Keynote - Benjamin Haddad
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- 3:03Benjamin HaddadChiffre
« Sur les deux mandats du président de la République, on aura doublé le budget de défense de la France. »
- 3:47Benjamin HaddadChiffre
« 150 milliards d'euros de près de la Commission européenne. »
- 5:14Benjamin HaddadChiffre
« Un retard d'investissement des Européens de 800 milliards d'euros par an public comme privé. »
- 10:13Benjamin HaddadFait
« Quand vous allez à la station F et que vous parlez à des pépites qu'on a dans les domaines de l'intelligence artificielle, moi je leur pose la question, qu'est-ce que l'Europe représente pour vous ? »
- 10:54Benjamin HaddadFait
« Le Buy American Act avec l'inflation Reduction Act qui était ce plan de subvention massive dans les entreprises américaines. »
- 13:45Benjamin HaddadFait
« On a le choix entre des plateformes américaines, chinoises ou russes. »
- 17:58Benjamin HaddadFait
« On pousse des idées comme la taxe sur les services numériques, comme le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières. »
- 18:42Benjamin HaddadChiffre
« Chaque année, c'est souligné par les rapports Drag et l'État, il y a 300 milliards d'euros d'épargne européenne qui franchit l'Atlantique pour aller irriguer les marchés de capitaux américains. »
Temps de parole
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Bonjour monsieur le ministre, prenez place.
Alors, nous sommes voilà, nous sommes dans un dans un contexte géopolitique particulier. On nous en nous l'avons évoqué évidemment hier. Beaucoup de menaces hybrides, des alliances qui se transformment. Que fait l'Union européenne aujourd'hui pour se préparer à ce monde en crise, à un monde peut-être un petit peu plus volatile, incertain ? Bon bien déjà, bonjour à toutes et à tous et merci de votre invitation. Bon, vous avez raison effectivement, on voit bien que on a un environnement stratégique qui se dégrade profondément autour de notre continent européen. la guerre au Moyen-Orient, la guerre sur notre continent d'agression de la Russie contre l'Ukraine à nos portes et puis la menace que fait peser la Russie sur toutes nos démocraties hein à travers sa
remise en question de l'architecture de sécurité européenne issue de la fin de la guerre froide, ces ingérences dans nos démocraties, ces attaques cybernes contre nos infrastructures et bien sûr l'incertitude qui pèse sur l'avenir de la relation transatlantique et la garantie de sécurité américaine qui au fond ne date pas de Donald Trump. On voyait déjà sous Barack Obama des critiques contre les alliés qui était des passagers clandestins de la puissance américaine, la non d'intervention en Syrie et donc on voit une accélération, je pense d'une tendance de fond aux États-Unis qui va au-delà de la seule personne de Donald Trump. Et d'ailleurs, je le dis parce que je travaille beaucoup dans ma mission sur le
voisinage européen et donc sur la question des balcans occidentaux, de l'élargissement. On avait hier à l'Ifri un forum sur le sujet et quand on dit la guerre est de retour sur le continent européen, on oublie parfois qu'elle ne l'a en fait jamais quitté. On a eu bien sûr la guerre froide puis les guerres des Balcans dans les années 90. Je rappelle souvent que la Bosnie, Sarajevo, Sbrénissa, c'est plus proche de Paris que l'Ukraine. Mais les Européens pouvaient se bercer d'une forme de déni stratégique puisqu'ils avaient sous-traité leur sécurité aux Américains et investi dans les dividendes de la paix. Mais aussi peut-être parce que l'Europe s'était construite sur cette idée que il n'y aurait pas de guerre au travers de l'Union européenne et de cette imbrication économique.
En fait, au fond quand on voit euh l'Union européenne, c'est une aventure politique extraordinaire et vraiment un success précédent. On a remplacé des siècles de guerre de conflits entre les nations européennes par la coopération basée sur l'état de droit, des règles de marché. Mais le problème c'est que le reste du monde ne fonctionne pas comme ça et que parfois ça nous a pas très bien préparé intellectuellement parce qu'on parle de réarmement mais il y a une forme de réarmement intellectuel et moral aussi qu'on doit entreprendre. Ça nous a pas préparé un reste du monde qui continue à fonctionner dans des jeux à somn nul dans des rapports de force et parfois des rapports de violence. Alors concrètement qu'est-ce que ça veut dire ? Bon, ces dernières années, on l'a vu,
les pays européens réarment. C'est le cas du nôtre. Sur les deux mandats du président de la République, on aura doublé le budget de défense de la France. On continue à augmenter et même accélérer le déploiement de la loi de programmation militaire, y compris dans des périodes budgétaires contraintes. Nos voisins le font aussi. Bien sûr, les Polonais, les Baltes avec des budgets de défense qui atteint parfois 5 6 %. les Allemands qui investissent massivement dans la défense, dans le spatial, dans les infrastructures. La clé bien sûr, c'est aussi de coordonner au niveau européen, non pas en le centralisant, mais de coordonner cet effort de réarmement pour que sur le plan industriel, sur le plan de notre capacité à agir tout simplement, il puisse avoir un véritable impact et et
ne se traduisent pas par une fragmentation de l'espace de défense européen. Et c'est pour ça qu'on a poussé au niveau européen avec le commissaire Cubilus par exemple qui était là euh hier euh des initiatives comme le plan safe, 150 milliards d'euros de près de la Commission européenne où on a désigné euh des domaines capacitaires dans lesquels on avait des lacunes à rattraper sur un horizon de 3 5 ans notamment vis-à-vis des Américains. Drones, cyber, capacité de frappe en profondeur, munition, défense antimissile et cetera. et on donne des incitations aux Étatsmembres et aux industriels des Étatsmembres pour coopérer entre eux et pour investir. et le tout avec un principe que la France
défend toujours en particulier dans la défense et sécurité mais pas uniquement parce que quand on parle de réduire nos dépendance, ça passe aussi par les innovations de rupture, l'intelligence artificielle, le quantique et cetera avec ce principe de préférence européenne très simple selon lequel l'argent du contribuable européen doit aller à financer des projets européens. C'est à la fois du bon sens politique euh mais c'est fondamentalement une question de souveraineté, de maîtrise des usages, de l'autorité de conception, du savoir-faire technologique et cetera. On va avoir des rendez-vous très importants dans les prochains mois avec notamment la négociation du prochain budget européen. 4 financier pluriannuel, c'est le budget sur 7 ans de l'Union
européenne pour la période 2028-2034 qui doit permettre de répondre aux besoins d'investissement public qui avait été souligné par le rapport Dragiy qui parlait d'un retard d'investissement des Européens de 800 milliards d'euros par an public comme privé si on veut réduire notre retard par rapport notamment aux Américains dans des domaines absolument critiques pour notre stratégique je pense notamment je disais la défense et spatiale le quantique ou l'intelligence artificielle. Et donc on se battra pour avoir un budget ambitieux mais qui doit là aussi servir à réduire nos dépendances et donc à le faire pour investir en européen dans des domaines qui sont critiques pour nous. Et puis après ça c'est je dirais pour les
financements mais ce qu'on fait concrètement c'est prendre en charge notre de sécurité en en agissant et là il faut le faire aussi savoir le faire de façon agile. Je pense que l'une des avancées majeures de ce qu'on pourrait appeler de façon un peu large l'Europe de la défense et 12 derniers mois, c'est la mise en place de la coalition des volontaires euh en Ukraine. Je rappelle qu'il y a au fond exactement un an, on avait le rendez-vous entre le président Zelenski, le président Trump et le vice-président Vince dans le bureau oval. À ce moment-là, le commentaire médiatique c'était de dire que les Américains allaient négocier un accord avec les Russes en 24 heures, forcer
l'Ukraine à une capitulation sans les Européens. Et fondamentalement, plutôt que de regarder en spectateur ce qui se passe sur notre propre continent, on a mis en place la coalition des volontaires non seulement pour réfléchir à l'architecture de sécurité post cesser le feu, c'est-à-dire le type de garantie de sécurité qu'on peut donner aux Ukrainiens, la façon de régénérer aussi l'armée ukrainienne, mais surtout pour coordonner aussi notre soutien à l'Ukraine, que ce soit le soutien sur le plan financier. Aujourd'hui, ce sont les Européens qui assurent le soutien financier, donc le soutien militaire. aux Ukrainiens, mais aussi coordonner la pression sur la flotte fantôme, l'articulation des sanctions européennes
et puis inclure aussi des partenaires qui ne sont pas dans l'Union européenne mais qui sont évidemment affinitaires et critiques quand on pense à la sécurité européenne, à commencer par le Royaume-Uni sûr, mais aussi des pays comme le Canada, l'Australie, le Japon qui chacun peuvent aussi contribuer à la façon dont on pense notre architecture de sécurité à terme. Voilà quelques éléments peut-être un peu un peu larges, mais on peut aller un peu plus dans le détail. Je Alors, vous avez dit que que l'Union européenne dans son idée et dans le projet était une grande réussite. Euh pour autant, est-ce que l'Europe des 27, le la la structure de l'Europe, le format actuel est le bon ? On voit bien
que on peine au niveau européen à se mettre d'accord sur de nombreux sujets. Je pense à l'énergie, je pense à la manière dont certains pays peut-être de l'Union européenne ont décidé de s'armer. On ne trouve pas forcément tant de solidarité au sein de de l'Union européenne. Alors, est-ce que il y a d'autres options peut-être à privilégier ? Alors, je crois que c'est là qu'effectivement être pardon proe européen, c'est-à-dire penser que on a que c'est dans l'intérêt de notre pays euh de jouer un rôle d'avoir une vision ambitieuse pour l'Europe, d'agir collectivement dans un monde qui est dominé de plus en plus par la bipolarité entre les États-Unis et la Chine et face à la menace de la Russie, ça ne veut pas forcément dire que les institutions européennes à 27 doivent toujours faire.
Et d'ailleurs quand on pense à des succès européens de ces derni décennies, on parle aussi parfois de projets industriels comme la fusée aériane ou Airbus qui sont pas projets à proprement parler liés à la Commission européenne ou aux institutions européennes. C'est pour ça que je mentionnais la coalition des volontaires qui est une initiative intergouvernementale où dans laquelle on a intégré les Britanniques, les Norvégiens, des pays donc européens mais qui ne sont pas membres de l'Union européenne. Et je crois qu'on a tout intérêt quand on voit des blocages y compris sur des sujets de rapprochement de nos écosystèmes d'innovation, je pense à l'intelligence artificielle ou au quantique à avancer parfois à plusieurs et à créer des dynamiques et être pilotes.
On parle des questions de défense et de sécurité. Je mentionnais euh les enjeux budgétaires et ces financiers pluriannuels. Euh il est clair qu'on peut plus différencier aujourd'hui notre agenda de compétitivité et l'agenda de défense. Euh si on veut pouvoir aussi investir dans notre autonomie stratégique, ça passe par le fait de soutenir nos innovateurs et nos entreprises. Donc ça passe par le fait d'avoir un vrai marché intérieur de 450 millions d'individus qui est aujourd'hui encore beaucoup trop fragmenté. Dragy dit souvent que certes, on parle des droits douanes et les tarifs que nous imposent les Américains, mais on s'impose des tarifs à nous-même. Quand vous allez à la station F et que vous parlez à des pépites qu'on a dans les domaines de l'intelligence
artificielle, moi je leur pose la question, qu'est-ce que l'Europe représente pour vous ? On pourrait s'attendre à ce qu'on ait là le public le plus proeuropéen, entrepreneurial, libéral, cosmopolite. Mais en fait trop souvent, ils me disent beaucoup de normes, beaucoup de bureaucratie et fondamentalement même quand j'ai réussi en France, j'ai levé des fonds, j'ai déjà une base de clientèle. Si je veux aller m'installer en Allemagne, au Portugal, en Espagne ou en Pologne, j'ai l'impression de devoir tout recommencer à zéro. Autre cadre de régulation, autre cadre bancaire, autre cadre assurentiel et cetera et cetera. Donc investir dans l'approfondissement de notre marché intérieur, protéger nos entreprises. Je parlais de préférence européenne face à l'accélération de la concurrence,
parfois la concurrence déloyale venant de Chine, des surcapacités subventionnées dans le domaine industriel protéger nos marchés comme savent le faire les Américains. Ne soyons pas naïfs, le Buy American Act avec l'inflation Reduction Act qui était ce plan de subvention massive dans les entreprises américaines. investir et donc l'investissement public que je mentionnais mais aussi libérer le capital privé et l'investissement privé et puis simplifier nos normes. Tout ça, on a intérêt à le faire au niveau européen mais si demain on y arrive pas à 27 à ce momentlà faisons-le à plusieurs. Quand on parle de l'Union de l'épargne et de l'investissement pourquoi ne pas avoir un groupe pilote
d'État ? Et donc on peut se dire que si on y arrive pas d'ici cet été, on y va à plusieurs et on crée aussi des dynamiques. Tout ça réponse longue aussi bien sur les questions défense que sur les questions économiques. Pour dire que encore une fois quand on y arrive pas à 27, je pense qu'on a un rôle à jouer, à entraîner les autres et à créer une dynamique de cette façon. Le thème de de ce PDSF 2026, c'est donc la souveraineté, les partenariats. Sur cette question de la souveraineté, il y a eu plusieurs moments dans l'histoire où on a eu un où où où on s'est projeté en avant, on s'est dit qu'il allait avoir un réveil européen sur cette question de la souveraineté. Je pense au Covid avec évidemment les questions liées au aux
chaînes de valeur. Je pense à l'élection de Donald Trump. Parce que aujourd'hui vous sentez qu'il y a un vrai réveil européen pour justement mettre en place des choses qui nous permettent de revenir vers une autonomie stratégique, faute de pouvoir réellement être souverain en en terme en terme technologique par exemple. C'est vrai, vous avez pas tort, le réveil stratégique européen, c'est devenu presque un peu un serpent de mer du discours. J'ai fait je ne sais combien de tables rond de fing tang, de forum ces dernières années où on parle de ça. Je pense qu'il y a clairement un une appréciation différente cette fois-ci que lors du premier mandat de Donald Trump. Lors du premier mandat de Donald Trump, il y avait peut-être une conviction un peu de wishful thinking de
beaucoup d'Européens, moins chez nous parce qu'on a aussi peut-être une culture de l'indépendance et de l'autonomie stratégique, mais consé à dire attendons 4 ans, c'est peut-être une parenthèse, un accident de l'histoire, une mauvaise campagne de la candidate démocrate en 2016, on sert les dents et on attend que ça passe. Là, on voit qu'il y a quelque chose de plus structurel qui s'est évidemment renforcé avec la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine et la dégradation plus générale qu'on peut voir par exemple au Moyen-Orient. Euh la clé maintenant, c'est d'accélérer et la clé c'est de se donner les moyens d'accélérer pour déployer notre agenda défense, pour déployer notre agenda de compétitivité, pour soutenir nos innovateurs. Si on parle par exemple de
réduction de nos nos dépendances et de souveraineté, évidemment ça passe par le fait de maîtriser nos propres technologies, ne serait-ce que pour protéger notre espace informationnel. Euh vous évoquez tout à l'heure les questions de d'ingérence. Euh la raison pour laquelle aussi on est si sensible à ces ingérs, c'est parce que fondamentalement dans par exemple sur les plateformes de réseaux sociaux aujourd'hui on a le choix entre des plateformes américaines, chinoises ou russes. Euh j'ai passé du temps l'an dernier en Roumanie, en Moldavie, en Roumanie où on se rappelle l'élection présidentielle, la première élection présidentielle avait été annulée. Dans les quelques jours qui ont précédé le premier tour de l'élection présidentielle, vous aviez un candidat
d'extrême droite, prorusse, complotiste, Georgescou. dont le contenu a été amplifié de façon totalement artificielle sur TikTok qui est un pour le coup le réseau social de référence en Roumanie qui est utilisé quasiment quotidiennement par 89 millions de roumains. Georgesku s'est retrouvé son nom s'est retrouvé le 8e nom le plus partagé sur TikTok au monde dans les semaines qui ont précédé le premier tour. En Moldavie, vous avez près de 10 % des voix qui ont basculé qui on lors du référendum proe européen et de l'élection présidentielle de Maya Sandou, donc en octobre 2024 de mémoire, octobre-novembre, vous avez 10 % des voix qui ont basculé sur Telégrams
de voix par la Russie. Et ça, il faut pas penser que c'est juste en Roumanie, en Bolavie, ce sont les lignes de fronte de démocratie, mais c'est un test une sorte de laboratoire de ce qui va se passer à plus grande échelle chez nous. et chez nos voisins dans les prochaines années. Et donc la maîtrise, ça passe bien sûr par de la régulation, ça passe par le fait d'avoir des outils de défense. On a au niveau européen le Digital Service Act par exemple qui consiste à dire que ce qui est illégal dans le monde virtuel doit être illégal dans le monde réel. Donc haine en ligne, désinformation, racisme, misogénie, antisémitisme, transparence des des algorithmes et que les plateformes numériques, si elles veuvent pouvoir avoir accès au marchés intérieur
européens doivent se modérer, se réguler et sinon on peut faire l'objet de de sanction. Donc on a des instruments maintenant, il faut avoir la volonté politique de les utiliser. La Commission européenne a parfois été un peu timide, a parfois un peu internalisé la contrainte de l'extérieur des Américains euh face à ces euh face à ces plateformes. Donc utilisons nos outils et après investissons aussi pour innover parce que la souveraineté numérique, il y a une jambe de régulation mais on doit aussi avoir des euh des innovateurs et des entrepreneurs. C'est aussi comme ça qu'on construit notre notre autonomie stratégique. Et c'est là que cet agenda de compétitivité, d'investissement, de simplification aussi de nos règles, il est absolument fondamental, non seulement en terme de croissance,
d'emploi, de réindustrialisation, mais vraiment en terme de souveraineté. Alors, vous parlez de toutes ces réformes. Comment est-ce que vous avez l'intention de financer cette Europe dont on a besoin aujourd'hui, cette Europe que vous décrivez ? Je pense que c'est une question qui est chère au contribuable français et au contribuable européens. Euh vous l'avez dit tout à l'heure, le CFP qui est en train d'être négocié d'ailleurs en ce moment même, comment vous allez euh financer toutes ces réformes ? Alors il y a plusieurs il y a plusieurs éléments sur le cadre européen. Donc le CFP, vous avez raison. À un moment, il va falloir quand même se poser des questions sur les ressources. Nous, ce qu'on pousse énormément au niveau européen, c'est ce qu'on appelle les
ressources propres. aujourd'hui, pardon d'être un peu technique, mais le budget européen, il repose quasiment exclusivement, je crois 85 90 % sur les contributions des Étatsmand. Chaque année, on vote à l'Assemblée nationale et au Sénat dans le cadre du projet de loi de finance la contribution française à l'Union européenne. Si on veut un budget qui augmente et qui peut couvrir les besoins d'investissement de l'Union européenne, peut pas peser uniquement sur les contributions des États-membres. Et c'est pour ça qu'on a un débat qui stratégique sur le le fait de se doter de ressources propres qui doivent, c'est-à-dire en fait que l'Union européenne puisse dans une certaine mesure battre l'impôt, mais à ce moment-là, il faut le faire plutôt peser sur les acteurs extérieurs. C'est pour
ça qu'on pousse des idées comme la taxe sur les services numériques, comme le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, c'est la taxe carbone pour les pays qui viennent exporter l'Union européenne qui est à la fois une mesure de level playing field he de lutte contre la concurrence des loyales mais aussi qui peut générer des ressources. Je parlais de l'investissement privé. Chaque année, c'est souligné par les rapports Drag et l'État, il y a 300 milliards d'euros d'épargne européenne qui franchit l'Atlantique pour aller irriguer les marchés de capitaux américains. Et quand vous parlez à des start-ups, à des PME en France, elles vous disent qu'elles ont besoin de se financer, ils ont besoin de fonds propres. On sait à quel point c'est compliqué pour nos start-up de passer à
l'échelle au-delà du premier round de financement. le deuxè le 3è round, ça devient plus compliqué parce qu'on n pas les front venture capital parce qu'on a peut-être parfois des institutions financières qui ont pas la même appétence au risque pour aller soutenir de l'innovation de rupture pour aller soutenir des start-ups. Mais à ce moment-là, et j'en reviens au fait de réduire la fragmentation du marché intérieur, de simplifier nos règles, de faire cette union de l'épargne et de l'investissement, tenons les incitations à cette épargne européenne de rester en Europe et de venir soutenir nos entreprises européennes. Et ça peut passer aussi par des incitations fiscales par ce qu'on appelle la préférence européenne, c'est-à-dire le fait de flécher l'épargne européenne, l'investissement
européen vers nos besoins sur notre continent. Et après, mais ça au fond c'est un débat à avoir aussi chez nous dans les 12 mois qui viennent où on va avoir des échéances importantes pour l'avenir de notre pays. Et bien oui, il y aura des choix à faire. On peut-être qu'on ne pourra pas expliquer durablement qu'on peut travailler moins, taxer plus et en même temps se donner les moyens de financer notre souveraineté et notre autonomie stratégique. Et donc bien sûr à un moment et ça c'est je crois ce sera l'objet de débat politique électoraux, il y aura je crois des choix importants à faire pour l'avenir, pour la souveraineté, pour le réarmement de notre pays qui devra passer par des
arbitrages et ça ce sera un rendez-vous aussi à avoir avec nos concitoyens. Merci beaucoup monsieur le ministre. On a euh un petit peu temps
Benjamin Haddad