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interviewFrance Culture — L'Esprit public· 16 juin 2024 23 min

Législatives 2024 : Chloé Ridel, eurodéputée et porte-parole du Parti socialiste

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:09
Présentateur

Bonjour à toutes et tous, bienvenue dans l'esprit public. Aujourd'hui, dissolution, recomposition, élection, le grand chambardement. Et nos débatteurs ce dimanche, Marc Lazard, bonjour. Bonjour. Professeur émérite d'histoire et de sociologie politique à Sciences Po et à l'université Luise de Rome, Catherine Tricot, bonjour. Bonjour. Directrice de la revue Regards, Brice Couturier, bonjour. Bonjour. Collaborateur au magazine Le Point et Corinne Lepage, bonjour. Bonjour. Ancienne ministre de l'Environnement et ancienne neurodéputée. Et à situation exceptionnelle, émission exceptionnelle, puisque nous élargissons notre cercle ce dimanche.

Et ce sera aussi le cas la semaine prochaine pour faire vivre la parole politique sur notre chaîne, avec évidemment le souci d'un respect des temps de parole des différentes formations. Et nous le faisons ce dimanche avec une invitée directement impliquée dans la campagne des législatives, puisqu'elle porte la voix du Parti Socialiste, Chloé Riedel, bonjour. Bonjour. Vous êtes donc la porte-parole du PS, nouvellement élue au Parlement européen. Vous figuriez en dixième position sur la liste conduite par Raphaël Glucksmann.

Raphaël Glucksmann, qui comme quasiment toute la gauche, sert à lier à cette idée lancée dès dimanche dernier, après l'annonce par Emmanuel Macron de la dissolution de l'Assemblée nationale.

1:27
Invité

Il nous faut une gauche unie. Il faut arrêter les conneries. C'est le seul moyen d'aujourd'hui faire front au Rassemblement national. Et j'en appelle, dès ce soir, Marine Tondelier, Olivier Faure, Fabien Roussel, Emmanuel Bompard, pour qu'on se range derrière une barrière commune, une barrière Front Populaire.

1:45
Présentateur

Et aussi tôt dit, presque aussitôt fait, vous avez reconnu un François Ruffin. En moins d'une semaine, le nouveau Front Populaire a réussi à unir les formations de gauche et des personnalités aussi antagonistes que Jean-Luc Mélenchon et Philippe Poutou, d'une part, Raphaël Glucksmann et François Hollande, d'autre part, autour d'un programme commun. Chloé Riedel, tout ça, finalement, c'est grâce à Emmanuel Macron.

2:06
Invité

Ou à cause d'Emmanuel Macron, j'ai envie de dire. Emmanuel Macron, effectivement, il y a de ça une semaine, a plongé notre pays dans un chemin bien incertain. Et nous avons tout de suite condamné l'irresponsabilité de ce geste, de cette dissolution dont il paraît, par ailleurs, se réjouir, se repaître, parce qu'il assiste au spectacle d'un chaos. Alors, beaucoup plus à droite qu'à gauche, parce qu'à gauche, en responsabilité, en deux jours, nous avons fait l'Union, nous avons fait ce nouveau Front Populaire. Mais quand on voit le déchirement des Républicains, de reconquête, etc., enfin bon...

2:41
Présentateur

Pourquoi est-ce que vous parlez d'irresponsabilité ? C'est-à-dire eu égard aux résultats qui pourraient être ceux du 30 juin et du...

2:48
Invité

Bien sûr, parce qu'il y a un risque sans précédent dans l'histoire d'autres pays, depuis la Libération, depuis la Seconde Guerre mondiale, que l'extrême droite arrive au pouvoir en France dans trois semaines. Et donc, face à cette perspective, perspective d'un M. Bardella Premier ministre, d'un ministre de l'Intérieur potentiellement raciste, d'un ministre de la Culture à la solde de Bolloré qui s'en prêterait de privatiser votre beau service public, face à cette perspective néfaste-là, il y a eu un souffle immense dans la société, dans le peuple de gauche, qui, en fait, nous a dit ne cherchez pas à régler vos différends à gauche, faites barrage.

Et c'est ce que nous avons fait, mais de surcroît, nous nous sommes accordés sur un programme de 150 mesures ambitieux qui vise à offrir une alternative aux Français et à ne pas les condamner au chemin de l'extrême droite.

3:37
Présentateur

Alors, c'est une alliance qui est neuve, qui témoigne de quelques fragilités en interne. On l'a appris hier, notamment. Alors, il y a un certain nombre de députés sortant LFI, Raquel Garrido, Alexis Corbière, Daniel Simonnet, qui n'ont pas été reconduits. Qu'est-ce que vous dites, vous, Chloé Rydel, qui est la porte-parole du PS ? Ça fait partie des affaires internes à gérer par LFI ou bien ça nous concerne, nous, toute l'alliance du Front populaire ?

4:01
Invité

Moi, je n'ai pas envie de perdre une minute de temps de parole à commenter les méthodes brutales de M. Jean-Luc Mélenchon et la purge qu'il a conduite hier vis-à-vis d'un certain nombre de députés sortant qui avaient eu l'outrecuidance de demander plus de démocratie au sein de LFI. Moi, je pense que par cette décision, M. Mélenchon s'est marginalisé lui-même et que nous continuons ce beau Front populaire à le porter.

Malgré cela, que c'est un problème de la LFI mais que la réalité est que ce Front populaire nous dépasse et vous voyez qu'il y avait des dizaines de milliers de gens dans la rue à Paris hier mais aussi partout en France, des centaines de milliers et c'est cet élan-là qui nous porte. La réalité, c'est que ce nouveau Front populaire dépasse les partis et leur petite querelle intestine et est porté par la société, par les citoyens engagés, par les ONG, par les associations, par les syndicats.

4:54
Présentateur

À propos de cette alliance, Corinne Lepage, vous aviez une question à poser à Chloé Riedel.

4:58
Locuteur 2

Oui, absolument.

4:59
Présentateur

Devant le micro, pour qu'on vous entende bien.

5:02
Locuteur 2

Oui, absolument, excusez-moi. Lors des élections européennes, vous plaidiez pour une gauche pro-européenne, démocrate, humaniste et éco-socialiste. Pensez-vous vraiment que le Front populaire mené par LFI réponde à cette question ?

5:14
Invité

Ce Front populaire n'est pas mené par LFI, comme vous dites, pas du tout.

Il y a plusieurs forces politiques au sein du Front populaire et lors de toute cette semaine, j'y ai participé aussi, nous avons négocié un programme de gouvernement et nous avons obtenu gain de cause sur l'ensemble de nos demandes concernant l'Europe, le rapport à la construction européenne et vous pouvez regarder, c'est marqué noir sur blanc, le Front populaire soutient la construction européenne, soutient par exemple l'Europe de la défense, annonce aussi son soutien indéfectible à la résistance ukrainienne, à l'inéliabilité des frontières de l'Ukraine, pense que la lutte contre l'antisémitisme, comme toutes les formes de racisme, doit être absolument résolue.

Donc la réalité, c'est que ce nouveau Front populaire n'a rien à voir avec la NUPES. C'est une alliance totalement différente et rééquilibrée à la fois sur le plan des idées comme des circonscriptions. Donc ça n'est pas du tout, comme vous dites, mené par LFI.

6:14
Présentateur

Alors on va revenir sur le programme, mais pour rester sur cette question des rééquilibrages et donc un petit peu de l'arithmétique. C'est vrai que LFI avance avec environ 100 circonscriptions en moins que dans l'Assemblée sortante. Le PS en gagne une centaine. Néanmoins, c'est quand même toujours la France insoumise qui va être la plus nombreuse en termes de candidature dans les circonscriptions. Donc arithmétiquement, on peut se dire que c'est LFI qui a des chances d'arriver en tête parmi les différentes formations du Front populaire. Est-ce que ça veut dire qu'en tout cas, la formation qui arriverait en tête serait amenée à désigner le ou la première ministre qui arriverait à Matignon ?

6:59
Invité

Alors déjà, ça n'est pas arithmétiquement certain. C'est-à-dire que ça n'est pas parce qu'ils ont le plus de circonscriptions, de peu, parce que quand on additionne les circonscriptions dévolues au Parti Socialiste, au Vert et au Parti Communiste, elles sont largement supérieures au nombre de circonscriptions dévolues à la France Insoumise. Plus on en a,

7:15
Présentateur

plus on a des chances de gagner globalement.

7:17
Invité

Non, parce que ça dépend de la gagnabilité des circonscriptions. Et vous savez, dans une configuration de second tour Front populaire-Rassemblement national, dans certaines circonscriptions, si c'est conduit par un LFI, on peut bien voir que le report des voix ne sera pas le même. Donc à la fin, on ne sait pas qui sera la première force de gauche, qui sera le premier groupe de gauche à l'Assemblée nationale demain. Alors je vais reformer ma question.

7:38
Présentateur

Est-ce qu'il viendra de la première force de gauche ?

7:43
Invité

C'est-à-dire celle qui arrivera en tête ? Ce sera une décision démocratique et ce sera une prise de décision collective. Même M. Mélenchon, on a accepté le principe et nous, nous avons mis un veto sur le fait que M. Mélenchon ne pourra pas être Premier ministre de ce nouveau Front populaire et que ce sera quelqu'un d'autre parmi les candidats de grande qualité qui se sont fait connaître jusqu'à présent. M. Ruffin, Mme Autain, Mme Rabot.

8:09
Présentateur

François Hollande qui se présente en Corrèze.

8:10
Invité

Ah non, je ne crois pas qu'il se présente comme potentiel Premier ministre. Non, il se présente en Corrèze. Je crois que l'ancien président de la République a dit qu'il prenait ses responsabilités face à l'extrême droite et je pense que c'est tout à son honneur.

8:20
Présentateur

Il n'a pas dit l'inversion plus, il n'a pas dit il n'est pas question pour moi d'aller à Matignon.

8:24
Invité

En tout cas, je pense que ce n'est vraiment pas question pour lui.

8:28
Présentateur

Vous avez évoqué le programme commun ce programme commun, il est fait avant tout pour gagner ou il est fait vraiment pour gouverner ? Parce qu'il y a un certain nombre de mesures qui sont assez radicales on va dire. En tout cas, un programme de rupture et on commence à parler de chiffrage de ce programme en disant que ça va être extrêmement compliqué à mettre en place.

8:55
Invité

Mais on disait la même chose du programme du Front Populaire dans les années 30 quand on parlait des deux semaines de congés payés. Je pense que c'était une rupture immense et quelque part beaucoup plus grande que celle que nous proposons actuellement. Nous, nous portons un programme effectivement de rupture où on va revenir déjà sur un certain nombre de réformes antisociales des dernières années notamment la retraite à 64 ans où nous allons empêcher la réforme à venir de l'assurance chômage qui visait à rogner sur les droits des chômeurs pour compenser un déficit public créé par Emmanuel Macron parce qu'il avait fait des milliards de cadeaux fiscaux plus riches.

9:30
Présentateur

Sur la retraite, c'est donc on abroge, enfin vous abrogez la première retraite, vous revenez à la retraite à 62 ans ou à 60 ans ?

9:37
Invité

Il y a plusieurs formules, ensuite on propose de passer le SMIC à 1600 euros.

9:41
Présentateur

Oui mais sur la retraite pardonnez-moi parce que 62 ans ou 60 ans c'est pas tout à fait la même chose.

9:45
Invité

On propose la réforme des retraites à 64 ans et des gens pourront partir à 60 ans et dans notre programme c'est la retraite à 60 ans qui figure.

9:52
Présentateur

Mais c'est pas 60 ans pour tout le monde.

9:53
Invité

Je vous ai répondu mais non parce que quand vous avez commencé à travailler à 25 ans et que vous avez 40 à l'unité vous partez pas à 60 ans.

9:59
Présentateur

C'est pas forcément si clair que ça.

10:01
Invité

Oui mais si vous voulez

10:01
Présentateur

Et c'est important pour les gens qui nous écoutent.

10:04
Invité

C'est important pour les gens qui nous écoutent. Je vous ai répondu maintenant je peux dérouler le reste parce que souvent on essaie de nous coincer là-dessus alors qu'il n'y a pas de polémique.

10:12
Présentateur

J'essaie de comprendre juste précisément ce que vous proposez.

10:14
Invité

Voilà. On propose également le SMIC à 1600 euros. On propose d'indexer et de réindexer les salaires sur l'inflation. On propose d'augmenter de 10% les aides au logement pour en finir avec l'immense précarité étudiante que l'on voit dans notre pays. On a des propositions pour passer à la VIème République évidemment sur l'écologie la bifurcation écologique qu'il faut accélérer donc c'est un programme effectivement très ambitieux de rupture mais qui sur le plan du chiffrage est en train d'être bouclé et qui n'est pas plus ambitieux que ce qu'était le programme du Fonds populaire en 36 je ne crois pas.

10:49
Présentateur

Un programme en tout cas qui va forcément nécessiter un certain nombre de financements et peut être obligé à sortir des clous du pacte de stabilité budgétaire et ça ça ne vous étonnera pas mais le ministre de l'économie et des finances Bruno Le Maire ça l'inquiète beaucoup.

11:06
Locuteur non identifié

Le programme dit que cette alliance de gauche refusera la contrainte austéritaire du pacte de stabilité nous sommes 27 les 26 autres états ont accepté ce pacte de stabilité qui permet de revenir dans les clous budgétaires l'union de la gauche jette ça par dessus bord refuse le pacte et donc refuse la discipline européenne refuse l'Europe. C'est la première fois qu'une union de la gauche tourne le dos à l'Europe.

11:31
Présentateur

Voilà Bruno Le Maire Marc Lazard vous aviez justement une question à poser à Chloé Rédel sur cette question du pacte de stabilité budgétaire.

11:38
Locuteur non identifié

Oui ma question elle est double d'une part comment vous allez vous y prendre au sein du Conseil européen puisque vous êtes élu vous serez aussi au Parlement européen comment vous allez vous prendre pour faire cela dans la configuration actuelle du Parlement et deuxièmement le programme déclare qu'il va mettre fin au traité de libre-échange alors si vous arriviez à faire cela qu'est-ce que vous allez expliquer aux entreprises et aux salariés des entreprises françaises qui toute activité est confondue 27% de leur production va à l'exportation ?

12:07
Invité

Chloé Rédel Des accords commerciaux n'ont pas à être des accords de libre-échange nous on est pour le juste échange donc on n'est pas contre le commerce évidemment que tout un pan de l'activité de notre pays dépend des échanges à l'extérieur ça n'est pas la question par contre nous sommes contre le commerce justement porté par un libre-échange débridé sans aucune règle je pense que les français ont signalé qu'ils en avaient assez de cela et qu'ils se tournent d'ailleurs en partie pour cette raison vers le Front National donc nous voulons faire en sorte que chaque produit qui entre sur le marché français sur le marché européen respecte les mêmes normes que celles que nous imposons à nos producteurs et en premier lieu à nos agriculteurs donc si vous voulez fin des accords de libre-échange ne veut pas dire fin du commerce en revanche nous nous sommes pour le juste échange et nous porterons cette voix à la fois au Parlement européen comme au Conseil européen même si c'est M.

Macron qui de toute façon continuera d'y siéger sur la question du pacte de stabilité de croissance mais je suis abasourdie de l'hypocrisie du ministre de l'économie et des finances qui depuis qu'il est en poste n'a jamais respecté les règles du pacte de stabilité européen jamais je veux dire la France depuis 1974 a été je crois trois ans en règle avec ce pacte budgétaire donc entendre cela c'est juste en fait ahurissant et c'est simplement une tentative pour essayer de faire peur de décrédibiliser le Front Populaire parce que ce que ne voulait surtout pas M.

Macron et ses ministres c'était que ce Front Populaire se constitue parce que là pour le coup c'est une menace directe contre eux donc ils feront tout jusqu'à la fin pour essayer de nous diviser de caricaturer nos positions mais qu'ils le fassent sur autre chose que les règles budgétaires européennes puisque M. Le Maire ne les a jamais respectées

13:54
Présentateur

c'est peut-être un peu différent de ne pas être en mesure de respecter ces règles que de revendiquer le fait de ne pas les respecter

14:01
Invité

nous nous sommes contre l'hypocrisie voilà M.

Le Maire dit qu'il faut respecter ces règles mais ne les respecte pas et nous nous constatons qu'il serait contraire à l'intérêt général de notre pays que de les respecter c'est pas pour autant qu'on va faire exploser les déficits publics au contraire on a dans notre programme mis en avant de nombreuses nouvelles ressources notamment en rétablissant une fiscalité équitable sur le capital que Emmanuel Macron pour le coup voilà et ça ça va nous apporter de nouvelles recettes le rétablissement de l'impôt sur la fortune l'annulation de la flat tax c'est complexe pour les français mais aussi un impôt sur l'héritage plus progressif parce qu'on vit aujourd'hui dans un pays où l'on s'enrichit plus en héritant qu'en travaillant donc nous nous reviendrons sur cette situation et ça ça permettra de créer de nouvelles recettes pour rééquilibrer le déficit

14:51
Présentateur

Claire Hidal je rappelle que vous êtes la porte-parole du parti socialiste que vous venez d'être élue eurodéputée Catherine Tricot vous aviez une question à poser

14:59
Locuteur non identifié

oui vous nous avez dit tout à l'heure que le nouveau front populaire n'était pas la NUPES c'est à dire qu'elle n'était pas sous domination hégémonie de la France insoumise donc on entend bien cela mais vous même dans quel sens avez-vous évolué vous êtes porte-parole du parti socialiste est-ce que vous êtes encore dans la continuation de l'héritage par exemple de François Hollande est-ce que quelle est la distance que vous prenez par rapport à la pratique du pouvoir que vous avez conduit alors moi je

15:26
Invité

je suis arrivée au parti socialiste en 2023 il y a un peu plus d'un an et demi donc François Hollande je n'ai pas vraiment connu j'ai 32 ans par ailleurs ça n'est pas ma génération et le fait que je rejoigne le parti socialiste à ce moment là est aussi symptomatique du chemin qui est le sien depuis quelques années sous la conduite d'Olivier Faure Olivier Faure et je le rappelle dès 2018 a fait un exercice très compliqué au parti socialiste un devoir d'inventaire du quinquennat de monsieur Hollande qui a conclu que certaines des décisions qui avaient été prises par François Hollande représentaient des trahisons pour notre famille politique notamment sur la déchéance de nationalité ou encore sur la loi travail donc nous avons été très clairs sur le bilan à faire du quinquennat de François Hollande et puis ensuite nous avons fait l'union de la gauche l'ANUPS et nous portons aujourd'hui une voix exigeante pour une gauche éco-socialiste c'est un mélange de l'écologie et du socialisme démocratique pro-européenne humaniste et nous ne dévirons jamais de ce cap là

16:25
Présentateur

Cette voix Chloé Riedel vous la portez donc en France à travers cette campagne des législatives et donc comme eurodéputé bientôt dans la nouvelle assemblée européenne or vous savez comment ça fonctionne le parlement européen c'est assez différent qu'en France parce qu'il y a des compromis qui sont passés notamment les socialistes et démocrates ont l'habitude de co-gouverner ce parlement européen avec le parti populaire européen qui est à droite et avec les libéraux de Renew alors ça n'est pas systématique mais ça arrive quand même régulièrement est-ce que c'est comme ça que vous envisagez vous votre rôle et votre travail dans le futur au parlement européen est-ce qu'il n'y a pas une contradiction peut-être paradoxe à combattre des forces en France avec lesquelles on va travailler au niveau européen

17:14
Invité

mais non parce que les choses au parlement européen ne se passent pas dans une logique d'ailleurs de coalition ça n'existe pas c'est texte par texte que nous votons au parlement européen et dans la précédente mandature nous avons voté à 80% les mêmes choses que le groupe de Manon Aubry et à 80% les mêmes choses que le groupe de Manon Madame merci de ne pas me donner des cours parce que vous savez il se trouve que j'ai travaillé dans les institutions européennes pendant de très nombreuses années et que je connais aussi bien la commission que le conseil que le parlement européen donc il n'y a pas de coalition quand on dit il n'y a pas de gouvernement européen déjà ça n'existe pas et au parlement on vote les choses texte par texte avec des coalitions qui sont nécessairement larges et donc nous en fait dans la nouvelle configuration du parlement européen nous sommes à nouveau le premier groupe de gauche le groupe socialiste et démocrate et donc nous avons une responsabilité particulière dans la médecinure qui s'ouvre parce que nous faisons face à un risque potentiel d'alliance systématique entre le groupe du PPE qui est le premier groupe de droite et les deux groupes d'extrême droite et on voit une porosité croissante dans les idées entre la droite et l'extrême droite au niveau européen pour refuser et revenir sur les progrès écologiques alors même que l'Europe portait une ambition incroyable en la matière avec le pacte vert on fait face à un front climato-sceptique un front aussi qui a une position complètement ahurissante sur les migrations qui fait de l'étranger un égumis qui stigmatise les personnes migrantes

18:44
Présentateur

donc ça ça veut dire quoi pour votre groupe pas question par exemple de voter des textes avec le parti populaire européen

18:49
Invité

nous nous sommes engagés ah non pour le coup c'est impossible sinon aucun texte ne peut être voté vous voyez bien sauf même si on l'a vu sur quelques textes comme le pacte vert où le groupe de droite n'a pas voté ni les groupes d'extrême droite et c'est quand même passé mais là la configuration est différente l'extrême droite a augmenté son influence au parlement européen et donc nous nous aurons la responsabilité de faire barrage déjà d'empêcher que du fait de la droite et de l'extrême droite l'Union Européenne revienne sur certains acquis des années récentes et puis quand même de construire aussi l'Europe que l'on veut faire en sorte qu'elle devienne une vraie puissance politique augmenter son budget augmenter ses investissements dans la transition écologique faire en sorte qu'elle protège ses frontières qu'elle mette des droits de douane sur les produits d'importation chinoise notamment les panneaux solaires les pales d'éoliennes les voitures électriques pour qu'on reconstruise une industrie sur notre continent enfin tout le programme qu'on a déroulé dans ces élections européennes qu'on a un peu oublié mais qui ont existé quand même et donc on sera au travail pour obtenir tout ça

19:47
Présentateur

Et à propos justement de politiques européennes Brice Coturien une question à vous poser Chloé Rydel

19:51
Chloé Ridel

Oui Chloé Rydel selon les sondages en France en tous les cas l'immigration a été le premier sujet cité par les sondés devant le pouvoir d'achat lors des récentes élections européennes or l'Institut Rousseau dont vous êtes cofondatrice préconise je cite une politique d'accueil des migrants qui rompe avec un prisme sécuritaire terriblement réducteur Alors quelle politique migratoire préconisez-vous au juste ?

20:15
Invité

En fait nous nous pensons qu'il y a un chaos dans les politiques de l'accueil et une forme d'hypocrisie puisque nous avons sur notre sol comme partout en Europe des centaines de milliers de gens qui travaillent qui sont étrangers qui n'ont pas de papier et qui de ce fait ne peuvent pas avoir taxé à un logement ou à un prêt bancaire et ne peuvent pas s'intégrer tout simplement nous pensons qu'il faut recréer des voies légales d'accès à l'Union Européenne puisque l'absence de ces voies légales est ce qui entraîne 40 000 morts en Méditerranée qu'il faut sauver les gens pour empêcher qu'ils meurent dans notre mer et qu'il faut par ailleurs organiser une solidarité européenne sur la question des migrations se répartir les gens ne pas laisser les pays d'entrée comme l'Italie comme l'Espagne comme la Grèce seuls face à l'arrivée les personnes migrantes comment ?

21:04
Chloé Ridel

S'il faut répartir c'est donc un poids

21:06
Invité

Pourquoi ce serait un poids ?

21:08
Chloé Ridel

S'il faut le répartir je ne comprends pas bien la logique en fait

21:10
Invité

Il faut se répartir les personnes qui arrivent parce que vous voyez bien que l'Espagne l'Italie ou la Grèce ne peuvent pas être laissées seules face à l'arrivée des gens et que par ailleurs ces gens quand ils entrent en Espagne en Italie ou en Grèce ne veulent pas forcément rester dans ces pays-là et ont d'autres pays en tête donc il faut qu'on organise cette répartition des personnes qui arrivent et qu'on sorte ce débat migratoire du fantasme dans lequel l'extrême droite l'a plongé Non, nous ne sommes pas face à une submersion migratoire Non, l'Europe ne prend pas la majeure partie des flux de migrants à travers le monde Oui, il y a toujours des gens qui migreront ça a été dans toute l'histoire de l'humanité le cas et nous devons prendre notre part et nous devons le faire de façon ordonnée donc nous nous proposons de remettre de l'ordre en fait dans les politiques migratoires

21:52
Présentateur

Chloé Rydel Une toute dernière question Brice Couturier a rappelé que vous aviez été la cofondatrice de l'Institut Rousseau Vous avez aussi présidé une association pendant 5 ans qui s'appelle mieux voter avec l'idée de changer des modes de scrutin Le mode de scrutin qui est celui des législatives la scrutin majoritaire uninominal à deux tours il mériterait d'être modifié La proportionnelle ça serait une bonne chose aujourd'hui ?

22:14
Invité

Nous proposons dans notre programme d'instaurer la proportionnelle effectivement avec un seuil de représentativité parce que souvent on fait peur avec la proportionnelle et on dit que ça va mettre le bazar et l'instabilité mais en réalité si vous mettez un seuil de représentativité Quand on voit ce qui se passe aujourd'hui

22:28
Présentateur

le bazar il est là

22:29
Invité

Oui mais parce que nous n'avons pas encore la culture si vous voulez de la coalition et du dialogue entre forces politiques dans notre pays peut-être que nous la prendrons à marche forcée mais la proportionnelle est simplement une règle démocratique qui empêche une situation actuelle où en fait la coalition ensemble avec 17% des inscrits au premier tour des législatives de 2022 a eu la majorité des sièges donc ça c'est absurde il faut voir aussi ce que produit le scrutin majoritaire à deux tours antidémocratique donc nous nous proposerons le passage à la proportionnelle

22:59
Présentateur

Merci beaucoup Chloé Rizel je rappelle dans la porte-parole du parti socialiste eurodéputé vous inaugurez une séquence qui sera alors assez courte s'agissant du seul esprit public puisque dimanche prochain nous aurons également un autre ou une autre invité politique et je rappelle à nos chères auditrices et à nos chers auditeurs que l'équilibre des différentes formations se fera sur un certain nombre d'émissions pas uniquement sur la note la campagne étant trop courte on n'y serait jamais arrivé merci à vous Chloé Rizel Merci beaucoup