Loi anti-Airbnb, Annaïg Le Meur dresse un premier bilan | Circo
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Musique Encore une. Voilà typiquement le type de boîte à clé qu'on retrouve dans certaines villes. Là, il y en a une densité plus forte dans le centre-ville historique.
Bonjour ! -On ne vous voit pas beaucoup. -Quand même ! -Il y a une telle difficulté à se loger pour les locaux que oui, il faudrait peut-être mettre un frein à ce genre de choses. -On n'a pas la même attractivité que Barcelone qui est vraiment une capitale.
Nous sommes la capitale de la Bretagne, c'est vrai. Voilà, d'accord. Musique Bonjour, Annaïg Le Meur, députée du Finistère de la première circonscription.
Je vous accueille à Quimper pour faire le point sur la régulation des meublés de tourisme. C'est l'occasion de voir ce que ça a changé pour nos territoires. Je vous laisse me suivre. --- -Depuis quelques années, Quimper, comme de nombreuses villes du littoral breton, attire de plus en plus de touristes et connaît une crise du logement.
Les plateformes type Airbnb sont accusées de siphonner les locations, d'accentuer la pénurie de logements et de faire flamber les prix de l'immobilier. En France, elles sont passées de 300 000 en 2016 à 1,2 million aujourd'hui. Il y a un an, Annaïg Le Meur et Inaki Echaniz faisaient voter une loi transpartisane sur la régulation des locations de tourisme et des résidences secondaires.
L'objectif ? Rééquilibrer le marché immobilier dans les zones les plus attractives, comme ici dans le centre-ville de Quimper. -Ici, vous êtes dans la rue principale face à la cathédrale, qui est la rue la plus commerçante de Quimper.
En haut, on a des zones qui sont moins habitées ou qui sont plutôt à vocation de location touristique. On peut déplorer que des gens n'y habitent pas forcément et qu'on ait une économie plutôt liée au tourisme uniquement, alors qu'on a besoin d'avoir des salariés, des étudiants aussi dans nos villes. -Dans les rues de sa ville, la députée est connue pour son combat.
Elle est soutenue par les élus d'autres familles politiques. -C'est bien de cadrer un peu les choses. C'est là où ta loi est bien, Quimper devient une station balnéaire.
Donc il faut faire aussi des choses pour éviter qu'on soit un petit peu... qu'on vide les centres-villes avec des locations saisonnières, qu'on vide tout ça. -Tous les propriétaires doivent désormais déclarer leur location en mairie.
Dans les zones tendues, le maire peut même instaurer des quotas. Un peu moins d'un an depuis l'application de la loi et après une première saison touristique, Annaïg Le Meur vient dresser un premier bilan auprès des acteurs de l'immobilier. -Bonjour !
Vous allez bien ? -Très bien, merci. -L'un des dispositifs les plus dissuasifs pour les propriétaires, c'est la réduction de l'abattement fiscal sur les locations de tourisme.
Il passe de 70 % à 50 %. -Aujourd'hui, concrètement sur le terrain, ce qu'on voit, c'est des propriétaires qui, petit à petit se posent la question est-ce qu'aujourd'hui j'arbitre en faveur de louer mon bien à l'année ou en saison ? C'est une petite frange d'acteurs, mais ce début de changement a quelque chose de bon pour aider à la régulation du marché. -Mais ce premier rééquilibrage est encore insuffisant face aux prix du marché.
La location touristique est encore avantageuse pour financer un appartement. -Là, tu vois, c'est un appartement qui est à vendre au dernier étage. On reste dans une station balnéaire, donc tu as des prix qui sont quand même assez élevés.
Est-ce qu'un investisseur va vouloir l'acheter pour continuer de louer à l'année ? Et le taux de rendement ne va pas forcément être au rendez-vous pour l'investisseur. C'est une première marche qu'on a montée grâce à cette loi, une première étape de passée, dans le sens où on a invité des gens à se poser la question.
La deuxième marche, elle est assez évidente. C'est plus un débat de location de courte durée par rapport à la location de longue durée et de rendre justement cette location longue durée fiscalement attractive pour les investisseurs, pour libérer du logement sur l'ensemble du territoire et pas seulement dans les stations balnéaires. -La Bretagne connaît une forte tension immobilière entre le tourisme et les besoins des habitants. -Ici, on est sur une dynamique économique forte en Bretagne.
On a vraiment une économie avec quasi plein emploi, sauf que les gens refusaient des postes pour défaut de logement. Donc on se retrouvait des fois avec des salariés qui refusaient les postes ou logés soit dans des mobilhomes, soit dans leurs véhicules. Il fallait réguler ça, expliquer, remettre à plat pour pouvoir améliorer la situation. -Comment maintenir ou retrouver cet équilibre dans les zones touristiques ?
Les députés ont donné au maire la possibilité d'interdire la construction de résidences secondaires neuves. C'est l'autre volet de la loi dont les municipalités commencent à se saisir. A l'image de Cancale, 5 500 habitants, sa baie et ses huîtres qui figurent au patrimoine mondial de l'UNESCO.
La ville compte 41 % de résidences secondaires et autant de volets fermés sur le port. Les locations de tourisme ont bondi de 30 % entre 2020 et 2024. Alors, pour éviter de devenir un simple lieu de villégiature, Cancale a entrepris de la rénovation urbaine.
Elle a implanté des logements sociaux pour garder des habitants à l'année. -Bonjour. -Bonjour.
Bienvenue à Cancale. -Merci de m'accueillir. -Mais ce n'était pas suffisant.
Alors, grâce à la loi, les élus ont modifié le plan local d'urbanisme. Ils ont désigné des zones où il ne sera plus possible de construire des résidences secondaires. -Nous avons donc ici la version de ce PLU.
On a inclus toutes les parcelles qui sont dans cette zone qui est en vert. Et après, ce sont toutes les parcelles qui sont striées en rose qui ont été rajoutées avec des critères qui sont premièrement la surface de plus de 1 000 mètres carrés. Et également un autre critère qui a consisté à dire qu'on va réserver l'habitat principal dans les secteurs qui ne sont pas loin des équipements et des services publics, à l'école, aux activités sportives, aux lieux associatifs. -Une partie du foncier que vous avez strié, que vous avez incorporé, il y a une partie qui était propriété de la collectivité et une partie privée, j'imagine.
Et du coup, comment réagissent les habitants à ce dispositif ? -Nous n'avons reçu que des avis favorables. -Très bien. -...à ces différents classements. -C'était des villes qui n'arrivaient pas avant à avoir d'outils.
Ils n'avaient pas les outils parce qu'ils étaient simplement pour les villes de plus de 200 000 habitants. Donc effectivement, c'était la volonté qu'on avait avec Monsieur Echaniz, c'est de ramener à la réalité du quotidien et de laisser la main aux maires de communes plus petites de pouvoir bâtir un projet de résidence principale sur leur territoire, mais aussi avoir tous les outils de régulation qu'ils n'avaient pas. -Donc enfin un outil qui nous permet de réglementer la situation et de réserver la consommation foncière à la résidence principale. -A quelques kilomètres de Cancale, Saint-Malo, un million de touristes chaque année.
La ville, devenue emblématique du surtourisme, a été pionnière dans la lutte contre les locations saisonnières. Depuis 2021, la mairie a instauré des quotas de location touristique par quartier. Elle a inspiré le projet de loi de la députée et pourrait bientôt se saisir, comme Cancale, de la loi pour empêcher la construction de résidences secondaires neuves.
Comme un pied de nez, c'est ici que la Fédération nationale de l'immobilier a organisé ces rencontres de la location de vacances auxquelles la députée a été conviée. -L'impact de la loi Le Meur, moi je vais vous la donner, on parlait de data il y a cinq minutes. Voilà les résultats de New York.
Le Airbnb c'est fini. Il y a plus de logements pour les étudiants ? Réponse : non.
Les loyers ont-ils augmenté pour les étudiants ? Ils ont triplé. Que s'est-il passé à New York ?
Ils plaisantent pas. Qui a gagné de l'argent dans les affaires ? Les hôtels.
Les prix ont explosé. -Les quotas, la fiscalité et les interdictions inquiètent la profession réticente qui trouve que la loi a confié trop de pouvoir au maire. -Nous, on souhaiterait, que les maires prennent les décisions avec des garde-fous.
Ils ne peuvent pas décider seuls, j'interdis les locations de vacances et résidences secondaires. Il faut des commissions mixtes, professionnelles, des résidents permanents, des résidences secondaires, qui payent aussi leurs taxes d'habitation, aident les maires à organiser ces restrictions, ces quotas, ces PLU, dans ce sens, quelque chose de commission mixte paritaire. -On a peur que votre initiative, qui était transpartisane, soit dévoyée par des maires locaux qui ont une approche idéologique beaucoup plus radicale que la vôtre, pour le coup, en tout cas dans vos travaux, et qui détourneraient vos outils pour des résultats qui ne sont pas dans l'esprit que vous avez imaginé. -Si ça va trop loin, ne vous inquiétez pas, tout le monde saura leur dire.
Et au bout d'un moment, il y aura certainement une adaptation. Elle n'a même pas un an, donc on fera une évaluation et ça nous permettra de voir ce qui est peut-être à revoir, à revisiter, à améliorer. -Pour le président de la FNAIM, ce n'est pas en limitant les locations de tourisme que la crise du logement sera résolue. -Le problème, c'est que les mesures proposées sont souvent des mesures de redressement, qui sont des mesures de sanctions, alors qu'on devrait être dans un cadre d'incitation pour répondre à un logement pour tous, à la fois composé et ne pas opposer le secteur de la location touristique au secteur de location de longue durée, mais composé avec, je dirais, toute l'arborescence de la politique logement. -Je suis désolée, là-dessus c'est peut-être notre petit point de désaccord sur l'interprétation de notre loi.
Pour moi justement, c'est une boîte à outils mise à disposition, on n'impose à personne de le faire. On fait de la politique, il faut qu'on oriente vers le bon produit. Actuellement, ce produit n'est plus celui de la location touristique, parce qu'on est arrivé peut-être, comme le disent certaines communes, à un niveau plafond.
Peut-être qu'il faut les accompagner maintenant, et je pense que ce n'est même pas peut-être, il faut accompagner maintenant et inciter vers une autre politique, qui est la politique du logement à l'année. -Les réticences et les inquiétudes des professionnels de l'immobilier n'ont pas entamé la détermination de la députée à faire reculer cette France des volets fermés. -On voit, quand les communes s'en emparent, qu'il y avait une attente.
Elles attendaient, que certaines communes en France pouvaient le faire, les autres le faisaient de façon dérogatoire, elles se faisaient attaquer. Donc là on l'a mis dans la loi, on a sécurisé la prise en main des outils déjà préexistants la plupart, qu'on a affinés, améliorés. Il y a des attentes surtout je pense en termes de fiscalité.
Il y a une notion d'équilibre de justice sur la fiscalité. de se dire que demain la fiscalité doit être plus à l'avantage d'un projet politique qui est la location de longue durée pour pouvoir loger tout le monde. -Les députés estiment qu'il faudra encore 5 à 10 ans avant de pouvoir tirer un bilan précis de la loi et de son impact sur la crise du logement.
Musique
Annaïg Le Meur