Les écologistes et le gouvernement, les accusations contre Damien Abad et Eric Coquerel... Le 8h30 franceinfo de Sandrine Rousseau
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Bonjour Sandrine Rousseau, ça y est on connaît la date de la déclaration de politique générale d'Elisabeth Borne, ce sera finalement mercredi prochain. Est-ce que vous demandez comme Jean-Luc Mélenchon qu'elle se soumette à un vote de confiance du Parlement ?
A tout le moins un débat, ce qui n'est pas complètement prévu pour l'instant. C'est-à-dire qu'elle fait sa déclaration, il va y avoir une prise de parole éventuellement des groupes et c'est tout. Or là on a besoin d'un débat démocratique pour savoir quelle est sa légitimité, quelle est sa ligne et avec qui elle souhaite gouverner en fait. Et là le vote de confiance, ça permettrait de savoir si elle a la légitimité du Parlement pour continuer ses missions de première ministre.
Mais l'objectif c'est quoi ? C'est de la faire sauter ?
Mais c'est pas de la faire sauter, c'est d'être qu'on est un débat démocratique.
Elle n'a pas de majorité aujourd'hui à l'Assemblée ?
Oui mais dans ces cas-là, dans les autres pays, quand ça se passe, le président de la République change de premier ministre jusqu'à ce qu'on trouve une stabilité. Et là en fait il y a quand même un enjeu autour de ça. C'est ce que vous souhaitez aujourd'hui qu'on change de première ministre ? Oui, s'il n'y a pas de vote de confiance, qu'au moins on ait un débat démocratique. C'est-à-dire qu'elle ne vienne pas juste nous dire la bonne parole et repartir. Un débat sans vote, ça sert à quelque chose ? Comment elle entendent quelles vont être nos positions sur la feuille de route qu'elle va présenter ? Parce qu'aujourd'hui moi je ne sais pas quelle feuille de route elle va présenter.
Je ne sais pas quel est le contenu du discours qu'elle va donner. Donc il est quand même important que nous sachions, un, à l'avance qu'elle va annoncer, et deux, que nous ayons cet espace de débat pour savoir vers où nous voulons aller.
La France Insoumise propose de déposer une motion de censure. Est-ce que vous la voterez ?
On en discutera au sein de la NUPES et du groupe de la NUPES. Mais s'il y a un dépôt, il est probable qu'on la vote. Oui, après je ne pense pas qu'elle passe, puisque là on a vu que Marine Le Pen, quand elle est sortie du bureau d'Elisabeth Borne et juste après avoir eu deux vice-présidences de l'Assemblée Nationale, a dit que finalement elle ne ferait pas de motion de censure ou qu'elle hésiterait sur la motion de censure.
Une femme à Matignon, une autre perchoir de l'Assemblée Nationale. Est-ce que finalement Emmanuel Macron est plus girl power que vous ne l'aviez imaginé ?
Alors pas complètement, parce que quand il fait...
Je me doutais un peu de la réponse, mais je voulais quand même poser cette question.
Quand il fait une intervention télévisée pour expliquer que la situation est grave, qu'il part 48 heures et qu'il revient juste après et qu'il faut que nous nous organisions pendant ces 48 heures, vous vous souvenez de ça, c'était la semaine dernière, il y avait 14 minutes d'intervention présidentielle, et bien il oublie complètement, complètement de citer sa première ministre.
Parce que c'est une femme ?
En tous les cas, de fait, il ne la cite pas. Et on a l'impression que le gouvernement aujourd'hui n'existe pas. C'est-à-dire qu'on a l'impression qu'Emmanuel Macron s'en remet directement au Parlement.
Pourtant, elle a fait des consultations, elle a vu ces derniers jours les présidents de partis, les présidents de groupes à l'Assemblée Nationale.
Donc elle existe. Oui, elle les a vues. Après, il y a quand même un truc symbolique que le président doit installer. Je ne l'ai pas entendu. Donc je pense qu'il y a quand même quelque chose à modifier dans cette Ve République, qui est de remettre les choses à leur place. Et en l'occurrence, le Parlement est le cœur de la démocratie. Le gouvernement est ce qu'on appelle un exécutif, c'est-à-dire qu'il se doit d'exécuter les lois qui sont mises en place et votées par le Parlement. Et le président de la République, normalement, n'a qu'une mission de représentation et de gestion des affaires étrangères et internationales. Tout à fait, c'est un régime. Normalement, c'est ça.
On n'est pas dans un régime parlementaire en France. Ou alors, il faut changer la Constitution. On entre dans un régime parlementaire avec le Parlement qui a été élu par les Français.
N'empêche, Sandrine Rousseau, une femme à Matignon, une femme au perchoir, comme l'a dit Marc, des femmes à des postes de cas, ça change quoi ?
Ça change quoi dans la manière de faire de la politique ? Ça ne va rien changer du tout sur la manière de faire de la politique. On n'est pas essentialistes. Ce n'est pas parce que les femmes ne sont pas plus douces que les hommes ou quoi que ce soit. On est d'accord là-dessus. Elles n'ont pas un rapport au pouvoir qui est très différent de celui des hommes. Par contre, notons quand même qu'il a fallu attendre 2022 pour qu'on ait une femme à la tête de l'Assemblée Nationale. Et c'est ça l'anomalie. C'est-à-dire que oui, on se réjouit qu'il y ait une femme à la tête de l'Assemblée Nationale. Ça n'en fait pas une défenseuse des femmes pour autant.
Si toutes les femmes étaient féministes, ça se saurait. Ça n'en fait pas une défenseuse du droit des femmes. Mais surtout, 2022 quoi. C'est-à-dire qu'on traite comme un événement quelque chose qui devrait être normal.
Vous avez sans doute entendu les propos de Boris Johnson au sujet de Vladimir Poutine qui dit que si c'était une femme, il n'y aurait pas de guerre en Ukraine. Ça vous a fait sourire, bondir ?
J'ai pensé à Thatcher quand même, qui est avec les Malouines et sa posture très va-t-en-guerre.
C'est ce qu'a répondu d'ailleurs Vladimir Poutine à Boris Johnson.
Oui, oui, je pense que, moi je ne rentre pas dans les débats essentialisants disant que les femmes ont des caractères très différents des hommes, etc. Je dis juste qu'il est anormal qu'il n'y ait pas eu 50% de femmes présidentes de l'Assemblée Nationale. Il n'est pas normal qu'il n'y ait pas eu 50% de femmes ministres, premières ministres. Voilà, c'est tout. C'est une question d'égalité pure. Moi après, je veux dire, je me garde bien d'imaginer que les femmes soient plus douces ou moins querelleuses que les hommes. Comme ça, il n'en est pas question.
Sandrine Rousseau, c'est aujourd'hui qu'Elisabeth Borne doit soumettre à Emmanuel Macron des noms pour constituer son nouveau gouvernement. Est-ce que les écologistes pourraient y participer ?
Je ne crois pas, non, parce qu'en fait, ce n'est pas une question de participation. Ça, il faut l'expliquer un petit peu parce qu'il y a plein de gens qui ne comprennent pas cette affaire-là. Mais en 2017, quand Emmanuel Macron a été élu président de la République pour la première fois, il avait nommé ce qui était à l'époque la figure écologiste, c'est-à-dire Nicolas Hulot. C'était l'homme qui avait le plus grand pouvoir politique et la plus grande force politique pour imposer une écologie au sein du gouvernement. À l'époque, évidemment, depuis, il y a eu des affaires qui sont sorties, etc. Mais à l'époque, c'était quand même la figure majeure de l'écologie. Il n'a rien pu faire.
Donc en fait, ça n'est pas une question de personnalité qui rentre au gouvernement, l'écologie.
Vous dites, ça ne sert à rien, en fait.
C'est une question de conviction qu'il faille prendre des mesures importantes pour éviter un effondrement. Et ça, moi, j'ai été très, très surprise, je le dis et le redis, parce que je pense que là, il y avait une faute politique majeure qui n'a pas été plus notée que cela. Mais dans le débat d'entre-deux-tours entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, aucun des deux, alors qu'ils prétendaient tous les deux à la fonction suprême, aucun des deux n'avait lu le rapport du GIEC qui est le rapport de tous les scientifiques mondiaux sur le climat.
Pourquoi vous n'essayez pas, Sandrine Rousseau, de poser de l'intérieur ? Dans 21 pays d'Europe aujourd'hui, sur 27, il y a des coalitions avec des gens qui ne sont pas d'accord au départ, mais qui s'enferment dans la même pièce et rédigent un contrat de coalition. C'est ce que font vos cousins allemands depuis des années et des années, qui sont capables de gouverner avec la gauche ou avec la droite en disant, seules nos idées comptent. En France, pourquoi on n'y arrive pas ? Pourquoi vous ne le faites pas ?
Il peut y avoir un, deux, trois, cinq écologistes dans le gouvernement, ça ne changera pas la politique écologiste du gouvernement. Ce n'est pas ma question. Un contrat de gouvernement, une coalition où les points sont écrits noir sur blanc, pas les ministres. Oui, mais moi ce que je vous dis, c'est que pour ça, il faut qu'il y ait un président de la République qui comprenne un tout petit peu la question écologique.
Vous avez bien réussi à vous entendre avec les insoumis, avec les socialistes, alors que les partis ne se parlaient pas depuis des années.
Les insoumis ont une réflexion écologique.
Vous avez sur le nucléaire des désaccords profonds. Vous pensez exactement l'inverse des communistes. Vous avez réussi à signer un accord.
On a dit d'ailleurs dans cet accord qu'on ne voterait pas de la même manière. Oui, mais là, ce n'est pas un parlement, c'est un gouvernement. Quand je vois là, par exemple, ces derniers jours, qu'Emmanuel Macron a poussé pour que l'Europe autorise l'extraction minière dans les fonds marins les plus profonds. C'est-à-dire qu'en fait, on va détruire la biodiversité des océans, mais d'une manière qui n'a jamais été faite jusqu'à présent. C'est-à-dire que là, on a un permis de détruire l'océan. On a metté ça dans un contrat de gouvernement ?
Mais non, parce que c'est soit Emmanuel Macron comprend qu'on a un problème écologique majeur, que c'est un mur qui arrive et qu'on fonce dedans à grande vitesse. Et dans ces cas-là, oui, je veux bien participer. Parce que dans ces cas-là, je veux bien mettre nos expertises politiques, notre formation politique au service de cette cause-là. Mais face à quelqu'un qui ne comprend pas l'enjeu, il faut être dans l'opposition, parce que c'est là qu'on est le plus utile. Et aujourd'hui, Emmanuel Macron ne comprend pas l'enjeu écologique. Vraiment pas. Et dans une ampleur qui pose question sur sa capacité même à être...
Justement, Sandrine Rousseau, ce serait une ligne rouge, la participation au gouvernement. Si, par exemple, Yannick Jadot accepte un poste, il est exclu de votre mouvement ?
Non, mais moi, je ne suis pas à la tête du mouvement. Ça ne vous aura pas échappé. Non, mais c'est une ligne rouge. Moi, je suis secrétaire nationale. Moi, je dis juste à Yannick Jadot, le poste peut être intéressant. Attention quand même à ce pour quoi on vend son âme. Et là, en l'occurrence, je pense qu'on le vendrait pour pas grand-chose.
Sandrine Rousseau, députée écologiste de Paris et l'invité de France Info. Jusqu'à 9h, le Fin Info, 8h41, Solène Crescent.
Alors que beaucoup de Français partent en vacances d'été, aujourd'hui, grève dans les aéroports parisiens. Orly et Roissy, un vol sur dix. Annulé, grève interprofessionnelle pour réclamer des hausses de salaire. Les violences sexuelles en forte hausse en 2021. Plus 33% disent les derniers chiffres de la délinquance du ministère de l'Intérieur. Il s'explique en partie, selon le ministère, par le rapport sur la pédophilie dans l'église, le mouvement MeToo et la libération de la parole. En ce 1er juillet, l'allocation chômage augmente de près de 3% pour plus de 2 millions de demandeurs d'emploi. La loi qui facilite le changement de nom entre en vigueur aujourd'hui.
Et c'est aussi la fin du plafond à 38 euros pour les tickets restaurant. Il repasse à 19 euros par jour, uniquement la semaine. Et puis le grand départ de la grande boucle. Le Tour de France s'élance de Copenhague au Danemark à 16h tout à l'heure pour un contre-la-montre. Les 3 premières étapes sont prévues au Danemark. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brachia, Marc Fauvel.
Toujours avec Sandrine Rousseau, députée écologiste NUP de Paris. Vous avez été l'une des premières à réclamer la démission de Damien Abad, le ministre des Solidarités, à la suite des accusations d'agression sexuelle dont il fait l'objet. Alors qu'il y a encore quelques semaines, il n'y avait aucune procédure judiciaire. Comment vous, vous conciliez cette position avec la présomption d'innocence ?
On aimerait comprendre. La présomption d'innocence n'empêche pas le principe de précaution. C'est ça le truc. C'est qu'en fait, là, on a vécu un mouvement mondial qui s'appelle MeToo. Et depuis, on a l'impression que la parole des femmes ne compte toujours pas. Je rappelle quand même que le maire de Draveil, Georges Tron, je crois que c'était sous Nicolas Sarkozy, a été démissionné du gouvernement dès lors qu'il y a eu de plaintes pour viol contre lui, immédiatement.
Dans le cadre d'Ami Abad, vous avez demandé sa démission alors qu'il n'y avait pas de plainte. Il y avait une plainte déposée et un classement sans suite. Et l'autre, non, non, ce n'était pas une plainte. À ce moment-là, c'était une accusation sans plainte. Elle a porté plainte plusieurs...
Non, il y avait eu une plainte avec un classement sans suite, notamment parce que la victime s'était rétractée.
Donc il y avait une plainte classée sans suite.
C'est quand même pas tout à fait la même chose. Et une accusation sans plainte. Oui, mais ce que je veux dire, c'est que... Et c'est vraiment important parce que j'ai l'impression qu'il y a une espèce de flou dans ces affaires de violences sexuelles. Pourtant, il y a une procédure qui est quand même assez simple. C'est-à-dire que dès lors qu'on a un témoignage direct d'une personne, ou dès lors qu'on a connaissance d'une procédure judiciaire qui a eu lieu, on sait que les plaintes sont massivement classées sans suite dès lors qu'il s'agit de violences sexuelles en France. Donc en fait, le classement sans suite n'est pas signe d'innocence.
C'est juste le fait qu'il n'y a pas eu une enquête suffisamment importante pour lever le doute sur la culpabilité ou l'innocence de la personne. Donc dès lors qu'on sait qu'il y a eu une procédure, dès lors qu'il y a un témoignage direct, eh bien il y a une symbolique politique à appliquer qui est de dire qu'on le met à pied temporairement le temps que l'on fasse une enquête. Vous êtes vous pour la présomption de sincérité, c'est-à-dire qu'on croit sur parole les femmes d'abord. Exactement, et qu'on fasse un principe de précaution qui est qu'on le retire temporairement le temps d'une enquête.
J'essaie de comprendre vraiment où vous mettez le curseur sur la présomption. Jusqu'au procès, la personne doit être démissionnée, jusqu'à un éventuel procès en appel ?
Non mais c'est ça qui n'est pas connu, et je constate que c'est pas connu, et je m'étonne de cela, mais dans toutes les organisations, que ce soit les entreprises, les administrations, les associations, dès lors que vous avez un témoignage sur une personne, vous avez une obligation de faire une enquête qui doit être objective, impartial et sérieuse. Sur la base de cette enquête, vous prenez la décision soit de réintégrer la personne, soit de prendre une sanction contre elle, et ce, indépendamment de la justice. C'est-à-dire qu'en fait, toutes les entreprises sont obligées de faire ça par le droit. Donc pourquoi le gouvernement ne le ferait pas ?
Ce que je veux dire, juste parce que c'est important, c'est qu'en France, il nous manque quelque chose, un échelon, qui est qu'on a une haute autorité pour la transparence dans la vie publique qui s'est mise en place après les détournements de fonds, les procès sur les détournements de fonds des élus politiques. Il n'existe pas d'équivalent sur les violences faites aux personnes, et en particulier faites aux femmes. Il y a la justice en fait, Sandrine Rousseau. Il y a la possibilité de déposer plainte. Sur les détournements de fonds, il y avait la justice, mais on a quand même fait une haute autorité pour la transparence, pour la vie publique, pour agir plus rapidement.
Et donc il nous faut la même chose, c'est-à-dire qu'il nous faut que quelque chose, soit une instance dédiée à des enquêtes comme ça, très rapides sur l'état des violences, ou alors qu'on confie au médiateur cette mission. Mais il nous faut en fait une instance indépendante qui puisse mener une enquête rapide et dire attention, là soit on saisit la justice, soit il n'y a pas suffisamment d'éléments pour continuer les poursuites.
Si demain, Sandrine Rousseau, quelqu'un vous accuse, vous, vous démissionnez immédiatement de l'Assemblée nationale.
Mais, enfin, là, pour Abad, pour... Non, non, je parle de vous. Est-ce que c'est valable dans tous les cas ? Il y a eu trois personnes qui ont accusé de viol. Moi, ce que je demande, c'est qu'il y ait une enquête. Une enquête. Et d'Ami Abad, vous avez réclamé cette démission. Oui, parce qu'il doit absolument, enfin, il doit être écarté le temps de cette enquête. Pardon, mais sur Nicolas Hulot, sur Nicolas Hulot, il n'y a pas eu...
Si vous, demain, quelqu'un vous accuse, Sandrine Rousseau, est-ce que le temps de l'enquête, le temps de faire la lumière sur l'accusation, est-ce que vous remettez votre mandat de député ?
Sur Nicolas Hulot, il y avait des plaintes, il n'y a même pas eu la saisine du procureur. Pourquoi le président de la République ou le Premier ministre ne saisit pas le procureur pour faire toute la carte ? Et moi, je demanderais, si je suis accusée par une personne, qu'il y ait une enquête qui soit menée. Et en attendant, vous quitteriez en fonction de député ? Je demande à ce qu'il y ait cette enquête, et on verra en fonction de ce qui se passe. Mais il y a besoin de cette enquête. C'est nécessaire. Mais par ailleurs, je ne vois pas pourquoi on m'accuserait, puisque de toute façon, je veux dire, c'est impossible.
Mais Damien m'a dit la même chose, je ne vois pas pourquoi on m'accuse, je n'ai rien fait. Oui, mais sauf qu'il y a trois femmes qui ne se connaissent pas, qui décrivent des faits similaires. Trois femmes qui ne se connaissent pas, je précise ça, et qui écrivent des faits similaires, et qui les décrivent sans avoir connaissance des témoignages des autres. Donc en fait, là, il y a quand même une forme de principe de précaution.
Si il n'y en avait qu'une, vous ne demanderiez pas ça ?
Si il n'y en avait qu'une, je demanderais une enquête.
Et en attendant, il pourrait rester ministre ?
Mais non, mais vous me poussez sur des trucs. Pourquoi on ne croit pas les femmes ? Pourquoi dans ce pays, on n'est pas capable de croire les femmes ? Pourquoi dès lors qu'il y a un témoignage de femmes, on se demande toujours quelle va être la sincérité de ces femmes ? Pourquoi la présomption de culpabilité, elle pèse toujours sur les femmes ? C'est impossible. On est après MeToo maintenant. Il faut bouger sur ces questions-là. Oui, mais quand les femmes parlent, il faut les entendre. Et il faut prendre leur parole au sérieux.
Vous avez raison, Sandrine Rousseau. Éric Coquerel, votre collègue de la NUP, insoumis, a été élu hier à la tête de la commission des finances de l'Assemblée nationale. Voici ce qu'on disait hier soir, Rocaïa Diallo. Vous connaissez, qui est une féministe. Comme vous, voici les déclarations qu'elle a faites chez nos confrères d'RTL.
J'ai plusieurs sources au sein de LFI et j'ai entendu plusieurs fois des femmes parler du comportement qu'il leur est avec les femmes. Ce sont des choses qui reviennent de manière récurrente depuis plusieurs années. J'ai conscience du fait que ce soit des accusations. Mais je pense que pour un parti comme LFI, qui quand même a dans ses statuts, dans ses positions politiques, l'idée que les femmes doivent être protégées, je suis très étonnée de ce choix.
Vous les croyez, ces femmes ?
Alors moi, je n'ai pas eu de témoignage direct de ces femmes. Et ça, ça fait partie des lignes sur lesquelles il faut être extrême.
Et vous n'avez pas non plus eu témoignage direct de celles qui ont accusé Damien Abad ?
Et elles ont déposé vis-à-vis de la justice. C'est quand même pas pareil. Elles ont déposé plainte. Elles ont déposé vis-à-vis de journalistes qui ont fait des enquêtes avec des contradictoires. Ils ont corroboré les faits, etc. Là, sur Eric Coquerel, moi j'ai cherché parce qu'il y avait ces bruits. Donc j'ai cherché, j'ai passé des coups de fil. J'ai mis plusieurs féministes sur le coup et plusieurs personnes victimes de violences sexuelles dont on sait qu'on peut avoir confiance quand on nous parle pour avoir une oreille attentive et respectueuse des paroles qui sont posées. Il y a plusieurs personnes qui ont passé des coups de fil. Moi-même, j'ai passé des coups de fil.
Je n'ai eu aucun témoignage direct. Et Rocaille, il y a le dialogue, vous l'avez vu au téléphone ? Ça ne veut pas dire que ça n'existe pas par ailleurs. Ça ne veut pas dire que ça n'existe pas. Mais ça veut dire que tant qu'on n'a pas de témoignage direct avec des faits corroborés, qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse ?
Le dis-vous à ces femmes si elles existent aujourd'hui ? De se signaler ? Poussez la porte d'un commissariat, allez voir la... Bien sûr. Oui.
Bien sûr.
Si une de ces femmes témoigne auprès de la cellule, Éric Coquerel devra se retirer.
Eh bien, il y aura une enquête qui sera réalisée.
Et en attendant, il devra se retirer.
Eh bien, on verra le témoignage. Parce que c'est... Mais non, mais c'est pas...
Alors là, je ne vous souviens plus. Pardon.
T'as à Boiff, c'était des accusations qui relevaient du viol.
Donc là, il y avait un principe de précaution. C'était des accusations aussi de l'affaire T'as à Boiff. Il a été retiré. C'est exactement la même histoire.
Je ne sais pas quels sont ces témoignages. Je ne les connais pas. Comment vous voulez que je vous dise l'ampleur de la sanction qui devra être prise dans la mesure où je ne connais pas ces témoignages ? C'est quand même incroyable. C'est quand même incroyable. Mais pardon, je le dis avec toute la passion que vous me connaissez. Mais c'est quand même incroyable que ce soit à nous qui soit reproché la question de la gestion des violences sexuelles. Alors que dès lors que nous avons un témoignage...
Bien de vous approcher, Sandrine Rousseau.
Alors que dès lors que nous avons un témoignage... Vous avez fixé une règle et on essaie de voir si elle s'applique là aussi. Nous faisons les choses. Là, je ne connais pas la nature des témoignages. Je n'ai eu aucune espèce de faits qui m'ont été rapportés.
Et pour être parfaitement précis sur ce point, vous dites que j'ai eu des rumeurs qui sont arrivées jusqu'à moi depuis longtemps sur Éric Cochrane et j'ai passé des coups de fil.
Oui, à partir du moment où nous avons témoigné sur le cadre de l'affaire Denis Bopin, à l'époque on m'a dit qu'il y en a d'autres, Éric Cochrane. Depuis ce jour-là, je n'ai jamais eu de témoignage. Donc ça fait plusieurs années. Oui, mais je n'ai jamais eu de témoignage. Mais même pas de l'ampleur des faits. C'est-à-dire, je ne sais même pas de quoi il s'agit. Donc je veux dire, après, si on écarte les gens uniquement parce que sur la base de rumeurs dont on ne sait rien, rien de rien, moi je n'ai même pas un fait que je puisse poser. C'est-à-dire, je ne sais même pas s'il s'agit... Donc vous attendez un signalement précis ? Ben évidemment.
D'accord.
Evidemment.
Sandrine Rousseau, vous restez avec nous. Toute petite pause, 8h51 pour le fil d'info. Voici Solène Cresson.
Le ministère de l'éducation porte plainte parce que les sujets d'histoire géo et de science aux brevets ont fuité. Ils étaient sur les réseaux sociaux hier. Ce sont donc des sujets secours aujourd'hui pour les 850 000 collégiens. Vers un été record des fréquentations au camping, les représentants de la profession constatent un bond de plus de 20% des réservations cette année. Le niveau d'avant Covid est retrouvé et même dépassé. Les concerts aux eurocéennes de Belfort ne reprendront pas avant demain. Au mieux, première soirée du festival annulé hier soir à cause des violents orages. Stromae devait chanter pluie, grêle, vent, 7 personnes légèrement blessées.
Un petit garçon de 5 ans tué dans un choc avec une trottinette électrique à Nice sur la promenade des Anglais. L'enfant était un réfugié ukrainien arrivé en France au début de l'invasion russe. 17 personnes sont tuées dans une frappe en Ukraine dans la région d'Odessa juste après la fin du sommet de l'OTAN. L'Ukraine qui vient de commencer à livrer de l'électricité à la Roumanie, donc à l'Union Européenne. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel
Toujours avec Sandrine Rousseau, députée écologiste de Paris. Bruno Le Maire, le ministre de l'économie, propose à l'Assemblée nationale de prolonger jusqu'à la fin de l'année la ristourne de 18 centimes sur les carburants. Quelle sera la position des écologistes ?
La ristourne, je pense qu'elle est déjà en place et que ça fait partie des mesures que l'on soutiendra. Mais je dis juste que la ristourne de 18 centimes, quelle que soit la voiture que vous avez, quel que soit le niveau de revenu que vous avez, en fait c'est inefficace et c'est écologiquement compliqué. Il est anormal qu'une personne qui soit en aide à domicile, en ruralité et qui ait absolument besoin de sa voiture pour travailler ou une personne qui habite dans des zones où il n'y a aucune espèce d'alternative à la voiture soit traitée de la même manière qu'une personne qui habite en ville et qui a un 4x4.
Pardon mais la NUP à laquelle vous appartenez, la grande coalition de gauche à laquelle vous appartenez, elle propose carrément de bloquer le prix à 1,40€ pour tout le monde.
Oui et on a vu, on a eu un groupe de travail hier où les écologistes dont j'ai porté la voix disent qu'il faut quelque chose de progressif, c'est-à-dire que les premiers litres d'eau, les premiers kWh soient gratuits et qu'après si vous gaspillez, si vous dépensez énormément d'eau parce que vous lavez votre voiture le week-end,
et bien sur le carburant, sur les premiers litres gratuits à la pompe, c'est pas gagné.
Mais non mais qu'il y ait des mesures en fonction du revenu, c'est-à-dire qu'il est, enfin ou de...
Et c'est pas votre projet en fait ça ?
Votre projet c'est 1,40€ ?
Ah bah le projet de la NUP tel qu'il a été signé, celui que vous avez défendu devant les Français au législatif, c'est 1,40€.
C'est un blocage des prix à très court terme parce que là il y a une mesure d'urgence à prendre, donc oui il faut bloquer les prix parce que là on est dans une situation d'inflation et sur l'ensemble des biens essentiels. Après ce qu'il nous manque là, et vraiment c'est presque criminel je vais vous dire de le faire comme ça, c'est que là on est dans une ère, on rentre dans une ère d'augmentation considérable des prix de l'énergie. Je le dis ça va pas faire plaisir, voilà je le dis en tant qu'économiste, on rentre dans une ère de l'énergie chère.
Donc il nous faut prendre des mesures structurelles, c'est-à-dire que c'est pas les 0,18 centimes, et je vais vous dire c'est même pas le blocage des prix qui sera la solution à terme. A terme il nous faut un plan d'investissement massif dans les transports partagés et collectifs, il nous faut un plan d'investissement absolument massif sur l'isolation des logements. Au conseil pour le climat par exemple, a dit que toute l'action sur l'isolation des logements prônés par Emmanuel Macron avait été inefficace. Donc c'est ces mesures-là qu'il faut prendre de manière massif.
Il y a un peu plus de 6 mois Sandrine Rousseau, lorsque vous étiez opposée à Yannick Jadot pendant la primaire écologiste, vous plaidiez pour une augmentation des taxes sur le carburant de 6 à 10 centimes par an, soit, si je calcule bien, pendant tout le quinquennat, entre 35 et 50 centimes. Finalement c'est la situation d'aujourd'hui, et aujourd'hui vous le dites, il faut le baisser.
Oui, mais ça s'est fait en quelques mois, et par ailleurs ça s'est fait sans accompagnement de l'État. Et c'est pour ça que ça n'a pas été compris quand j'ai dit ça, et ça a été compris comme quelque chose qui était contre les classes moyennes et les classes populaires. Mais c'est tout l'inverse, c'est tout l'inverse, c'est-à-dire que là on subit les prix du marché, il n'y a aucune mesure d'accompagnement. On laisse les gens complètement dépendants de l'énergie, du pétrole et de l'essence. On les laisse, là, avant l'augmentation ou après l'augmentation, il y a le même niveau de dépendance à la voiture.
Et ce que je proposais, c'était précisément qu'on encadre et qu'on prenne la main sur la modification des prix, pour qu'on ait aussi des ressources, l'État, pour accompagner les personnes les plus faibles, soit pour changer de voiture, soit pour investir dans les collectivités locales sur des transports en commun et qu'on ne subisse pas. Là, on subit, on baisse la tête face à l'augmentation du prix de l'essence. On n'a aucun moyen de contrer cette augmentation.
Le bonus écologique est maintenu, c'est ce qu'a rappelé Bruno Le Maire cette semaine. Pardon ? Le bonus écologique pour pouvoir changer de voiture.
Oui, mais un bonus écologique, ça ne permet pas aux classes populaires de changer de voiture.
Non, mais je veux dire, il y a des mesures qui sont faites, ce n'est pas totalement les...
Non, parce que ce n'est pas une voiture contre une voiture, c'est ne plus dépendre autant qu'on en dépend aujourd'hui de la voiture individuelle. Et donc, ça veut dire des transports en commun. Aujourd'hui, il n'y a pas de plan massif d'investissement des transports en commun. Dites-moi s'il y a eu une annonce comme ça qui a été faite depuis un an, il n'y a rien. Rien. Or, on sait qu'il y a des territoires antiques qui n'ont pas accès aux transports en commun. Donc, en fait, c'est ça la priorité, c'est ça l'urgence. Et oui, je pense qu'aujourd'hui, il nous faut avoir une action publique qui ne soit pas juste une action de réparation ou d'atténuation.
Il nous faut une ambition politique extrêmement forte pour changer de modèle de mobilité.
Sandrine Rousseau, députée écologiste Paris, membre de la NUP, était ce matin. Et je vous remercie. L'invité de France Info, bonne journée à vous.
Merci beaucoup. Merci.
Sandrine Rousseau