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ChroniqueBLAST (sur YouTube)· 10 juillet 2021 17 minAutoproduitActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleInstitutions & électionsCulture, médias & sport

LE FABULEUX DESTIN DE BERNARD ARNAULT - TRIBUNE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 85 %Défensif 15 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Locuteur 1Chiffre
    « Selon vous, faut-il dissoudre l’association Attac ? Alors, vous nous répondez “oui” à 63%. »
  • 1:00Locuteur 1Fait
    « Bernard est né dans une famille très pauvre dans le nord de la France. A l’âge de 6 ans, il est obligé d’aller travailler à la mine. »
  • 3:00Locuteur 1Fait
    « Bernard Jean Étienne Arnault naît à Roubaix, dans le département du Nord, le 5 mars 1949. Il est le fils de Jean Arnault, dirigeant d'entreprise diplômé de l’École centrale, descendant d’une lignée de militaires alsaciens, et de Marie-Josèphe Savinel, auvergnate, fille du fondateur de Ferret-Savinel, une société de travaux publics créée en 1926. »
  • 4:00Locuteur 1Chiffre
    « En 1971, Bernard Arnault rejoint l'entreprise familiale et convainc son père de vendre les activités BTP de l'entreprise pour 40 millions de francs, puis de reconvertir la société dans la promotion immobilière. »
  • 6:00Locuteur 1Chiffre
    « En 1984, Bernard Arnault investit 90 millions de francs, soit l'essentiel de sa fortune familiale dans le rachat de la Financière Agache avec l'appui de la banque Lazard. »
  • 9:00Locuteur 1Chiffre
    « LVMH est l'entreprise du CAC 40 avec le plus fort pourcentage de filiales dans les paradis fiscaux : 27% ! »
  • 10:00Locuteur 1Chiffre
    « De mars 2020 à 2021, pendant que la pauvreté explosait, la fortune de Bernard Arnault a augmenté de 62 milliards d'euros selon le magazine Forbes. »
  • 11:00Locuteur 1Chiffre
    « En 2021, LVMH va verser 3 milliards d'euros de dividendes à ses actionnaires, soit une hausse de 25% en un an. Dont 1,5 milliard d'euros pour la famille Arnault qui détient la moitié des actions du groupe. »
  • 12:00Locuteur 1Chiffre
    « Pourtant en 2020, LVMH a diminué ses effectifs mondiaux de 7,8%. Soit 13000 emplois de moins, dont 888 en France. »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Il est vrai qu’il y a, comme ça, des moments où, en quelque sorte, ce qu’on fait est comme une métaphore parfaite du moment que nous sommes en train de vivre. Selon vous, faut-il dissoudre l’association Attac ? Alors, vous nous répondez “oui” à 63%.

A partir du moment où il y a dégradation, je ne comprends pas pourquoi, voilà, ils ont pu repartir libres. La seule chose qu’ils attaquent c’est l’emploi. Ils occupent le paysage médiatique, et parfois d’ailleurs par la force, ils obtiennent raison.

Comment continuer à porter cette image extrêmement positive. Il y a cet art de vivre français que vous incarnez, que vous représentez dans le monde entier. Je crois que ce qui est important, c’est d’incarner des valeurs.

Depuis quelques jours, une polémique enfle suite à l’action symbolique d’Attac devant le siège de la Samaritaine et au discours de sa porte-parole Aurélie Trouvé. Sur Twitter et sur des plateaux télés, on a vu fleurir un grand nombre de réactions. Des comptes macronistes qui défendent avec autant de vigueur Bernard Arnault qu’Emmanuel Macron, mais aussi, des personnalités politiques, et notamment Valérie Pécresse, ce qui n’est pas une surprise, mais également, Anne Hidalgo (ce qui, en vrai, n’est pas une surprise non plus).

Ce que ces réactions ont en commun, c’est une petite musique, un certain discours : Bernard, c’est un “champion national”, un “créateur d’emploi”, qui apporte “de l'activité et du rayonnement”. Un homme qui a réussi. Pas un premier de cordée, LE premier de cordée.

Et évidemment, si Attac et les autres le critiquent, c’est parce qu’ils jalousent son succès, qu’il ne doit qu’à lui-même, et à son incroyable talent. Bernard, c’est la preuve qu’on peut RÉUSSIR quand on a de l’ingéniosité et qu’on travaille dur. Un self-made-man quoi.

Un homme qui s’est fait tout seul. Et c’est pas tout ! Même qu’il a produit des gels et des masques pendant la pandémie.

Alors que Attac, quoi,merde, ils ont fait quoi Attac pour la France ? Bref, du coup, on a voulu voir si Bernard, c’est bien l’homme décrit partout en ce moment sur les chaînes d’info. Et on est allés voir sur sa fiche wikipedia.

Mais promis, on a vérifié les infos. Pour commencer, il faut savoir que Bernard est né dans une famille très pauvre dans le nord de la France. A l’âge de 6 ans, il est obligé d’aller travailler à la mine.

Non, je déconne. “Bernard Jean Étienne Arnault naît à Roubaix, dans le département du Nord, le 5 mars 1949. Il est le fils de Jean Arnault, dirigeant d'entreprise diplômé de l’École centrale, descendant d’une lignée de militaires alsaciens, et de Marie-Josèphe Savinel, auvergnate, fille du fondateur de Ferret-Savinel, une société de travaux publics créée en 1926.” Le ghetto quoi.

Mais ce n’est que le début de ce parcours fulgurant, mené à la sueur de son front, par son talent et sa pugnacité. Reprenons avec papa et maman. “Les futurs époux se rencontrent alors que Jean Arnault est ingénieur dans cette entreprise.

Ils se marient le 12 avril 1947. En 1950, Étienne Savinel, père de Marie-Josèphe, confie à son gendre la direction de son entreprise.” Mais bon, on ne choisit pas où on naît, et je ne suis pas de ceux qui reprochent à des gens d’être bien nés, et même, très très très bien nés, comme Bernard.

Continuons. “Bernard pratique le tennis, l'équitation et le piano. Il serait devenu un pianiste émérite grâce à sa mère, tandis que sa grand-mère, qui l'a en partie élevé, lui aurait appris à être économe.” Être économe : une vertu qu’il conservera toute sa vie, particulièrement économe vis-à-vis de la solidarité nationale (les impôts) et du salaire de ses ouvriers.

Mais n’allons pas trop vite. Après de brillantes études à Polytechnique, Bernard choisit de se lancer dans sa première aventure entrepreneuriale, et crée logiquement son entreprise…. Ou pas !

Non, Bernard décide de rejoindre l’entreprise de travaux publics Ferret-Savinel, qui n’est autre que (si vous avez bien suivi), l’entreprise de Papa ! Self-made-man. Je crois que pour préparer une carrière, déjà, ce qui est important, c’est d’avoir un objectif.

Moi, j’avais dans l’idée d’être entrepreneur. Nous sommes au début des années 70. Evidemment, après être passé quelque temps par l’entreprise de son père, Bernard a très vite pris son envol pour se faire tout seul… Eh bien non !

Revenons à Wikipedia : “En 1971, Bernard Arnault rejoint l'entreprise familiale et convainc son père de vendre les activités BTP de l'entreprise pour 40 millions de francs, puis de reconvertir la société dans la promotion immobilière. Nommé directeur de la construction de l'entreprise en 1974, il en devient le directeur général en 1977 avant de succéder à son père à la tête de la société en 1978.” Il est très doué Bernard, doué pour prendre la succession de son père à la tête de l’entreprise familiale !

Il s’est fait tout seul, mais avec papa et maman. Comme tout le monde quoi. On a juste pas tous les mêmes papa et maman.

Self-made-man, on vous dit ! Continuons. On arrive en 1981, et là c’est rigolo.

Car là, y a Mitterrand qui gagne les élections. Et “Tonton le socialo” à l’Elysée, ça ne fait pas rire Bernard. Du coup il décide de s’expatrier aux US.

Un vrai patriote Bernard ! Mais en 1984, après le fameux tournant de la rigueur, le voilà rassuré, et de retour dans sa patrie bien-aimée. Bref, en substance, après l’étape “rentier / pistonné de la mort”, Bernard décide d’aller se faire tout seul !

Enfin presque : “En 1984, Bernard Arnault investit 90 millions de francs, soit l'essentiel de sa fortune familiale dans le rachat de la Financière Agache avec l'appui de la banque Lazard. Il en devient le PDG et prend ainsi les rênes du groupe Boussac, qui possède aussi Christian Dior, le grand magasin Le Bon Marché, l'enseigne de distribution Conforama ou encore le fabricant de couches Peaudouce.” A cette période, il rachète donc un groupe en difficulté économique comme le reste de la filière textile en Europe.

Et comme personne ne veut investir, que va faire Bernard ? Fort de son investissement essentiel de 90 millions (de son patrimoine familial), il va le sauver évidemment, et sans l’aide de personne. Et non, encore raté ! “Les gouvernements français successifs souhaitant trouver une solution industrielle à cette impasse et, connaissant l'importance des enjeux en termes d'emploi, avaient accordé 999,9 millions de francs d'aides et subventions entre 1982 et 1985 au groupe Boussac.” Trois fois rien.

Même si la Commission européenne estimera plus tard que ces aides de rien du tout ont faussé la concurrence entre les États membres. Ils sont rabat-joie à la Commission européenne ! Bref, voilà comment se conclut cette période selon Wikipedia : “Avec un investissement personnel de 40 millions de francs, Bernard Arnault a ainsi pris le contrôle du groupe Boussac qui vaut, en 1987, huit milliards en bourse, ce qui en fait un des hommes les plus riches de France.” “L’homme qui s’est fait tout seul”, n’oubliez pas.

Si on oublie près d’un milliard de francs d’aides de l’État. (C'est-à-dire, notre argent.) Résumons.

De par sa fortune issue de l’entreprise familiale, Bernard va investir dans un groupe en difficulté sous perfusion massive de l’État. Tout cela va lui permettre de continuer sa formidable ascension méritocratique. Et notamment, au sein du groupe Louis Vuitton.

Je vous passe les détails, mais en gros : le groupe est en difficulté, Bernard vient à la rescousse, et alors que les deux actionnaires majoritaires s’opposent, que va-t-il faire ? “Il profite des dissensions entre les deux hommes et s'affirme comme l'actionnaire-pivot pour l'avenir du groupe, passant des alliances successives avec les deux parties en présence. Pour prendre le contrôle définitif du groupe, Bernard Arnault lance une OPA.

Profitant de la pagaille boursière et actionnariale, il devient, en juillet 1988, premier actionnaire de LVMH et actionnaire majoritaire le 6 janvier 1989, avec l'aide de la banque Lazard et du Crédit lyonnais.” Et puis après, Bernard, avec tout le pognon qu’il avait obtenu, il avait plus qu’à racheter toute la concurrence dans le monde du luxe. Les gros poissons, ça mange les petits.

Des marques comme Berluti et Kenzo, ou encore le numéro 3 mondial de la vente aux enchères, les vignobles du grand cru château d’Yquem, et pour qu’il ne manque rien à la parfaite panoplie des lubies hors de prix des riches, il rachète plusieurs groupes sur le marché du yacht. Sans oublier sa bataille épique avec François Pinault pour Gucci ou son entrée au capital du groupe Carrefour, etc etc. Bref, le self-made-man a été un assisté familial, littéralement né avec plusieurs cuillères en or dans la bouche, un profiteur d’aides d’état et pour finir, un requin du jeu industriel.

Et aujourd’hui, sa faim est sans limite. J’ai beaucoup de plaisir, beaucoup de satisfaction et en plus, comme je l’espère, pas mal de mes collaborateurs, je m’amuse beaucoup. Au-delà de cette histoire de la ruée vers l’or de Bernard, sa fiche Wikipédia soulève d’autres informations très intéressantes.

Car en plus d’être un homme qui s’est fait tout seul, c’est aussi un amoureux de la presse, pilier de la démocratie qui lui est si chère. (Le mec change de pays quand le résultat d’une élection ne lui plaît pas.) Notre héros français des temps modernes a donc acquis depuis 2007, le quotidien Les Echos pour 240 millions d’euros.

Une bagatelle pour Bernard, et puis la liberté de la presse, ça n’a pas de prix. En 2015, il ajoute Le Parisien, et Aujourd’hui en France à sa collection qui compte aussi Radio classique. En parlant du Parisien, vous savez comment le journal de Bernard a couvert l’épisode de la Samaritaine et de l’action d’Attac ?

Avouez, on dirait presque que c’est Bernard qui l’a écrite, cette phrase. Mais bon à la limite, ils lui appartiennent ces journaux, alors il a bien le droit, Bernard. Et puis il a réussi, et il a sauvé des emplois dans la presse qui va très mal.

Heureusement qu’il est là, ils ne vont pas lui cracher dessus dans ses propres journaux quand même ! Vous en avez marre d’être critiqué ? Je ne suis pas toujours critiqué, mais je pense que c’est le lot des hommes d’affaires français d’incarner, quelques fois de manière totalement injustifiée, des critiques d’ambiance.

Alors évidemment, dans les autres journaux, Bernard accepte la critique et les mises en cause des journalistes, car c’est le jeu de la démocratie. Et non ! Revenons à notre fiche wikipedia. “En septembre 2012, à la suite des révélations au sujet de sa demande de nationalité belge (et vive la France ! ), Bernard Arnault se voit consacrer la une du quotidien Libération, avec ce titre “Casse-toi riche con !” À la suite de la parution du numéro de Libération, les différentes sociétés dépendant du groupe LVMH retirent leurs publicités prévues jusqu'à la fin de l'année, entraînant un manque à gagner de 150 000 euros pour le quotidien.” Haaannn !

C’est pas joli joli ça ! Bernard, soit il possède, soit il puni. Et quand il ne peut faire ni l’un ni l’autre, il s’arrange apparemment pour infiltrer et espionner.

C’est ce qui est arrivé à Fakir et François Ruffin. “Entre mars 2015 et février 2016, alors que le directeur du journal, François Ruffin, est en plein tournage de “Merci Patron !”, une opération de surveillance permettant de recueillir de nombreuses informations personnelles aurait été pilotée par Bernard Squarcini, toujours à la demande de LVMH.“ Amoureux de la presse, je vous dis.

Un amoureux toxique. Et il est insatiable. Aujourd'hui Bernard se bat avec Bollo pour récupérer Paris Match et le JDD, après s’être fait devancer pour Europe 1.

Mais je ne vais pas m'étendre là-dessus car ça devient long je sais. Pourtant, il y aurait des choses à dire sur lui pendant des jours. Par exemple, je trouve que cette petite anecdote dit beaucoup de notre “ultra-milliardaire bleu blanc flouze” : “En mai 2020, une enquête menée par des administrateurs de l'encyclopédie collaborative Wikipédia soupçonne plusieurs comptes contributeurs d'être liés à des agences de communication.

Reprise par le journal Le Monde, l'enquête recense 61 contributions suspectes sur la page de Bernard Arnault depuis 2011, dont un compte qui a supprimé à plusieurs reprises la mention de l'enquête de France 3.” Enquête sur une histoire d’amour, Bernard Arnault et les paradis fiscaux. Un combattant de la vérité, le Bernard !

Mais il y a un autre élément, qui démontre vraiment à quel point la théorie de “l’homme d'affaires qui s’est fait tout seul, qui contribue à l’intérêt général et qui aime sa patrie” est un mythe. Je veux bien sûr parler des pratiques fiscales de notre cher Bernard. Car c’est quand même génial le coup des masques et du gel hydroalcoolique !

On nous présente ça comme une bonne action. “Bon ok, il optimise mais tout le monde le fait ! Mais regarde, quand il faut être vraiment là, on peut compter sur lui.

Il a mis ses usines à disposition et produit du gel et des masques pendant la pandémie.” Alors, euh, non. Déjà, s'il payait sa vraie part d’impôt en France sans optimiser à tout va, on n’aurait pas eu besoin de lui.

Et puis surtout : Il se fait passer pour un bon samaritain. Mais on va payer la facture pour tout ça ! Bernard a juste avancé l’argent et mis la logistique à disposition pour quelques millions, mais on apprend au détour de cet article de Capital que : “Cette première fournée (de masques) nous a coûté, avec la logistique, plus de 6 millions d’euros.

Nous n’avons pas hésité à faire cette avance car l’important c’est la vitesse”. Une “avance”...

Et un peu plus loin : “Nous verrons plus tard avec l’État français pour les factures”, évacue Marc-Antoine Jamet. Marc-Antoine, c’est le secrétaire général de LVMH : en gros, c’est l'assistant de Bernard. C’est quand même du génie !

Avec Bernard, face, tu perds, pile, il gagne. Mais revenons à ses pratiques fiscales, et à Attac, si vivement dénigré pour l’action de la Samaritaine, histoire de boucler la boucle. Vu que certains ne semblaient pas comprendre qu’on puisse s’en prendre au numéro 1 français, notre bienfaiteur suprême, Attac a eu la gentillesse de rappeler quelques faits : “LVMH est l'entreprise du CAC 40 avec le plus fort pourcentage de filiales dans les paradis fiscaux : 27% ! “ Et ça, ça ne plaît pas à Bernard qu’on le dise.

Mais Attac ne s'arrête pas là. “De mars 2020 à 2021, pendant que la pauvreté explosait, la fortune de Bernard Arnault a augmenté de 62 milliards d'euros selon le magazine Forbes.” “En 2021, LVMH va verser 3 milliards d'euros de dividendes à ses actionnaires, soit une hausse de 25% en un an.

Dont 1,5 milliard d'euros pour la famille Arnault qui détient la moitié des actions du groupe.” “Pourtant en 2020, LVMH a diminué ses effectifs mondiaux de 7,8%. Soit 13000 emplois de moins, dont 888 en France.” “Tout en versant des dividendes juteux et en supprimant des emplois, LVMH a bénéficié d'aides publiques, avec du chômage partiel chez Sephora, au Parisien ou aux Échos, mais aussi en Italie ou en Allemagne.” Ce que dit Attac est violent, la vérité qu’ils décrivent et dénoncent est violente, violente pour nous.

Et cette vérité, les Bernard Arnault et les autres multimilliardaires ne souhaitent pas trop qu’on l’entende. D’ailleurs, dans les débats sur les médias qui appartiennent à d’autres milliardaires, ils parlent même de dissoudre Attac. Si, si, je vous jure !

Ceci dit, après tout, peut-être qu’il faudrait dissoudre Attac comme le gouvernement a dissous d’autres associations qui font des mouvements coups de poing, comme Génération Identitaire. Ils cachent même plus leurs intentions. Par exemple, alors qu’il commentait les bons résultats financiers de son groupe, fin avril, Bernard déclarait : “Les crises nous rendent plus forts.” Quelle indignité !

C’est contraire à la logique ambiante de l’esprit, comment dirais-je, socialo-marxiste qui prédomine. Ouh-là ! L’esprit socialo-marxiste !

Oui, mais je ne parle pas de vous, hein ! Car la dernière chose à retenir : c'est que Bernard Arnault est un symbole, ou alors une sorte de thermomètre de l’état des inégalités. Le business de Bernard, c’est le luxe.

Les clients de Bernard, ce sont les riches et les ultra-riches. Plus ils ont de blé, plus ils en dépensent chez Bernard, et plus Bernard devient riche. Et ça, c’est le signe de notre échec collectif, de la lâcheté, de la complicité de nos élus qui, depuis tant d’années, parviennent à faire payer toujours moins les plus fortunés.

Le résultat est dans le dernier rapport d’Oxfam sur les inégalités. “Les dix hommes les plus riches du monde, dont fait partie le français Bernard Arnault, ont vu leur fortune totale augmenter de plus de 500 milliards de dollars depuis le début de la pandémie. Une somme qui serait amplement suffisante pour financer le vaccin contre la COVID-19 pour toutes et tous et éviter que quiconque sombre dans la pauvreté à cause de la pandémie.” Et justement, la deuxième partie est intéressante.

Comment pouvons-nous encore les laisser s’enrichir au détriment du bien commun ? Comment pouvons-nous encore tolérer une telle accumulation ? Comment est-il possible que nous acceptions tous, tranquilles, au calme, de vivre dans un pays où des gens, dont des dizaines de milliers d’enfants, dorment à la rue, ne mangent pas à leur faim, et où, dans le même temps, des types valent 189 milliards d’euros ?

Ah pardon, 191 milliards maintenant. Il a gagné 2 milliards en deux jours !?

Comment pouvons-nous trouver normal, de vivre sur une planète où des centaines de millions de personnes souffrent de famine, n’ont pas accès à l’eau potable et meurent de maladies qu’on sait pourtant soigner, quand une poignée d’individus fortunés pourraient changer leur vie ? Quelle folie ou cécité ou défaitisme collectif s’est saisi de nous pour que nous soyons capables de vivre dans un monde ou dans le même temps selon rapport Oxfam de 2020 : 1. La richesse des 1% les plus riches de la planète correspond à plus de 2 fois la richesse de 90 % de la population mondiale, soit 6,9 milliards de personnes. 2.

Les milliardaires du monde entier, qui sont aujourd’hui au nombre de 2 153, possèdent plus de richesses que 4,6 milliards de personnes, soit 60% de la population mondiale. (Et ils sont plus de 600 à avoir rejoint ce groupe très privé en 2021.) Et 3.

Les deux tiers des milliardaires tirent leur richesse d’un héritage, d’une situation de monopole ou de népotisme. Mais ils vont faire quoi de toute cette oseille, sérieux ? Va falloir rendre l’argent maintenant !

Sinon, les actions d’Attac, elles ne vont pas s’arrêter là. Et ils ne seront peut-être pas les seuls à les mener. Et ce sera pas la peine de venir chouiner dans les médias à vos bottes.

L’esprit socialo-marxiste ! Merci d’avoir regardé cette première tribune dont je ne suis que l’interprète. Je remercie chaleureusement son auteur, Mathias Enthoven, de me l’avoir confiée.

Si elle vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner et à nous soutenir sur blast-info.fr. Blast est un média indépendant et c’est pour ça qu’il peut se permettre ce genre de petite piqûre de rappel.

D’ailleurs, je vous laisse avec la liste des biens de Bernard Arnault, c’est cadeau. Allez, à bientôt.