Clémentine Autain : défendre l'audiovisuel public, c'est la défense d'un bien commun
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:28Invité politiqueChiffre
« depuis 2008, c'est 1,3 million d'euros qui ont été enlevés au service public. C'est pas simplement des centaines de millions parce qu'il faut le comparer à l'inflation. Vous avez 30 % d'inflation depuis 2008. »
- 2:11Invité politiqueChiffre
« 69 % des Français considèrent que l'audiovisuel public fonctionne bien. C'est seulement 39 % dans les autres services publics. »
- 3:37Invité politiquePromesse
« une contribution citoyenne pour l'audiovisuel public est indispensable »
Temps de parole
- Clémentine Autain100 %
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Merci pour la mobilisation qui est la vôtre et pour la grève parce qu'elle est pas simplement la défense de vos droits, de vos conditions de travail, c'est la défense d'un bien commun qui est particulièrement cher dans le contexte actuel où nous voyons euh une petite oligarchie avoir la main mise sur l'information et la culture où nous voyons de l'ingérence étrangère, où nous voyons le pluralisme des médias particulièrement menacés. Et donc la première chose que m'inspire la loi de Rachidati, c'est qu'elle va absolument à l'envers par rapport à ce que nous avons besoin de faire. C'est que nous avons besoin de faire, c'est d'affirmer que l'information et la culture sont des biens communs.
C'est-à-dire que le service public nous permet de lutter contre cette marchandisation et cette main mise du privé et d'un tout petit nombre qui a en plus une idée politique en tête ultra conservatrice, raciste et que ce projet-là, on ne peut pas le combattre, on ne peut pas s'en défendre si on ne défend pas le service public. Ça c'est la première chose. La deuxième c'est que ce qui vous arrive c'est ce qui arrive dans tous les services publics depuis les années 80. On commence par enlever des moyens, faire des économies, restructurer. L'hôpital connaît bien ça.
Vous savez, les regroupements avec les les GHT, c'est exactement la même logique que la proposition de holding qui vous est faite aujourd'hui. Et en fait, progressivement, à force de vous envoyer des de vous enlever des moyens et là, ils sont considérables puisque depuis 2008, c'est 1,3 million d'euros qui ont été enlevés au service public. C'est pas simplement des centaines de millions parce qu'il faut le comparer à l'inflation. Vous avez 30 % d'inflation depuis 2008. Donc si vous le mettez en comparaison, là les sommes elles deviennent gigantesques.
Et c'est ce que vous ressentez sans doute dans vos conditions de travail parce que si on réduit les budgets, ça veut dire que vous devez partout faire des efforts, qu'il y a des contraintes, qu'on supprime ce qui n'est pas rentable puisque les logiques de rentabilité et les normes du privé se sont insérées dans le public. Et à partir de là, c'est la logique qui conduit ensuite à dire il faut privatiser. Donc on connaît bien cette mécanique là et c'est une mécanique dangereuse pour la démocratie. C'est une mécanique qui ne peut pas nous permettre de lutter contre la vague Trumpis qui nous arrive.
Et donc c'est pourquoi il y a une forme de gravité dans le moment que que l'on traverse et dans la lutte que vous menez. Et c'est pourquoi je souhaite la saluer et aussi peut-être que ça a été dit je suis pas arrivé au tout début. Enfin, ce qui est quand même impressionnant, c'est que dans ce contexte là, malgré tout, 69 % des Français considèrent que l'audiovisuel public fonctionne bien. C'est seulement 39 % dans les autres services publics. Donc, c'est une prouesse. Donc, on se demande aussi pourquoi vouloir impérativement encore casser, restructurer, enlever des moyens à un service public dont les Français sont particulièrement satisfaits.
C'est de la casse organisée parce qu'ils n'ont qu'une seule qu'un seul objectif en tête, une espèce de de fable neurolibérale qu'on nous sert à de Noséam. Et là, ça continue et c'est pourquoi merci de vous soulever et il faut impérativement que ce soit quelque chose de citoyen parce que pour financer notre audiovisuel public, on va pas s'en sortir sans moyen et je pense que le moment est aussi venu d'être en proposition contre la concentration dans les médias. Ça, il faut faire une grande loi anticoncentration dans les médias.
Mais il faut aussi affirmer qu'une contribution citoyenne pour l'audiovisuel public est indispensable parce que réhabiliter l'impôt, ça passe aussi par donner du sens à ce pourquoi on en donne. Et je pense que cette contribution citoyenne, elle est de nature à faire qu'on ait une meilleure offre d'audiovisuel publique, mais aussi de redonner du sens à ce pourquoi on met de l'argent dans nos impôts. C'est pas pour payer les grands groupes économiques et c'est pas pour faire en sorte que les hyper riches payent toujours moins d'impôts. C'est pour que on ait un bien commun qui soit chéri et dans le moment actuel, c'est fondamental.
Clémentine Autain