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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 22 octobre 2018 65 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Mélenchon : la colère de trop ? #cdanslair 20.10.2018

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 55 %Défensif 35 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:36OuverteRéponse partielle

    Comment analysez-vous ce qui s'est passé cette semaine ?

  • 1:42FerméeRéponse directe

    Il a craqué Jean-Luc Mélenchon, vous le connaissiez comme ça ?

  • 2:27OuverteRéponse partielle

    Roland Kérol, comment vous appréciez ce qui s'est passé ?

  • 4:27RelanceRéponse directe

    Jean Garrigue, 76% des Français désapprouvent cette attitude. Est-ce qu'on peut dire qu'il y aura un avant et un après 16 octobre ?

  • 6:39OuverteRéponse directe

    Frédéric Saïs, Radio France porte plainte contre Mélenchon. Que disait cette enquête sur Mediascope ?

  • 15:44OuverteRéponse partielle

    Les journalistes de Mediapart ont-ils eu raison de révéler la relation entre Sophia Chikirou et Mélenchon ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 12:14PrésentateurPromesse
    « Nous demandons l'annulation de cette perquisition et la restitution de tout ce qui a été prélevé à ce moment-là. »
  • 12:30PrésentateurPromesse
    « Tous ceux qui titrent sur le fait que nous avons fait de la surfacturation s'exposent à des poursuites judiciaires qui auront lieu. »
  • 12:45PrésentateurFait
    « Nous sommes victimes d'une agression politique. »
  • 14:31PrésentateurPromesse
    « Madame Sophia Chikirou, je lui renouvelle l'expression de ma confiance totale. »
  • 23:17PrésentateurFait
    « Jean-Luc Mélenchon a dit, je regrette. »
  • 23:23PrésentateurFait
    « Il a regretté cette moquée de cette journaliste qui avait un accent toulousain. »
  • 26:50PrésentateurFait
    « Il fallait absolument qu'il sorte de cette incroyable contradiction. »
  • 30:13InvitéFait
    « Ce qu'il a été le seul à faire, c'est de déclencher son Facebook Live et d'en faire, lui, un événement politique. »
  • 33:21PrésentateurFait
    « Je suis le bruit et la fureur. »
  • 34:14InvitéPromesse
    « Je deviens une figure rassurante. »
  • 37:30InvitéFait
    « « Je dois percer le mur de l'indifférence » »
  • 46:13InvitéChiffre
    « Selon Bruxelles, 20 assistants parlementaires RN travaillaient également en France. »
  • 46:53InvitéChiffre
    « En juin, 2 millions d'euros d'aides publiques destinées au RN ont été saisies. »
  • 48:27InvitéChiffre
    « Si elle est condamnée, la leader du RN risque notamment dix ans d'inégibilité. »
  • 57:30PrésentateurChiffre
    « C'était dans les 7 300 euros. »

Temps de parole

  • Présentateur63 %
  • Invité15 %
  • Invité 211 %
  • ?4 %
  • Invité 33 %

≈ 25,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

Mélenchon qui dénonce une police politique après une série de perquisitions à son domicile ainsi qu'au siège de la France Insoumise. Et hier, en conférence de presse, Jean-Luc Mélenchon persiste et signe. Il parle d'une offensive politique contre sa personne. Le président de la France Insoumise qui dénonce par ailleurs, je cite, l'ignomini de Mediapart. Mediapart qui a révélé sa liaison avec Sophia Chikiroum, soupçonnée de s'être enrichie en surfacturant la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Alors, quelles conséquences aura toute cette affaire sur l'avenir politique de Jean-Luc Mélenchon et de son parti, de son mouvement, la France Insoumise ?

C'est le sujet de cette émission, de ce «

0:48
Locuteur

C

0:48
Présentateur

'est dans l'air » que nous avons décidé d'intituler ce soir « Mélenchon, la colère de trop ? ». Alors, pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Roland Quairol. Vous êtes politologue, directeur du CETAN,

0:59
Locuteur

c

0:59
Présentateur

'est le centre d'études et d'analyses. Votre dernier livre s'intitule « Les raisons de la colère, l'élection de la dernière chance, c'est aux éditions Grasset ». Nous accueillons Jean Garrigue, historien, spécialiste de la vie politique. Vous présidez le comité d'histoire parlementaire et politique. Vous enseignez à l'université d'Orléans et à Sciences Po Paris. Et vous êtes l'auteur de « La République des traîtres » chez Talendier. Nous accueillons Frédéric Saïs, vous êtes éditorialiste pour France Culture, auteur du livre « Dans l'enfer de Bercy » chez Jean-Claude Lattès.

Et puis enfin Astrid Devilaine, vous êtes journaliste politique, vous avez collaboré à la chaîne parlementaire et au Monde. Et vous avez surtout suivi Jean-Luc Mélenchon lors de la dernière campagne présidentielle. Bah tiens, on pourrait peut-être commencer par vous. Comment vous analysez ce qui s'est passé cette semaine ? Il a craqué Jean-Luc Mélenchon, vous le connaissiez

1:41
Locuteur

comme

1:42
Invité

ça, vous l'avez vu craquer comme ça pendant la campagne ? Jamais. À ce point, jamais. Et vraiment, ces images m'ont beaucoup surprise à tel point que, même en les re-regardant, parce qu'on a vu ça toute la semaine, ces images en boucle, elles me surprennent encore. Et je trouve qu'en effet, il sort de ses gonds et on a l'impression même qu'il ne maîtrise plus cette colère. Et ce qui m'a beaucoup étonnée, c'est quand il a pris à partie les journalistes en leur demandant de filmer, en leur disant « Regardez ce qui se passe ». Et donc, en mettant en scène sa colère et ce qui, finalement, lui colle à la peau depuis une semaine, comme s

2:09
Locuteur

'il

2:09
Invité

ne se rendait pas compte des conséquences qu'elle pouvait avoir, ces images. Et moi, ça m'a fait penser à cette… Vous vous souvenez de cette image avec un journaliste, un jeune journaliste stagiaire, où il lui disait « Ferme ta petite bouche

2:19
Locuteur

».

2:19
Invité

Il avait été extrêmement agressif. Et il avait essayé, depuis 2012, de contenir cette colère qu'il

2:24
Locuteur

a

2:24
Invité

en lui. Et là, il a craqué, en effet. C'est évident.

2:27
Présentateur

Roland Kérol, comment vous appréciez, vous, ce qui s'est passé ? On a vu le vrai visage de Jean-Luc Mélenchon

2:31
Locuteur

? Non,

2:32
Présentateur

je crois qu'il a ses deux visages.

2:35
Locuteur

C

2:35
Présentateur

'est quelqu'un qui

2:35
Locuteur

est

2:36
Présentateur

sujet à des sortes de sautes d'humeur, des emportements. Et d'autres moments, à des périodes, il l'a dit lui-même un peu plus dépressive, un peu plus abattu. Voilà. Et là, il était visiblement plutôt dans la phase numéro un. Et puis, si on échappe, si on veut échapper à cette psychologie facile,

2:57
Locuteur

il

2:57
Présentateur

y a à la fois le Mélenchon qui sait mettre en scène une situation avec les moyens de la vidéo. Après tout, ça s'était déjà vu dans la campagne présidentielle. C'était le candidat qui avait le mieux utilisé la vidéo et les réseaux sociaux.

3:10
Locuteur

Parce que lorsque la perquisition

3:11
Présentateur

arrive chez lui, il prend son téléphone et il se filme. Et il se fait un Facebook Live. Il

3:16
Locuteur

se met sur les réseaux sociaux en direct.

3:17
Présentateur

Qui est une réaction. Et là, tout le monde se dit,

3:20
Locuteur

pas

3:20
Présentateur

mal joué. Pas mal joué. Mais après,

3:23
Locuteur

ça

3:24
Présentateur

s'aggrave. Parce que... Et là, je ne crois pas que ce n

3:27
Locuteur

'est

3:27
Présentateur

pas ce qui se remonte. Je crois que là, il a une stratégie qui est retrouver ce que sa formation de jeunesse trotskiste,

3:37
Locuteur

de

3:37
Présentateur

la branche la plus militaire du trotskisme, lui a appris. C'est que quand on est pris dans des choses comme ça, il faut y aller, il faut cogner, il faut se manifester, il faut rendre l'autre insupportable. Et il croit qu'il fait ça. Il ne le fait que parce qu'il y a des caméras devant le parti de gauche. Et pour les caméras, ils font ceux qui vont enfoncer la porte, s'en prendre directement au procureur. Et là,

4:00
Locuteur

il

4:00
Présentateur

en fait trop. À mon avis, là, ça se retourne contre lui. Autant les scènes du début, on se disait pas mal joué, filmé ce qui est en train de lui arriver, sans en rajouter trop, même s'il en rajoute déjà un tout petit peu dans les phrases qu'il prononce lui, mais pas trop. Après, ça devient un problème pour quelqu'un qui entend incarner l'une des forces importantes du pays et qui est toujours plus ou moins candidat à la présidence de la République. Jean Garrigue, on a eu aujourd'hui un sondage Opinion Way. 76% des Français désapprouvent cette attitude de Jean-Luc Mélenchon. Est-ce qu

4:35
Locuteur

'on

4:35
Présentateur

peut dire qu'il y

4:36
Locuteur

aura

4:36
Présentateur

un avant et un après 16 octobre ? 16 octobre, c'est le jour des perquisitions.

4:40
Locuteur

En

4:41
Présentateur

tout cas, j'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui a évolué dans la perception que les Français se font de cette stratégie de victimisation, qui est une vieille stratégie des extrêmes, d'ailleurs, qu'on a vue aussi bien à la France insoumise que du côté du Rassemblement national. D'ailleurs, le fait de filmer cette perquisition, c'est quelque chose que Marine Le Pen avait déjà tenté il y a quelques mois, un peu plus peut-être d'une année, lorsqu'il y avait une perquisition au siège du Front national à l'époque où elle avait planqué, dissimulé son portable dans son soutien-gorge pour qu'on ne lui prenne pas et qu'elle puisse filmer la scène. Donc il y

5:23
Locuteur

a

5:23
Présentateur

la victimisation, mais chez Jean-Luc Mélenchon, en plus,

5:25
Locuteur

il

5:25
Présentateur

y

5:25
Locuteur

a

5:25
Présentateur

la colère. Alors, les 76%, c'est parce que là, je pense qu'on ne s'attendait pas, et c'est ce qui a été dit avant moi, on ne s'attendait pas à

5:35
Locuteur

ce

5:35
Présentateur

qu'il

5:35
Locuteur

y

5:35
Présentateur

ait cette sorte d'explosion de colère et que cette explosion de colère se prenne aussi à un pouvoir qui est la justice, ce qui est une violation de la séparation des pouvoirs. Et deuxième chose, on voit que 51% des militants, enfin plutôt des électeurs, de ceux qui ont voté pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour de 2017, sont eux aussi choqués par cette scène. Et ça, pour moi, c'est le plus important, parce que ça veut dire que cette stratégie, je le répète, n'est plus payante. En tout cas, il y a au moins la moitié de ces électeurs qui sont plus convaincus. Ce qui veut dire que, dans sa famille politique, ça va avoir des conséquences.

Et d'ailleurs, ces conséquences sont en train déjà d'apparaître. Il y a des tensions, il y

6:18
Locuteur

a

6:18
Présentateur

une mini-fronde, en tout cas, au sein de la

6:20
Locuteur

France Insoumise. Donc, s'il ne réussit

6:21
Présentateur

pas à galvaniser ses propres troupes autour de ce qu'il considère comme une attaque ignominieuse, ça veut dire qu'il y aura un avant et un après. Oui, je pense que c'est une charnière. De toute manière, au moins une charnière dans le fonctionnement, dans l'organisation, dans la dynamique de la France Insoumise à tout le moins. Alors, Frédéric Saïs, vous êtes salarié de Radio France. Exact. Alors, vous le savez, mais on vient de l'apprendre. Radio France porte plainte

6:48
Locuteur

contre

6:48
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon, suite aux propos de Jean-Luc Mélenchon, qui a dit,

6:52
Locuteur

au

6:53
Présentateur

sujet des journalistes de France Info, ce sont des menteurs et des tricheurs. Et il a ajouté, pourrissez-les partout où vous pouvez.

7:00
Invité

Oui,

7:01
Locuteur

il y avait aussi le qualificatif

7:02
Invité

abruti, qui est particulièrement agréable, évidemment, à chacun. Non, c'est vrai qu'on voit une sorte de montée en puissance de l'insulte chez Jean-Luc Mélenchon. Il a commencé par vouloir faire baisser la pression au lendemain de la perquisition. Il s

7:14
Locuteur

'est

7:14
Invité

rendu compte, effectivement, qu'il est allé un peu loin. Et le lendemain, en interview à la télévision, il a dit, moi, je souhaite faire retomber tout ça. Or, évidemment, il y

7:20
Locuteur

a

7:20
Invité

des enquêtes qui sortent, des enquêtes journalistiques qui sont menées depuis de longs mois. Ceux qui les ont fait l'ont confirmé. Il n

7:26
Locuteur

'y a

7:26
Invité

pas du tout, évidemment, de planification, quelle qu'elle soit, comme le dénonce Jean

7:30
Locuteur

-Luc Mélenchon. C'est une différence

7:30
Présentateur

extraordinaire que, trois jours après la perquisition, vous sortiez cette enquête ?

7:33
Invité

En tout cas, ce n'est pas, comme il le dit, un triptyque « média, justice, police ». Et pour dire ça, il faut vraiment soit être de grande mauvaise foi, soit essayer de manipuler un petit peu l'effet. Ce qu'on voit sur la perception que ça peut avoir, c'est que ça peut ressouder le noyau dur de la France insoumise, militant qui se sent un peu comme dans une citadelle assigée. Et là, pour le coup, ils vont être derrière Jean-Luc Mélenchon. Le deuxième cercle, les gens qui sont sympathisants, pour le coup, c'est beaucoup moins sûr, dans la mesure où là, ça fait apparaître deux failles, à mon sens, très différentes entre elles.

8:03
Locuteur

C

8:03
Invité

'est, premièrement, est-ce qu'il y a eu, effectivement, de l'enrichissement de proches ? Est-ce que, entre guillemets, il a fait partager une partie des remboursements à des amis en surfacturant ? Et ça,

8:14
Locuteur

ça

8:14
Invité

pose une question vis-à-vis du discours politique de Jean-Luc Mélenchon, qui est prompt à critiquer les grands entrepreneurs qui sous-payent les subordonnés. Or, c'est ce que les enquêteurs subodorent pour la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Et puis, la deuxième chose, c'est psychologiquement, est-ce qu'un homme qui peut pousser un procureur, qui peut hurler au nez d'un policier qui est là pour faire son travail, est capable d'assumer la mission de chef de l'État, de la cinquième puissance mondiale ? Est-ce que demain, avec le bouton nucléaire, il ne faudra pas garder ses nerfs ? Est-ce qu'il ira pousser comme ça, Angela Merkel, le jour où il y aura un désaccord ?

Et ça, ça posera question dans les semaines à venir pour tous les électeurs.

8:49
Locuteur

–

8:49
Présentateur

Alors, les journalistes se sont attaqués, la justice se sont attaquées. C'est très rare, ce matin, on a eu la procureure générale de la Cour d'appel de Paris, Catherine Champreneau, qui est intervenue sur Europe 1 à la radio, alors que l'affaire est en cours, pour dénoncer l'attitude de Jean-Luc Mélenchon. C'est très rare d'entendre des

9:09
Locuteur

procureurs… – C'est

9:09
Présentateur

tout à fait rarissime, mais là, c'était le procureur et ceux qui l'aidaient, qui dépendent directement d'elle. Donc, elle a entendu défendre son équipe qui était attaquée de cette façon. Ce qui est encore plus rare, c'est quand même de voir pousser des procureurs pendant une séance de perquisition. –

9:32
Locuteur

Oui,

9:33
Présentateur

elle rappelle que l'ensemble des procédures ont été respectées, qu'elles sont classiques, qu'elles ont concerné déjà plusieurs partis politiques et plusieurs dirigeants politiques. Elle rappelle aussi que s'il était arrivé seul et calmement, il aurait eu le droit d

9:52
Locuteur

'entrer… au siège de la

9:54
Présentateur

France Insoumise ou du parti de gauche. Voilà, et que c'était parce qu'il était accompagné d'amis qui avaient besoin d

10:04
Locuteur

'en

10:04
Présentateur

découdre et qu'il leur a dit « on va enfoncer la porte ». Voilà, dans ces conditions,

10:08
Locuteur

c

10:08
Présentateur

'est difficile de demander une perquisition tranquillement.

10:10
Locuteur

Elle

10:11
Présentateur

dit aussi, ça n'est qu'une enquête préliminaire, on va d'ailleurs lui rendre les documents qui lui appartiennent dans la soirée, et elle dit « ça n'est qu'une enquête préliminaire parce que nous n'avons pas encore, d'indices concordants ». Pas encore, là, elle pousse le bouchon un peu loin, elle

10:30
Locuteur

ne

10:30
Présentateur

sait pas si elle en trouvera. En tout cas, elle ne les a pas au moment où ça se passe. C'est donc une enquête préliminaire, une perquisition, c'est quelque chose de très classique. C'est très difficile à vivre, une perquisition. Moi, j'en ai eu une une fois dans les bureaux de mon institut de sondage, c'était mes bureaux, ce n'était pas chez moi. Et c'est déjà très étrange, vous avez une douzaine de gendarmes qui gardent les portes des principaux services, il y

10:52
Locuteur

a

10:52
Présentateur

un fourgon, on a le sentiment évidemment d'un quelqu'un de l'extérieur qui vient

10:58
Locuteur

quasiment

11:00
Présentateur

vous agresser, alors que vous savez, bien sûr…

11:02
Locuteur

Donc vous

11:02
Présentateur

comprenez qu'il

11:03
Locuteur

a été ému

11:04
Présentateur

et débordé par l'émotion comme ça ? Oui, bien sûr, c'est l'heure du laitier, c'est tôt, on est réveillé, il est semble-t-il en plus réveillé que sa compagne. Voilà, ce n

11:13
Locuteur

'est

11:13
Présentateur

pas des choses qu'on a très envie de voir arriver chez soi. Alors ça ne justifie rien de ce qui se passe après. Bon, mais qu'il soit vraiment ému pendant la perquisition chez lui tôt le matin, oui, ça,

11:27
Locuteur

ça

11:27
Présentateur

me paraît normal. Alors on va revoir ces images, puisqu'on a eu un Jean-Luc Mélenchon visiblement tendu, les traits tirés, un Jean-Luc Mélenchon donc déterminé, mais fatigué, qui s'est exprimé hier soir également devant la presse. Il faut dire que la semaine a été particulièrement difficile pour le leader de la France Insoumise. Il y a eu des perquisitions, on l'a dit, des révélations, des critiques de toutes parts, des indignations. Un feuilleton médiatique sur fond d'affaires politico-judiciaires. Regardez les explications et ce sujet de Julien Lhoné et Alina Azanko.

12:01
Locuteur

La

12:02
Présentateur

colère ne retombe pas chez Jean-Luc Mélenchon. Au contraire, hier après-midi, après les perquisitions, après les auditions, le leader de la France Insoumise convoque la presse et contre-attaque.

12:14
Locuteur

Nous

12:14
Présentateur

demandons l'annulation de cette perquisition et la restitution de tout ce qui a été prélevé à ce moment-là.

12:22
Locuteur

De

12:22
Présentateur

le faire d'une manière honnête et exhaustive. Tout ce qui a été pris ici l'a été illégalement et doit nous être restitué.

12:30
Locuteur

Tous

12:30
Présentateur

ceux qui titrent

12:31
Locuteur

sur

12:32
Présentateur

le fait que nous avons fait de la surfacturation s'exposent à des poursuites judiciaires qui auront lieu.

12:37
Locuteur

Car

12:38
Présentateur

nous nous défendrons implacablement sur tous les terrains, contre tout le monde. Nous n'avons peur de rien ni de personne. Nous sommes victimes d'une agression politique. Monologue d'une quarantaine de minutes durant lequel Jean-Luc Mélenchon se veut exempt de tout reproche. Nouvel épisode

12:56
Locuteur

dans

12:57
Présentateur

ce feuilleton judiciaire et médiatique qui dure depuis mardi. Ce jour-là, ambiance électrique au siège de la France Insoumise où une perquisition est menée. Au milieu du chahut, des caméras de télévision vont même capter une scène surréaliste. Jean-Luc Mélenchon, hors de lui, hausse le ton face à un procureur jusqu'à le pousser contre la porte. Mais de quoi vous dites que je suis un sauvage

13:21
Locuteur

? Parce qu

13:22
Présentateur

'il

13:23
Locuteur

y a un policier qui prend peut-être

13:24
Présentateur

mort.

13:25
Locuteur

Je

13:25
Présentateur

ne

13:25
Locuteur

fais

13:25
Présentateur

pas de passage, ils ont poussé pour voir. Ces fouilles, sous la responsabilité du magistrat, interviennent dans le cadre de deux enquêtes préliminaires. L'une concerne des emplois présumés fictifs au Parlement européen et l'autre les comptes de la campagne présidentielle. Dans ce second dossier, l'une de ses proches, Sophia Chikirou, se retrouve au centre des attentions. A l'époque, elle était à la fois directrice de communication du candidat et dirigeante de la société Médiascope.

13:54
Locuteur

Cette

13:55
Présentateur

société, elle a facturé pour 1,2 million de prestations pendant la campagne. Ce que soupçonne la justice aujourd'hui, c'est qu'elle ait surfacturé

14:05
Invité

certaines prestations et que, de fait, si c'était le cas, elle se soit enrichie sur le dos de l'État, du contribuable,

14:13
Présentateur

puisque, in fine, ses factures ont été remboursées dans le cadre du financement public de la vie politique. Hier, alors que Sophia Chikirou était entendue pendant des heures par la police anticorruption, Jean-Luc Mélenchon prend sa défense.

14:25
Locuteur

Il

14:26
Présentateur

est clair à partir d'aujourd'hui que, pour faire durer le plaisir,

14:29
Locuteur

on

14:29
Présentateur

a choisi un bouc émissaire. Madame Sophia Chikirou,

14:32
Locuteur

je

14:33
Présentateur

lui renouvelle l'expression de ma confiance totale.

14:37
Locuteur

Et

14:38
Présentateur

mes félicitations pour les performances qu'elle nous a permis d'atteindre dans cette campagne. Le leader de la France insoumise veut y voir une déstabilisation orchestrée depuis le palais de l'Élysée. Jeudi, en déplacement à Bruxelles, Emmanuel Macron a répondu aux accusations sans s'attarder.

14:55
Locuteur

Nous

14:55
Invité

avons une constitution, elle est claire.

14:58
Locuteur

L

14:58
Invité

'autorité judiciaire est indépendante dans notre pays et j'en suis le garant.

15:02
Locuteur

Pour

15:02
Invité

tout le monde.

15:03
Locuteur

Et

15:04
Invité

n'en déplaise à certains, il n'y

15:05
Locuteur

a

15:05
Invité

pas d'exception.

15:06
Présentateur

Ferrare, ce matin, c'est la procureure générale de la cour d'appel de Paris qui a dénoncé à son tour l'attitude de Jean-Luc Mélenchon.

15:14
Locuteur

Ces

15:15
Invité

perquisitions ont été diligentées en pleine légalité. Je veux apporter mon soutien public aux magistrats et aux policiers qui ont subi un coup de force et des violences verbales et physiques.

15:33
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon poursuit sa contre-attaque.

15:35
Locuteur

Il

15:36
Présentateur

vient de demander le dessaisissement du procureur de la République de Paris, François Mollins.

15:42
Locuteur

Alors,

15:43
Présentateur

question téléspectateurs. Les journalistes de Mediapart ont-ils eu raison de révéler la relation entre Sophia Chikirou et Jean-Luc Mélenchon

15:50
Locuteur

?

15:51
Présentateur

Astrid De Vilaine, est-ce que c'est de la vie privée ou ils ont eu raison de le faire ?

15:54
Locuteur

C'est une

15:54
Invité

très bonne question. Parce que j'imagine qu

15:56
Locuteur

'il

15:56
Invité

y

15:56
Locuteur

a

15:56
Invité

eu un grand débat, à mon avis, au sein de la rédaction de Mediapart pour savoir s'il fallait ou non sortir cette information. Parce que ce n

16:01
Locuteur

'est

16:01
Invité

pas évident en tant que journaliste quand la compagne ou le compagnon d'une personnalité politique a un rôle politique et en même temps un rôle privé,

16:09
Locuteur

c

16:09
Invité

'est très difficile d'évaluer.

16:10
Locuteur

En quoi est-ce une

16:11
Présentateur

information, le fait qu'ils soient ensemble, qui pourrait nous éclairer sur certaines choses ?

16:16
Invité

Je pense que déjà, si Mediapart a jugé utile de sortir cette information, c'est qu'eux-mêmes savent qu'elle doit avoir un rôle qu'elle n'aurait peut-être pas dû avoir dans cette affaire. Moi, personnellement, je ne sais pas. Mais il se trouve que vu son rôle, c'est-à-dire qu'elle est quand même directrice de la communication, elle est au cœur d'une enquête quand même très importante sur cette société Mediascope et elle est soupçonnée d'avoir surfacturé et donc de s'être enrichie personnellement. Si elle est la compagne de Jean-Luc Mélenchon, il y a évidemment un lien.

16:44
Présentateur

Frédéric Saïs, que disait cette enquête de Radio France sur Mediascope, donc sur les pratiques de Sophia Chikirou ?

16:52
Invité

Pour le coup, c'est assez clair. Elle est de dire que la directrice de communication de Jean-Luc Mélenchon, une certaine, Mme Chikirou, était aussi l'une des premières prestataires pendant cette campagne à hauteur de 10% du total des dépenses de Jean-Luc Mélenchon pendant

17:06
Locuteur

cette campagne. C'est-à-dire qu'elle avait la

17:06
Présentateur

casquette, tiens, on va commander un montage

17:09
Locuteur

vidéo. Des clips de campagne, exactement.

17:10
Présentateur

Et par ailleurs, c'est elle qui réalisait le montage vidéo et qui le facturait à Jean

17:16
Locuteur

-Luc Mélenchon. Exactement, ça c'est la

17:17
Invité

première des choses. Et deuxièmement, à l'intérieur même de ces factures,

17:19
Locuteur

ce

17:19
Invité

que révèlent nos confrères de France Info et Radio France, c'est qu'il y avait des taux de marge qui étaient plutôt surprenants, qui atteignaient jusqu'à 47%, qui étaient au-delà des prix traditionnellement facturés.

17:29
Locuteur

Et

17:29
Invité

donc le soupçon, c'est que cette personne qui était effectivement proche de Jean-Luc Mélenchon ait fait des factures gonflées pour permettre de rémunérer davantage les équipes. Pas toutes, et c'est le troisième point de cette enquête, c'est que les petites mains, entre guillemets, qui réalisaient les sous-titrages des vidéos, qui mettaient en ligne, eux n'étaient pas spécialement payés cher. C'était du 1 500 euros par mois pour les petites mains. Et donc c'est ça que montre l'enquête. Après, sur la question de savoir si le fait qu

17:54
Locuteur

'elle

17:54
Invité

soit la campagne de Jean-Luc Mélenchon est important ou pas, pour tout ça, moi je suis assez sceptique, honnêtement. On

18:01
Locuteur

pourrait dire qu

18:02
Présentateur

'il l'a favorisé parce que c

18:03
Locuteur

'est

18:03
Présentateur

sa compagne.

18:03
Invité

Oui, mais si vous voulez...

18:05
Locuteur

Une

18:05
Présentateur

personne lambda

18:06
Invité

pour lui. L'enquête me... En tout cas, les soupçons qui sont déjà émis par la justice, par cette enquête préliminaire et par les révélations de la presse, me sentent déjà en eux-mêmes suffisamment graves. Il faut qu

18:18
Locuteur

'il

18:18
Invité

soit confirmé ou pas, ça on le verra. Mais pour le coup, quand bien même, c'est simplement quelqu'un qui est très proche politiquement, sans que ce soit dans la vie intime, et qui a bénéficié de contrats avec des factures gonflées, l'enquête le dira, on n'en sait rien pour l'instant, c'est déjà de nature à amener davantage d'investigation. Autant que Sophia Chikirou, par ailleurs,

18:34
Présentateur

est accusée pour des choses un peu similaires avec le

18:38
Locuteur

média. Il y a,

18:39
Présentateur

dont elle était à

18:40
Locuteur

l'origine,

18:41
Présentateur

et là aussi, il semblerait que... En tout cas, il y a un conflit, il

18:45
Locuteur

y

18:45
Présentateur

a un procès entre les deux parties. Pour des histoires aussi de surfacturation. Pour des histoires de surfacturation. Et là encore, on voit bien à quel point, à l'intérieur même de la France insoumise, ces affaires vont avoir une résonance, entraîner des discordances. Et on le voit apparaître, que ce soit Clément Tinotin et d'autres, et puis il y a un courant qui est en train de se dessiner autour d'un des économistes de la France insoumise. Son nom est un peu compliqué, je n'arriverai pas à vous le donner. Il

19:17
Locuteur

y a

19:17
Présentateur

un début de scission ? Ah, il

19:19
Locuteur

y

19:19
Présentateur

a un début de mouvement pour... Il

19:22
Locuteur

y a les frondeurs.

19:23
Présentateur

Des frondeurs pour rédiger un manifeste, et surtout remettre en cause la verticalité de la direction de la France insoumise, et notamment de Jean-Luc Mélenchon. Il

19:35
Locuteur

est trop jupitérien

19:36
Présentateur

aux yeux de la

19:38
Locuteur

France insoumise ?

19:39
Présentateur

C'est le paradoxe, c'est que lui qui dénonce à longueur de journée le jupitérisme présidentiel, une pratique qui l'est dans son parti, de même manière que Marine Le Pen au Rassemblement national. Enfin bon, c'est tout le paradoxe, évidemment, du combat politique d'aujourd'hui. Et c'est vrai qu'on ne veut pas faire le procès, parce qu'on n'en sait rien, mais c'est vrai que toutes ces histoires, en tous les cas, c'est à l'opposé des valeurs, on se dit, des adhérents de la France insoumise, qui sont, j'imagine, des valeurs de… on est solidaires, on est militants, on est bénévoles, et là on s'aperçoit qu'il y a des soupçons, Roland-Cairol, qui doivent choquer, non ?

20:16
Locuteur

–

20:16
Présentateur

Bien sûr que ça doit choquer, même si c'est plus facile d'alimenter des réseaux très à gauche contre les flics, contre autre chose, mais quand même, je crois que ça ne correspond pas à leur façon aujourd'hui de faire de la politique et qu

20:32
Locuteur

'ils

20:32
Présentateur

doivent être choqués.

20:33
Locuteur

Je

20:33
Présentateur

vais vous dire, moi, il y a une chose qui me pose question. On a dit, j'ai dit tout à l'heure, que la perquisition était légale, qu'elle avait respecté les règles de droit.

20:43
Locuteur

Mais

20:43
Présentateur

on est quand même dans une situation où,

20:46
Locuteur

au

20:47
Présentateur

siège d'un parti politique légal qui représente en plus un cinquième de voix à la dernière élection présidentielle, on emporte

20:56
Locuteur

des

20:57
Présentateur

ordinateurs

20:58
Locuteur

dans

20:59
Présentateur

lesquels il y a peut-être, semble-t-il, les fichiers des adhérents.

21:05
Locuteur

Bon, la

21:06
Présentateur

loi permet

21:07
Locuteur

aux

21:08
Présentateur

policiers, sous l'ordre d'un magistrat, d'emporter tout ce qu'ils veulent et même pas d'en donner la liste.

21:14
Locuteur

Mais

21:14
Présentateur

voilà, qu'est-ce que ça vous fait de savoir qu'un fichier est d'adhérents

21:19
Locuteur

?

21:19
Présentateur

Je ne veux pas ramener au

21:21
Locuteur

douloureux…

21:21
Présentateur

–

21:21
Locuteur

Mais la police vous dit à

21:22
Présentateur

tous les noms, les adresses de tous les adhérents de

21:25
Locuteur

la France

21:25
Présentateur

Insoumise. – Elle les a emportés. Est-ce qu'elle les a regardés ? Nous n'en savons rien. Ils nous ont dit que leur enquête se limiterait à chercher dans les ordinateurs ce qui est en lien avec la procédure engagée,

21:39
Locuteur

la

21:39
Présentateur

procédure préliminaire engagée.

21:40
Locuteur

–

21:40
Présentateur

Et on peut avoir des doutes sur la curiosité par moment de

21:44
Locuteur

certains… – Pour vérifier, il faut le lire de toute façon. –

21:47
Présentateur

Reliser Descartes, le doute méthodique est la seule méthode qui mérite de s'exercer. Moi, ça me fait un tout petit peu bizarre. Ce qui me fait bizarre, c'est que cette question qui se pose pour un parti politique avec son fichier d'adhérent, elle se pose pour les personnes privées qui sont perquisitionnées, à qui on prend aussi des données personnelles qui n'ont pas forcément à être connues dans le cadre de l'enquête. Donc voilà. – Donc,

22:08
Locuteur

au

22:08
Présentateur

Lankérol, ça fait deux fois que vous prenez un petit peu la défense de Jean-Luc Mélenchon en disant

22:11
Locuteur

qu'une

22:11
Présentateur

perquisition, c'est

22:13
Locuteur

vraiment dur à vivre. D'où cette colère et d'où il n

22:15
Présentateur

'avait pas forcément à prendre

22:17
Locuteur

ces fichiers… – Non, non, soyons

22:17
Présentateur

bien clair. Je ne prends en rien la défense de Jean-Luc Mélenchon. J'ai dit que son comportement était excessif et méritait d'être jugé tel. J'ai même dit qu'il en supporterait les conséquences. Je dis par ailleurs

22:28
Locuteur

que

22:29
Présentateur

c'est peut-être aussi un moment pour se poser la question qui n'intéresse plus personne

22:33
Locuteur

des

22:34
Présentateur

libertés publiques. –

22:36
Locuteur

Ça

22:36
Présentateur

n'intéresse plus personne à part quelques profs de droit, tous les profs de droit, les avocats et une partie des magistrats et quelques rigolos comme moi, ça n'intéresse plus personne parce qu'il

22:45
Locuteur

y a

22:45
Présentateur

le terrorisme. Et on se dit, les gens qui viennent à se reprocher, peu importe, ils n'ont qu'à être tranquilles.

22:52
Locuteur

– La police a tous les

22:52
Présentateur

droits.

22:53
Locuteur

–

22:54
Présentateur

Elle a beaucoup plus de droits qu'elle n'en a jamais eu. Ça a été enterriné dans les lois votées encore l'année dernière.

23:00
Locuteur

Je

23:01
Présentateur

crois que c'est une occasion de se demander jusqu'où il est normal de violer la vie politique ou privée

23:08
Locuteur

au

23:09
Présentateur

service de la sécurité publique.

23:11
Locuteur

–

23:11
Présentateur

Alors sur toute cette semaine, je voudrais revenir à la conférence de presse de Jean-Luc Mélenchon hier, il y

23:14
Locuteur

a

23:14
Présentateur

eu un seul mea culpa, une seule chose. Jean-Luc Mélenchon a dit, je regrette.

23:18
Locuteur

Il

23:19
Présentateur

a regretté cette moquée de cette journaliste qui avait un accent toulousain et il lui a répondu d'un air dédaigneux en se moquant de son accent comme ça. Comment vous expliquez, pourquoi s'est-il excusé auprès de cette journaliste de s'être moqué de son accent ? – Je crois que c'est parce qu'au fond, si l'on considère que la stratégie de Jean-Luc Mélenchon s'inscrit dans une famille qui est celle du populisme, qui, sans porter de jugement, est une famille qui se définit par la défense du peuple contre les élites.

Cette discrimination à l'égard d'une provinciale, par définition, qui vient de Toulouse, une ville qui met cher en plus, cette discrimination apparaît précisément comme le réflexe des élites vis-à-vis de la province. Et ça nous ramène d'ailleurs à ce qu'était la réaction des Parisiens face aux provinciaux et notamment aux méridionaux à la fin du XIXe siècle. Et d'ailleurs la République s'est construite justement autour de l'uniformisation du territoire, autour notamment du parler

24:22
Locuteur

français

24:23
Présentateur

pointu, du parler parisien. Donc il y a un comportement d'élite par rapport au mépris qu'il affiche vis-à-vis de cette journaliste, comportement d'élite qu'on retrouve d'ailleurs aussi dans sa façon de nous dire que sa personne est sacrée et qu'on ne doit pas qu

24:41
Locuteur

'il ait

24:41
Présentateur

la République, ce qui est totalement faux. Enfin il est une petite partie de la République qui est un citoyen justiciable comme tous les autres. Donc particulièrement sur cette question de l'accent, il a dû s'apercevoir que là, il n'était pas du tout dans sa posture de défenseur du peuple et que d'ailleurs par rapport à ses électeurs marseillais qui ont l'accent, ça pourrait aussi poser

25:03
Locuteur

des problèmes.

25:03
Présentateur

Vous l'avez suivi vous à Marseille, ça pourrait lui coûter cher cette moquerie vis-à-vis des gens qui

25:09
Locuteur

ont l'accent du Sud

25:09
Invité

? Surtout que c'était un accent toulousain, donc ça prouve qu'il n'a même pas reconnu l'accent de Marseille.

25:13
Locuteur

Donc ça je pense que c

25:13
Invité

'était pas... Mais oui, c'est méprisant en effet, je partage. Mais moi ce qui m'a le plus interpellée dans cette séquence, c'est finalement la question que la journaliste posait. Je trouve qu'on n'en parle pas assez. Elle était en train de lui demander, et quand c'était François Fillon, et quand c'était Marine Le Pen, vous étiez le premier à critiquer ces affaires

25:31
Locuteur

-là. La

25:32
Présentateur

République avait été salie.

25:33
Invité

Exactement, et maintenant que ça vous concerne,

25:35
Locuteur

en

25:35
Invité

fait la justice est corrompue, les médias sont contre vous, mais les médias vous vous en serviez en fait, c'est ça. Elle n

25:40
Locuteur

'a

25:40
Invité

pas eu le temps de finir sa question puisqu'il s'est moqué d'elle. Mais en réalité c'est ça qu'elle voulait lui demander j'imagine, c'est-à-dire quand c'est pour vos opposants politiques, il

25:47
Locuteur

n'y

25:47
Invité

a aucun problème pour citer Le Monde, Mediapart et tous les journaux qui font leur travail. En revanche quand ça vous concerne, là il y

25:53
Locuteur

a

25:53
Invité

un deux poids deux mesures. Et puis pour poursuivre ce que vous disiez, en effet sur ce côté, c

25:57
Locuteur

'est

25:57
Invité

aussi un visage qu'on a peut-être découvert pour certains chez Jean-Luc Mélenchon, c'est ce côté méprisant vis-à-vis des autres. Et surtout quand on se veut justement d'incarner le peuple, la gauche, enfin il ne se revendique plus de la gauche, mais voilà c'est cette famille politique-là. Quand il dit je ne suis pas le passant du coin,

26:13
Locuteur

c

26:13
Invité

'est extrêmement méprisant pour le passant du coin,

26:16
Locuteur

c

26:16
Invité

'est-à-dire tout un chacun, c'est-à-dire qu

26:17
Locuteur

'il

26:17
Invité

se place au-dessus des autres. Et ça il le fait en effet dans son parti, il est au-dessus du lot, et il le fait là vis-à-vis des Français ou des citoyens lambda. Et je trouve que Fabrice Arfit dans son article de Mediapart hier, le disait très bien,

26:29
Locuteur

il

26:29
Invité

disait Jean-Luc Mélenchon, déjà il a été bien traité finalement dans cette perquisition, parce qu'un citoyen lambda qui pousse comme ça un procureur, qui insulte ou qui menace des policiers, il peut aller en garde à vue. Donc, alors Jean-Luc Mélenchon il est parlementaire, évidemment il ne

26:42
Locuteur

va

26:42
Invité

pas aller en garde à vue, mais il faut faire attention dans les symboles je pense aussi, on n'est pas au-dessus des lois en fait quand on est parlementaire. – Alors il semble t'expliquer,

26:49
Locuteur

quand il m'a…

26:50
Présentateur

– Je crois que la raison pour laquelle il s'est excusé auprès de Véronique Gorel, c'est que le jour même, enfin juste après cet incident, plusieurs de ses amis, qui la connaissent bien, c'est une journaliste bien connue de France 3, qui est une habituée de la salle des 4 colonnes, donc ça leur a fait très bizarre qu'ils s'en prennent comme ça, à une femme qu'ils connaissent bien, dont ils savent qu'elle fait très honnêtement son travail depuis des années, donc tout de suite ils ont dit il faut que tu t'excuses, et ça c'est pas supportable. Deuxième chose,

27:19
Locuteur

ils

27:20
Présentateur

ont tous les deux employé à juste titre le mot de mépris, c'est quand même le mot préféré de Mélenchon quand il parle de Macron. Donc s'entendre reprocher ce qu'il reproche tous les jours à Macron, c'est pas supportable, il fallait absolument qu'il sorte

27:35
Locuteur

de

27:36
Présentateur

cette incroyable contradiction, il ne peut pas lui, Mélenchon,

27:40
Locuteur

proche

27:41
Présentateur

du peuple, être méprisant à l'égard de quelqu'un qui a un accent.

27:44
Locuteur

Quand

27:45
Présentateur

il dit « ma personne est sacrée », « je suis la République », c'est une interprétation abusive du rôle du député dans la société, ou dans l'équilibre institutionnel. C'est vrai que la fonction de député, quelque part, elle a une sacralité dans la République, d'ailleurs il faut lever son immunité pour qu'il soit poursuivi, sauf s'il est pris en flagrant délit, mais c'est sa fonction qui est, j'allais dire, quelque part à l'échelle républicaine sacrée. Lui, en tant que citoyen, en tant que justiciable, se doit de respecter précisément cette séparation des pouvoirs, qui donne le pouvoir à la magistrature, à la justice, de faire ces investigations.

Donc il n'est pas sacré, la République est sacrée, la République, les institutions, elles sont quelque part sacralisées par la Constitution, mais lui n'est pas sacré. Une phrase de la Constitution, « La souveraineté nationale appartient au peuple, aucune partie du peuple, ni aucun individu, ne peut s'en attribuer l'exercice.

28:53
Locuteur

» Donc

28:54
Présentateur

il ne peut pas dire. Un élu du peuple est redevable de la même façon ? Mais bien sûr. Absolument. Nous sommes tous ensemble la souveraineté nationale. Lui, c'est nos représentants. Collectivement, les représentants exercent pour nous la souveraineté nationale. Individuellement, ils sont des citoyens comme nous, et ils ne sont pas plus inviolables ou plus sacrés que chacun d'entre nous. Alors néanmoins, cette perquisition, il y

29:16
Locuteur

a

29:16
Présentateur

eu près d'une centaine de policiers qui ont été dépêchés. C'est beaucoup. Est-ce que là, il ne marque pas un point ? Est-ce que c'est une stratégie d'abord de vouloir se victimiser ou est-ce qu'il y a une réalité quand même ? Il y

29:28
Locuteur

a

29:28
Présentateur

une réalité de vouloir l'affaiblir avec la stratégie du « il n

29:31
Locuteur

'y a

29:31
Présentateur

pas de fumée sans feu » Frédéric Saïs

29:32
Invité

? Oui, c'est clair que sans policiers, comme ça c'est impressionnant, une quinzaine de lieux de perquisition pour Jean-Luc Mélenchon. Et c'est vrai qu'en plus, derrière le mot « valise d'affaires », on ne sait plus forcément bien à quoi on a affaire. Là, en l'occurrence, on est sur un soupçon de surfacturation. On n'est pas dans l'affaire Big Malion où il y avait des fausses factures, où il y avait des comptes occultes. On n

29:49
Locuteur

'est

29:49
Invité

pas sur une caisse noire, pour l'instant, pour l'instant. Alors, il y

29:51
Locuteur

a

29:51
Invité

aussi

29:52
Locuteur

l'autre affaire qui concerne les assistants européens, les acteurs d'emploi fictifs. Là, on est

29:55
Invité

sur le volet, effectivement, soupçon d'emploi fictif qui a concerné aussi d'autres parties, y compris le Modem, où au passage, d'ailleurs, il y avait une perquisition également. On ne sache pas que le Modem soit un parti virulent opposé au pouvoir macroniste. Mais fermons la parenthèse. Donc, ce

30:06
Locuteur

n'est pas le seul

30:07
Présentateur

à avoir subi une perquisition.

30:08
Locuteur

C'est le seul d'avoir

30:09
Invité

perçu... Ce qu'il a été le seul à faire, c'est de déclencher son Facebook Live et d'en faire, lui, un événement politique. Parce que, souvenons-nous, comment nous, globalement, les médias, la presse, avions traité les perquisitions dans certains partis politiques. En général, ça faisait un entrefilé ou un article avec une photo. On disait, voilà, ce matin, 10 heures, le siège du Modem, slash de LR, slash d'un autre parti du Rassemblement National, a été perquisitionné. Les enquêteurs de l'oclif sont repartis avec telle et telle pièce. Point final. C'est lui qui en a fait un événement politique. Et finalement, c'est aussi un peu l'effet boomerang de tout cela.

30:41
Présentateur

Erreur de communication, on

30:42
Locuteur

se

30:42
Invité

dit,

30:42
Locuteur

alors,

30:42
Invité

en vous écoutant. Erreur de communication, ça dépend quel est le but. Si le but, c'est de dramatiser et de remobiliser sa base avant les élections européennes et de dire par avance, s'il y avait une citation de Jean-Luc Mélenchon il y

30:53
Locuteur

a

30:53
Invité

quelques années, il faut tout conflictualiser, c'est ma stratégie. Là, pour le coup, il l'a parfaitement fait. Si l'objectif était de se représidentialiser, pour le coup, c'est complètement raté.

31:02
Présentateur

Alors, autre citation de Jean-Luc Mélenchon, je suis le bruit et la fureur. Donc, c'est sans doute leader de la France insoumise. Des mots à la résonance toute particulière cette semaine, d'autant que le tribun n'en est pas à son premier coup de sang face aux journalistes, face à ses adversaires politiques. Ses emportements sont devenus légendaires. Regardez ce sujet de Walid Berissoul et Erwann Illion.

31:28
Locuteur

On

31:28
Présentateur

n

31:28
Locuteur

'en a

31:28
Présentateur

quoi, vous m'empêchez d'entrer dans mon local ? On n'en a quoi, qui vous a donné cet ordre ? La République ? C'est moi !

31:34
Locuteur

C

31:35
Présentateur

'est moi qui suis parlementaire ! Poussez-vous de là ! Il valait mieux ne pas croiser la route de Jean-Luc Mélenchon ce jour-là. Du fracas, de la fureur et du tumulte.

31:45
Locuteur

Le

31:45
Présentateur

matin, il force les portes du siège de son parti en pleine perquisition. L'après-midi, il se moque de l'accent d'une journaliste qui l'interroge à l'Assemblée nationale.

31:53
Invité

Qu'est-ce que ça veut dire ?

31:55
Locuteur

Qu

31:56
Invité

'est-ce que ça veut dire ? C'est quoi votre question,

31:58
Présentateur

madame ? Non,

31:58
Locuteur

non,

31:58
Présentateur

madame, vous ne savez pas de quoi vous parlez. Non, vous dites n'importe quoi. Quelqu'un a-t-il une question formulée en français ? Oui,

32:04
Locuteur

mais

32:04
Présentateur

c'est à peu près compréhensible, parce que moi, votre niveau me dépasse, je ne vous comprends pas. La journée de tous les dérapages et de toutes les colères pour le tribun. On pensait pourtant avoir l'habitude. Mélenchon qui s'énerve, c'est un classique des plateaux de télévision depuis plus de 15 ans.

32:20
Invité

Qui a contribué à faire croire aux Français que l'intégralité des hommes politiques était malhonnête ? C'est vous ! Et c'est vous ! Parce que vous ! Parce que... Moi ! Parce que... Mais oui, bien sûr, vous êtes parti ! Mais qui allait, celle-là ? Qu'est-ce que j'ai fait ?

32:33
Locuteur

C

32:33
Présentateur

'est l'un des premiers coups d'éclat pour celui qui est alors une figure secondaire d'un parti socialiste sonné par le choc du 21 avril. Jean-Luc Mélenchon construit peu à peu son personnage à coups d'emportements contre ses adversaires politiques mais aussi contre un étudiant en journalisme qui le questionne dans une manifestation. Non, non, non, c'est fini. Terminé. Tote, tote, tote, tote, tote.

32:54
Locuteur

Vous

32:54
Présentateur

m'avez remis sur le terrain. Tu

32:55
Locuteur

fermes ta petite

32:56
Invité

bouche, tu me parles de politique. Moi, je te parle de médias et de ton métier pourri. Et si tout ce que tu trouves va faire,

33:01
Locuteur

c

33:01
Invité

'est de me répondre ça, tu vas faire ton interview plus loin. OK ? Mais je comprends pas cette agressivité.

33:06
Locuteur

C

33:07
Présentateur

'est vous qui êtes agressif, vous en rendez même pas compte tellement votre tête est pourrie. Une violence verbale assumée. L'expression pour Jean-Luc Mélenchon d'une colère, selon lui, légitime. Devenu leader politique, il la théorise avec cette formule désormais célèbre. Je suis le bruit et la fureur. Le tumulte et le fracard. Je suis de notre temps, de notre époque.

33:26
Locuteur

Le

33:27
Présentateur

bruit et la fureur comme moteur politique avec en ligne de mire la conquête du pouvoir et des batailles symboliques. 2012, Jean-Luc Mélenchon défie Marine Le Pen dans son fief des nains Beaumont. Une campagne législative plutôt virile face aux militants du Front National.

33:41
Invité

Regardez-moi dans les yeux, vous êtes un homme ? Alors je gagne 40 000 euros, espèce d'imbécile ?

33:46
Locuteur

Ouais,

33:47
Invité

comment tu le sais ? Vas-y, dis-le voir.

33:49
Locuteur

Dis

33:49
Invité

-le voir. Comment tu le sais ? Je te taperai pas. Je suis un crétin et c'est tout.

33:55
Locuteur

Jean

33:55
Présentateur

-Luc Mélenchon sera éliminé dès le premier tour. Vient alors le temps d'une certaine remise en question pour la bataille suivante, 2017.

34:05
Locuteur

Un

34:05
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon différent se présente à nouveau devant les Français.

34:09
Locuteur

A

34:09
Invité

s'agit, promet-il.

34:13
Locuteur

Je

34:13
Invité

deviens une figure rassurante. Je pense que les gens ont soif d'humanité. Aujourd'hui, le bruit et la fureur, ce n'est plus l'attente de la société.

34:21
Locuteur

Une

34:22
Invité

sorte de force tranquille semble alors animer le candidat de la France Insoumise.

34:27
Locuteur

Ça

34:27
Présentateur

doit être calmé quand même.

34:28
Locuteur

Je

34:28
Présentateur

trouve que je n

34:29
Locuteur

'ai plus

34:29
Présentateur

qu'à très pas.

34:30
Locuteur

Ça, ce n'est pas duré. En

34:33
Présentateur

effet, chez Jean-Luc Mélenchon, le naturel revient très vite lorsqu'il est pris à partie ce jour-là par un cheminot.

34:40
Invité

Droite, gauche, est très mauvaise. On vous attend.

34:44
Présentateur

Le leader de la France Insoumise

34:47
Locuteur

ne

34:47
Présentateur

veut pas s'en empêcher. Pourquoi tu me parles comme ça ? Pourquoi on ne vous respecte pas ? Juse ma vie à vous défendre

34:52
Locuteur

!

34:53
Présentateur

Juse ma

34:54
Invité

vie ! Alors va voir les mecs de droite. C'est eux qui vous ont mis dans la merde. C'est le PS qui vous a mis dans la merde.

34:59
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon se revendique homme du peuple, révolté, contre les élites et leur bonne manière, souvent incarné à ses yeux par les journalistes et leurs questions sur ses emportements réguliers. Vous avez la colère sur commande où c'est éruptif et incontrôlable. Mais vous êtes tellement caractéristiques d'un milieu social. Moi, je suis comme je suis et je trouve étrange qu'on m'interroge sur le sujet. Je suis comme je suis et je ne peux pas m'enlever la colère que la vie m'inspire. Et l'insurrection que je ressens n'est pas feinte. Une insurrection qui cette semaine a franchi une nouvelle étape contre la presse, le pouvoir d'Emmanuel Macron et même contre les juges.

35:41
Locuteur

Le

35:42
Présentateur

grand retour du bruit et de la fureur.

35:47
Locuteur

Alors,

35:48
Présentateur

on entend le bruit sur le plateau. Je ne

35:50
Locuteur

sais

35:50
Présentateur

pas si vous l'entendez, vous. Question de téléspectateurs. La réaction de Jean-Luc Mélenchon ne révèle-t-elle pas une conception plutôt autocratique du pouvoir ? Jean Garrigue.

35:58
Locuteur

De

35:59
Présentateur

toute manière, la France insoumise repose sur ce fonctionnement autocratique. Pour arriver à incarner cette France protestataire, il fallait que la France insoumise ait un leader charismatique. Et de ce fait, elle a trouvé en Jean-Luc Mélenchon. On voit bien, regardez la difficulté des socialistes. Le problème de Benoît Hamon à l'élection présidentielle, ce

36:25
Locuteur

n

36:25
Présentateur

'est pas un problème programmatique. Son programme était intéressant. Tout le monde l'a jugé novateur, intéressant. Mais il y avait un problème d'incarnation. Là, vous avez quelqu'un qui est capable d'incarner cette France protestataire parce que c'est un homme qui, d'ailleurs, ne représente pas du tout le peuple. C'est le type même de l'homme politique qui a 30 ans derrière lui, mais qui connaît les ficelles et qui est un très bon orateur, un tribun, qui a beaucoup de culture et qui a ce charisme. Donc, il construit toute sa stratégie autour de sa personne.

Ce qui pose, d'ailleurs, aujourd'hui, lorsque son comportement est jugé défaillant, ce qui va poser des problèmes de direction dans son parti, justement. Frédéric Saïs, c'est vrai que c'est un très bon orateur. Mais même, il l'a montré hier en conférence de presse, 45 minutes sans notes.

37:14
Invité

Le paradoxe et le contraste est d'autant plus étonnant parce que c'est quelqu'un qui maîtrise à la perfection les mots, qui est d'ailleurs un ancien enseignant et un ancien journaliste pour la petite histoire, ceux qui critiquent maintenant. Et pourtant, il laisse échapper des mots, effectivement, comme ça qu'il a l'air de regretter le lendemain. Alors, c'est aussi une stratégie. Jean-Luc Mélenchon, en 2010, l'avait dit. Il avait dit « Je dois percer le mur de l'indifférence » puisqu'à l'époque, il sortait du PS avec 4 ou 5 copains, il était un peu tout seul et il devait s'imposer, il devait montrer qu'il était anti-système.

Et évidemment, c'est le clash, c'est le buzz, la fameuse théorie où, effectivement, avec des affrontements, on arrive à se faire davantage connaître. Il devait aussi montrer aux communistes à l'époque avec qui il voulait s'allier qu'il était maintenant bien loin du système et qu'il était un petit peu énervé.

37:52
Locuteur

C

37:52
Invité

'est aussi un caractère, on l

37:53
Locuteur

'a

37:53
Invité

vu dans ce sujet qu'il a très bien rappelé. Il est capable de s'en prendre nez à nez quasiment avec un militant qui passe par là ou avec un simple passant qui le suspecte d'être trop payé. Et donc, c'est un caractère au service d'une stratégie qui se résume d'ailleurs dans le nom du mouvement La France Insoumise.

38:06
Présentateur

Mais Astrid De Villette, vous l'avez suivi en campagne. Alors, comment il est là ? Comment en arrive-t-il à insulter comme ça des gens dans la rue ?

38:14
Invité

En fait, pour moi, c'est comme s'il se gâchait en fait, Jean-Luc Mélenchon. C'est-à-dire qu'en effet, il a toutes ses qualités. Vous allez à un meeting de Jean-Luc Mélenchon, vous apprenez énormément de choses. C'est un grand pédagogue, on dirait un enseignant de la Troisième République. Il est dans la transmission. Et en fait, il a fait par exemple une excellente campagne présidentielle avec cet hologramme très innovante. Il est parti de rien. Il était tout seul. Il

38:33
Locuteur

a construit... Ces meetings faisaient

38:34
Présentateur

sale

38:34
Locuteur

comble. Évidemment. Il

38:35
Invité

a construit la France Insoumise en un an qui est un parti aujourd'hui majeur à gauche et qui est extrêmement organisé. En revanche, quand arrive le moment à ses clés,

38:44
Locuteur

c

38:44
Invité

'est

38:44
Locuteur

-à

38:44
Invité

-dire quand il arrive en haut, on a l'impression qu'il fait tout tomber. C'est-à-dire, le soir du premier tour de l'élection présidentielle, souvenez-vous, Jean-Luc Mélenchon a mis du temps à réagir. Il est resté dans sa loge. Il ne voulait pas commenter les résultats,

38:56
Locuteur

c

38:56
Invité

'est-à-dire la victoire d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen. Et souvenez-vous, il a contesté même quelques semaines, deux semaines plus tard, pendant l'entre-deux-tours, il n'appelle pas à voter pour Emmanuel Macron et ça a choqué au sein même de son électorat. Et là, c'est pareil. Il fait une excellente rentrée politique, Jean-Luc Mélenchon, à la fin de l'été. Ses amphis de Marseille sont combles. Il réussit à diviser le PS, ce qu'il adore faire. C'est-à-dire que Marine Le Linman et Emmanuel Morel de l'aile gauche le rejoignent. Emmanuel Macron est au plus mal depuis le début de son quinquennat. Il y a eu Benalla, il y a eu Hulot, il y a eu Collomb. Il a tout en fait.

Il a un boulevard, Jean-Luc Mélenchon.

39:35
Locuteur

Il

39:35
Invité

est en hausse dans les sondages pour les européennes. Et qu'est-ce qu'il fait cette semaine catastrophique ? Et moi, j'ai l'impression depuis que je le suis que c'est souvent comme ça et qu'il se sabote presque. Ça m'a fait même penser à Marine Le Pen lors du débat présidentiel qui a tout gâché. Là, c'est pareil. On a l'impression qu'ils sont à un point comme s'ils ne voulaient plus en fait. Je ne sais pas, c'est peut-être de l'analyse psychologique mais c'est très étonnant ça. Et pendant Benalla, Jean-Luc Mélenchon justement se targuait de ne pas être dans les outrances, de ne pas être dans la provocation.

Il n'a jamais appelé à la démission de Gérard Collomb par exemple quand d'autres à gauche le faisaient. Il restait dans son rôle de parlementaire en opposant classique. Vous disiez qu'il avait une stratégie, il voulait

40:11
Présentateur

se mitterrandiser

40:13
Locuteur

et

40:13
Présentateur

puis patatras. Cette semaine, il s'est remélenchonisé.

40:16
Invité

Oui, exactement. Jean-Luc Mélenchon, François Mitterrand, c'est son mentor. Parfois même, il en parle comme ça. Et Mitterrand, jamais n'aurait fait quelque chose comme ça. Et Jean-Luc Mélenchon, là-dessus, il dérape en fait.

40:32
Présentateur

Oui, Jean-Garrick, vous vouliez... Non, mais il y a aussi une interprétation politique de ça. Parce que ce comportement, il est pour rappeler aussi celui de Jean-Marie Le Pen en 2002, qui au fond, au moment où il est au deuxième tour, on le voit bien, est un peu effrayé par ce qui s'ouvre devant lui. Et ça renvoie à la nature profonde de ces mouvements que ça soit, me semble-t-il, le Rassemblement National ou la France Insoumise, qui sont des mouvements par nature protestataires. Et cette nature protestataire fait que la perspective d'exercer le pouvoir, c'est quelque chose qui est beaucoup moins dans leur ADN que dans les parties, les

41:14
Locuteur

anciens partis. est

41:15
Présentateur

incarnée sur la forme. Historiquement, vous avez déjà eu comme ça des grands leaders qui avaient des coups de sang comme ça.

41:21
Locuteur

Et Georges Marchais, par exemple,

41:22
Présentateur

Marchais, oui. Enfin, il y a d'autres menteurs de Mélenchon en dehors de Mitterrand en France. Perron en Argentine, Chavez au Venezuela, ce sont des grands orateurs populistes, des autocrates populistes. C'est exactement ça. C'est-à-dire, c'est la capacité à prendre les instincts populaires les plus immédiats pour essayer de les valoriser, éventuellement de les flatter et de se faire élire. Et il a admiré cette Amérique latine populiste. Et il nous l'a dit plusieurs fois. C'est pas simplement une interprétation de ma part. Donc voilà, il y a quelque chose qui fait que il est la France Insoumise. C'est le parti de Mélenchon. Comme le parti péroniste, c'était le parti de Perron.

Comme, voilà, c'était la même chose.

42:13
Locuteur

Ce qui est curieux, c'est que... Mais voilà, il

42:15
Présentateur

n'y a pas de vrai successeur à ces gens-là. Il reste un péronisme dans toute l'Amérique latine. Mais c'est plus pareil depuis que c'est plus Perron. Et ça sera probablement la même chose avec Mélenchon. Il dénonce cette 5ème République qui fait qu'on a un président qui incarne la toute puissance, presque un roi. Mais au fond, il est lui-même, il incarne un petit peu cette vision de l'homme providentiel. Il s'est construit précisément... Il

42:39
Locuteur

est très 5ème

42:39
Présentateur

République. Mais tout à fait. Il est aussi, je veux dire, l'adversaire préféré d'Emmanuel Macron. Parce que ça permet, évidemment, de bloquer l'espace pour ceux qui pourraient se situer entre eux ou à droite ou à gauche. Donc, c'est un jeu, j'allais dire, entre le président jupitérien et l'adversaire péroniste ou péronne qui est en quelque sorte... Donc, il y a quelque chose là qui est une sorte de jeu de rôle mais dans lequel il est totalement, lui, dans cette... Je dirais, il a intégré totalement le jeu des institutions de la 5ème République. Même si on pourrait lui faire remarquer qu'il a fait monter des jeunes. Adrien Quatennens, François Ruffin, Corbière, Alexis Corbière.

D'ailleurs, Adrien Quatennens, il était bien embarrassé lors de la conférence de presse et on le sentait derrière un petit peu...

43:32
Locuteur

C

43:32
Invité

'est aussi, justement,

43:33
Locuteur

l'un des talents

43:33
Invité

du pédagogue Mélenchon. C'est-à-dire que c'est quelqu'un qui accorde beaucoup de crédit à la formation politique qui a lui-même, effectivement, été formé dans sa jeunesse à ses écoles très efficaces que sont le trotskisme et ensuite le socialisme époque-mitterrand qui savait lui aussi faire des cohortes de gens très solidaires entre eux, des meutes sans que ce soit péjoratif. Et finalement, il a fait ça aussi avec ces jeunes élus qui sont là et qui sont en première ligne, Adrien Quatennens,

43:58
Locuteur

qui sont redevables,

44:00
Invité

qui sont parfaitement alignés sur la ligne du chef et qui le défendent non pas uniquement politiquement mais presque personnellement. À une nuance près qui est que personne ne lui fait concurrence.

44:10
Locuteur

C

44:10
Invité

'est-à-dire qu'en effet,

44:11
Locuteur

il fait monter des jeunes, enfin, il reste

44:13
Invité

quand même le leader à contester. Par exemple, quand il est arrivé avec tous ces jeunes, en effet, l'image était intéressante à l'Assemblée nationale avec tout le groupe, une quinzaine d'élus, ils sont arrivés en groupe mais c'est lui qui est devenu président de groupe. Ce n'était pas évident. Il aurait très bien pu, lui, il était déjà ancien candidat à la présidentielle, il aurait très bien pu laisser justement la place à un de ces jeunes ou à Alexis Corbière pour faire grandir quelqu'un d'autre.

Et certains, d'ailleurs, au sein du groupe de la France Insoumise, le disent, il aime bien avoir aussi, comme Mitterrand, une forme de cours autour de lui et voir certains se battre déjà pour l'héritage. Et la question de l'héritage à la France Insoumise est à bout. C'est-à-dire qu'il va falloir quand même en parler comme dans tous les courants politiques et comme après chaque leader politique qui aura marqué son temps, il faut en parler de l'héritage. Pour l'instant, personne n'en parle.

44:54
Présentateur

Alors, Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis ne sont pas les seuls dans le viseur de la justice. Vendredi dernier, Marine Le Pen a été mise en examen pour détournement de fonds publics. L'affaire des assistants parlementaires,

45:05
Locuteur

c

45:05
Présentateur

'est un dossier judiciaire qui plonge depuis plusieurs mois déjà dans une grave crise. Le parti de Marine Le Pen regardez ce sujet de Thomas Jarion et Michel Bouy.

45:17
Locuteur

Les

45:17
Invité

députés du Rassemblement National applaudissent et soutiennent

45:21
Locuteur

Jean

45:22
Invité

-Luc Mélenchon.

45:23
Locuteur

Vous sentez

45:24
Présentateur

-vous

45:24
Locuteur

solidaires

45:25
Invité

de procéder pareil ? La scène est rare

45:27
Locuteur

mais

45:28
Invité

France Insoumise et Rassemblement National sont ici des alliés de circonstance.

45:33
Locuteur

Quand

45:33
Invité

le leader d'extrême-gauche parle de justice politique, l'extrême-droite approuve.

45:38
Locuteur

Compte

45:38
Invité

tenu des perquisitions organisées en même temps au Rassemblement National depuis des mois et à la France Insoumise ce matin ainsi qu'au Front de Gauche, le pouvoir a en main par l'intermédiaire de ses procureurs l'intégralité de tous les échanges, contacts, notes, documents, rendez-vous des deux grands partis d'opposition de France. je trouve cela extrêmement grave. Comme la France Insoumise, le Rassemblement National est suspecté d'avoir rémunéré plusieurs employés avec les fonds publics européens. Selon Bruxelles, 20 assistants parlementaires RN travaillaient également en France pour le parti. Cette vaste enquête, débutée en 2015, est suivie de près par la presse d'investigation.

46:25
Locuteur

Le

46:25
Invité

Front National serait vraisemblablement le seul à avoir industrialisé cette pratique, à l'avoir systématisé. C'est-à-dire que c'est tout un parti qui, en tout cas une grande partie de l'organigramme du parti, qui serait soit député, soit assistant au Parlement européen. Le Parlement européen, justement, a estimé à 5 millions d'euros le préjudice subi dans cette affaire.

46:47
Locuteur

Alors

46:47
Invité

les juges financiers français ont décidé de taper au portefeuille.

46:51
Locuteur

En

46:52
Invité

juin, 2 millions d'euros d'aides publiques destinées au RN ont été saisies.

46:58
Locuteur

Sans

46:58
Invité

même qu'il y ait eu jugement.

47:00
Locuteur

Les

47:00
Invité

juges d'instruction, Mme Tepo et M. Von Ruenbeck, appliquent à un mouvement politique une condamnation à mort à titre provisoire.

47:07
Locuteur

Ils

47:08
Invité

nous appliquent

47:08
Locuteur

la

47:09
Invité

guillotine à titre provisoire.

47:11
Locuteur

Au

47:11
Invité

bord de la faillite, le parti fait appel dans la foulée à ses adhérents et aux Français pour enflouer les caisses. Bonjour, monsieur. Des juges attaquent le Rassemblement National, le parti de Marine Le Pen. Début août, à Rennes, les militants tentent de convaincre les habitants de donner un peu d'argent.

47:28
Présentateur

On parle beaucoup de démocratie, il faut la faire vivre et aujourd'hui, notre parti, il est en danger de mort.

47:34
Invité

Grâce à cette collecte, 600 000 euros ont été récoltés selon Marine Le Pen.

47:39
Locuteur

Mais

47:39
Invité

un tiers des permanences a dû être fermé.

47:42
Locuteur

Le

47:42
Invité

RN a fait appel. Fin septembre, il a obtenu en partie gain de cause.

47:47
Locuteur

Car

47:47
Invité

finalement, un million d'euros d'aides publiques sera saisies plutôt que deux. Avant d'être une victoire ou une demi-victoire pour le Rassemblement National, c'est avant tout un désaveu d'une décision politique prise par deux juges politisés, les juges Tepot et Vendrinbeck, qui ont vu leur décision outrancière, leur ordonnance outrancière et exagérée, contestée par la cour d'appel et par l'appel que nous avions formulé.

48:12
Locuteur

Un

48:13
Invité

peu de répit côté finances, mais les ennuis judiciaires continuent.

48:18
Locuteur

La

48:18
Invité

semaine dernière, les juges ont aggravé la mise en examen de Marine Le Pen en la requalifiant détournement de fonds publics.

48:26
Locuteur

Si

48:27
Invité

elle est condamnée, la leader du RN risque notamment dix ans d'inégibilité.

48:33
Présentateur

Et c'est bon, M. le Président !

48:35
Locuteur

Question

48:35
Présentateur

de téléspectateurs. Les sympathisants du RN soutiennent-ils Mélenchon ?

48:41
Locuteur

C

48:41
Présentateur

'est compliqué. Ils ne le soutiennent pas politiquement.

48:44
Locuteur

Ils

48:44
Présentateur

savent que c'est un adversaire, que lui ne les aime pas et eux non plus ne l'aiment pas. Il est à gauche, ceux qu'ils sont à l'échiquier de l'extrême droite. En même temps, il y a cette idée qu'on est victime du même pouvoir et des mêmes méthodes. C'est la même victimisation face à une police, une justice, soi-disant instrumentée par l'État et qui veut réduire la démocratie à néant pour nous réduire nous à néant. Et ça provoque évidemment là un peu de sympathie personnelle. Pas vraiment politique mais personnellement on est en but au même problème politique.

D'ailleurs, quand la dernière fois il y a quelques semaines Mme Le Pen a elle-même dû se défendre contre l'idée d'aller faire une visite psychiatrique vous vous rappelez voulue par un magistrat, le premier qui est tweeté pour dire que c'était un scandale c'était Jean

49:40
Locuteur

-Luc

49:40
Présentateur

Mélenchon. Donc là,

49:41
Locuteur

il

49:41
Présentateur

y a renvoi de l'ascenseur il y a quelque chose d'assez logique. Mais Jean Garrigue que ce soit Jean-Luc Mélenchon que ce soit Marine Le Pen et on pourrait même ajouter François Fillon à chaque fois ces hommes politiques s'estiment maltraités par une justice qu'ils imaginent aux ordres. Mais est-ce qu'ils n'ont pas ? Est-ce que c'est totalement extravagant d'imaginer au fond les procureurs ils sont bien nommés par le gouvernement est-ce qu'on ne peut pas et d'ailleurs Eva Jolie encore dit tant qu'on n'aura pas coupé le cordon entre le pouvoir politique entre l'exécutif et la justice on aura cette suspicion ?

Ça c'est une vraie question et effectivement je pense que dans les projets en tout cas dans ce qui est l'avenir de la réflexion sur la séparation des pouvoirs il faudra arriver à ce que la nomination des magistrats etc. soit complètement déconnectée du pouvoir politique et que ça passe par le Conseil supérieur de la magistrature. Les révisions qui vont venir vont aller un peu dans ce sens mais c'est sans doute pas suffisant et ça alimente cette suspicion sauf que cette suspicion c'est aussi quand on étudie un peu l'histoire des affaires politiques c'est un réflexe systématique des hommes politiques dès qu'ils sont pris la main dans le sac dès qu'il y a une investigation qui les concerne.

Ils accusent le pouvoir de bonne foi ou bien c'est un artifice pour dire si je suis attaqué c'est pas parce que je suis malhonnête c'est parce que évidemment je suis un opposant politique sans préjuger de ce qui se passe dans leur tête en tout cas c'est un argument récurrent de la droite de la gauche du centre depuis 50 ans.

51:12
Locuteur

Et toujours informé selon vous

51:13
Présentateur

il n'y a pas eu des moments où il y

51:14
Locuteur

a

51:14
Présentateur

eu un coup de fil de l'Elysée ou un coup de fil du garde des Sceaux pour dire dites donc vous pourriez aller enquêter là-dessus là ? on sait qu'il y

51:21
Locuteur

a

51:21
Présentateur

eu dans un certain nombre d'affaires des interférences on se souvient d'ailleurs y compris pour la défense comment Nicolas Sarkozy a voulu s'informer sur des enquêtes en cours etc.

Il y a toujours eu ce genre d'intervention en tout cas de suspicion d'intervention mais fondamentalement par rapport aux citoyens français qui regardent ce spectacle de la vie politique ce soupçon permanent qui est porté sur la justice dessert nos institutions décrédibilise totalement l'action d'une justice qui en réalité sur le long terme est de plus en plus indépendante et heureusement qu'il y a eu dans les années 90 une sorte de rébellion de ce qu'on a appelé les petits juges en Italie ça s'appelait manipulité qui justement après des années de vassalisation auprès du pouvoir politique ont pris un tout petit peu d'autonomie et de plus en plus on parle du juge Van Ruenbeek en l'occurrence qui était sur la sellette mais Van Ruenbeek c'est celui qui en 1992 avait perquisitionné au siège du parti socialiste bon à l'époque à

52:22
Locuteur

l'époque le gouvernement était socialiste

52:24
Présentateur

et le gouvernement était socialiste et d'ailleurs ça n'avait pas provoqué autant de remous que là et pas les scènes auxquelles on vient d'assister donc vous voyez on pourrait prendre 10 000 exemples de ces juges qui ont investigué

52:38
Locuteur

aussi bien à gauche que si on avait

52:39
Présentateur

un cordon clairement coupé on n'aurait pas ces affaires on n'aurait pas cette suspicion

52:43
Locuteur

et on aurait une

52:44
Présentateur

république plus apaisée pas avec les juges avec les procureurs

52:48
Locuteur

avec les procureurs mais là on le demande la nomination

52:50
Présentateur

des juges oui alors la nomination des procureurs on avait fait des progrès importants dans les deux quinquennats précédents c'était que il était convenu que les personnes choisies pour être promues par le conseil de la magistrature seraient purement et simplement enterrinées par les présidents de la république

53:06
Locuteur

il

53:07
Présentateur

se trouve que pour la première fois Emmanuel Macron

53:10
Locuteur

a

53:10
Présentateur

demandé au conseil de la magistrature de lui faire

53:12
Locuteur

plusieurs

53:14
Présentateur

choix et c'est au troisième choix seulement du conseil qu'il a accepté c'est un mauvais signe ah oui ce

53:19
Locuteur

qui convient c'est un mauvais signe

53:20
Présentateur

et il a ajouté une explication orale qui est qu'il est normal qu'il reste un cordon puisque c'est l'état qui définit la politique pénale et qu'elle passe par les procureurs de la république moi je pense que c'est une erreur d'Emmanuel Macron on avait progressé petit à petit

53:37
Locuteur

alors

53:38
Présentateur

évidemment ça fait longtemps que ce problème se pose Chirac

53:40
Locuteur

vous

53:41
Présentateur

vous rappelez Chirac il a été président encore avant il était venu à la télévision nous dire désormais il n

53:46
Locuteur

'y

53:46
Présentateur

aura plus aucun lien entre les procureurs et l'état ils auront leur propre système de nomination interne on s'en mêlera plus il n'a jamais essayé c'était une promesse de télé il n'a jamais essayé de la mettre en place il y

53:59
Locuteur

a

53:59
Présentateur

chaque fois au dernier moment

54:01
Locuteur

l

54:01
Présentateur

'idée quand même on ne va pas laisser tomber ça alors on a laissé tomber grâce à Christiane Taubira les instructions individuelles dans les dossiers alors ça je crois que réellement ça ne se fait plus enfin à ma connaissance il reste quand même cette espèce de lien que décidément on n'arrive pas à rompre dans ce pays

54:20
Locuteur

il

54:21
Invité

y a une chose qui va dans le sens de Jean-Luc Mélenchon c'est indéniable évidemment le procureur est sous l'autorité de la chancellerie donc du pouvoir politique même si en l'occurrence cette perquisition a été validée par un juge de la liberté et des détentions qui

54:32
Locuteur

lui est

54:32
Invité

indépendant deuxième chose qui va un peu dans le sens de Jean-Luc Mélenchon également c'est que le parti La République En Marche lui aussi est sous le coup d'une enquête préliminaire pour la campagne pour notamment des meetings qui ont été organisés à Lyon il y a eu des élus lyonnais de droite qui ont porté plainte en disant Gérard Collomb a un peu mélangé sa fonction de maire et la fonction de soutien d'Emmanuel Macron et à l'époque ministre encore Macron qui ne s'était pas déclaré il était déjà en pré-campagne donc l'argent dépensé par la métropole de Lyon pour faire cette réception est-ce que ce n'est pas de manière déguisée une subvention à la campagne et pour le coup il n'y a pas eu à ma connaissance et à notre connaissance pour l'instant de perquisition dans cette affaire

55:06
Locuteur

donc Jean-Luc Mélenchon a beau jeu de dire

55:09
Invité

voilà en tout cas pour l'instant il n'a sans doute pas les éléments pour déclencher cette

55:12
Locuteur

perquisition

55:13
Invité

oui

55:15
Locuteur

et

55:15
Invité

Jean-Luc Mélenchon a beau jeu de faire là-dessus évidemment une perquisition n'est pas une preuve de culpabilité et dans les deux cas il se peut très bien dans

55:23
Locuteur

un cas on va fouiller

55:24
Présentateur

dans l'autre cas on ne

55:25
Locuteur

va

55:25
Présentateur

pas fouiller

55:25
Locuteur

pour l

55:25
Invité

'instant pour l'instant alors après il faut laisser aussi le temps de l'enquête ça ne peut pas marcher que pour Jean-Luc Mélenchon

55:30
Locuteur

dans

55:30
Invité

les deux cas il faut laisser le temps aux enquêtes arrière

55:32
Locuteur

mais

55:32
Présentateur

on a perquisitionné le modem qui est le principal allié de la République en marche alors là aussi et la réaction d'ailleurs du modem avait été de dire bon ben il faut que ça se fasse au contraire parce que ça nous permettra d'avoir accès au dossier etc donc bon c'est vrai qu'il peut y avoir suspicion mais enfin je pense que si vous voulez pour quelqu'un comme moi qui ait étudié ces rapports entre justice et politique depuis 150 ans sur cette échelle du long terme je pense qu'il est crucial pour nous pour les observateurs de dire je veux dire de défendre cette autonomie de la justice même s'il y

56:10
Locuteur

a

56:10
Présentateur

encore des choses à faire progresser il faut absolument que nos politiques apprennent à laisser la justice travailler

56:17
Locuteur

allez

56:18
Présentateur

tout de suite on revient à vos questions

56:20
Locuteur

alors

56:24
Présentateur

j'ai fait campagne pour la France insoumise bénévolement et je suis en colère quand je vois combien Chikirou gagné par mois

56:31
Locuteur

voilà

56:32
Présentateur

des militants mécontents on parle de 15 000 euros

56:34
Locuteur

alors

56:35
Présentateur

15 000 euros brut oui

56:37
Invité

et puis les sommes des campagnes présidentielles sont toujours très importantes pour le coup on parle de 11 millions d'euros au total ça semble évidemment des sommes très fortes en général c'est même plus que ça les campagnes celles de Jean-Luc Mélenchon n'a pas coûté particulièrement cher donc les sommes brutes sont toujours impressionnantes la disproportion entre les petites mains et la tête de la campagne comme on l

56:55
Locuteur

'a

56:55
Invité

dit c'est à dire Mme Chikirou et les subordonnés est aussi impressionnante en revanche les chiffres bruts en général ne veulent pas dire forcément il

57:01
Locuteur

y a

57:01
Présentateur

beaucoup de fonctions qui étaient jadis dans les campagnes exercées par des militants et qui sont aujourd'hui exercées par des experts qui sont rémunérés c'est vrai à la France insoumise c'était vrai à la République en marche où Bernard Griveaux qui est devenu

57:19
Locuteur

Benjamin Griveaux

57:20
Présentateur

qui est devenu ensuite porte-parole et bon on a su son salaire grâce au rapport des comptes c'était dans les 10

57:28
Locuteur

000 euros je crois non c'était

57:30
Présentateur

7 300 euros 10 000 brut voilà oui c'est peut-être quelque chose comme ça en tout cas c'était dans les 7 300 euros sexe, argent et politique est-ce vraiment nouveau

57:39
Locuteur

?

57:40
Présentateur

non pas du tout ça pas

57:42
Locuteur

du tout je

57:42
Présentateur

rappelle qu'il était furieux donc il a parlé de l'ignominie de Mediapart Jean-Luc Mélenchon parce que

57:49
Locuteur

on

57:50
Présentateur

a révélé ça lié enfin ce qui s'est passé c'est quand la

57:52
Locuteur

police

57:53
Présentateur

est venue perquisitionner elle a sonné chez Jean-Luc Mélenchon et c'est Sophia Chikirou qui a ouvert je crois

57:59
Locuteur

il

58:00
Invité

a précisé quand même tout à l'heure à midi dans un autre Facebook Live parce que c'est devenu presque quotidien que ce n'était pas sa compagne Sophia Chikirou donc voilà et lui dément il la démentie tout à l'heure donc

58:12
Locuteur

on

58:12
Invité

verra mais c'est vrai que c'est pas le sujet principal je pense cette relation entre eux qu

58:16
Locuteur

'elle

58:16
Invité

existe ou pas je crois que

58:17
Locuteur

quand

58:18
Présentateur

madame Fillon c'est la question Fillon et Mélenchon même système madame Fillon c'est bien parce que c'était le mari de François Fillon la

58:28
Locuteur

différence c'est qu'il y a une question d'emploi fictif il y a une question d'emploi fictif chez madame Fillon

58:31
Invité

or là en l'occurrence personne n'accuse madame Chikirou de ne pas avoir travaillé pour le salaire on dit juste qu'il était peut-être un peu élevé par rapport aux normes du marché

58:37
Locuteur

mais

58:38
Présentateur

il

58:38
Locuteur

n'y

58:38
Présentateur

a pas une notion de conflit d'intérêt qui peut s'il est avéré qu'il y aura conflit d'intérêt dans

58:43
Locuteur

les entreprises il n

58:44
Présentateur

'y a présomption d'innocence les entreprises ça se passe aussi souvent comme ça alors Mélenchon peut-il être sanctionné pénalement pour ses débordements déjà il y a Radio France qui vient de porter plainte il y a la procureure qui est très mécontente du comportement de Jean-Luc Mélenchon

59:00
Locuteur

il

59:01
Invité

y

59:01
Locuteur

a

59:01
Invité

deux choses différentes il

59:02
Locuteur

y a

59:02
Invité

les insultes qui ont suivi vis-à-vis des journalistes notamment donc là évidemment ça peut être caractérisé par un tribunal correctionnel et puis il y a aussi l'action si j'ose dire l'emportement au niveau de la perquisition face au procureur et face aux policiers qui l'accompagnent

59:18
Locuteur

et

59:18
Invité

une enquête a été ouverte là-dessus pour menace envers l'autorité donc

59:22
Locuteur

la

59:22
Invité

réponse au spectateur est oui il peut être

59:24
Présentateur

condamné

59:25
Locuteur

qui

59:25
Présentateur

a fait venir les caméras et les journalistes lors de la perquisition

59:28
Locuteur

c'est

59:29
Invité

la France Insoumise pour le coup c'est Jean-Luc Mélenchon qui est la première caméra si j'ose dire avec son téléphone et qui se prend en selfie dès 7h du matin à son domicile et ensuite évidemment les responsables de la France Insoumise contactent les journalistes envoient des SMS pour alerter ils sont dans leur bon droit pour dire venez voir ce qui se passe ils sont déjà dans un processus on est victime de la police le terme de police politique viendrait un peu plus tard dans la journée au début ils sont un peu groggy

59:52
Locuteur

c

59:52
Présentateur

'est ce qui est assez troublant parce que si on part de ce principe il

59:56
Locuteur

y

59:56
Présentateur

a donc une mise en scène

59:57
Locuteur

et

59:58
Présentateur

donc une volonté de jouer une énième fois la scène de la victimisation du complot du pouvoir et des juges sauf que il y a un débordement à un moment donné on a l'impression que cette mise en scène échappe au metteur en scène justement qu'est Jean-Luc Mélenchon et qu'il sort de son rôle pour aller dans cette violence qui précisément va un petit peu et même beaucoup

1:00:24
Locuteur

annihiler

1:00:24
Présentateur

un peu l'impact positif de cette scène de victimisation

1:00:29
Locuteur

Quelle

1:00:29
Présentateur

est la part du jeu et celle de la spontanéité dans les sorties de Jean-Luc Mélenchon Astrid De Vilaine est-ce qu'il n

1:00:35
Locuteur

'y a

1:00:35
Présentateur

pas un peu de théâtralisation dans

1:00:38
Invité

ces

1:00:38
Locuteur

attitudes ?

1:00:38
Invité

Totalement et le Facebook Live de tout à l'heure à midi dans un café il dit j'ai mauvaise mine je ne me sens pas bien c'est très difficile enfin voilà c'est tout à fait ce que vous disiez tout à l'heure il utilise le peuple directement sans journaliste pour se mettre en scène moi ce qui m'étonne c

1:00:51
Locuteur

'est

1:00:51
Invité

la stratégie parce que je la trouve enfin je ne

1:00:53
Locuteur

sais

1:00:53
Invité

pas mais je la trouve pas bonne du tout cette stratégie parce qu'il remet des pièces dans la machine en fait c

1:00:58
Locuteur

'est

1:00:58
Invité

-à

1:00:58
Locuteur

-dire

1:00:58
Invité

qu'il convoque la presse il fait trois quarts d

1:01:00
Locuteur

'heure

1:01:00
Invité

de conférence de presse en direct il n'avait pas besoin il était allé déjà chez Jean-Jacques Bourdin la veille pour dire je vais apaiser tout ça je ne comprends pas du tout je trouve que la stratégie est illisible depuis cette semaine on a sur un autre plateau de télévision Alexis Corbière qui dit oui on est allé un peu loin on a parlé trop fort de l'autre côté non c'est un complot il n

1:01:18
Locuteur

'y a

1:01:18
Invité

plus de évidemment il n'y

1:01:19
Locuteur

a

1:01:19
Invité

plus de directrice de directeur de la communication

1:01:22
Locuteur

en avion il faut

1:01:22
Présentateur

faire baisser la violence et puis qu'il en rajoute

1:01:24
Locuteur

oui

1:01:25
Invité

tout à l'heure il disait mes militants préparent une riposte il a encouragé d'ailleurs c'est l'objet de la plainte de Radio France il a encouragé quand même ces militants qui sont très actifs sur les réseaux sociaux à prendre un parti à pourrir

1:01:37
Locuteur

pourrissez-les c

1:01:38
Présentateur

'est

1:01:39
Locuteur

quoi la phrase pourrissez

1:01:40
Invité

-les partout où vous pouvez c'est-à-dire encourager quand même au cyberharcèlement de la part d'un responsable politique c'est pas à mon avis responsable donc voilà il va très loin et je pense que ça va le desservir mais c'est

1:01:49
Présentateur

un

1:01:49
Invité

avis

1:01:50
Présentateur

Mélenchon est-il un type solide

1:01:52
Locuteur

?

1:01:52
Présentateur

Roland Quirole

1:01:54
Locuteur

je

1:01:55
Présentateur

ne sais pas très bien ce que ça

1:01:56
Locuteur

veut dire sans froid

1:01:57
Présentateur

si solide ça veut dire sans froid pas toujours si solide ça veut dire quelqu'un qui sait prendre des décisions et s

1:02:04
Locuteur

'y

1:02:04
Présentateur

tenir pas toujours voilà si c'est quelqu'un qui peut fabriquer un parti charismatique l'entraîner derrière lui et réussir une campagne électorale oui solide

1:02:17
Locuteur

ces

1:02:18
Présentateur

gesticulations hystériques et violentes vont-elles lasser Ruffin électron libre ?

1:02:23
Locuteur

c

1:02:23
Invité

'est vrai qu'on l'a assez peu entendu depuis le début de la semaine il était déjà un peu en marge de

1:02:27
Locuteur

ce groupe-là

1:02:28
Invité

c'est-à-dire qu'il a son propre agenda Ruffin qui est élu dans la Somme député de la France Insoumise mais qui était élu un peu de la gauche rassemblée à l'époque qui n

1:02:36
Locuteur

'est

1:02:36
Invité

pas dépendant autant que les autres députés de Jean-Luc Mélenchon lui il n'hésite pas aussi à mettre en cause les médias à mettre en cause l'opposition d'une matière assez violente mais toujours politique et jamais adominème en tout cas pas avec des insultes jamais ce qu'on peut remarquer quand même c'est quelque chose aussi qui traduit l'époque cette agressivité vis-à-vis de la presse si on fait le compte sur la dernière présidentielle 3 des 4 candidats à arriver en tête ont à un moment ou à un autre mis en cause les journalistes Fillon Marine Le Pen Jean-Luc Mélenchon qui ont tous avec des mots différents dénoncé des complots contre leurs personnes et ça fait penser à ce qui se passe de l'autre côté de l'Atlantique ce que fait Jean-Luc Mélenchon c'est du Trump de dénoncer le triptyque presse politique et médias de les insulter de les prendre à partie de radicaliser sa base et d'utiliser les réseaux sociaux pour donner une vision du monde un peu parallèle à celle que donnent les médias mainstream comme les appelle la France insoumise là on est sur un produit d'importation nord-américaine comme dirait Jean-Luc Mélenchon

1:03:32
Présentateur

Tout cela est peut-être plus pensé qu'on ne l'imagine

1:03:34
Locuteur

se

1:03:35
Présentateur

taper les élites les politiques etc

1:03:38
Locuteur

Ah ça

1:03:38
Présentateur

oui Les médias Ça oui ça il

1:03:42
Locuteur

y

1:03:42
Présentateur

a une volonté qui est là depuis que nous connaissons pratiquement Mélenchon dans la politique en tout cas depuis qu'il a arrêté d'être socialiste qu'il a voulu faire creuser son propre chemin il y a cette volonté c'est une volonté en effet assez populiste et anti-élite mais la façon de le faire varie selon la conjoncture Et le résultat c'est une décrédibilisation encore un peu plus de la classe politique dans son ensemble ça passe notamment par la scène de Laurent Wauquiez dans cette école de commerce de Lyon avec ce langage totalement surréaliste qu'il avait employé pour parler de ses adversaires politiques des journalistes et de tout ce qui au fond tout ce qui n'était pas qui n'était pas favorable ça passe par ces scènes de

1:04:26
Locuteur

violence il y a une dérive outrancière à

1:04:28
Présentateur

mon sens il y a une dérive qui est assez grave une trumpisation de la vie politique qui est quand même un peu inquiétante

1:04:36
Locuteur

et

1:04:36
Présentateur

bien merci merci beaucoup d'avoir participé à cette émission qui s'achève lundi vous retrouverez Caroline Roux pour un nouveau C'est dans l'air demain Karim Rissouli et ses politiques qui recevra Maître Eric Dupond-Moretti la star du barreau merci de votre fidélité et bon dimanche merci