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Débatyoutube.com· 1 mars 2012 15 minContradictoireFond programmatiqueAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieEurope & international

Débat entre Philippe Mangin, Président d'Acooa et Jean-Pierre Raffarin

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:16OuverteRéponse directe

    Est-ce que le secteur coopératif est la solution pour des emplois attachés au territoire ?

  • 4:32OuverteRéponse directe

    Avez-vous une vision internationale de l'agriculture, au-delà du localisme ?

  • 7:26OuverteRéponse directe

    Philippe Mangin, pesez-vous réellement à l'international ?

  • 10:23OuverteRéponse directe

    Comment gérer la variabilité des coûts salariaux en Europe ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:32Fait
    « Il y a une opposition entre deux visions, une vision nostalgique qui est en fait une vision administrée et en effet très localiste. Et puis il y a une vision stratégique de production, d'exportation. »
  • 5:16Fait
    « Quand vous êtes dans une région atlantique où il pleut l'hiver et où vous manquez d'eau l'été, vous dites quelle bêtise de pas stocker l'eau. »
  • 7:26Chiffre
    « Le budget de l'agriculture, c'est 20 milliards mais c'est 10 milliards de la France et c'est 10 milliards de l'Europe. »

Temps de parole

  • ?96 %
  • non_speech4 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Non speech

[Musique] [Applaudissements] [Musique]

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Locuteur

Mesdames messieurs, bonjour. Très heureux de vous retrouver ici dans le cadre du salon de l'agriculture à la porte de Versailles à Paris pour cette émission politique à la ferme. Une émission exceptionnelle puisque j'accueille Jean-Pierre Affarin. Bonjour. Bonjour. Alors, vous êtes sénateur de la VAN et puis aussi Philippe Mangin. Bonjour. Bonjour. Vous êtes président d'ACOA, l'alliance des coopératives agricoles. Alors, on va essayer de prendre un peu de recul, de voir un peu plus à long terme et de jouer collectif. Effectivement, euh Jean-Pierre Rafarin, vous visitez ce salon, on est actuellement en plein de campagne. Vous connaissez bien le secteur coopératif.

Est-ce qu'aujourd'hui pour vous le secteur coopératif est réellement la solution pour avoir des emplois qui soient attachés au territoire ? Je crois que c'est une solution et je pense que la coopération est d'ailleurs plutôt moderne parce que quand je vois certains abus de l'économie hyperlibérale et que on voit un certain nombre de très grandes entreprises qui ont des comportements économiques, financiers, quelquefois sociaux qui ne sont pas toujours exemplaires. On peut se dire que la coopération qui fait du producteur l'administrateur, c'est quelque chose de plutôt moderne, de plutôt dans la cohésion sociale.

Et pour des terres comme les terres de Charon de Poitou, par exemple, ce sont des vieilles traditions, des traditions ancestrales mais en même temps c'est plutôt des approches modernes et on voit de belles performances grâce à la coopération et grâce aux coopératives. Puis je sais que vous connaissez bien le monde coopératif. Philippe Philippe Mangin, c'est vrai qu'à on connaît pas forcément encore bien ce cycle. Ça l'histoire c'est quoi ? L'histoire c'est c'est l'alliance des coopératives agricoles, la réunion du syndicat des entreprises coopératives COP- de France et de leur union nationale Invivu pour essayer de croiser nos expertises et au fond contribuer à quoi ?

Et bien contribuer au défi de croissance qui est lancé à la France. Et je suis venu vous dire, monsieur le Premier ministre, que nous sommes prêts à relever ce défi de croissance, une croissance responsable qui allie écologie bien sûr et économie, acte de production. Nous avons perdu trop de temps, je crois ces dernières années à tenter d'opposer une agriculture de circuit court de proximité que qu'il faut développer pour répondre à cette attente montante des consommateurs a une capacité de l'agriculture française à exporter.

Cette opposition est inutile, elle est stérile et au contraire, l'agriculture peut contribuer à répondre aux fortes attentes lancées par une grande partie du monde pour relever le défi alimentaire. On peut y contribuer. Et donc la création d'ACOA, c'est essayer de de de d'intégrer beaucoup plus d'efficacité économique dans la gouvernance coopérative pour participer à ce défi mondial qui nous est lancé et pour lequel on nous attend. Vous savez, hier je recevais des gens d'Égypte et d'Algérie. Il me disaient "Président, on ne comprend rien au projet de la Pâque qui est évoqué aujourd'hui.

Vous voulez privilégier l'écologie ou vous voulez continuer à pouvoir satisfaire notre demande alimentaire ?" Je lui ai dit mais les deux bien sûr mais il faut vraiment que que nous réaffirmions cette capacité de l'agriculture française à apporter des réponses à cette demande alimentaire à notre porte de l'autre côté de la Méditerranée. Et je terminerai par ce point. La coopération, mieux que n'importe quel autre acteur commercial peut faire plus et mieux parce qu'elle peut apporter des matières premières que ces pays réclament et concourir au développement de l'agriculture par des partenariats dans ces dans ces mêmes pays.

Jean-Pierre Rafarin, c'est vrai que dans le discours électoral, souvent on entend plutôt un repli sur une agriculture uniquement localisée sur des petites exploitations. Est-ce que vous avez cette vision internationale aussi ? Bien sûr que j'ai cette vision internationale et bien sûr que je crois que dans notre pays, aux élections, mais au fond ça fait déjà plus d'une quinzaine d'années qu'on est sur ces sujets-là, je me souviens du temps de José Beovet, star du min du salon de l'agriculture. Au fond, il y a une opposition entre deux visions, une vision nostalgique qui est en fait une vision administrée et en effet très localiste.

Et puis il y a une vision stratégique de production, d'exportation. Je suis complètement d'accord avec dit Philippe Engin sur la nécessité de la croissance parce que on a en 2050 9 milliards d'hommes et de femmes sur la planète à nourrir avec moins d'eau et avec moins de terres arables. Donc il va falloir quand même faire des efforts de productivité. L'agriculture française a montré qu'elle été capable de cela. Mais nous avons dans notre pays un certain nombre de forces qui sont réticentes à tout ça. Le président Montin cite l'Algérie.

Quand vous pensez qu'en Algérie qu'ils ont une position climatologique moins favorable que la nôtre, ils ont réglé leur problème de l'eau et nous en Poitoucharante région atlantique, il pleut l'hiver, c'est la sécherette l'été et on peut pas faire de réserve parce que on a des questions administratives, bureaucratiques, quelquefois idéologique absurde. que c'est vrai que à chaque fois qu'on veut faire une retenue d'eau, les verts et souvent leurs alliés socialistes nous s'opposent à ce type de démarche. Quand vous êtes dans une région atlantique où il pleut l'hiver et où vous manquez d'eau l'été, vous dites quelle bêtise de pas stocker l'eau.

Et au fond, on voit bien que ça va être un grand problème mondial l'eau. Donc il faut stocker l'eau. Alors le faire de manière raisonnable, responsable. De ce point de vue-là, la coopération a en elle le souci de l'intérêt général et c'est pour ça que je crois que c'est une bonne approche. Mais au fond, ce qui est très important, c'est bien de mesurer que maintenant tout ce qui a de l'avenir dans notre pays est mondial. Ce qui n'est pas mondial est aujourd'hui fragile parce que des grands pays qui sont des pays continents aujourd'hui portent la croissance. C'est la Chine, c'est l'Inde, mais c'est aussi le Brésil, c'est l'Afrique du Sud, c'est la Russie.

Ce sont des pays qui ont de telles dimensions qu'ils ont tout de suite un marché domestique assez puissant. Donc nous, si on n'est pas capable d'être puissant et notamment je pense dans une vision commune franco-allemande, c'est avec l'Allemagne que la France est puissance continentale en matière agricole comme ailleurs. Donc je pense qu'il faut pousser ce cap là et notamment rapprocher la politique française de la politique allemande pour pouvoir constituer une vraie force mondiale de production, d'exportation. C'est un axe prioritaire.

Je pense que aujourd'hui quand on regarde le budget de l'agriculture, c'est 20 milliards mais c'est 10 milliards de la France et c'est 10 milliards de l'Europe. Donc il faut aller chercher cet argent en Europe grâce à la PAC et grâce à la PAC c'est-à-dire grâce aux relations franco-allemandes. Donc on a une stratégie très importante. Don à notre agriculture la dimension mondiale. La vision locale et nostalgique, ça fait plaisir ici ou là, mais c'est pas un un espace économique. L'enjeu, c'est de nourrir 9 milliards d'hommes et de femmes. Et ça, c'est avec de la recherche, de l'innovation, de la productivité, de la compétitivité mais naturellement des démarches raisonnables et responsables.

Philippe Mangin, il était urgent de se regrouper pour avoir une offre qui pèse au niveau international et est-ce que vous pesez réellement aujourd'hui à l'international ? Bien, écoutez, malheureusement euh on ne peut pas avoir une réponse uniforme pour toutes les filières. On on a pu se féliciter tout récemment de de l'excédent euh du commerce de la balance commerciale grâce à l'agriculture et à l'agroalimentaire. Néanmoins, dans cet excédent, 11 milliards, un peu plus quand même bien précieux pour l'économie française, on constate que le commerce des céréal et des vins et spiritueux représente là l'essentiel de l'excédent.

Et en y regardant de plus près, on constate une légère récession dans le domaine agroalimentaire. Voilà pourquoi il faut absolument euh mobiliser mieux encore OZO le FSI, les partenaires financiers pour essayer de renforcer notre tissu industriel agroalimentaire. Il faut qu'on se dote de PME qui soit armé pour l'innovation et la recherche comme l'évoquait fort justement monsieur Rafarin et pour conquérir les marchés à l'export. Avec Pierre Lelouche, nous avons une ouvert une réflexion régionale pour emmener les entreprises ensemble chasser en meut dans les dans les dans les salons internationaux.

Là vraiment nous attendons beaucoup de cette échéance électorale pour que on multiplie l'effort et qu'on fasse de l'agroalimentaire un grand atout français. Je pense que il sera créateur d'emploi, créateur de richesse et par la solution coopérative garant d'un tissu social et économique attaché au territoire dans la durée. Vous savez, moi j'ai envie de le dire avec force en ce moment, cette richesse du du modèle d'entreprise coopérative, c'est aussi sa relation avec le temps. Jean-Pierre Raffarin le sait très bien par son vécu coopératif et cetera.

Nous avons dans nos entreprises coopératives une relation avec le temps qui n'a rien à voir avec le reste de l'économie pris dans la spirale de la financiarisation du court thermisme. N vraiment nos administrateurs paysans raisonnent à 10 15 ans parce que les coopératives sont des entreprises qu'on nous prête au fond. Et bien dès qu'on en a les manettes, on a au moins un devoir fort, c'est de la transmettre, de la rendre dans un état au moins aussi bon quand on l'a pris. Et ça, je pense que ça donne de la durée, de la pérennité à une économie en l'occurrence agricole et agroalimentaire. Jean-Pierre Rafarin, il y a quand même un fait qui a été important cette semaine.

Vous l'avez vu, cette compagnie aérienne qui a décidé d'embaucher 50 % de sa population, donc de salariés venant de Grèce parce qu'effectivement aujourd'hui, il y a une grande variabilité entre la Grèce où on a un minimum donc salarial à 500 € et la France à 1100 €. Comment gérer une telle variabilité et l'Espagne à 600 € ? Je pense que de toute façon, il faut bien mesurer qu'il y a plus d'avantage à faire l'Europe qu'à casser l'Europe, hein. Et parce que je vous le disais, l'avenir est au pays continent. Donc nous, il faut essayer de faire et en sorte qu'il y ait une survie de l'Europe et la survie, ça passe par la solidarité et avec la Grèce et avec l'Espagne.

Ça nous coûte cher, mais c'est moins grave que l'éclatement. Mais dans tout cela, le cap, ça doit être ce que je vous disais tout à l'heure, la relation franco-allemande et faire en sorte que France et Allemagne ensemble fasse continent. Alors ça ça veut dire plusieurs choses notamment dans ce que dit le président MIN sur l'entreprise. Ça veut dire qu'il faut rapprocher l'idée de l'exploitation agricole d'une entreprise. Au fond, on considère toujours l'exploitation agricole comme quelque chose de spécifique. Et quand une exploitation disparaît, on dit pas que c'est une entreprise qui disparaît. Quand une entreprise disparaît, c'est un malheur territorial.

Quand c'est une exploitation, c'est l'évolution normale. Non, nous avons besoin. C'est pour ça quand on fait des réserves d'eau, c'est pour ça que y compris dans des productions qui quelquefois interpellent l'environnement, je pense à la production porcine, il faut bien mesurer que derrière il y a de la valeur ajoutée et il y a de l'emploi. Donc il faut concerter, il faut discuter mais ce sont des entreprises.

Et ça veut dire aussi qu'il faut que des outils comme Oseo, c'est-à-dire pour ce qui est du haut de bilan, le capital de l'entreprise, mais pour Ubifrance, pour l'exportation, s'adresse aussi à l'exploitation agricole et à toutes ces formes d'organisation, que ce soit le GAEC, le CUMA ou la coopérative et que tout cela c'est un monde entrepreneuriat. Mais évidemment, ça veut dire aussi que il faut que nous mettions toute notre énergie pour que la coopération se mobilise.

Je vis euh une épreuve un peu dans mon dans ma région, dans mon territoire où nous avons deux belles coopératives, Terraalacta d'un côté, Urial de l'autre et qui ont du mal à en s'entendre et qui se divisant, se concurrençant s'ouvre à des partenaires privés et risquent un affaiblissement de la coopération. Donc je tire vraiment la la sonnette d'alarme. Il faut pas que la coopération s'affaiblisse parce qu'il y aurait dans la coopération des rivalité, des concurrences. Je pense que une économie animée par des entreprises coopératives, c'est pas la même chose et pour les producteurs, c'est pas la même chose.

Et donc, je crois vraiment que la coopération notamment euh je prends cet exemple-là parce que il s'agit de deux grands groupes qui seraient un joueur mondial s'il se rassemblaient et je crains qu'ils n'en sont pas capables, ce qui m'afflige profondément et c'est pour ça que je les appelle. J'étais encore avec eux samedi. C'est un appel à la Fédération des énergies et je pense comme Philippe Mangin que la coopération c'est un axe d'avenir. Juste une dernière réaction en une phrase par rapport justement ce besoin de jouer collectif. Bon, il y a pas d'efficacité coopérative sans coopération des coopératives entre elles.

On ne peut pas quand on est dans l'action coopérative avoir pour concurrent une autre coopérative. Et vraiment nous avons recensé toutes ces idées dans un manifeste que j'ai le plaisir de remettre à monsieur Rafin. La révolution coopérative autour de 10 défis économiques, agricoles et agroalimentaires. Je vous assure qu'il y a là un beau projet de campagne. Monsieur le premier ministre. Merci beaucoup. Moi, je viens de faire un livre sur Je marcherai toujours à l'affectif et la coopérative, c'est l'affectif. Philippe Mangin, merci beaucoup. Jean-Pierre Rafarin, merci beaucoup. L'émission politique à la ferme, c'est terminée.

14:16
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