Mélenchon : la colère de trop ? #cdanslair 20.10.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 55 %Défensif 35 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:36OuverteRéponse partielle
Comment analysez-vous ce qui s'est passé cette semaine ?
- 1:42FerméeRéponse directe
Il a craqué Jean-Luc Mélenchon, vous le connaissiez comme ça ?
- 2:27OuverteRéponse partielle
Roland Kérol, comment vous appréciez ce qui s'est passé ?
- 4:27RelanceRéponse directe
Jean Garrigue, 76% des Français désapprouvent cette attitude. Est-ce qu'on peut dire qu'il y aura un avant et un après 16 octobre ?
- 6:39OuverteRéponse directe
Frédéric Saïs, Radio France porte plainte contre Mélenchon. Que disait cette enquête sur Mediascope ?
- 15:44OuverteRéponse partielle
Les journalistes de Mediapart ont-ils eu raison de révéler la relation entre Sophia Chikirou et Mélenchon ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 12:14PrésentateurPromesse
« Nous demandons l'annulation de cette perquisition et la restitution de tout ce qui a été prélevé à ce moment-là. »
- 12:30PrésentateurPromesse
« Tous ceux qui titrent sur le fait que nous avons fait de la surfacturation s'exposent à des poursuites judiciaires qui auront lieu. »
- 12:45PrésentateurFait
« Nous sommes victimes d'une agression politique. »
- 14:31PrésentateurPromesse
« Madame Sophia Chikirou, je lui renouvelle l'expression de ma confiance totale. »
- 23:17PrésentateurFait
« Jean-Luc Mélenchon a dit, je regrette. »
- 23:23PrésentateurFait
« Il a regretté cette moquée de cette journaliste qui avait un accent toulousain. »
- 26:50PrésentateurFait
« Il fallait absolument qu'il sorte de cette incroyable contradiction. »
- 30:13InvitéFait
« Ce qu'il a été le seul à faire, c'est de déclencher son Facebook Live et d'en faire, lui, un événement politique. »
- 33:21PrésentateurFait
« Je suis le bruit et la fureur. »
- 34:14InvitéPromesse
« Je deviens une figure rassurante. »
- 37:30InvitéFait
« « Je dois percer le mur de l'indifférence » »
- 46:13InvitéChiffre
« Selon Bruxelles, 20 assistants parlementaires RN travaillaient également en France. »
- 46:53InvitéChiffre
« En juin, 2 millions d'euros d'aides publiques destinées au RN ont été saisies. »
- 48:27InvitéChiffre
« Si elle est condamnée, la leader du RN risque notamment dix ans d'inégibilité. »
- 57:30PrésentateurChiffre
« C'était dans les 7 300 euros. »
Temps de parole
- Présentateur63 %
- Invité15 %
- Invité 211 %
- ?4 %
- Invité 33 %
≈ 25,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Mélenchon qui dénonce une police politique après une série de perquisitions à son domicile ainsi qu'au siège de la France Insoumise. Et hier, en conférence de presse, Jean-Luc Mélenchon persiste et signe. Il parle d'une offensive politique contre sa personne. Le président de la France Insoumise qui dénonce par ailleurs, je cite, l'ignomini de Mediapart. Mediapart qui a révélé sa liaison avec Sophia Chikiroum, soupçonnée de s'être enrichie en surfacturant la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Alors, quelles conséquences aura toute cette affaire sur l'avenir politique de Jean-Luc Mélenchon et de son parti, de son mouvement, la France Insoumise ?
C'est le sujet de cette émission, de ce «
C
'est dans l'air » que nous avons décidé d'intituler ce soir « Mélenchon, la colère de trop ? ». Alors, pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Roland Quairol. Vous êtes politologue, directeur du CETAN,
c
'est le centre d'études et d'analyses. Votre dernier livre s'intitule « Les raisons de la colère, l'élection de la dernière chance, c'est aux éditions Grasset ». Nous accueillons Jean Garrigue, historien, spécialiste de la vie politique. Vous présidez le comité d'histoire parlementaire et politique. Vous enseignez à l'université d'Orléans et à Sciences Po Paris. Et vous êtes l'auteur de « La République des traîtres » chez Talendier. Nous accueillons Frédéric Saïs, vous êtes éditorialiste pour France Culture, auteur du livre « Dans l'enfer de Bercy » chez Jean-Claude Lattès.
Et puis enfin Astrid Devilaine, vous êtes journaliste politique, vous avez collaboré à la chaîne parlementaire et au Monde. Et vous avez surtout suivi Jean-Luc Mélenchon lors de la dernière campagne présidentielle. Bah tiens, on pourrait peut-être commencer par vous. Comment vous analysez ce qui s'est passé cette semaine ? Il a craqué Jean-Luc Mélenchon, vous le connaissiez
comme
ça, vous l'avez vu craquer comme ça pendant la campagne ? Jamais. À ce point, jamais. Et vraiment, ces images m'ont beaucoup surprise à tel point que, même en les re-regardant, parce qu'on a vu ça toute la semaine, ces images en boucle, elles me surprennent encore. Et je trouve qu'en effet, il sort de ses gonds et on a l'impression même qu'il ne maîtrise plus cette colère. Et ce qui m'a beaucoup étonnée, c'est quand il a pris à partie les journalistes en leur demandant de filmer, en leur disant « Regardez ce qui se passe ». Et donc, en mettant en scène sa colère et ce qui, finalement, lui colle à la peau depuis une semaine, comme s
'il
ne se rendait pas compte des conséquences qu'elle pouvait avoir, ces images. Et moi, ça m'a fait penser à cette… Vous vous souvenez de cette image avec un journaliste, un jeune journaliste stagiaire, où il lui disait « Ferme ta petite bouche
».
Il avait été extrêmement agressif. Et il avait essayé, depuis 2012, de contenir cette colère qu'il
a
en lui. Et là, il a craqué, en effet. C'est évident.
Roland Kérol, comment vous appréciez, vous, ce qui s'est passé ? On a vu le vrai visage de Jean-Luc Mélenchon
? Non,
je crois qu'il a ses deux visages.
C
'est quelqu'un qui
est
sujet à des sortes de sautes d'humeur, des emportements. Et d'autres moments, à des périodes, il l'a dit lui-même un peu plus dépressive, un peu plus abattu. Voilà. Et là, il était visiblement plutôt dans la phase numéro un. Et puis, si on échappe, si on veut échapper à cette psychologie facile,
il
y a à la fois le Mélenchon qui sait mettre en scène une situation avec les moyens de la vidéo. Après tout, ça s'était déjà vu dans la campagne présidentielle. C'était le candidat qui avait le mieux utilisé la vidéo et les réseaux sociaux.
Parce que lorsque la perquisition
arrive chez lui, il prend son téléphone et il se filme. Et il se fait un Facebook Live. Il
se met sur les réseaux sociaux en direct.
Qui est une réaction. Et là, tout le monde se dit,
pas
mal joué. Pas mal joué. Mais après,
ça
s'aggrave. Parce que... Et là, je ne crois pas que ce n
'est
pas ce qui se remonte. Je crois que là, il a une stratégie qui est retrouver ce que sa formation de jeunesse trotskiste,
de
la branche la plus militaire du trotskisme, lui a appris. C'est que quand on est pris dans des choses comme ça, il faut y aller, il faut cogner, il faut se manifester, il faut rendre l'autre insupportable. Et il croit qu'il fait ça. Il ne le fait que parce qu'il y a des caméras devant le parti de gauche. Et pour les caméras, ils font ceux qui vont enfoncer la porte, s'en prendre directement au procureur. Et là,
il
en fait trop. À mon avis, là, ça se retourne contre lui. Autant les scènes du début, on se disait pas mal joué, filmé ce qui est en train de lui arriver, sans en rajouter trop, même s'il en rajoute déjà un tout petit peu dans les phrases qu'il prononce lui, mais pas trop. Après, ça devient un problème pour quelqu'un qui entend incarner l'une des forces importantes du pays et qui est toujours plus ou moins candidat à la présidence de la République. Jean Garrigue, on a eu aujourd'hui un sondage Opinion Way. 76% des Français désapprouvent cette attitude de Jean-Luc Mélenchon. Est-ce qu
'on
peut dire qu'il y
aura
un avant et un après 16 octobre ? 16 octobre, c'est le jour des perquisitions.
En
tout cas, j'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui a évolué dans la perception que les Français se font de cette stratégie de victimisation, qui est une vieille stratégie des extrêmes, d'ailleurs, qu'on a vue aussi bien à la France insoumise que du côté du Rassemblement national. D'ailleurs, le fait de filmer cette perquisition, c'est quelque chose que Marine Le Pen avait déjà tenté il y a quelques mois, un peu plus peut-être d'une année, lorsqu'il y avait une perquisition au siège du Front national à l'époque où elle avait planqué, dissimulé son portable dans son soutien-gorge pour qu'on ne lui prenne pas et qu'elle puisse filmer la scène. Donc il y
a
la victimisation, mais chez Jean-Luc Mélenchon, en plus,
il
y
a
la colère. Alors, les 76%, c'est parce que là, je pense qu'on ne s'attendait pas, et c'est ce qui a été dit avant moi, on ne s'attendait pas à
ce
qu'il
y
ait cette sorte d'explosion de colère et que cette explosion de colère se prenne aussi à un pouvoir qui est la justice, ce qui est une violation de la séparation des pouvoirs. Et deuxième chose, on voit que 51% des militants, enfin plutôt des électeurs, de ceux qui ont voté pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour de 2017, sont eux aussi choqués par cette scène. Et ça, pour moi, c'est le plus important, parce que ça veut dire que cette stratégie, je le répète, n'est plus payante. En tout cas, il y a au moins la moitié de ces électeurs qui sont plus convaincus. Ce qui veut dire que, dans sa famille politique, ça va avoir des conséquences.
Et d'ailleurs, ces conséquences sont en train déjà d'apparaître. Il y a des tensions, il y
a
une mini-fronde, en tout cas, au sein de la
France Insoumise. Donc, s'il ne réussit
pas à galvaniser ses propres troupes autour de ce qu'il considère comme une attaque ignominieuse, ça veut dire qu'il y aura un avant et un après. Oui, je pense que c'est une charnière. De toute manière, au moins une charnière dans le fonctionnement, dans l'organisation, dans la dynamique de la France Insoumise à tout le moins. Alors, Frédéric Saïs, vous êtes salarié de Radio France. Exact. Alors, vous le savez, mais on vient de l'apprendre. Radio France porte plainte
contre
Jean-Luc Mélenchon, suite aux propos de Jean-Luc Mélenchon, qui a dit,
au
sujet des journalistes de France Info, ce sont des menteurs et des tricheurs. Et il a ajouté, pourrissez-les partout où vous pouvez.
Oui,
il y avait aussi le qualificatif
abruti, qui est particulièrement agréable, évidemment, à chacun. Non, c'est vrai qu'on voit une sorte de montée en puissance de l'insulte chez Jean-Luc Mélenchon. Il a commencé par vouloir faire baisser la pression au lendemain de la perquisition. Il s
'est
rendu compte, effectivement, qu'il est allé un peu loin. Et le lendemain, en interview à la télévision, il a dit, moi, je souhaite faire retomber tout ça. Or, évidemment, il y
a
des enquêtes qui sortent, des enquêtes journalistiques qui sont menées depuis de longs mois. Ceux qui les ont fait l'ont confirmé. Il n
'y a
pas du tout, évidemment, de planification, quelle qu'elle soit, comme le dénonce Jean
-Luc Mélenchon. C'est une différence
extraordinaire que, trois jours après la perquisition, vous sortiez cette enquête ?
En tout cas, ce n'est pas, comme il le dit, un triptyque « média, justice, police ». Et pour dire ça, il faut vraiment soit être de grande mauvaise foi, soit essayer de manipuler un petit peu l'effet. Ce qu'on voit sur la perception que ça peut avoir, c'est que ça peut ressouder le noyau dur de la France insoumise, militant qui se sent un peu comme dans une citadelle assigée. Et là, pour le coup, ils vont être derrière Jean-Luc Mélenchon. Le deuxième cercle, les gens qui sont sympathisants, pour le coup, c'est beaucoup moins sûr, dans la mesure où là, ça fait apparaître deux failles, à mon sens, très différentes entre elles.
C
'est, premièrement, est-ce qu'il y a eu, effectivement, de l'enrichissement de proches ? Est-ce que, entre guillemets, il a fait partager une partie des remboursements à des amis en surfacturant ? Et ça,
ça
pose une question vis-à-vis du discours politique de Jean-Luc Mélenchon, qui est prompt à critiquer les grands entrepreneurs qui sous-payent les subordonnés. Or, c'est ce que les enquêteurs subodorent pour la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Et puis, la deuxième chose, c'est psychologiquement, est-ce qu'un homme qui peut pousser un procureur, qui peut hurler au nez d'un policier qui est là pour faire son travail, est capable d'assumer la mission de chef de l'État, de la cinquième puissance mondiale ? Est-ce que demain, avec le bouton nucléaire, il ne faudra pas garder ses nerfs ? Est-ce qu'il ira pousser comme ça, Angela Merkel, le jour où il y aura un désaccord ?
Et ça, ça posera question dans les semaines à venir pour tous les électeurs.
–
Alors, les journalistes se sont attaqués, la justice se sont attaquées. C'est très rare, ce matin, on a eu la procureure générale de la Cour d'appel de Paris, Catherine Champreneau, qui est intervenue sur Europe 1 à la radio, alors que l'affaire est en cours, pour dénoncer l'attitude de Jean-Luc Mélenchon. C'est très rare d'entendre des
procureurs… – C'est
tout à fait rarissime, mais là, c'était le procureur et ceux qui l'aidaient, qui dépendent directement d'elle. Donc, elle a entendu défendre son équipe qui était attaquée de cette façon. Ce qui est encore plus rare, c'est quand même de voir pousser des procureurs pendant une séance de perquisition. –
Oui,
elle rappelle que l'ensemble des procédures ont été respectées, qu'elles sont classiques, qu'elles ont concerné déjà plusieurs partis politiques et plusieurs dirigeants politiques. Elle rappelle aussi que s'il était arrivé seul et calmement, il aurait eu le droit d
'entrer… au siège de la
France Insoumise ou du parti de gauche. Voilà, et que c'était parce qu'il était accompagné d'amis qui avaient besoin d
'en
découdre et qu'il leur a dit « on va enfoncer la porte ». Voilà, dans ces conditions,
c
'est difficile de demander une perquisition tranquillement.
Elle
dit aussi, ça n'est qu'une enquête préliminaire, on va d'ailleurs lui rendre les documents qui lui appartiennent dans la soirée, et elle dit « ça n'est qu'une enquête préliminaire parce que nous n'avons pas encore, d'indices concordants ». Pas encore, là, elle pousse le bouchon un peu loin, elle
ne
sait pas si elle en trouvera. En tout cas, elle ne les a pas au moment où ça se passe. C'est donc une enquête préliminaire, une perquisition, c'est quelque chose de très classique. C'est très difficile à vivre, une perquisition. Moi, j'en ai eu une une fois dans les bureaux de mon institut de sondage, c'était mes bureaux, ce n'était pas chez moi. Et c'est déjà très étrange, vous avez une douzaine de gendarmes qui gardent les portes des principaux services, il y
a
un fourgon, on a le sentiment évidemment d'un quelqu'un de l'extérieur qui vient
quasiment
vous agresser, alors que vous savez, bien sûr…
Donc vous
comprenez qu'il
a été ému
et débordé par l'émotion comme ça ? Oui, bien sûr, c'est l'heure du laitier, c'est tôt, on est réveillé, il est semble-t-il en plus réveillé que sa compagne. Voilà, ce n
'est
pas des choses qu'on a très envie de voir arriver chez soi. Alors ça ne justifie rien de ce qui se passe après. Bon, mais qu'il soit vraiment ému pendant la perquisition chez lui tôt le matin, oui, ça,
ça
me paraît normal. Alors on va revoir ces images, puisqu'on a eu un Jean-Luc Mélenchon visiblement tendu, les traits tirés, un Jean-Luc Mélenchon donc déterminé, mais fatigué, qui s'est exprimé hier soir également devant la presse. Il faut dire que la semaine a été particulièrement difficile pour le leader de la France Insoumise. Il y a eu des perquisitions, on l'a dit, des révélations, des critiques de toutes parts, des indignations. Un feuilleton médiatique sur fond d'affaires politico-judiciaires. Regardez les explications et ce sujet de Julien Lhoné et Alina Azanko.
La
colère ne retombe pas chez Jean-Luc Mélenchon. Au contraire, hier après-midi, après les perquisitions, après les auditions, le leader de la France Insoumise convoque la presse et contre-attaque.
Nous
demandons l'annulation de cette perquisition et la restitution de tout ce qui a été prélevé à ce moment-là.
De
le faire d'une manière honnête et exhaustive. Tout ce qui a été pris ici l'a été illégalement et doit nous être restitué.
Tous
ceux qui titrent
sur
le fait que nous avons fait de la surfacturation s'exposent à des poursuites judiciaires qui auront lieu.
Car
nous nous défendrons implacablement sur tous les terrains, contre tout le monde. Nous n'avons peur de rien ni de personne. Nous sommes victimes d'une agression politique. Monologue d'une quarantaine de minutes durant lequel Jean-Luc Mélenchon se veut exempt de tout reproche. Nouvel épisode
dans
ce feuilleton judiciaire et médiatique qui dure depuis mardi. Ce jour-là, ambiance électrique au siège de la France Insoumise où une perquisition est menée. Au milieu du chahut, des caméras de télévision vont même capter une scène surréaliste. Jean-Luc Mélenchon, hors de lui, hausse le ton face à un procureur jusqu'à le pousser contre la porte. Mais de quoi vous dites que je suis un sauvage
? Parce qu
'il
y a un policier qui prend peut-être
mort.
Je
ne
fais
pas de passage, ils ont poussé pour voir. Ces fouilles, sous la responsabilité du magistrat, interviennent dans le cadre de deux enquêtes préliminaires. L'une concerne des emplois présumés fictifs au Parlement européen et l'autre les comptes de la campagne présidentielle. Dans ce second dossier, l'une de ses proches, Sophia Chikirou, se retrouve au centre des attentions. A l'époque, elle était à la fois directrice de communication du candidat et dirigeante de la société Médiascope.
Cette
société, elle a facturé pour 1,2 million de prestations pendant la campagne. Ce que soupçonne la justice aujourd'hui, c'est qu'elle ait surfacturé
certaines prestations et que, de fait, si c'était le cas, elle se soit enrichie sur le dos de l'État, du contribuable,
puisque, in fine, ses factures ont été remboursées dans le cadre du financement public de la vie politique. Hier, alors que Sophia Chikirou était entendue pendant des heures par la police anticorruption, Jean-Luc Mélenchon prend sa défense.
Il
est clair à partir d'aujourd'hui que, pour faire durer le plaisir,
on
a choisi un bouc émissaire. Madame Sophia Chikirou,
je
lui renouvelle l'expression de ma confiance totale.
Et
mes félicitations pour les performances qu'elle nous a permis d'atteindre dans cette campagne. Le leader de la France insoumise veut y voir une déstabilisation orchestrée depuis le palais de l'Élysée. Jeudi, en déplacement à Bruxelles, Emmanuel Macron a répondu aux accusations sans s'attarder.
Nous
avons une constitution, elle est claire.
L
'autorité judiciaire est indépendante dans notre pays et j'en suis le garant.
Pour
tout le monde.
Et
n'en déplaise à certains, il n'y
a
pas d'exception.
Ferrare, ce matin, c'est la procureure générale de la cour d'appel de Paris qui a dénoncé à son tour l'attitude de Jean-Luc Mélenchon.
Ces
perquisitions ont été diligentées en pleine légalité. Je veux apporter mon soutien public aux magistrats et aux policiers qui ont subi un coup de force et des violences verbales et physiques.
Jean-Luc Mélenchon poursuit sa contre-attaque.
Il
vient de demander le dessaisissement du procureur de la République de Paris, François Mollins.
Alors,
question téléspectateurs. Les journalistes de Mediapart ont-ils eu raison de révéler la relation entre Sophia Chikirou et Jean-Luc Mélenchon
?
Astrid De Vilaine, est-ce que c'est de la vie privée ou ils ont eu raison de le faire ?
C'est une
très bonne question. Parce que j'imagine qu
'il
y
a
eu un grand débat, à mon avis, au sein de la rédaction de Mediapart pour savoir s'il fallait ou non sortir cette information. Parce que ce n
'est
pas évident en tant que journaliste quand la compagne ou le compagnon d'une personnalité politique a un rôle politique et en même temps un rôle privé,
c
'est très difficile d'évaluer.
En quoi est-ce une
information, le fait qu'ils soient ensemble, qui pourrait nous éclairer sur certaines choses ?
Je pense que déjà, si Mediapart a jugé utile de sortir cette information, c'est qu'eux-mêmes savent qu'elle doit avoir un rôle qu'elle n'aurait peut-être pas dû avoir dans cette affaire. Moi, personnellement, je ne sais pas. Mais il se trouve que vu son rôle, c'est-à-dire qu'elle est quand même directrice de la communication, elle est au cœur d'une enquête quand même très importante sur cette société Mediascope et elle est soupçonnée d'avoir surfacturé et donc de s'être enrichie personnellement. Si elle est la compagne de Jean-Luc Mélenchon, il y a évidemment un lien.
Frédéric Saïs, que disait cette enquête de Radio France sur Mediascope, donc sur les pratiques de Sophia Chikirou ?
Pour le coup, c'est assez clair. Elle est de dire que la directrice de communication de Jean-Luc Mélenchon, une certaine, Mme Chikirou, était aussi l'une des premières prestataires pendant cette campagne à hauteur de 10% du total des dépenses de Jean-Luc Mélenchon pendant
cette campagne. C'est-à-dire qu'elle avait la
casquette, tiens, on va commander un montage
vidéo. Des clips de campagne, exactement.
Et par ailleurs, c'est elle qui réalisait le montage vidéo et qui le facturait à Jean
-Luc Mélenchon. Exactement, ça c'est la
première des choses. Et deuxièmement, à l'intérieur même de ces factures,
ce
que révèlent nos confrères de France Info et Radio France, c'est qu'il y avait des taux de marge qui étaient plutôt surprenants, qui atteignaient jusqu'à 47%, qui étaient au-delà des prix traditionnellement facturés.
Et
donc le soupçon, c'est que cette personne qui était effectivement proche de Jean-Luc Mélenchon ait fait des factures gonflées pour permettre de rémunérer davantage les équipes. Pas toutes, et c'est le troisième point de cette enquête, c'est que les petites mains, entre guillemets, qui réalisaient les sous-titrages des vidéos, qui mettaient en ligne, eux n'étaient pas spécialement payés cher. C'était du 1 500 euros par mois pour les petites mains. Et donc c'est ça que montre l'enquête. Après, sur la question de savoir si le fait qu
'elle
soit la campagne de Jean-Luc Mélenchon est important ou pas, pour tout ça, moi je suis assez sceptique, honnêtement. On
pourrait dire qu
'il l'a favorisé parce que c
'est
sa compagne.
Oui, mais si vous voulez...
Une
personne lambda
pour lui. L'enquête me... En tout cas, les soupçons qui sont déjà émis par la justice, par cette enquête préliminaire et par les révélations de la presse, me sentent déjà en eux-mêmes suffisamment graves. Il faut qu
'il
soit confirmé ou pas, ça on le verra. Mais pour le coup, quand bien même, c'est simplement quelqu'un qui est très proche politiquement, sans que ce soit dans la vie intime, et qui a bénéficié de contrats avec des factures gonflées, l'enquête le dira, on n'en sait rien pour l'instant, c'est déjà de nature à amener davantage d'investigation. Autant que Sophia Chikirou, par ailleurs,
est accusée pour des choses un peu similaires avec le
média. Il y a,
dont elle était à
l'origine,
et là aussi, il semblerait que... En tout cas, il y a un conflit, il
y
a un procès entre les deux parties. Pour des histoires aussi de surfacturation. Pour des histoires de surfacturation. Et là encore, on voit bien à quel point, à l'intérieur même de la France insoumise, ces affaires vont avoir une résonance, entraîner des discordances. Et on le voit apparaître, que ce soit Clément Tinotin et d'autres, et puis il y a un courant qui est en train de se dessiner autour d'un des économistes de la France insoumise. Son nom est un peu compliqué, je n'arriverai pas à vous le donner. Il
y a
un début de scission ? Ah, il
y
a un début de mouvement pour... Il
y a les frondeurs.
Des frondeurs pour rédiger un manifeste, et surtout remettre en cause la verticalité de la direction de la France insoumise, et notamment de Jean-Luc Mélenchon. Il
est trop jupitérien
aux yeux de la
France insoumise ?
C'est le paradoxe, c'est que lui qui dénonce à longueur de journée le jupitérisme présidentiel, une pratique qui l'est dans son parti, de même manière que Marine Le Pen au Rassemblement national. Enfin bon, c'est tout le paradoxe, évidemment, du combat politique d'aujourd'hui. Et c'est vrai qu'on ne veut pas faire le procès, parce qu'on n'en sait rien, mais c'est vrai que toutes ces histoires, en tous les cas, c'est à l'opposé des valeurs, on se dit, des adhérents de la France insoumise, qui sont, j'imagine, des valeurs de… on est solidaires, on est militants, on est bénévoles, et là on s'aperçoit qu'il y a des soupçons, Roland-Cairol, qui doivent choquer, non ?
–
Bien sûr que ça doit choquer, même si c'est plus facile d'alimenter des réseaux très à gauche contre les flics, contre autre chose, mais quand même, je crois que ça ne correspond pas à leur façon aujourd'hui de faire de la politique et qu
'ils
doivent être choqués.
Je
vais vous dire, moi, il y a une chose qui me pose question. On a dit, j'ai dit tout à l'heure, que la perquisition était légale, qu'elle avait respecté les règles de droit.
Mais
on est quand même dans une situation où,
au
siège d'un parti politique légal qui représente en plus un cinquième de voix à la dernière élection présidentielle, on emporte
des
ordinateurs
dans
lesquels il y a peut-être, semble-t-il, les fichiers des adhérents.
Bon, la
loi permet
aux
policiers, sous l'ordre d'un magistrat, d'emporter tout ce qu'ils veulent et même pas d'en donner la liste.
Mais
voilà, qu'est-ce que ça vous fait de savoir qu'un fichier est d'adhérents
?
Je ne veux pas ramener au
douloureux…
–
Mais la police vous dit à
tous les noms, les adresses de tous les adhérents de
la France
Insoumise. – Elle les a emportés. Est-ce qu'elle les a regardés ? Nous n'en savons rien. Ils nous ont dit que leur enquête se limiterait à chercher dans les ordinateurs ce qui est en lien avec la procédure engagée,
la
procédure préliminaire engagée.
–
Et on peut avoir des doutes sur la curiosité par moment de
certains… – Pour vérifier, il faut le lire de toute façon. –
Reliser Descartes, le doute méthodique est la seule méthode qui mérite de s'exercer. Moi, ça me fait un tout petit peu bizarre. Ce qui me fait bizarre, c'est que cette question qui se pose pour un parti politique avec son fichier d'adhérent, elle se pose pour les personnes privées qui sont perquisitionnées, à qui on prend aussi des données personnelles qui n'ont pas forcément à être connues dans le cadre de l'enquête. Donc voilà. – Donc,
au
Lankérol, ça fait deux fois que vous prenez un petit peu la défense de Jean-Luc Mélenchon en disant
qu'une
perquisition, c'est
vraiment dur à vivre. D'où cette colère et d'où il n
'avait pas forcément à prendre
ces fichiers… – Non, non, soyons
bien clair. Je ne prends en rien la défense de Jean-Luc Mélenchon. J'ai dit que son comportement était excessif et méritait d'être jugé tel. J'ai même dit qu'il en supporterait les conséquences. Je dis par ailleurs
que
c'est peut-être aussi un moment pour se poser la question qui n'intéresse plus personne
des
libertés publiques. –
Ça
n'intéresse plus personne à part quelques profs de droit, tous les profs de droit, les avocats et une partie des magistrats et quelques rigolos comme moi, ça n'intéresse plus personne parce qu'il
y a
le terrorisme. Et on se dit, les gens qui viennent à se reprocher, peu importe, ils n'ont qu'à être tranquilles.
– La police a tous les
droits.
–
Elle a beaucoup plus de droits qu'elle n'en a jamais eu. Ça a été enterriné dans les lois votées encore l'année dernière.
Je
crois que c'est une occasion de se demander jusqu'où il est normal de violer la vie politique ou privée
au
service de la sécurité publique.
–
Alors sur toute cette semaine, je voudrais revenir à la conférence de presse de Jean-Luc Mélenchon hier, il y
a
eu un seul mea culpa, une seule chose. Jean-Luc Mélenchon a dit, je regrette.
Il
a regretté cette moquée de cette journaliste qui avait un accent toulousain et il lui a répondu d'un air dédaigneux en se moquant de son accent comme ça. Comment vous expliquez, pourquoi s'est-il excusé auprès de cette journaliste de s'être moqué de son accent ? – Je crois que c'est parce qu'au fond, si l'on considère que la stratégie de Jean-Luc Mélenchon s'inscrit dans une famille qui est celle du populisme, qui, sans porter de jugement, est une famille qui se définit par la défense du peuple contre les élites.
Cette discrimination à l'égard d'une provinciale, par définition, qui vient de Toulouse, une ville qui met cher en plus, cette discrimination apparaît précisément comme le réflexe des élites vis-à-vis de la province. Et ça nous ramène d'ailleurs à ce qu'était la réaction des Parisiens face aux provinciaux et notamment aux méridionaux à la fin du XIXe siècle. Et d'ailleurs la République s'est construite justement autour de l'uniformisation du territoire, autour notamment du parler
français
pointu, du parler parisien. Donc il y a un comportement d'élite par rapport au mépris qu'il affiche vis-à-vis de cette journaliste, comportement d'élite qu'on retrouve d'ailleurs aussi dans sa façon de nous dire que sa personne est sacrée et qu'on ne doit pas qu
'il ait
la République, ce qui est totalement faux. Enfin il est une petite partie de la République qui est un citoyen justiciable comme tous les autres. Donc particulièrement sur cette question de l'accent, il a dû s'apercevoir que là, il n'était pas du tout dans sa posture de défenseur du peuple et que d'ailleurs par rapport à ses électeurs marseillais qui ont l'accent, ça pourrait aussi poser
des problèmes.
Vous l'avez suivi vous à Marseille, ça pourrait lui coûter cher cette moquerie vis-à-vis des gens qui
ont l'accent du Sud
? Surtout que c'était un accent toulousain, donc ça prouve qu'il n'a même pas reconnu l'accent de Marseille.
Donc ça je pense que c
'était pas... Mais oui, c'est méprisant en effet, je partage. Mais moi ce qui m'a le plus interpellée dans cette séquence, c'est finalement la question que la journaliste posait. Je trouve qu'on n'en parle pas assez. Elle était en train de lui demander, et quand c'était François Fillon, et quand c'était Marine Le Pen, vous étiez le premier à critiquer ces affaires
-là. La
République avait été salie.
Exactement, et maintenant que ça vous concerne,
en
fait la justice est corrompue, les médias sont contre vous, mais les médias vous vous en serviez en fait, c'est ça. Elle n
'a
pas eu le temps de finir sa question puisqu'il s'est moqué d'elle. Mais en réalité c'est ça qu'elle voulait lui demander j'imagine, c'est-à-dire quand c'est pour vos opposants politiques, il
n'y
a aucun problème pour citer Le Monde, Mediapart et tous les journaux qui font leur travail. En revanche quand ça vous concerne, là il y
a
un deux poids deux mesures. Et puis pour poursuivre ce que vous disiez, en effet sur ce côté, c
'est
aussi un visage qu'on a peut-être découvert pour certains chez Jean-Luc Mélenchon, c'est ce côté méprisant vis-à-vis des autres. Et surtout quand on se veut justement d'incarner le peuple, la gauche, enfin il ne se revendique plus de la gauche, mais voilà c'est cette famille politique-là. Quand il dit je ne suis pas le passant du coin,
c
'est extrêmement méprisant pour le passant du coin,
c
'est-à-dire tout un chacun, c'est-à-dire qu
'il
se place au-dessus des autres. Et ça il le fait en effet dans son parti, il est au-dessus du lot, et il le fait là vis-à-vis des Français ou des citoyens lambda. Et je trouve que Fabrice Arfit dans son article de Mediapart hier, le disait très bien,
il
disait Jean-Luc Mélenchon, déjà il a été bien traité finalement dans cette perquisition, parce qu'un citoyen lambda qui pousse comme ça un procureur, qui insulte ou qui menace des policiers, il peut aller en garde à vue. Donc, alors Jean-Luc Mélenchon il est parlementaire, évidemment il ne
va
pas aller en garde à vue, mais il faut faire attention dans les symboles je pense aussi, on n'est pas au-dessus des lois en fait quand on est parlementaire. – Alors il semble t'expliquer,
quand il m'a…
– Je crois que la raison pour laquelle il s'est excusé auprès de Véronique Gorel, c'est que le jour même, enfin juste après cet incident, plusieurs de ses amis, qui la connaissent bien, c'est une journaliste bien connue de France 3, qui est une habituée de la salle des 4 colonnes, donc ça leur a fait très bizarre qu'ils s'en prennent comme ça, à une femme qu'ils connaissent bien, dont ils savent qu'elle fait très honnêtement son travail depuis des années, donc tout de suite ils ont dit il faut que tu t'excuses, et ça c'est pas supportable. Deuxième chose,
ils
ont tous les deux employé à juste titre le mot de mépris, c'est quand même le mot préféré de Mélenchon quand il parle de Macron. Donc s'entendre reprocher ce qu'il reproche tous les jours à Macron, c'est pas supportable, il fallait absolument qu'il sorte
de
cette incroyable contradiction, il ne peut pas lui, Mélenchon,
proche
du peuple, être méprisant à l'égard de quelqu'un qui a un accent.
Quand
il dit « ma personne est sacrée », « je suis la République », c'est une interprétation abusive du rôle du député dans la société, ou dans l'équilibre institutionnel. C'est vrai que la fonction de député, quelque part, elle a une sacralité dans la République, d'ailleurs il faut lever son immunité pour qu'il soit poursuivi, sauf s'il est pris en flagrant délit, mais c'est sa fonction qui est, j'allais dire, quelque part à l'échelle républicaine sacrée. Lui, en tant que citoyen, en tant que justiciable, se doit de respecter précisément cette séparation des pouvoirs, qui donne le pouvoir à la magistrature, à la justice, de faire ces investigations.
Donc il n'est pas sacré, la République est sacrée, la République, les institutions, elles sont quelque part sacralisées par la Constitution, mais lui n'est pas sacré. Une phrase de la Constitution, « La souveraineté nationale appartient au peuple, aucune partie du peuple, ni aucun individu, ne peut s'en attribuer l'exercice.
» Donc
il ne peut pas dire. Un élu du peuple est redevable de la même façon ? Mais bien sûr. Absolument. Nous sommes tous ensemble la souveraineté nationale. Lui, c'est nos représentants. Collectivement, les représentants exercent pour nous la souveraineté nationale. Individuellement, ils sont des citoyens comme nous, et ils ne sont pas plus inviolables ou plus sacrés que chacun d'entre nous. Alors néanmoins, cette perquisition, il y
a
eu près d'une centaine de policiers qui ont été dépêchés. C'est beaucoup. Est-ce que là, il ne marque pas un point ? Est-ce que c'est une stratégie d'abord de vouloir se victimiser ou est-ce qu'il y a une réalité quand même ? Il y
a
une réalité de vouloir l'affaiblir avec la stratégie du « il n
'y a
pas de fumée sans feu » Frédéric Saïs
? Oui, c'est clair que sans policiers, comme ça c'est impressionnant, une quinzaine de lieux de perquisition pour Jean-Luc Mélenchon. Et c'est vrai qu'en plus, derrière le mot « valise d'affaires », on ne sait plus forcément bien à quoi on a affaire. Là, en l'occurrence, on est sur un soupçon de surfacturation. On n'est pas dans l'affaire Big Malion où il y avait des fausses factures, où il y avait des comptes occultes. On n
'est
pas sur une caisse noire, pour l'instant, pour l'instant. Alors, il y
a
aussi
l'autre affaire qui concerne les assistants européens, les acteurs d'emploi fictifs. Là, on est
sur le volet, effectivement, soupçon d'emploi fictif qui a concerné aussi d'autres parties, y compris le Modem, où au passage, d'ailleurs, il y avait une perquisition également. On ne sache pas que le Modem soit un parti virulent opposé au pouvoir macroniste. Mais fermons la parenthèse. Donc, ce
n'est pas le seul
à avoir subi une perquisition.
C'est le seul d'avoir
perçu... Ce qu'il a été le seul à faire, c'est de déclencher son Facebook Live et d'en faire, lui, un événement politique. Parce que, souvenons-nous, comment nous, globalement, les médias, la presse, avions traité les perquisitions dans certains partis politiques. En général, ça faisait un entrefilé ou un article avec une photo. On disait, voilà, ce matin, 10 heures, le siège du Modem, slash de LR, slash d'un autre parti du Rassemblement National, a été perquisitionné. Les enquêteurs de l'oclif sont repartis avec telle et telle pièce. Point final. C'est lui qui en a fait un événement politique. Et finalement, c'est aussi un peu l'effet boomerang de tout cela.
Erreur de communication, on
se
dit,
alors,
en vous écoutant. Erreur de communication, ça dépend quel est le but. Si le but, c'est de dramatiser et de remobiliser sa base avant les élections européennes et de dire par avance, s'il y avait une citation de Jean-Luc Mélenchon il y
a
quelques années, il faut tout conflictualiser, c'est ma stratégie. Là, pour le coup, il l'a parfaitement fait. Si l'objectif était de se représidentialiser, pour le coup, c'est complètement raté.
Alors, autre citation de Jean-Luc Mélenchon, je suis le bruit et la fureur. Donc, c'est sans doute leader de la France insoumise. Des mots à la résonance toute particulière cette semaine, d'autant que le tribun n'en est pas à son premier coup de sang face aux journalistes, face à ses adversaires politiques. Ses emportements sont devenus légendaires. Regardez ce sujet de Walid Berissoul et Erwann Illion.
On
n
'en a
quoi, vous m'empêchez d'entrer dans mon local ? On n'en a quoi, qui vous a donné cet ordre ? La République ? C'est moi !
C
'est moi qui suis parlementaire ! Poussez-vous de là ! Il valait mieux ne pas croiser la route de Jean-Luc Mélenchon ce jour-là. Du fracas, de la fureur et du tumulte.
Le
matin, il force les portes du siège de son parti en pleine perquisition. L'après-midi, il se moque de l'accent d'une journaliste qui l'interroge à l'Assemblée nationale.
Qu'est-ce que ça veut dire ?
Qu
'est-ce que ça veut dire ? C'est quoi votre question,
madame ? Non,
non,
madame, vous ne savez pas de quoi vous parlez. Non, vous dites n'importe quoi. Quelqu'un a-t-il une question formulée en français ? Oui,
mais
c'est à peu près compréhensible, parce que moi, votre niveau me dépasse, je ne vous comprends pas. La journée de tous les dérapages et de toutes les colères pour le tribun. On pensait pourtant avoir l'habitude. Mélenchon qui s'énerve, c'est un classique des plateaux de télévision depuis plus de 15 ans.
Qui a contribué à faire croire aux Français que l'intégralité des hommes politiques était malhonnête ? C'est vous ! Et c'est vous ! Parce que vous ! Parce que... Moi ! Parce que... Mais oui, bien sûr, vous êtes parti ! Mais qui allait, celle-là ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
C
'est l'un des premiers coups d'éclat pour celui qui est alors une figure secondaire d'un parti socialiste sonné par le choc du 21 avril. Jean-Luc Mélenchon construit peu à peu son personnage à coups d'emportements contre ses adversaires politiques mais aussi contre un étudiant en journalisme qui le questionne dans une manifestation. Non, non, non, c'est fini. Terminé. Tote, tote, tote, tote, tote.
Vous
m'avez remis sur le terrain. Tu
fermes ta petite
bouche, tu me parles de politique. Moi, je te parle de médias et de ton métier pourri. Et si tout ce que tu trouves va faire,
c
'est de me répondre ça, tu vas faire ton interview plus loin. OK ? Mais je comprends pas cette agressivité.
C
'est vous qui êtes agressif, vous en rendez même pas compte tellement votre tête est pourrie. Une violence verbale assumée. L'expression pour Jean-Luc Mélenchon d'une colère, selon lui, légitime. Devenu leader politique, il la théorise avec cette formule désormais célèbre. Je suis le bruit et la fureur. Le tumulte et le fracard. Je suis de notre temps, de notre époque.
Le
bruit et la fureur comme moteur politique avec en ligne de mire la conquête du pouvoir et des batailles symboliques. 2012, Jean-Luc Mélenchon défie Marine Le Pen dans son fief des nains Beaumont. Une campagne législative plutôt virile face aux militants du Front National.
Regardez-moi dans les yeux, vous êtes un homme ? Alors je gagne 40 000 euros, espèce d'imbécile ?
Ouais,
comment tu le sais ? Vas-y, dis-le voir.
Dis
-le voir. Comment tu le sais ? Je te taperai pas. Je suis un crétin et c'est tout.
Jean
-Luc Mélenchon sera éliminé dès le premier tour. Vient alors le temps d'une certaine remise en question pour la bataille suivante, 2017.
Un
Jean-Luc Mélenchon différent se présente à nouveau devant les Français.
A
s'agit, promet-il.
Je
deviens une figure rassurante. Je pense que les gens ont soif d'humanité. Aujourd'hui, le bruit et la fureur, ce n'est plus l'attente de la société.
Une
sorte de force tranquille semble alors animer le candidat de la France Insoumise.
Ça
doit être calmé quand même.
Je
trouve que je n
'ai plus
qu'à très pas.
Ça, ce n'est pas duré. En
effet, chez Jean-Luc Mélenchon, le naturel revient très vite lorsqu'il est pris à partie ce jour-là par un cheminot.
Droite, gauche, est très mauvaise. On vous attend.
Le leader de la France Insoumise
ne
veut pas s'en empêcher. Pourquoi tu me parles comme ça ? Pourquoi on ne vous respecte pas ? Juse ma vie à vous défendre
!
Juse ma
vie ! Alors va voir les mecs de droite. C'est eux qui vous ont mis dans la merde. C'est le PS qui vous a mis dans la merde.
Jean-Luc Mélenchon se revendique homme du peuple, révolté, contre les élites et leur bonne manière, souvent incarné à ses yeux par les journalistes et leurs questions sur ses emportements réguliers. Vous avez la colère sur commande où c'est éruptif et incontrôlable. Mais vous êtes tellement caractéristiques d'un milieu social. Moi, je suis comme je suis et je trouve étrange qu'on m'interroge sur le sujet. Je suis comme je suis et je ne peux pas m'enlever la colère que la vie m'inspire. Et l'insurrection que je ressens n'est pas feinte. Une insurrection qui cette semaine a franchi une nouvelle étape contre la presse, le pouvoir d'Emmanuel Macron et même contre les juges.
Le
grand retour du bruit et de la fureur.
Alors,
on entend le bruit sur le plateau. Je ne
sais
pas si vous l'entendez, vous. Question de téléspectateurs. La réaction de Jean-Luc Mélenchon ne révèle-t-elle pas une conception plutôt autocratique du pouvoir ? Jean Garrigue.
De
toute manière, la France insoumise repose sur ce fonctionnement autocratique. Pour arriver à incarner cette France protestataire, il fallait que la France insoumise ait un leader charismatique. Et de ce fait, elle a trouvé en Jean-Luc Mélenchon. On voit bien, regardez la difficulté des socialistes. Le problème de Benoît Hamon à l'élection présidentielle, ce
n
'est pas un problème programmatique. Son programme était intéressant. Tout le monde l'a jugé novateur, intéressant. Mais il y avait un problème d'incarnation. Là, vous avez quelqu'un qui est capable d'incarner cette France protestataire parce que c'est un homme qui, d'ailleurs, ne représente pas du tout le peuple. C'est le type même de l'homme politique qui a 30 ans derrière lui, mais qui connaît les ficelles et qui est un très bon orateur, un tribun, qui a beaucoup de culture et qui a ce charisme. Donc, il construit toute sa stratégie autour de sa personne.
Ce qui pose, d'ailleurs, aujourd'hui, lorsque son comportement est jugé défaillant, ce qui va poser des problèmes de direction dans son parti, justement. Frédéric Saïs, c'est vrai que c'est un très bon orateur. Mais même, il l'a montré hier en conférence de presse, 45 minutes sans notes.
Le paradoxe et le contraste est d'autant plus étonnant parce que c'est quelqu'un qui maîtrise à la perfection les mots, qui est d'ailleurs un ancien enseignant et un ancien journaliste pour la petite histoire, ceux qui critiquent maintenant. Et pourtant, il laisse échapper des mots, effectivement, comme ça qu'il a l'air de regretter le lendemain. Alors, c'est aussi une stratégie. Jean-Luc Mélenchon, en 2010, l'avait dit. Il avait dit « Je dois percer le mur de l'indifférence » puisqu'à l'époque, il sortait du PS avec 4 ou 5 copains, il était un peu tout seul et il devait s'imposer, il devait montrer qu'il était anti-système.
Et évidemment, c'est le clash, c'est le buzz, la fameuse théorie où, effectivement, avec des affrontements, on arrive à se faire davantage connaître. Il devait aussi montrer aux communistes à l'époque avec qui il voulait s'allier qu'il était maintenant bien loin du système et qu'il était un petit peu énervé.
C
'est aussi un caractère, on l
'a
vu dans ce sujet qu'il a très bien rappelé. Il est capable de s'en prendre nez à nez quasiment avec un militant qui passe par là ou avec un simple passant qui le suspecte d'être trop payé. Et donc, c'est un caractère au service d'une stratégie qui se résume d'ailleurs dans le nom du mouvement La France Insoumise.
Mais Astrid De Villette, vous l'avez suivi en campagne. Alors, comment il est là ? Comment en arrive-t-il à insulter comme ça des gens dans la rue ?
En fait, pour moi, c'est comme s'il se gâchait en fait, Jean-Luc Mélenchon. C'est-à-dire qu'en effet, il a toutes ses qualités. Vous allez à un meeting de Jean-Luc Mélenchon, vous apprenez énormément de choses. C'est un grand pédagogue, on dirait un enseignant de la Troisième République. Il est dans la transmission. Et en fait, il a fait par exemple une excellente campagne présidentielle avec cet hologramme très innovante. Il est parti de rien. Il était tout seul. Il
a construit... Ces meetings faisaient
sale
comble. Évidemment. Il
a construit la France Insoumise en un an qui est un parti aujourd'hui majeur à gauche et qui est extrêmement organisé. En revanche, quand arrive le moment à ses clés,
c
'est
-à
-dire quand il arrive en haut, on a l'impression qu'il fait tout tomber. C'est-à-dire, le soir du premier tour de l'élection présidentielle, souvenez-vous, Jean-Luc Mélenchon a mis du temps à réagir. Il est resté dans sa loge. Il ne voulait pas commenter les résultats,
c
'est-à-dire la victoire d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen. Et souvenez-vous, il a contesté même quelques semaines, deux semaines plus tard, pendant l'entre-deux-tours, il n'appelle pas à voter pour Emmanuel Macron et ça a choqué au sein même de son électorat. Et là, c'est pareil. Il fait une excellente rentrée politique, Jean-Luc Mélenchon, à la fin de l'été. Ses amphis de Marseille sont combles. Il réussit à diviser le PS, ce qu'il adore faire. C'est-à-dire que Marine Le Linman et Emmanuel Morel de l'aile gauche le rejoignent. Emmanuel Macron est au plus mal depuis le début de son quinquennat. Il y a eu Benalla, il y a eu Hulot, il y a eu Collomb. Il a tout en fait.
Il a un boulevard, Jean-Luc Mélenchon.
Il
est en hausse dans les sondages pour les européennes. Et qu'est-ce qu'il fait cette semaine catastrophique ? Et moi, j'ai l'impression depuis que je le suis que c'est souvent comme ça et qu'il se sabote presque. Ça m'a fait même penser à Marine Le Pen lors du débat présidentiel qui a tout gâché. Là, c'est pareil. On a l'impression qu'ils sont à un point comme s'ils ne voulaient plus en fait. Je ne sais pas, c'est peut-être de l'analyse psychologique mais c'est très étonnant ça. Et pendant Benalla, Jean-Luc Mélenchon justement se targuait de ne pas être dans les outrances, de ne pas être dans la provocation.
Il n'a jamais appelé à la démission de Gérard Collomb par exemple quand d'autres à gauche le faisaient. Il restait dans son rôle de parlementaire en opposant classique. Vous disiez qu'il avait une stratégie, il voulait
se mitterrandiser
et
puis patatras. Cette semaine, il s'est remélenchonisé.
Oui, exactement. Jean-Luc Mélenchon, François Mitterrand, c'est son mentor. Parfois même, il en parle comme ça. Et Mitterrand, jamais n'aurait fait quelque chose comme ça. Et Jean-Luc Mélenchon, là-dessus, il dérape en fait.
Oui, Jean-Garrick, vous vouliez... Non, mais il y a aussi une interprétation politique de ça. Parce que ce comportement, il est pour rappeler aussi celui de Jean-Marie Le Pen en 2002, qui au fond, au moment où il est au deuxième tour, on le voit bien, est un peu effrayé par ce qui s'ouvre devant lui. Et ça renvoie à la nature profonde de ces mouvements que ça soit, me semble-t-il, le Rassemblement National ou la France Insoumise, qui sont des mouvements par nature protestataires. Et cette nature protestataire fait que la perspective d'exercer le pouvoir, c'est quelque chose qui est beaucoup moins dans leur ADN que dans les parties, les
anciens partis. est
incarnée sur la forme. Historiquement, vous avez déjà eu comme ça des grands leaders qui avaient des coups de sang comme ça.
Et Georges Marchais, par exemple,
Marchais, oui. Enfin, il y a d'autres menteurs de Mélenchon en dehors de Mitterrand en France. Perron en Argentine, Chavez au Venezuela, ce sont des grands orateurs populistes, des autocrates populistes. C'est exactement ça. C'est-à-dire, c'est la capacité à prendre les instincts populaires les plus immédiats pour essayer de les valoriser, éventuellement de les flatter et de se faire élire. Et il a admiré cette Amérique latine populiste. Et il nous l'a dit plusieurs fois. C'est pas simplement une interprétation de ma part. Donc voilà, il y a quelque chose qui fait que il est la France Insoumise. C'est le parti de Mélenchon. Comme le parti péroniste, c'était le parti de Perron.
Comme, voilà, c'était la même chose.
Ce qui est curieux, c'est que... Mais voilà, il
n'y a pas de vrai successeur à ces gens-là. Il reste un péronisme dans toute l'Amérique latine. Mais c'est plus pareil depuis que c'est plus Perron. Et ça sera probablement la même chose avec Mélenchon. Il dénonce cette 5ème République qui fait qu'on a un président qui incarne la toute puissance, presque un roi. Mais au fond, il est lui-même, il incarne un petit peu cette vision de l'homme providentiel. Il s'est construit précisément... Il
est très 5ème
République. Mais tout à fait. Il est aussi, je veux dire, l'adversaire préféré d'Emmanuel Macron. Parce que ça permet, évidemment, de bloquer l'espace pour ceux qui pourraient se situer entre eux ou à droite ou à gauche. Donc, c'est un jeu, j'allais dire, entre le président jupitérien et l'adversaire péroniste ou péronne qui est en quelque sorte... Donc, il y a quelque chose là qui est une sorte de jeu de rôle mais dans lequel il est totalement, lui, dans cette... Je dirais, il a intégré totalement le jeu des institutions de la 5ème République. Même si on pourrait lui faire remarquer qu'il a fait monter des jeunes. Adrien Quatennens, François Ruffin, Corbière, Alexis Corbière.
D'ailleurs, Adrien Quatennens, il était bien embarrassé lors de la conférence de presse et on le sentait derrière un petit peu...
C
'est aussi, justement,
l'un des talents
du pédagogue Mélenchon. C'est-à-dire que c'est quelqu'un qui accorde beaucoup de crédit à la formation politique qui a lui-même, effectivement, été formé dans sa jeunesse à ses écoles très efficaces que sont le trotskisme et ensuite le socialisme époque-mitterrand qui savait lui aussi faire des cohortes de gens très solidaires entre eux, des meutes sans que ce soit péjoratif. Et finalement, il a fait ça aussi avec ces jeunes élus qui sont là et qui sont en première ligne, Adrien Quatennens,
qui sont redevables,
qui sont parfaitement alignés sur la ligne du chef et qui le défendent non pas uniquement politiquement mais presque personnellement. À une nuance près qui est que personne ne lui fait concurrence.
C
'est-à-dire qu'en effet,
il fait monter des jeunes, enfin, il reste
quand même le leader à contester. Par exemple, quand il est arrivé avec tous ces jeunes, en effet, l'image était intéressante à l'Assemblée nationale avec tout le groupe, une quinzaine d'élus, ils sont arrivés en groupe mais c'est lui qui est devenu président de groupe. Ce n'était pas évident. Il aurait très bien pu, lui, il était déjà ancien candidat à la présidentielle, il aurait très bien pu laisser justement la place à un de ces jeunes ou à Alexis Corbière pour faire grandir quelqu'un d'autre.
Et certains, d'ailleurs, au sein du groupe de la France Insoumise, le disent, il aime bien avoir aussi, comme Mitterrand, une forme de cours autour de lui et voir certains se battre déjà pour l'héritage. Et la question de l'héritage à la France Insoumise est à bout. C'est-à-dire qu'il va falloir quand même en parler comme dans tous les courants politiques et comme après chaque leader politique qui aura marqué son temps, il faut en parler de l'héritage. Pour l'instant, personne n'en parle.
Alors, Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis ne sont pas les seuls dans le viseur de la justice. Vendredi dernier, Marine Le Pen a été mise en examen pour détournement de fonds publics. L'affaire des assistants parlementaires,
c
'est un dossier judiciaire qui plonge depuis plusieurs mois déjà dans une grave crise. Le parti de Marine Le Pen regardez ce sujet de Thomas Jarion et Michel Bouy.
Les
députés du Rassemblement National applaudissent et soutiennent
Jean
-Luc Mélenchon.
Vous sentez
-vous
solidaires
de procéder pareil ? La scène est rare
mais
France Insoumise et Rassemblement National sont ici des alliés de circonstance.
Quand
le leader d'extrême-gauche parle de justice politique, l'extrême-droite approuve.
Compte
tenu des perquisitions organisées en même temps au Rassemblement National depuis des mois et à la France Insoumise ce matin ainsi qu'au Front de Gauche, le pouvoir a en main par l'intermédiaire de ses procureurs l'intégralité de tous les échanges, contacts, notes, documents, rendez-vous des deux grands partis d'opposition de France. je trouve cela extrêmement grave. Comme la France Insoumise, le Rassemblement National est suspecté d'avoir rémunéré plusieurs employés avec les fonds publics européens. Selon Bruxelles, 20 assistants parlementaires RN travaillaient également en France pour le parti. Cette vaste enquête, débutée en 2015, est suivie de près par la presse d'investigation.
Le
Front National serait vraisemblablement le seul à avoir industrialisé cette pratique, à l'avoir systématisé. C'est-à-dire que c'est tout un parti qui, en tout cas une grande partie de l'organigramme du parti, qui serait soit député, soit assistant au Parlement européen. Le Parlement européen, justement, a estimé à 5 millions d'euros le préjudice subi dans cette affaire.
Alors
les juges financiers français ont décidé de taper au portefeuille.
En
juin, 2 millions d'euros d'aides publiques destinées au RN ont été saisies.
Sans
même qu'il y ait eu jugement.
Les
juges d'instruction, Mme Tepo et M. Von Ruenbeck, appliquent à un mouvement politique une condamnation à mort à titre provisoire.
Ils
nous appliquent
la
guillotine à titre provisoire.
Au
bord de la faillite, le parti fait appel dans la foulée à ses adhérents et aux Français pour enflouer les caisses. Bonjour, monsieur. Des juges attaquent le Rassemblement National, le parti de Marine Le Pen. Début août, à Rennes, les militants tentent de convaincre les habitants de donner un peu d'argent.
On parle beaucoup de démocratie, il faut la faire vivre et aujourd'hui, notre parti, il est en danger de mort.
Grâce à cette collecte, 600 000 euros ont été récoltés selon Marine Le Pen.
Mais
un tiers des permanences a dû être fermé.
Le
RN a fait appel. Fin septembre, il a obtenu en partie gain de cause.
Car
finalement, un million d'euros d'aides publiques sera saisies plutôt que deux. Avant d'être une victoire ou une demi-victoire pour le Rassemblement National, c'est avant tout un désaveu d'une décision politique prise par deux juges politisés, les juges Tepot et Vendrinbeck, qui ont vu leur décision outrancière, leur ordonnance outrancière et exagérée, contestée par la cour d'appel et par l'appel que nous avions formulé.
Un
peu de répit côté finances, mais les ennuis judiciaires continuent.
La
semaine dernière, les juges ont aggravé la mise en examen de Marine Le Pen en la requalifiant détournement de fonds publics.
Si
elle est condamnée, la leader du RN risque notamment dix ans d'inégibilité.
Et c'est bon, M. le Président !
Question
de téléspectateurs. Les sympathisants du RN soutiennent-ils Mélenchon ?
C
'est compliqué. Ils ne le soutiennent pas politiquement.
Ils
savent que c'est un adversaire, que lui ne les aime pas et eux non plus ne l'aiment pas. Il est à gauche, ceux qu'ils sont à l'échiquier de l'extrême droite. En même temps, il y a cette idée qu'on est victime du même pouvoir et des mêmes méthodes. C'est la même victimisation face à une police, une justice, soi-disant instrumentée par l'État et qui veut réduire la démocratie à néant pour nous réduire nous à néant. Et ça provoque évidemment là un peu de sympathie personnelle. Pas vraiment politique mais personnellement on est en but au même problème politique.
D'ailleurs, quand la dernière fois il y a quelques semaines Mme Le Pen a elle-même dû se défendre contre l'idée d'aller faire une visite psychiatrique vous vous rappelez voulue par un magistrat, le premier qui est tweeté pour dire que c'était un scandale c'était Jean
-Luc
Mélenchon. Donc là,
il
y a renvoi de l'ascenseur il y a quelque chose d'assez logique. Mais Jean Garrigue que ce soit Jean-Luc Mélenchon que ce soit Marine Le Pen et on pourrait même ajouter François Fillon à chaque fois ces hommes politiques s'estiment maltraités par une justice qu'ils imaginent aux ordres. Mais est-ce qu'ils n'ont pas ? Est-ce que c'est totalement extravagant d'imaginer au fond les procureurs ils sont bien nommés par le gouvernement est-ce qu'on ne peut pas et d'ailleurs Eva Jolie encore dit tant qu'on n'aura pas coupé le cordon entre le pouvoir politique entre l'exécutif et la justice on aura cette suspicion ?
Ça c'est une vraie question et effectivement je pense que dans les projets en tout cas dans ce qui est l'avenir de la réflexion sur la séparation des pouvoirs il faudra arriver à ce que la nomination des magistrats etc. soit complètement déconnectée du pouvoir politique et que ça passe par le Conseil supérieur de la magistrature. Les révisions qui vont venir vont aller un peu dans ce sens mais c'est sans doute pas suffisant et ça alimente cette suspicion sauf que cette suspicion c'est aussi quand on étudie un peu l'histoire des affaires politiques c'est un réflexe systématique des hommes politiques dès qu'ils sont pris la main dans le sac dès qu'il y a une investigation qui les concerne.
Ils accusent le pouvoir de bonne foi ou bien c'est un artifice pour dire si je suis attaqué c'est pas parce que je suis malhonnête c'est parce que évidemment je suis un opposant politique sans préjuger de ce qui se passe dans leur tête en tout cas c'est un argument récurrent de la droite de la gauche du centre depuis 50 ans.
Et toujours informé selon vous
il n'y a pas eu des moments où il y
a
eu un coup de fil de l'Elysée ou un coup de fil du garde des Sceaux pour dire dites donc vous pourriez aller enquêter là-dessus là ? on sait qu'il y
a
eu dans un certain nombre d'affaires des interférences on se souvient d'ailleurs y compris pour la défense comment Nicolas Sarkozy a voulu s'informer sur des enquêtes en cours etc.
Il y a toujours eu ce genre d'intervention en tout cas de suspicion d'intervention mais fondamentalement par rapport aux citoyens français qui regardent ce spectacle de la vie politique ce soupçon permanent qui est porté sur la justice dessert nos institutions décrédibilise totalement l'action d'une justice qui en réalité sur le long terme est de plus en plus indépendante et heureusement qu'il y a eu dans les années 90 une sorte de rébellion de ce qu'on a appelé les petits juges en Italie ça s'appelait manipulité qui justement après des années de vassalisation auprès du pouvoir politique ont pris un tout petit peu d'autonomie et de plus en plus on parle du juge Van Ruenbeek en l'occurrence qui était sur la sellette mais Van Ruenbeek c'est celui qui en 1992 avait perquisitionné au siège du parti socialiste bon à l'époque à
l'époque le gouvernement était socialiste
et le gouvernement était socialiste et d'ailleurs ça n'avait pas provoqué autant de remous que là et pas les scènes auxquelles on vient d'assister donc vous voyez on pourrait prendre 10 000 exemples de ces juges qui ont investigué
aussi bien à gauche que si on avait
un cordon clairement coupé on n'aurait pas ces affaires on n'aurait pas cette suspicion
et on aurait une
république plus apaisée pas avec les juges avec les procureurs
avec les procureurs mais là on le demande la nomination
des juges oui alors la nomination des procureurs on avait fait des progrès importants dans les deux quinquennats précédents c'était que il était convenu que les personnes choisies pour être promues par le conseil de la magistrature seraient purement et simplement enterrinées par les présidents de la république
il
se trouve que pour la première fois Emmanuel Macron
a
demandé au conseil de la magistrature de lui faire
plusieurs
choix et c'est au troisième choix seulement du conseil qu'il a accepté c'est un mauvais signe ah oui ce
qui convient c'est un mauvais signe
et il a ajouté une explication orale qui est qu'il est normal qu'il reste un cordon puisque c'est l'état qui définit la politique pénale et qu'elle passe par les procureurs de la république moi je pense que c'est une erreur d'Emmanuel Macron on avait progressé petit à petit
alors
évidemment ça fait longtemps que ce problème se pose Chirac
vous
vous rappelez Chirac il a été président encore avant il était venu à la télévision nous dire désormais il n
'y
aura plus aucun lien entre les procureurs et l'état ils auront leur propre système de nomination interne on s'en mêlera plus il n'a jamais essayé c'était une promesse de télé il n'a jamais essayé de la mettre en place il y
a
chaque fois au dernier moment
l
'idée quand même on ne va pas laisser tomber ça alors on a laissé tomber grâce à Christiane Taubira les instructions individuelles dans les dossiers alors ça je crois que réellement ça ne se fait plus enfin à ma connaissance il reste quand même cette espèce de lien que décidément on n'arrive pas à rompre dans ce pays
il
y a une chose qui va dans le sens de Jean-Luc Mélenchon c'est indéniable évidemment le procureur est sous l'autorité de la chancellerie donc du pouvoir politique même si en l'occurrence cette perquisition a été validée par un juge de la liberté et des détentions qui
lui est
indépendant deuxième chose qui va un peu dans le sens de Jean-Luc Mélenchon également c'est que le parti La République En Marche lui aussi est sous le coup d'une enquête préliminaire pour la campagne pour notamment des meetings qui ont été organisés à Lyon il y a eu des élus lyonnais de droite qui ont porté plainte en disant Gérard Collomb a un peu mélangé sa fonction de maire et la fonction de soutien d'Emmanuel Macron et à l'époque ministre encore Macron qui ne s'était pas déclaré il était déjà en pré-campagne donc l'argent dépensé par la métropole de Lyon pour faire cette réception est-ce que ce n'est pas de manière déguisée une subvention à la campagne et pour le coup il n'y a pas eu à ma connaissance et à notre connaissance pour l'instant de perquisition dans cette affaire
donc Jean-Luc Mélenchon a beau jeu de dire
voilà en tout cas pour l'instant il n'a sans doute pas les éléments pour déclencher cette
perquisition
oui
et
Jean-Luc Mélenchon a beau jeu de faire là-dessus évidemment une perquisition n'est pas une preuve de culpabilité et dans les deux cas il se peut très bien dans
un cas on va fouiller
dans l'autre cas on ne
va
pas fouiller
pour l
'instant pour l'instant alors après il faut laisser aussi le temps de l'enquête ça ne peut pas marcher que pour Jean-Luc Mélenchon
dans
les deux cas il faut laisser le temps aux enquêtes arrière
mais
on a perquisitionné le modem qui est le principal allié de la République en marche alors là aussi et la réaction d'ailleurs du modem avait été de dire bon ben il faut que ça se fasse au contraire parce que ça nous permettra d'avoir accès au dossier etc donc bon c'est vrai qu'il peut y avoir suspicion mais enfin je pense que si vous voulez pour quelqu'un comme moi qui ait étudié ces rapports entre justice et politique depuis 150 ans sur cette échelle du long terme je pense qu'il est crucial pour nous pour les observateurs de dire je veux dire de défendre cette autonomie de la justice même s'il y
a
encore des choses à faire progresser il faut absolument que nos politiques apprennent à laisser la justice travailler
allez
tout de suite on revient à vos questions
alors
j'ai fait campagne pour la France insoumise bénévolement et je suis en colère quand je vois combien Chikirou gagné par mois
voilà
des militants mécontents on parle de 15 000 euros
alors
15 000 euros brut oui
et puis les sommes des campagnes présidentielles sont toujours très importantes pour le coup on parle de 11 millions d'euros au total ça semble évidemment des sommes très fortes en général c'est même plus que ça les campagnes celles de Jean-Luc Mélenchon n'a pas coûté particulièrement cher donc les sommes brutes sont toujours impressionnantes la disproportion entre les petites mains et la tête de la campagne comme on l
'a
dit c'est à dire Mme Chikirou et les subordonnés est aussi impressionnante en revanche les chiffres bruts en général ne veulent pas dire forcément il
y a
beaucoup de fonctions qui étaient jadis dans les campagnes exercées par des militants et qui sont aujourd'hui exercées par des experts qui sont rémunérés c'est vrai à la France insoumise c'était vrai à la République en marche où Bernard Griveaux qui est devenu
Benjamin Griveaux
qui est devenu ensuite porte-parole et bon on a su son salaire grâce au rapport des comptes c'était dans les 10
000 euros je crois non c'était
7 300 euros 10 000 brut voilà oui c'est peut-être quelque chose comme ça en tout cas c'était dans les 7 300 euros sexe, argent et politique est-ce vraiment nouveau
?
non pas du tout ça pas
du tout je
rappelle qu'il était furieux donc il a parlé de l'ignominie de Mediapart Jean-Luc Mélenchon parce que
on
a révélé ça lié enfin ce qui s'est passé c'est quand la
police
est venue perquisitionner elle a sonné chez Jean-Luc Mélenchon et c'est Sophia Chikirou qui a ouvert je crois
il
a précisé quand même tout à l'heure à midi dans un autre Facebook Live parce que c'est devenu presque quotidien que ce n'était pas sa compagne Sophia Chikirou donc voilà et lui dément il la démentie tout à l'heure donc
on
verra mais c'est vrai que c'est pas le sujet principal je pense cette relation entre eux qu
'elle
existe ou pas je crois que
quand
madame Fillon c'est la question Fillon et Mélenchon même système madame Fillon c'est bien parce que c'était le mari de François Fillon la
différence c'est qu'il y a une question d'emploi fictif il y a une question d'emploi fictif chez madame Fillon
or là en l'occurrence personne n'accuse madame Chikirou de ne pas avoir travaillé pour le salaire on dit juste qu'il était peut-être un peu élevé par rapport aux normes du marché
mais
il
n'y
a pas une notion de conflit d'intérêt qui peut s'il est avéré qu'il y aura conflit d'intérêt dans
les entreprises il n
'y a présomption d'innocence les entreprises ça se passe aussi souvent comme ça alors Mélenchon peut-il être sanctionné pénalement pour ses débordements déjà il y a Radio France qui vient de porter plainte il y a la procureure qui est très mécontente du comportement de Jean-Luc Mélenchon
il
y
a
deux choses différentes il
y a
les insultes qui ont suivi vis-à-vis des journalistes notamment donc là évidemment ça peut être caractérisé par un tribunal correctionnel et puis il y a aussi l'action si j'ose dire l'emportement au niveau de la perquisition face au procureur et face aux policiers qui l'accompagnent
et
une enquête a été ouverte là-dessus pour menace envers l'autorité donc
la
réponse au spectateur est oui il peut être
condamné
qui
a fait venir les caméras et les journalistes lors de la perquisition
c'est
la France Insoumise pour le coup c'est Jean-Luc Mélenchon qui est la première caméra si j'ose dire avec son téléphone et qui se prend en selfie dès 7h du matin à son domicile et ensuite évidemment les responsables de la France Insoumise contactent les journalistes envoient des SMS pour alerter ils sont dans leur bon droit pour dire venez voir ce qui se passe ils sont déjà dans un processus on est victime de la police le terme de police politique viendrait un peu plus tard dans la journée au début ils sont un peu groggy
c
'est ce qui est assez troublant parce que si on part de ce principe il
y
a donc une mise en scène
et
donc une volonté de jouer une énième fois la scène de la victimisation du complot du pouvoir et des juges sauf que il y a un débordement à un moment donné on a l'impression que cette mise en scène échappe au metteur en scène justement qu'est Jean-Luc Mélenchon et qu'il sort de son rôle pour aller dans cette violence qui précisément va un petit peu et même beaucoup
annihiler
un peu l'impact positif de cette scène de victimisation
Quelle
est la part du jeu et celle de la spontanéité dans les sorties de Jean-Luc Mélenchon Astrid De Vilaine est-ce qu'il n
'y a
pas un peu de théâtralisation dans
ces
attitudes ?
Totalement et le Facebook Live de tout à l'heure à midi dans un café il dit j'ai mauvaise mine je ne me sens pas bien c'est très difficile enfin voilà c'est tout à fait ce que vous disiez tout à l'heure il utilise le peuple directement sans journaliste pour se mettre en scène moi ce qui m'étonne c
'est
la stratégie parce que je la trouve enfin je ne
sais
pas mais je la trouve pas bonne du tout cette stratégie parce qu'il remet des pièces dans la machine en fait c
'est
-à
-dire
qu'il convoque la presse il fait trois quarts d
'heure
de conférence de presse en direct il n'avait pas besoin il était allé déjà chez Jean-Jacques Bourdin la veille pour dire je vais apaiser tout ça je ne comprends pas du tout je trouve que la stratégie est illisible depuis cette semaine on a sur un autre plateau de télévision Alexis Corbière qui dit oui on est allé un peu loin on a parlé trop fort de l'autre côté non c'est un complot il n
'y a
plus de évidemment il n'y
a
plus de directrice de directeur de la communication
en avion il faut
faire baisser la violence et puis qu'il en rajoute
oui
tout à l'heure il disait mes militants préparent une riposte il a encouragé d'ailleurs c'est l'objet de la plainte de Radio France il a encouragé quand même ces militants qui sont très actifs sur les réseaux sociaux à prendre un parti à pourrir
pourrissez-les c
'est
quoi la phrase pourrissez
-les partout où vous pouvez c'est-à-dire encourager quand même au cyberharcèlement de la part d'un responsable politique c'est pas à mon avis responsable donc voilà il va très loin et je pense que ça va le desservir mais c'est
un
avis
Mélenchon est-il un type solide
?
Roland Quirole
je
ne sais pas très bien ce que ça
veut dire sans froid
si solide ça veut dire sans froid pas toujours si solide ça veut dire quelqu'un qui sait prendre des décisions et s
'y
tenir pas toujours voilà si c'est quelqu'un qui peut fabriquer un parti charismatique l'entraîner derrière lui et réussir une campagne électorale oui solide
ces
gesticulations hystériques et violentes vont-elles lasser Ruffin électron libre ?
c
'est vrai qu'on l'a assez peu entendu depuis le début de la semaine il était déjà un peu en marge de
ce groupe-là
c'est-à-dire qu'il a son propre agenda Ruffin qui est élu dans la Somme député de la France Insoumise mais qui était élu un peu de la gauche rassemblée à l'époque qui n
'est
pas dépendant autant que les autres députés de Jean-Luc Mélenchon lui il n'hésite pas aussi à mettre en cause les médias à mettre en cause l'opposition d'une matière assez violente mais toujours politique et jamais adominème en tout cas pas avec des insultes jamais ce qu'on peut remarquer quand même c'est quelque chose aussi qui traduit l'époque cette agressivité vis-à-vis de la presse si on fait le compte sur la dernière présidentielle 3 des 4 candidats à arriver en tête ont à un moment ou à un autre mis en cause les journalistes Fillon Marine Le Pen Jean-Luc Mélenchon qui ont tous avec des mots différents dénoncé des complots contre leurs personnes et ça fait penser à ce qui se passe de l'autre côté de l'Atlantique ce que fait Jean-Luc Mélenchon c'est du Trump de dénoncer le triptyque presse politique et médias de les insulter de les prendre à partie de radicaliser sa base et d'utiliser les réseaux sociaux pour donner une vision du monde un peu parallèle à celle que donnent les médias mainstream comme les appelle la France insoumise là on est sur un produit d'importation nord-américaine comme dirait Jean-Luc Mélenchon
Tout cela est peut-être plus pensé qu'on ne l'imagine
se
taper les élites les politiques etc
Ah ça
oui Les médias Ça oui ça il
y
a une volonté qui est là depuis que nous connaissons pratiquement Mélenchon dans la politique en tout cas depuis qu'il a arrêté d'être socialiste qu'il a voulu faire creuser son propre chemin il y a cette volonté c'est une volonté en effet assez populiste et anti-élite mais la façon de le faire varie selon la conjoncture Et le résultat c'est une décrédibilisation encore un peu plus de la classe politique dans son ensemble ça passe notamment par la scène de Laurent Wauquiez dans cette école de commerce de Lyon avec ce langage totalement surréaliste qu'il avait employé pour parler de ses adversaires politiques des journalistes et de tout ce qui au fond tout ce qui n'était pas qui n'était pas favorable ça passe par ces scènes de
violence il y a une dérive outrancière à
mon sens il y a une dérive qui est assez grave une trumpisation de la vie politique qui est quand même un peu inquiétante
et
bien merci merci beaucoup d'avoir participé à cette émission qui s'achève lundi vous retrouverez Caroline Roux pour un nouveau C'est dans l'air demain Karim Rissouli et ses politiques qui recevra Maître Eric Dupond-Moretti la star du barreau merci de votre fidélité et bon dimanche merci