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interviewLCI (sur YouTube)· 6 décembre 2025 30 min

Qui sera le prochain maître du monde ? François Lenglet est l'invité d'Un œil sur le monde|LCI

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Après la mondialisation heureuse, l'Europe est-elle voué à une vassalisation heureuse entre une Amérique affaiblie et une Chine impatiente d'imposer sa puissance ? Comment le vieux continent peut-il encore se faire une place forte dans un ordre mondial totalement chamboulé ? Écoutez, on est à un moment de rupture un peu de notre ordre international et le monde qu'on avait construit après la deuxième guerre mondiale qui reposait sur ce qu'on appelle le multilatéralisme et donc de la coopération entre les puissances, il est en train de se fissurer, de se fracturer pour pas dire qu'il est déjà en train de se refragmenter.

C'est ça ce qui est à l'œuvre et ce que certains veulent installer à travers leur discours et c'est de passer au fond d'un monde multilatéral à un monde multipolaire avec quelques puissances qui structurent le monde et des vassaux si je puis dire mais qui ne travaillent plus ensemble et je pense que ça c'est une erreur fondamentale. Bonsoir François L. Bonsoir je suis ravi de vous recevoir en plateau votre livre qui sera le prochain maître du monde aux éditions Plomb.

On l'entend dans les mots d'Emmanuel Macron, le monde a changé, d'accord ? Tout le monde est d'accord là-dessus, mais est-ce que c'est forcément l'intégrer que de le dire ? Non, vous avez tout à fait raison.

C'est vrai que sur le constat, c'est évident, il a raison, mais il fait une erreur d'analyse complète dans le sens où nous retrouvons le monde normal. En fait, le monde anormal, c'était le monde d'avant, celui qui était régi par ce que Macron appelle le multilatéralisme à juste titre, mais qui en réalité était celui du surplom de l'hégémonisme américain qui était au fait de sa puissance. Vous savez, le cycle des superpuissances, c'est toujours un petit peu le même.

Il a été longuement décrit par des historiens britanniques comme Paul Kennedy. En gros, ça dure un siècle. Ça commence toujours avec l'économie, en réalité avec la démographie hein qui est le soubassement de l'économie.

Et puis c'est justement il y a une ascension progressive. On a vu ça aux États-Unis avec la première guerre mondiale, la deuxè et puis évidemment la chute du mur de Berlin qui a consacré leur triomphe parce que ils étaient devenus ce qu'ubervedrine appelait l'hyperpuissance et et ce triomphe a duré 30 ans. En fait ces 30 ans de la chute du mur jusqu'à la guerre d'Ukraine, c'est une parenthèse comme il en arrive une par siècle.

Le problème c'est que évidemment pour des gens comme nous ça représentait l'essentiel de notre vie d'adulte. Donc euh on a tendance à dire euh ben rendez-nous le monde normal. On n'est pas prêt.

Mais mais on n'est pas prêt du tout parce que le monde de la confrontation des grandes puissances, c'est ce que la planète connaît depuis des siècles, à part quelques brefs euh intermèdes comme celui qui vient de se terminer, qui a été très profitable à l'Europe. C'est aussi pour ça évidemment qu'elle veut y revenir, qui ressemble d'ailleurs à la fin du 19e siècle. À l'époque, le maître du monde, c'était le Royaume-Uni, le royaume victorien.

Vous voyez le l'apogée du règne victorien où le Royaume-Uni le plus grand empire jamais bâti par l'homme un/4 des terres émergées. Le la une marine qui est sep fois plus importante que la deuxième au classement mondial. Donc et comme par hasard d'ailleurs ces deux périodes domination britannique fin du 19e, domination américaine fin du 20e, début du 21e.

Et bien ce sont deux périodes de mondialisation parce que la mondialisation, le multilatéralisme pour reprendre les les les propos du président, elle a besoin d'un maître qui fait disparaître le risque géopolitique et et qui pe pour l'instant on en a pas et on en a plus parce que le maître ne veut plus être le maître. Ce sont évidemment les États-Unis parce que euh il est justement un peu sur le déclin et Paul Kennedy explique bien que toutes les grandes puissances à la fin de de leur domination sont victimes de ce qu'il appelle la surexposition impériale. Ils sont fatigués d'aller combattre aux quatre coins du monde, de perdre des hommes, de consacrer des ressources qui sont moins importantes, des milliards, des centaines, des milliers de milliards consacrés à l'industrie de la défense.

Et et au bout d'un moment et ben ça fatigue le Royaume-Uni s'est retiré des affaires mondiales peu. Après, il y a eu la guerre de 14 hein, parce que la poussée allemande était très forte et bien les États-Unis se retirent des affaires mondiales par-delà les foucades de Trump qui fait semblant de régler les conflits et cetera, qui en réalité agit en surface. Au fond, la stratégie de Trump est très maligne.

C'est celle que Michael Beckley, c'est un essayé américain, appelle la superpuissance voyou. Tout pour ma gueule. Autrement dit, je renonne mes alliés parce que ce sont les plus faibles et je négocie avec mes ennemis et c'est ça notre monde.

Le président dit très clairement, "Je regrette des puissances qui ne travaillent plus ensemble, mais est-ce qu'on peut considérer la France comme une puissance à l'heure actuelle François l'anglais, c'est une puissance moyenne déclinante comme d'ailleurs la la plupart des puissances européennes. Si vous voulez, pendant cette grande parenthèse que j'évoquais à l'instant, on pouvait se prévaloir du statut de coaduluteur de l'ordre mondial. Il y avait les États-Unis juste à côté de nous.

On était dans la dans le même camp. On était leur copains en Européens en fait. Oui, c'est ça.

On était membre de de de cette cet empire occidental euh qui à la faveur d'une extraordinaire dilatation il y a 500 ans avait conquis la planète et qui depuis 100 ans est en voie de rétraction et le mouvement s'accélère depuis depuis 10 ou 20 ans sous la poussée du sud global. Donc puissance, si ça nous fait plaisir de nous appeler puissance, pourquoi pas ? Mais il faut quand même avoir le sens des proportions.

Ça n'est pas pour ça que nous sommes foutus. Et c'est là où évidemment le fait c'est important de considérer son vrai poids. Mais vous savez, il y a des moments où la France a été vraiment en grande difficulté où par la force, l'intelligence de ses diplomates, elle a réussi à préserver une place dans le concert mondial.

Je pense évidemment à 1815 et au rôle qui a joué Taleran après l'écrasement du pays à Waterlot. hein, toute l'Europe a mis 20 ans à écraser la Révolution française et puis le le le la période napoléonienne. Et aléran, joue admirablement bien des des inimitiés entre les uns et les autres parce qu'il connaît ce monde, parce qu'il connaît les vulnérabilités humaines et et c'est le propre des diplomates, des bons diplomats d'être comme ça.

Malheureusement, on en a plus beaucoup en magasin où ils ont été écartés par le le régime présidentiel qui considère que c'est lui qui doit tout faire. Vous dites justement qu'il faudrait une révolution idéologique complète. Oui.

Il faudrait faire quoi pour rester dans le jeu comme disent les jeunes ? Faut comprendre que le monde euh est peuplé de de de pays qui pensent d'abord à leurs intérêts et que le règne justement, vous savez, il y a un truc qu'on entend beaucoup notamment de notre président, c'est il faut revenir à l'époque où c'était le droit qui prévalait sur la force. Bilveé.

Allez dire ça à un africain ou un asiatique dans les 30 dernières années, c'était le droit qui prévalait sur la force. pas du tout. Nous, on avait cette impression parce que c'est nous qui faisions le droit justement au côté des États-Unis.

Donc, on avait la position du puissant et on disait "Chers amis, restez tranquille, on vous jette quelques cacahuètes de temps en temps mais ne touchez pas à l'ordre mondial." Bon, tout ça vole en éclat et il faut qu'on en prenne acte et que on se choisisse des spécialités, qu'on les défende, qu'on les protège. Il faut travailler notre souveraineté.

C'est un chantier monumental. C'est une génération entière d'efforts pour reconstruire la souveraineté en matière énergétique de terre rar, de médicaments et cetera. C'est essentiel.

Alors, on en parle beaucoup. On a un président qui est le champion mondial des discours. Mais mais il faut agir.

Et pourquoi on le fait pas ? C'est quoi ? C'est un manque de courage.

Je pense que si vous voulez, il y a d'abord on ne veut pas prendre de la réalité. Au fond de nous, il y a l'idée que le monde d'avant va revenir. C'est un peu un état de sidération dans ces casl.

C'est plus grave que ça. Je pense que il y a une part de de de déni. Vous savez, Stéphan Spike dans le monde d'hier raconte justement l'état d'esprit de ses parents avant 14 et il dit voilà, il considérait le monde d'avant, donc celui du 19e siècle, une longue période de paix comme aussi solide qu'un château alors qu'il était bâti sur des nuées.

Et on est dans l'état des parents de de Stephan hein, c'est-à-dire on imagine que ça va revenir. Il faut prendre de la réalité, c'est la première chose. Il faut se protéger. se protéger, s'équiper, investir.

Et c'est là où il y a une question qui est tout aussi difficile. Les dividendes de la paix, nous les avons affectés à l'extension de notre état providence et à la diminution du temps de travail. Ce sont des comportements de beau temps, mais quand le temps n'est plus beau, il faut changer de comportement et ça va être difficile parce que ça ça sous-entend des efforts importants pour nous tous.

Mais tout de même vous dites que ce sont des crises que nous nous sommes autoinfligés. Pour une part, c'est vrai pour la France les les la crise politique et la crise budgétaire, c'est pas un Chinois qui a trébuché avec une éprouvette remplie de Covid hein et qui après a mis le pied dedans pour aller au marché louran. Ça je veux dire ça nous tombe dessus, on n'y peut rien.

Mais euh c'est c'est le le le la situation budgétaire, c'est le résultat d'une politique budgétaire pendant un certain nombre d'années. Alors ça n'a pas depuis des années. Donc fait que tout le monde doit prendre ses responsabilités d'une certaine mané. s aggravé quand même disons depuis euh 6 ou 7 ans hein.

Je regardais les les chiffres là avant même d'arriver sur ce plateau sur l'évolution des dettes publiques entre 2017 et 2020 donc le Covid la dette publique augmente en France de d'un peu plus de 13 points de PIB ça fait 400 milliards d'euros la moyenne de la zone euro pour la même période alors que évidemment la zone euro connaît aussi le Covid et bien c'est trois fois moins donc on a dépensé trois fois plus que les autres pourquoi au pour renforcer notre industrie pharmaceutique, pour s'équiper en matière d'armement, pour améliorer la transition énergétique, non pour rembourser le doliprane donc on a à la fois dépensé beaucoup et dépensé pour rien, vous savez et à l'époque les taux étaient à zéro. Ça me fait penser à cette histoire. Vous avez connaître ça quand vous étiez enfant, c'est le le un compte étonnant.

Voilà, c'est un couple qui traverse la la une forêt, il tombe sur un crapau et le crapau est en difficulté et la femme le saut machin, l'embrasse, paf, c'est un prince et le prince lui dit "Écoute, pour te remercier, tu vas avoir trois vœux." Et donc le le mari ne réfléchit pas, il dit "Voilà je veux un repas extraordinaire." Il arrive un repas extraordinaire.

La femme lui dit "Mais qu'est-ce que tu es bête ! Tu as gâché un vœu. Et bien, je souhaite qu'une saucisse te pousse sur le nez. immédiatement il se retrouve, il y a plus qu'un vœu, il a une saucisse sur le nez et ils en viennent à la nécessité d'utiliser le troisième pour enlever la saucisse.

Ils ont cramé leur vœux pour rien. Bah c'est un peu ce qu'on a fait nous avec les toits zéro. On les a utilisé, je ne dis pas pour des choses sans intérêt mais pour des choses qui en tout cas n'ont pas amélioré notre résistance dans ce monde de confrontation.

Qu'a changé l'invasion de l'Ukraine François Langlais ? surtout que depuis quelques temps nous entendons cette petite musique de fond. Je vous laisse écouter les propos de Bernard Henry Lévi qui était sur ce plateau.

Trump aurait pu être le leader du monde libre, être ou être même un peacemaker. Il a choisi d'être un deal maker. Donc il fait des deals.

Pour lui, c'est sa philosophie. Voilà, Witkov, c'est la même chose. Aujourd'hui, la la diplomatie américaine est menée par des promoteurs immobiliers et par des courtiers en en en affaire.

Mais vous vous dites François Langlais, Donald Trump n'est pas un accident mais un symptôme. Vous dites même MAGAGA qu'on pourrait traduire par TPMG tout pour ma gueule. C'est quoi ?

C'est fait pour minimiser le déclin américain cette attitude là. Pourquoi Donald Trump agit-il ainsi ? Je crois que c'est l'attitude la plus rentable.

C'est là où je différaiis euh de de Bernard Henry Lévi. Si c'était juste une bande de promoteur immobilier qui avait fait main basse sur euh la Maison Blanche, ça serait très grave. Mais ça serait pas si grave parce que ils s'en vont dans 2 ans.

En réalité et pas assez bon pour rester de fait. Oui, mais en réalité euh vous savez quand la première fois que Trump a été élu, bon voilà, on s'est dit ah là puis il y a eu Biden, on s'est dit ah mais en fait l'embardé c'était Trump. Aujourd'hui, on comprend que l'ambardé c'était Biden.

En fait, depuis Obama, il y a une tendance à l'isolationnisme américain. Et pourquoi ? Pourquoi Trump le pousse à son paroxisme ?

Parce que c'est l'attitude la plus rentable pour le pays. Entretenir un ordre mondial comme il ils l'ont fait jusqu'à présent, ça coûte cher. Ça coûte cher en vie, ça coûte cher en argent.

On l'a dit tout à l'heure et aujourd'hui Trump se dit compte tenu de l'avance relative que j'ai en matière de technologie, de l'effet d'attraction que représente mon marché, du fait que l'énergie est est pas cher, que j'ai les meilleures universités du monde, et bien si je joue en solitaire en essayant de récupérer le maximum d'avantage de cette position, je m'emporterai mieux. Finalement, ça me rapporte davantage de rançonner mes alliés que de susciter de leur part de la loyauté. et et c'est un calcul cynique mais qui est malheureusement assez juste du point de vue des États-Unis, d'autant que en face arrive un rival sacrément puissant avec la Chine. fait longtemps qu'on le voit arriver, mais là euh on a une Chine quand même nouvelle qui qui s'installe et de ce point de vue, si on se place avec les yeux de l'Amérique, [Musique] cette attitude n'est pas n'est pas malheureusement pas si absurde et je crains que par-dées au tempérament des hommes, elle ne soient durable et qu'elle ne disons qu'elle ne perdure, qu'elle ne survive à Trump.

Mais pourtant euh vous dites que l'Amérique montre tout de même euh des signes classiques d'un empire en fin de cycle. Oui, justement parce que vous savez c'est euh la dialectique de Hegel. Euh, il y a un qui a été commenté par un professeur dans l'entre de guerre qui s'appelle Alexandre Kogev qui a écrit un livre d'ailleurs qui est publié par Ganimar qui s'appelle Introduction à la lecture de Hegel et il fait une parabole enfin commentaire de la parabole du maître et de l'esclave.

Pourquoi est-ce que le maître est le maître ? parce qu'il n'a pas peur de risquer sa vie pour défendre son prestige. Pourquoi est-ce que l'esclave est un esclave ?

Parce qu'il a peur et qu'il préfère se soumettre au maître. Dès lors que le maître ne veut plus risquer sa vie, il est en situation de dépendance et il devient l'esclave de l'esclave. Donc on voit bien que les États-Unis sont dans cette situation là, même s'ils essaient de maximiser leurs avantages aujourd'hui avec cette stratégie MAGA.

Euh de fait, leur poids relatif dans l'économie mondiale n'est plus le même. Faut regarder depuis le le les années 60, la part du PIB américain, elle a chuté considérablement et et bon, il gardent un avantage démographique parce que ils sont une population active qui va continuer à augmenter pendant 15 ans. Enfin, globalement c'est quand même un empire en voie de rétraction.

Il y a une hypothèque financière aussi assez importante parce que il y a des désordres financiers qui sont classiques he c'est pas la fin du monde mais la bulle autour de l'internet de pas l'internet justement qui ressemble à celle de l'internet mais de l'IA. Donc un jour ou l'autre, il y aura une secousse financière aux États-Unis et de ce point de vue, il y a des signe de fragilité qui qui sont là et je je pense qu'on on ne peut pas les éluder même si les États-Unis ont de beau restes. La grande question c'est est-ce que la Chine est prête à devenir le maître du monde ?

Écoutez Jim Pling qui parlait de ses investissements dans tous les secteurs possibles. Écoutez, les deux parties ont convenu de consolider leur coopération traditionnelle dans les domaines de l'aérospatial et de l'énergie nucléaire. Détendre leur coopération aux industries émergentes, notamment l'économie verte et numérique, les produits biopharmaceutiques et l'intelligence artificielle. en partant d'un pays pauvre, communiste, isolé, est devenu en quelques années une puissance capable de rivaliser avec les États-Unis.

Plusieurs choses. D'abord le génie des dirigeants Thanksing et ses héritiers, Routing Tout, Young Germine, c'est voilà si vous voulez c'est des gens qui resteront dans l'histoire par leur vision, la qualité de leur management. De ce point de vue, l'actuel n'est pas du tout la hauteur.

C'est une buse, c'est un maoïste non réformé qui est dominé par des considérations idéologiques. C'est c'est le recheton final de de cette longue lignée de dirigeants brillants. Deuxième chose, le travail et une génération très nombreuse qui est née dans les années 50 60 qui est arrivé justement au moment de l'ouverture, des centaines de millions de de gens ont rejoint la population active chinoise.

Le miracle chinois, c'est d'abord ça, c'est d'abord la démographie, cette bosse démographique lié au maoïsme qui encourageait les Chinois à faire des enfants et ces gens-là sont intégrés sur le marché du travail et marché du travail mondial, hein. Et puis il y a aussi autre chose et je dis ça à moi qui ai vécu en Chine à l'époque communiste et j'ai j'ai vu vraiment les les les la contrainte formidable que représentait cette dictature et puis encore les époques que je n'ai pas connu mais qui étaient auparavant, on me les a raconté toutes les catastrophes lié à la révolution culturelle mais le communisme a au moins eu un une réalisation considérable qui manque à l'Inde aujourd'hui. Pour ça qu'il n'y aura jamais de développement économique aussi important en Inde qu'en Chine, c'est qu'elle a construit un socle en donnant de l'éducation à tout le monde, de l'alimentation à tout le monde, de la santé à tout le monde et que le communisme a aussi éradiqué le féodalisme.

À l'époque où j'y étais dans les années 80, il y avait autant de femmes chefs d'entreprise que d'hommes H et il y avait des femmes ministres alors que chez nous, il y en avait pas, hein. Donc cette cette rassurez-moi, vous êtes pas en train de promouvoir le communisme tout de même. Non non, loin de moi cette idée.

Et le le l'objectivité qui me caractérise me m'oblige à reconnaître ça, c'est que le le après ce que les Chinois appellent le siècle de l'humiliation 1842 traité de Nanquin par lequel les Britanniques forcent l'ouverture des ports chinois au commerce de drog jusqu'en 1949 la prise de pouvoir par Maotung et bien euh les communistes ont reconstruit un socle à partir duquel cet homme génial qui a été Thanks shopping a inauguré le plus grand rattrapage économique de tous les temps. Mais est-ce qu'il n'y a pas aussi une faute qui est qui peut-être attribuée aux Américains ? On a fait de la Chine l'atelier du monde.

Donald Trump s'en pl s'en plaint souvent concernant la haute technologie notamment. Est-ce que les Américains ont laissé faire d'une certaine manière pendant des années ? C'est une question très intéressante et sur laquelle c'est difficile d'avoir un avis tranché.

Tout ça remonte à la stratégie de Kissinger et de Nixon dans les années 70. stratégie géniale où pour scinder le bloc entre la Russie et la Chine, problème qui se pose aujourd'hui qui se pose actuellement, les États-Unis prennent le plus faible, la Chine et essaie de le de le de le décoller de l'URS et ils sont d'ailleurs dissons aidés en cela par le fait que Maro n'aime pas du tout hein les les les soviétiques et finalement cette stratégie euh 10 ans plus tard, elle débouche sur la normalisation des des relations diplomatiques entre le de géant et sur les le l'ouverture économique. Il paraît, je n'étais pas là mais que Nixon visitant la Chine au début des années 90 et notamment Hango, qui est le berceau du e-commerce et de Alibaba notamment a dit en voyant l'extraordinaire transformation de la de la ville avec les tours illuminés, j'y suis probablement pour quelque chose.

Il avait raison. Alors on est allé probablement trop loin peu après. C'est Clinton qui a ouvert grande les portes de l'EMC en accordant le le le statut de membre à la Chine alors que de facto elle jouait pas tout à fait avec les mêmes les mêmes armes.

Mais on s'est dit en intégrant la Chine dans le commerce mondial, nous allons la pacifier. C'est un peu une forme de naïveté, il faut le dire François l'anglais. Oui.

Oui, c'est vrai. C'est une forme de naïveté. C'est une forme de naïveté.

Mais je peux vous dire pour avoir vécu cette époque-là, je n'ai jamais cru au fait que la Chine deviendra une démocratie parce que quand on connaît le pays, on ne peut pas y croire une seconde. Mais on se disait finalement les effets stabilisateurs du commerce mondial et de justement de la montée du niveau de vie probablement ça rendra la Chine moins instable. Donc même si elle devient dangereuse au plan économique, elle sera moins dangereuse au plan militaire de la révolution.

Euh c'était probablement un calcul hasardeux mais mais mais dans le contexte de l'époque, c'était un paris qui n'était pas qui n'était pas saugrenu. En parlant d'un autre calcul, est-ce que la suprématie économique permet forcément de devenir leader géopolitique militaire sur la scène internationale et de changer l'ordre mondial ? C'est un peu ce que la Chine a voulu faire quand on a condamné pointer du doigt pour les igours, fait en sorte que les pays du sud global la suivent un peu dans sa manière de voir le monde.

Est-ce que c'est sa suprématie économique qui a permis ça ou en fait il faut dissocier les deux ? Là encore c'est une question fondamentale et sur laquelle on peut pas avoir d'avis tranché. Ce qui est sûr, c'est qu'il n'y a pas de puissance diplomatique sans force économique.

Voilà, Paul Kennedy le dit d'ailleurs très bien. Il dit "Toute variation relative de la puissance économique se traduit immanquablement par une variation de la puissance politique." Illustration les trois derniers jours avec la visite du président français en Chine.

Bon, au-delà du bazar politique qui est dans le pays, c'est vrai que au plan économique, ça va pas terrible non plus plan budgétaire. Donc la force c'est elle est assise sur l'économie qui il faut le dire aussi est assise sur la démographie. Donc le vrai sujet c'est la démographie, l'économie et la puissance politique.

Maintenant là où votre question est intéressante c'est que pour la Chine on peut quand même se poser d'abord il y a une vulnérabilité démographique considérable donc qui hypothèque sur le moyen terme l'économie. C'est vrai qu'il se robotise et cetera, mais enfin euh la Chine est en route pour être lesPAD du monde hein et après avoir été l'usine du monde. Mais il y a une question supplémentaire, c'est au fond, la Chine veut-elle vraiment être maître du monde ?

C'est vrai qu'elle est animée par un puissant ressentiment contre l'Occident à cause du siècle de l'humiliation qu'on évoquait à l'instant et qu'elle considère à juste titre d'ailleurs que l'Occident lui a volé sa place. Vous savez, c'est Angus Madison qui a reconstitué tous les PIB de tous les pays depuis l'an 1000. On voit très bien que de l'an 1000 jusqu'en 1850, la Chine, c'est 20 à 25 % du PIB mondial. puis ça se détraque.

Donc pour la Chine, nous sommes des usurpateurs et il est temps si Ting Pig l'a dit clairement de reprendre leur place aux usurpateurs. Mais la Chine n'a pas contrairement aux occidentaux, la Chine n'a pas de rêve des Gémons parce que fondamentalement, elle pense qu'elle est déjà le centre du monde. Pourquoi diable allait conquérir le monde si vous êtes l'empire du milieu ?

Et il y a des tas d'histoires qui témoignent de ça. Vous savez les expéditions de l'amiral Jun Crew qui est presque contemporain de Christophe Colom qui part pas conquérir le monde justement témoigner de la grandeur chinoise au reste du monde et il embarque dans ses bateaux les merveilles de l'époque et il rentre et il revient à la cour. On lui dit alors là, mais les amis euh ça n'a pas beaucoup d'intérêt.

Ces gens-là sont des primitifs, hein. Et on décide alors de d'interrompre le cycle des des de de grandes navigation. Et c'est ça aussi la Chine.

Donc elle est très attentive à sécuriser sa banlieu dont elle a une vision extensive, la mer de Chine et notamment le Japon et cetera. Ça c'est des colonies chinoises. Il y a pas donc mais pour autant évidemment elle est attentive à sécuriser ses approvisionnement en matière première donc en Afrique et cetera.

Elle le fera sans ménagement avec une brutalité totale qui égalera celle des occidentaux. Mais elle n'a pas ce désir de colonisation que nous avons eu et qui a porté les rêves d'empires occidentaux. Donc c'est là où euh dans son projet de moyen terme 2049, elle voudrait 100 ans après la prise de pouvoir de Mausetung la première économie mondiale.

Je pense qu'elle n'y arrivera jamais hein, personnellement tout le monde n'est pas d'accord mais que compte tenu justement de la la faiblesse démographique et puis des erreurs de politique économique qui sont faites par l'actuelle équipe qui dirige le le pouvoir, en réalité quand on mesure le PIB chinois par rapport au PIB américain, dans les dernières années, il a diminué. C'est c'est c'est sidérant mais alors que le pays est en terme de population quatre fois plus grand. Donc euh enfin le il y a il y a un futur économique brillant pour la Chine hein, c'est évident et en matière de d'intelligence artificielle, le patron de Nvidia euh américain lui-même l'a dit il y a il y a il y a peu de temps.

Donc il est pas question de contester ça. Mais en tout cas, on voit mal la Chine s'installer dans la position de maître du monde comme l'ont été les États-Unis ou le Royaume-Uni, c'est-à-dire en construisant un système pour créer de la loyauté avec les alliés et de la crainte vis-à-vis des ennemis. Le tout ceinturé par une série d'organismes internationaux qu'elle contrôleraiit.

Crise qui est propre à presque tous les pays du monde, c'est la crise de la natalité. Vous dites, un pays au Bovide aura les plus grande difficulté à soutenir son rêve de puissance. Ré, comment on sort de ça ?

On a bien vu que les politiques natalistes étaient tout de même un échec. C'est vrai, c'est rare qu'on dit ça, mais je partage tout à fait votre avis. Il y a pas un pays qui a réussi à redresser la barre.

C'est pas un. Même la Hongrie, hein, qui est quand même qui a mis le paquet. La Corée en Corée où le taux de fécondité est 65 % en dessous du seuil de renouvellement, pas rien.

Les entreprises maintenant, elles sont toutes attachés à prouver leur patriotisme et donc elles publient le taux de fécondité de leur entreprise, de leur salariés et la évidemment c'est la lutte pour arriver aux alentours de d'eux. Donc elles incitent leurs salariés à faire des enfants et certaines grandes entreprises vont jusqu'à donner 50000 70000 € en cas de prime de naissance et ça marche pas. Et et je pense qu'il y a là euh je dis ça avec précaution, c'est pas mon domaine de de de c'est pas ma spécialité, mais il y a probablement une révolution anthropologique qui est à l'œuvre.

C'est-à-dire que l'idée même de transmission n'est plus nécessaire à l'équilibre psychologique des individus parce que ils ont recentré leurs attentes sur leur propre vie. On peut s'en alarmer, le condamner, critiquer l'individu Oui. Enfin bon, comme ça hein.

Et et euh contrer une révolution anthropologique. Alors, vous pouvez le faire avec, je pense pas que ce soit les primes qui changent la ch les choses, mais peut-être en facilitant l'acquisition d'un logement, en facilitant les modes de garde évidemment, mais vous avez une marge de manœuvre assez étroite. Et alors c'est intéressant parce que il y a certains géopoliticiens qui géopolitologues qui disent "On va vers un monde sans guerre parce que des nations âgées ne se livrent pas la guerre et et particulièrement en Chine.

Et vous imaginez aujourd'hui avec la politique de l'enfant unique si la Chine était en guerre elle perdrait des hommes et des femmes. Mais ça veut dire que dans les familles concernées, il n'y aurait plus de descendants. C'est l'extinction de la famille.

Quel pays peut supporter ça ? Est-ce que c'est pas une force de rappel d'ailleurs assez positive finalement quand on imagine les scénarios les plus noirs pour Taiïwan avec une confrontation avec les États-Unis, peu probable dans vu l'état du monde actuel parce que on imagine mal Trump allait combattre pour défendre Taiwan mais c'est vrai que c'est une tendance planétaire 2 tiers des pays du monde vivent avec un seuil de de natalité inférieur au seuil de renouvellement hein. C'est c'est fou.

Mais on fait quoi on a dit ça ? François l'anglais, c'est-à-dire qui sera la main d'œuvre, qui seront nos soldats ? Comment se passe une société quand elle n'a plus d'hommes ?

Margaot pensait euh au 14e siècle, la peste noire 1340, l'humanité euh diminue des 2/3 ou de de enfin d'un/3 de la moitié en Europe. Les gars ont dû penser que c'était la fin du monde, hein. Ils sont trompés parce que l'inventivité humaine, l'instinct de survie, de développement, de de l'inventivité tout ça c'est quelque chose qui nous est consubstantiel.

Donc il y a pas de raison que ça change. Alors vous allez me dire à 75 ans, on est probablement moins enclin à la survie, à l'inventivité qu'à 35. C'est vrai.

C'est vrai. Mais je alors le bon côté de la chose, c'est que le pic de la population mondiale va être atteint plutôt prévu et que les déprédations que nous exerçons au détriment de la planète seront moins importantes. Merci beaucoup François L.

C'était fascinant.

Qui sera le prochain maître du monde ? François Lenglet est l'invité d'Un œil sur le monde|LCI — Benjamin Haddad · Pourquijevote