Mpox : faut-il s'inquiéter ?
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Faut-il s'inquiéter de ce Mpox ?
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Quelles sont les caractéristiques de ce Mpox ?
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Risque-t-on une épidémie plus conséquente qu'en 2022 ?
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Quels sont les symptômes de ce virus ?
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Est-ce facile à reconnaître ou à différencier d'autres infections ?
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Les pustules transmettent-elles le virus par contact ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« plus de 500 morts depuis le début de l'année »
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« C'est un virus qui fait partie de la famille des virus de la variole, mais qui est différent du virus de la variole »
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« Le sous-type viral est différent, il est plus agressif »
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« On l'a vu avec l'épidémie de 2022, avec une atteinte de la bouche, une atteinte des parties génitales »
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« l'OMS n'a pas d'argent en elle-même. En revanche, il y a des lignes budgétaires qui peuvent être ouvertes et utilisées quand il y a une urgence internationale »
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« il protège des formes graves »
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« La vaccination a été arrêtée en 1980 et en France, dans le milieu des années 70 »
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« Cette personne a une mémoire immunitaire, c'est-à-dire qu'il a la capacité de réagir très rapidement »
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« on avait mis quelques semaines à avoir accès à ces fameux vaccins antivarioliques qui protègent contre le Mpox »
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« 500 000 doses en stock »
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« il existe également un autre vaccin japonais qui est utilisable chez les enfants »
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Céline Asselot, le 6-9. Le système de santé français placé en état de vigilance maximale, c'est l'annonce faite hier par Gabriel Attal, face à l'épidémie de Mpox virus qu'on appelait auparavant la variole du singe, qui est en forte recrudescence en République démocratique du Congo, avec plus de 500 morts depuis le début de l'année, et dont de premiers qu'un ont été détectés ces derniers jours en Suède, au Pakistan, ce qui fait craindre une propagation du virus dans le monde entier, et ce qui réactive bien sûr de mauvais souvenirs liés au Covid-19. Alors faut-il s'inquiéter de ce Mpox ? A-t-on suffisamment préparé à faire face à d'éventuels cas sur le sol français ?
Deux invités dans le studio de France Inter pour en parler. Bonjour Karine Lacombe. Bonjour. Vous êtes chercheure à l'ANRS MIE, professeure de maladies infectieuses à la Sorbonne. Et bonjour à vous Xavier Lescure, vous êtes infectiologue à l'hôpital Bichin et référent en risque épidémique. Et puis dans un instant on accueillera aussi Brigitte Autron qui est la présidente du COVARS, le comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires. On parlera notamment avec elle de la vaccination. Alors on va peut-être commencer tout d'abord par dresser le portrait de ce virus qu'on connaît finalement assez mal, même si ce n'est pas un virus récent.
Quelles sont les caractéristiques, Karine Lacombe, de ce Mpox, de ce nouveau variant du Mpox ?
C'est un virus qui fait partie de la famille des virus de la variole, mais qui est différent du virus de la variole, qui fait partie de ce qu'on appelle des virus dans le cadre des zoonoses. C'est-à-dire qu'il est hébergé par des animaux et il peut être transmis à l'homme. Mais depuis plusieurs années, on a montré qu'il pouvait également se transmettre entre humains. Les premières épidémies ont eu lieu dans les années 1970, plutôt entre enfants, animaux-enfants, puis ensuite entre enfants et au sein de la cellule familiale.
Et puis petit à petit, on a vu émerger des variants, par exemple au Nigeria, mais également en RDC, qui, eux, se transmettaient plutôt par relations sexuelles, donc entre adultes. Et c'est ce qui a donné naissance à la première épidémie en dehors de l'Afrique en 2022, qui, là aussi, était une urgence de portée internationale, d'un clade, c'est-à-dire un type de virus qui venait plutôt du Nigeria et qui a traversé le monde entier.
Alors, vous avez parlé de l'épidémie en 2022, il y avait eu 90 000 cas, 140 morts. Là, on risque, Xavier Lescure, d'être sur une épidémie plus conséquente ?
Plus conséquente, je ne sais pas, mais elle sera différente. La première raison, c'est que le sous-type viral est différent, il est plus agressif. C'est celui du bassin du Congo, qui est réputé plus virulent, plus agressif, plus mortel. La mortalité de l'extension, au-delà de la zone d'endémie, comme le rappelait Karine, du Nigeria, sur la planète entière, a été de 0,03%, assez faible. La mortalité ou la létalité, c'est-à-dire la capacité à tuer du virus une fois qu'on est infecté, pour le clade qui émerge de RDC, du Congo, démocratique du Congo, est réputé pour avoir une mortalité de 1 à 10%. Aujourd'hui, sur les chiffres actuels, elle est autour de 3 à 4%. Ce qui est beaucoup plus.
Ce qui est beaucoup plus que ce qu'on a connu en 2022. Mais il est clair que cette mortalité est très variable en fonction de l'âge. Elle touche principalement les enfants, malheureusement, en fonction de l'état de la capacité du système immunitaire à vous défendre. Et puis aussi, probablement, à la qualité de la prise en charge. Et cette maladie étant une maladie tropicale, essentiellement dans sa zone d'endémie, avec souvent des foyers dans les forêts profondes, où l'accès aux soins est difficile, où les soins de support, la réanimation, la réhydratation, la rénutrition sont difficiles. La mortalité est très importante.
Sur une prise en charge, entre guillemets, moderne et accessible, elle sera beaucoup plus faible.
Quels sont les signes avant-coureurs, Karine Lacombe, les symptômes, finalement, de ce virus ?
Alors, en fait, ça donne initialement une fièvre assez élevée, avec un syndrome viral, une altération de l'état général, des ganglions qui enflent. Et puis, au bout de quelques jours, il y a l'apparition d'une éruption cutanée qui va évoluer vers des pustules. Et ces pustules peuvent potentiellement se surinfecter. On peut également avoir une atteinte muqueuse. On l'a vu avec l'épidémie de 2022, avec une atteinte de la bouche, une atteinte des parties génitales. Et le tout s'accompagne d'une douleur plus ou moins importante. Et la surinfection bactérienne fait aussi une partie du pronostic de l'infection.
Est-ce qu'elle est facile à reconnaître, finalement, ou à différencier d'autres infections, d'autres virus ?
Ça dépend vraiment de son expression. On a vu beaucoup de tableaux différents dans l'épidémie de 2022. C'était parfois une éruption généralisée. Dans ce cas-là, c'est assez facile à reconnaître sur le plan clinique. Mais parfois, il y a un simple petit bouton. Et c'est pour ça qu'il est important que les médecins soient vraiment informés, que les patients potentiellement infectés consultent très rapidement pour qu'on fasse un prélèvement virologique et que l'on identifie le virus.
Et ces boutons, ces pustules dont vous parliez, elles transmettent aussi le virus si on s'en approche, si on le touche, par exemple ?
Alors oui, absolument. Le contact entre deux personnes, une personne saine, une personne infectée, avec ces pustules qui peuvent s'ouvrir et libèrent du virus, bien sûr, c'est tout à fait contagieux. Idem, les contacts avec les muqueuses. Et puis, quand il y a vraiment beaucoup, beaucoup de pustules, il peut y avoir un peu de virus en suspension. Et donc, on peut en retrouver sur les surfaces inertes. Et on pense que ça peut potentiellement se transmettre par l'air, mais que par les grosses gouttelettes. Donc, ça n'a rien à voir, par exemple, avec le Covid. Ça reste quand même très autour de la personne malade.
Vous parliez des enfants, Xavier Lescure. Quelles sont les populations à risque ? Les enfants en bas âge, les femmes enceintes ?
Enfants en bas âge et enfants dans les premières années, au-delà des nourrissons ou des nouveaux-nés, tous les immunodéprimés, que ce soit VIH ou traitement immunosuppresseur, chimiothérapie, etc. Et puis, effectivement, les femmes enceintes, qui est une forme de fragilité et de phase temporaire d'immunodépression.
Et ça veut dire qu'il faut une prise en charge très rapide, justement, pour éviter une infection, une surinfection bactérienne ?
Les causes de mortalité, en général, c'est la dénutrition et la déshydratation. C'est vrai qu'il y a des atteintes cutanées, mais il y a aussi des atteintes muqueuses. Et quand vous avez l'œsophage qui est complètement inflammé et avec des éruptions, qui est extrêmement douloureux, quand vous êtes en brousse et que vous ne pouvez pas passer de traitement, de soluté intraveineux et de support par les veines, vous ne pouvez plus avaler, ni solide, ni liquide. Et que vous êtes un enfant sans beaucoup de réserve, eh bien, ça va très très vite. Donc, c'est la première cause de mortalité. La deuxième cause de mortalité, c'est les surinfections bactériennes.
Il faut aussi avoir un accès aux antibiotiques. Et puis, la troisième cause, qui est plus rare, c'est les atteintes organiques, c'est-à-dire les viscères qui sont eux-mêmes atteints par le virus, notamment le cœur, le cerveau, etc. Mais c'est beaucoup plus rare, finalement.
Alors, est-ce que tout ça justifie, finalement, que l'Organisation Mondiale de la Santé déclenche son niveau d'alerte le plus élevé ? Karine Lacombe.
Oui, alors, l'une des raisons principales, c'est que, vous savez, l'OMS n'a pas d'argent en elle-même. En revanche, il y a des lignes budgétaires qui peuvent être ouvertes et utilisées quand il y a une urgence internationale. Et le fait d'avoir annoncé cette urgence internationale permet aussi de mettre le focus sur une épidémie qui est en passe d'être non contrôlée en Afrique de l'Est et donc de mettre à disposition et de l'argent, de motiver les gouvernements pour, en particulier, faciliter l'accès à la vaccination et acheter des vaccins en nombre important, mettre en place tout ce qui concerne le diagnostic, etc. Donc, oui, c'était absolument indispensable.
Donc, ça veut dire qu'il faut absolument s'inquiéter tout de suite, mais c'est de dire qu'on met en branle, finalement, la grosse machine ? On peut le dire comme ça ? Oui, on peut le dire comme ça, oui.
Oui, c'est ça. Je pense que l'OMS a vraiment répondu favorablement à la demande du CDC africain qui a fait une requête très explicite de solidarité et d'équité entre les pays du Nord et les pays du Sud par rapport à ce qui a été vécu en 2022 où, effectivement, l'épidémie a été contrôlée dans les pays du Nord avec des vaccins, des traitements, une prise en charge optimale et probablement un peu, c'est ce que dit le rapport du CDC africain, d'indifférence vis-à-vis des pays africains où, en fait, ils ont continué à ramer, entre guillemets, avec des traitements peu efficaces ou pas de traitement du tout et surtout un accès aux vaccins qui était extrêmement limité, voire totalement inexistant.
Très récemment, les vaccins sont accessibles en Afrique avec des contraintes logistiques, financières, etc. majeures. Et donc, cet appel du CDC africain et cette réponse de l'OMS va permettre une mobilisation internationale pour aller à la racine de ce foyer qui est l'Afrique centrale.
Parce que le déclenchement de ce niveau d'alerte le plus élevé de l'OMS arrive au moment où l'on détecte les premiers cas hors du continent africain, un premier cas au Pakistan, un premier cas en Suède. Est-ce que ça veut dire ? Et là aussi, ça réactive des souvenirs, évidemment, liés au Covid-19. Est-ce que ça veut dire qu'on devra forcément faire face à une propagation sur l'ensemble de la planète ?
Non, mais c'est évident puisqu'on est quand même dans un univers qui est mondialisé avec une globalisation des échanges. Les personnes se déplacent très vite, très facilement. Donc, c'est évident qu'on allait avoir des cas en dehors de l'Afrique centrale.
Donc, ce qui est important, c'est vraiment que tout le monde soit en alerte, que les personnes concernées se fassent dépister, diagnostiquer, que les médecins soient au courant, que les autorités sanitaires de santé du monde entier soient en alerte de façon à ce qu'on puisse juguler les premiers cas qui vont apparaître, traiter, vacciner, donc vacciner les cas contacts, vacciner les groupes à risque de façon à ce que l'épidémie reste limitée. Un peu ce qu'on a vécu en 2022, c'est grâce à la mobilité des communautés affectées, des gouvernements et de l'utilisation massive des vaccins, qu'on a pu limiter l'épidémie qui a couru sur 2022-2023.
Parce que quand on entend Gabriel Attal dire le système de santé français est placé en état de vigilance maximale, c'est un peu anxiogène. Est-ce que ça veut dire que forcément il y aura des cas en France ?
Oui, je rejoins Karine, il y aura forcément des cas en France, c'est évident. Mais il n'y aura probablement pas de propagation ou de propagation massive du virus dans la population. Probablement ça sera circonscrit à quelques cas, quelques clusters, c'est-à-dire quelques cas secondaires au cours des premiers cas, autour des premiers cas, mais rien de plus. Aujourd'hui, on a tous les éléments diagnostiques, de traitements, de vaccins pour intervenir et limiter la propagation. On est informés, on a eu un entraînement en 2022, les communautés sont sensibilisées.
Ce qui différencie par rapport à votre question de tout à l'heure, par rapport à 2022, c'est que probablement, il n'y a pas que des contacts sexuels et pas uniquement de la transmission sexuelle chez les adultes qui est noté un ADC. C'est vraiment des contacts directs au-delà des rapports sexuels. Donc ça peut complexifier un peu les affaires sur la transmission. Et puis, l'essentiel, c'est vraiment de faire le diagnostic et donc de penser à cette maladie en cas d'éruption. Mais ça, c'est de la pratique clinique.
Il faut aussi, parce que cette maladie est stigmatisante, que les patients se laissent prélever, diagnostiquer et s'isolent et puissent faire des mesures d'hygiène qui soient efficaces pour lutter contre la dissémination du virus.
Alors, vous en avez parlé tout à l'heure. Alors, parlons-en plus en détail de ce vaccin, parce que c'est sans doute l'une des grandes différences avec la crise sanitaire du Covid-19 que l'on a vécue. Je voudrais qu'on accueille Brigitte Autran. Bonjour. Bonjour. Vous êtes professeure émérite en immunologie et vous êtes présidente du COVARS, comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires. Vous avez notamment travaillé sur la stratégie vaccinale contre le Covid. Est-ce qu'on sait si le vaccin existant protège efficacement contre le Mpox et contre le nouveau variant de ce virus ?
Alors, bien sûr, on sait que ce vaccin qui s'appelle donc le MVA, la firme bavarienne nordique, protège contre le variant ou le sous-type de Mpox qui a circulé en 2022-2023. On a de très forts arguments pour penser qu'il va protéger aussi efficacement contre le variant qui vient d'émerger ou qui a émergé quelques semaines et quelques mois en Afrique. On n'a pas encore de preuves, bien sûr, que les vaccins vont fonctionner sur ce nouveau variant. Mais néanmoins, il n'y a aucune raison pour que ce vaccin ne fonctionne pas. Donc, a priori, on est, comme l'ont dit Karine et Xavier, on est équipés pour faire face à cette épidémie avec des vaccins qui vont fonctionner.
Et comment il fonctionne, ce vaccin, justement, Brigitte Autran ? Est-ce qu'il empêche la transmission ou est-ce qu'il protège des formes graves ?
Alors, il protège des formes graves, ça, c'est absolument certain. Selon son degré d'efficacité, il protégera ou pas contre la transmission. Mais une forme grave, c'est essentiellement une forme profuse avec beaucoup de pustules. Et bien sûr, comme l'ont dit Karine et Xavier, des formes muqueuses. Mais en diminuant la gravité de ces formes, on va diminuer aussi la capacité de transmettre et la contagiosité de ce virus. Donc, a priori, de toute façon, une efficacité contre les formes graves et certainement une capacité de réduction de la contagiosité. Qui est vacciné aujourd'hui, Brigitte Autran ? Alors, très peu de gens. Les vaccins dont on dispose sont issus du vaccin contre la variole.
Je vous rappelle que ce vaccin contre la variole a été... La vaccination a été arrêtée en 1980 et en France, dans le milieu des années 70. Pourquoi a-t-elle été arrêtée ? C'est parce qu'il n'y avait plus de cas de variole humaine dans le monde. C'est donc une maladie qui avait été éradiquée. Donc, toutes les personnes qui sont nées avant 1975 ont bénéficié d'un vaccin. Elles ont encore, on le sait, et mon laboratoire l'avait montré, on sait qu'elles ont encore de la mémoire immunitaire, mais ces personnes sont âgées et ne constituent pas la partie majoritaire, bien sûr, de la population.
Il y a une frange de population qui est la population exposée aux contaminations par rapport sexuel qui a été vaccinée il y a deux ans. Et celle-ci est vraisemblablement protégée, encore qu'on ne sache pas quelle est la durabilité d'efficacité de ce nouveau vaccin qu'on appelle le MVA.
Je voudrais vous soumettre, Brigitte Autrand, cette question sur l'appli France Inter de Sylvain. Vacciné enfant dans les années 70 contre la variole, dit-il, suis-je assez bien protégé ou est-ce que j'ai besoin d'une nouvelle dose ?
Alors, cette personne a une mémoire immunitaire, c'est-à-dire qu'il a la capacité de réagir très rapidement. On ne peut pas dire de façon certaine que cela suffit à être protégé. Donc, a priori, comme pour l'épidémie de 2022, il serait nécessaire de refaire une nouvelle injection de vaccin pour avoir une protection complète. Les recommandations, vous savez que le gouvernement démissionnaire a saisi les autorités sanitaires et les recommandations vaccinales. J'ai été en contact hier avec la HHS et avec la présidente de la Commission technique des vaccinations. La saisine est arrivée à la HHS et les recommandations vont être rapidement adaptées.
Les recommandations de 2022 vont être rapidement adaptées à la situation actuelle.
Je voudrais vous faire réagir, Karine Lacombe, Xavier Lescure, à ce que dit Brigitte Autron. Est-ce que l'existence de ce vaccin nous permet d'aborder cette résurgence de ce virus avec sérénité ? Est-ce qu'on peut le dire comme ça, Karine Lacombe ?
Or, personnellement, je pense que oui. C'est vrai que, par exemple, en 2022, on avait mis quelques semaines à avoir accès à ces fameux vaccins antivarioliques qui protègent contre le Mpox. Ce n'est pas le cas maintenant puisqu'ils sont déjà disponibles et qu'on continue de les utiliser. En fait, on n'a jamais arrêté entre 2022 et maintenant. Les personnes à risque, les contacts, etc., ont été vaccinées et continuent d'être vaccinées. Par exemple, j'ai fait le point hier à l'hôpital où je travaille, à l'hôpital Saint-Antoine et on a plusieurs centaines de doses qui sont à la pharmacie et qui attendent qu'on les utilise.
On a activé de nouvelles lignes de vaccination qui seront effectives et les personnes, dans le cas des recommandations qui vont être mises à jour, comme l'a dit Brigitte Autran, pourront se faire vacciner. Donc, il n'y a vraiment aucune inquiétude par rapport à l'accès au vaccin.
Sauf qu'il n'y a qu'un seul laboratoire pharmaceutique qui fabrique un vaccin qui est en tout cas homologué en Europe, aux Etats-Unis. C'est, Brigitte Autran le disait, le laboratoire danois bavarien nordique. 500 000 doses en stock. Ce laboratoire se dit prêt à produire jusqu'à 10 millions de doses de vaccins d'ici 2025. Xavier Lescure, est-ce que ça va suffire ? Est-ce que ça va aller assez vite ?
Je pense qu'il y a un niveau de réactivité dans les firmes pharmaceutiques et vaccinales qui a fait ses preuves pour le Covid. Il y aura des aides, il y aura des soutiens, il y aura des apports qui feront que la fabrication du vaccin sera au rendez-vous. Je ne suis pas très inquiet. Aujourd'hui, les indications sont assez limitées, ne représentent pas une partie importante de la population. C'est des gens jusqu'à nouvel ordre. En tout cas, après, il faut voir par rapport aux nouveaux facteurs de risque liés aux contacts non sexuels dont on parlait tout à l'heure.
Mais en gros, aujourd'hui, les indications à la vaccination, c'est les gens qui ont soit des rapports homosexuels ou bisexuels, essentiellement multi-partenariats, soit les travailleurs du sexe, soit les soignants qui sont exposés à des activités de santé sexuelle. Donc, c'est quand même une fraction de la population très limitée. Il n'y a pas de raison qu'on ouvre la vaccination à la population générale. Donc, il n'y aura pas d'inflation majeure, des besoins. Au nord, au sud, c'est différent puisque la population exposée est beaucoup plus importante. Et c'est là-dessus qu'il faut faire les efforts. C'est sur les populations africaines exposées au-delà des hauts facteurs de risque.
Brigitte Autran, on ne va pas voir de grands centres de vaccination et des vaccinations à la chaîne comme on l'a vu pour le Covid-19.
A priori, non. A priori, non. Exactement comme l'a dit Xavier Lescure, en Europe, vraisemblablement pas. Mais comme l'a dit Xavier, il est très, très important, et c'était aussi la raison de l'appel d'urgence de l'OMS, il est très important d'augmenter les capacités de vaccin. Alors, il faut souligner qu'en plus du vaccin bavarien nordique, qu'il existe également un autre vaccin japonais qui est utilisable chez les enfants. Donc, il y a une possibilité d'agir également au niveau des enfants, puisque comme l'a dit Xavier Lescure, le vaccin MVA n'était pas encore autorisé chez les enfants. Il n'y avait pas de démonstration de son efficacité et de sa tolérance.
Mais il y a une capacité à vacciner les enfants, en tout cas en Afrique. Et puis, le vaccin MVA dont on dispose en France avait eu une autorisation pour être utilisé chez l'adolescent aux Etats-Unis pendant la phase 2020-2023. Et il est vraisemblable que cette extension à l'adolescence va être validée également au niveau européen. Donc, oui, il faut être optimiste. Il y a des vaccins pour les différentes populations. Et les industriels sont effectivement sur le pont pour augmenter la production.
Prudent, mais optimiste.
Vous avez entendu l'appel du président pour distribuer les vaccins en Afrique.
Merci à tous les trois d'avoir été avec nous pour faire le point sur ce M-POX. Brigitte Autrand, vous êtes présidente du COVARS. Karine Lacombe, chercheure à la NRS-MIE, professeure de maladie infectieuse à la Sorbonne, Xavier Lescure, infectiologue à l'hôpital Bichin. Merci d'avoir été avec nous dans le 6-9. Merci d'avoir regardé cette vidéo !