Candidature de Christiane Taubira, parrainages d'Éric Zemmour, Jean-Michel Blanquer... Le "8h30 franceinfo" de Sandrine Rousseau
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Le 8.30 politique de France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT. Bonjour Jean-Jérôme Bertolus. Bonjour Assine, bonjour à tous. Notre invitée ce matin, Sandrine Rousseau, présidente du conseil politique de Yannick Jadot et finaliste, on s'en souvient, de la primaire écologiste. Bonjour Sandrine Rousseau. Bonjour. Christiane Taubira a officialisé sa candidature à l'élection présidentielle hier. Elle était à Lyon et puis ensuite sur le plateau du journal de 20h de France 2. On l'écoute et vous réagissez ensuite.
Puisque l'union est reconnue comme indispensable, qu'elle n'a pas été accomplie à l'échelle des candidats, qu'elle ne l'a pas été non plus à l'échelle des partis politiques, le dernier espace démocratique qui rend possible cette union, c'est la primaire populaire.
Sandrine Rousseau, est-ce que vous comprenez la démarche de Christiane Taubira ? Non, manifestement, à voir votre regard.
Non, je ne la comprends pas complètement parce qu'elle a commencé sa campagne, elle s'est présentée en disant que ce ne serait pas une candidature de plus et aujourd'hui c'est une candidature de plus à gauche et je pense qu'on n'en avait pas spécialement besoin. Par ailleurs, c'est une femme dont je respecte énormément les combats et j'aimerais beaucoup qu'elle rejoigne la dynamique de Yannick Jadot, de l'écologie politique. On sait qu'on a cinq ans pour agir, qu'on a un enjeu absolument majeur qui est face à nous, qui est de changer radicalement notre manière de consommer, de produire, etc.
pour faire en sorte qu'on évite le dérèglement climatique à la hauteur à laquelle il est prévu et là, on est en train de se disperser.
Mais vous disiez, il y a quelque temps, Sandrine Rousseau, que vous étiez d'accord justement avec la démarche consistant à pousser l'Union et à mettre un peu de pression sur l'Union de la gauche.
Mais bien sûr, mais j'ai fait partie de celles qui ont le plus prôné l'Union. Simplement, je vais vous donner un scoop, c'est que ça ne se fera pas. Voilà, ça ne se fera pas. Parce qu'il y a plusieurs candidats à gauche qui n'en veulent pas.
Finalement, vous êtes d'accord avec Anne Hidalgo. Hier soir, elle a réagi effectivement à l'entrée véritablement sur le ring présidentiel de Christiane Taubira en disant que cette candidature va encore séparer, diviser et créer de la confusion.
Si vous voulez, mon avis, c'est que je pense qu'on aurait une équipe qui serait constituée de Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon, Christiane Taubira, Anne Hidalgo. On pourrait aller face aux Français de manière unie et poser quelque chose de l'ordre d'une gauche de combat. Mais ça ne se fait pas. Et donc maintenant, la question, c'est quelles sont les priorités ? Et moi, je vous dis qu'on ne peut pas attendre encore cinq ans sur l'écologie. Donc voilà, allons-y, levons-nous. Moi, je suis en colère, d'autres sont en colère, tout ça, très bien. Mais là, la situation, c'est celle-ci.
On ne peut pas passer non plus toute notre campagne présidentielle à juste parler de l'union, de la non-union, etc.
Certes, mais quand même, qu'on comprenne bien, ça ne se fait pas, cette union. Pourquoi ? Hier, par exemple, Christiane Taubira a insisté sur la question de l'écologie. Elle a dit que c'était l'affaire du siècle. Elle veut entendre la colère, les discriminations. Ce sont quand même des propos qui vous parlent. Pourquoi l'union ne se fait pas ? C'est des questions d'égo ou des questions de programme ?
Je pense qu'il y a plusieurs choses. Il y a des questions d'organisation de la gauche, de fracture de la gauche. Je pense qu'on n'a pas encore soigné les mandats, le mandat notamment de Hollande qui a fait beaucoup de mal à l'union de la gauche. Et puis, je pense qu'aujourd'hui, il y a une espèce de volonté de sauver à tout prix cette gauche. Mais le problème, c'est que là, est-ce qu'on crée des abstentionnistes ou est-ce qu'au contraire, on va les chercher ? C'est ça, la question. Parce que le peuple de gauche et de l'écologie, aujourd'hui, s'abstient. On le voit, ça s'érode. Les scores de l'écologie, de la gauche et des écologistes s'érodent.
Donc, moi, ce que j'appelle, c'est vraiment les électeurs et les électrices à dire « Oui, la situation n'est pas satisfaisante, d'accord, mais maintenant, il faut y aller. » Et il faut y aller parce qu'on n'a pas le choix. On ne va pas laisser l'extrême droite gagner du terrain comme elle gagne du terrain actuellement. Je rappelle quand même que le mandat d'Emmanuel Macron, c'est plus 50% à l'extrême droite. C'est ça, le mandat d'Emmanuel Macron. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a l'impression qu'avec les deux candidats, les scores sont faibles. Mais c'est parce qu'il y a deux candidats. Si on additionne les chiffres de ces deux candidats, eh bien, on a plus 50% de l'extrême droite.
Donc là, il faut y aller. Et donc, oui, la situation n'est peut-être pas satisfaisante aux yeux des électeurs et électrices de gauche. Mais maintenant, il faut quand même y aller. C'est-à-dire que l'abstention n'est pas une solution, je le dis.
La gauche, en ce moment, revit le scénario de 2002, dans lequel Christiane Taubira avait été jugée responsable aussi des divisions, du fait que la gauche n'était pas au second tour.
Je pense que quand on cherche des responsables, on se trompe. C'est-à-dire que là, il nous faut une dynamique, il nous faut porter des valeurs, il nous faut aller sur le terrain du programme, des mesures, de se dire que, oui, on a un autre récit à gauche que juste une espèce d'identité française est triquée, qu'on a autre chose à vendre aux Français et qu'on a autre chose à porter dans le débat politique, que la France, c'est quand même autre chose que juste un retour en arrière sur des figures à moitié fantasmées de notre histoire, que c'est autre chose, la France.
La France, c'est un modèle social, c'est une manière d'être en avance sur les grands débats de société, sur les grands enjeux et notamment sur la question climatique.
On vous entend ce matin, Sandrine Rousseau, vous parlez de dynamique, d'enjeux sociaux, mais pourquoi alors la campagne de Yannick Jadot patine ? Pourquoi est-ce qu'il est aux alentours de 8% d'intention de vote dans les sondages, en tout cas durablement en dessous de 10% ? Pourquoi finalement il n'arrive pas à faire le rassemblement autour de sa candidature ?
Mais donnez-moi les chiffres du temps de parole sur les problèmes écologiques. Là, on a un pic de chaleur en Australie aujourd'hui. Enfin, depuis une semaine, on a un pic de chaleur inouï. C'est plus de 50 degrés en Australie. Personne n'en parle. Personne n'en parle. Or, c'est le défi.
C'est une exposition médiatique. C'est le défi majeur. Non, c'est une espèce de déni collectif. Yannick Jadot, il arrive à faire prendre en compte par les Français l'important de ces enjeux. Encore une fois, comment vous expliquez que sa campagne, pour l'instant, se fait en quelque sorte à bas bruit ?
Parce que je pense qu'on est aussi dans une société qui, et on n'est pas la seule, mais qui est dans une forme de déni vis-à-vis des questions environnementales, écologiques. Parce qu'en fait, l'enjeu paraît tellement important qu'il y a une espèce de réflexe qui consiste à regarder ailleurs, à se trouver d'autres débats, à s'enflammer sur d'autres sujets. Alors que là, on devrait mobiliser les opinions publiques. On devrait vraiment, chacun et chacune, être à la hauteur de la récule.
Donc, pas de dispersion. Vous n'allez pas voter à la primaire populaire ?
Ah non, moi, je ne vais pas aller voter à la primaire populaire. Et je dis ça en plus avec beaucoup de regrets, parce que moi-même, j'ai prôné cette primaire populaire. À un moment où...
C'est maintenant une investiture populaire, qui a été rebaptisée, du fait que la plupart des candidats le refusaient.
Oui, mais à un moment où personne n'en voulait. C'est-à-dire que, dans la primaire des écologistes, je disais qu'il fallait y aller, mais c'était un moment où personne ne voulait y aller. Il y a aussi une forme d'opportunisme à saisir cette primaire populaire au moment où ça arrange les candidats. Donc, je le dis à regret, mais là, on est fin janvier. Il est trop tard. C'est dans 90 jours, là, il faut qu'on bouge.
Sandrine Rousseau, on va reprendre sa discussion juste après le fil info, parce qu'il est 9h moins 20. Voici Diane Ferchit.
À la veille du début de l'Open de Tennis d'Australie, Novak Djokovic, débouté par la justice australienne non vaccinée, le numéro 1 mondial du tennis peut être expulsé du pays. Décision de la Cour fédérale, après une série de rebondissements et d'audiences, Novak Djokovic, qui ne peut donc plus espérer décrocher de 10e titre à Melbourne. Pour le troisième jour de suite, légère baisse du nombre de patients Covid en réanimation, alors qu'au Parlement, le projet de loi instaurant le pass vaccinal doit être adopté dans l'après-midi. Ultime vote de l'Assemblée attendu à 16h. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, ne sera pas présent. Il est positif au Covid.
Un pass qui a à nouveau mobilisé contre lui. Hier, 54 000 manifestants, c'est moitié moins que la semaine dernière. Il s'agit de mettre la technique au service d'un contenu, précise sur France Info. Le député, la France Insoumise de Seine-Saint-Denis, Éric Coquerel, avant le meeting de Jean-Luc Mélenchon à Nantes ce dimanche. Meeting qui sera immersif et olfactif selon ses soutiens. Jean-Luc Mélenchon veut montrer qu'il est capable d'innover comme il l'avait fait en 2017 avec l'utilisation d'hologrammes. La 21e journée de Ligue 1 de football et le PSG renoue avec la victoire en s'imposant 2 à 0 face à Brest. Paris plus que jamais leader ce matin avec 11 points d'avance sur Nice.
Cette rencontre sont à suivre ce dimanche à débute dès 13h avec le déplacement de Bordeaux à Rennes.
Sandrine Rousseau, présidente du conseil politique de Yannick Jadot et l'invité du 8.30 France Info. Je vous voyais réagir pendant le fil info à ce meeting olfactif que tiendra Jean-Luc Mélenchon cet après-midi à Nantes.
Non mais ça me... A LFI il y a toujours cette espèce de passion de la technique qui me fascine un petit peu et qui me questionne d'ailleurs aussi sur les questions écologiques au fond parce que la question de la technique c'est très présent dans les réflexions écologiques. C'est-à-dire quelle place on doit avoir cette espèce de fascination pour la technique et la technologie. C'est en opposition avec les valeurs écologiques ? Non, non, c'est pas en opposition mais juste j'attends de voir ce que va être un meeting olfactif après les hologrammes.
Mais vous craignez que la forme prenne le pas sur le fond ?
C'est un peu le sujet, oui, je pense.
Alors, vous avez évoqué effectivement l'extrême droite. Comment réagissez-vous à la polémique née des propos d'Éric Zemmour hier sur le fait qu'il faut placer plutôt les enfants handicapés dans des institutions spécialisées et non pas les intégrer au cursus scolaire même si Éric Zemmour hier a tenté de s'expliquer dans une vidéo ?
Mais Éric Zemmour fait la stratégie qu'il fait depuis le début, c'est-à-dire qu'il lance quelque chose de scandaleux et après il rétropédale et pendant ce temps-là on ne parle que de lui.
Moi ce que je veux juste dire c'est que les élèves en situation de handicap ont toute leur place dans l'école et qu'elles doivent avoir toute leur place que c'est un devoir, que l'éducation est un droit, que ça n'est pas négociable, qu'il est un devoir que cette éducation soit la même pour tous et toutes et par contre ce que nous devons faire c'est mettre les moyens pour que cette inclusion dans l'école soit non seulement une réussite pour les élèves qui ne soient pas eux-mêmes en difficulté mais aussi pour toutes les personnes, les accompagnants et notamment les enseignants et les AESH, c'est-à-dire les personnes qui sont auprès d'eux, qui ont aujourd'hui des contrats souvent précaires, souvent à temps partiel et avec des salaires qui sont insuffisants.
Donc c'est ça le progrès, c'est ça ce que l'on doit porter par exemple à gauche, c'est de dire qu'il n'y a pas de débat là-dessus. L'école est en souffrance, on l'a vu avec la manifestation de la semaine dernière, l'école est en grande souffrance, les enseignants et enseignantes sont en grande souffrance, mais ça n'est pas en excluant les élèves qu'on en sortira et ça n'est pas non plus en rentrant dans ce genre de polémique et vraiment ça ne fait pas honneur à la France.
Encore un mot quand même sur Éric Zemmour, est-ce que vous pensez que ce serait un problème démocratique s'il n'obtenait pas, comme d'autres, ces 500 parrainages d'élus pour pouvoir se présenter à l'élection présidentielle ?
Je pense qu'il occupe aujourd'hui un espace dans l'élection présidentielle et je ne crois pas une seconde qu'il n'aura pas ces 500 parrainages. Est-ce que ce serait un problème qu'il ne puisse pas présenter ? Non mais je pense que LR va lui donner, d'ailleurs c'est un problème que LR lui donne ses parrainages en vrai, parce qu'on se retrouve dans la même situation qu'aux États-Unis avec Trump où le parti républicain a soutenu l'extrême et l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir. Et je dis juste que là on est dans une situation politique en France où l'extrême droite non seulement progresse, mais est aidée et soutenue par d'autres forces politiques.
Valérie Pécasse a démenti le fait que LR apporte ses signatures et expliquer que tout élu qui apporterait sa signature soit exclu de fait.
J'ai entendu d'autres responsables des LR, et notamment le président du Sénat sur je ne sais plus quelle émission, Gérard Larcher, avoir un autre discours.
Alors je vais tourner ma question autrement, s'il n'avait pas ces 500 parrainages, est-ce que ce serait un problème d'après vous ou pas ?
Que les idées les plus extrêmes, les plus fascistes n'aient pas leur place dans la présidentielle, qu'un candidat qui soit condamné pour des propos incitants au racisme et qu'il y ait plusieurs femmes qui parlent de lui en tant qu'agresseur sexuel, je veux dire, non, ce ne serait pas grave pour la démocratie en vrai.
Et d'ailleurs, Sandrine Rousseau, votre habitation avait été dégradée, vous aviez dénoncé en fait l'intrusion, voire en tout cas l'intimidation.
Oui, ils ne sont pas rentrés, mais l'intimidation.
Oui, l'intimidation de ce que vous aviez qualifié de sympathisant d'Éric Zemmour, vous aviez porté plainte, c'était aux alentours du 20 décembre. Où est-ce qu'on a cette plainte ?
Je n'ai absolument aucune nouvelle de ce que cette plainte a donnée. A ma connaissance, il n'y a pas d'enquête ouverte. Les voisins, mes voisins n'ont pas été interrogés. Et donc, on laisse s'installer le fait qu'il est tout à fait normal d'aller en pleine nuit au domicile d'opposants politiques. Mais je le dis au soutien de Zemmour, là, parce qu'en plus, ça n'est pas la seule action qu'ils ont contre moi. C'est-à-dire que ça fait des mois de cyberharcèlement, ça fait des mois d'insultes sur tous les réseaux sociaux. Je leur dis, vous pouvez m'insulter autant que vous voulez. Allez-y. Mais ce que je vous dis aussi, et je vous le dis droit dans les yeux, c'est que jamais je n'arrêterai.
Jamais je n'arrêterai de porter haut et fort les valeurs de l'antiracisme. Jamais je n'arrêterai de porter haut et fort les valeurs du féminisme. Jamais je n'arrêterai de parler haut et fort de l'égalité, d'un modèle social, d'une autre France que la vôtre. Et que ça fait partie du combat politique que je ne lâcherai pas. Donc allez-y, continuez tranquillement, vous m'aurez toujours en face de vous.
On entend votre volonté, mais est-ce que vous avez des craintes vis-à-vis de votre intégrité personnelle ou vis-à-vis de votre famille ?
J'ai une fille en l'occurrence qui vit encore chez moi, qui a 17 ans, et je ne suis pas extrêmement heureuse qu'on sache où est-ce qu'elle habite. Mais ça ne m'arrêtera pas. Vraiment, ça ne m'arrêtera pas et ça ne peut pas nous arrêter. Et donc là-dessus, ce sont des méthodes qui sont des méthodes que l'on connaît, que l'on a vues dans d'autres pays, notamment dans l'arrêt public.
Il y a des menaces précises portées contre vous ?
J'ai déjà écrit au procureur, à la procureure de Lille, parce que j'ai reçu des menaces de mort, parce que j'ai reçu des insultes, parce qu'il y a eu des tracts pendant la primaire des écologistes insultants qui ont été distribués au domicile des personnes, des militants écolos. Et donc, ce que je veux dire, c'est que vous pouvez avoir toute l'imagination que vous voulez pour essayer et de me ridiculiser et de délégitimer ma parole. Mais ce que je vous dis, c'est que les combats que je porte sont des combats sociétaux et que ce sont des combats qui répondent à une envie de la société de bouger et que votre enfermement sur de fausses valeurs jamais ne m'intimideront.
Toute autre question, Sondre Nusso, encore que, effectivement, aujourd'hui devrait être adopté d'une manière définitive le projet de loi sur le pass vaccinal après trois semaines de débats tendus. Écoutez ce que disait Yael Broun-Pivet, la présidente de la commission des lois qui était à votre place hier et qui a exhorté, en quelque sorte, à ne pas baisser la garde face à l'épidémie.
Depuis deux ans, nous allons de surprise en surprise. Donc, il faut absolument rester vigilant, ne jamais baisser la garde. Et ça n'est certainement pas le moment aujourd'hui de la baisser. Donc, il faut rester le plus vraiment attentif possible, avoir les outils les meilleurs.
Pour vous, ce pass vaccinal est attentatoire aux libertés ?
Mais surtout, il ne répond pas à la situation. Il ne répond pas à l'enjeu. Là, on a une explosion d'Omicron. On voit bien que pass vaccinal, pass vaccinal, ça ne change rien. C'est-à-dire qu'en plus, là, les personnes qui se font vacciner pour la troisième dose ne seront protégées que dans 15 jours. Donc, de toute façon, ça ne change rien. Mais ce sera trop tard, évidemment. Par contre, ce que ça fait, ce pass vaccinal, c'est que ça désigne des ennemis de l'intérieur, des adversaires de l'intérieur. Ça désigne les personnes qui sont non vaccinées comme étant responsables de cette épidémie. Or, ça n'est pas vrai. Ça n'est pas vrai.
Ce qui est responsable de cette épidémie et ce qui est responsable de la situation sanitaire...
Les cas graves, quand même, se retrouvent plutôt dans les personnes non vaccinées, non ?
Oui. Oui. Mais quelque part, ils le savent, que ça les expose à des cas graves. Donc, voilà. Mais ils peuvent le transmettre aussi.
Ils peuvent le transmettre aussi.
Oui, mais vacciner ou pas vacciner, on peut transmettre.
Sous des formes faibles, quand on est vacciné.
Mais on transmet quand même.
Formes faibles.
Oui, mais on transmet. On ne finit pas en réanimation. Moi, je suis... Enfin, j'encourage les gens à aller se faire vacciner. Moi-même, je suis vaccinée et j'encourage les gens à se faire vacciner. La seule chose que je dis, c'est qu'à chaque fois qu'on désigne un ennemi de l'intérieur, on se trompe. C'est-à-dire que là, aujourd'hui, quand on regarde qui n'est pas vacciné, eh bien, ce sont principalement des personnes dans les territoires ruraux. Ce sont principalement des personnes au-dessus de 80 ans. On a parmi les taux les plus faibles de vaccination de personnes de plus de 80 ans.
Vous dites, on met tous les non-vaccinés dans le même panier et on a tort. Exactement.
Alors, il y a une étude qui vient de sortir qui dit qu'il y a près d'un vacciné sur deux qui, en fait, n'est pas vacciné parce qu'il ne maîtrise pas d'octolib, parce qu'il n'a pas accès à des vaccins facilement. Donc, arrêtons avec ça. Rendons accessible le vaccin. Rendons accessible le vaccin. Protégeons les personnes les plus fragiles. Et surtout, enlevons les brevets sur les vaccins parce que les variants arrivent de là. Et là, on voit qu'on est... Mais pardon, je termine, mais c'est très important. On gère ça comme on gère la crise écologique en vrai. C'est-à-dire qu'on s'approprie les ressources. On met la main sur les ressources de vaccins.
On met tous les milliards que l'on peut pour s'approprier les vaccins. Et on n'en a rien à faire de ce qui se passe à l'extérieur.
Mais quand même, est-ce que vous souhaitez que le Conseil constitutionnel soit saisi par le gouvernement sur le pass vaccinal ?
Mais je pense que toute mesure qui nous permettra de vérifier le respect des libertés des Français est importante.
Sandrine Rousseau, invitée du 830 France Info. On fait une nouvelle pause pour le Fil Info avec Diane Ferschit. Il est 9h moins 10.
La justice australienne a tranché. Elle confirme l'annulation du visa de Novak Djokovic. Ultime épisode du bras de fer entre le champion non-vacciné et le gouvernement australien. Novak Djokovic privait donc de l'Open de tennis d'Australie qui débute demain. Il peut à présent être expulsé. La mobilisation des antipasses en forte perte de vitesse. 54 000 personnes ont défilé partout en France hier contre 100 000 la semaine dernière. Alors que le Parlement s'apprête à adopter définitivement la mise en place du pass vaccinal. Il s'appliquera pour toutes les activités concernées jusqu'à présent par le pass sanitaire.
A noter que les jeunes âgés de 12 à 15 ans resteront eux soumis au pass sanitaire. L'ultime lecture du texte par l'Assemblée prévue à 16h. Pitoyable, impardonnable, la classe politique unanime après les propos d'Éric Zemmour, le candidat à la présidentielle qui a dénoncé l'obsession de l'inclusion des enfants handicapés à l'école, défendant des établissements spécialisés pour les scolariser. Éric Zemmour qui a ensuite nuancé sa déclaration estimant que ses propos avaient été détournés. Il a fait la mode italienne pendant près d'un demi-siècle. Le couturier et styliste italien Nino Cerruti est mort hier soir.
C'est lui qui a introduit une touche décontractée dans la mode masculine haut de gamme dans les années 70. Nino Cerruti avait 91 ans. France Info.
Sandrine Rousseau est l'invité du 8.30 France Info ce matin, Jean-Jérôme Bertolus.
On l'évoquait juste avant le rappel des titres. Retour donc sur la mobilisation de l'ensemble de la communauté scolaire. Jeudi, plus de 80 000 manifestants dans toute la France contre le nouveau protocole en usage à l'école. Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'éducation nationale, au lendemain de cette mobilisation, a ici même tenté un mea culpa. On l'écoute.
Je ne suis pas parfait. Je fais des erreurs. Je crois que c'est le propre de l'être humain. Et cela m'arrive évidemment. Et je n'ai aucun problème à dire que je suis désolé de certaines choses. Vous demandez toujours sa démission, Sandrine Rousseau ?
Plus que jamais. Plus que jamais. Parce que même ce mea culpa n'est pas du tout à la hauteur. Ça fait maintenant cinq ans que l'école souffre. Ça fait cinq ans que les mesures qui sont portées sur l'école sont uniquement des mesures technocratiques et techniques. qu'on régit l'école à coup de circulaire et d'une forme aussi d'idéologie et qu'on ne permet pas à l'école d'être un lieu d'émancipation, d'épanouissement des enseignants comme des élèves.
Concernant la crise sanitaire, Sandrine Rousseau, il a annoncé par exemple 8 000 personnes de plus jusqu'à la fin de l'année scolaire ou du moins jusqu'à la fin de l'épidémie en renfort dans les écoles. Il a annoncé des masques FFP2 par million.
Oui, là maintenant. Ça fait deux ans qu'on est en crise. Là, je discutais avec des gens de mon équipe avant de venir à cette émission. J'ai fait un appel pour savoir qu'ils voulaient parler d'éducation. Et ce qui ressort de ces discussions de manière massive, c'est que les phobies scolaires explosent chez les élèves. Qu'il y a une peur d'aller à l'école chez les élèves. Qu'il y a des inégalités sociales mais qui n'ont jamais été aussi importantes au sein de l'école.
On aurait dû fermer les écoles dans ces conditions-là ?
Mais surtout, on aurait dû accompagner les écoles. C'est-à-dire qu'à chaque fois, on découvre le variant et alors on est dans une mesure d'urgence qu'on prend à la dernière minute, la veille au soir de la rentrée. Et on n'installe pas l'école dans un fonctionnement qui lui permet de fonctionner correctement dans des conditions de qualité face à...
Mais la dernière rentrée par exemple, est-ce que vous l'auriez repousser le temps de s'organiser ?
Moi je pense qu'on aurait pu la repousser d'une semaine pour le temps de s'organiser. Mais ce que je veux dire surtout, c'est que ça fait deux ans qu'on pourrait le faire. Ça fait deux ans qu'on pourrait investir dans des purificateurs d'air, dans un pool de remplacement des enseignants et enseignantes. Qu'on aurait pu dédoubler les classes aussi pour faire en sorte qu'il y ait moins de foyers de contamination. Et qu'on aurait pu accompagner les élèves les plus en difficulté. Parce que ce qui se passe depuis deux ans, c'est que la seule chose qui explose dans les cours, c'est les cours particuliers, les cours privés.
Et on sait bien que tout le monde n'a pas la possibilité d'avoir accès à ces cours privés.
Donc ça pour vous, c'est incompétence du ministre dans cette crise ?
C'est une incompétence complète. C'est une incompétence complète de Jean-Michel Blanquer qui préfère aller à un colloque sur la déconstruction et le wokisme. Et d'ailleurs, je lui fais coucou parce que je pense que j'étais à peu près dans le sous-titre de toutes les interventions de ce colloque. Mais aller dans ce colloque-là au moment où l'école est en crise majeure, où la question c'est notre cohésion sociale, la lutte majeure contre les inégalités, c'est inadmissible. C'est indigne d'un ministre de l'Éducation nationale.
Autre sujet d'actualité cette semaine, même si effectivement il a été moins au devant des différents titres d'actualité, la lutte contre l'endométriose. C'est une pathologie gynécologique qui affecte beaucoup de femmes, qui est très douloureuse. Emmanuel Macron, le président de la République, a lancé une stratégie nationale pour lutter contre cette maladie qui jusqu'à présent n'avait pas été complètement reconnue par la communauté médicale. Il a souhaité la création d'au moins un centre dédié à cette pathologie par région. C'est une avancée pour vous ?
C'est une avancée qu'il parle d'endométriose. Moi, je voudrais juste dire deux choses là-dessus. La première, c'est qu'il en parle quand même trois mois avant l'annexion et que pour une grande cause nationale, cette histoire d'égalité femmes-hommes, je trouve qu'il se réveille bien tardivement. Le plan arrive aujourd'hui et il va y avoir un comité de pilotage qui va décider de ce que c'est. Donc, on n'est pas encore complètement sortis des ronces. Et puis, première chose. Et puis, deuxième chose, il n'y a pas de budget, il n'y a pas de calendrier, il n'y a rien. Donc, on est dans un effet d'annonce.
Et la deuxième chose que je voudrais dire, et je le dis particulièrement aux femmes, c'est que ce mandat a été un mandat catastrophique pour le droit des femmes. Non pas qu'il n'y ait pas eu d'avancée. Oui, il y a eu une refonte un peu de la loi, il y a eu quelques discours, mais on n'a pas du tout été à la hauteur de ce qu'ont pu faire des pays comme l'Espagne ou comme le Québec, le Canada, en matière de violence contre les femmes, etc. Et donc, ce que je dis aux femmes, mais ce que je dis aussi à tous les électeurs électriques, c'est ne soyez pas dupes.
Là, pendant les trois mois, on va avoir une succession de discours d'Emmanuel Macron avec son espèce de regard sirupeux quand il veut nous séduire. Et n'oubliez pas ce qui s'est passé dans les cinq ans ou ce qui ne s'est pas passé dans les cinq ans. Et en l'occurrence, sur les femmes, il ne s'est rien passé pendant ces cinq ans. On n'a pas du tout été à la hauteur de Jean-Pleur.
On entend bien, ça va être bilan contre bilan, mais est-ce que déjà, le fait de mettre, en quelque sorte, sur la place médiatique, dans le débat public, cette pathologie qui fait souffrir peut-être des millions de femmes et qui, jusqu'à présent, n'étaient pas franchement reconnues, est-ce que ce n'est pas une avancée, quand même ?
Bien sûr, c'est une avancée, mais dans ces cas-là, il faut aussi que ce soit reconnu comme une affection longue durée. C'est ce qu'a porté Clémentine Autain dans l'Assemblée.
Il y a eu une résolution à l'Assemblée votée par tous les groupes.
Exactement, et portée par Clémentine Autain, et merci à elle de l'avoir fait, parce que c'est comme les conséquences, d'ailleurs, des violences sexuelles. Il faudrait que ce soit des affections longue durée, parce que c'est des choses qui handicapent la vie de ces femmes et leur capacité à être complètement incluse dans la société, à aller au travail tous les jours, etc. Donc, il faut que ce soit remboursé à 100%. Ça fait partie des mesures qui auraient dû être annoncées, qui ne sont pas annoncées. Mais oui, parlons d'endométriose, parlons des problèmes spécifiquement féminins, et avançons.
Merci beaucoup Sandrine Rousseau, présidente du Conseil politique de Yannick Jadot, invité du 8.30 France Info ce matin.
Sandrine Rousseau