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Podcast / conversationCNEWS (sur Dailymotion)· 8 octobre 2026 10 minComplaisantPortrait personnelSécurité

Patrick Bertrand : L'Heure des Livres (Émission du 08/10/2026)

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Défensif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:56OuverteRéponse directe

    Comment définiriez-vous l'anti-gang ? Quelle est sa spécificité ?

  • 2:16OuverteRéponse directe

    Comment atterrit-on à l'anti-gang ? Était-ce une vocation ?

  • 3:22OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous a le plus plu durant ces années ?

  • 5:09OuverteRéponse directe

    Vous dites que vous traquiez des hommes avant leurs projets judiciaires. Comment cette priorité a-t-elle évolué ?

  • 7:05OuverteRéponse directe

    Quelles opérations vous ont le plus marqué ?

  • 8:08OuverteRéponse directe

    Peut-on avoir une vie de famille normale avec un métier comme le vôtre ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:15PrésentateurFait
    « Puis, insidieusement, la priorité a glissé, on a commencé à valoriser l'éclat du flag immédiat au détriment de la lenteur nécessaire de l'investigation, ce fut le début de ce que j'appelle l'amputation de l'enquêteur. »

Temps de parole

  • Invité59 %
  • Présentateur37 %
  • ?4 %

≈ 8,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

Bienvenue

0:01
Présentateur

à l'heure des livres, Patrick Bertrand. Alors, Patrick Bertrand, alias plastique, puisque c'est ainsi que l'on vous nomme et que l'on vous connaît dans la police française, vous avez sévi pendant plus de 30 ans, puisque vous avez servi au mythique 36 quai des Orfèvres, que

0:17
Locuteur

l

0:17
Présentateur

'on connaît. Et dans ces 30 ans, vous avez passé 22 ans au sein de la brigade de recherche et d'intervention, plus connue sur le nom de BRI ou anti-gang. Alors, nous vous recevons quand vous venez de publier votre premier livre, un livre qui s'appelle BRI Carnet Noir, c'est paru chez Marie Editions. Alors, vous y racontez ce qui a été votre vie, ce que vous avez noté sur des carnets, ce qui a constitué votre quotidien, un monde qui tend à disparaître, dont d'ailleurs vous regrettez certains aspects et puis vous regrettez certaines orientations prises aujourd'hui.

0:55
Locuteur

Oui.

0:56
Présentateur

Alors, déjà, pour ceux qui ne savent pas vraiment, comment vous définiriez l'anti-gang ? Quelle est la spécificité de cette brigade ?

1:05
Locuteur

Alors,

1:05
Invité

la spécificité de la BRI, la brigade anti-gang, c'est sa double casquette, c'est-à-dire que c'est à la fois, et c'est le seul service en France de ce style-là, c'est à la fois un service de police judiciaire qui fait du judiciaire, des surveillances, des filatures, donc de la police d'initiative, mais c'est aussi une unité d'intervention, comme pourrait l'être le RAID ou le GIGN. Donc, on a cette double casquette, à la fois en civil, à la fois en tenue, en noir, comme l'on dit, lorsqu'on porte la cagoule et l'équipement qu'il faut.

1:37
Présentateur

D'ailleurs, vous avez dit qu'initialement, sur la couverture, vous étiez

1:41
Locuteur

avec

1:42
Présentateur

une cagoule.

1:42
Invité

Absolument. Donc, elle est derrière, pourquoi ? Mais ce n

1:46
Locuteur

'est

1:46
Invité

pas plus mal, d'ailleurs, parce que moi, j'avais choisi une autre couverture, mais celle-ci est très bien, parce que je parle essentiellement, dans mon livre, du côté judiciaire de la BRI, et ce qui correspond à 95% du travail d'un anti-gang. Donc, j'ai voulu mettre ce côté-là en valeur, c'est pour ça que c'est sur la couverture.

2:09
Présentateur

Que les interventions. Alors, ce qu'on aimerait quand même savoir, c'est comment on atterrit à l'anti-gang ? C'était une vocation, quelque chose que vous aviez en vous, depuis enfant ? Alors, vous avez une famille

2:21
Locuteur

? Alors,

2:23
Invité

personnellement, chacun a sa vie, mais moi, la mienne, c'est que moi, je souhaitais, je suis une famille militaire,

2:28
Locuteur

mon père, mon grand

2:29
Invité

-père, mon frère sont tous militaires, et je souhaitais embrasser cette profession. Et puis, un jour, je tombe sur un pari match. Voilà, j'étais étudiant en droit, je tombe sur un pari match, et je vois ça en couverture, le patron de l'anti-gang, Yves Jobi, qui, d'ailleurs, m'a recruté...

2:47
Locuteur

La

2:47
Présentateur

préface de

2:48
Locuteur

lui. Voilà, et qui a écrit la préface de

2:50
Invité

mon livre. Et avec tous ses hommes en noir derrière lui, et un bel article, et donc, je me dis, ça, ça pourrait me plaire. Voilà, parce que j'ai fait du droit, ça correspond un peu au concours et aux épreuves du concours. Donc, j'ai passé le concours d'inspecteur de police, avec cette idée-là, cette finalité d'intégrer cette unité prestigieuse au cas des Orfèvres. Ce que j'ai réussi à obtenir au bout de la scolarité, de 6 ans en pôle judiciaire.

3:18
Présentateur

Alors, vous y passez de nombreuses années, donc il

3:20
Locuteur

y

3:20
Présentateur

a l'aspect judiciaire, comme vous dites, il y

3:22
Locuteur

a

3:22
Présentateur

aussi l'aspect, les filatures, les planques, les informateurs, tout ce qui est derrière. Il y a aussi, on découvre un pari qu'on ne connaît pas tous, assez sombre, la rue la nuit. Qu'est-ce qui vous a le plus plu durant toutes ces années, en fait

3:45
Locuteur

? Alors,

3:47
Invité

j'ai eu cette chance, parce que je décris un peu l'évolution de la police judiciaire, au-delà des réformes

3:55
Locuteur

des

3:57
Invité

dernières années. Mais ce qui m'a plu essentiellement, c'est cette liberté d'action qu'on nous laissait sur le terrain, cette confiance qu'avait la hiérarchie en ces hommes, qui tentent à disparaître, il me semble. Et également, et ça, vous le voyez dans mon livre, puisque je décris les portraits des collègues que j'ai commandés, les Topaz 40, puisque j'étais chef

4:23
Locuteur

du groupe. Voilà, et c'est

4:25
Invité

cette fraternité, ces liens qui nous unissent par la force des choses, parce qu'on passe nos journées, nos nuits, les uns aux côtés des autres, et puis on compte les uns sur les autres,

4:34
Locuteur

surtout.

4:35
Présentateur

Il y a l'aventure collective, il y a la fraternité, et puis il y a aussi, j'imagine, une forme d'adrénaline, quand même, qui vous tient et qui, peut-être, vous manque aujourd'hui, d'ailleurs.

4:45
Invité

Oui, après, avec l'âge, ça passe, et puis j'ai tourné la page, si j'ose dire, en ouvrant ce livre. Mais oui, ça me manque, ça me manque, ces relations, et puis ces appels du soir, ces contacts avec mes sources, qui me disaient, ben voilà, j'ai un beau tuyau pour toi, tout ça, ça me manque, oui, absolument. Mais bon, il faut vivre avec son âge aussi.

5:09
Présentateur

Alors, vous dites, nous ne traquions pas des procédures, nous traquions des hommes, bien avant que leurs projets ne prennent corps dans un dossier judiciaire. Puis, insidieusement, la priorité a glissé, on a commencé à valoriser l'éclat du flag immédiat. Au détriment de la lenteur nécessaire de l'investigation, ce fut le début de ce que j'appelle l'amputation de l'enquêteur. C'est un constat que vous dressez avec peine, en fait, puisque,

5:33
Invité

avec regret. Oui, complètement, et je ne suis pas le seul à le dresser, d'ailleurs. Oui, parce que beaucoup de mes anciens collègues à la retraite aujourd'hui, y compris de commissaires, effectivement, ont constaté cette évolution. Oui, le métier d'anti-gang, c'est le terrain, l'ADN de l'anti-gang,

5:56
Locuteur

c

5:56
Invité

'est le terrain. Voilà, c'est les sources, c'est la recherche du renseignement. On a cette liberté, comme l'on dit, de ne pas écrire. On écrit un petit peu quand même, parce que c'est comme ça aujourd'hui. Mais cette recherche du renseignement, cette liberté qu'on avait de monter une affaire de A à Z jusqu'à l'interpellation, c'est unique. Voilà, c

6:17
Locuteur

'est

6:17
Invité

la police judiciaire qui tente à disparaître un peu aujourd'hui. Et on le regrette parce que toutes ces réformes qui ont alourdi la procédure des services d'investigation font qu'aujourd'hui, on devient le bras armé de ces services, parce qu'ils n'ont plus le temps de quitter leur ordinateur et d'aller sur le terrain. Donc là, on fait appel à la BRI pour faire quelques surveillances, etc. Donc le renseignement ne vient plus, comme auparavant, très rarement maintenant, de sources, donc de nos informateurs, de nos tontons, mais viennent plutôt des services d'enquête.

6:47
Locuteur

–

6:48
Présentateur

Alors en fait, d'ailleurs, c'est un constat et un regret que dresse Yves Jobbik dans la préface, puisque donc celui qui vous a recruté, comme vous l'avez dit, qui évoque un dérèglement préjudiciable à ceux qu'il a commandés, de chasseurs d'initiatives, il devint des exécutants. Est-ce que dans toutes ces opérations, certaines vous ont marqué plus que d'autres ? J'imagine quelles ont été les opérations les plus marquantes ?

7:12
Locuteur

– Oui,

7:13
Invité

les opérations les plus marquantes en matière judiciaire, eh bien c'est évidemment lorsqu'il y a des victimes, des décès. J'en citerai qu'une, puisque c'est celle qui m'avait marqué, moi, dès mon arrivée à la BRI. C'est l'histoire de Jean-Claude Bonal, dit le chinois, qui a tué, en l'espace de

7:34
Locuteur

même

7:35
Invité

pas une semaine, sept personnes, dont deux collègues, sur deux affaires différentes. Et on travaillait à l'époque sur cette affaire.

7:42
Locuteur

Donc

7:42
Invité

c'est d'autant plus... Voilà, ça m'avait marqué, parce que c'était les débuts dans le monde du grand banditisme pour moi. Même si j'ai travaillé au GRB, au groupe de répression du banditisme, comme enquêteur, comme procédurier. Mais là, on touche vraiment au grand banditisme, et c'est plus la même musique.

8:01
Présentateur

– Alors vous, on le voit à travers vos récits, c'est une vie assez hors normes que vous avez eue. Mais justement, est-ce que l'on peut avoir une vie de famille à côté quand on a un métier comme ça ? Est-ce qu'on peut avoir une vie normale ?

8:17
Invité

–

8:17
Locuteur

C

8:17
Invité

'est compliqué. Honnêtement, c'est compliqué. La vie de famille, c'est surtout avec la famille, la confrérie

8:23
Locuteur

des antigans. – La famille, c'est celle-là. – Parce qu'on est

8:26
Invité

la plupart du temps avec eux, et puis même qu'on n'est pas physiquement ensemble, on s'appelle, on pense aux uns, aux autres, à ceux qui sont sur le terrain et puis à ceux qui sont en vacances. Donc on ne lâche pas, en fait, durant toutes ces années. Et oui, la vie de famille, c'est compliqué, honnêtement, parce que

8:45
Locuteur

même

8:46
Invité

en congé, on est rappelable. –

8:48
Présentateur

Et là, vous suivez toujours les affaires, je ne

8:51
Locuteur

sais

8:51
Présentateur

pas, par exemple, l'affaire comme le braquage du Louvre. –

8:55
Locuteur

Bien

8:55
Présentateur

sûr.

8:55
Locuteur

–

8:55
Présentateur

Oui,

8:56
Locuteur

bien sûr. – Vous regrettez

8:57
Présentateur

de ne pas…

8:58
Invité

– Je regrette qu'il n

8:59
Locuteur

'y ait

8:59
Invité

pas eu un informateur qui ait balancé l'équipe, voilà, avant que ça se fasse. Parce que peut-être que là, oui, on aurait retrouvé

9:06
Locuteur

les bijoux.

9:07
Invité

Mais oui, oui, j'y pense. J'ai encore vu récemment la BRI, alors je crois que c

9:11
Locuteur

'est

9:11
Invité

la BRI nationale qui a fait une très très belle affaire d'armes. On suit parce qu'on se dit, voilà, on s'imagine les collègues en train de travailler sur ces équipes.

9:20
Locuteur

–

9:21
Présentateur

En tout cas, merci beaucoup Patrick Bertrand.

9:23
Locuteur

–

9:23
Présentateur

Merci à

9:24
Locuteur

vous.

9:24
Présentateur

– Je vous conseille de lire ce livre, BRI Carnet Noir, donc, chez Mareuil Édition. Alors, c'est raconté aussi avec beaucoup de réalisme, de verve et ça se lit comme un roman. Merci beaucoup Patrick Bertrand. – Merci à vous.

9:40
Locuteur

– Merci à vous.