Macron : déminage réussi ? - Les questions SMS #cdanslair 11.12.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:03OuverteÉludée
Qui peut décider de l'arrêt de ce mouvement ?
- 0:12OuverteRéponse partielle
Certains représentants des Gilets jaunes libres ont dit « cette fois c'est bon ».
- 1:16OuverteRéponse directe
Pour ce qui est de l'opinion, il faut rester prudent ce soir, parce que c'est vrai qu'il y a des sondages qui sont un peu contradictoires.
- 2:05OuverteRéponse directe
Ma bienveillance vis-à-vis des gilets jaunes est épuisée.
- 4:25OuverteRéponse directe
Qui va payer la note ?
- 6:39RelanceRéponse directe
Emmanuel Macron a cédé un peu sur la forme, mais sur le fond, rien n'a changé. Êtes-vous de cet avis ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23Invité politiqueFait
« on peut se demander si le mouvement ne va pas s'essouffler pour diverses raisons »
- 0:28Invité politiqueFait
« l'opinion publique qui était vraiment massivement derrière les Gilets jaunes et qui commence un peu à se fissurer »
- 6:43Invité politiqueFait
« Si, ça a quand même changé d'abord financièrement. En effet, il lâche un gros paquet d'argent et ça veut dire une inflexion de la politique économique. »
- 4:04PrésentateurChiffre
« 2019 risque d'être moins bon en termes de conjoncture économique, nettement moins bon que 2018. »
- 5:40InvitéFait
« nous ne reverrons plus jamais les jours d'avant »
- 5:57InvitéFait
« La démocratie a été mise au défi par la violence, elle a été mise au défi par le rôle toxique des réseaux sociaux »
Temps de parole
- Invité23 %
- Invité 220 %
- Emmanuel Macron20 %
- Invité 317 %
- Présentateur14 %
- ?7 %
≈ 39,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Qui
peut décider de l'arrêt de ce mouvement
?
Personne, personne ne peut décider de l'arrêt du mouvement,
sinon
il aurait bien souhaité…
Certains
représentants des Gilets jaunes libres
ont dit «
cette fois c'est bon
». Bien sûr,
on peut se demander si le mouvement ne va pas s'essouffler pour diverses raisons, parce que les plus radicaux se sentiront moins soutenus par l'opinion publique, l'opinion publique qui était vraiment massivement derrière les Gilets jaunes et qui commence un peu à se fissurer, à dire « bon ben là il y
a
des gestes qui ont été faits
».
Emmanuel Macron a entendu la souffrance, donc peut-être qu'il faut arrêter en tout cas de commettre des violences et de mettre le pays et l'économie du pays en péril. Ça c
'est
un argument aussi qu'on entend beaucoup, cette inquiétude sur une chute de l'économie, du commerce. Et pour aussi des raisons pratiques, ce mouvement peut s'essouffler, parce que les forces de l'ordre ont fait un travail quand même assez efficace le week-end dernier, qui a consisté à ségrer les manifestants
avant
même qu'ils n'aient eu l'occasion de sortir de leur voiture ou des gares. Donc ça peut avoir
un effet
dissuasif pour certains manifestants.
Pour ce qui est de l'opinion, il faut rester prudent ce soir, parce que c'est vrai qu'il y a des sondages qui sont un peu contradictoires, il y
en
a qui donnent une poursuite du mouvement. C'est un peu tôt, je pense qu'il faut attendre combien de
temps, à
votre avis, de jour, pour savoir combien de temps...
On va voir
comment les
choses infusent
dans l'opinion. L'opinion est très complexe à analyser depuis le début. On s
'est
trop précipité les uns et les autres sur l'idée, l'opinion est massivement derrière les
gilets
jaunes. C'est plus complexe. La France était solidaire d'un combat contre la hausse des carburants et pour la défense du pouvoir d'achat. Ça ne
veut
pas dire qu'elle adhérait à l'ensemble des revendications des gilets jaunes, ni qu'elle est prête demain à revêtir les
gilets jaunes. Ça veut dire
qu'ils peuvent soutenir les revendications sans soutenir les blocages,
par
exemple
?
Ça a été le cas. Les revendications sur l'essence étaient très très populaires, mais on n'a jamais soumis, par exemple, est-ce que Macron doit démissionner ? Est-ce qu'il était un des mots d'ordre des ronds-points ?
Cette question, vous allez voir.
Ma bienveillance vis-à-vis des gilets jaunes est épuisée. Pourquoi ne présente-t-il pas une liste aux européennes
? C'est peut-être comme ça que ça va se terminer. Effectivement, il y en est
question. Après,
il
faut voir, mais c'est vrai qu'il y a un bon sens populaire quand même. Aussi, les gens voient l'impact sur l'économie.
Ça
veut dire des contrats en moins, ça veut dire des heures sub qu'il n'y aura pas, ça veut dire des violences qui ont quand même choqué. Donc, tout ça devrait faire quand même que ce mouvement devrait, en tout cas, s'effilocher. Il y aura toujours des ultra-durs, des radicaux. La difficulté, vous disiez, qui peut décider ? C'était qu'aussi, dans ce mouvement, il n'y avait pas de leader. Et que les leaders qui émergeaient ou qui ont émergé ont été très, très vite, souvent contestés. Ce qui rend compliqué
l'incarnation politique dont vous parlez pour l'éventuelle
liste aux européennes. Cette absence de leader, de coordination et d'organisation entre eux. Parce que mener une liste, il faut un minimum
d'organisation et de plateforme commune.
Parce que
c
'est par nature un mouvement attrape-tout. Nous avons tous rencontré 10 gilets jaunes. Autant de gilets jaunes, autant de discours. C'est révélateur de problèmes. Mais comme l'a dit le président de la République, nous ne reprendrons pas le cours normal de nos vies. Donc, quelle que soit l'issue du mouvement, il y aura un avant et un après. Et visiblement, ce mouvement des gilets jaunes a raconté quelque chose du pays. Et d'après, en tout cas, ce qu'en pense le président de la République, il y aura de toute façon des suites, qu'elles soient politiques aux européennes
ou ailleurs. Et c'est évident,
parce que les gens ont aussi vu comment les politiques des oppositions se comportaient pendant ce moment, géraient la crise. Pareil du côté des syndicats. Et puis, il
y
aura un avant et un après pour la suite des réformes du quinquennat aussi.
L
'assurance chômage, les retraites, comme disait votre reportage. Donc,
effectivement,
ça va changer un petit peu la donne. Gilets jaunes,
prenez
toujours ce qui est bon à prendre. Vous reviendrez dans six mois, si nécessaire. Alors, c'est
la difficulté.
Non, c'est une possibilité. On va dire qu'on est dans quelque chose qui peut être une sorte de mouvement perlé. Surtout qu'il faut le rappeler, 2019 risque d'être moins bon en termes de conjoncture économique, nettement moins bon que 2018. Donc, ça veut dire d'ailleurs que quand on évoquait le risque de dérapage du déficit, c'est non seulement parce qu'on va plus dépenser, mais parce qu'on va moins produire de richesses. Et donc, si la croissance est nettement moins bonne, et malheureusement, on le craint, on risque
d'avoir... Pas à cause des
gilets jaunes.
Pas à cause des gilets jaunes, du point de vue mondial. Et la France en particulier, on est vraiment avec des chiffres qui sont moins bons. Donc, 2019 peut être compliqué.
Une
question pour vous, Philippe de Sertines. Qui va payer la note ? Nous, nos enfants, nos petits-enfants.
Donc, d'abord, les marchés financiers, on le disait.
C'est-à-dire, pour
commencer. Oui, mais c'est effectivement...
Je vous
taquine.
Oui, et donc après, évidemment, c'est nous. C'est
-à
-dire,
après,
il faut qu'on produise de la richesse. La seule solution pour
sortir par l'eux... Quand on dit c'est nous,
ça veut dire des hausses d'impôts ? Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que si on arrive à avoir une croissance qui repart, c'est-à-dire, on reproduit la richesse. Pour ça que les entreprises, quand on est en train de dire qu
'il
faut les ponctionner, c'est elles qui produisent la richesse, qui permettront au pays de faire face à ce type de dépenses sur le long terme. Si elles ne sont pas là, ça veut dire effectivement des craintes qu'à un moment donné, il faudra aller chercher l'argent. Alors, effectivement, où il y en a ?
Là où ce mouvement est compliqué, c'est qu'effectivement, au moindre mouvement de mécontentement, s'il
y
a de nouveau, on va dans la rue, parce que là, quel est le résultat ? C'est qu'au bout de trois semaines, on lâche le gouvernement, lâche les vannes comme jamais. Il y
a
eu des manifestations, des mobilisations. Les syndicats, les Français qui se mobilisaient n'obtenaient pas ça. Donc,
c
'est vrai qu'il y
aura
cet antécédent de dire, maintenant, on n'est pas content, pour que le gouvernement recule, on va se mobiliser dans la rue, sur les ronds-points, casser des vitrines. C'est ça la difficulté aussi à laquelle va être soumise, soumise Emmanuel
Macron.
Quand il
dit,
nous ne reverrons plus jamais les jours d'avant, ce qui pourrait évoquer une phrase de Talleyrand, on a eu une brutalisation de la vie politique qu'on n'avait jamais vue, qu'on n'avait jamais vue à ce point-là. Les scènes de guerrilla urbaine auxquelles on a insisté vont rester profondément à l'inconscience.
La démocratie a été mise au défi par la violence, elle a été mise au défi par le rôle toxique des réseaux sociaux inondés de fake news, de mensonges, diffusés à des centaines de milliers d'exemplaires, qui fait que l'opinion ne se forge plus seulement en regardant ces dans l'air ou en lisant le journal, mais sur des réseaux manipulés souvent par les plus violents, les plus menteurs, les plus paranoïaques. Il y a aussi des réseaux qui ont permis aux gens de se retrouver, de s 'organiser,
de se parler aussi, de merdulier. C'est là que ça se
passe et d'une certaine façon,
on
l'a vu aux Etats-Unis, on l
'a
vu en Grande-Bretagne, la démocratie est mise au défi par cette nouvelle agora qui échappe totalement au discours politique traditionnel. Emmanuel Macron a cédé un peu sur la forme, mais sur le fond, rien n'a changé. Êtes-vous de cet avis
?
Si, ça a quand même changé d'abord financièrement. En effet, il lâche un gros paquet d'argent et ça veut dire une inflexion de la politique économique.
Les classes moyennes vont donc
continuer à payer plein pot ?
Que
fait-on de l'évasion fiscale et du train de
vie
de l'Etat ? Il
n'a rien dit.
Sur la dépense, en tout cas, si on dépense plus, il va falloir faire des économies. On
ne sait pas
où, mais là, ils ne pouvaient pas l'annoncer hier, ça aurait été quand même très mal perçu. Ça
aurait brouillé les
messages.
Les baisses de
dépenses sont presque aussi explosives que les hausses d'impôts, n'oubliez
pas. Ça fera l'objet de notre
émission. Merci à vous quatre.
C
'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h30. On se retrouve demain, 17h50, pour un nouveau C'est dans l'air. Tout de suite, c'est à vous. Belle soirée sur France 5.
Emmanuel Macron