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interviewFrançois Ruffin· 18 juin 2018 7 min

LE BOUCHER DU DÉPARTEMENT - Ruffin

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Le point sur lequel il faut insister c'est l'absence de démocratie. C'est pour parler autrement, c'est que vous êtes pris pour des cons. Et qu'on est pris quoi pour des cons.

Et que même le rectorat en l'occurrence est pris pour un con parce que monsieur saumon il n'avait rien annoncé, Il avait déclaré à tout le monde que tout ça c'était des rumeurs. Qu'il n'avait pas de problème qui avait pas de souci que tout continuera comme avant. Et qu'il a sorti de sa pochette surprise il y a maintenant une semaine que finalement c'était pas seulement un seul collège qui allait fermer mais trois collèges et ça il l'a sorti sans en avoir parlé à personne et en ayant daigné cette situation pendant des années et y compris on à ses engagements lorsqu'il s'est fait réélire en 2014 il me semble parmi ces 7 engagements, Il ne parle à aucun moment la fermeture du collège de Domart la fermeture de Guy Mareschal ou de la fermeture de Feuquières.

Ce dont il parle dans ses engagements c'est de quoi ? C'est de rénover et de moderniser de mettre de l'argent à Feuquières et à Domart en Pontieu. Et à aucun moment il ne parle de la fermeture.

Donc le premier point c'est une question de démocratie c'est que si ce genre de décisions là doivent être prises elles peuvent pas être prises en dix jours, avec annoncé la semaine dernière donc Donc il me semble qu'on était le 8 ou le 9 juin et validées le 27 juin on n'en parle plus c'est le premier point c'est pour le premier point sur lequel on doit se battre c'est que des décisions qui engagent l'avenir de nos enfants et l'avenir du département elles sont pas prises en 15 jours sur un coin de table elles doivent être discutées elles doivent être discutées avec les enseignants elles doivent être discutées avec par les parents d'élèves et elles doivent être discutées aussi avec des experts et des pédagogues en matière d'éducation parce que c'est la deuxième chose j'ai lu le projet du département là, Comment on appelle ça ? Le déroulé, il a fait une série de diapositives. Et il nous présente une série de diapositives, là dedans je ne sais pas sais pas si monsieur Somon il est en charge de l'éducation Ou s'il est responsable de l'hôtellerie parce que la seule chose qui l'intéresse C'est le taux d'occupation taux d'occupation.

Taux d'occupation, taux d'occupation à aucun moment dans ce document il n'y a le mot réussite. À aucun moment dans ce document il n'y a le mot pédagogie. À aucun moment dans son document il n'y a le mot éducation.

On est dans un département où malheureusement on le sait, Le taux de jeunes qui ne sait pas lire, ou qui a des graves difficultés de lecture est de 50% supérieur à la moyenne nationale 50% au dessus la moyenne nationale. Normalement on devrait mettre des moyens pour rattraper, et c'est l'inverse qui se produit. Avec les suppressions de classes dans les écoles.

Et là avec carrément la suppression de trois collèges sur le département. Et moi d'emblée j'avais demandé. À Vincent, à mon attaché et puis à toute l'équipe de Picardie Debout !

Je leur avais dit mais est ce qu'il n'y a pas un lien entre la taille des collèges et la réussite éducative ? Est ce que on réussit mieux ou moins bien dans un petit collège ? Et parce que Somon disait qu'il n'y avait pas de problèmes Qu'on réussissait aussi bien dans un grand collège que dans un petit.

On a sorti on a trouvé un document. C'est c'est une donnée du site du ministère de l'éducation nationale Plus le collège est grand, en milieu socialement défavorisé et malheureusement c'est le cas pour Guy Mareschal, c'est le cas ici pour Domart-en-Ponthieu. C'est le cas pour Feuquières-en-Vimeu, dans les trois cas on est sur du socialement défavorisé.

Et dans les trois cas qu'est ce qu'on voit ? On voit on voit la courbe rouge là. On voit la courbe rouge la troisième qui plonge.

Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que plus il y a de monde dans un collège plus la réussite est faible. Là on a une donnée scientifique.

Moi ce que j'aimerais c'est que monsieur Somon, il vienne nous fournir d'autres données scientifiques. Qu'il vienne nous montrer, par exemple pas s'il va y avoir un allongement du temps de transport aussi pour les élèves, pour les collégiens. Qu'on vienne nous démontrer que l'allongement du temps de transport n'a pas de conséquence sur la réussite éducative de vos enfants.

Aujourd'hui il y a eu zéro discussion il y a eu zéro débat sur le plan pédagogique. On est en train de parler la fermeture de trois collèges et le seul mot qu'il a à la bouche c'est budget et taux d'occupation. Mais qu'il se recycle dans l'hôtellerie.

Vous savez monsieur Somon, il paraît qu'il est véto. Il est vétérinaire. Moi j'ai plutôt l'impression en la matière que c'est un boucher qu'un vétérinaire.

Le taux d'occupation, je vais vous donner, je vais vous citer une étude. Une étude américaine qui a été réalisée qui s'appelle le Pery School project. Qu'est ce qu'ils ont fait ?

Ils ont pris 100 gamins, 100 gamins de milieux défavorisés ils ont investi très fortement sur le plan éducatif dessus, Et sur le plan social. Ils ont pris 100 gamins d'un ghetto pareil. Et ils n'y ont pas touché ils n'ont rien fait dessus.

Et ce qu'on découvre des années plus tard c'est que l'investissement éducatif a été hyper rentable parce que les gamins sur les cas à qui on a donné plus en termes d'enseignement, en termes d'encadrement en termes d'éducation. Et bien derrière ils se retrouvent avec boulots stables, avec pas de problèmes. Tandis que les autres ils sont dans la galère permanente.

Donc voilà, les euros qu'on met aujourd'hui sur l'éducation des enfants. Ce sont des euros que l'on retrouve en double ou en triple plus tard. Le dernier point sur lequel je veux insister.

C'est quand Somon dit, ça serait définitif. Le 27 on le vote, et ça sera définitif. Il n'y a rien de définitif.

Dans la vie est ce qu'un seul truc définitif c'est la mort. Le reste c'est pas définitif ce que les élus ont défait, ils peuvent très bien le refaire. En tout cas nous notre bagarre, elle ne doit pas s'arrêter le 27.

Si notre bagarre, elle s'arrête le 27 ça veut dire que c'est cuit. Parce qu'évidemment en une semaine, on va avoir du mal à mobiliser assez et ainsi de suite. À le bloquer.

Il faut que la fermeture de ces trois collèges, elle soit sur Somon, Et sur les élus du conseil départemental qui le voteront, le mercredi 27. Il faut que ça soit un boulet qu'ils trainent. Ça veut dire qu'il faut que ça soit un boulet qu'ils traînent à la rentrée, Que ca soit un boulet qu'ils traînent en décembre.

Que ça soit un boulet qu'ils traînent en janvier, fevrier, mars. De l'année prochaine, que ça soit un boulet qui devienne suffisamment lourd à leurs pieds. Qui nuise suffisamment à leur image.

Pour qu'ils reviennent dessus. La bagarre ça sera pas définitive le 27. Il faut que vous mettiez ça dans les têtes.

Sinon vous allez vous prendre un gros coup et ça sera terminé vous aurez le moral à zéro. C'est ce qu'on appelle une prophétie auto-réalisatrice. Il veut vous faire croire que le 27 c'est terminé et si vous mettez à le croire, vous avez perdu.

Il faut pas qu'on accepte son temps à lui il faut qu'on accepte notre note temporalité à nous. Vous voyez ? Et donc ça veut dire que la bagarre là elle va commencer on va la mener, et on va la mener cette semaine.

Je crois qu'il y a un rendez vous à Feuquières-en-Vimeu, jeudi soir c'est ça, à 17H? Où monsieur Somon vient, et où il s'agit qu'ils soient correctement et dignement accueilli. Mais ça ne suffit pas, ça va pas s'arrêter jeudi, et ça ne doit pas s'arrêter le 27.

Si vous voulez vous bagarrer c'est une bagarre qui est lancée dans la durée. On doit pas se démoraliser le mercredi 27 au soir. Voilà ce que j'étais venu vous dire, et à la fin c'est nous qu'on va....

Gagner ! Et à la fin c'est nous qu'on va ? Gagner !

Mais il va falloir se déchirer hein !