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Discours / meetingINA (sur YouTube)· 21 mars 2017 6 minAutoproduitFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉducation & rechercheSanté

Dominique Voynet - Campagne présidentielle 2007 | Archive INA

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:07Fait
    « Depuis le sommet de Rio, nous avons connu les 10 années les plus chaudes de l'humanité. »
  • 2:18Promesse
    « Un service public de la petite enfance est indispensable. »
  • 2:59Promesse
    « Nous devons permettre aux enseignants de se recentrer sur leur mission première enseigner. »
  • 3:43Fait
    « La quasi totalité des nouvelles maladies, des nouveaux risques sont liés aux conditions de vie de travail, aux conditions d'environnement plus largement. »
  • 4:26Chiffre
    « Est-ce que nous allons continuer à chercher une pilule miracle contre l'obésité ou conseiller un bon équilibre alimentaire et la pratique d'un exercice physique régulier ? »
  • 5:11Fait
    « Il s'agit de passer d'un système de soins qui fonctionne au profit des professionnels à un système de santé conçu dans l'intérêt de chacun d'entre nous. »

Temps de parole

  • ?98 %
  • non_speech2 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Non speech

[Musique]

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Dominique Voynet

Depuis le sommet de Rio, nous avons connu les 10 années les plus chaudes de l'humanité. Rappelez-vous la tempête de l'hiver 99, la canicule de l'été 2003, l'ouragan Catina. Dans 15 ans, que répondrez-vous à vos enfants quand ils vous demanderont : "Tu savais, tu n'as rien fait ?" Pourquoi ? On ne fera pas d'écologie sans les écologistes. Je suis la candidate des vers, des écologistes. J'ai 48 ans. Je suis maman de deux filles. Mais ce n'est pas en tant que femme que je me présente aux élections présidentielles. Je suis médecin. J'ai été militante syndicale, militante associative, militante politique au sein des vers. Je suis élu de Sainte Saint-Denis. J'ai été ministre.

Je veux à chaque instant concilier l'action sur le terrain et le changement des politiques. Depuis 20 ans, l'écologie c'est vraiment toute ma vie. Je suis professeur des écoles. Cette année, j'ai une classe à double niveau, un CPCM2. En classe, nous travaillons sur la révolution française, la révolution industrielle, mais la révolution écologique. Qu'est-ce que ça veut dire ? Et surtout comment rendre les enfants acteurs de cette révolution. C'est très difficile de parler de l'école de notre pays. Nous avons été des élèves, nous sommes des parents, nous connaissons des enseignants, nous avons tous un avis sur cette question.

N'est-ce pas tout simplement incroyable qu'on ose encore demander à l'école de réparer seul les dégâts de 30 ans de crise ? La situation, nous la connaissons. Des réformes qui s'empilent et qui arrivent d'en haut sans concertation. une pression de plus en plus forte sur les enfants et sur les enseignants avec des conséquences très graves. Un échec scolaire massif chez des enfants humiliés, cassés, qui n'ont plus confiance en eux-mêmes. Une grande souffrance chez les enseignants qui aimeraient beaucoup aider leurs élèves et qui ont le sentiment de ne pas pouvoir le faire.

Et puis une énorme colère à l'égard de la hiérarchie, à l'égard des gouvernements qui succèdent et qui donnent l'impression de charger encore et encore la barque. Alors, les solutions, nous les connaissons et nous avons envie de les mettre en œuvre. D'abord, commencer à accompagner les familles dès les toutes premières années. Un service public de la petite enfance est indispensable. Ensuite, revoir et alléger les programmes scolaires. Tout n'est pas prioritaire. Nous devons faire en sorte que nos enfants aient des fondations solides pour leur permettre ensuite de se préparer à des orientations et à des choix différents au cours de la vie.

Nous devons cesser de sélectionner par l'échec, retarder le moment de la sélection et faire en sorte que l'orientation ne soit pas faite par défaut mais en fonction des goûts, des priorités et des besoins bien sûr aussi du marché du travail. Nous devons rompre avec un discours qui laisse croire que nous donnons plus à ceux qui ont moins alors que c'est exactement l'inverse qui se produit.

Et puis nous devons permettre aux enseignants de se recentrer sur leur mission première enseigner en faisant entrer d'autres adultes dans l'école, des assistants d'éducation pour accompagner tous les temps de la vie scolaire, des éducateurs pour permettre euh aux enfants handicapés d'être accueillis effectivement comme le prévoit la loi, mais aussi euh des enseignants de langue régionale, des militants associatifs, des représentants des réseaux de l'éducation populaire. C'est cette diversité qui va permettre à l'école de ne pas être fermée sur la vie et d'assumer aussi sa mission culturelle et sa mission citoyenne.

En tant que médecin généraliste, je suis de plus en plus confronté à des patients qui se posent des questions sur les nouveaux risques, que ce soit sur la pollution, les OGM ou la grippe avière. J'aimerais bien savoir quelles sont les réponses que la révolution écologique peut apporter à ces nouveaux risques. Je suis moi-même médecin et je partage largement vos préoccupations. La quasi totalité des nouvelles maladies, des nouveaux risques sont liés aux conditions de vie de travail, aux conditions d'environnement plus largement. C'est vrai pour la grippe avière, largement liée aux conditions dans les élevages.

C'est vrai aussi pour les OGM dont les risques ne sont pas réellement très bien connu à 7 heure. Alors, nous avons le choix entre deux stratégies. Soit réparer les dégâts en cherchant pour chaque pathologie nouvelle une molécule miracle, soit mettre en place une stratégie de précaution, de prévention pour réduire dans l'environnement les facteurs qui expliquent la dégradation de la santé. Pour être très concret, est-ce que nous allons continuer à chercher une pilule miracle contre l'obésité ou conseiller un bon équilibre alimentaire et la pratique d'un exercice physique régulier ?

Est-ce que nous allons dire aux agriculteurs qui souffrent de stérilité ou de problèmes immunitaires que ils doivent tolérer, accepter les pesticides ou est-ce que nous allons réduire l'usage de ces molécules toxiques dans les pratiques agricoles ? Nous souhaitons donc privilégier la prévention, l'éducation sanitaire, remettre le généraliste au cœur du système de santé, ce qui suppose qu'on travaille sur les conditions de son installation dans les quartiers difficiles, dans les zones rurales, y compris financièrement.

Ce qui suppose aussi qu'on développe des nouvelles modalités d'exercice, des maisons médicales, des réseaux de santé, des centres de santé où les professionnels et les usagers pourraient travailler ensemble. L'enjeu est tout simple. Il s'agit de passer d'un système de soins qui fonctionne au profit des professionnels à un système de santé conçu dans l'intérêt de chacun d'entre nous. Alleluia.