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Podcast / conversationTEDx Talks· 27 août 2014 17 minComplaisantFond programmatiqueAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

Agriculture -- idées recues, réalités | Céline Imart | TEDxToulouse

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Céline ImartFait
    « En France, il y a un suicide d'agriculteur tous les 2 jours. »
  • 2:00Céline ImartChiffre
    « Chacun d'entre nous, moi, comme vous me voyez, je génère 5 emplois en France. »
  • 3:00Céline ImartChiffre
    « Chefs d'exploitation, nous sommes 500 000, un petit peu moins, et 1 sur 3 sont des femmes. »
  • 4:00Céline ImartFait
    « La PAC, c'est 4 000 pages. Les bonnes conditions agro-environnementales : 17 directives européennes transposées dans notre droit. »
  • 9:00Céline ImartChiffre
    « J'ai vendu mon blé, récolte 2012, à 250 euros la tonne et en 2013, à 180. »
  • 10:00Céline ImartChiffre
    « Les aides PAC si on y revient, c'est 7,7 milliards d'euros pour les agriculteurs français, enveloppe annuelle. »
  • 11:00Céline ImartChiffre
    « L'agriculture, c'est plus de 60 milliards d'euros d'excédents sur la balance commerciale. »
  • 14:00Céline ImartFait
    « Nous importons en France, dans les ports français, 4 millions de tonnes d'OGM par an. »
  • 16:00Céline ImartChiffre
    « En 10 ans, on a la moitié des matières actives homologuées dans l'UE, qui a disparu. Il y en avait 800 en 93 ; en 2003, il n'y en avait plus que 400. »
  • 19:00Céline ImartFait
    « Il y a 60 ans, tout était bio. Pas de traitements chimiques. Et combien de nos arrières-grands-parents mouraient à 60 ou 65 ans ? »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Transcription: eric vautier Relecteur: Elise LECAMP (Applaudissements) « Beaucoup de chance ». C'est ce que dit le Nouvel Observateur. Il a publié une enquête qui classe l'agriculture parmi les métiers qui rendent le plus heureux.

C'est marrant, parce qu'en France, il y a un suicide d'agriculteur tous les 2 jours. Ça, c'est un paradoxe ! Et dans mon métier, c'est loin d'être le seul.

Il y a 100 ans, les agriculteurs, on était 50% de la population active ; un actif sur deux était agriculteur. Aujourd'hui, nous sommes 2%. Toute petite minorité.

Et malgré ça, nous sommes le deuxième employeur de France. Déjà, sur nos fermes, chefs d'exploitation plus salariés, on est plus d'un million. Et chacun d'entre nous, moi, comme vous me voyez, je génère 5 emplois en France.

Les emplois générés, c'est en amont de la filière, ce qui va concerner la recherche, fabrication d'intrants, aliments pour le bétail, vétérinaires, enseignement. Puis il y a tous les emplois qui sont en aval de la filière : transport, commercialisation, distribution, bref. Alors, chefs d'exploitation, nous sommes 500 000, un petit peu moins, et 1 sur 3 sont des femmes, donc sont des agricultrices.

Et 1 sur 5 seulement a moins de 40 ans. Aujourd'hui le renouvellement des générations, il est moins facile qu'avant. Pourquoi ?

Parce que c'est un métier, en quelques années, qui a profondément changé. Mes parents ont eu 30 ans à la fin des années 70, début des années 80. Mes grands-parents, agriculteurs aussi, ont eu 30 ans à la sortie de la deuxième guerre mondiale.

Et ce qu'on leur demandait, c'était simple, c'était de produire. La France, un pays en ruines, à reconstruire, avait faim. Il fallait produire.

Moi, j'ai 30 ans, et ce qu'on me demande, c'est plus du tout la même chose. Je suis au cœur de plein d'enjeux. Économiques, environnementaux, écologiques, sociétaux, sociologiques, ça va bien au-delà du simple enjeu alimentaire.

Moi, aujourd'hui, ce qui n'était pas le cas auparavant, je passe une bonne moitié de mon temps à remplir des papiers, à faire de l'administratif, et à noter tout ce que je fais pour bien être sûre que ça correspond à plein de lois, de normes, dont la plupart n'ont pas été écrites par des gens qui ont beaucoup mis les pieds dans les champs. La PAC, c'est 4 000 pages. Les bonnes conditions agro-environnementales : 17 directives européennes transposées dans notre droit, c'est quand même hyper complexe !

Tout ça, je dois l'appliquer à la lettre, sinon je me fais sucrer mes aides PAC. Les aides PAC ! Nous y voilà !

Les agriculteurs : des assistés ! Un cliché qui nous colle à la peau et qui nous blesse aussi. Juste pour info, en France, le budget de l'agriculture, c'est 2,9 milliards d'euros, on va arrondir, 3 milliards d'euros par an.

C'est le même niveau que le budget des anciens combattants. L'écologie c'est 7, la défense c'est 30 et l'enseignement 46. La PAC, qu'est-ce que c'est ?

La PAC, depuis qu'elle existe, depuis les années 70, la PAC, c'est pour chaque production dont on a besoin en Europe, un prix plancher et un prix plafond. Donc, l'agriculteur est rémunéré à un prix juste pour cette production. Allez expliquer à quelqu'un qui a toujours connu ça que depuis 2007, un petit peu avant, mais grosse réforme en 2007, l'agriculture est entrée dans les accords de libre-échange de l'OMC.

À ce titre-là, révolution, on n'a plus le droit de subventionner directement les productions par des aides directes. Donc on a des aides indexées sur des rendements historiques, des surfaces...

Bref, aujourd'hui, au lieu d'avoir une rémunération juste, comme avant, il faut expliquer aux agriculteurs qu'il faut aller scruter le marché des commodities au Chicago Board of Trade, à l'Euronext de Londres, etc. Moi j'ai vendu mon blé, récolte 2012, à 250 euros la tonne et en 2013, à 180. Entre parenthèses, on dit toujours : les céréaliers font augmenter le prix de la baguette de pain, je ne sais pas si vous avez vu la baguette de pain baisser de 30 à 40%, vous en 2013.

Mon prix de revient, c'est comme à la loterie. Il va se décider en fonction des positions des fonds d'investissement, d'un taux d'incorporation des matières premières agricoles dans les bio-carburants. Il va dépendre d'une parité, d'un prix du pétrole.

Il y a énormément de facteurs qui vont influencer ce prix-là. C'est pas évident pour anticiper, pérenniser une entreprise. Les aides PAC si on y revient, c'est 7,7 milliards d'euros pour les agriculteurs français, enveloppe annuelle.

Ça représente un effort de 100 euros par habitant et par an pour assurer notre indépendance alimentaire. C'est une aide qui est faite au secteur. Mais en France, tout est aidé : les individus sont aidés, beaucoup de secteurs sont aidés, le TGV est aidé, Airbus est aidé, l'industrie automobile au début de la crise a touché plus de 6 milliards d'euro, la restauration...

Pourquoi aider l'agriculture ? Parce que c'est un secteur stratégique. Nous sommes quand même le 2e employeur de France entre les emplois directs et ceux que nous générons.

Et puis, on est leader mondial sur plusieurs secteurs : les vins, les spiritueux, leader européen sur les semences, les céréales, la viande bovine. Tous les ans, l'agriculture, c'est plus de 60 milliards d'euros d'excédents sur la balance commerciale. On se tient à peu près avec l'aéronautique.

C'est beaucoup plus que les cosmétiques et le luxe, beaucoup plus que l'industrie automobile. C'est un secteur stratégique. Toutes les régions du monde aident l'agriculture.

Si je prends les cinq dernières années, 2008 - 2013, aux États-Unis, c'est plus 40 % d'aide à l'agriculture. Brésil, plus 60 %. Chine, plus 130 %.

Et en Europe, c'est moins. Bizarrement, on est les seuls à baisser notre soutien à la production. Aujourd'hui, je suis 2 à 3 fois moins aidée qu'un agriculteur nord-américain.

Et même par rapport à mon voisin allemand qui fait des céréales, puisque je fais des céréales, je touche entre 80 et 100 euros de moins à l'hectare. Pour aller peser sur des marchés et être compétitif, c'est pas toujours facile. Ça s'appelle une distorsion de concurrence.

Et des distorsions de concurrence, c'est pas la seule que je subis. Il y en a d'autres. Par exemple, sur les OGM.

Les OGM, organismes génétiquement modifiés, qu'est-ce que c'est ? Ça veut dire qu'on va introduire dans le génome d'une plante le gène d'une autre plante qui va lui apporter une caractéristique. Par exemple, résistante à la sécheresse, à un herbicide, ou capable de s'autonourrir.

S'autonourrir, je m'explique : un agriculteur doit apporter des engrais sur ses cultures pour les nourrir : azote, potassium, phosphore. Il doit apporter ça à la plante au moment clé où elle en a besoin pour grandir. Elle en a besoin.

Aujourd'hui, le soja, qui est une plante très particulière, a la capacité de fixer l'azote de l'air, donc elle s'autonourrit en fait. Et il y a un OGM intelligent, mis au point il y a quelques mois, qui permet de prendre ce gène du soja pour l'introduire dans d'autres céréales. Ça veut dire quoi ?

Demain l'agriculteur n'aura plus besoin d'apporter des engrais dans ses champs, d'épandre, de faire des interventions. Ça veut dire quoi ? Moins de coûts d'intrants, moins de coûts de gazole.

Si, ça c'est pas de l'écologie ! Les OGM, ce qui est extrêmement drôle, c'est que, on n'a pas le droit d'en produire en France, c'est interdit. En revanche, c'est autorisé à la production chez nos voisins de l'UE : Allemagne, Espagne, Pologne, j'en passe.

Donc, puisque nous sommes un marché unique, tout le jambon Pata Negra, -- c'est bon, le jambon Pata Negra -- et plein d'autres choses qu'on mange, qui viennent de nos pays voisins, sont OGM. Les premiers OGM ont été commercialisés en 1995, ça fait 20 ans que nous mangeons tous des OGM. Le monde entier en produit : États-Unis, Argentine, Brésil, Afrique, Asie.

Et alors le plus drôle de tout, c'est que nous importons en France, dans les ports français, 4 millions de tonnes d'OGM par an. Et ça, ce n'est pas nouveau, ça fait 10, 15 ans. Donc vous allez me dire : « Mais attendez, mais les Faucheurs ?

Les Faucheurs, ils fauchent des parcelles d'OGM. » Oui, effectivement, des parcelles OGM, mais ce sont des parcelles de la recherche publique, et de programmes souvent parrainés par des instances comme l'INRA ou autres. Alors , les faucheurs OGM, ils savent très bien et s'ils ne le savent pas, c'est dramatique, que pour empêcher les OGM en France, c'est pas en fauchant les parcelles de la recherche publique, mais plutôt en allant bloquer les ports.

Alors, attention ! Je dis pas je suis pour ou contre les OGM ni faut en produire, faut pas en produire. Ça, c'est un débat de société.

Aujourd'hui, en tant qu'agricultrice, je n'ai pas le droit de produire des produits dont on inonde le marché, produits à moindre coût, car ils permettent de baisser les coûts de production, les coûts des passages sur les cultures. Aujourd'hui, en France, on n'arrive même pas à dépassionner le débat, et que, sous la pression de certaines associations, de groupes, de lobbies, on n'a pas une recherche publique à long terme, qui permette de prendre des positions scientifiques claires, alors qu'aucune étude sérieuse, validée par la communauté scientifique dans le monde, n'a pas pu prouver que les OGM étaient dangereux. Je dis que le monde avance, je dis que les choses bougent, que les bio-technologies, ça se développe partout, et que, si nous, on prend pas ce sujet-là en main, eh bien, demain, nos enjeux alimentaires et de santé publique seront dépendants, s'ils ne le sont déjà, de la recherche étrangère et privée.

Je dis qu'aujourd'hui, c'est l'idéologie qui prend le pas sur l'économique, sur la science et sur l'humain. L'idéologie, je me rappelle cette phrase d'Einstein, qui disait qu'il était plus facile de changer un atome de place qu'une opinion. Je m'en rappelle à chaque fois qu'on me dit : « Et toi, t'es en bio ? -- Non, je suis en agriculture conventionnelle, raisonnée. -- Elles sont pas bio, tes céréales ? -- Non, elles sont pas bio. » Alors...

La différence, je vais essayer de vous expliquer concrètement ce que c'est, entre les deux. Un agriculteur, à partir du moment où il sème et où il récolte, il doit faire 2 choses pour intervenir sur ses cultures, deux, pas mille. Un, nourrir sa plante.

Je vous l'ai déjà expliqué. Deux, c'est la protéger, la soigner. Il y a trois types d'interventions ou de soins pour protéger ses cultures.

La première, ce sont les herbicides. Les herbicides, on les applique pour empêcher que d'autres espèces concurrentes viennent envahir notre culture et puiser à sa place les ressources dont elle a besoin dans le sol. La deuxième, ce sont les fongicides.

Ce sont des champignons, des bactéries, qui viennent attaquer la plante de l'intérieur, prendre la tige, la feuille, peu importe, c'est un peu comme un cancer, ça la détruit. Le 3e type de soins, de protection, ce sont les insecticides. Des vols de ravageurs, de prédateurs, qui peuvent détruire un champ en 2-3 jours.

Il vaut mieux intervenir, voilà. Alors, quand on va épandre des traitements dans nos champs, on n'y va pas déjà pour le plaisir, d'autant plus que ça coûte excessivement cher. Le poste de coûts « Interventions phyto-sanitaires » dans une exploitation, ça a explosé.

C'est super cher. C'est pas, il y a 30 ans, où on traitait peut-être quelquefois en préventif, en assurantiel, à tour de bras, suivant les conseils de techniciens ou autres, ça, c'est fini. Déjà, en 10 ans, on a la moitié des matières actives homologuées dans l'UE, qui a disparu.

Il y en avait 800 en 93 ; en 2003, il n'y en avait plus que 400. Bizarrement, elles sont interdites en France, mais pas en Espagne. C'est marrant, ils ont beaucoup de matières actives homologuées, interdites chez nous.

Mais bon...

On s'amuse pas à les épandre pour le plaisir, c'est un petit peu comme quand on va chez le médecin, si c'est viral, il ne faut rien faire. Parfois il va prescrire des antalgiques, des antibiotiques, une hospitalisation, selon la gravité de la maladie, et on apporte une réponse adaptée. Alors, les bios, la différence, les bios aussi traitent, ils ont les mêmes problèmes.

Quand il y a des attaques de maladies ou autres, il faut traiter. Mais eux ont des matières actives homologuées différentes. Par exemple, en agriculture bio, on traite beaucoup à base de soufre et de cuivre.

Ce sont des matières actives homologuées bios, et leur particularité, c'est qu'elles ont une rémanence. La rémanence, c'est le temps que le produit va agir sur la plante, et dedans, pour la protéger, avant d'être éliminé. Cuivre et soufre, les matières actives en bio, ont une rémanence beaucoup plus courte que les produits homologués en conventionnel.

Ils doivent traiter plus souvent. Et on est face à des problématiques où saturer le sol de cuivre et de soufre, ça le rend tout simplement infertile, saturé. Ça se retrouve aussi dans les nappes phréatiques.

C'est pour ça que les traitements bios sont autant contrôlés et suivis que les traitements conventionnels. D'ailleurs, la traçabilité de nos productions, et le suivi sanitaire, c'est très important. On est très suivis sur ce point, et c'est tout à fait normal.

Y a un gros risque, par exemple sur le blé, un gros risque sanitaire : ce sont les mycotoxines. C'est une maladie qui se développe avec des conditions humidité + chaleur, c'est une sorte de champignon qui génère des mycotoxines qui sont des micro-organismes hyper-dangereux pour la santé humaine, quand on en a dans nos blés, dans nos céréales, c'est déclassé en fourrager ou invendable. Ça, c'est un risque qu'on est vraiment obligé de contrôler par des traitements.

Je prends l'exemple du Danemark. Il y a entre 10 et 15 ans, ils ont passé toute leur production de blé en bio. Ils étaient auto-suffisants, ils produisaient pour eux, ils exportaient aussi.

Aujourd'hui, ils n'ont pas su contrôler ce risque de mycotoxines, et donc ils sont obligés d'importer tout le blé qu'ils consomment. 2011, l'Allemagne, crise de l'e-coli. Plus de 4000 malades, 800 dialysés à vie, plus de 50 décès, germes bio. 2012, série d'intoxications alimentaires, régions PACA, Languedoc-Roussillon, en raison de résidus de datura, qui est une plante hyper-toxique pour l'homme, qui étaient restés dans de la farine de sarrasin bio.

A chaque scandale alimentaire, c'est marrant, dès qu'on voit qu'ils sont liés au bio, ils disparaissent des unes des journaux. Bon. Je ne suis pas en train de dire encore une fois le bio, c'est blanc ou noir, le conventionnel, idem, ce que je dis, c'est que de dire : tout ce qui est bio, c'est naturel, donc forcément bon pour la santé, ce qui est chimique est forcément mauvais pour la santé, c'est un mythe.

C'est un mythe. Il y a 60 ans, tout était bio. Pas de traitements chimiques.

Et combien de nos arrières-grands-parents mouraient à 60 ou 65 ans ? Il faut pouvoir un petit peu nuancer tout ça, des agriculteurs font bien leur travail des deux côtés. Le bio est plus facile en cycles courts.

En maraîchage, c'est plus facile de contrôler les maladies sur un cycle de 20 ou 25 jours. Des grandes cultures avec des cycles longs, on traite pas simplement pour le plaisir de traiter. C'est parce qu'on doit préserver une qualité sanitaire sur nos parcelles.

Je voulais dire, qu'aujourd'hui, quand on applique des interventions sur les parcelles, c'est en dernier recours. Je fais un maximum de travail mécanique sur mes parcelles, avant d'intervenir de manière chimique, je suis la première à vouloir préserver la qualité de mes sols, à améliorer leur taux de matière organique. Nous, agriculteurs, sommes les premiers protecteurs de notre terre, notre Terre à tous, les premiers protecteurs de l'environnement.

Aujourd'hui, je suis fière de mon métier, de ce que je fais, j'aime beaucoup voir grandir mes plantes, les accompagner, du semis jusqu'à la maturité. Je fais un métier qui est techniquement très pointu. Les donneurs de leçons s'imaginent qu'il fait toujours beau, quelques gouttes de pluie, mais pas trop.

Mais ils s'imaginent pas qu'en 2-3 jours, je peux voir une parcelle ou une culture ravagée par une grêle, ravagée par une maladie, ravagée par un vol de prédateurs, et qu'au bout de 2 ou 3 mauvaises années, je peux mettre la clef sous la porte. Aujourd'hui, je suis en conventionnel raisonné. Deux apiculteurs viennent tous les ans poser plus de 100 ruches, à côté de mes parcelles de tournesol et de colza.

Ils reviennent en poser, parce que la récolte est bonne et que les ruches sont en bonne santé. J'ai un lac que j'utilise pour l'irrigation. Venez voir la biodiversité qu'il y a tout autour : des oiseaux, des hérons, des canards, des grenouilles, des serpents, des papillons, etc., beaucoup de choses.

Donc, oui, je fais un beau métier techniquement pointu, avec beaucoup de capacités d'adaptation, parce qu'en agriculture, quand on fait A, on ne sait jamais si on va avoir un résultat B, Y ou F. Je donne aussi des produits de qualité à manger aux gens, et j'en suis fière. Donc, oui, j'ai de la chance. (Applaudissements)