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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 10 décembre 2018 15 minAutoproduitFond programmatiqueEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesDéfense

MÉLENCHON - Discours sur le BREXIT à l'Assemblée nationale

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Locuteur 1Fait
    « les Anglais restent les bienvenus parmi nous, que la dette de reconnaissance que nous avons à l'égard du peuple anglais après sa formidable résistance solitaire contre les nazis et pour l'accueil qu'il avait accordé à l'époque à la France libre, cette dette n'est pas épuisée »
  • 7:30Locuteur 1Fait
    « le traité de fonctionnement sur l'Union européenne prévoyant que les Parlements nationaux n'aient pas à se prononcer sur les accords de sortie de l'Union européenne, cela ne peut pas avoir ma faveur »
  • 15:00Locuteur 1Fait
    « la rupture de du Royaume-Uni avec l'Union européenne modifie radicalement les conditions géopolitiques qui prévalent à l'intérieur de l'Union européenne »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

C'est un sujet épineux et je l'admets aussi douloureux que celui dont nous avons à traiter aujourd'hui. Quoi que j'aurais à dire ensuite, je veux comme d'autres dire en préalable que les Anglais restent les bienvenus parmi nous, que la dette de reconnaissance que nous avons à l'égard du peuple anglais après sa formidable résistance solitaire contre les nazis et pour l'accueil qu'il avait accordé à l'époque à la France libre, cette dette n'est pas épuisée. Néanmoins, ce n'est pas des sentiments qu'il faut partir, mais des faits.

Je crois que je paraphrase la phrase d'un homme illustre. Nous voici donc devant un Brexit, 650 pages dont nous avons obtenu la traduction en langue française il y a de cela 20 jours, par rapport auquel nous avons réagi notamment en proposant une série d'amendements au documents qui nous est proposé aujourd'hui et qui ont été pour une bonne part retoqué, c'est-à-dire qu'ils ne peuvent pas être examinés alors que nous pensons qu'ils devraient l'être puisqu'ils traitent de sujets directement liés à cette affaire de Brexit telle que la douane, les taxes sur les transactions financières avec euh l'ancienne City finalement et ainsi de suite et aussi les accords euh sur le contrôle des échanges parce que voyez-vous derrière le Brexit en arrière-plan et comme une conséquence de ce Brexit, il y a que nous pourrions avoir avec l'Angleterre, le Royaume-Uni, le pire des accords de libre échange qui a jamais été signé par la France. Car ce n'est pas seulement la séparation d'avec les Anglais qu'il faut regarder.

Il faut regarder la conséquence pour le fonctionnement de la France et de l'Union européenne après que ce Brexit sera consommé. Je vais en dire quelques mots, mais d'abord je commencerai par rappeler à mon collègues bourlange pour qui tout le monde sait que j'ai le plus grand respect compte tenu de la fermeté de ses engagements et de ses convictions que je ne partage pas. Quand toute hypothèse, le traité de fonctionnement sur l'Union européenne prévoyant que les Parlements nationaux n'aient pas à se prononcer sur les accords de sortie de l'Union européenne, cela ne peut pas avoir ma faveur.

Moi qui suis pour que tous ceux qui rentrent dans l'Union européenne fassent au préalable l'objet d'un référendum dans notre pays. Nous demeurants, je trouve étrange que les accords de sortie ne soient pas soumis au Parlement européen, car j'estime que au Parlement pardon nationaux en Europe, parce que j'estime que c'est de leur compétence de choisir qui vient, qui entre et qui sort de la maison commune. Il n'y a donc pas de raison de se féliciter de la situation qui va désormais prévaloir.

J'ajoute que nous aurions et nous aurons à dire sur ce qui va se passer après. Je viens de dire il y a un instant, ça pourrait être le pire des accords de libre échange qu'on n jamais signé. Pourquoi ?

Parce que dans ce qui est déjà convenu, il est dit que le Royaume-Uni ne siègera plus dans les institutions et agences de l'Union européenne, ne prendra plus part aux décisions de l'Union européenne, ne pourra pas signer d'accord de libre échange en son nom. C'est quand même le moins, mais sa situation restera inchangée en ce qui concerne l'accès au marché unique, l'Union douanière et les politiques européennes avec leurs droits et leurs obligations. Autrement dit, ils feront bien comme ils voudront et nos portes resteront grande ouvertes aux décisions qu'ils auront prises.

On ne peut pas être d'accord avec ça. Mais bon, entrons un instant dans ce qui est aussi remis en cause et qui ne sera pas discuté. Ce sont les accords bilatéraux.

Après tout, nous avions un accord avec le Royaume-Uniatom, le traité communautaire sur l'énergie nucléaire. Que deviennent les accords des Français ? Bon, allez, on met ça de côté. que deviennent les accords militaires conclus avec le Royaume-Uni.

Parce que si une défense européenne est déjà une vue de l'esprit, parce qu'il faudrait avoir une politique étrangère commune pour avoir une défense européenne commune, comment doit-on qualifier ce fait que nous avions prévu et signé avec les anglais qui doréna avant ne seront même plus, oserai-je dire, membres de l'Union européenne, nous avons signé un accord pour avoir une force commune de projection de 10000 hommes. Ce n'est pas rien. Faut faire quoi ?

Au nom de qui ? De quel principe ? Oui, au fond la réponse je la connais au nom de l'OTAN qui est l'institution qui surplombe toutes les autres.

Mais bien sûr, et comme je suis partisan de la sortie de l'OTAN, que je ne vois pas pourquoi nous aurions à nous équiper et à nous organiser pour pouvoir répondre à ces mandats, il y a donc la question de la rupture des accords militaires avec les anglais. encore n'aborde ici que la question du bataillon dont il a été question mais je vous rappelle que nous avons aussi signer un accord à propos du nucléaire militaire à propos des missiles à propos de combien d'autres choses de cette importance comme le porte-avion qu'éventuellement nous aurions construit avec eux de tout cela, nul trace. Je vous en fais pas le reproche à vous hein, mes collègues rapporteurs, mais je le dis parce que tout ça participe de la nouvelle réalité dans laquelle nous entrons avec le Brexit.

Après avoir dit cela, il faut un instant prendre deux occasions de recul sur l'histoire. Le premier, c'est de se demander pourquoi les Anglais n'ont pas voulu rester dans l'Union européenne. Alors, je connais la fable, c'est que manipulé par des poigné d'extrémistes, racistes, xénophobes et et que sais-je encore, dans un moment d'égarement, ils auraient fini par voter contre.

Cela fait fi de traditions, mon cher bourlange, qui sont au moins aussi profondes que les sentiments très nobles que vous avez exprimés. Je vais en dire un mot, mais je ne crois pas que ce soit ça. Je crois que le pauvre peuple anglais en a eu par-dessus la tête comme les Français d'une Union européenne qui ne leur rapporte absolument rien, sinon des motifs supplémentaires de souffrance.

Parce que pour l'instant, nous voyons dans notre propre pays ce que ça donne. Les gens qui n'ont pas compris pourquoi les taxes augmentent à une telle vitesse, c'est qu'ils ne se sont pas rendus compte que du fait de l'organisation de l'Union européenne, les impôts sont soumis à dumping fiscal, impôt sur les sociétés. Il faut donc sans cesse baisser les impôts sur les sur les sociétés pour se mettre au niveau du moins 10 ans, les impôts sur les personnes et cetera et cetera. tenter si bien que pour compenser ce qu'on ne peut pas faire rentrer normalement comme on le faisait autrefois, on est obligé de le prendre en taxe.

Si les taxe augmente, c'est parce que les impôts baissent. Et si les impôts baissent, c'est parce qu'ils sont soumis à un dumping fiscal. Autrement dit, il y a un rapport direct entre les raisons pour lesquelles les Français s'insurgent à cette heure et le fonctionnement économique de l'ordolibéralisme qui prévou.

Il y a un lien direct. Deuxième point que je vais évoquer, c'est le point de vue de l'histoire. Si le général de Gaul s'opposait en 63 puis ensuite en 1967 à l'entrée de l'Angleterre dans ce qui était le marché commun et le début de ce que nous faisions à 6, ce n'est pas qu'il ait eu des sentiments anglophobes, c'est que il pesait correctement des différences qui paraissaient insurmontables dans la manière avec laquelle les anglais s'approvisionnaient, dans la manière avec laquelle les Anglais s'organisaient, leur droit social et cetera et cetera. et il disait s'ils viennent ce sera pour disloquer.

Quelle raison avait-il de le penser ? Monsieur Bourlange, vous avez exalté l'entente cordiale. Ce ne sera pas mon cas.

Je ne peux oublier que la tradition géopolitique constante du Royaume-Uni a été de s'opposer en toute circonstan et y compris au moment où naissait le marché comment et l'alliance à 6 à ce se constitue quelque puissance continental que ce soit raisons pour lesquelles ils ont conspiré contre la révolution française ils ont conspiré agi et financé contre l'empire et cetera et cetera c'est leur histoire constante, mais quand même ils ont été rattrapés sans cesser un seul jour de se réclamer de leur union particulière et spécial avec les États-Unis d'Amérique dont ils n'ont jamais cessé en seul jour d'être la pointe avancée, appelez ça comme vous voulez, le cheval de 3 ou ce que vous voudrez. Politiquement, ils n'ont jamais cessé de l'être. Cependant, il est vrai que tels que sont nos mœurs, les échanges, le commerce, les la diffusion de la langue anglaise comme une espèce de latin de notre époque, au fond, tout ça s'était beaucoup rapproché.

Ça n'en fait que souligner davantage la cause sociale qui est la raison profonde du divorce parce que profondément les anglais ne sont pas xénophobes, ils ne sont pas antifrançais, ils ne sont pas anticontinentaux comme on voudrait le faire croire. Néanmoins Néanmoins, qu'il soit dit dans cette assemblée que la rupture de du Royaume-Uni avec l'Union européenne modifie radicalement les conditions géopolitiques qui prévalent à l'intérieur de l'Union européenne. C'est un événement au moins aussi important que l'a été la réunification de l'Allemagne qui dès qu'elle est intervenue a soulevé toutes sortes de problèmes dans l'équilibre qui était celui de l'Union européenne. tent si bien qu'à de nombreuses reprises, on a vu des dirigeants français se rapprocher des anglais espérant rétablir un équilibre sur le continent.

Alors, je ne crois pas que nous soyons affaiblis, mes chers collègues, mais je crois que nous sommes mis au pied du mur de savoir ce que va être demain non pas notre relation avec les anglais, mais notre relation avec les Allemands. Et est-ce que nous allons continuer à mettre en œuvre aveuglément en toute circonstan la maudite doctrine de l'ordolibéralisme qui est en train de détruire l'esprit européen ? Voilà la question politique posée à cette heure.

Ce n'est pas l'Angleterre, c'est l'Allemagne. Je finis, je soulève les problèmes qui nous sont posés. Voilà tout.

J'aborde à présent la question des frontières. Comme vous le savez, c'est elle qui est en train de bloquer ce qu'on appelle un accord, la frontière entre les deux Irlandes. Il n'existe pas de frontière naturelle.

C'est une invention du cardinal de Richelieu pour ce qui nous concerne parce que on voit le rein, on voit les Pyrénées et on se figure qu'il y a des frontière naturell. Il n'y en a pas. Les êtres humains ont toujours franchi tous les obstacles.

Il y a celles qu'on se donne et que l'histoire confirme les mœurs et les échange. Voilà la raison pour laquelle je reviens sur l'idée d'une nécessaire conférence des frontières en Europe. Mes collègues, et si je l'évoque aujourd'hui, c'est parce que cette question nous revient à la figure.

Ce n'est pas un problème commercial, ce n'est pas un problème fiscal qui est posé entre l'Irlande du Nord et l'Irlande du Sud. C'est l'idée de savoir comment des peuples peuvent vivre ensemble et comment des frontières peuvent les en empêcher ou pas. Cette question des frontière reviendra dans bien des endroits de l'Europe qui aujourd'hui paraissent à l'observateur superficiel extrêmement stable.

J'achève le Brexit montre au français à quel point le frexit serait une erreur. On ne peut avoir comme ligne politique l'entrée ou la sortie. Pour nous autres Français sans lesquels il n'y a pas d'Europe, pour nous autres Français qui sommes la deuxè puissance économique du continent, qui sommes des latins comme le sont la 3è puissance économique du continent, les Italiens, la 4e que sont les Espagnols.

Pour nous, il y a une situation telle que le dilemme ne doit pas être entre rester et subir l'ordolibéralisme et la politique des gouvernements allemands ou s'en aller. reformater, refondre, tout changer de fond en comble pour que l'Europe puisse continuer, pour que les relation pacifique entre les peuples d'Europe puissent continuer. Alors que ce que nous sommes en train de voir du fait de cette politique, c'est la dégradation des relations entre les peuples.

D'avoir mis les individus en compétition les uns avec les autres du matin au soir par des règlements absurdes et antisociaux nous a conduit progressivement à mettre les peuples mêmes en compétition. jusqu'au point où certains ont décidé de s'en aller. Je ne veux pas pour ma patrie dans tel choix.

Je ne veux pas d'Europe allemande. C'est sans doute la raison pour laquelle je continue à préférer l'Europe à la française, c'est-à-dire celle des droits sociaux universels partagés par tous les peuples parlant une langue universelle. santé, médecine, éducation, échange.

Ça c'est la langue universelle qui est résumée dans la formule de la patrie, liberté, égalité, fraternité qui n'a rien à voir avec le false guist dans lequel nous épuisons à chercher des raisons d'être européens alors que nous ne les trouverons que dans l'unité des droits sociaux, dans l'égalité et dans la fraternité. Ce que nous avons vu avec le Brexit, c'est l'échec de l'esprit de l'universalisme qui devrait nous caractériser si cette Europe était davantage à la française plutôt qu'à l'allemande. Je sais que mes adjectifs peuvent choquer l'un ou l'autre d'entre vous.

Je voudrais d'avance balayer l'accusation récurrente de germanophobie. Je repréciserais, comme je l'ai déjà dit, que ce que je mets en cause, ce sont les gouvernements CD ou CSU, la démocratie chrétienne allemande, la dictature de la Bavière et de quelques provinces allemandes qui imposent un rythme, une forme et une ligne politique à toute l'Europe. C'est la raison pour laquelle il faut en changer et le plus vite sera le mieux ou sinon vous n'aurez plus d'Europe. obliger tous les peuples d'Europe à capituler devant une politique qui est absolument contraire aux intérêts de notre pays, nation jeune, qui a besoin d'investissement et qui a besoin de services publics.

C'est condamner l'idée européenne elle-même. Mais pire que de la condamner après tout, ça n'est qu'une idée et on en a vu d'autres être condamnés par l'histoire. Ce qui sera condamné, c'est la paix.

Et moi, de cela, je ne veux pas. Merci, monsieur le président. Yeah.