"L'inventaire de la gauche doit être fait et je le fais", déclare Pierre Moscovici
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Questions et réponses
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- 0:19OuverteRéponse partielle
Bonjour Pierre Moscovici. Vous publiez un livre chez Plon, où vous évoquez la politique intérieure française avec prudence, ça c'est lié à votre devoir de réserve de commissaire européen, mais aussi avec une certaine franchise.
- 1:24ComplaisanteRéponse directe
Et vous le faites de manière, oui, avec une certaine franchise.
- 2:47RelanceRéponse partielle
Mais vous décrivez un personnage qui a peu d'autorité, qui ne tranche pas les débats, et qui finalement a mal réfléchi à sa fonction, si on vous lit bien.
- 3:36RelanceRéponse partielle
Et Manuel Valls, vous en parliez, le discours de Munich, on en a repris un extrait, parce que s'il y a un mauvais génie dans ce quinquennat, à vous lire, c'est Manuel Valls.
- 4:11RelanceRéponse directe
Il est Premier ministre quand il parle comme ça, Manuel Valls, mais il met un cran à la politique d'immigration que vous n'avez pas aimé.
- 4:39RelanceÉludée
Qui manœuvre contre Jean-Marc Ayrault, qui, pendant la campagne présidentielle, a fait faire des choix à François Hollande, qui vous paraissait mauvais.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:13Invité politiqueFait
« Quand on passe de 30%, c'est le score de 2012, à 6% en 2017, c'est qu'il s'est passé quelque chose, et cet inventaire, il doit être fait. »
- 2:12Invité politiqueChiffre
« Elle a réduit les déficits, plus que d'autres avant, et je pense aussi plus que d'autres après. »
- 5:11Invité politiqueChiffre
« Un million. »
- 5:13Invité politiqueFait
« La France en accueille quelques milliers. »
- 7:07Invité politiqueFait
« La circulaire Collomb qui propose de, certains disent, trier. »
- 11:01Invité politiqueFait
« Il est mort et il ne le sait pas. »
- 11:19Invité politiqueFait
« Le PS a longtemps été social-démocrate comme M. Jourdain faisait de la prose. »
- 12:13Invité politiqueFait
« On a gagné sur une lancée qui était celle de la critique de Nicolas Sarkozy avec des idées qui dataient en réalité des années 90. »
- 12:34Invité politiqueFait
« beaucoup de gens qui étaient avec Dominique Strauss-Kahn avec moi ont voté pour Emmanuel Macron »
- 14:50Invité politiqueFait
« le proportionnel dans ce pays doit être la mère de toutes les batailles »
- 21:58Invité politiqueFait
« c'est une très bonne chose »
- 23:18Invité politiqueChiffre
« le vote de dimanche a été un vote serré 56-44 »
- 24:02Invité politiquePromesse
« il faut qu'ils payent leurs impôts là où ils créent des profits et de la valeur »
- 24:08Invité politiqueFait
« on ne peut plus tolérer que les multinationales ne payent pas d'impôts parce qu'elles ont des armées de conseils juridiques et fiscaux »
Temps de parole
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Et l'invité de France Info ce matin est le commissaire européen Pierre Moscovici, Jean-Michel Apathy. Bonjour Pierre Moscovici. Vous publiez un livre chez Plon, où vous évoquez la politique intérieure française avec prudence, ça c'est lié à votre devoir de réserve de commissaire européen, mais aussi avec une certaine franchise. Et vous revenez notamment sur le quinquennat de François Hollande, vous avez intitulé ce livre « Dans ce clair obscur surgissent les monstres », c'est une phrase de Gramsci, « Des réussites inconnues et des échecs qui tuent ». C'est comme ça que vous synthétisez le bilan de François Hollande, qui, vous l'écrivez comme ça, n'a pas été un bon président.
Je ne l'écris pas exactement comme ça. Pas exactement, non. Je pense que François Hollande, que je connais bien, dont j'ai été le directeur de campagne en 2012, dont j'ai été le ministre des Finances de 2012 à 2014, est un homme qui, comme tout président de la République, a bien servi son pays, et à qui la France doit de la reconnaissance. C'est un homme intelligent, et c'est vrai que ce quinquennat était celui de beaucoup de réussites, qu'on connaît mal, mais aussi des chèques qui nous ont précipité, qui ont précipité la gauche dans un abîme.
Parce que quand même, quand on passe de 30%, c'est le score de 2012, à 6% en 2017, c'est qu'il s'est passé quelque chose, et cet inventaire, il doit être fait. Il devait être fait.
Et vous le faites de manière, oui, avec une certaine franchise.
Oui, parce que j'ai été un acteur de cette période, de 2012 à 2014, parce que je m'en suis éloigné depuis près de 4 ans, tout en restant un observateur, proche. Et puis, être commissaire européen, ça m'a appris beaucoup sur la façon dont sont gouvernés les autres. Il n'y a pas que la France. Et la crise démocratique, la crise politique, elle n'est pas que française. Et d'ailleurs, elle a une forme française particulière. Ailleurs, c'est plutôt le nationalisme ou le populisme. Et chez nous, c'est ce président particulier, jeune et européen, très européen. Mais si j'en viens au quinquennat, oui, il y a des choses qui ont été réussies, et on ne les souligne pas assez.
La gauche a eu à faire face à une crise terrible. C'était la crise grecque, c'était la crise des subprimes, c'était aussi une croissance extrêmement faible. Elle a réduit les déficits, plus que d'autres avant, et je pense aussi plus que d'autres après. Elle a été capable de passer de bonnes relations avec l'entreprise. Il y a eu des conquêtes sociétales comme le mariage pour tous. Vous parlez de la COP21. Il y a eu l'accord de Paris, qui est une réalisation fantastique, et il y a aussi le fait que ce président, François Hollande, a bien incarné sa fonction à l'étranger. Il a été un chef de guerre, contre le terrorisme, tout à fait efficace, et il a été aussi un père de la nation.
Il faut se souvenir que lui, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve, au moment des attentats, ont eu une attitude digne, ferme, rassembleuse.
Mais vous décrivez un personnage qui a peu d'autorité, qui ne tranche pas les débats, qui monte les gens un peu les uns contre les autres, et qui finalement a mal réfléchi à sa fonction, si on vous lit bien.
Je pense, s'il vous plaît, qu'il y a eu plusieurs choses qui nous ont entraînés dans l'échec, dans un échec sévère, dans l'échec le plus important de l'histoire de la gauche dans ce pays. Du parti socialiste, oui. Et du parti socialiste. Il y a eu d'abord quelques louvoiements sur les valeurs. La déchéance de nationalité n'était pas lisible pour la gauche. Le discours de Munich, de Manuel Valls, où il a critiqué Angela Merkel sur les réfugiés en Allemagne, je pense que c'était quelque chose qui était à même de choquer une certaine gauche. Et aussi, l'affaire Léonarda a été sans doute un choc.
Oui, les valeurs de la gauche n'ont pas été mises à mal, mais elles n'ont pas été suffisamment affirmées.
Et Manuel Valls, vous en parliez, le discours de Munich, on en a repris un extrait, parce que s'il y a un mauvais génie dans ce quinquennat, à vous lire, c'est Manuel Valls, et on l'écoute, Manuel Valls, février 2016, la crise des réfugiés va son plein en Allemagne, et voilà ce que dit, depuis Munich, Manuel Valls.
L'Europe ne peut pas accueillir davantage de réfugiés, ne pourra pas accueillir tous les réfugiés. La position de la France n'a jamais été de dire aux réfugiés, venez tous en France. Mais nous respectons, encore une fois, les choix qui ont été faits par l'Allemagne.
Il est Premier ministre quand il parle comme ça, Manuel Valls, mais il met un cran à la politique d'immigration que vous n'avez pas aimé.
Non, je n'ai pas aimé ça à l'époque. Je ne l'ai pas dit beaucoup, parce que j'étais commissaire européen, mais je ne voulais pas créer davantage de difficultés à la gauche. Manuel Valls, non, mauvais génie, c'est un homme qui est un républicain sincère, attaché à la licité, avec un combat contre l'antisémitisme que je comprends et que je partage.
Qui manœuvre contre Jean-Marc Ayrault, qui, pendant la campagne présidentielle, a fait faire des choix à François Hollande, qui vous paraissait mauvais.
Je n'écris pas là-dessus, parce que... Si, si, vous écrivez là-dessus. Non, non, non, c'est une histoire... Vous écrivez là-dessus, si, si. Sur la campagne présidentielle, je ne crois pas.
Si, si, la taxe à 75%.
C'est plutôt Aquilino Morel que Manuel Valls.
Et Manuel Valls, c'est pour, dites-vous.
Il est pour, mais enfin, nous l'avons tous accepté, y compris moi. Donc, je prends ma part des choses. Mais vous l'avez dit, j'étais contre... J'enviens au discours de Munich. Mettons-nous dans le contexte. A l'époque, c'est la crise des réfugiés qui bat son plein. Et Angela Merkel, la sonce fédérale allemande, conservatrice, il faut le rappeler, décide d'accueillir, et ça représente pour l'Allemagne un choc, un million de réfugiés. Un million. La France en accueille quelques milliers. Et à ce moment-là, le premier ministre de la France, ce républicain sévère qu'il est, va en Allemagne pour expliquer que ce n'est pas une politique appropriée.
Je pense que c'était un geste inamical à l'égard de notre partenaire Angela Merkel. Et que ce n'était pas non plus un geste qui honorait la France. Parce que, vous savez, chacun a son histoire. Moi, la mienne, c'est celle d'un homme dont le père est venu en France en 1947 comme réfugié. Et pourquoi est-il venu, mon père, à Paris ? Parce que la France, c'était ça. La France, c'était la générosité. C'était un pays d'accueil. La France, c'était un pays d'accueil. On ne doit pas accueillir tout le monde. Manuel Valls a raison. Et là-dessus, Emmanuel Macron a raison aussi. Mais il faut des principes de générosité, d'humanité, à côté de la fermeté. Et il faut une approche européenne.
Et donc, oui, ce discours-là est un discours qui, à l'époque, m'avait choqué.
Qui vous a choqué ? Et on imagine, à partir de là, que vous n'aimez pas beaucoup ce que dit... Sur le sujet, le ministre de l'Intérieur actuel, Gérard Collomb, qu'on écoute.
Qui peut penser aujourd'hui qu'on peut insérer de manière digne 185 000 personnes ? C'est totalement impossible. Donc, cela veut dire qu'il faut mener cette politique équilibrée, accueillir bien celles et ceux qui vont rester en France, et puis éloigner les autres.
On ne se trompe pas. Vous n'aimez pas beaucoup la politique et la tonalité du débat aujourd'hui.
Je vais être un tout petit peu plus prudent, non pas parce que c'est le président de la République actuelle et parce que je suis commissaire européen, mais parce que, disons que l'équilibre, dont parle Gérard Collomb, il doit encore être trouvé. Le projet de loi, il va être débattu. Il y a une politique qui se déroule sous nos yeux. Mais on imagine que vous ne l'aimais pas. Je redis ce que sont mes critères. Je pense que la France doit être généreuse. Oui, la France est un pays d'accueil. Et elle n'est pas assez aujourd'hui ? La France doit être un pays... Elle n'est pas assez aujourd'hui ? ...qui est capable d'être ferme. Ferme. Elle n'est pas assez généreuse aujourd'hui ?
Je ne vais pas répondre, ce n'est pas question pour un champion. Je pense que c'est un pays qui doit être capable d'être ferme pour ceux qu'elle ne souhaite pas voir chez elle et au nom de règles qui sont des règles internationales. La circulaire Collomb...
Elle doit être humaine, humaine
dans le traitement de chaque personne qui vit ici. La circulaire Collomb qui propose de, certains disent, trier. Cette circulaire n'a pas connu un grand succès auprès des associations. Elle n'a pas connu un grand succès auprès d'élus de droite comme de gauche. Et je pense que quand on parle d'immigration, il faut chercher un consensus et il faut écouter les associations. Il faut écouter aussi les élus de droite comme de gauche. Vous restez avec nous ?
Un petit devoir de réserve. Un petit devoir de réserve. Mais je pense que... Bien sûr, on comprend aussi ce que je veux dire. On comprend, absolument. Vous restez avec nous. 8h40, l'essence de l'info et de Vif Coupès.
Des camions militaires à Villeneuve-Saint-Georges. C'est dans le Val-de-Marne. Pour évacuer les habitants, ils sont plus de 3000 touchés par les inondations de la Seine et de Lière. L'eau continue de monter. Plus de 5 mètres aujourd'hui à Paris. Conséquence, le RERC est fermé dans la capitale. 23 départements au total du nord-est de la France sont en vigilance orange. Toujours pas de promenade ni de parloir. Au moins 70 prisons sont encore bloquées ce matin. Les négociations sont dans l'impasse. Les dernières propositions de la ministre, jugées encore insuffisantes par les syndicats. Nicole Bellioubet précise que sa porte reste ouverte.
À Fresnes, en tout cas, les surveillants entendent bien retarder l'extraction de Jawad Ben Daoud. C'est le logeur de plusieurs terroristes du 13 novembre. Il doit être jugé à partir de 13h30 cet après-midi par le tribunal correctionnel de Paris. Il risque jusqu'à 6 ans de prison. À quoi ressemblera le BAC en 2021 ? Emmanuel Macron a promis de le réformer. Le ministre de l'Éducation doit rendre sa copie mi-février. Un rapport lui est remis aujourd'hui. Il préconise de supprimer les séries L, E, S et S, de garder le français en première. Resterait 4 épreuves en terminale, la philo, 2 autres au choix et puis un grand oral. Et le contrôle continu qui représenterait 40% de la note.
Pierre Moscovici, commissaire européen en charge des affaires économiques et financières, de la fiscalité et des douanes. J'ai rien oublié ? Non, non, c'est à peu près ça. Tout est là. Et l'invité de France Info. Ne pensons pas au raton laveur. Jean-Michel Appétit. Donc vous publiez chez Plon un livre dans le clair-obscur surgissent des monstres. Vous faites le bilan du quinquennat et vous dites aussi que selon vous, je ne sais pas si ça passe vraiment pour vous ou par le Parti Socialiste, le courant social-démocrate en France a encore de l'avenir. Vous êtes toujours membre du Parti Socialiste ?
Je suis toujours membre du Parti Socialiste même si je ne peux pas te dire, il y a eu une activité absolument débordante. Vous allez voter
pour le Congrès ?
Je voterai pour le Congrès. Il faut que je m'acquitte de ma cotisation mais je voterai pour le Congrès. Vous, vous avez envie de la payer ? Mais je n'ai pas fait exprès de ne pas la payer. Il se trouve que je ne suis plus dans une section comme on dit du Parti Socialiste depuis maintenant plus de trois ans car je suis à Bruxelles comme commissaire européen mais je m'intéresse à ce parti et je m'intéresse à l'avenir de la gauche sociale-démocrate à chaque nouveau dans ce pays.
Alors on va parler de la gauche sociale-démocrate en attendant vous allez devoir choisir entre Luc Carvounat, Julien Dré ou Olivier Faure on les écoute tous les trois.
J'essaye de voir
comment on peut rapprocher des points de vue comment on peut rapprocher des individus. Moi je propose la clarté et une ligne politique claire sur les alliances et ce que je veux faire de mon parti. Est-ce que nous sommes capables de nous réaffirmer et de redonner une identité à des socialistes qui aujourd'hui en manquent singulièrement ?
Voilà, puis il y a aussi d'autres candidats. Stéphane Lefoil aussi. Stéphane Lefoil. C'est un vieil ami. Delphine Bateau et puis M. Morel mais j'oublie son nom. Emmanuel Morel. C'est Emmanuel, d'accord. Ils s'appellent tous Emmanuel décidément. Alors vous allez choisir qui ? Vous savez déjà ?
Je vais attendre. Je crois qu'il y a un conseil national comme on dit au Parti Socialiste samedi. Je vais attendre de voir qui sont les candidats définitifs et qui les soutient. Et puis par ailleurs il se trouve que je n'ai plus ni la fonction ni l'âge comme on dit de me préoccuper avant tout d'enjeux d'appareils et de querelles de personnes. Moi je vais vous dire ce que j'attends du Congrès du Parti Socialiste. C'est ce que je pense. Parlez du fond. Les Français doivent attendre du Congrès du Parti Socialiste. Le Parti Socialiste doit d'abord montrer qu'il a encore une utilité pour les Français. Il peut être mort. Il est mort et il ne le sait pas. C'est tout à fait possible.
La social-démocratie elle, on en a besoin. Qu'est-ce que c'est la social-démocratie ? C'est une gauche qui accepte l'économie de marché qui accepte l'Europe qui est réformiste mais qui combat ardemment les inégalités et les injustices. C'est ça la définition de la social-démocratie. Le PS a longtemps été social-démocrate comme M. Jourdain faisait de la prose. Maintenant il doit dire qu'il l'est. Il faut assumer une identité. Donc la première des choses c'est que le Parti ait une ligne claire et qu'elle soit réformiste, européenne et radicale sur le combat contre les inégalités. La deuxième chose c'est que je crois qu'il faut que de ce Congrès surgisse une équipe.
Pas seulement un homme une équipe des élus je pense d'une autre génération que la nôtre plus jeunes qui soient capables de faire un pack des gens qui soient proches du terrain proches des territoires et puis il faut qu'ils se mettent au travail. Le Parti socialiste a besoin de travailler sur les idées. Il ne peut pas se contenter de ressasser des tubes qui datent des années 80 et 90. Il n'y a pas assez d'idées
là pour l'instant dans ce que vous entendez ?
A l'heure actuelle il y a un chapitre de mon livre qui s'appelle Gauche année zéro il n'y a pas d'idée du tout. Et d'ailleurs ça fait bien longtemps qu'il n'y a pas d'idée. Je pense qu'une des causes d'ailleurs de notre échec en 2012 c'est qu'au fond on a gagné sur une lancée qui était celle de la critique de Nicolas Sarkozy avec des idées qui dataient en réalité des années 90. On s'est arrêté de réfléchir quand Lionel Jospin a perdu l'élection présidentielle en 2002.
Il y a eu autour de Dominique Strauss-Kahn je n'ai pas de regrets parce que des choses sont passées qui étaient inacceptables mais des tentatives de réflexion des débuts de réflexion dont Emmanuel Macron d'ailleurs s'est inspiré en grande partie et beaucoup de gens qui étaient avec Dominique Strauss-Kahn avec moi ont voté pour Emmanuel Macron mais il n'y a plus de pensée de gauche social-démocrate au boulot mes amis si j'ose dire mes camarades
si vous dites que la social-démocratie c'est des réformes le combat pour l'Europe et contre les inégalités bah là vous faites le portrait chinois si je puis dire d'Emmanuel Macron
écoute Emmanuel Macron c'est exactement ça Emmanuel Macron
qu'est-ce qu'il manque à Emmanuel Macron dans les trois les trois piliers que vous avez cités réforme Europe combat contre les inégalités
je crois que vous le savez mais je vais le dire Emmanuel Macron est un homme qui vient de la gauche mais il s'en est détaché et il essaie de faire une construction politique qui est d'une autre nature comme il dit lui-même ni de droite ni de gauche et de droite et de gauche et il mène une politique sur le plan européen je suis commissaire européen même si ce livre vous le comprenez un livre d'acteurs politiques libres et personnels je suis très proche de ce qu'il dit et je l'étais déjà au fond avant qu'il le dise et je pense que sur le plan européen il faut être aussi européen qu'Emmanuel Macron il faut l'accompagner dans son ambition européenne pour le reste moi je ne suis pas un homme ni de droite ni de gauche je suis né d'une certaine façon c'était ma famille qui m'a légué ça mes valeurs mes parents et je mourrais comme un homme de gauche mais ça a encore un sens aujourd'hui oui je pense que le combat gauche-droite a encore un sens je pense que on sait ce que c'est qu'un budget de gauche et on sait ce que c'est qu'un budget de droite on sait ce que c'est qu'un homme de gauche et on sait ce qu'un homme de droite vous savez on disait toujours quand on dit quelqu'un qu'il n'est ni de gauche ni de droite c'est probablement qu'il est du centre et le centre est souvent de droite donc Emmanuel Macron est de droite ?
non je ne crois pas qu'on puisse lui faire ce procès-là je pense qu'il est dans un autre type de construction il n'est pas de gauche non plus il ne se pose pas cette question-là mais disons le vous avez ce parti La République En Marche que je vois que j'observe je parle avec eux à l'Assemblée Nationale beaucoup sont de centre gauche et une partie de la politique notamment de la politique économique est une politique de centre droit moi je pense que ce qu'il faut proposer c'est une politique qui soit aussi européenne que celle d'Emmanuel Macron mais qui soit sur le plan économique et social un cran à gauche et notamment dans la lutte contre les inégalités la lutte contre les injustices la lutte contre l'élitisme le renouvellement des élites dans ce pays la démocratie vous savez il y a ce cocktail entre horizontalité et verticalité moi je pense qu'on ne doit pas avoir peur de l'horizontalité
pour ceux qui ont compris c'est très bien ce que je veux dire
par là c'est que le proportionnel dans ce pays doit être la mère de toutes les batailles on ne doit pas avoir peur d'avoir du pluralisme dans ce pays
Olivier Faure était à votre place hier donc il est candidat à la direction du parti socialiste il a eu cette formule amusante pour décrire Emmanuel Macron en évoquant selon lui une probable déception mais selon lui des électeurs on l'écoute
ils se sont endormis en espérant Mendès ils se sont réveillés en ayant Giscard
voilà Mendès c'était un dirigeant socialiste je le dis pour les plus jeunes qui a marqué l'esprit de la social-démocratie il n'était pas socialiste c'était radical radical il n'était de gauche c'est ça et voilà Giscard l'ancien président de la république vous êtes d'accord avec le jugement d'Olivier Faure ? il est plus Giscard que Mendès Macron ?
je pense que Emmanuel Macron il est pardonnez-moi cette expression latine sui generis il est d'une nature particulière il y a lui il y a du Giscard il y a une aspiration démocrate et il y a aussi le souhait d'une démocratie qui fonctionne de manière très verticale et donc il faut encore trouver l'équilibre et vous savez je vais le dire différemment je pense que dans ce pays l'alternance viendra un jour bien sûr toujours et je pense qu'il n'est pas bon que l'alternance se déroule entre une force disons de centre progressiste c'est comme ça que je qualifierais la république en marche et des forces populistes d'extrême droite ou d'extrême gauche avec une droite radicalisée à l'avouer qui se tourne vers des idées d'extrême droite et là on a besoin d'une sociale démocratie d'une gauche modérée mais d'une gauche réelle voilà ce que le parti socialiste doit chercher à faire
à devant lui il y a une chose que vous n'avez pas aimé chez Emmanuel Macron juillet 2016 Emmanuel Macron est ministre de l'économie et il sera au Puy du Fou pour rencontrer Philippe de Villiers on regarde et on écoute
ma présence ici en tant que ministre de l'économie d'industrie et du numérique elle a pour but de saluer le travail du Puy du Fou cette formidable réussite et cette aventure qui a été commencée en 1978 moi je viens saluer ici l'entrepreneur culturel parce que c'est aussi cela ce qu'a fait Philippe de Villiers ici
alors ça dans votre livre vous le dites vous n'avez pas aimé ça
non pour moi Philippe de Villiers n'est pas un sympathique entrepreneur culturel et je ne rirai jamais il est quoi c'est un homme d'extrême droite qui a la violence en lui et dont les positions sont souvent à la droite du Fonds National et je pense que c'est pour un homme de gauche quelqu'un de tout à fait infréquentable et ce n'est pas le lieu vous ne rirez jamais avec lui c'est ce que vous allez dire jamais et ce n'est pas le lieu je crois le Puy du Fou où il faut dire qu'on n'est pas socialiste je l'avais pensé à l'époque c'est ce que dit Emmanuel Macron je n'ai jamais accusé Emmanuel Macron et jamais pensé qu'il partageait les idées de Philippe de Villiers en quoi que ce soit je pense simplement qu'il y a aussi de temps en temps des lignes rouges et il y a des personnages qui pour un homme de gauche et pour un démocrate d'ailleurs sont tout à fait infréquentables il est Philippe de Villiers je me souviens j'avais une fois pris une position très pro-européenne et pardonnez-moi une vulgarité qui vient de lui il avait fait un tweet disant celui-là j'ai envie de lui mettre un coup dans les parties basses il s'agissait de moi un homme qui a en lui une telle violence un tel rejet de l'Europe un tel rejet de la démocratie et de la gauche cet homme-là non on ne peut pas rire avec lui mais bon ça ne veut pas dire qu'Emmanuel Macron soit en quoi que ce soit proche de Philippe de Villiers il est plutôt dans la philosophie de Paul Ricoeur et il a raison
vous restez avec nous 8h51 l'essentiel de l'info Edwige Koupès
les CRS ont pris position devant la prison de Fren les surveillants bien déterminés à retarder l'extraction de Jawad Ben Daoud c'est le logeur des terroristes du 13 novembre et son procès doit s'ouvrir cet après-midi au tribunal correctionnel de Paris au moins 70 prisons sont encore bloquées ce matin alors que le conflit s'enlise les syndicats ont quitté la table des négociations hier et ils appellent à poursuivre le mouvement les bateaux mouches sont à quai à Paris la Seine continue de monter le pic est attendu à plus de 6 mètres en fin de semaine conséquence le RERC est fermé dans la capitale au moins jusqu'à vendredi dans le Val-de-Marne l'armée a été envoyée à Villeneuve-Saint-Georges pour évacuer les habitants sinistrés tout le quart nord-est de la France est touché par ses crus 23 départements vigilants s'orange après Versailles lundi Emmanuel Macron rejoint les grands patrons à Davos en Suisse le président doit prendre la parole au forum économique mondial ce sera vers 17h30 une journée placée sous le signe de l'Europe puisque juste avant Angela Merkel prendra aussi la parole
France Info
le commissaire européen Pierre Moscovici est l'invité de France Info ce matin Jean-Michel Apathy hier Alexandre Bompard le PDG de Carrefour a annoncé la suppression de 2400 postes dans son entreprise on l'écoute
ce sont des mesures difficiles bien sûr mais c'est ma responsabilité de prendre les mesures qui vont permettre de pérenniser l'activité et l'emploi du plus grand nombre de nos collaborateurs
et cette justification a laissé très sceptique Jean-Luc Mélenchon qui intervenait hier soir sur RTL
Carrefour est un groupe très puissant très riche il n'y a pas de raison que quand ils ont une difficulté à supposer qu'il en ait une parce que cette année ils ont encore fait beaucoup de bénéfices ils commencent par l'idée qui leur vient à l'esprit la première c'est fiches les gens dehors
lequel des deux vous comprenez le mieux Alexandre Bompard ou Jean-Luc Mélenchon
j'allais dire d'une certaine façon les deux pardonnez-moi cette nouvelle synthèse comme Emmanuel Macron non c'est à dire qu'une entreprise sa vie ça connaît des difficultés et Carrefour est une entreprise qui a besoin de connaître des adaptations et aussi des adaptations dans ses structures elle est soumise à des défis stratégiques considérables et sa position n'est pas assise pour l'éternité il faut des changements
après même s'il y a des gros bénéfices dans l'entreprise
après ces changements mais ça c'est une vision qui est un peu statique car les difficultés elles sont là et elles sont à venir et elles sont identifiées donc il faut sans doute qu'il y ait des changements stratégiques mais il faut gérer la question de l'emploi à la fois défendre le maximum d'emplois et je pense que le gouvernement y veillera et aussi s'assurer que chacun retrouve un emploi et notamment à travers la grande cause qui doit être celle des temps qui viennent qui est la cause de la formation donc il est normal que les formations de gauche il est normal que les syndicats soient vigilants à l'emploi il faut mener un dialogue sérieux et vigoureux avec les patrons mais pas considérer que l'entreprise vous la comprenez vous la défendez c'est-à-dire il faut s'adapter
la logique
je ne dis pas au détail des mesures mais vous comprenez la logique de l'entreprise je dis qu'une entreprise que toute entreprise est un organisme vivant et que si quand elle connaît des mutations fondamentales ou quand elle connaît des difficultés elle reste immobile
elle meurt c'est ce genre de question voire d'ambiguïté que le courant social-démocrate français devra trancher
le courant social-démocrate est un courant qui depuis longtemps connaît l'économie de marché mais qui défend aussi l'emploi et qui lutte contre les inégalités
puisque vous êtes commissaire européen vous avez dû regarder avec attention ce qui s'est passé en Allemagne et la décision du SPD qui avait juré qu'il n'y reviendrait plus va finalement participer à une grande coalition dirigée par Angela Merkel c'est une bonne ou une mauvaise chose d'après vous ?
c'est une très bonne chose parce que mes amis sociaux-démocrates font preuve là de responsabilité c'est pas facile d'aller dans une coalition quand soi-même on a connu une raclée électorale et quand la base beaucoup de la base demandent à retrouver son identité dans l'opposition et comme on a dit aux électeurs jamais plus mais la responsabilité au fond ce qui s'est passé c'est qu'ils ont dit jamais plus parce qu'ils étaient certains que comme toujours dans l'histoire de l'Allemagne il y aurait une coalition faite avec les partis qui apparemment avaient gagné les libéraux les verts et la CDU ça n'a pas marché et le social-démocrate prenne la responsabilité et ils prennent une double responsabilité ils prennent une responsabilité pour l'Allemagne pour que leur pays soit gouverné et on a besoin d'une Allemagne gouvernée parce que pensez que s'il n'y a pas à nouveau de coalition ça fera un an presque d'instabilité et de faiblesse dans politique dans ce grand pays dont on a besoin et puis ils prennent aussi leur responsabilité à l'égard de l'Europe je disais tout à l'heure que j'approuvais je partageais la politique européenne d'Emmanuel Macron et d'ailleurs il faut toujours qu'il y ait Paris Berlin et Bruxelles ensemble pour que l'Europe avance mais pour que ça marche il faut qu'il y ait un partenaire allemand qui soit très fiable sur le plan européen qui soit très ambitieux sur le plan européen et il se trouve que le SPD l'est donc je sais que c'est une décision difficile on ne risque pas
de le payer très cher
il faut encore qu'elle soit il faut d'abord qu'elle soit confirmée par la base du SPD ce qui n'est pas donné parce que le vote de dimanche a été un vote serré 56-44 et la base peut-être plus à gauche et peut-être plus radicale il va falloir convaincre dans la négociation mais je pense que oui c'est un risque qu'il fallait courir c'est une responsabilité qu'il faut prendre l'Allemagne en a besoin l'Europe en a besoin et ça prouve oui que la social-démocratie a une utilité parce qu'elle est capable d'ajouter des éléments sociaux d'ajouter des éléments européens à des politiques qui sinon seraient simplement conservatrices
vous serez à Davos cet après-midi
je pars tout à l'heure
vous y écouterez le président de la république non je n'arriverai pas
à ce moment là mais j'y défendrai surtout une cause vous arrivez à voir après la cause de la justice fiscale la lutte contre la fraude et l'évasion fiscale je verrai beaucoup de chefs d'état beaucoup de patrons et je leur dirais qu'il faut qu'ils payent leurs impôts là où ils créent des profits et de la valeur on ne peut plus tolérer que les multinationales ne payent pas d'impôts parce qu'elles ont des armées de conseils juridiques et fiscaux là l'Europe doit être au rendez-vous et c'est ma tâche ça sert à quelque chose Davos ?
ça sert à quelque chose Davos ? à part avoir ses compétences c'est un lieu
de speed dating où on rencontre en 48 heures plus de gens qu'on peut rencontrer en un mois donc ça a une utilité à une condition c'est d'avoir des messages et mon message ce sera aux multinationales payez vos impôts là où vous créez des profits
30 secondes vous avez un CV impressionnant vous avez fait des belles et des grandes écoles on va réformer le bac c'est une bonne idée ? c'est à dire il n'y aura plus la cathédrale l'examen extraordinaire mais ce sera simplifié
je pense qu'il faut des réformes du bac je n'ai pas examiné ce que fait Pierre Mathieu encore dans le détail mais c'est un homme de qualité je pense que de manière plus générale la réforme de l'éducation vous parliez de la gauche elle est centrale on ne peut pas supporter je pense que c'est plutôt une bonne chose on ne peut pas supporter qu'il y ait le même élitisme toujours vous aviez une mention il faut bouger les choses vous aviez une mention assez bien pas terrible et à l'oral je me suis rattrapé un peu par la suite
quand on a une mention assez bien on peut devenir ministre de l'économie ça laisse de l'espoir à beaucoup voilà
merci beaucoup j'ai eu quelques autres études après où j'ai eu des meilleures mentions quand même mais j'étais assez flémard à l'époque je l'avoue il faut laisser sa chance aux flémas merci Pierre Moscovici bonne journée
Pierre Moscovici