La grande interview : Philippe Brun
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:13OuverteRéponse directe
Quelle couleur avez-vous choisi pour la rose ?
- 0:59OuverteRéponse directe
De quelle gauche êtes-vous ? À quelle gauche appartenez-vous ?
- 1:04RelanceRéponse directe
Est-ce que la gauche n'a finalement pas été confisquée par Jean-Luc Mélenchon ?
- 1:51OuverteRéponse directe
Pourquoi opérez-vous un tour de France ?
- 2:06RelanceRéponse directe
Vous analysez la situation économique à froid, mais vous ne voulez pas donner de la valeur au travail ?
- 3:30RelanceRéponse directe
Le pouvoir d'achat, mais il faudra tout de même une contribution des plus riches ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:17Invité politiqueFait
« Les salariés, aujourd'hui, sont les vachalés du système. »
- 2:37Invité politiqueChiffre
« On demande aujourd'hui à 27 millions de salariés, du public et du privé, de financer la protection sociale de 70 millions de Français. »
- 2:44Invité politiquePromesse
« Moi, je propose une baisse importante, massive, de la CSG sur les salaires jusqu'à 4 000 euros. »
- 2:57Invité politiqueChiffre
« Pourquoi ce seuil de 4 000 euros ? Ça concerne quand même plus de 95% des Français. »
- 2:58Invité politiqueChiffre
« Elle coûte quand même 17 milliards. »
- 3:07Invité politiqueChiffre
« C'est un gain de pouvoir d'achat d'environ 150 euros, même quand vous êtes d'ailleurs cadre. »
- 3:15Invité politiqueChiffre
« On sort de 10 ans de Macron. 10 ans de Macron, c'est une augmentation de 27% des prix alimentaires, de 40% des prix de l'énergie, de 60% des prix du logement dans les très grandes villes. »
- 4:12Invité politiqueChiffre
« Je rappelle que 90% des Français sont favorables au rétablissement de l'ISF. »
- 7:13Invité politiquePromesse
« Moi, je propose de sortir du marché européen de l'électricité. »
- 9:17Invité politiqueFait
« On s'est planté depuis 25 ans dans le combat contre le RN. »
- 10:01Invité politiqueChiffre
« Mon département a voté à 55% pour Marine Le Pen. Ma circonscription a voté à 52% pour Jordan Bardella. Et moi, j'ai été élu à 53% trois semaines après. »
- 12:15Invité politiqueChiffre
« Il y a 9 millions de Français qui ont un lien avec l'Algérie. »
- 14:36Invité politiqueChiffre
« Dans ma circonscription, j'ai quand même un commissariat où j'ai 5000 plaintes non traitées. »
- 19:01Invité politiqueFait
« Il faut baisser les taxes sur les carburants comme l'a fait le gouvernement socialiste espagnol. »
Temps de parole
- Philippe Brun69 %
- Présentateur31 %
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Et notre invité dans la grande interview sur Europe 1 et sur CNews, il est député socialiste de l'heure, membre de la commission des finances. Bonjour et bienvenue Philippe Brun. Bonjour, merci pour votre invitation. Merci d'être avec nous, vous êtes aussi candidat à la primaire socialiste. Quelle couleur avez-vous choisi pour la rose ? La rose, c'est bien, non, pour commencer ? La rose emblème du socialisme, la rose et le point de François Mitterrand, la rose rose des sociodémocrates, la rose rouge des radicaux ou la rose bleutée de ceux qui pactisent avec le bloc central et qui rêvent de voir arriver Gabriel Attal ?
Oui, je crois qu'on est très très peu nombreux à rêver de voir arriver Gabriel Attal. Enfin, si vous avez rencontré un Attaliste, je veux que vous me le présentiez. Gabriel Attal qui est lui-même socialiste, à l'origine. Alors, je le connais depuis que j'étais très jeune puisque nous étions... Vous avez le même âge en plus. Je suis un peu plus jeune que lui quand même, on avait vieillissé pas. Mais j'ai connu très jeune au PS, on était ensemble à Sciences Po, il n'a jamais été très à gauche, qui était déjà très très plutôt centriste. Ce qu'il défend aujourd'hui, je crois, n'a rien à voir avec ce que nous devons défendre dans la prochaine élection présidentielle.
La question, Philippe Brun, c'est de quelle gauche êtes-vous ? A quelle gauche appartenez-vous ? Et est-ce que la gauche n'a finalement pas été confisquée par Jean-Luc Mélenchon ?
Ce qui se passe, c'est que la gauche est à côté de ses pompes maintenant depuis 2017. Nous n'avons pas réussi à nous reconstruire. Pourquoi ? Parce qu'on a oublié le peuple. Les ouvriers, les employés ne votent plus pour nous. Ce que nous racontons à la télévision, le langage que nous utilisons ne parle plus au français. Personne ne va au travail en mobilité douce, personne n'a de problème de pouvoir de vivre. Notre langage, notre précieusité, les mots d'ordre qui sont les nôtres, aujourd'hui, sont complètement à côté de la plaque. Et moi, je suis candidat à la primaire interne du Parti Socialiste pour reconnecter la gauche avec les ouvriers et les employés.
Parler d'abord de pouvoir d'achat, qui va être le principal sujet de la campagne présidentielle 2027. Parler des sujets orphelins de la vie politique française, les faillies monoparentales, le handicap. Parler aussi de sécurité et de régalien. C'est cette candidature-là que j'incarne aujourd'hui à 34 ans au sein du Parti Socialiste.
C'est la raison pour laquelle vous opérez un tour de France. Vous hésitez les marchés, les bars d'immeubles, les Français. On vous aime parce que vous vous attachez à des problèmes comme, par exemple, les ascenseurs qui ne marchent pas dans les bars d'immeubles. En même temps, vous analysez la situation économique de ce pays à froid. Vous proposez le salaire brun. Mais en même temps, vous ne voulez pas donner de la valeur au travail, plutôt, vous qui êtes pour la méritocratie ?
Justement, c'est ce que je propose. Je propose de revaloriser le travail en France. Quel est le problème ? Les salariés, aujourd'hui, sont les vachalés du système. Ils payent extrêmement cher, le fait de travailler. La différence entre ce que vous verse votre employeur, Pierre Devineau, et ce que vous touchez, elle est de 60%. 60% part pour financer la sécurité sociale. On demande aujourd'hui à 27 millions de salariés, du public et du privé, de financer la protection sociale de 70 millions de Français. Moi, je dis que dans un pays qui vieillit, dans lequel on va avoir de plus en plus de retraités, on doit aujourd'hui financer autrement la sécurité sociale.
Moi, je propose une baisse importante, massive, de la CSG sur les salaires. Jusqu'à 4 000 euros. Est-ce qu'à 4 000 euros, on est riche ? Non, on n'est pas riche. Il faut pouvoir financer la mesure. Elle coûte quand même 17 milliards. Pourquoi ce seuil de 4 000 euros ? Ça concerne quand même plus de 95% des Français. Vous avez fait une étude d'impact ? Voilà, ça concerne 95% des Français. Et c'est un gain de pouvoir d'achat. Vous pouvez le calculer vous-même sur le site salairebrun.fr. C'est un gain de pouvoir d'achat d'environ 150 euros, même quand vous êtes d'ailleurs cadre. Donc, c'est important et ça va permettre aux gens d'avoir davantage de pouvoir d'achat. On sort de 10 ans de Macron.
10 ans de Macron, c'est une augmentation de 27% des prix alimentaires, de 40% des prix de l'énergie, de 60% des prix du logement dans les très grandes villes. Il faut qu'aujourd'hui, les Français puissent respirer. Et la présidentielle de 2027, ce sera d'abord une présidentielle sur la question du pouvoir d'achat.
Le pouvoir d'achat, mais vous dites qu'à la fin, il faudra tout de même une contribution des plus riches. Finalement, c'est la couleur de la rose rouge juif.
Non, il faut qu'il y ait de la justice. On ne peut pas dire à la fois, on va vous désindexer vos retraites, on va désindexer les prestations sociales, on va vous imposer de payer 2, 3 euros, 4 euros, 5 euros sur votre boîte de médicaments, et dans le même temps de dire qu'on exonère des forts. Pourquoi est-ce que la facilité des socialistes, c'est toujours de prendre au plus riche, Philippe Brun ?
Ce n'est pas la facilité, c'est juste une question de justice, de toute façon. C'est votre point de vue. De toute façon, ce n'est pas uniquement... Qu'est-ce que vous entendez parler de justice ? D'ailleurs, Michel Barnier lui-même avait parlé de justice sociale, en employant justement exactement les mêmes arguments.
Oui, mais il faut qu'il y ait de la justice dans l'effort. Il faut que l'effort soit équitablement réparti. Moi, je ne crois pas être... Je crois plutôt être au diapason de l'opinion française. Je rappelle que 90% des Français sont favorables au rétablissement de l'ISF. Il faut que l'effort soit bien réparti. Il faut que tout le monde paie sa juste part. Tout le monde sait bien qu'il va falloir faire des efforts, qu'on ne va pas pouvoir continuer à dépenser comme on l'a fait durant les dernières années. Et pour ça, il faut que l'effort soit justement partagé. Moi, je crois que ceux qui ont la chance d'avoir réussi dans la vie doivent contribuer davantage. Du verbe devoir.
Même ceux qui croient en la méritocratie comme vous, qui sont partis de rien. Vous connaissez la phrase de Margaret Thatcher, qui disait que le problème du socialisme, c'est qu'à la fin, on finissait par dépenser tout l'argent des autres. Les autres, c'est ceux qui ont réussi. Comment est-ce que vous voulez dire à des gamins qui, aujourd'hui, ne partent de rien, qui vont très bien travailler en classe, qui vont faire des études supérieures, et à la fin, on va leur dire que vous allez payer pour les autres ?
Écoutez, moi, ce que je suis en train de proposer, c'est justement de baisser massivement les impôts sur les salaires pour que le travail paie mieux. Ensuite, je dis qu'il faut qu'il y ait une équitable répartition de l'effort. Et les Français sont d'accord avec ça. Il y a 90%, il y a même 75%, je crois, des Français qui se sont faveurs avec la taxe Zuckman, qui est au nid de votre chaîne. Vous voyez bien que nous sommes plutôt au diapason de l'opinion.
La question a été mal posée, vous le savez très bien, sur ce sondage-là de 84%, et quand on pose la question autrement, ils ne sont pas à 84%. La croissance est en berne, on paye les intérêts de la dette, on ne fait plus aucune réforme structurelle. Le FMI va nous tomber dessus, il alerte d'ailleurs, et très sérieusement. Le FMI dit dans le détail, bien que les autorités restent déterminées à ramener le déficit budgétaire en dessous de 3%, l'assainissement des finances publiques demeure plus lent que prévu, et voit sa mise en œuvre exposée à des risques importants et à l'urgence à définir une stratégie pluriannuelle crédible.
Philippe Brin, on se souvient de la polémique qu'avait déclenché le ministre de l'Économie, Roland Lescure, lorsqu'il a dit que le FMI était à nos portes. Là, ça y est, il arrive ?
Non, c'est les recommandations habituelles du FMI, d'analyse pays par pays.
Habituelles, habituelles, jusqu'au moment où ça arrive, c'est arrivé à la Grèce.
Après, on va dire la réalité, la décision de dissoudre l'Assemblée nationale prise par le Président de la République est une forme de trahison quand même de nos intérêts. Il y a eu une augmentation de 70 points de base des taux d'intérêt du spread par rapport à l'Allemagne, une dégradation très importante de nos finances publiques, aucun choix concret qui ne puisse être fait, et donc la Présentiel 2027 va nous permettre de faire un choix. Moi, je présente mon programme économique la semaine prochaine. Ce programme s'appelle Produire, car je crois que c'est par la production, par la croissance économique verte, évidemment, décarbonée, partagée, qu'on réussira à faire face aux défis.
Quel est le problème aujourd'hui de la France ? Le PIB, c'est-à-dire ce qu'on produit par habitant, en France, c'est la moitié du PIB par habitant américain. Si on avait la même production qu'aux États-Unis, en France, on serait en excédent budgétaire.
Il faut quand même se rendre compte aujourd'hui que le problème de notre pays, le problème du continent européen, c'est qu'on a eu 15 ans d'une mauvaise politique économique, qui était à la fois une politique sur le plan fiscal et budgétaire plutôt austéritaire, il a fallu rétablir les comptes sous la demande de la Commission européenne, et une réglementation européenne, qui en vérité a favorisé la concurrence entre les Européens, plutôt que la puissance économique face aux États-Unis et aux Chinois. Il faut aujourd'hui changer de paradigme.
Et la présence de 2027 aussi, ça a été un moment pour dire nous pouvons réindustrialiser ce pays, nous pouvons garantir à nos entreprises l'électricité la moins chère d'Europe. Moi, je propose de sortir du marché européen de l'électricité. En baissant les impôts de production aussi ? Les impôts de production ont bien baissé durant les dernières années. Donc ça suffit comme ça ? Le déterminant central va être celui de l'électricité. Il faut comprendre qu'avec la robotisation, l'automatisation, l'intelligence artificielle, il faut que la France fournisse à ses entreprises l'électricité la moins chère d'Europe.
Elle sort en sortie de centrale nucléaire, déjà comme étant la moins chère d'Europe, mais elle est payée beaucoup plus chère par nos entreprises. Et le mécanisme du marché européen d'électricité n'est pas le bon. Et les prix d'électricité vont encore augmenter en août ? Dans la grande compétition internationale, on doit proposer à nos entreprises l'électricité la moins chère d'Europe. Et c'est cela qui va nous permettre d'attirer des entreprises. Je dis souvent EDF, c'est notre Aramco à nous. Vous savez, Aramco, c'est l'entreprise saoudienne qui fournit le pétrole le moins cher possible aux entreprises de l'Arabie saoudite. Eh bien, je dis qu'il faut faire la même chose.
Notre Aramco à nous, c'est EDF. Et EDF doit fournir l'électricité la moins chère d'Europe à nos entreprises.
Philippe Rhin, je le disais, vous êtes en piste pour cette primaire socialiste qui conduit à la présidentielle face à Glucksmann, Ford, peut-être Cazeneuve, Hollande. Eux, ils sont des candidats libres. Ils passent au travers de cette primaire ?
Oui, je crois qu'à la fin, ils seront candidats à la primaire. Je vois mal comment François Hollande pourrait être candidat… C'est peut-être mal connaître François Hollande, non ? Je crois qu'il est obligé de passer par la primaire, en vérité. Parce que le candidat qui sortira de la primaire vers le 15 octobre, ce candidat-là aura le soutien du Parti socialiste, aura eu l'onction de 500 millions, 1 million de personnes qui seront venues voter à la primaire. Et donc, à ce moment-là, ce sera impossible pour François Hollande de revenir. Si François Hollande veut être candidat à la présidentielle, alors il doit passer par la primaire, je pense qu'il le fera.
La primaire verra donc un candidat du PS, le Parti socialiste, celui justement avec la rose et le point. Et face à d'autres candidats qui sont bien établis, notamment le RN qui est devant dans les sondages, au premier tour, au deuxième tour, en déplacement à Vendœuvre, vous avez dit qu'on doit combattre le RN, non de façon morale, mais sur le terrain. Alors, de question, ça veut dire quoi de façon morale ? Et est-ce que vous préféreriez une France LFI à une France RN ?
Alors, d'abord, dire qu'on s'est planté depuis 25 ans dans le combat contre le RN. On a eu une approche exclusivement morale, plutôt que de comprendre ce qu'était réellement le RN. Moi, je pense que le RN... C'est pas une approche morale ? C'est de dire, de faire des leçons sur l'histoire. J'y crois, c'est le leçon sur l'histoire. L'histoire de quoi ? L'histoire de la fondation ? Tout cela est vrai, et je suis d'accord avec ces arguments, mais je constate qu'ils ne prennent pas. Parce que le RN a changé ? Non, pas parce qu'il a changé, mais parce que le RN est la mauvaise herbe de la politique. Le RN pousse sur les terrains que nous laissons en jachère. Mauvaise herbe ?
Oui, c'est la mauvaise herbe de la politique. Elle pousse sur les terrains...
Vous parlez à 13 millions d'électeurs, Philippe.
Je le dis... Qu'est-ce que vous dites à 13 millions de personnes, 13 millions de Français... Je suis élu dans une circonscription RN. Qui ont voté pour RN. Je suis le seul député de l'heure qui n'est pas membre du RN. Mon département a voté à 55% pour Marine Le Pen. Ma circonscription a voté à 52% pour Jordan Bardella. Et moi, j'ai été élu à 53% trois semaines après. Donc moi, je suis la preuve vivante qu'il n'y a pas d'attachement indéfectible des électeurs au RN. Ils votent pour le RN parce qu'ils n'ont pas d'alternative crédible. Ils ont d'alternative entre quoi ? Entre Macron, on a vu l'échec. Entre Mélenchon, qui n'est pas d'alternative désirable. Donc il faut inventer autre chose.
La solution face à cet effondrement que serait la victoire du RN en 2027, c'est la gauche populaire. Et c'est moi ce que je suis en train aujourd'hui de développer dans cette campagne. Une gauche qui parle au concret des gens, qui parle de feuilles de paix, qui parle du prix du carburant, qui parle de services publics. Et je crois que cette gauche-là, elle peut l'emporter en 2027.
Alors, on parle effectivement d'un potentiel deuxième tour RN-LFI, même si beaucoup de socialistes et de personnalités du Bloc central ne veulent pas y croire. Mais que préférez-vous ? Vous voteriez pour qui ?
Moi, je voterais pour n'importe qui contre le RN au deuxième tour.
Donc ça veut dire le LFI ?
Jean-Luc Mélenchon ? S'il y avait un deuxième tour... LFI-RN ? Je voterais pour Jean-Luc Mélenchon. Bien sûr que je le ferais, parce que je crois que la victoire du Rassemblement national serait une catastrophe pour le pays. Et une victoire de LFI ne serait pas une catastrophe pour le pays ? La vérité, c'est que Jean-Luc Mélenchon n'aura jamais les moyens de sa politique. Il n'aura jamais de majorité absolue. Vous ne le sous-estimez pas ? Il serait un président de la 4ème République si jamais il était élu. Il envisage la 6ème et non pas la 4ème. Oui, la vérité, c'est que si on veut être tout à fait honnête, il faut à tout prix que ces salariés ne se produisent pas.
Il ne faut pas que Jean-Luc Mélenchon ce sera du 70-30. Ce sera un raz-de-marée pour l'extrême droite. Donc il faut l'éviter.
C'est en tout cas le dernier sondage qui donnait Marine Le Pen gagnante à 70 contre 30 pour Jean-Luc Mélenchon.
Le meilleur moyen d'avoir arrivé le R à nos pouvoirs, c'est que Mélenchon soit au deuxième tour. Donc à nous de nous ressaisir. On a cette primaire qui sera, je crois, le moyen de désigner un candidat crédible pour gagner.
Philippe Bray, Emmanuel Macron a remis les pendules à l'heure hier en Conseil des ministres concernant ces 250 000 visas que promettaient aux Algériens Stéphane Romatet, l'ambassadeur de France en Algérie. Aucun objectif chiffré, pas de laxisme, a dit le Président. Qu'est-ce que vous pensez de cette annonce de l'ambassadeur Romatet et de cette mise au point du Président de la République ?
Bon, pas grand-chose en vérité. Après, n'oublions pas ce qu'est l'Algérie pour la France. On a le sentiment que c'est un pays étranger. C'est quand même un des pays les plus proches de la France. Il y a 9 millions de Français qui ont un lien avec l'Algérie. Donc vous dites quoi ?
L'Algérie, c'est la France ?
Non, c'est un pays avec lequel il doit y avoir des relations stables dans la durée. Moi, je suis plutôt heureux de l'apaisement que nous avons réussi à trouver dans les derniers mois après les gesticulations de Bruno Retailleau. 9 millions de Français qui ont un lien avec l'Algérie. Les gesticulations de Bruno Retailleau ? Elles ont été complètement inutiles. Vous vous rendez compte qu'on a moins éloigné de QTF sous Bruno Retailleau que sous François Hollande ?
Est-ce qu'il avait les mains libres, Bruno Retailleau ? Est-ce qu'il n'était pas tout seul au gouvernement pour faire ce que vous dites, les gesticulations ? En l'occurrence,
une action directe. Les gesticulations ne fonctionnent pas le retour...
Donc la méthode d'une est meilleure que celle que faisait Retailleau ?
Elle est très bonne. Il y a beaucoup plus d'éloignements d'étrangers algériens. Oui, mais on promet 250 000 visas à Philippe. Les visas, il y en a des utiles. Il y a des gens qui viennent. Il y a des médecins, par exemple. J'en ai mis ma circonscription. Je suis le premier désert médical de France métropolitaine. Je suis bien content d'avoir des médecins algériens bien formés. Il n'y a pas que des médecins. Il y a des médecins, il y a des journalistes, il y a des travailleurs. Je sais aussi, ici, à CNews, j'en ai croisés, qui sont nationalités algériennes et qui travaillent bien et que vous gardez ici. Donc ces gens-là, ils doivent avoir un visa. Donc le chiffre paraît important.
Mais enfin, rendez-vous compte quand même de ce que sont les liens entre nos deux pays, de ce qui est le flux entre les deux pays. Il n'y a pas de pays au monde beaucoup plus proche de la France que l'Algérie. Département français pendant 132 ans.
Mais sur cet épisode qu'est l'annonce de M. Romaté et la contre-annonce plus ou moins d'Emmanuel Macron, qu'est-ce que c'est ? Ça veut dire qu'il y a quelque chose en sous-main ? C'est une monnaie d'échange pour notre compatriote Christophe Gley ? Est-ce que ce que vous voyez là ?
Non, parce qu'en réalité, le régime algérien n'en a que faire des visas. Il faut comprendre cela. Moi, j'ai travaillé à l'ambassade de France en Algérie. Le régime algérien ne demande absolument pas qu'on mette plus de visas. C'est le peuple algérien qui le demande. Puisqu'un certain nombre d'Algériens ont envie de venir, en tout cas de fuir le régime. Bon, donc il y a un certain nombre à vouloir le faire. Donc ce n'est pas le régime qui le demande, c'est le peuple qui le demande. Donc là, je ne crois pas qu'il y ait de monnaie d'échange. En tout cas, il faut dire ici et le rappeler que nous soutenons la libération de Christophe Gley immédiate et qu'elle est urgente.
Plusieurs textes ont été adoptés par l'Assemblée nationale. Vous faites partie des 56 députés socialistes qui se sont opposés à la loi Riposte. Pourquoi ?
Parce que c'est une loi inutile. Encore une fois, on peut faire des lois tous les jours.
Pour les policiers ?
Qui prennent soin de nous tous les jours ? Qui nous protèdent ? Moi, je parlais avec les policiers. Le problème des policiers aujourd'hui, c'est davantage les moyens de leur action. Ça n'empêche pas l'autre. Dans ma circonscription, j'ai quand même un commissariat où j'ai 5000 plaintes non traitées. 5000 plaintes non traitées parce qu'il n'y a pas d'officier de police judiciaire. Nous, dans ces 5000 plaintes, j'ai combien de lianas dedans ? On n'en sait rien aujourd'hui. Donc là, on demande aux procureurs et puis aux officiers de police judiciaire de traiter ces plaintes.
Moi, je n'ai pas le début du commencement d'un effectif à mon commissariat à Louvier-Val-de-Reuil pour traiter ces 5000 plaintes. Donc, on peut faire toutes les lois du monde. On peut durcir tout ce qu'on veut. On peut mettre en place des rétentions administratives, des amendes. Ça ne sert à rien. Qu'est-ce qu'il faudrait faire alors ? Sur le régalien ? Il faut des officiers de police judiciaire. Il faut remettre en place une chaîne pénale qui fonctionne. Il faut des enquêtes. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire sur la justice, un travail sur les magistrats également ? Les magistrats, ce ne sont pas des gens laxistes.
D'ailleurs, la justice est moins laxiste aujourd'hui qu'elle était il y a 20 ans quand on regarde la sévérité des peines prononcées. Ce qui ne dysfonctionne complètement, c'est la chaîne pénale. réduit les effectifs dans la police et la gendarmerie. Ensuite, une fois que l'enquête a lieu, le dossier se perd auprès du procureur parce qu'il n'y a pas assez de parquetiers. Et à la fin, la justice n'est jamais rendue. Il y a un très fort sentiment d'injustice dans notre pays. Je pense que la présidentielle sera aussi à un moment où on va pouvoir essayer de régler cette question-là.
Vous dites que les magistrats ne sont pas à la crise. Qu'est-ce que vous pensez de la sortie du secrétaire général du syndicat de la magistrature qui a pris position lors d'une réunion avec des membres de la France insoumise et qui, sur la présomption de légitime défense des policiers, a dit que c'était quelque chose qui contrevenait à une certaine idée de la justice ? Ça, c'est un droit. Il y a des syndicats en France qui expriment des positions. Il n'y a pas une indépendance entre le judiciaire, le législatif et l'exécutif. On a tous appris ça en droit constitutionnel, Philippe.
C'est un syndicat. Il a le droit d'exprimer une position qui est celle des adhérents de ce syndicat. Mais quel signal il donne ? Aujourd'hui,
dans le sentiment d'incompréhension qu'ont les Français, vous venez d'en parler vous-même.
Parlons du fond de la présomption de légitime défense. Personne ne peut comprendre qu'on soit favorable à cela. Vous ne pouvez pas présumer quand quelqu'un tue quelqu'un d'autre qui est par définition en légitime défense. Ce n'est pas acceptable. On comprend bien. On est tous attachés à l'État de droit. Attachés au fait que les procès soient équitables. Quand quelqu'un utilise son arme et tue quelqu'un ou blesse quelqu'un, il n'y a pas de possibilité qu'il soit exonéré et qu'il soit présumé en légitime défense quoi qu'il arrive. Tout le monde comprend bien que ce n'est pas la bonne chose à faire.
Mais sur les 28 000 refus d'obtempérer par exemple qu'on signale chaque année maintenant pour l'année 2025, 28 000, est-ce que ça n'est pas une aide justement pour les policiers de se sentir moins, comment dirais-je, ils sont là, ils sont devant la voiture et ils ne savent pas comment réagir ?
Vous savez, aux États-Unis, il y a une présomption beaucoup plus forte aussi de légitime défense et en pourcentage par habitant, il y a encore plus de refus d'obtempérer. Je ne crois pas tellement que ce soit ça la solution.
Donc, pas de, comment dirais-je, pas de loi riposte, pas de moyens pour les personnes qui attaquent les forces de l'ordre. Des vrais moyens. Le classement du protoxyde d'azote parmi les produits stupéfiants, les mortiers d'artifice qui sont des armes potentielles, tout ça, vous êtes contre ?
Regardez aujourd'hui, les mortiers, on va pouvoir en parler. Oui, vous avez vu les images. D'accord, super, il n'y a pas d'effectifs. Ah non, ce n'est pas super. Il y a un moment, on voulait changer toutes les lois du monde. Il n'y a pas d'effectifs. Mais personne n'y croit, personne ne croit à ces lois-là qui sont des lois d'affichage.
Oui, mais ils polifiaient rien que sur Paris pour contenir une demi-finale ou quelque chose qui doit être festif. Vous dites qu'il n'y a pas
assez d'effectifs. Il n'y a évidemment pas assez d'effectifs. Comme dans les émeutes, vous vous souvenez des émeutes de juillet 2023. Moi, même dans ma propre circonscription, on s'est retrouvés complètement démunis. On n'avait personne sur place pour essayer de contenir. Et ce n'était même pas dix gamins qu'on réussit à tout détruire tout seuls. Donc, il y a un problème énorme d'effectifs. Donc, arrêtons de nous payer deux mots. Il faut qu'on rétablisse nos comptes publics en France et qu'on mette des emplois. Là, on en a réellement besoin. Il faut qu'on fasse des choix. La police, la justice, l'éducation nationale, l'hôpital. Et après, le reste, il faut savoir prioriser.
Pardon, mais on peut faire toutes les lois du monde, durcir, prendre des tons martiaux, dire qu'on sera beaucoup plus ferme. Ces lois-là, ce sont des lois de papier. On occupe les gens, on ment aux gens. On fait des débats sur CNews, sur BFM partout. On est pour ou contre tel ou tel article de loi. Mais cet article ne sera jamais appliqué parce qu'il n'y a pas de moyens pour l'appliquer. Moi, je veux qu'on défende aussi des solutions concrètes et donc faire en sorte qu'on ait des effectifs pour appliquer la loi.
Philippe Brun, ça risque d'être la mauvaise surprise pour les automobilistes français. Cet été, le prix de l'essence augmente alors que vous et moi savons que tout n'est pas forcément corrélé à la situation au Détroit d'Ormuz. Il y a aussi les traders en pétrole à Rotterdam. Vous dites qu'il n'y a pas 36 moyens. Il faut baisser les taxes sur les carburants.
Oui, il faut baisser les taxes sur les carburants comme l'a fait le gouvernement socialiste espagnol. C'est le rapport que j'ai rendu à l'Assemblée nationale. Moi, je pense qu'il faut baisser les taxes et aussi il faut mettre à contribution les traders parce qu'aujourd'hui le Détroit d'Ormuz ça représente seulement 20% du passage des carburants dans le monde. C'est ce que je disais, tout n'est pas corrélé au Détroit d'Ormuz. Le prix a augmenté à 40% au mois d'avril du gasoil. Donc on voit bien qui a du traité. Là, au moins,
c'est une mesure avec laquelle vous êtes d'accord avec le Rassemblement national parce que le Rassemblement national demande aussi la baisse des taxes.
Alors le Rassemblement national qui a repris une position sociale et je rappelle que c'était Lionel Jospin qui avait mis en place la TIPP flottante à l'époque. Pedro Sanchez, Premier ministre socialiste espagnol qui la met en place en Espagne avec un vrai succès. La croissance espagnole va être beaucoup plus élevée qu'en France, supérieure à 2% cette année parce que justement le gouvernement socialiste espagnol a fait la priorité du pouvoir d'achat.
Je note que vous ne voulez pas combattre le RN sur des positions morales et donc vous êtes d'accord avec le Rassemblement national
pour baisser les taxes sur le carburant. Le Rassemblement national est d'accord avec nous
et d'accord avec moi sur ce qui a été du carburant. L'œuf et la poule, la poule et l'œuf et la couleur de la rose. On a dit quelle couleur ? Les roses, c'est bien comme votre cravate, Pierre de Vimeau. Merci beaucoup Philippe Brun, bonne journée.
Philippe Brun