Vers le chaos électoral ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Va-t-on vers un chaos électoral ? Le premier déplacement de campagne présidentielle de Marine Le Pen hier a été très mouvementée. Elle a été chahutée par des militants de gauche puisque ce premier déplacement intervenait après sa condamnation judiciaire.
Un premier déplacement qui s'est réalisée en 27 minutes à la flèche dans le département de la Sarthe. Flora Sauvage vous raconte. 27 minutes top chrono.
Au lendemain de sa condamnation par la cour d'appel de Paris, Marine Le Pen a dû écourter son premier déplacement de campagne, à la flèche dans la Sarthe. « Pas de délinquants au gouvernement ! » « Volace !
Volace ! » Accueilli sous les applaudissements, couvert par les huées d'une soixantaine de manifestants. Il est très condamnable de la part d'un mouvement politique comme LFI de tenter d'empêcher le déroulement du processus démocratique.
Condamné en appel pour détournement de fonds publics, Marine Le Pen a justifié son pourvoi en cassation tout en réaffirmant son innocence. Je ne joue pas la montre, je suis une citoyenne qui use de ses droits, des droits que l'état de droit que mes adversaires ont souvent à la bouche offre à tout justiciable et par conséquent j'effectue un pourvoi car je suis innocent des faits qui me sont reprochés. Accompagnée de Jordan Bardella, la chef de file du Rassemblement national a rapidement quitté les allées du marché pour rencontrer le maire de la ville, conquise par l'ERN, aux dernières municipales.
Je suis extrêmement heureux que nous puissions rentrer en campagne avec Marine, parce que des millions de Français attendent aujourd'hui le changement, ils attendent un sursaut. Après dix années d'Emmanuel Macron qui ont fait un mal considérable à notre pays et donc je me réjouis qu'on puisse ensemble entrer en campagne pour offrir aux français et offrir au pays l'alternance que le pays mérite et que les Français attendent. Pour le tandem, Le Pen-Bardella, la campagne risque d'être longue, rythmée par les décisions judiciaires et les sifflets. décrypter ce début de campagne présidentielle chaotique.
J'accueille sur ce plateau Christelle Crappelet, bonjour. Bonjour. Vous êtes directrice d'opinion pour l'institut de sondage Ipsos BVA.
J'accueille également sur ce plateau Michael Darmon, bonjour. Bonjour. Éditorialiste politique I24 News.
Et bonjour à vous, Pierre Jacquemin. – Bonjour. – Directeur de la rédaction de Politis.
Pierre Jacquemin, Marine Le Pen, est-ce qu'elle s'est lancée dans une campagne impossible, c'est-à-dire gagner la présidentielle après une condamnation judiciaire – En tout cas, moi j'avais beaucoup écouté ses propos qui étaient les siens avant la décision de la justice et c'est vrai qu'elle avait eu un propos assez clair qui consistait à dire qu'elle ne voulait pas, elle ne sera jamais un boulet, elle ne sera jamais une épine dans le pied de son propre camp, et j'ai le sentiment qu'en faisant le choix d'y aller, malgré les doutes, les incertitudes, qui pèsent quand même sur sa liberté totale, puisque les questions quand même possiblement encore, non pas d'une inéligibilité, encore alors que ça discute, il y a des juristes qui considèrent que ça peut encore être le cas, il peut y avoir encore des décisions, mais il reste la question du bracelet électronique qui peut intervenir à tout moment lorsque la cour de cassation se prononcera. Donc elle peut encore être en campagne et porter un brassé. Donc, ce que je veux dire, c'est qu'elle a pris le risque, elle met presque sa famille politique en jeu, eu égard aux décisions du CIS qui vont advenir.
Donc, je pense que ça va être compliqué. Et puis, on le voit, la première sortie de campagne, elle se fait sous les huées. Ça rappelle un tout petit peu, même si les circonstances étaient différentes, on était en cas de révélation du canard enchaîné, que la campagne commençait tout juste.
Mais ça fait quand même un peu penser à François Fillon qui ne pouvait pas faire un seul déplacement sur les qu'il l'accueillait à chacun dans ses déplacements. C'est sûr que ça ne va pas faire beaucoup plaisir à Marine Le Pen ni à son entourage. Après, c'est le jeu de la démocratie.
Les militants ont le droit de manifester, Marine Le Pen a le droit de manifester aussi et de parler, c'est le jeu de la contradiction, des mobilisations, des manifestations. Je crains, je crains que ça ne fasse pas beaucoup de mal et de nid de tort à Marine Le Pen parce que ce n'est pas sur ce terrain-là que je pense que Marine Le Pen peut être fragilisé. Michael Darbon, vous pensez également que ça ne va pas lui faire du mal cette campagne qui commence quand même très difficilement sur la forme ?
Ça fait 30 ans qu'il y a une tentative d'adversaire de Marine Le Pen et du FN puis du RN, d'être en démarche de diabolisation. On voit le résultat, ils sont au port du pouvoir. Donc peut-être faudrait-il se poser quelques questions sur la manière d'être capable de pouvoir contrer la montée de ce parti depuis tant d'années.
Donc on voit bien que, bien évidemment, c'est le jeu de la démocratie et personne ne va s'en émouvoir. C'est parfaitement normal, la manifestation est autorisée et de ce point de vue-là, il n'y a absolument aucun problème. La question, c'est l efficacité politique.
De ce point de vue-là, effectivement, pour l'instant, le bloc des partisans de Marine Le Pen n'est pas du tout influencé par cela. Ils n'ont pas du tout le sentiment que c'est un début de campagne chaotique. C'est même plutôt un début de campagne en fanfare, avec plutôt des sondages qui donnent pour l'instant une montée dans l'intention de vote.
On va sûrement en parler autour de Marine Le Pen. Mais ça ne veut pas dire qu'elle ne sera pas fragilisée tout autant cette campagne parce qu il y aura un enjeu de rassemblement. Et parce que je pense que les électeurs, comme ils l'appellent, de conquêtes qui sont venus progressivement de l'extérieur du RN pour soutenir un projet comme celui de Marie-Le Pen, peut-être risque-t-il d'être, avec maintenant le nouveau statut judiciaire, cette course contre la montre avec la justice, eh bien peut-être risque-t-il d'être un petit peu freiné, froissé.
Ça on le verra au cours des prochains mois. – Christelle Crappelet, est-ce qu'on sait ce que pensent les Français de ce choix de Marine Le Pen, de partir en campagne présidentielle malgré cette condamnation judiciaire ? Est-ce que pensent aussi l'électorat du RN ? – Oui, alors c'est le plus intéressant.
Effectivement, dans les premières enquêtes qu'on a pu voir, au sein des sympathisants RN, il n'y a plus une majorité pour considérer qu'elle a eu raison et quand on regardait en termes d'images comparées, globalement ils avaient aussi une très bonne image de Marine Le Pen. Il y a quand même une petite minorité, un tiers, un quart selon les enquêtes, qui s interroge un peu, qui se demande si ça ne va pas être un handicap ou qui préférait Jordan Bardella. Mais globalement on va dire que dans son socle électoral il y a plutôt du soutien et voilà j'ai vu passer les premières intentions de vote, on voit effectivement, elle avait un petit peu de retard ces derniers temps parce que je pense qu'une partie des français avaient anticipé que ce ne serait pas elle, que ce serait Jordan Bardella, elle le comble.
Voilà pour l'instant ça fonctionne on va dire relativement bien, rappelons qu'on est quand même qu'en juillet Voilà, 2026. Après ce qui va peut-être être plus compliqué pour elle c'est d'élargir sa base parce que c'est vrai que dans la tentative qu'on avait pu voir ces derniers temps d'essayer d'aller séduire des sympathisants LR, des seniors, des électorats qui étaient moins tentés par le Rassemblement national, Jordan Bardella apparaissait peut-être comme une figure un peu plus consensuelle et là elle va avoir plus maille à partir pour convaincre cet électorat-là. Effectivement vous le disiez il y a déjà des intentions de vote qui sont publiées à la suite de cet épisode pour Marine Le Pen et on voit que la candidate du Rassemblement national pour l'instant est toujours donnée largement en tête au premier tour avec 35 % des voix et même selon les différents scénarios au second tour elle est donnée vainqueur face à son adversaire.
Pierre Jacquemin, juste avant de vous redonner la parole on va écouter Gabriel Attal qui continue à critiquer Marine Le Pen après son choix de partir en campagne et qui estime qu'elle va prendre en otage cette campagne présidentielle. La campagne présidentielle qui démarre se résume à une chronique judiciaire plutôt que de parler de fonds et de vision pour le pays. Et ça je pense que ça fatigue déjà les Français.
Par ailleurs il faut en revenir aux bases, je pense qu'il y a des Français qui nous écoutent, qui passent leur temps à expliquer à leurs enfants qu'il faut respecter les règles, qu'il faut respecter la loi, qu'il ne faut pas tricher. Il y a des Français qui nous écoutent par ailleurs, qui savent qu'ils doivent respecter la loi et qui sont pénalisés au premier écart. Et ils entendent une responsable politique quand candidate à l'élection présidentielle, qui s'attaque à des décisions de justice et qui même intimide la justice.
On voit les pressions qui sont faites pour que l'arrêt en castation ne tombe pas avant l'élection présidentielle. Comment vous voulez expliquer à des jeunes délinquants qu'il faut respecter la loi, qu'il faut respecter les règles quand vous avez des responsables politiques qui eux-mêmes ne sont pas capables de les respecter ? Pierre Jacquemin.
Malgré son expérience, son cuir tanné comme on dit dans les commentaires politiques, Marine Le Pen elle va être la cible de nombreuses attaques de la part de ses adversaires et ça a déjà commencé, le débat est centré sur ça. Oui mais il faut s'interroger sur quel est le point qui va être le plus fragilisant pour Marine Le Pen, je ne suis pas sûr que ce soit sur le terrain judiciaire qu'il faille y aller, on l'a vu dans bien des pays, à commencer par les Etats-Unis, Donald Trump a été accusé, condamné, violence sexuelle, etc. Ça n'a pas empêché Donald Trump d'être réélu président de la République.
Je crois que l'électorat ou en tout cas les sympathisants de Marine Le Pen est tellement déterminée à vouloir que le parti de Marine Le Pen gagne l'élection présidentielle, que rien ne changera. Et d'ailleurs, on le voit parce qu'effectivement, elle était en perte un peu de vitesse par rapport à Jordan Bardeller, encore que c'était des écarts qui étaient quand même assez faibles. Mais elle récupère son retard, y compris juste après avoir annoncé, le lendemain de sa condamnation, même si elle a fait appel, elle reprend son envol.
Et c'est ça qui est quand même assez étrange, on peut s'étonner, j'entendais François Ruffin et je pense qu'il a raison, on devrait tous s'interroger sur comment est-il possible aujourd'hui que dans un pays où la corruption continue d'exister, où les hommes et les femmes politiques continuent de piquer dans la caisse, que les Français continuent de voter pour ces gens alors qu'il y a des sondages, des études qui montrent que les Français attendent de leur politique, de la probité, de l'honnêteté et c'est vrai que ça doit nous interroger mais je ne pense pas que ce soit sur ce terrain-là, hélas malheureusement même si il va falloir quand même continuer à faire campagne en disant que ce n'est pas bien de voler dans la d'ailleurs, Marine Le Pen a été une des premières à le dire. Vous vous souvenez de cette phrase en 2004 quand elle dit « ils ont tous volé dans la caisse sauf nous ». Aujourd'hui, elle ne peut plus se revendiquer d'être la seule à pu être de celles qui y ont volé dans la caisse.
Elle n'est pas la candidate Je pense que c'est plus sur ce terrain-là montrer qu'elle est la candidate d'un système. D'ailleurs, elle s'appuie sur ce système aujourd'hui pour être candidate et pour dire qu'elle est éligible à l'élection présidentielle. Donc, c'est plus sur ce terrain-là.
Et encore une fois, évidemment, il faudra le redire plein de fois, mais c'est aussi sur le terrain des idées. Ça reste encore flou sur bien des sujets et je pense que c'est là-dessus que les hommes et les femmes politiques doivent combattre Marine Le Pen. Effectivement, Marine Le Pen a construit sa carrière politique sur un discours anti-système, c'est-à-dire que les autres partis politiques qui ont gouverné tous pourris, là ce discours ne peut pas le tenir.
Ça fait bien longtemps qu'elle ne le tient plus, elle est dans le système, elle est maintenant députée depuis quelques temps, elle a organisé son groupe autour de la respectabilité face aux antisystèmes que sont les insoumis, c'est-à-dire qui ont eux voulu matérialiser le bruit et la fureur et la conflictualité comme étant central comme corpus politique. Et de ce point de vue-là, ça a bien changé. Même sur le plan politologique, on voit bien qu'au fond, même dans les verbatims et dans les études, l'appellation d'extrême droite, au fond, n'est maintenant que dans le terrain de l'écosystème politique et médiatique.
Pour les Français, elle n'est pas d'extrême droite, elle est considérée comme faisant partie de ce qu'on appelle, Jean-Baptiste Fourquet parle de la machine à café, tout le monde partage cette approche-là. Donc effectivement, la campagne, devra se positionner sur les préoccupations des Français de la part de ses adversaires et en particulier le pouvoir d'achat, en particulier les questions de sécurité, en particulier les questions d'éducation, d'immigration. Et ce sont ça, ces thèmes-là qui vont déterminer aussi le vote et peut-être aussi...
Mais ça, ce sont des thèmes forts pour Marine Le Pen. Et peut-être aussi, c'est là que sa fragilité, paradoxalement, pourrait être aussi testée parce que les Français vont vouloir quand même des solutions, vont vouloir des politiques publiques. Et on verra s'il y a effectivement une capacité pour le RN à répondre à ces questions-là. – Mais Christelle Krapelet, au sein de l'électorat du RN, il y a quand même une forme de défiance vis-à-vis des partis politiques qui ont gouverné, vis-à-vis du système.
Donc le fait finalement que Marine Le Pen ait été condamnée, comme d'autres cadres d'autres parties l'ont été et bien ça peut la fragiliser dans l'opinion une forme de paradoxe parce que effectivement elle a souvent dénoncé le système et son électorat est souvent très contre les institutions à une relation très complexe aux hommes et femmes politiques qu'on considère qu'ils sont corrompus comme aussi beaucoup de français mais en même temps comme elle en a appelé au peuple ça a été la première chose qu'elle a fait le peuple décidera le peuple est souverain le peuple jugera en son âme et conscience et finalement elle renvoie la décision à il y a des français qui en fait ce qu'elle a pour elle aussi c'est que ils n'ont jamais été vraiment au pouvoir ça n'a pas été testé donc pourquoi pas essayer il ya une forme quand même presque de virginité en tout cas quand on parle de de l'Elysée qui lui est porté à son crédit dans son électorat j'entendais par exemple dans des reportages des électeurs qui disaient tout le monde a le droit à l'erreur et donc finalement ils considéraient que bah oui elle a été condamnée c'est une erreur elle elle va peut-être rembourser et puis on passe à autre chose et ça je trouve qu'il se passe quelque chose un peu dans l'opinion qui peut être finalement la dédouane alors pour l'instant et auprès de son électorat on va voir après si ça si elle ne va pas quand même être entachée par toute cette histoire faut tenir toute la campagne en étant accusé voilà de d'avoir été condamné d'autant que le calendrier judiciaire va continuer à peser sur cette campagne présidentielle puisque on attendra à la décision de la cour de cassation qui va valider ou non la condamnation en appel de marine le pen et la cour de cassation a affirmé qu'elle déciderait qu'en tout cas qu'elle fera tout pour publier sa décision avant l'élection présidentielle nous nous sommes en ordre de marche pour rendre cette décision avant le scrutin présidentiel et nous ferons tout nous ce qui nous concerne pour tenir cet objectif parce que nous nous y sommes engagés et encore une fois nous sommes dans un fonctionnement qui est un fonctionnement normal. Nos décisions et nos choix peuvent avoir des conséquences politiques mais nous, nous ne prenons pas les décisions en fonction de critères – Pierre Jacquemin, cette décision de la Cour de cassation et son calendrier, ça va jouer sur l'élection présidentielle ? – Écoutez, moi je ne connaissais pas grand-chose dans toutes ces histoires et je pense qu'on découvre tous comment fonctionne la justice dans ces cas-là et c'est vrai qu'y compris quand elle a annoncé sa candidature, moi je me suis dit qu'elle allait forcément passer l'après -midi à discuter avec ses conseils qui ont tout réfléchi, etc.
Tout le monde a pris sa déclaration sur TF1, a annoncé que la Cour de cassation pourrait rendre un verdict fin de l'année 2026, début d'année 2027. Bon je me disais effectivement le calcul est plutôt bon parce que si vraiment la Cour de cassation condamne définitivement Marine Le Pen et qu'elle doit porter un bracelet en janvier, ça laisse janvier à Jordane Bardella pour se porter candidat. Sauf qu'ils ont annoncé hier, la Cour de cassation, qu'ils pouvaient rendre leur décision jusqu'à début avril prochain, 2027.
Ça veut dire que jusque début avril prochain Marine Le Pen peut être en campagne et début avril porter un bracelet, c'est-à-dire à deux semaines de l'élection présidentielle décidait de porter un bracelet. Je ne sais pas si la décision de justice ira jusque-là, mais ça avait quand même tâche. Mais surtout, ça veut dire quand même une chose, Marine Le Pen ne veut pas de Jordan Bardella à l'Elysée.
En faisant le choix de partir elle et en mettant sa famille en péril ou en tout cas en prenant en otage sa famille sur le dos de ses affaires judiciaires, elle prend le choix, elle prend la décision d'aller coûte que coûte à l'élection présidentielle quitte à ce que ça lui a trébuche jusqu'à la dernière semaine de la campagne présidentielle. Donc elle ne voulait pas de Jordan et là cette espèce de duo qu'on fabrique en mode on sème d'amour, on fait des câlins, on fait des photos etc. Il va falloir arrêter de nous prendre pour des abrutis parce qu'on voit bien que d'abord et sur la ligne politique c'est pas tout à fait la même chose et sur l'ambition politique c'est aussi deux ambitions en politique on sait ce que ça donne à la fin des fins.
Et d'ailleurs Michael Larmont quand on regarde les images de ce premier déplacement de Marine Le Pen avec Jordan Bardella à ses côtés une candidate qui a un sourire très voilà peut-être même qu'elle force et à côté Jordan Bardella une mine très fermée donc on sent qu'il y a un problème dans ce ticket gagnant comme elle le vend. Comme on dit le sourire a changé de camp mais c'est vrai qu'il digère là ça c'est certain parce qu'ici quand même il s'y est vu il s'est préparé il a fait deux livres il est devenu même plus populaire que sa mentor et de ce point de vue là on lui avait tellement dit que ce serait ce serait fait bon il prend aussi une forme de leçon politique il reste quand même encore beaucoup à prendre les choses sont jamais fait avant qu'elle soit faite d'abord et puis surtout bien évidemment il est obligé de repartir dans l'allégeance mais enfin à l'origine quand même c'est vrai que ce couple politique qui était présenté il était présenté à il ya quelques années était pour mary le pein une manière de terminer la rupture qu'elle faisait au sein de son parti en proposant pour la première fois un ticket c'est-à dire que lui était chargé étant beaucoup plus organisée sur la droite d'organiser une majorité pour l'assemblée et elle donc de diriger le pays depuis depuis depuis l'Elysée et ça c'est aussi effectivement une forme de rupture qu'elle voulait donc achever au sein de son parti, en faisant muter une forme de culture politique où on n'a quand même pas l'habitude d'être dans les transitions pacifiées. C'est un ticket qui permettait de faire l'union des droites ?
C'était ça le départ. En tout cas, c le dispositif est un dispositif politique. Après, les événements ont fait qu'il est devenu le candidat bis et le candidat de remplacement.
Là, on revient à cette épure de départ. et sa détermination à vouloir être en campagne jusqu'à la fin. Si, par exemple, en avril, effectivement, c'est un texte comme ça, jusque-là, il y a une décision et si elle est obligée de porter un bracelet électronique, on va encore découvrir des choses sur le fonctionnement de la justice.
Il faut 20 jours avant de rencontrer le juge d'application des peines, qui va ensuite...
Donc peut-être qu'elle n'aura même pas à le porter. Donc c'est ça aussi la course contre la montre à laquelle on va assister. – Sur Jordan Bardella, il y a une citation de Jean-Marie Le Pen qui est intéressante. « Le destin des dauphins est parfois de s'échouer ».
On verra si c'est le cas au final. Christelle Crapelet, on a l'impression que Marine Le Pen quand même maintenant s'appuie sur Jordan Bardella, sur sa popularité elle veut faire campagne avec lui car il est devenu en fait plus populaire qu'elle et il n'a pas ce fardeau judiciaire. Oui c'est un peu un pari de fonctionner sur ce ticket et de jouer sur la complémentarité quand on regarde l'image comparée entre les deux.
Alors, il y a un écart, mais il est quand même assez ténu. Il n'y avait quand même pas à attendre, notamment auprès des sympathisants RN. Mais on voyait quand même qu'elle a une certaine force en termes de crédibilité, de stature présidentielle.
On lui faisait plus confiance pour les enjeux internationaux et lui incarnait plus le changement, peut-être la compréhension du pays, une forme de proximité. Elle va probablement essayer de jouer sur cette complémentarité pour essayer de séduire le plus large segment électoral possible. On va voir si ça fonctionne, parce que c'est vrai que c'est assez inédit que l'élection présidentielle est une élection quand même de personnalité et un peu individuelle.
Donc on va voir si ça fonctionne et si l'opinion répond. Alors dans cette situation d'incertitude, voire de chaos électoral. Je voudrais qu'on parle de la gauche aussi, Pierre Jacquemin, puisque c'est un joueur important pour le Parti Socialiste aujourd'hui.
Les militants se prononcent sur le format de la primaire qui va être organisée. Alors est-ce que ce sera pour désigner un seul candidat socialiste ? Est-ce que ce sera une grande primaire ouverte ou une primaire fermée aux adhérents ?
Qu'est-ce qui se joue politiquement dans cette consultation ? Il se joue l'avenir de tous ceux qui ont porté la possibilité d'une primaire de la gauche et des écologistes ? Il y avait encore quelques jours, il y avait assez peu d'espoir que cette primaire existe avec la proposition d'Olivier Faure de faire voter les militants sur deux options différentes.
L'hypothèse d'une primaire revient sur la scène. Reste à savoir ce que vont voter les militants socialistes. Je ne sais pas du tout, en l'état actuel, parce que certes, Olivier Faure tient la machine, mais il y a quand même deux courants contre lui, et donc du coup, la campagne, s'il y a eu campagne, parce que visiblement, il n'y a pas eu trop campagne non plus dans les sections socialistes de France.
Mais voilà, c'est ça qui se joue. C'est soit la candidature de Raphaël Buxman, quasiment, c'est acté par la proposition qui a été faite par les deux courants contre Olivier Faure, soit c'est une primaire ouverte de François Ruffin à Clémentine Hattin en passant par Olivier Faure possiblement et Raphaël Buxman et tous ceux qui le voudront. Donc il y a une option qui semble vouloir enterriner l'hypothèse définitive que le Parti Socialiste portera la candidature de Raphaël Glucksmann et l'autre option qui consiste à dire c'est aux Français, c'est aux sympathisants de gauche de décider quel sera le meilleur candidat face à Jean-Luc Mélenchon pour s'imposer face à Marine Le Pen.
Ce n'est pas un petit enjeu, c'est quand même un gros enjeu et je trouve qu'Olivier Faure a eu le mérite de la clarté depuis le début et de l'ouverture et aussi les amis socialistes qui nous regardent dans cet émicycle sénatorial, la lucidité qui a été la sienne le parti socialiste n'est plus le parti hégémonique avec le parti socialiste des du 20e siècle donc il ya une forme de lucidité de la part d'olivier fort à considérer que bah c'est collectivement qu'on fera réussir la gauche ou on fera mourir Parti Socialiste. D'autant qu'il y a beaucoup de candidats au Parti Socialiste qui se sont déjà déclarés pour la présidentielle, notamment Jérôme Getsch qui était il y a quelques minutes sur ce plateau et il est défavorable à cette idée d'une grande primaire ouverte qui errait des socialistes aux écologistes et aux communistes dans le premier scénario le candidat désigné s'engage à participer à une primaire dite ouverte mais donc avec que Marine Tondelier, François Ruffin, Clémentine Autain... – Donc ça c'est certain, il y a encore ce système de double primaire ? – Ah oui, c'est dans la question qui est posée, le candidat désigné dans le cadre de cette primaire très large s'engage à participer, en gros ça devient le premier tour de cette primaire.
Et moi je pense que c'est pas un bon scénario, que cette primaire de cette gauche-là ne donne pas une force propulsive et une différence suffisamment grande avec ce que représente Jean-Luc Mélenchon. Michael Darmon, la gauche, en tout cas le Parti Socialiste, est vraiment dans l'embarras du choix là ? Oui, plutôt dans l'embarras d'abord.
Ça c'est certain que j'avais ma capacité de choisir on voit bien qu'il y a quand même quelque chose effectivement d'assez baroque dans la construction que propose effectivement Olivier Focq c'est difficile à comprendre toujours très très créatif c'est vrai que là proposer au fond une primaire de Ligue 1 dont le champion va aller jouer en Ligue 2, c'est quelque chose d'assez étonnant de ce point de vue-là. Mais on voit bien surtout que cela veut dire que même si effectivement je suis d'accord qu'il a été depuis longtemps celui qui a fait le premier diagnostic en disant « Le PS n'est plus hégémonique ». Mais la véritable situation politique, c'est que ce sont les Insoumis qui aujourd'hui ont mise depuis très longtemps, l'EPS sous emprise.
Et là, l'enjeu de cette campagne présidentielle, c'est d'être capable de pouvoir raconter du point de vue de ceux qui considèrent qu'effectivement il faut organiser une gauche sociale démocrate, avec des écologiques des communistes mais sans les insoumis et bien de prouver leur capacité à avoir un projet politique or aujourd'hui il est vrai que tous ceux qui les sondages au fond pour l'instant le montrent même si les sondages on le sait ne ne sont qu'une photo partielle et même parfois parcellaire. Mais aujourd'hui, pour un électeur de la gauche, avoir Jean-Luc Mélenchon au second tour, c'est avoir le RN à l Et donc ça sera aussi l'enjeu des électeurs de gauche dans cette campagne. Christelle Krapelet, justement, qu'est-ce que pensent les électeurs de gauche de cette situation ?
Est-ce qu'ils veulent une grande primaire pour désigner un candidat de l'Union En fait, quand on les interroge sur le principe de la primaire, ils sont globalement souvent très favorables. Et il y a un désir d'union qui est très fort chez les sympathisants de gauche. Là où c'est plus compliqué, effectivement, c'est quand on rentre dans la question des personnalités, de la relation avec Jean-Luc Mélenchon, la France insoumise ou de certains sujets où là on peut voir quand même d'assez nettes différences entre un sympathisant en PS, un sympathisant écologiste ou même un sympathisant LFiste.
Donc c'est là qu'on voit qu'il y a quand même une nuance entre le principe, le souhait d'adhésion qui est majoritaire et comment ça va s'organiser concrètement. Ils sont assez perdus. Il y a une partie de l'électorat effectivement qui ne veut pas de Jean-Luc Mélenchon mais il y a une autre partie de l'électorat de gauche qui au contraire veut élargir et veut cette union.
C'est cette équation qu'ils doivent résoudre et effectivement c'est pas simple donc on va voir déjà ce que donne ce résultat et si on est parti sur une deuxième primaire ou pas. Pierre Jacquemin, est-ce qu'on va se diriger naturellement peut-être avec les sondages entre un duel à gauche entre Jean-Luc Mélenchon et un candidat de la social-démocratie ou est-ce que le scénario 2022 avec beaucoup de candidats de gauche peut se reproduire ? Vous voyez quand on regarde le sondage d'hier où Marine Le Pen écrase le match, plie le match au premier comme au second tour.
Je sais que la politique n'est pas de l'arithmétique mais quand vous faites l'addition des voix de gauche, la gauche arrive à 33-34 % quand Marine Le Pen est à 36%. Alors certes, il n'y a plus de réserve de voix à gauche mais elle est en capacité quand même d'arriver au second tour assez largement face aux candidats sortant du centre et de la Macronie. Et je trouve que là, la gauche devrait s'interroger.
Il y a encore deux ans, elle était en capacité d'être rassemblée sous une même bannière pour porter des candidatures communes avec un programme en commun. Et aujourd'hui, on va nous faire croire qu'il y a deux gauches irréconciliables avec d'un côté Jean Luc Mélenchon et l'autre Raphaël Glucksmann. Si le problème, c'est le problème des personnes, il faut qu'à un moment donné, ils arrivent à s'entendre à quelle est la personne qui peut être la plus consensuelle du monde entre les socialistes, les communistes, les écologistes et les insoumis.
La gauche n'a jamais gagné avec une seule force propulsive. Elle a toujours gagné en faisant des alliances, ça a été le cas du PS avec le Parti communiste français. J'entends aujourd'hui Fabien Roussel ou Marine Tondelier et d'autres, même François Ruffin dire que s'il n'y a pas de primaire, ils iront en campagne.
C'est le scenario à l'italienne qui nous arrive droit devant nous. C'est la gauche qui n'existe plus à partir de l'année prochaine. Je ne sais pas si c'est les sondages qui font changer les uns et les autres, mais forcément, à un moment donné, il y a les militants, les ONG, les intellectuels qui vont commencer à râler et à dire aux élus et aux femmes et aux hommes politiques de gauche d'être un peu plus responsables.
Je ne pense pas qu'il n'y ait qu'un seul candidat à la fin des fins. Il y aura forcément un candidat de la social-démocratie et un candidat de la gauche radicale qui est Jean-Luc Mélenchon, mais ça peut encore bouger, les jeux ne sont pas faits. Quel est le candidat qui peut le mieux incarner cette social-démocratie face à Jean-Luc Mélenchon ?
Selon vous, Michael Darmon ? Ouh là ! Ça c'est un col On sent qu'il y a un candidat générationnel qui est Raphaël Glucksmann, qui doit encore convaincre, qui est venu depuis Place publique et qui correspond au fond à ce que disait Olivier Faure depuis le départ, c'est-à-dire le parti n'est plus déterminant, voilà, mais vous avez aussi maintenant le candidat de l'expérience et surtout le candidat en embuscade, François Hollande, prince des on suivra avec attention forcément cette campagne présidentielle à gauche merci merci à tous les trois d'avoir participé à ce débat merci à tous d'avoir suivi cette émission Bonjour Chez Vous et de l'avoir suivie durant toute cette saison car nous terminons aujourd'hui cette saison de Bonjour Chez Vous et on vous dit à la rentrée en septembre pour de nouvelles émissions et une plongée au cœur de la campagne présidentielle très bonne journée sur Public Sénat Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez
Marine Le Pen