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Présidentielle 2017 : Florian Philippot fait son bilan

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir. Bonsoir. Merci beaucoup d'être ici.

Merci. Comment allez-vous ? Très bien.

Ça fait pas 15 jours que vous vous repassez en boucle les images du débat, du débat d'entre deux tours ? Non, honnêtement, j'ai une capacité quand même à passer assez rapidement à autre chose et j'ai plutôt intérêt à l'avoir parce que je suis déjà en campagne pour les élections législatives. C'est vrai, mais tout de même, vous avez tiré les leçons de ce débat ?

Oui. C'est vous qui l'avez conseillé ? C'est-à-dire le choix de la posture.

Comment ça s'est passé ? Qui a décidé qu'il fallait attaquer ? Non, Marine Le Pen, vous savez, c'est une personnalité politique d'expérience qui a l'habitude de gérer elle-même ses choix, ses débats, ses émissions.

Vous n'en avez pas discuté ? Non, mais on discute de tout, toujours. Mais moi, je pense qu'il y a un problème fondamental, si on veut aller un petit peu plus loin, avec ce débat d'entre deux tours.

Là, je crois qu'ils ont enchaîné 18 thèmes différents en 140 minutes. Ils sont passés de la santé à l'emploi, on revenait à la sécurité, on repartait vers l'école, etc. Pourquoi ?

Parce qu'il y a une confusion de plus en plus grande entre...

Et ça, c'est le problème du quinquennat. On est d'accord. Confusion entre la posture du président et celle du Premier ministre au sein d'une législature.

Ça, on est d'accord. La question, elle concerne quand même la posture. Il y a énormément de gens, des Français qui étaient prêts à voter pour Marine Le Pen et qui ont été choqués par une forme d'agressivité, presque de vulgarité pour certains.

Pourquoi ? Est-ce qu'elle a voulu jouer le positionnement Donald Trump ? C'est-à-dire attaquer, agresser ?

Vous l'aviez dit un petit peu, d'ailleurs, avant le débat ? Vous aviez dit qu'il faut le faire craquer, etc. ?

Non, personne n'a dit ça. Si, si. Non, mais moi, je n'ai jamais sous-estimé Emmanuel Macron.

Je n'ai jamais pensé qu'en étant un tout petit peu dur avec lui, il allait craquer. Non, je ne pense pas du tout. Bon, moi, je trouve qu'on a été quand même, dans le commentaire médiatique, un tout petit peu dur avec Marine Le Pen en disant qu'elle a été agressive ou même vulgaire, vous dites.

Alors que j'ai quand même le souvenir qu'Emmanuel Macron, pendant ce débat-là, parle de Marine Le Pen comme d'un parasite. Excusez-moi, mais en termes d'agressivité, ça se pose là aussi. Un émot extrêmement dur sur ses électeurs, sur la manière dont elle envisage la politique.

Et je pense que la virulence du débat était quand même assez équitablement partagée. Il y a eu une différence entre les mots et la posture. Est-ce que vous ne vous dites pas, par exemple, que vous avez raté l'enjeu qui était peut-être de montrer que le Front National pouvait réellement rassembler les Français ?

Parce que l'attente des Français, c'est celle-là. Mais sûrement qu'on ne l'a pas réussi pendant cette campagne globalement. On a réussi partiellement, puisqu'on a quand même rassemblé près de 11 millions d'électeurs, ce qui est tout à fait inédit.

Dans des conditions, parce qu'il faut parler de tout si on parle de tout, dans des conditions d'une dureté terrible pour nous. Enfin, je veux dire, on avait quand même un front médiatique total. On avait un front financier, c'est-à-dire toutes les puissances d'argent avec leurs instituts qui inondent le débat public, de pseudo-rapports, etc. pour essayer de faire peur aux électeurs contre nous.

On avait un front, je ne dirais pas culturel, parce que moi je connais le milieu de la culture sur le terrain, c'est beaucoup plus compliqué. Mais un front showbizistique, on va dire, du showbiz, de la culture médiatique contre nous. On avait des présidents d'universités, etc.

C'est-à-dire toute l'oligarchie, pour faire simple. C'était pas la peine de donner des verges pour se faire battre. Mais on peut toujours faire mieux.

Je veux dire, mais non, mais on peut passer notre temps à pleurer en disant qu'on aurait dû faire ça, et on aurait peut-être fait 40%, mais honnêtement, est-ce qu'on aurait gagné ? Non, de toute façon, non. Vous ne pouviez pas gagner.

On avait une toute petite chance de gagner, mais elle était quand même très faible. Elle était infime. La question est de savoir ensuite ce que vous pouvez faire par la suite.

Et puis, l'autre question, celle que peuvent se poser beaucoup de gens, c'est la question du positionnement souverainiste. Est-ce que vous n'avez pas l'impression d'avoir abîmé les mots du souverainisme ? Est-ce que vous n'avez pas l'impression qu'en mettant le logiciel souverainiste dans le Front National, vous vous êtes trompé de cheval ?

Non, je ne pense pas du tout. Déjà, je n'ai pas tout à fait, pour être exact, mis le logiciel souverainiste dans le Front National. Le Front National avait déjà combattu Maastricht, avait déjà combattu la Constitution européenne en 2005.

Je n'y étais pas. Donc on ne peut pas dire que le Front National était fédéraliste ou européiste. Certes, mais vous l'avez tiré, vous avez contribué, vous n'êtes pas le seul, à le tirer vers quelque chose qui s'éloigne des fondamentaux de l'histoire du Front National.

Le Front National, d'ailleurs, Jean-Marie Le Pen vous le reproche suffisamment. Donc ça signifie que vous avez apporté quelque chose qui relève du logiciel à la fois gaulliste, gauche républicaine. Vous avez voulu opérer cette fusion.

Vous croyez que vous avez gagné, que vous avez réussi ? Mais le meilleur moyen, je veux dire, le meilleur moyen de défendre l'idée, c'est de la défendre. Ce n'est pas toujours...

Parce que moi, j'ai un peu « grenouillé », entre guillemets, c'est un peu négatif, mais dans les sphères souverainistes, comme on disait à l'époque, les républicains des deux rives, le monde parlait des nationaux républicains pour être un peu désagréable, etc. Ça, c'était la fin des années 90, début des années 2000. On a eu une espérance.

Mon premier meeting, c'est Pasqua de Villiers à Lille pour les Européennes en 1999. C'est la campagne de Chevènement de 2002 où je suis simple militant. Je n'ai jamais prétendu l'inverse, d'ailleurs.

Donc je le redis. Mais je l'ai faite. Et puis, de manière tout à fait libre comme citoyen, 2005.

Moi, j'étais quand même assez attristé à l'époque par l'idée qu'on n'arrivait jamais à se mettre d'accord. Jamais. Ce qui est vrai.

Mais c'est toujours le cas. Le gouvernement avait deviné avec Villiers. Il fallait le démentir en 2002.

Séguin, Pasqua, Villiers, Chevènement, etc. n'arrivaient pas à travailler ensemble alors qu'ils étaient tous bourrés de talent et ils incarnaient tous quelque chose. Et j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup d'occasions manquées.

Quand Marine Le Pen est arrivée, d'abord comme vice-présidente du Front, que je l'ai découverte comme tout le monde dans les médias, je l'ai trouvée talentueuse. Et j'ai trouvé aussi qu'elle avait un nouveau logiciel. Vous voyez que Séguin, Chevènement, Pasqua n'arrivent pas à s'entendre.

Et vous vous dites qu'en amenant le souverainisme dans le Front National, ça va favoriser une entente. Mais qu'est-ce qui s'est passé ? Vous ne pensez pas au contraire que ça stérilise une partie du vote souverainiste et que ça ne peut pas faire la fusion avec le reste ?

Sous l'impulsion de Marine Le Pen, nous sommes arrivés en tête aux élections européennes de 2014 à 25% des voix. Sur un malentendu, parce qu'en tête du Congrès du Front National, c'est Marion Maréchal qui arrive. C'est-à-dire une conception qui ne reflète pas du tout ce que vous vous incarnez.

Il y a des désaccords absolument majeurs. On glose beaucoup sur ce Congrès. Il n'y a pas de campagne interne avant.

On ne va pas dans les fédérations en disant militant, moi, j'incarne...

Pardon, mais ça reflète deux idéologies. Toi, tu incarnes ça, c'est pas vrai. Il y a une part du Front National qui continue à avoir une conception qui est la sienne au départ, une conception d'une France blanche, catholique, pas tout à fait laïque.

Ce n'est pas tout à fait ce que vous, vous prétendez défendre. Moi, je pense que ce que vous dites là, ça relève un peu quand même, je suis désolé, du cliché. Ah bon ?

Oui. Il n'y a pas au Front National de défense des, disons, des valeurs chrétiennes de la France de façon très, très, très marquée. Mais vous en aurez aussi à l'UFP.

Il n'y a pas de défense d'une France blanche au Front National. Alors ça, moi, je n'ai jamais entendu, très honnêtement, de militants me dire, moi, je suis là au Front National parce que je défends une France blanche. Je vous assure que c'est vrai.

Ils se contentent de le dire sur Twitter pour certains, sur les réseaux sociaux. Et j'entends beaucoup de choses, ce sont des Français et des Françaises, comme les autres, qui sont, alors c'est vrai, plutôt de classe populaire ou de classe moyenne. Pas tous.

Et qui viennent là parce qu'ils sont d'accord avec nous sur tel ou tel sujet ou sur l'ensemble des sujets. Mais moi, je pense qu'il faut quand même, au-delà moment, les respecter dans leurs convictions. Mais attendez, je respecte fondamentalement, mais je pense qu'il y a des gens qui ont des motivations radicalement différentes.

Et j'ai interviewé ici même, dans cette émission, Marion Maréchal, vous n'avez pas la même vision de la France. Mais ce n'est pas dramatique. Ce n'est pas une question que ce soit dramatique.

On n'a pas tout à fait la même conception sur certains sujets. On le sait, on ne va pas s'en cacher. Ma question, elle est en termes politiques.

Quand on nomme dans l'ordre de tour un vice-président qui s'interroge sur l'usage du Zyklombé dans les chambres à gaz, il y a quand même au Front National certaines personnes qui ont des sujets de réflexion un peu étonnants, non ? Alors, vous parlez de Jean-François Jalc, je vais être en grande justice avec lui parce que je le connais bien. J'ai eu beaucoup de discussions avec lui.

Ses idées négationnistes ou je ne sais quoi, lui sont tout à fait étrangères. Ça lui est venu comme ça ? Non, ça ne lui est pas venu comme ça.

Comme par hasard, à ce moment-là, sortirait un article de l'an 2000, d'il y a 17 ans. Donc il n'a jamais tenu ces propos-là ? Mais il l'a dit, il porte plainte en diffamation.

Non, mais si ça a été écrit et qu'il n'a pas porté plainte au moment où ça a été écrit, oui, mais il n'a pas porté plainte en 2000 quand c'est sorti. Non, non, non, pas du tout. C'est en 2005, une élève en journalisme qui rapporte des propos qu'il aurait tenus en l'an 2000.

Elle a dit, d'ailleurs, j'ai les preuves, j'ai des enregistrements, il faut les sortir à ce moment-là. Pour moi, il y a quelque chose qui cloche là-dedans. Par contre, je le comprends dans le contexte d'un second tour présidentiel.

C'est un complot, c'est ça ? C'est une petite manœuvre de campagne de second tour présidentielle. Mais surtout que ça tombe sur lui, je vais vous dire, c'est quelqu'un que j'aime bien.

Il y a vraiment un cent millieux de ces histoires-là. Donc au Front National, l'histoire du Front National ne vous intéresse pas ? C'est vrai que ça ne m'intéresse pas, mais à ce moment-là, faisons-le pour tout le monde.

Les militants qui adhéraient à l'idéologie du Front National d'avant, ça ne vous intéresse pas ? C'est ça qui m'étonne. Laissez la possibilité aux responsables politiques d'évoluer aussi ou de faire évoluer une structure qui a connu un passé qui n'est pas le mien.

Moi, je ne me suis pas engagé du temps où Jean-Marie Le Pen était président du Front National. Je ne me serais certainement pas engagé au Front National en 1972, parce que je ne sais pas ce que j'aurais pensé exactement en 1972, mais en tout cas, j'ai toujours été gaulliste. Donc je ne me serais certainement pas engagé dans un mouvement qui était furieusement anti-gaulliste.

Ça, c'est certain. Oui, et il y en a encore des soutiens de l'OAS. L'OAS, je ne sais pas, c'est un peu vieux.

Il y a quelques nostalgiques de l'OAS. Si, si, si, vous savez, ça a beau être vieux, il y a des gens qui s'en souviennent, qui ont de la mémoire et qui vivent encore là-dedans. Mais il y a des gens dans le sud de la France qui ont vécu une histoire familiale compliquée, ça reste.

Et c'est respectable aussi, parce que c'est une histoire qui a été douloureuse pour beaucoup de Français. C'est vrai. Moi, ça fait partie de l'histoire de France, donc ça fait partie de mon histoire.

Mais ça ne fait pas partie de mon histoire personnelle. Je n'ai personne dans ma famille, de près ou de loin, qui a été liée à l'Algérie. On ne peut pas faire abstraction de tout ça.

D'ailleurs, vous dites que vous êtes toujours dans l'histoire gaulliste. Et il y a beaucoup de monde, c'est au Front National. Beaucoup.

Alors, il serait idiot. Vous citez en permanence de Gaulle, chevènement. Emmanuel Macron aussi, il y a fait allusion.

Il vous a même piqué Jeanne d'Arc. Vous ne vous dites pas qu'il a réussi en face ce que vous, vous n'avez pas réussi de ce côté-là ? C'est-à-dire que lui, il est prêt à reprendre tout, à peu près tout.

Il a une agence de com' qui lui dit, écoute, telle, telle, telle, telle personnalité, telle figure de l'histoire de France est plutôt populaire. On dépasse les 50% d'après le sondage qu'on vient de faire. Donc, tu vas l'utiliser dans un discours ?

Parce que le Front National, en l'occurrence, dans ses discours, Marine Le Pen n'a jamais repris Jaurès, Blum. Oui, mais toujours sous un angle très politique. Mais lui aussi.

Non, non, non. Dans un autre sens. Ou alors, expliquez-moi ce qu'il y a de gaulliste chez Emmanuel Macron et dans sa politique.

Moi, je cherche encore, je n'ai pas trouvé. Autant quand Marine Le Pen défend l'idée...

Dans sa politique, on verra. C'est autre chose. On verra, mais quand Marine Le Pen défend l'idée d'une France qui est souveraine, qui est indépendante, qui quitte le commandement intégré de l'OTAN, c'est ce qu'a fait De Gaulle, une voie dans le monde qui soit une voie d'équilibre et non pas une voie inféodée à telle ou telle grande hyperpuissance.

On peut prendre les problèmes par tous les bouts, mais quand même, il y a une certaine filiation. Moi, je suis désolé. Je ne suis pas choqué quand Marine Le Pen cite De Gaulle.

Je le suis infiniment plus quand c'est Emmanuel Macron. Vous avez déclaré il y a quelque temps que vous quitteriez le Front National s'il abandonnait l'idée de sortir de l'euro. Pourquoi ?

Parce que je ne suis pas quelqu'un de sectaire ou qui fait des caprices ou quoi que ce soit. Je pense qu'il faut hiérarchiser les sujets. Je peux être en désaccord avec tel ou tel point du programme.

Ce n'est pas grave. Mais quand ça touche à des sujets qui sont essentiels, qui fondent, moi, mon engagement politique, et ce n'est pas simplement une monnaie, derrière la monnaie, il y a la question de la liberté de la nation et de la politique qu'on mène. C'est trop.

Moi, je ne pourrais pas rester dans un mouvement qui abandonnerait le souverainisme. Non, je ne peux pas. Dans l'état actuel des choses, on peut penser un rapport de force dans l'Union européenne sans mettre sur la table tout de suite, au préalable, la sortie de l'euro qui pose d'énormes problèmes en termes de fuite des capitaux, entre le moment où on l'annonce et le moment où on le fait réellement, enfin, des tas de choses qui plaident en faveur peut-être d'un autre processus.

Oui, l'idée serait de dire qu'on va le faire, mais on ne le dit pas. D'abord, je pense que ça ne sert à rien électoralement. Parce que si demain, le FN renonçait à la sortie de l'euro, un, il ne faut pas croire que d'un coup, les médias deviendraient extrêmement gentils avec nous, ainsi que nos adversaires politiques, en nous donnant raison.

Évidemment, très vite, et ils auraient raison, se poser la question de notre crédibilité. Ça fait 15 ans. Là, il s'est un petit peu posé, déjà, rien que dans le passage entre sortie de l'euro, ensuite monnaie commune.

Oui, mais ça, je peux venir après, si vous voulez. Ça fait 15 ans qu'on dit quelque chose, et on nous dirait, mais attendez, vous racontez des carabistouilles depuis 15 ans. Et puis ensuite, on tirerait le fil.

Mais attendez, vous êtes certains aussi sur les frontières, sur Schengen ? Vous ne croyez pas aussi que vous vous trompez ? Bon, et peut-être même la question de l'immigration.

Oui, mais de toute façon, le programme du Front National sur certains sujets a pu changer du tout au tout au moment où Marine Le Pen est arrivée en tête. Oui, il y a quand même quelques constantes depuis quelques années qui sont assez claires. Le Front n'a jamais été favorable à l'immigration massive, n'a jamais été favorable à l'Europe fédérale.

Sur les questions d'éducation, ça a quand même viré de... 180 degrés, c'est quand même assez impressionnant.

Oui, mais depuis quelques années. Mais c'est assez étonnant de voir des cadres d'un parti et des militants qui acceptent un virage en 180 degrés et qui continuent avec la même ferveur. Moi, j'avoue que...

Vous savez, ça, c'est comme ça. Et le choix au dernier moment d'avoir changé, là, entre la sortie de l'euro et le passage à la monnaie commune, au dernier moment, là, juste avant l'élection, la monnaie commune...

C'était pas une erreur ? Ce qui a été probablement une erreur, c'est que toute la communication a été brouillée. Bah oui.

La dernière semaine, moi, je pense que...

Moi, je vais vous dire, la question de l'euro, elle me fait pas peur. Moi, j'ai eu 10 000 débats sur le sujet. Je pense qu'on peut avoir des arguments simples, concrets, qui sont convaincants sur le sujet.

Mais bien sûr, moi, je sais expliquer ce que c'est qu'une monnaie commune, non ? Il n'y a pas de problème, mais Marine Le Pen n'a pas su le faire pendant son débat. Non, mais même pas simplement la monnaie commune.

Je pense que simplement dire pourquoi il faut abandonner la monnaie unique et avoir des monnaies nationales, c'est un enjeu économique, mais c'est aussi un enjeu politique. Parce qu'aucune politique...

En effet, il y a des tas de gens qui l'expliquent de façon assez intéressante. Oui, je pense qu'on peut l'expliquer. Mais c'est dommage de ne pas avoir réussi.

À partir du moment où on donne le sentiment, nous-mêmes, de ne plus être convaincus de ce qu'on dit et de rajouter des éléments de complexification, etc., alors là, ça fait paniquer tout le monde. Alors là, les gens commencent à vous dire, et on l'a entendu sur le terrain, mais attendez, on aura quoi ?

Est-ce que ce n'est pas votre ligne qui a gagné dans les arbitrages ? Non, je pense qu'on aurait dû être beaucoup plus simple et clair, c'est tout. Oui, ce n'est pas votre ligne qui a gagné dans les arbitrages.

Non, mais on était pris dans le tourbillon du second tour et restait cinq jours de campagne. Et qui a décidé, si ce n'est pas vous ? Mais la monnaie commune, ce n'est pas quelque chose qui a été totalement nouveau.

Non, mais d'accord, mais qui a décidé de mettre ça en avance ? Mais ce n'est pas une question de décision sur le fond, c'est une question simplement d'explication et de communication, vraiment. Vous êtes quand même beaucoup trop habitué aux médias.

Mais non, mais je vous assure. Honnêtement. Je sais que ça fait partie de ce que vous êtes, de votre personnage.

Vous saturez les médias avec une présence précise, presque technocratique. Mais c'est...

Non, non, ne le niais pas. On est d'accord, ça fait partie de votre stratégie. Je sature beaucoup moins que d'autres.

Non, je pense que vous tenez l'accord, là, honnêtement. Oui, oui, oui, il y a eu des...

Non, c'est parce que...

Vous êtes très, très, très présents. C'est parce qu'au fond, on n'est pas très nombreux, donc effectivement, c'est focalisé plus sur quelques individus. Vous ne vous dites pas par moment que c'est peut-être un peu trop, ou que c'est un tort, ou qu'il faudrait fonctionner différemment, que c'est un piège de paraître en permanence sur des chaînes d'infos, à commenter l'actualité ?

Il y a déjà énormément d'invitations que je ne prends pas, parce que c'est ingérable. Maintenant, on s'est quand même plein, et à juste titre, pendant des années, qu'on n'avait pas assez de présence médiatique, ce qui était vrai. D'ailleurs, ce qui va redevenir vrai, parce que là, il y a eu l'exception de la campagne, où on va retomber, vous allez voir, à 10% du temps d'antenne, ce qui est très faible par rapport à notre poids électoral.

Et en même temps, on dirait à nos électeurs, on refuse des passages médiatiques. Il y a une question que je voulais vous poser, depuis longtemps. Vous avez expliqué un jour à une journaliste que vous aviez tractée pendant ma campagne législative en 2002.

Mais ce n'est pas que ça m'agace, c'est que...

Vous n'avez pas à souvenir ce qui est normal. Il y avait trois personnes qui tractaient. Pour moi, je les connaissais.

Non, mais alors je vous explique...

Alors, je vous explique...

Pourquoi ? Pourquoi expliquer ça ? Parce que c'est vrai, vous êtes arrivés une fois.

C'est...

Donc, en 2002, Natacha Polony était identifiable. Enfin, Philippe n'était absolument pas identifiable. Donc, il est normal que moi, je me souviens, n'aie pas vous.

Après, c'est arrivé...

Mais sur trois personnes, j'arrive quand même à me souvenir. Mais c'est arrivé une fois. Je peux même vous dire une chose, et je ne vois pas pourquoi je le saurais.

Vous étiez candidat dans le 13e arrondissement. Oui, mais ça, tout le monde le sait, c'est officiel. Non, c'est ce que je lui ai dit à l'époque.

Je veux se retrouver...

Alors, je vais vous dire, je ne sais pas comment. Je me suis retrouvé une après-midi embarqué dans une équipe de distribution de tracts, et c'était vous la candidate. Mais ça n'a rien de...

J'espère que ça ne vous a pas causé de problème. Sinon, je l'aurais gardé pour moi. Je veux dire, j'étais chevetementiste.

Je ne pense pas que le chevetementisme soit une tare aujourd'hui. C'est que malheureusement, il y a une espèce de terrorisme en France qui fait que... intellectuel, qui fait que tout ce qui s'approche, même malgré soi, du Front National, de ce grand méchant Front National, peut avoir quelques soucis.

Donc, j'espère que ça ne vous a pas causé de soucis. Nous n'avons pas fait compagnie ensemble. Nous n'avons jamais été dans le même mouvement.

Et je me suis retrouvé par hasard dans une équipe. Ce qui est étonnant, c'est...

Oui, justement, si c'est par hasard dans une équipe, c'est assez étonnant d'être prouvé besoin de l'expliquer. Non, je crois qu'on m'a posé une question. Est-ce que vous l'avez déjà rencontré ou quoi que ce soit ?

C'est tout. Dernière question. Donc, nous avons un Premier ministre, Édouard Philippe, ancien jupéiste, rocardien avant cela.

J'imagine que vous avez commenté déjà sur les plateaux de télévision. Cette vision d'Emmanuel Macron, choisir quelqu'un qui a finalement le même genre de parcours, le même âge, la même histoire, est-ce que ça signifie pour vous que vous allez attaquer là-dessus sur ce qui l'incarne, c'est-à-dire l'ENA, ou est-ce que vous allez, à un moment donné, vous dire on va attendre ? C'est-à-dire, on va attendre de se demander si ces gens-là peuvent réussir.

Il n'y a pas un Français qui pense que ce gouvernement peut réussir. Je crois qu'il n'y a que 16% des électeurs de second tour de M. Macron qui ont voté pour son programme 1 sur 6.

Donc, c'est un...

Il nomme un Premier ministre qui est proche de Juppé, c'est-à-dire qu'il réussit à faire ce qu'il voulait faire. La recomposition, elle réussit en face. Moi, ça, je m'en réjouis.

Ça faisait des années qu'on disait il faut arrêter avec cette mascarade du clivage gauche-droite qui est fausse et qui ne fait pas avancer le débat et la France. On va arriver...

On arrive au vrai clivage entre eux, c'est-à-dire les mondialistes. Ils partagent la même vision, c'est-à-dire la finance au pouvoir, mais aussi, au-delà des questions économiques ou de souveraineté, parce qu'évidemment, ils sont pour l'Europe fédérale, mais c'est aussi une certaine vision de la France, l'idée que ce qu'a dit Macron, il n'y a pas de culture française, les arts français, je ne les ai jamais vus. C'est le règne de gens qui ne comprennent pas fondamentalement ce qu'est la France, qui ne la vivent pas dans leur trip, qui probablement ont assez peu lu la littérature française.

Emmanuel Macron a lu la littérature française. Alors, il n'en a pas gardé grand-chose. Alors, il n'en a pas gardé grand-chose.

Mais quand on a lu la littérature française, on ne dit pas qu'il n'y a pas de culture française. Il connaît l'histoire. Visiblement, il a une certaine...

Il connaît moins bien sa géographie, alors. Parce que l'île de Guyane...

Non, mais ça, on est...

Ou ville urbaine, dans la banlieue lilloise. D'accord. Est-ce qu'il vous arrive de douter ?

C'est-à-dire de vous dire, si ça se trouve, je me plante...

Vous vous voyez où dans 10 ans, dans 15 ans ? Alors, oui, je doute, bien sûr. Et le meilleur moyen de remplir son doute, c'est de...

Moi, je pense de lire. De lire pas simplement des essais. De lire quoi ?

Alors, tous les essais. Moi, je suis fan de certains auteurs, Todd, Guy Lui, Sapir, vous vous direz, mais je reste dans ma sphère. Des essais contemporains.

Oui, là, c'est très...

Je reste dans ma sphère, entre guillemets, sans les compromettre. Ils ne sont pas avec nous. Bon, je précise.

C'est une question de compromis. Je pourrais l'ajouter en bas de l'écran. Mais vous, vous lisez du...

Des essais contemporains. Ces trois personnalités récusent l'idée qu'elles soient au front national. Voilà.

Mais en même temps, Balzac, c'est lire...

Là, on m'a offert une édition de Alphonse Dodé. J'avais déjà lu quelques contes, contes de Noël, notamment Garigou et les trois messes, mais quand j'étais plus petit. Mais je relis ça, surtout dans une édition qui sent l'ancien.

Voilà. Dans 10 ans, dans 15 ans...

Alors, je ne dis pas que ça remplit les doutes, mais ça permet, je pense, de réfléchir. Dans 10 ans, dans 15 ans, vous serez en train de lire vos livres ou vous serez...

Je serai toujours en train de lire mes livres, mais je ne sais absolument pas, absolument pas où je serai. Vous rêvez de quoi ? Je rêve de pouvoir aider mon pays, c'est tout.

Et je ne sais pas dans quel état il sera dans 10, 15 ans. J'espère, j'espère. Je prie vraiment pour qu'il se soit redressé.

Je pense qu'en effet, ce qui est le plus grave, ce serait que les haines se creusent. Je ne sais pas si vous avez choisi la voie qui va permettre d'empêcher que les haines ne se creusent. Je le pense.

Et c'est tout le problème. Mais en tout cas, nous verrons dans 10 ou 15 ans où on en sera et où sera la France. Au revoir.

Merci. Au revoir.