Philippe Brun - L'interview politique du 03/11/25
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:52OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes optimiste sur l'adoption du budget dans 15 jours ?
- 2:13OuverteRéponse directe
La taxe Zuckmann a été rejetée, c'est un revers sérieux pour le PS ?
- 3:55OuverteRéponse directe
Vous êtes en train de discuter avec le Premier ministre, mais Gabriel Attal met des bâtons dans les roues ?
- 5:52OuverteRéponse directe
Qui dit censure dit dissolution, vous assumez ce risque pour le PS ?
- 8:05OuverteRéponse directe
Jean-Luc Mélenchon vous accuse d'avoir changé d'alliance, qu'est-ce que vous lui répondez ?
- 9:13OuverteRéponse directe
Raphaël Glucksmann est-il un bon candidat pour la présidentielle ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20Invité politiqueChiffre
« Il reste plus de 2400 amendements, si je ne m'abuse, à étudier sur cette première partie. »
- 1:07InvitéFait
« On a réindexé les pensions de retraite sur l'inflation, on a réindexé les minima sociaux, on a supprimé la taxe sur les affections de longue durée. »
- 1:32InvitéFait
« On a suspendu la réforme des retraites, on a créé une vraie taxe sur les GAFAM, on a fait une taxe sur les superdividendes. »
- 2:04InvitéChiffre
« On a augmenté la surtaxe sur l'impôt sur la société, elle était à 4 milliards, on l'a augmenté à 6 milliards. »
- 3:05InvitéPromesse
« Sébastien Lecornu s'est engagé à maintenir ce qui a déjà été adopté en commission et dans l'hémicycle sur ce que je viens de vous dire sur la classe populaire et la classe moyenne. »
- 3:09InvitéChiffre
« Si on va éviter ces souffrances, il faut à peu près 15 milliards de recettes nouvelles. Aujourd'hui, on est loin du compte. On est à 4 ou 5. »
- 3:28InvitéFait
« C'est le cas de M. Maillard qui était assis à ma place hier face à Frédéric Aziza et qui a dit qu'il ne votera pas le budget. »
- 7:36InvitéFait
« Vous vous souvenez, le 9 juin, quand le président de la République dissout, on dit que le RN va avoir une majorité absolue. »
- 9:15Invité politiqueChiffre
« Il y a quand même un sondage Elab qui a été publié hier dans la tribune dimanche, son badge présidentiel 2027, les socialistes font un peu pâle figure. »
- 9:59InvitéChiffre
« Les sondages qui nous intéressent en ce moment, c'est les sondages législatifs, où le PS, on est à 20% et les filles à 9%. »
- 11:30InvitéChiffre
« 75% des Français disent qu'ils ne voteront jamais pour lui. »
Temps de parole
- Invité72 %
- Philippe Brun25 %
- Présentateur3 %
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7h45 sur Radio-J, place à l'invité politique du jour. Aujourd'hui, Philippe Brun, député PS de l'heure, est au micro de David Rovodallon. Bonjour à tous les deux messieurs.
Bonjour Philippe Brun. Bonjour David Rovodallon. Alors, le budget, bien sûr, les débats reprennent aujourd'hui. Précisément, le volet recette du projet de loi de finances, ça reprend à l'Assemblée. Il reste plus de 2400 amendements, si je ne m'abuse, à étudier sur cette première partie. Ce qui laisse franchement planer le doute sur le vote solennel prévu demain, mardi après-midi à l'Assemblée. Ça va être mission impossible de conclure dans les délais.
Le vote solennel n'aura pas lieu demain, nous le savons. Demain, on commence le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Et donc, on sait qu'on va décaler d'une semaine la fin du débat sur les recettes. Et cela aura donc lieu la semaine prochaine. Donc, dans 8 jours, on reprendra le débat. Et donc, ce sera un vote probablement dans 15 jours.
Alors, qu'est-ce qui va se passer ? Est-ce que vous êtes optimiste, je dirais, confiant sur le fait que dans 15 jours, cette première partie soit adoptée, vu la tournure des débats ? Après, on va rentrer dans le détail des mesures, bien sûr.
Bon, alors d'abord, moi, je pense qu'on a obtenu un certain nombre de choses qui sont positives. C'est-à-dire que le budget qu'on a aujourd'hui, il est meilleur que la copie qui est sortie de Matignon. On a réindexé les pensions de retraite sur l'inflation, on a réindexé les minima sociaux, on a supprimé la taxe sur les affections de longue durée, on a mis de la justice fiscale en rétablissant l'ISF, on a augmenté de deux points la flat tax, c'était quand même un sacré enjeu. On a suspendu la réforme des retraites, on a créé une vraie taxe sur les GAFAM, on a fait une taxe sur les superdividendes.
Bref, donc davantage de justice fiscale, on a déchargé les classes populaires et les classes moyennes, on a aussi rétabli l'abattement de 10% sur les retraités, on a aussi réindexé le barème de l'impôt sur le revenu sur l'inflation. Comment on se parle ? Beaucoup des souffrances qui étaient proposées aux Français ont été retirées. Et il y a eu un certain rééquilibrage de l'effort, détaxé les classes populaires et les classes moyennes, et effectivement davantage d'effort demandé aux très grandes entreprises. On a augmenté la surtaxe sur l'impôt sur la société, elle était à 4 milliards, on l'a augmenté à 6 milliards. On a fait donc la taxe sur l'ISF, on a fait la taxe sur les GAFAM.
En revanche, c'est vrai, vous avez raison de lister ces acquis pour le Parti Socialiste, en revanche, le trophée numéro 1, c'était la taxe Zuckmann, et celle-là, elle a été rejetée vendredi par les députés, y compris la version allégée dite taxe Mercier. Je crois que c'est une députée de chez vous, de l'Est de la France. C'est quand même un revers sérieux pour le Parti Socialiste qui en avait fait un casus belli, disons-le.
En tout cas, c'était une proposition importante que nous avions faite. Il n'y a pas de majorité pour la voter. On a renoncé au 49-3 et l'URN votant contre, les macronistes votant contre, il n'y a que la gauche qui a soutenu cette taxe. C'est effectivement un revers. Mais notre attention, c'est de savoir est-ce qu'il y aura les recettes suffisantes pour justement épargner les efforts qui sont demandés aux Français. Sébastien Lecornu s'est engagé à maintenir ce qui a déjà été adopté en commission et dans l'hémicycle sur ce que je viens de vous dire sur la classe populaire et la classe moyenne. Si on va éviter ces souffrances, il faut à peu près 15 milliards de recettes nouvelles.
Aujourd'hui, on est loin du compte. On est à 4 ou 5. Donc, le déficit va se dégrader considérablement. Donc, on ne peut pas voter le budget tant qu'on n'a pas de certitude sur le volet recettes. Et moi, mon inquiétude, je dois vous le dire, ce n'est pas tellement nous, les socialistes ou le reste de la gauche. C'est de voir à votre micro même les macronistes dire qu'ils vont voter contre le budget à la fin. C'est le cas de M. Maillard qui était assis à ma place hier face à Frédéric Aziza et qui a dit qu'il ne votera pas le budget. Et qui pense que de toute façon, après, il faut aller aux ordonnances.
Si les macronistes font le choix du pire et ne votent pas le texte qui ressort des délibérations de l'Assemblée nationale, alors oui, il faut arrêter les frais. Il faut censurer dans la semaine et puis retourner devant les urnes parce qu'on n'a aucune garantie que les macronistes respectent le vote de l'Assemblée et votent le budget qui ressort des délibérations de l'Assemblée nationale.
Parce que si je vous suis, vous êtes en train de discuter avec le Premier ministre qui est prêt au compromis, mais de l'autre côté, vous avez le groupe macroniste dirigé par Gabriel Attal pour ne pas le citer, qui met des bâtons dans les roues aux négociations.
Absolument. Gabriel Attal et son groupe, aujourd'hui, sont dans une position du pire. Contrairement d'ailleurs à d'autres groupes, contrairement au Modem qui lui essaie de construire, on voit bien aujourd'hui qu'il y aurait quelque chose d'absolument désespérant. Parce que jour après jour, il y a les annonces à la télévision, à la radio, des améliorations que nous obtenons sur ce budget, et qu'à la fin, les macronistes votent contre et fassent finalement échec au vote souverain de l'Assemblée nationale, à toutes les victoires que nous avons remportées. Si c'est cela, alors moi je demande à ce qu'ils clarifient très vite leurs intentions.
Mais si c'est cela, alors ce n'est pas la peine de continuer le débat budgétaire. On ne va pas rester deux mois de plus à voter des choses positives dans l'hémicycle, et après voir les macronistes voter contre à la fin et donc tout bloquer. Pour débloquer, il faut que les macronistes disent cette semaine ce que sont leurs intentions, quel est le respect qu'ils entendent mettre en place des délibérations de l'Assemblée nationale.
Si ce n'est pas le cas, vous le disiez, il faut censurer dans la semaine. Mais censurer dans la semaine, très probablement, ça veut dire dissolution dans la foulée.
C'est simple, on n'est pas dans un jeu de rôle. Nous on a dit, on ne censure pas, pourquoi ? Parce qu'on aime bien M. Lecornu, mais parce qu'on pense qu'il faut donner un budget à la France et qu'on pense qu'un compromis est souhaitable, et nous pensons même qu'il est possible. Pour qu'il soit possible et souhaitable, il faut des acteurs qui jouent le jeu. Je crois que nous on l'a joué, et qui soient constructifs. Si on sait d'avance que cet exercice est voué à l'échec, et que les macronistes voteront contre le budget à la fin, il faut arrêter les frais. Alors est-ce que c'est une censure ? Est-ce que c'est un appel à démission ?
Bref, le débat budgétaire doit s'arrêter si on sait d'avance qu'il est voué à l'échec. Le débat budgétaire doit continuer si nous avons des garanties, sur le fait notamment qu'on pourra augmenter les recettes pour empêcher les violences et les souffrances demandées aux Français.
Alors vous n'avez pas vraiment répondu à la question, Philippe Brun. Qui dit censure dit dissolution. On va retourner aux urnes, très probablement, parce que trois premiers ministres ont un an. Je pense que le président de la République ne va pas se permettre une nouvelle crise politique qui pourrait tourner à la crise de régime en nommant un quatrième premier ministre qui vraisemblablement connaîtra le même sort que les précédents.
Oui, alors il n'a toujours pas nommé la gauche qui avait gagné les dernières élections. On pourra tout à fait dire qu'il y a encore une possibilité, c'est de nommer le camp qui est arrivé en tête, et ça débloquerait peut-être la situation.
L'impression que ce soit son objectif.
S'il dissout, nous irons aux urnes. Mais sans regret, puisque nous aurons tout tenté, tout essayé. On sera allé très très loin dans cette histoire. On aura rompu avec nos alliés qui sont LFI, et on aura défendu l'intérêt du pays devant toute autre considération. On aura gagné des votes dans l'hémicycle de manière souveraine. On aura remporté la suspension de la réforme des retraites. On aura remporté la rétablissement de justice fiscale, la protection des services publics. Si à la fin, tout cela évole à l'échec, alors il ne faut avoir aucun regret et aller devant les urnes. Et devant les urnes, on dira aux gens quel est le budget que nous, on leur propose.
Et on dira que tout a été bloqué, parce que le gouvernement, le bloc central, n'aura finalement eu qu'une seule constance, celle de protéger les milliardaires.
Alors, retour aux urnes, mais avec un énorme risque en termes de perte de circonscription pour le PS, mais en réalité pour tous les groupes de l'Assemblée nationale, à part peut-être pour le Rassemblement national. Est-ce que vous prenez ce risque, vous assumez cette part de risque pour le Parti socialiste ?
De toute façon, il faut débloquer la situation. Si le budget est rejeté, il faut de toute façon dissoudre. Si on est sûr que le budget va être rejeté, parce que les macronistes ne supportent pas les victoires que nous remportons dans l'hémicycle, alors il ne faut avoir aucun regret. À la fin, la France, il ne faut qu'elle ait un budget, donc il faut aller aux élections. Et l'histoire, la messe n'est pas dite. Vous vous souvenez, le 9 juin, quand le président de la République dissout, on dit que le RN va avoir une majorité absolue. Et à la fin, le RN est à 140 voix de la majorité absolue, donc très très loin, en vérité, de la majorité absolue.
Une campagne s'ouvrira, elle durera peut-être un mois, un mois et demi. Et puis, chacun fera valoir ses options, ses positions. En tout cas, nous avons montré, nous les socialistes, que nous étions prêts à exercer les responsabilités du pouvoir, que nous avions une proposition budgétaire. C'est le contre-budget que nous avons présenté à Blois au mois d'août et que nous étions prêts à assumer les responsabilités du pays.
Alors, vous citiez la rupture avec vos alliés. Jean-Luc Mélenchon, encore lui, hier, vous a accusé, vous, pas vous personnellement, mais vous, les socialistes, d'avoir, je cite, changé d'alliance. Ils étaient alliés à gauche avec nous, avec les communistes, avec les verts, et maintenant, ils veulent s'allier avec Attal. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Oui, d'ailleurs, vous voyez bien que le ton de mon interview montre que j'ai très envie d'être allié avec Gabriel Attal. On est dans l'ère de la post-vérité, Mélenchonienne. Sans que ça ait d'ailleurs un vrai impact aujourd'hui dans l'opinion publique. J'étais sur les marchés ce week-end, personne ne me dit cela. Mais je crois que l'histoire retiendra ceux qui ont essayé de tout faire pour éviter le pire et ceux qui ont essayé de savonner la planche pour qu'on glisse tout droit vers le pire. C'est quoi l'objectif de Mélenchon, d'après vous ?
Écoutez, il est dans une stratégie du pire, c'est-à-dire de mener au clivage le plus important possible et il pense en sortir gagnant et écraser le reste de la gauche. Mais nous résistons, nous résistons bien. Et j'ai la conviction que les gens nous suivent dans l'idée qu'on doit tout faire pour adopter un budget et que si ce n'est pas possible, alors retournez aux urnes sans regret.
Alors, vous résistez bien, mais si je peux me permettre, il y a quand même un sondage Elab qui a été publié hier dans la tribune dimanche, son badge présidentiel 2027, les socialistes font un peu pâle figure. 5,5% pour Olivier Faure, 6,5% pour François Hollande, ce n'est pas très glorieux, alors que Jean-Luc Mélenchon, il est toujours autour de 12-13% des intentions de vote.
Vous n'avez pas parlé de Raphaël Glucksmann ? J'allais y venir, j'allais y venir. Mais je cite les socialistes dans un premier temps. Oui, alors après, vous voyez bien, c'est une élection présidentielle. Donc, on ne teste pas finalement le score du parti ou législatif, et on teste le score de candidats, d'ailleurs, qui est très différent selon les candidats. Donc, si c'est fort, vous dites que c'est 5,5%. Si c'est Hollande, 6,5%. Et si c'est François, c'est 12 ou 13%. Bon, allez, tout ça est très différent. En tout cas, les sondages qui nous intéressent en ce moment, c'est les sondages législatifs, où le PS, on est à 20% et les filles à 9%.
On voit bien que la stratégie que nous avons eue, c'est-à-dire de jouer pleinement notre rôle de parlementaire, d'utiliser les institutions pour faire valoir, défendre les ouvriers et les employés, qui est plutôt, pour l'instant, bien compris par les Français.
Alors, vous l'avez cité, Raphaël Glucksmann, 12, 13%, c'est un bon candidat pour la présidentielle, pour la gauche de gouvernement ?
On verra ça assez vite, il va falloir qu'on sélectionne notre candidat. Mais il ne faut pas faire un concours de sondage. Ce qui compte vraiment, c'est le programme. 12%, ce n'est pas assez. Il faut qu'on ait un candidat qui fasse à peu près 15, 16. Vous savez que le Parti Socialiste est engagé dans un processus de candidature commune avec les écologistes et les communistes. Nous espérons que ce processus ira au bout. Et le candidat qui sortira de ce processus, à mon avis, sera au tour de 15, 16. Et donc, on aura de sérieuses chances d'être au deuxième tour de l'élection présidentielle.
Donc, vous pensez que la primaire, avec les communistes, les écologistes, est sur de bons rails, même si, précisément, Raphaël Glucksmann, lui, pour l'instant, il ne veut pas y participer.
Il faut le rappeler. Oui, mais je crois qu'il faut, de toute façon, un mécanisme commun de désignation. On ne pourra pas s'en sortir avec les sondages des uns et des autres. Puis, on voit bien, d'ailleurs, quelle est leur réalité. Les sondages s'essoufflent, s'effondrent toujours à proximité des élections. Il n'y a de solide que des racines. Les racines, c'est les socialistes, les écologistes, les communistes, ensemble, qui doivent porter une candidature de gauche alternative, qui, elle, peut gagner. Car on sait très bien que Jean-Luc Mélenchon, malgré tout son talent, je le reconnais, malgré ses qualités d'orateur, ne gagnera pas le deuxième tour de l'élection présidentielle.
75% des Français disent qu'ils ne voteront jamais pour lui. C'est seulement 45% pour l'extrême droite. Donc, on voit bien que c'est le toboggan vers l'extrême droite. Donc, il faut une candidature de gauche qui puisse être au deuxième tour et qui puisse gagner face à l'extrême droite. Et c'est ça qu'il faut construire ensemble.
Est-ce que, pour conclure avec un mot sur la situation au Proche-Orient, vous êtes inquiet ? Le cessez-le-feu, pour l'instant, tient, malgré quelques accros il y a quelques jours. Vous êtes optimiste sur la suite des opérations, sur la paix éternelle promise par Donald Trump ?
C'est vrai qu'il y a eu ces bombardements et ces 90 morts qui ont un peu touché les espoirs de ceux qui pensaient que les armes se teraient définitivement. Il faut garder espoir. Et comme le disait Léon Blum, la paix est la plus utile de toutes les fins collectives. Merci, Philippe Brun.
Et à très bientôt sur Radio-G. Merci à tous les deux. Demain, à 7h45, David, vous recevrez Juliette Maedel, ancienne ministre chargée de la Ville. Restez avec nous. Dans un instant, un nouveau journal sur Radio-G. Radio-G.
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Philippe Brun