Motion de censure, abrogation de la réforme des retraites : M. Bompard répond
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Ca va être chouette. - R.Beaufour: Canette fumée avec sauce cacahuète et asperges sauvages. - A.-E.Lemoine: A tout à l'heure pour le dîner. 2 ans après la promulgation de la réforme des retraites adoptée sans vote grâce à l'article 49-3 de la Constitution, les députés ont voté ce matin à la majorité une résolution réclamant son abrogation.
Un vote avant tout symbolique. - Brutale et injuste, cette réforme de 2023 est aussi la plus grande blessure démocratique depuis la négation du vote des Français lors du référendum de 2005. 2 ans après la promulgation de la réforme des retraites, nous vous invitons à répondre à la question qui a été jusqu'ici confisquée aux représentants du peuple: la réforme des retraites Borne-Macron doit-elle être abrogée? - Majorité: 117.
Pour: 198. Contre: 35. L'Assemblée nationale a adopté.
Applaudissements. - A.-E.Lemoine: Dès la fin du vote, M.Bompard, vous avez célébré sur X une victoire.
De quelle victoire s'agit-il? La réforme des retraites va toujours s'appliquer jusqu'à nouvel ordre. - M.Bompard: C'est l'opportunité, pour la 1re fois, que l'Assemblée nationale puisse se prononcer précisément sur la question du report de l'âge de départ à 64 ans.
La dernière fois, ce débat parlementaire a été interrompu par un 49-3. Depuis, à de multiples reprises... - P.Cohen: Il y a un vote, quand même, sur le 49-3. - M.Bompard: Il n'y a pas de vote. - P.Cohen: Il y a un vote sur l'engagement de responsabilité du gouvernement. - M.Bompard: Je vais vous expliquer.
Dans le délai du vote, les députés peuvent déposer une motion de censure qui peut être votée ou non. Sur le 49-3 lui-même, il n'y a pas de vote. Il y a le vote sur la motion de censure.
Soyons précis. Il n'y a pas eu de vote sur le texte. Il n'y a pas eu la possibilité de savoir s'il y avait une majorité à l'Assemblée nationale pour l'approuver. - P.Cohen: Il n'y a pas eu de majorité pour faire tomber le gouvernement qui refusait ce texte. - M.Bompard: Il n'y a pas eu de majorité pour renverser le gouvernement.
Il n'y a pas eu la possibilité d'exprimer une majorité en faveur de ce texte. Depuis, à plusieurs reprises, des députés ont proposé, dans une niche parlementaire, des propositions de loi pour abroger la réforme des retraites. A chaque fois, ces propositions ont été empêchées par les députés de la majorité, qui ont multiplié les amendements pour qu'on n'ait pas le temps d'aller au bout de l'examen du texte parlementaire.
Là, c'était un vote sur une résolution. Ce n'est pas un vote abrogation. C'est un vote sur le principe d'abroger la réforme.
Ca a démontré qu'une majorité des députés était en faveur. - A.-E.Lemoine: Vous espérez ranimer la contestation?
Remobiliser l'opinion publique? - M.Bompard: J'oserais espérer que, dans une démocratie, le gouvernement tienne compte de l'avis exprimé par une majorité des députés.
Je reconnais avoir un doute sur l'intention de ce gouvernement de le faire. Mais quand la réforme des retraites a été passée en force par 49-3, nous avions dit que nous n'abandonnerions jamais le combat pour l'abrogation. C'est une étape.
Ce n'est pas fini. Par la mobilisation sociale ou lors des prochaines échéances électorales, on portera... - A.-E.Lemoine: Le conclave des retraites n'a servi à rien?
Ce n'est pas un levier possible? Il va se clore en février. - M.Bompard: Dès sa mise en place, pas besoin d'être intelligent pour comprendre que si vous mettez autour de la table des représentants des syndicats de salariés et des représentants du patronat, que le patronat y est opposé et que l'on dit qu'il faut l'unanimité pour que quelque chose en sorte, il ne pouvait pas en sortir l'abrogation de la réforme des retraites.
Ce sera un enjeu de mobilisation et un enjeu électoral. Si, aux prochaines élections nationales, les gens votent pour un candidat LFI, il portera le projet d'abroger cette réforme. - A.-E.Lemoine: Hier, le PS et les LR ont refusé de s'associer à la motion de censure que vous avez déposée avec les Ecologistes.
Elle a été largement rejetée. F.Bayrou vous a reproché d'être "dans la tactique méthodique et constante de l'obstruction".
On est encore dans le symbole? - M.Bompard: On est dans le travail qui est le nôtre.
Monsieur Bayrou dit "symbolique"...
Nous sommes une opposition et faisons notre travail d'opposition. Nous avons déposé une motion de censure puisque la semaine dernière, à l'Assemblée nationale, nous n'avons pas pu débattre d'un texte important qui vise à réintroduire un néonicotinoïde dangereux, qui tue les abeilles et est dangereux pour la santé. On nous dit que c'est le chlordécone de l'Hexagone.
Le chlordécone, c'est le pesticide que l'on retrouve dans les Antilles, dans le sang des individus, alors qu'il est interdit depuis des décennies. Sur le néonicotinoïde, on a vu ce matin dans "Le Monde" qu'on en retrouvait dans les eaux de pluie au Japon. - P.Cohen: Ce n'est pas l'avis de l'Agence européenne de santé. - M.Bompard: Beaucoup de scientifiques s'accordent à dire que ça détruit la biodiversité et les abeilles.
Trois quarts des surfaces agricoles mondiales sont pollinisées par les abeilles. Il faut être intelligent. Si on veut une agriculture, demain, qui fonctionne, on ne favorise pas l'utilisation de produits qui détruisent les pollinisateurs.
Quant à la question de la santé humaine, je vous parlais du chlordécone, les agences sanitaires disaient aussi à l'époque que ce n'était pas dangereux. - P.Cohen: Ce n'est pas la même époque ni les mêmes contrôles. - M.Bompard: Non, mais pendant des années, on nous a dit qu'il n'y avait pas de difficultés.
On s'en mord les doigts. - P.Cohen: Je dis juste que les autres pays européens autorisent ce produit et que l'Agence européenne dit qu'il y a une incertitude mais pas de danger... - M.Bompard: C'est pour ça qu'on a inventé le principe
Manuel Bompard