Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 18 novembre 2019 25 minContradictoirePortrait personnelInstitutions & électionsSolidarités & familleÉconomie & entreprisesJustice

Rachida Dati : “La droite revient à ses vieux travers de repli un peu réactionnaire"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 40 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:02FerméeRéponse directe

    Est-ce que vous estimez que le maintien de l'ordre a tout de même été efficace et à la hauteur ?

  • 2:14FerméeRéponse partielle

    Le mouvement des Gilets jaunes est-il, selon vous, affaibli ou carrément dans l'impasse ?

  • 4:09OuverteRéponse directe

    Comment expliquez-vous qu'on vous ait toujours dénié toute forme de légitimité à être où vous avez fini par être ?

  • 5:37ComplaisanteRéponse directe

    Vous avez besoin de le raconter dans ce livre-là ?

  • 7:26OuverteRéponse directe

    Vous êtes d'accord avec Valérie Pécresse qui dit qu'en politique, une femme doit être deux fois plus vigilante qu'un homme et qu'une femme de droite doit l'être quatre fois plus ?

  • 8:44RelanceÉludée

    Est-ce que tout simplement, vous ne vous demandez pas si vous n'avez pas le poste ou si Hollande ne vous le donne pas ou un autre ne vous le donne pas ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:16Invité politiqueFait
    « Ces manifestations récurrentes, ça fait plus d'un an maintenant que nous assistons à des manifestations qui deviennent de plus en plus violentes. »
  • 1:37Invité politiqueFait
    « Tous ces Français, sur les ronds-points, dans les rues, dans les villes, a manifesté simplement pour pouvoir vivre, vivre décemment. »
  • 1:53Invité politiqueFait
    « Aujourd'hui, ce sont des gens qui travaillent, qui travaillent durement, qui ont des familles et qui ne s'en sortent pas. »
  • 2:31Invité politiqueFait
    « Moi je suis une fille d'ouvrier, d'ailleurs c'est le propos de ce livre, moi j'ai connu, mon père était ouvrier, il a été maçon, puis il a été balayeur dans une usine. »
  • 5:21Invité politiqueFait
    « J'ai commencé à travailler, j'avais 14 ans. Je faisais du porte-à-porte, je vendais des produits dans la cité où j'habitais. »
  • 5:33Invité politiqueFait
    « J'ai exercé pendant plus de 6 ans. L'aide-soignante de jour, de nuit, j'ai été standardiste. »
  • 7:53Invité politiqueFait
    « Quand il me nomme garde des Sceaux, pour lui, il y a une légitimité à ce que je sois garde des Sceaux. »
  • 8:28Invité politiqueFait
    « Si vos ministres hommes étaient aussi compétents, si qualifiés que vos ministres femmes, vous vous auriez très heureux. »
  • 10:07Invité politiqueFait
    « Elle n'est pas du sérail, donc ça va être compliqué à gérer et à expliquer. »
  • 13:00Invité politiqueFait
    « Je pense que ce qu'a fait Nicolas Sarkozy en me nommant, d'abord porte-parole, il a donné un signal fort à la France. »
  • 14:07Invité politiqueFait
    « Mais regardez sur l'analyse sociologique, c'est des CSP+. »
  • 15:06Invité politiqueFait
    « Benjamin Griveaux, il était socialiste. Et il est depuis des années au Parti Socialiste. »
  • 17:30Invité politiqueFait
    « Je n'ai jamais trahi ni ma condition ni mon origine sociale. »
  • 17:41Invité politiqueFait
    « Il dit le problème de la sécurité en France et notamment dans certains territoires, c'est effectivement la sécurité des plus modestes, des plus vulnérables. »
  • 22:13Invité politiqueFait
    « J'ai été en charge de la réforme de la constitution en 2008. »

Temps de parole

  • Rachida Dati68 %
  • Présentateur14 %
  • Invité13 %
  • Auditeur3 %
  • Locuteur non identifié3 %

2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin la maire du 7e arrondissement qui va conquérir ou essayer de conquérir la mairie de Paris pour son parti Les Républicains. Elle publie chez Plon la confiscation du pouvoir. Citation en exergue de ce livre, je veux vous raconter sans indulgence l'élite qui dirige la France. Questions et réactions 01 45 24 7000, les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Rachida Dati, bonjour. Bonjour. Et merci d'être à notre micro.

Ce livre, il retrace votre parcours et il esquisse à travers ce parcours un portrait décapant de l'élite française, comment elle fonctionne, comment elle se perpétue, quels obstacles il faut franchir pour espérer avoir une carrière politique quand, comme vous, on n'est pas du sérail. On va y venir longuement avec Léa dans quelques instants. Mais auparavant, comme vous êtes candidate à la mairie de Paris, quelques questions sur ce week-end où les Gilets jaunes célébraient le premier anniversaire de leur mouvement. À Paris samedi, le rassemblement a été perturbé par la présence de nombreux casseurs et des violences. Place d'Italie.

Est-ce que vous estimez, pour commencer, que le maintien de l'ordre a tout de même été efficace et à la hauteur ?

1:10
Rachida Dati

Ces manifestations récurrentes, ça fait plus d'un an maintenant que nous assistons à des manifestations qui deviennent de plus en plus violentes. Et donc, moi, je n'excuserai jamais la violence. Jamais. Donc, je la condamne totalement. Mais c'est vrai que moi, en déplorant cette violence, ça n'a pas, en tous les cas, arrêté les revendications d'une grande frange de la population, de nos concitoyens qui vivent dans la difficulté, qui vivent dans la misère. Et c'est vrai qu'on s'est pris en pleine figure. Tous ces Français, sur les ronds-points, dans les rues, dans les villes, a manifesté simplement pour pouvoir vivre, vivre décemment.

Avant, quand on parlait de pauvreté, souvent, on considérait que c'était quelqu'un qui n'avait pas d'appartement, pas d'emploi, qui n'avait pas de ressources. Aujourd'hui, ce sont des gens qui travaillent, qui travaillent durement, qui ont des familles et qui ne s'en sortent pas. Et donc, malgré tout ce qui a pu être mis sur la table, ça n'a pas réglé ni l'avenir, ni les perspectives de ces familles, et encore moins leurs problèmes de pouvoir d'achat.

2:09
Invité

Pourtant, ils étaient 280 000 à battre le pavé le premier samedi de mobilisation il y a un an. Ils n'étaient plus que 28 000 samedi dernier, un an après, pour leur anniversaire. Le mouvement des Gilets jaunes est-il, selon vous, affaibli ou carrément dans l'impasse ?

2:25
Rachida Dati

En tous les cas, leurs revendications ne sont pas affaiblies. Vous savez, Madame Salamé, quand ils vous manifestaient, alors c'est vrai que les mouvements de gamin, moi je suis une fille d'ouvrier, d'ailleurs c'est le propos de ce livre, moi j'ai connu, mon père était ouvrier, il a été maçon, puis il a été balayeur dans une usine, et donc je connais cette condition ouvrière, qui était représentée aussi par des syndicats. Donc les revendications collectives permettaient d'obtenir des droits, des droits supplémentaires pour leurs conditions de travail. Mais il y avait aussi une solidarité qui s'exerçait dans le cadre de ces mouvements.

Aujourd'hui, quand vous avez tous ces Français qui se dressent en disant « on ne peut pas vivre, on est à la limite de la survie, on n'a plus d'ambition pour nous, et encore moins pour nos enfants, et il faut tenir dans le temps, parce que ces gens-là prennent sur leur congé, ne travaillent pas, ça ne peut pas durer dans le temps, et je pense que certains ont compris ça, en disant « à l'usure, ils vont bien arrêter, parce qu'il faut qu'ils vivent ». Il n'y a pas de cagnotes les concernant, ils n'ont pas de rente ou de ressources à côté pour pouvoir tenir dans la durée. C'est ça, moi, qui me gêne un peu.

Et ce qui est d'ailleurs, je le mets dans le livre, c'est ce qui m'a poussé et incité à écrire. Le livre, ce n'est pas l'histoire de ma vie, c'est l'histoire d'une condition sociale en France qui, à force d'humiliation, de mépris, de non-considération, à un moment donné, ça pète, pardonnez-moi l'expression.

3:46
Présentateur

Je vous cite dans ce livre, La Confiscation du Pouvoir, « On m'a soupçonné, on m'a attaqué, on m'a qualifié de parvenu et d'intriguante. Il y a ceux pour qui rien n'est jamais assez pour justifier ce que j'ai obtenu, et ceux qui considèrent que, quoi qu'il arrive, je ne serai jamais des leurs. » En clair, vous dites qu'on vous a toujours dénié toute forme de légitimité à être où vous avez fini par être. Comment l'expliquez-vous ?

4:15
Rachida Dati

Tout d'abord, très jeune, il y a des chapitres qui concernent mon vécu, ce que j'ai pu voir. En ce moment, on parle des violences faites aux femmes, comme si on découvrait ce phénomène, qui est un phénomène profond qui existe depuis longtemps. Moi, j'ai compris cette solidarité féminine, les combats collectifs, les combats pour la survie. Et donc, moi, j'ai compris très tôt et très jeune que les clés de ma liberté, la clé de ma liberté, c'était le travail. Et je me disais, si je travaille, si je réussis, je serai totalement libre. Et en fait, vous vous rendez compte que vous travaillez, vous réussissez et quand même, votre liberté est relative parce qu'on vous soupçonne.

On vous soupçonne si vous réussissez et puis on vous montre du doigt si vous échouez. Pourquoi on vous soupçonne ? Pourquoi vous dites ça ? Parce que je pense que, d'abord, moi, j'ai eu la chance très tôt d'avoir changé de... Enfin, la chance, entre guillemets, je le dis, c'est une chance. Parce que derrière moi, j'en ai drainé d'autres. J'ai eu la chance d'avoir changé de milieu très tôt grâce à des... C'est vrai, à des personnes qui m'ont fait confiance pour travailler. Elles ne m'ont pas fait confiance pour me faire plaisir. Et c'est vrai que, moi, j'ai commencé à travailler, j'avais 14 ans. Je faisais du porte-à-porte, je vendais des produits dans la cité où j'habitais.

Et ensuite, j'ai été aide-soignante. J'ai une formation d'aide-soignante. J'ai exercé pendant plus de 6 ans. L'aide-soignante de jour, de nuit, j'ai été standardiste. J'ai beaucoup travaillé.

5:37
Invité

Vous avez besoin de le raconter dans ce livre-là ? Oui, j'ai besoin de le raconter. Comme si, d'une certaine manière, on vous avait fait des mauvais procès en disant les robes de luxe, les marques de luxe. Rachida Dati se plaît à se laisser aller à profiter de sa nouvelle condition. Vous avez besoin de revenir aux origines, c'est ça ?

5:55
Rachida Dati

Non, parce que moi, je me souviens d'une journaliste de Elle qui me disait « Vous avez trahi votre condition en étant trop bien habillée ». J'ai dit « Faites attention » parce que la question d'après, c'est « Est-ce que je ne suis pas trop propre ? » « Est-ce qu'il n'y a pas une question d'hygiène, quasiment ? » En fait, vous assumez.

6:09
Invité

Vous voulez revenir à vos origines pour terminer en disant « J'assume les robes de marques, j'assume tout. »

6:13
Rachida Dati

Non, ce n'est pas ça, non. C'est que je n'ai rien volé. Rien n'est eu sur paix. C'est mon travail. Je n'ai jamais voulu écrire. Et croyez-moi que nombreux éditeurs ont demandé à ce que j'écrive sur ma vie, sur mon parcours, sur les embûches, sur les épreuves. Et alors pourquoi vous l'avez fait là ? Je n'ai jamais voulu le faire parce que j'ai toujours craint. Et je craignais qu'on dise « Elle instrumentalise son parcours. Elle instrumentalise ses épreuves. » Pour ne pas dire « Elle instrumentalise sa famille. » Je n'ai jamais voulu le faire. Aujourd'hui, je vais essayer de le faire parce que d'abord, j'ai une petite fille. Mon père est décédé depuis.

Et puis, dès lors, il y a eu ces rencontres pendant des mois. J'ai rencontré des gens qui manifestaient dans le cadre de ces Gilets jaunes. Et je me disais finalement, je ne peux pas nier ce qui est à l'origine de mes combats et de mes engagements politiques. Il faut que j'explique cette France-là, dont je suis issue, avec une dimension supplémentaire qui est liée aussi à une origine multiple. Mais c'est vrai que cette légitimité, on me l'a toujours déniée.

7:16
Présentateur

Valérie Pécresse, à ce micro-Rachida Dati, nous disait la semaine dernière qu'en politique, une femme doit être deux fois plus vigilante qu'un homme et qu'une femme de droite doit l'être quatre fois plus. Vous êtes d'accord ?

7:28
Rachida Dati

Une femme tout court, mais l'essentiel... Non, elle dit qu'à droite, c'est encore pire. Comment vous dire ? Moi, je pense que la droite a produit un parcours comme le mien pour les responsabilités politiques que j'ai pu occuper. Mais ça a été, je le reconnais. Moi, j'ai travaillé... J'étais magistrat avant de travailler pour Nicolas Sarkozy. On a fait beaucoup de choses au ministère de l'Intérieur. Quand il me nomme garde des Sceaux, pour lui, il y a une légitimité à ce que je sois garde des Sceaux. On me l'a dénié. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, la droite revient à ses vieux travers. J'allais dire de repli, un peu réactionnaire. Et très compliqué. Je raconte une partie dans ce livre.

Je me souviens d'un entretien que j'avais. On était autour de Nicolas Sarkozy. Et certains déniaient les qualités ou les compétences professionnelles de Valérie Pécresse ou de Nathalie Kosciusko-Morizet. Moi, je n'étais pas forcément, à cette époque, très liée ni à l'une ni à l'autre. Et j'ai pris à témoin Jean-Pierre Raffarin, parce que je les ai défendus. Et j'ai dit, monsieur le Président, si vos ministres hommes étaient aussi compétents, si qualifiés que vos ministres femmes, vous vous auriez très heureux. Et j'ai dit à Jean-Pierre Raffarin, tu ne peux pas laisser dire ça. Et effectivement, il en a convenu.

8:41
Invité

Mais c'est toujours, tout est compliqué. Sur la question de légitimité, vous racontez dans le livre une anecdote avec François Hollande. Il est président. Vous briguez un poste à la tête d'une entreprise du CAC 40. Vous lui écrivez. Il vous répond. Vous lui écrivez pour lui dire, j'aimerais bien ce poste. Il vous répond, pourquoi pas ? Et puis ensuite, vous recevez un second SMS qui ne vous était pas destiné de François Hollande, qui dit quoi ?

9:02
Rachida Dati

En fait, à un moment donné, mon père était gravement malade. Il a beaucoup souffert des attaques publiques que j'ai subies. Comment je l'ai subie ? Ce n'est pas grave. Je suis construite pour les attaques. Je suis construite, je le dis dans le livre. Je n'ai jamais été en zone de confort. Jamais. De toute ma vie à ce jour. Et donc, moi, ça fait partie de mon ADN. Mais qu'on attaque ma famille, mon père l'a très mal vécu. Ma petite fille, c'était... Hollande, il vous répond quoi ? Et donc, à un moment donné, je me suis dit, pourquoi pas changer de vie ?

Et je rencontre l'actionnaire majoritaire de cette entreprise qui me dit, et pourquoi tu ne serais pas parce qu'il avait un sujet lié à son dirigeant ? Il me dit, finalement, tu pourrais diriger cette entreprise. J'avais les compétences requises, j'avais l'expérience requise, j'avais le tempérament requis. Et donc, il me dit, on peut en parler au président. Je lui ai envoyé un SMS sur les conseils, d'ailleurs, de Jean-Pierre Jouillet, qui était à l'époque à la Caisse des dépôts. On en parle et il me dit, oui, pourquoi pas ? Et il me répond, oui, pourquoi pas ?

Et en fait, il envoie, je pense que c'était ce SMS destiné à Jean-Pierre Jouillet ou à quelqu'un d'autre en disant, non, mais ce n'est pas possible, mais comment on va le justifier ? Elle n'est pas du serail. Elle n'est pas du serail, donc ça va être compliqué à gérer et à expliquer. Donc voilà, donc ça en dit long. C'est-à-dire que ça en dit long, alors que pour d'autres, on ne s'est jamais interrogé sur cette possibilité-là.

10:25
Invité

Vous racontez souvent ça, l'épisode avec Hollande en est un des nombreux épisodes que vous racontez dans le livre où au fond, vous dites, à chaque fois que j'ai brigué un poste ou à chaque fois que j'ai eu un poste, on m'a fait ce procès de légitimité. Et je me demandais quand même si on a l'impression que c'est toujours de la faute des autres. Non, pas du tout. Que c'est toujours à cause de vos origines ou à cause du fait que vous n'avez... Ma question, c'est la suivante. Est-ce que tout simplement, vous ne vous demandez pas si vous n'avez pas le poste ou si Hollande ne vous le donne pas ou un autre ne vous le donne pas ? C'est juste parce qu'il y a une personne meilleure que vous ?

Sans doute.

10:57
Rachida Dati

Mais est-ce que je n'aurais pas fait le parcours que j'ai fait si je n'avais pas considéré qu'il y ait des personnes meilleures que moi ? Et tant mieux. Ça n'est pas la question. C'est que vous n'êtes jamais dans leur viseur, quoi qu'il arrive. Ça n'est jamais pour vous. L'occurrence, ça l'a été pour vous. Vous avez été garde des Sceaux.

11:16
Invité

Vous êtes aujourd'hui la candidate de LR alors que vous dites que le parti se recroquevillait et pourtant il vous nomme vous à Paris.

11:22
Rachida Dati

Justement, on en parlait juste avant d'entrer dans le studio. La question, elle n'est pas là. Quand Nicolas Sarkozy souhaite déjà me nommer porte-parole, mais c'est contre vents et marées. Certains considèrent que je vais le faire perdre. Ensuite, quand il me nomme garde des Sceaux, il considère que j'avais fait plus que mes preuves et que j'avais la compétence pour cela. Moi, je ne dis pas que c'est la faute des autres. Jamais. Vous dites un peu que c'est la faute des autres dans le livre. Non, pas du tout. Si je peux me permettre une critique. C'est souvent la faute des autres

11:52
Invité

parce que vos origines,

11:54
Rachida Dati

parce que vous êtes femme. Non, pas du tout. D'abord, je ne parle jamais de mes origines. Je parle d'une condition sociale. C'est totalement différent. Moi, je n'ai jamais ni ethnicisé, ni communautarisé mon parcours ou ma vie. C'est ce que vous reprochez un peu à Sibeth Indiaye ? Non. Vous n'aimez pas la comparaison avec elle ? Non, pas du tout. Ce n'est pas un reproche. Ce n'est pas de sa faute. Elle est née dans le milieu dans lequel... Ce que j'explique concernant Sibeth, c'est de dire qu'on réduit la diversité, pardonnez-moi de l'expression, on réduit la diversité en disant on va nommer un Noir ou une Arabe. Mais ce n'est pas ça la diversité.

La diversité, elle est liée à la condition sociale. Moi, je me sens plus proche d'une fille d'ouvrier que d'une fille d'un milieu très favorisé. Est-ce que vous dites

12:34
Invité

que Sibeth Indiaye est fille de diplomate ? C'est ça qui vous gêne dans la comparaison ?

12:37
Rachida Dati

Ce n'est pas un reproche. C'est simplement une comparaison liée à des arguments qui ont pu être donnés en disant ils sont Noirs et Arabes, c'est tous les mêmes. Non, ça n'a rien à voir. Je parle de la condition et non pas de l'origine.

12:49
Présentateur

Et vous dites d'ailleurs Rachida Dati qu'un profil comme le vôtre, un parcours comme le vôtre ne pourrait plus émerger aujourd'hui. Pourquoi vous dites ça ?

12:57
Rachida Dati

En tout cas, politiquement, je pense que c'est très compliqué aujourd'hui. Pourquoi ? On a régressé. Moi, je pense qu'on a régressé. Je pense que ce qu'a fait Nicolas Sarkozy en me nommant, d'abord porte-parole, il a donné un signal fort à la France. Moi, je me souviens de rencontres, d'ailleurs, j'étais en déplacement avec Christian Estrosi et Dominique Estrosi-Sasson. Nous étions dans les quartiers de l'Ariane à Nice et il y avait des jeunes femmes qui me disaient pour une fois, mais je revendique le fait de m'appeler Rachida. Et donc, ça a donné un signal fort. Et donc, aujourd'hui, dénominations, on est dans la cooptation. Ce n'est plus dénominations, ce sont des cooptations.

Et je trouve que la force de la France, c'est de pouvoir réinvestir sa valeur liée à la myéorithocratie. Quand je titre la confiscation du pouvoir, c'est de démontrer qu'il y a une certaine élite qui se satisfait du blocage

13:45
Invité

de l'ascenseur social. Vous dites ça alors qu'Emmanuel Macron a quand même mis à la porte toute une série de dirigeants qui avaient leur ronde-serviette à l'Assemblée nationale, etc. On a toute une nouvelle génération, on en pense qu'on veut, mais c'est vrai que le Parlement a été durablement renouvelé. En tout cas, dans le fond, il y a beaucoup de gens que c'est leur premier mandat. Il y a beaucoup de jeunes.

14:07
Rachida Dati

Mais regardez sur l'analyse sociologique, c'est des CSP+. Est-ce que vous avez des ouvriers, des enfants d'ouvriers, des agriculteurs au sein de l'Assemblée ?

14:16
Invité

Il n'y en a jamais eu beaucoup.

14:17
Rachida Dati

Oui, je suis d'accord avec vous. Donc ce renouvellement ne s'est pas fondé sur la condition sociale où c'est du recyclage. Benjamin Griveaux, pour ne prendre que lui, il est candidat à l'Amérique de Paris, il était socialiste. Moi, je l'ai connu socialiste. Il était conseiller municipal dans une ville de province sous l'étiquette socialiste. Il a été conseiller de Marisol Tourelle sous l'étiquette socialiste. Donc c'est du recyclage. Ce n'est pas du renouvellement. Ce n'est pas une nouvelle forme de nomination. Ça n'a rien à voir.

14:42
Invité

Puisque vous le citez, puisque vous êtes candidate à la mairie de Paris, à la dernière élection aux Européennes, beaucoup d'électeurs parisiens qui avaient voté François Fillon au premier tour, beaucoup d'électeurs de droite ont choisi Emmanuel Macron. N'ont pas à re-voter à droite ont choisi Emmanuel Macron. Qu'est-ce qui les ferait revenir vers vous, voter pour vous, alors que d'une certaine manière Benjamin Griveaux ou Cédric Villani sont plus neufs, sont plus frais en politique ?

15:05
Rachida Dati

Avec ce que je viens de vous dire, plus neuf, Benjamin Griveaux, il était socialiste. Et il est depuis des années au Parti Socialiste. Il était encarté Parti Socialiste. Oui, mais il n'était pas dirigeant. Il n'est dirigeant depuis deux ans. Vous savez, moi je suis né à côté de Chalent-sur-Saône. Il a été conseiller municipal à Chalent-sur-Saône. Ils étaient dans la majorité. C'est eux qui dirigeaient la ville. Ça a été une catastrophe. Ils ont été battus. Donc le bilan de M. Griveaux à Chalent-sur-Saône n'a pas été probant. Mais un électeur de droite du 7e ou du 16e arrondissement, qu'est-ce qui lui ferait revenir

15:32
Invité

vers Rachida Dati

15:33
Rachida Dati

plutôt que Griveaux ou Villani ? D'abord, la municipale, ça n'est pas une élection européenne. Ça n'a rien à voir. Je pense qu'il y a un rapport beaucoup plus de proximité et d'accessibilité. D'ailleurs, je vais vous dire, moi j'ai toujours fait de la politique avec une colonne vertébrale, des convictions. Moi, on ne pourra jamais dire que je ne suis pas authentique dans mes engagements. Je ne l'ai jamais trahi politiquement. J'ai effectivement des valeurs claires, un combat clair. Et les Parisiens, d'ailleurs, plus généralement les Français, louent le fait d'avoir une certaine fidélité, une certaine colonne vertébrale. Donc moi, je crois à la proximité, à l'accessibilité et au terrain.

Donc la campagne a à peine commencé. Moi, j'espère convaincre les Parisiens sur notre projet.

16:15
Présentateur

Allez, on est au standard. Ouvrons le débat avec les auditeurs de France Inter. On est au standard avec Robert, que je salue. Bonjour et bienvenue.

16:23
Locuteur non identifié

Bonjour messieurs, monsieur, bonjour mesdames et merci de prendre le bon appel. Oui, pour être rapide, j'entendais Madame Dati tout à l'heure parlant des Gilets jaunes et de la classe ouvrière défendre la veuve et l'orphelin alors qu'elle vient de dire à l'instant qu'elle n'a jamais trahi ses engagements politiques. Or, elle a été ministre sous Sarkozy qui a quand même mis en place l'impôt sur la fortune pour favoriser les riches qui a allongé la durée de cotisation pour partir en retraite. Donc en fait, elle a un discours que j'entends progressiste à ma grande surprise alors qu'elle a toujours milité et qu'elle milite toujours dans un parti qui favorise les riches au détriment des pauvres.

Et là, il y a quelque chose que je ne comprends pas.

17:04
Présentateur

Merci Robert pour cette question que beaucoup d'auditeurs se posent. Que se passe-t-il ? Merci Robert. Domi sur l'application d'Inter. Que se passe-t-il ? Madame Dati est-elle passée à gauche pendant qu'elle était au gouvernement ? Monsieur Sarkozy ? La précarité des Français la gênait-elle autant cordialement ? Que répondez-vous à nos auditeurs ? Rachida Dati ?

17:27
Rachida Dati

J'ai entendu ces deux interpellations et ces deux interrogations. Je n'ai jamais trahi ni ma condition ni mon origine sociale. Et la condition ouvrière a toujours été un marqueur chez moi. Quand je vais travailler pour Nicolas Sarkozy, quand je m'engage, quand il est ministre de l'Intérieur, c'est que ça a été son premier discours sur la sécurité. Il dit le problème de la sécurité en France et notamment dans certains territoires, c'est effectivement la sécurité des plus modestes, des plus vulnérables. Il dit finalement les plus favorisés ont moins de problèmes de sécurité que ceux qui sont plus en difficulté. Parce que quelqu'un qui rentre chez lui en ayant peur, il n'est pas libre.

Et donc moi, j'ai effectivement été à ses côtés sur un texte sur la prévention de la délinquance, sur les violences conjugales. Et sur le bouclier fiscal, Rachida Dath. Oui, sur le bouclier fiscal.

18:09
Invité

Il dit et il fait aussi la première grande mesure, c'est le bouclier fiscal qui fait qu'il a regretté

18:13
Rachida Dati

d'ailleurs après. Non, pas du tout. Sur le bouclier fiscal, c'est de dire nous maintenons effectivement l'ISF, il l'a maintenu, mais en disant si effectivement il y a des mesures favorables aux plus aisés, il faut qu'ils investissent dans l'économie française. Cette disposition a été supprimée d'ailleurs par François Hollande. Et donc ça, ça a été un réinvestissement dans l'économie. Que fait-il en même temps ? Les heures supplémentaires défiscalisées. Tous les Français, les ouvriers, les salariés, lui en ont été gré de cette mesure.

18:43
Invité

Emmanuel Macron, il a bien fait de supprimer l'ISF ?

18:46
Rachida Dati

Une partie de l'ISF ? C'est une partie de l'ISF. Il l'a bien fait ? Moi je pense qu'aujourd'hui, moi je reprends toujours l'argument de dire quand vous faites une mesure où vous la faites totalement mais vous ne la faites pas à moitié. Parce que ceux qui la veulent ne sont pas contents et ceux qui ne la veulent pas ne sont pas contents. D'accord, il aurait dû aller jusqu'au bout, c'est ça ? Non, je pense que là on est au milieu du guet sur l'ISF. Mais il aurait dû le faire complètement. Soit on l'enlève totalement avec un mot. Votre avis à vous ? Moi je pense qu'effectivement l'ISF tel qu'il est conçu aujourd'hui, c'est un marqueur plus idéologique qu'un marqueur économique.

19:13
Présentateur

Encore une question de Christophe, cette fois-ci sur l'application France Inter, les maires de France sont en congrès. Christophe nous dit je ne me souviens pas d'une décision charismatique du président des maires de France, François Baroin. Pensez-vous qu'il a la stature pour faire un futur président de la République ? Rachida Dati ?

19:33
Rachida Dati

François Baroin est quand même président de l'Association des maires de France. Je peux vous dire que quand on a supprimé des dotations aux maires et à l'ensemble des maires de France, il s'est battu pour qu'il y ait un rétablissement d'une partie de ces dotations. D'autre part, il a été quand même aussi en alerte et il avait interpellé le président sur effectivement ces difficultés des Français auxquelles on enlevait encore plus de services en raison de la réduction des moyens vis-à-vis des maires. Il a alerté le président de la République sur ce risque de manifestation que nous avons eu qui a été inévitable dans les mois qui ont suivi.

Donc peut-être qu'on ne le voit pas assez mais en tous les cas il fait un vrai travail de fond en faveur des maires et des maires notamment des maires ruraux et ça se voit sur le terrain.

20:18
Invité

Donc il a les épaules pour 2022 ?

20:20
Rachida Dati

Vous me parlez comme président

20:23
Présentateur

C'est quelqu'un

20:26
Rachida Dati

qui a du talent qui est intelligent qui est compétent et qui a évidemment une stature pour pouvoir être candidat à la présidentielle.

20:34
Présentateur

Allez rapidement Leïla au standard bonjour.

20:36
Auditeur

Bonjour. Merci de prendre mon appel et d'offrir vos ondes aux citoyens. Je vous soutiens d'ailleurs dans votre résistance et de votre volonté d'avoir un peu plus de budget enfin qu'on ne vous les supprime pas en tout cas. Moi je voulais poser une question à Madame Dati. Elle parle beaucoup des Gilets jaunes. Elle a été élue elle a été députée enfin elle a été ministre

20:57
Locuteur

etc.

20:58
Auditeur

Et elle revendique un petit peu la parole des Gilets jaunes. Et moi je me pose la question est-ce qu'elle comprend la défiance des citoyens contre les élus qui voilà enfin la la défiance de la corruption en tout cas et est-ce qu'elle comprend la volonté de ne plus élire nos maîtres qui seraient nos représentants mais de voter nos lois par les RIC par le RIC par exemple

21:24
Présentateur

Le référendum d'initiative d'initiative citoyenne. Leïla merci Rachida Dati vous répond.

21:32
Rachida Dati

Je ne me considère pas comme une porte-parole des Gilets jaunes je me considère évidemment en lien avec les causes en accord avec les causes qu'ils peuvent défendre pour certains de dire qu'il y a une défiance vis-à-vis des élus bien sûr mais moi je la comprends quand vous avez des élus ou qui ne tiennent pas leurs engagements ou qui trahissent leurs convictions ou qui changent de partie ou qui changent de couleur uniquement pour sauver leur poste ça je peux comprendre qu'il y a une vraie défiance vis-à-vis de ces élus ça les français ne supportent plus les gens qui passent d'un parti à un autre qui aient des accords d'appareil uniquement pour sauver leur siège ça c'est le premier aspect sur l'autre aspect moi j'ai été en charge de la réforme de la constitution en 2008 oui oui pardon j'ai été en charge de la réforme de la constitution en 2008 qu'ai-je mis dans cette constitution moi d'abord je suis très fière d'avoir créé des autorités indépendantes importantes notamment parce que quand je réforme la constitution on donne plus de droits aux citoyens plus de pouvoir au parlement et on encadre les pouvoirs du président de la république dans cette augmentation de droits aux citoyens au-delà du défenseur des droits que j'ai créé et instauré nous avons créé le référendum d'initiative partagée c'est moi qui l'ai mis dans la constitution c'est vrai que il faut 4 millions et demi

22:40
Invité

de personnes pour pouvoir le saisir

22:41
Rachida Dati

non mais déjà ça a été un combat de le mettre dans la constitution madame Salamé c'est pas si simple donc aujourd'hui qu'on puisse aller vers de plus en plus d'orientalité de paroles données aux citoyens moi j'y suis favorable

22:53
Invité

il reste une minute deux questions d'actualité pour terminer Christian Jacob le patron de votre parti Bruno Retailleau Gérard Longuet et d'autres ont signé une tribune dans le JDD hier pour demander que Carlos Ghosn soit rapatrié et jugé en France est-ce que vous le demandez aussi ? Moi je trouve que

23:05
Rachida Dati

ce qui se passe avec cette affaire on a vu les difficultés que connaît Renaud depuis la chute de Carlos Ghosn et je pense qu'il y a un lien qu'il y ait des choses à reprocher à monsieur Ghosn moi je ne suis pas effectivement à l'intérieur de cela mais il y a aussi un aspect sans doute économique sans doute de stratégie et tactique de la part des partenaires de Renault pour pouvoir évidemment déstabiliser ou affaiblir Donc il faudrait qu'il soit jugé en France ?

Non mais moi je ne suis vous savez moi j'ai été magistrat et garde des Sceaux jamais je ne mettrai en cause la justice souveraine des autres pays je dis simplement que nous avons des droits fondamentaux à préserver et à protéger à tous nos concitoyens et partout dans le monde

23:48
Invité

Je vous parle de Carlos Ghosn notamment aussi parce que votre nom est cité dans une enquête du Parquet National Financier qui porte sur des contrats de conseil que vous auriez conclu avec une filiale de Renault-Nissan du temps de Carlos Ghosn

23:57
Rachida Dati

Non avec Renault-Nissan avec une filiale de Renault-Nissan

24:00
Invité

non avec Renault-Nissan bon avec Renault-Nissan du temps de Carlos Ghosn vous avez donc conclu des contrats de conseil enquête du Parquet National Financier cette enquête va-t-elle perturber votre campagne ?

24:09
Rachida Dati

Elle ne perturbera pas parce que ma campagne est ce que je suis déterminée il ne s'agit pas d'une enquête d'initiative du Parquet National Financier ni même de Renault il s'agit d'un avocat issu d'Occident qui a déposé plainte contre moi en ayant pris comme client sa femme en ayant acheté des actions Renault avant une assemblée générale et qui a déposé plainte le jour où j'ai annoncé ma candidature à Paris je suis déterminée moi je connais la magistrature je connais la justice je regrette qu'on puisse instrumentaliser la justice à chaque influence électorale je suis déterminée mais je saurais qui était à l'origine de cette manœuvre et qui a poussé cet avocat c'est qui ?

j'en sais rien je vous dis simplement que cet avocat qui est issu des milieux d'Occident contre lequel j'ai déposé plainte a fait de manière très opportune déposé cette plainte

24:53
Présentateur

Rachida Dati merci merci d'avoir été à notre micro ce matin la confiscation du pouvoir chez Plonge sous titre je veux vous raconter sans indulgence sans indulgence l'élite qui dirige la France merci encore

Rachida Dati : “La droite revient à ses vieux travers de repli un peu réactionnaire" — Rachida Dati · Pourquijevote