je trouve que ça n'a pas nui à l'étude du texte.
On verra dans le vote de demain. L'idée était que les personnes qui sont pour le soin palliatif puissent voter pour. Sur le débat, ça n'a pas nui. il y a une possibilité que ce ne soit que d'ici 2027. - Vous pensez que ça pourrait ne pas être votées d'ici les prochaines élections présidentielles ? -J'espère vraiment que l'agenda de l'Assemblée et du Sénat seront raccords.
Je salue quand même, et ce n'est pas courant chez moi, l'attitude et le travail - Elle a revu sa position sur la question. Ca a aidé. -Oui.
Elle était dans une position qui permettait de prendre au sérieux tous les amendements et de les prendre un par un. Mais, pour que le texte soit adopté, il faut qu'il soit très équilibré. Est-ce que c'est important d'avoir un texte ?
Pour qu'il soit adopté, il faut qu'il soit équilibré. Je vois bien je vois bien qu'il n'y a pas les directives anticipées. Le fait que les personnes étrangères n'est pas accès... - Vous avez été la présidente de la commission d'enquête sur le la violence sexuelle et sexiste dans le cinéma.
Pensez-vous qu'il y a trop de commission d'enquête ? - Le gouvernement français a déjà beaucoup de pouvoir. L'opposition a peu de pouvoir.
Les commissions d'enquête font partie des choses qui nous permettent de nous saisir d'un sujet. La commission d'enquête que j'ai présidée m'a beaucoup appris. Elle nous a permis de travailler au fond des choses.
J'espère qu'on conservera cet outil indispensable à la démocratie. - Il y a une vingtaine d'années, il y avait de commission d'enquête par législatives... nous arrivons à 16.
Est-ce qu'il n'y a pas une inflation ? Est-ce que ce n'est pas devenu une vitrine politique ? quand on regarde le travail des commissions d'enquête, lesquels ont vraiment débouché sur des choses concrètes, par rapport au vote ? - Je n'ai pas vu de commission d'enquête qui était vraiment une tribune.
Je ne sais pas à laquelle vous pensais. - Celle sur Betharame ? - Ca va donner quelque chose. - Vous avez entendu ce procès. - Mais ce n'est pas fondé sur la réalité des commissions d'enquête qui représente tous les groupes de l'assemblée et dont le travail est garanti par les administrateurs de l'assemblée. - Est-ce qu'il y a déjà eu un projet de loi issue d'une commission d'enquête ? - Nous allons travailler sur un projet de loi après la commission d'enquête que j'ai présidée. - Vous avez fait un rapport.
Vous avez auditionné pendant plusieurs semaines. Vous dîtes que vous avez exploré le sujet. A l'arrivée, il y a un rapport et 86 recommandations.
Dites-nous comment ces 86 recommandations se traduisent dans le réel et dans la vie des différents acteurs du monde du cinéma ? - Nous avons commencé les concertations avec les différents acteurs du cinéma, je parle des acteurs au sens large. C'est-à-dire les institutions du cinéma et du monde de la culture en général.
Nous avons commencé les échanges. Le rapporteur était d'ailleurs à Cannes. Nous allons continuer les auditions pour faire en sorte d'aboutir à un texte de loi à la rentrée. - Il va mettre des obligations ? - Par exemple, je prends l'exemple des coaches pour enfants.
Mais je pourrais parler des coordinateurs d'intimité ou des castings. L'idée serait de mettre dans le texte de loi l'obligation d'avoir des coaches pour enfants. C'est obligatoire pour les moins de 16 ans aujourd'hui.
Mais on veut que ça dure jusqu'à 18 ans pendant le tournage et hors des temps de tournage. - Ca va donner lieu à une proposition de loi concrète ? - Tout à fait. - Votre modèle n'est-il pas la commission d'enquête sur le trafic de stupéfiants ?
Elle a donné lieu à un projet de loi. C'est la seule qui me vienne à l'esprit comme se traduisant par des choses concrètes du point de vue législatif. - Il y a quand même eu aussi la commission d'enquête présidée par Sabrina Sebaihi sur les violences sexuelles dans le sport.
Cela a levé un tabou dans le sport. Elle n'a pas abouti à une proposition de loi, mais elle a levé un tabou qui a été énorme. Enormément de mesures ont découlé de cette commission d'enquête dans les fédérations sportives, au ministère des sports.
Ce travail n'est pas inutile. - Il est important de rappeler que les commissions d'enquête, c'est un par groupe et par session. Si on veut durable, il faut voter à l'Assemblée nationale.
La question pour revenir à la mise en place des recommandations, c'est deux points pour qu'il y ait une priorisation sur les recommandations qui viennent des textes de loi...
Certaines n'ont jamais de conséquences législatives. Nous avons une capacité à proposer des lois trans partisanes. Les commissions d'enquête sont un bon moment pour faire ça.
Comme c'est un travail trans partisan, on peut déboucher sur une loi trans partisane. J'ai fait une mission d'information sur la psychiatrie. Elle a donné des résultats effroyables sur ce qui est en train de se passer du côté de la santé psychique des Français français et du côté des soins de la psychiatrie.
Avec ma collègue d'EPR, nous n'arrivons pas, alors que nous faisons le siège des cabinets des ministres concernés, Premier ministre, etc., à obtenir une loi. Il y a des blocages.
Je voudrais que nous puissions les lever. - Est-ce que ça ne vient pas du gouvernement ? Je pense qu'il y a une part de ça.
Les commissions d'enquête ou les missions d'information sont sur des sujets tabous. - Taboue ou compliquée. - On ne veut pas s'y atteler. - Gabriel Attal a suscité la controverse en défendant l'interdiction du voile pour les filles de moins de 15 ans.
Dans une conférence de presse ce matin, il a confié sa volonté de remettre la laïcité au premier rang. Il assume de mettre au premier rang des mesures qui ne sont pas forcément populaires comme celle sur le voile pour les mineurs de moins de 15 ans. Est-ce que vous vous opposez au voile sur les mineurs de moins de 15 ans ? - Je ne suis pas du tout pour que les petites filles soient voilées jusqu'à 15 ans.
Je ne suis pas pour le voile de manière générale. Mais je pense qu'interdire est la pire des manières d'obtenir cela. En l'espace de trois semaines, on a eu l'interdiction du voile dans le sport, le rapport sur les Frères musulmans, et maintenant les filles de moins de 15 ans et le voile... je commence à m'inquiéter vraiment de cette espèce de ciblage permanent des personnes de religion musulmane dans notre société comme étant des dangers.
J'ai entendu des gens des Frères musulmans dans les cabinets ministeriels. On assure la rhétorique de l'ennemi de l'intérieur. Il peut y avoir des gens mal intentionnés et des organisations malintentionnées, mais quel est le lien entre les frères musulmans et les enfants de 15 ans ?
Je m'inquiète beaucoup du fait de ce qu'est notre république. Nous avons la liberté du culte et c'est bien ainsi. - Ce qui est intéressant dans ce que vous dîtes, c'est que Bruno Retailleau, qui présentait ce matin des précisions sur la réorganisation de l'Etat afin de lutter contre l'entrisme des Frères musulmans qu'il y avait eu deux écueils face à ce rapport : l'amalgame que vous dénoncez aussi, et le déni.
Est-ce que sur cette question de l'entrisme des Frères musulmans et donc d'une tendance extrémiste dans la pratique de l'islam, vous êtes dans une forme de déni ? - Nous sommes aujourd'hui à la conjonction d'influence dont certaines sont étrangères, qui pénètrent nos démocraties de manière forte. Je ne suis pas dans le déni.
Nous avons vu les attentats. Il y a évidemment la possibilité de danger d'une partie extrémiste... - Quels outils seraient mieux que ce que tente de déployer le gouvernement aujourd'hui ? - Il y a vraiment des moyens à donner à la police, aux renseignements, de la coopération européenne à mettre en place sur ces questions.
Cela ne fait aucun doute. Mais ce n'est pas parce qu'il y a, voire des organisations qui peuvent être dangereuses, que l'ensemble des musulmans est appointé du doigt en permanence. Nous sommes dans une dérive d'extrême droite fascisante. - Avez-vous le sentiment que ces idées de droite, comme vous dîtes, sont devenus hégémoniques d'une certaine manière ?
Prenons les derniers sondages. Les trois quarts des Français s'apprêtent à voter en 2027 pour la droite ou l'extrême droite. Ils ont gagné ?
La droite a gagné ? - En tous les cas, ils mènent une bataille culturelle qui gagne du terrain. C'est pourquoi je mène la bataille culturelle en face.
Pour moi, ce qui fait la France, c'est justement cette laïcité qui qui autorise la pratique religieuse individuelle mais qui en limite l'influence dans les sphères politiques et institutionnelles. Pour moi, la laïcité, c'est être à équidistance de toutes les religions. Quand j'entends qu'ils ce se revendiquent de la religion catholique du matin au soir et qu'ils stigmatisent automatiquement une autre religion, je me dis qu'on a un vrai problème. - Ce sera la toile de fond de la prochaine présidentielle.
On va regarder ce qui se passe à gauche. Précisément chez les écologistes. - Que faire pour que la gauche gagne ? il y a un candidat écologiste depuis 1974.
Faut-il un candidat autonome écolo ? - Il faut un candidat de la gauche. - Pour vous, la gauche va d'oø à oø ?
De Philippe Poutou à François Hollande ? - Oui, ça va de Philippe Poutou à François Hollande. Nous ne sommes pas d'accord sur certains aspects programmatiques.
Nous avons des différences qui parcourent la gauche. Cela ne fait aucun doute. Mais ce qui a été mis en tête après la dissolution, c'est une gauche unie, avec nos différences.
Philippe poutou et François Hollande était candidat pour le nouveau Front populaire. C'est pour ça que nous sommes arrivés en tête. - Une primaire avec tous ces gens ? - Je pense qu'il n'y a pas d'autres solutions.
Il peut y avoir des oppositions de fond. - Vous savez que personne ne veut de primaire ni chez les insoumis ni chez Raphaël Glucksmann. L'idée de la primaire est morte. - Pour moi, c'est la seule solution.
Je remercie Lucie Castex de l'avoir proposé. Pour moi, c'est la seule solution. Il faut en accepter l'augure et le résultat. - Ne mettez-vous pas un voile sur vos divergences ? - Je voudrais que nous les affrontons et que nous les mettions dans le débat politique. - Il dit qu'il faut arrêter de raconter des histoires et que vous n'êtes pas d'accord sur des choses fondamentales .
Il dit qu'on ne va pas essayer de faire un candidat commun à gauche. Vous nous donnez l'impression de ne pas affirmer et prendre conscience du grand écart idéologique qu'il y a entre François Hollande et Philippe Poutou. - J'ai entendu que Raphaël Glucksmann voulait s'allier aux écologistes et qu'il leur faisait un appel du pied.
J'ai entendu aussi qu'il était soutenu par des gens comme Carole Delga. Il y a des manifestations écologistes régulièrement contre eux. On ne se range pas derrière.
Là, il nous faut une primaire. J'accepterais le résultat de la primaire. Cela permettra de débattre du fond.
Est-ce que les personnes veulent continuer sur le modèle productiviste ? est-ce qu'on veut une croissance ? est-ce qu'on veut continuer sur la destruction des services publics ? c'est de ça qu'il faut discuter entre nous. - Vous avez pointé du doigt Raphaël Glucksmann. - Vous m'interrogez sur lui. -Vous vous dîtes que vous êtes contre la 69 alors qu'il est pour. - Personne n'est disqualifié. -Si la primaire décide ainsi, mais je ne veux pas que ce soit un rapport de force ou un conclave mais un débat démocratique ouvert qui intéresse... - Dans ce primaire de gauche, Marie-Claude Beaulieu doit être candidate ? - Je pense que il doit y avoir plusieurs candidatures. -Vous seriez candidate ? -J'y réfléchirais. - Contre Marine Tondelier ? -J'y réfléchirais. - Une primaire ouverte ?
A qui ? -A tous. - Ce serait la première fois qu'il n'y aurait pas de candidat écologiste. - Ce n'est pas vrai. -Vous parlez de radicalité, qu'il faut une rupture nette.
Mais il semble que la société se dirige dans le sens inverse. Vous parlez d'urgence climatique. Vous alertez en tant que spectatrice, mais à quel moment allez-vous rentrer dans la radicalité ?
A quel moment on va contre ce système ? - J'y vais. - Vous avez le droit à l'appel à un ami.
On va parler des socialistes. - Vous allez suivre les votes sur les textes d'orientation ? On va connaître les deux finalistes pour prendre la tête du PS.
Qu'est-ce que ça change dans vos discussions à gauche ? - Ca changera forcément des choses car ils ont défendu des lignes différentes. - Est-ce que ça vous... - Je ne porte pas des jugements de valeur sur ce qui se passe au PS.
Je prendrai acte du résultat. Mais je dis au PS : l'histoire de la gauche, quand elle a gagné, quand elle a proposé un espoir aux Français, ça a toujours été en faisant alliance. Je vous invite à revisiter l'histoire du Parti socialiste. -Ils ne veulent plus refaire d'alliance avec LFI. - Je vous dis, Mitterrand n'aimait pas Marchais. - Vous appelez le PS à utiliser les bonnes vieilles recettes du passé. - Non, mais je leur dis que, alors qu'on dénonce le repli identitaire en France, et qu'on dénonce le fait qu'il ne faille pas faire de repli identitaire, il ne faudrait pas faire un repli identitaire sur la gauche. - Vous, les Verts, vous jugez que vous dépendez de LFI ? -Je suis une femme libre. -Cette difficulté que vous avez à vous détacher des insoumis, qui est plus forte que chez certains socialistes, elle est liée aux prochaines élections ? -Les maire qui ont remporté les élections ne l'ont pas forcément fait en étant seuls. -C'est fini.
On va recevoir une invitée. - Face à vous, Sandrine Rousseau, une économiste de l'écologie. Médaillée de bronze en 2024 pour ses travaux sur l'impact des décisions économiques sur la biodiversité, ses recherches combinent l'écologie, l'économie et la philosophie. - Mon travail se situe dans cette tension qui est : - Ce soir, elle vous interpelle sur cette biodiversité en crise, un défi qu'il faut repenser. lle y a réfléchi il y a 10 ans, dans ce livre, en développant son concept de l'économie écologique. - Le but est de montrer que la biodiversité a, en plus de ses valeurs, une valeur intrinsèque, indépendamment de l'homme.
Notre invitée souhaite vous interroger. Comment convaincre l'opinion publique de l'importance de l'écologie alors que les Français semblent sceptiques sur les mesures proposées dans le débat public. - Ce qui manque est un vrai débat sur les valeurs.
On se rendrait compte qu'il y a des valeurs avec lesquelles on est d'accord. Cela permettrait d'augmenter l'attention des gens. Face à vous, Lauriane. - Lauriane arrive sur ce plateau.
Bonsoir. Merci d'être ici avec nous. Vous avez quelques minutes pour échanger avec Sandrine Rousseau sur la biodiversité. - Bonsoir.
Je voudrais vous parler de la biodiversité, effectivement, la crise écologique est aujourd'hui présente dans tous les programmes politiques. C'est souvent présent sous la forme de questions autour de climat, ou de l'énergie ou de la pollution. J'ai un peu le sentiment que la biodiversité en tant que tel, les écosystèmes, c'est un peu l'oubliée de ce débat.
Je voudrais savoir comment vous pourriez parler de ce sujet qui mérite d'être traité séparément des autres enjeux, qui sont des enjeux très importants, évidemment. - C'est une très bonne question. J'essaie d'en parler.
J'essaie à chaque fois de placer le fait qu'il y a 85 % des insectes qui ont disparu en disant que c'est dramatique. J'essaye de placer le rôle que joue la minimisation dans les rendements agricoles. J'essaie de poser un rapport un peu sensible à la nature qui permettrait de réhabiliter un émerveillement vis-à-vis d'un écosystème, d'un paysage, de fleurs...
Aussi, de les considérer comme étant un crime en tant que tel. Mais tout cela ne passe pas le mur du son. C'est très bizarre car quand je parle de barbecue et de virilité, ça va jusqu'au New York Times mais quand je parle de cela, ça ne passe pas le mur du son.
Comme si on avait perdu une forme d'émerveillement au monde oø, des valeurs fondamentales qui sont notre lien vital à cette biodiversité. -Justement, vous avez des pistes pour stimuler le fait que les gens aient envie d'avoir des actions conformes à un maintien de la biodiversité et une protection des écosystèmes ? Car aujourd'hui, par rapport à il y a 20 ans, il y a énormément de rapports publiés à différentes échelles. - Les médias... tout le monde y passe. - Vous auriez une idée de comment faire pour que les gens ne se sentent pas en tension entre la préservation de la biodiversité et le fait qu'ils perçoivent ça comme une contrainte au quotidien dans leurs actions ou leurs décisions. - J'ai l'impression qu'il y a une partie de l'humanité qui est plus en mode survie que vie.
Qui dit survie dit pensée très immédiate. tellement la vie est dure. J'aimerais qu'on libère les personnes de contraintes qui soient les contraintes de loyer, de financement ou des contraintes de travail pour, précisément, retrouver ce sens de la nature. on interdisait les gens et dans les parcs mais on les laissait aller au supermarché.
Alors que ce n'est pas en haut d'une montagne qu'on attrapait le COVID. Pour moi, il y a quelque chose de l'ordre de l'éthique, quelque chose à retrouver autour de la nature, qui ne soit pas saisi uniquement comme une ressource productive. C'est ce que j'ai défendu dans ma tête.
Que ce ne soit pas des ressources mais une forme d'interaction entre les deux points que nous prenions conscience de notre vulnérabilité. Je crois que nous avons trop conscience de notre puissance ou de notre supériorité. -Concrètement, comment peut faire ?
C'est ça l'enjeu aujourd'hui. Comment on peut proposer une modification. - Du rapport à la nature ? - Oui.
J'ai l'impression que les gens ont changé leur rapport à la nature, de plus en plus. Comment faire pour traduire ça dans des propositions politiques ? - Je n'ai pas toutes les solutions.
J'ai été éberluée par l'étude qui parlait des insectes, qui devrait faire la une de tous les journaux, n'a fait que des brèves ici ou là au lieu de faire la une. - Ca a fait quelques unes. - Pas tant que ça.
J'ai même demandé à ce que ce soit une questions au gouvernement dans mon groupe. Pour interpeller. A côté de ça, on a un autre effet de cette perte de biodiversité, chez les jeunes, les tentatives de suicide ont augmenté de 70 % à cause de l'anxiété écologique.
Je ne sais pas comment alerter. Je n'ai pas arrêté d'essayer de le faire. Si vous avez des solutions, je veux bien qu'on mange ensemble pour en parler. -Le titre de votre livre, "Repenser les défis de la biodiversité", je voudrais qu'on reparle d'une image qui a fait beaucoup parler aujourd'hui.
Emmanuel Macron a surpris, on voit des mains arriver sur le visage du président de la République. Cette vidéo a été beaucoup commentée. - Je me demandais ce que vous aviez pensé en voyant ces images.
Est-ce qu'elles vous ont choquée ? -J'ai été choqué. Après, ce qui s'est passé leur appartient.
Je ne peux pas le commenter. Je dis juste que dans les violences conjugales, il y a 86 % des femmes victimes mais il y a 15 % d'hommes victimes. -Donc, vous ne dites pas comme le président qu'il faut être fada ou maboule pour voir des violences dans cette scène ? - Je ne dis rien.
Juste que la violence conjugale chez les hommes est aussi un tabou. Je ne peux pas déposer plainte à la place de quelqu'un. 15 % des violences conjugales sont subies par des hommes. -Il a été dit que c'était des images fausses.
Est-ce qu'avoir menti sur la nature de ces images affaiblit ce travail de lutte contre les fausses informations ? - Je pense qu'on a toujours intérêt à dire la vérité. Là, ils ont été surpris dans ce geste par une caméra qu'ils n'avaient pas anticipé.
C'est sûr, j'aurais aimé équilibrer les choses. - Merci, Sandrine Rousseau, d'avoir été avec nous sur "Lundi, c'est politique". Bonne semaine et à lundi prochain.
Sandrine Rousseau