Karim Zeribi, condamné à 3 ans de prison, brise le silence dans TPMP
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Tu as été condamné une première fois en septembre 2020 à deux ans de prison avec sursis. 50 000 euros d'amende et trois ans de privation des droits civiques et civils, dont l'éligibilité. Tu as fait appel de cette décision.
Aujourd'hui, tu es dans quel état ? Tu es dans quel mood ? J'ai vu ton tweet.
Tu ne comprends pas cette décision ? Non, je ne la comprends pas. D'abord, merci Cyril.
Tu m'as sollicité pour venir m'exprimer. Je ne l'avais pas fait. Jusqu'à présent.
Je sais. Jamais. On n'en a jamais parlé tous les deux.
Depuis six ans que cette affaire a débuté avec une information judiciaire, jamais j'ai voulu en parler dans les médias parce que je me disais, il ne faut pas médiatiser les choses. Il y a plein de gens qui sont pris dans des affaires de justice. Ils ne médiatisent pas.
Ils n'ont pas la possibilité de le faire. Moi, je n'ai pas à le faire. Il faut que je me défende comme citoyen lambda et que je prouve mon innocence.
D'ailleurs, mon carrément, on n'en a jamais parlé tous les deux, même hors antenne. Non, on n'en a jamais parlé parce qu'encore une fois, pour moi, j'ai toujours fait confiance à la justice. Je n'ai jamais critiqué la justice, jamais les magistrats.
J'ai toujours dit ma désapprobation de la violence, du non-respect des lois de la République. Je pense que personne ne peut indiquer que je n'ai pas un discours républicain assez clair, assez ferme. À un moment donné où on avait une suspicion sur ma probité, je me disais, il faut laisser faire la justice.
Il faut laisser faire ce temps de la justice. Il y a une enquête et autres. Donc, tu ne vas pas t'exprimer dans la presse.
Tu vas laisser faire. Et puis, tu prouveras ton innocence. Cette affaire, elle disparaîtra comme elle est venue.
Alors, juste, Karim, est-ce que tu peux expliquer, parce que moi, je n'ai pas compris, ce qu'on te reprochait. Est-ce que tu peux expliquer à nos téléspectateurs pourquoi, aujourd'hui, tu as été condamné ? Alors, rapidement, la genèse.
En 2012, je suis candidat aux élections législatives dans les quartiers nord de Marseille. D'accord. Le 10 juin 2012, premier tour, je fais 21,5%, qui était le plus gros score d'un candidat sans étiquette en France.
Huit jours après, une lettre anonyme parvient au parquet. Le 18 juin. Une lettre anonyme disant, vous devriez regarder les comptes de Karim Ziribi.
Donc, il s'est servi de la vie associative pour sa promotion politique. Cette lettre, elle dit ça. Huit jours après, information judiciaire, pendant un an, enquête, sans que je sois au courant, invité à m'exprimer, rien.
Au bout de deux ans, il y a à peu près une dizaine, quinzaine de personnes qui ont été en garde à vue, qui sont exprimées, qui ont témoigné et autres. Donc, j'apprends qu'il y a un doute sur ma probité. Je sollicite le procureur de la République à l'époque, elle lui dit, monsieur le procureur, si vous voulez m'entendre, je suis disponible.
Vous n'avez pas été entendu jusqu'à présent ? Je n'ai pas été entendu. J'ai été entendu en 2015.
Trois ans après. Trois ans après. Trois ans après.
En 2015, je suis en déplacement à l'étranger pour des raisons professionnelles. Je reçois un coup de fil d'un commissaire de Marseille qui me dit, monsieur Ziribi, on veut vous entendre demain pour une affaire qui vous concerne. Je lui dis, je suis à l'étranger sur le plan professionnel, je rentre après demain.
Monsieur le commissaire, il n'y a pas de problème, après demain, je viens et je me rends à cette convocation. Il me dit, non, non, non, vous venez demain. Je lui dis, monsieur le commissaire, ça fait trois ans qu'il y a une enquête, on me tourne autour et on ne m'a jamais interrogé.
Dans 48 heures, je viens, c'est professionnel, c'est important, c'est mon boulot. Il me dit, monsieur Ziribi, on va venir vous chercher sur le tarmac. C'est quoi, c'est une blague ?
Monsieur le commissaire, n'ayez pas peur. Je rentre en France, je viens. Je rentre 48 heures après, je me rends.
Alors, vous n'êtes pas allé le lendemain, finalement. Après, je suis arrivé le mercredi avec l'accord de mon avocat qui a appelé, que le magistrat a dit, bon, s'il ne peut pas faire autrement, qu'il vienne le mercredi. Je suis rentré le mercredi.
Et là, je fais 48 heures de garde à vue, je réponds à tout. À tout. Je suis tranquille, je suis serein.
Qu'est-ce qu'on vous reproche ? Alors, dites-nous, c'est quoi les questions ? D'abord, utiliser les associations pour lesquelles j'ai milité, toujours bénévolement, en tant que président fondateur, agir pour la citoyenneté, agir pour le recrutement.
Pourquoi ? Et ils vous reprochent ? D'abord, utiliser l'argent pour faire ma promotion.
Un 4 pages associatif, où il y a les actions de l'association, mais il y a aussi ma tête. Ah, vous avez utilisé ça pour votre promotion politique. Parce qu'en 2001, je créais les associations.
En 2007 et en 2012, je me présente aux élections. En fait, ils estiment que je savais que 6 ans après...
D'accord. Que vous aviez fait ces associations pour vous servir de ces associations et de tous les supports qu'avait l'association. Exactement.
Pour, à des fins politiques, à des fins de promotion politique, pour vous présenter derrière. Je rappelle que je fais l'émission Les Grandes de Gueule depuis 2004 sur RMC, d'ailleurs. C'est là que j'étais au péril.
Je leur explique que ma notoriété, ce n'est pas les associations qui me l'ont donné. J'ai toujours été bénévole, regardé les comptes, j'avais de tout. Il n'y a pas un euro de centime qui est venu chez moi.
Rien. Non, mais M. Zéribi, le 4 pages, vous en avez servi.
Vous l'avez distribué. Et derrière, ça a fait votre promotion. Je leur dis non, c'est les médias.
Je suis dans les médias. Et ce n'est plus moi qui ai porté les associations que les associations qui m'ont porté. Et là, je leur apporte des éléments concrets.
Par exemple, dans cette affaire, on me reproche d'avoir perçu du conseil régional PACA une subvention de 175 000 euros. Tu vois, sur l'association ? Oui, sur l'association.
Que l'association aurait reçu une subvention de 175 000 euros. Vous l'avez reçu ? Non, je leur dis, on n'a jamais reçu.
Jamais ? Jamais, on n'a pas reçu de subvention de 175 000 euros du conseil régional PACA. Mais M.
Zéribi, on vous dit que vous l'avez reçu. Écoutez, vous savez ce qu'on va faire ? Mon avocat va écrire au conseil régional PACA.
Oui, exactement. Ils ont tout. Tout.
Parce qu'on le voit quand on reçoit 75 000 euros. Mais évidemment. Et là, j'ai apporté un document, si on peut le passer à l'antenne, à la régie.
On a écrit au conseil régional PACA, est-ce que cette association a touché la subvention ? J'ai bien reçu votre courrier en objet et vous confirme qu'aucune subvention n'a été versée pour la subvention de la compétence de recrutement. Je donne ça à la juge.
D'accord. J'ai l'impression que je n'ai rien donné. Je dis, dans cette affaire, là où je suis frustré, là où les cœurs m'envahissent, c'est que j'ai l'impression que j'ai apporté les éléments.
On peut porter la suspicion sur moi, sur la base d'une lettre anonyme, qui n'est pas dans le dossier d'ailleurs. On me dit que c'est une lettre anonyme, elle n'est pas dans le dossier d'instruction. D'accord.
Mais passons. J'apporte des éléments de preuve. J'apporte des comptes.
On n'est pas en mesure de dire qu'il y a un euro de centime qui est passé des comptes associatifs, donc à mes comptes personnels. J'apporte la démonstration que cette subvention n'a pas été touchée. J'apporte tous les éléments.
Moi, je suis serein. Je me dis, cette affaire, c'est un mauvais moment. Il y a des gens qui, peut-être, ont été dérangés par mon score, par mon émergence politique à Marseille.
Ça existe. Vous aviez l'impression de nous dire, il y a quelques minutes, que les 21% que vous avez fait lors des élections dans les quartiers nord à Marseille, juste après, avait une corrélation quand même avec cette lettre anonyme. Vous pensez que c'est quelqu'un de l'association ?
Tant qu'elle le parvient huit jours après au parquet, je suis obligé de me poser des questions. Surtout que cette lettre anonyme n'est pas dans le dossier. Vous n'avez jamais su qui avait fait ça.
On ne peut pas le savoir. Même pas une idée. Oui, c'est un...
C'est un...
Et en même temps, je ne veux pas me comporter comme victime. Je ne veux pas dire, c'est un complot, machin. Cette défense-là, je n'ai jamais voulu la tenir.
On vous reproche d'avoir utilisé...
Les supports de l'association, le local associatif pour avoir fait des réunions politiques, alors que je démontre qu'il y a un bail de local de campagne qui coûte plus cher en loyer que le bail du local associatif. Je le démontre. Il y a des redevances, il y a des photos, il y a tout.
J'ai l'impression que les preuves apportées ne sont jamais suffisantes. Je réponds à toutes les questions, je n'en délude aucune. Et à un moment donné, je me sens acculé, comme si les magistrats avaient presque décidé, avant que je m'exprime, avant que je produise quelques pièces, que ce soit de la décision.
Et encore une fois, je ne créerai jamais au complot politique. Parce que j'ai toujours défendu la justice, j'ai toujours défendu les magistrats. Je n'ai jamais dit, mais non, là il y a des gens qui m'en veulent, il y a un complot.
Non, je dis simplement, il y a deux solutions pour moi. Soit ils n'ont pas le temps de regarder les dossiers qu'on leur fournit, ce n'est pas possible, parce que la justice est débordée, on ne fait que nous le dire, il y a trop de dossiers et autres. Parce qu'on a fourni à mes avocats des dossiers de 100 pages, avec des photos, avec des éléments, avec des preuves.
Vous étiez confiant. Très confiant, mais tu ne fais pas appel si tu n'es pas confiant. Quand c'était cette première sanction au départ.
Alors justement, je voulais le dire au téléspecteur, parce que première sanction, en 2020, deux ans de prison avec sursis, 50 000 euros d'amende, trois ans de privation des droits civiques et civils dont éligibilité. Vous faites appel, donc ça veut dire que vous êtes sur le bout, vous pensez que la peine va être moindre. Je le vis comme une injustice, je fais appel.
Exactement. Et là, on passe de deux ans à trois ans de prison, avec sursis. De 50 000 euros d'amende à 80 000 euros d'amende, de trois ans à cinq ans de privation des droits civiques et civils dont éligibilité, et en plus cinq ans d'interdiction de gérer une entreprise ou autre.
La totale. Donc là, c'est une peine très lourde. Très lourde.
Très lourde. Et là, tu te dis, je fais appel. Je suis, avec mes avocats, déterminé à démontrer mon innocence, que j'apporte des éléments supplémentaires sur le plan matériel.
Et en droit, moi, je cime qu'on doit juger sur des éléments matériels, pas sur des hondis, pas sur des rumeurs, pas sur des témoignages potentiellement de gens à qui vous ne plaisez pas. Et là, quand la sentence est tombée hier, le verdict est tombé hier, c'est un coup de massue. Je me suis dit, ce n'est pas possible.
Tu ne fais pas appel si tu sais qu'à un moment donné, tu as des charges aussi lourdes à te reprocher. Et là, j'ai l'impression, au verdict, que j'ai détonné des millions d'euros, qu'on me reprocherait des choses abominables et autres. Très franchement, ce qu'on me reproche, c'est un cas de page.
C'est un sondage associatif. C'est d'avoir utilisé des locaux associatifs. Ça se joue à quelques dizaines de milliers d'euros.
Si c'était vrai, je comprends d'être sélectionné. Et les 175 000 euros qui n'existent pas, ça aussi, ça a été retenu dans le dossier ? Bien sûr.
Ah, c'était retenu. Le journal La Provence parle aujourd'hui d'une subvention du conseil régional PACA. Cette subvention, depuis le départ, elle n'a jamais été versée.
On l'a vu dans la lettre. Je ne comprends pas. C'est l'incompréhension, l'écœurement.
À un moment donné, tu es dépité, il y a un coup de massue que tu prends sur la tête, tu te dis que ce n'est pas possible, c'est un cauchemar. Après, je suis quelqu'un de déterminé, je suis quelqu'un qui me dit que c'est une épreuve. C'est une épreuve que tu dois affronter.
Comment réagit votre famille ? Très mal. Très proche de votre famille.
Très mal. Très mal. Toute la famille a été décomposée hier.
Je vous dis la vérité, on pensait que j'allais être relaxé. Mais mes avocats aussi, on se disait, mais cette journée-là où on est allé défendre un appel, on a répondu à tout. On était convoqué à 14h au départ, jusqu'à 18h.
La juge nous dit, est-ce que vous êtes d'accord pour venir le matin à 9h ? Pas de problème. Au plus, on va prendre de temps, au mieux, on pourra rentrer dans le dossier. 9h.
Mes avocats font 3h de plaidoirie. Ils apportent tous les éléments juridiques, éléments de preuve, matériel, tout. Je sors, honnêtement, je suis hyper serein.
Je me dis, c'est du bon boulot. Est-ce qu'il y a eu des pièces contre vous au tribunal ? Aucune pièce matérielle, des témoignages.
Des témoignages. Des témoignages de quoi ? Des témoignages.
Des témoignages. Des témoignages contre vous. Karim Ziribi s'est servi de l'association tel un véhicule politique, un bénévole de l'association, quelqu'un qui était dans l'entourage de l'association, qui dit, ah mais il nous a demandé de venir l'aider sur le plan politique, il faisait des réunions dans le local associatif.
Des témoignages qui créent le doute, qui créent la suspicion, qui créent un contexte un peu d'une atmosphère de malaise. Moi, je dis au juge, j'entends, j'entends. Moi, je vous prétends le contraire et je vous le prouve.
Local associatif, je vous mets un local de campagne à côté avec un bail. D'accord. Donc, subvention, je vous dis qu'elle n'a pas été touchée.
Les salariés, j'ai pris une société spécialisée dans le tractage et le boîtage. Spécialisés, qui sont dans mes comptes de campagne. Mes comptes de campagne, c'est un emprunt à la banque.
Et comme vous fournissez toutes ces preuves, ils vous disent quoi, même, les témoins qui sont là ? Ils prennent acte, ils ne te disent rien. Et là, tu dis, bon, c'est bien.
Il y a les preuves matérielles, il y a les éléments, on est en plaidoirie, on le dit, on l'indique. Et c'est quand le verdict tombe que tu te dis, mais ce n'est pas possible, on a l'impression qu'on n'a rien donné. C'est ça, c'est ce sentiment-là qui me prend aujourd'hui, qui m'envahit.
C'est cet écœurement-là. Si on m'avait prouvé par A plus B, M. Zéribi, vous avez ce relevé-là ?
Pourquoi il y a eu ce virement de 1 000 euros de l'association vers votre compte ? Pourquoi ? Or, moi, jamais, jamais, pas un élément financier dans ce dossier, c'est ça qui m'atterre.
Et je vais même te dire mieux, à un moment donné, l'association était en difficulté en 2013. En 2013, je dis, je vais aider l'association sur mes fonds personnels. J'ai toujours bossé, moi, donc j'ai toujours été bénévole.
C'était quoi cette association, d'ailleurs ? Inscription solide sélectorale dans les quartiers, créer un parlement des quartiers pour que les jeunes s'expriment, les habitants des quartiers s'expriment. Vous étiez président de l'association ?
J'étais président fondateur de l'association. Et ensuite, j'ai passé la main à des jeunes qui ont pris derrière. On a invité Ségolène Royal en 2007 pour un débat à Villeurbanne.
J'étais candidat à Marseille. On fait le parlement des banlieues à Villeurbanne. Pas un seul parlement des banlieues à Marseille.
Si je veux me servir de l'association, je réunis des centaines de jeunes à Marseille, sur mon terrain électoral. Pas un parlement des banlieues à Marseille. Villeurbanne avec Ségolène Royal et Mont avec Nicolas Sarkozy pour montrer que cette association n'était pas partisane sur le plan politique.
On a invité les deux candidats. Les deux candidats, on leur fournit un livre blanc, travail de l'association. Les livres blancs, il faut prendre un imprimeur.
Non, mais les livres blancs vous ont servi pour votre campagne. Ce n'est pas possible. J'ai fait un sondage pour voir les attentes des habitants des quartiers. 47 questions.
Il y a une question, 6 tests, est-ce que vous connaissez en notoriété Fadela Amara, Malek Bouti, Karim Zeribi, Christian Taubira. Il y a 5 sinon. Une question sur 47.
Le sondage, c'est un sondage politique, M. Zeribi. Il est fait pour vous aider dans votre élection.
C'est un sondage national. Je me présente à Marseille. Tout ça, on amène des preuves, on décortigue.
L'Institut de sondage fait une attestation en disant que ça ne peut pas être un sondage politique. Les quotas, ils commencent à 15 ans. À 15 ans, on ne vote pas.
M. Zeribi, il a fait un sondage sociétal qui a servi le livre Parlement des banlieues. Tout ça, on le prouve, on l'amène.
Et je me retrouve acculé de charges. Il y a des gens qui ont commis presque des actes dix fois plus graves. Ils n'ont pas ces peines-là.
On me prend presque ma maison, confiscation. J'ai un crédit depuis 25 ans sur ma maison. C'est facile à voir. 25 ans, crédit pour l'étier de France.
Je veux dire, elle n'est pas encore finie d'être payée. À un moment donné, ça te fait mal. C'est quand ton intégrité est mise en cause.
Parce que tu te sens sali. Dans les médias, on te salit. On salit ton nom, on salit ta famille.
Évidemment que tu ne peux pas bien le vivre. Évidemment que tu le vis mal. Surtout quand tu es droit dans des bottes, quand tu es un peu une grande gueule sur les plateaux télé, que tu dis les choses comme tu les penses.
Tu as l'impression, au moment donné, de déranger. Tu te dis, qu'est-ce qu'il y a ? Soit la justice est débordée.
Elle ne s'est pas traité un dossier où tu apportes des éléments matériels. Soit on veut te la faire. On veut te faire taire.
Tu es obligé de te poser cette question. Est-ce que vous avez été condamné à une confiscation en valeur de son domicile à concurrence de 109 000 euros ? Ça veut dire quoi ça ?
J'habite dans les quartiers nord de Marseille. J'ai une maison que j'ai fait construire il y a 25 ans. 25 ans.
Ça veut dire quoi ça ? Ça veut dire qu'aujourd'hui, ces 109 000 euros, ils les expliquent de la manière suivante. Parce que l'abus de biens sociaux, vous avez dépensé l'argent de cette société, qui est votre argent, on ne parle pas de l'argent d'association, de votre argent, à des fins qui étaient destinées à un autre objet que la société.
Et là, mon fils était gérant de la société. Mon fils, Ryan, mon fils, il était en BTS, négociation relations commerciales. Il me dit, je vais être gérant de la société.
Papa, je suis en BTS et autres. Je vais faire le siège de la société à la maison. Vous prenez toutes les professions indépendantes, les artisans et autres, beaucoup ont le siège de la société à la maison.
Il fait le siège, Ryan, de la société à la maison, qui a ménagé un bureau. On me dit, les travaux que votre fils a fait pour aménager le bureau, qui est une petite véranda de 30 mètres carrés, où il a fait son bureau, où il a mis un coin pour déposer les archives et autres de la société, il était gérant. Monsieur Zériby, c'est pour embellir votre maison.
Je lui dis, ce n'est pas possible. Si Ryan prend la gérance, il fait appel à des artisans, et il s'est démontré que c'est pour le siège. C'est une entrée séparée de la maison.
Tout est fait pour qu'on puisse distinguer la maison de ce siège. On me dit, non, monsieur Zériby, on considère que c'est un abus de bien social. Avec l'argent de la société que nous avons gagné.
On ne parle pas de fonds publics, on ne parle pas d'associations. Et là, mon fils, il dit, mais attendez, ce n'est pas possible. C'était moi le gérant.
S'il y a quelqu'un qui a fauté, puisque vous estimez que c'est une faute, c'est moi. Oui, oui, c'est vous. Mais votre père était complice.
Et bam, on me met sur la tête l'abus de bien social. Alors que Ryan a pris six mois exorci. Ça veut dire que quelque part, tu te dis, ça ne suffit pas.
Le gérant, il dit, s'il y a une erreur que vous estimez, je l'assume, éventuellement. Même si on conteste le fait que c'était un siège social, ce n'était pas fait pour l'améliorer à la maison. Mais non, ça ne suffit pas que le fils soit condamné à six mois.
On va mettre aussi sur le père la confiscation d'une part de la maison. 109 000 euros. Donc là, on vous confisque 109 000 euros ? 109 000 euros.
Plus 80 000 euros d'amende, ça fait 180. Tu te dis ça, tu dis, il a détourné des millions, le mec. C'est encore quelques dizaines de milliers d'euros dont on parle.
Et la vie associative, encore une fois, c'est grave. Parce que la vie associative, c'est des fonds publics. Pour moi, les fonds publics sont sacrés.
J'ai donné 15 ans de ma vie en bénévole dans les quartiers populaires où je suis né. 15 ans parce que j'avais le sentiment que ça se délitait. On perdait effectivement l'identité citoyenne, républicaine, laïque, qui avait une forme de ghettoïsation.
Je voulais les transmettre. C'est écuré aujourd'hui. Écuré ?
Tu vas faire ça bénévolement, tu passes 15 ans de ta vie, sur tes jours de repos, de qui on te dit, non, M. Zérivi, le 4 pages que vous avez fait où il y a Ségouine-Royal, c'est pour vous mettre en avant politiquement. Ségouine-Royal, M. le magistrat, était l'invité du Parlement des banlieues.
C'est l'action de l'association. Juste, Karim, une petite question. Est-ce qu'il y a eu cette lettre anonyme qui est à la base...
Et qui n'est pas dans le dossier ? de toute cette enquête sur vous. La personne qui a fait cette lettre anonyme, c'est qu'elle se disait il fait des choses dans l'association que j'ai envie de dénoncer ou quoi ?
Non, je pense...
Moi, mon sentiment, c'est que je suis arrivé à Marseille, m'installer à Marseille. Moi, je suis né à Avignon. On croit que je suis né à Marseille et autres.
Bon, je ne vais pas contredire à chaque fois ceux qui peuvent le passer. Je suis né à Avignon. Je suis arrivé à Marseille en 2006.
D'accord. En 2006, je m'engage en politique. Et je fais 21%.
Donc, ensuite, en 2012. J'ai eu une ascension quand même assez fulgurante. J'étais président de la Régie des Transports de Marseille, qui est la RATP marseillaise, par mon ascension politique.
J'ai été conseiller municipal. J'ai été à la métropole. Il y a des gens qui ont 30 ans de politique qui n'ont pas ce parcours-là.
Je suis arrivé tel un intrus. Il arrive, il fait des scores dans les quartiers. Ça adhérait, les gens suivaient, il faut le dire.
J'ai un ami, très bien placé à Marseille, je ne vais pas dire son nom, qui est extrêmement connu, qui m'envoie vivre la politique à Marseille. Tout le monde sait qui l'a balancé, qui vous a balancé, et qui il a toujours fait chier. Ces comptes de campagne ont été validés par le Conseil d'État.
Bien sûr. Bien sûr, 2007 et 2012. C'est quelqu'un de haut placé qui m'envoie ça. 2007 et 2012, compte validé, rien à me reprocher.
Et ? Emprunt à la banque pour financer ma campagne. Ce n'est pas des fonds associatifs.
Emprunt à la banque, clair, net, précis. Dépense, facture. Monsieur Zériby, vous avez utilisé les salariés pour tracter.
Non, monsieur le magistrat. Regardez dans les comptes de campagne, c'est une société spécialisée. À l'appareil.
Je ne vais pas payer une société si j'ai des bras gratuits. Ce n'est pas fou. Vous savez de qui parle cette personne qui m'a envoyé ce SMS ?
Non, pas du tout. Non. Vous ne savez pas qui vous arrive.
Non. Honnêtement, non. Et je vais vous dire, Cyril, de toi à moi, je vais te dire, Cyril, quand cette lettre anonyme arrive et elle n'est pas dans le dossier et quand je vois les interrogatoires et autres, je me dis, je vais regarder le dossier lorsque j'aurai accès.
J'ai accès au dossier. Il y a un capitaine de police qui a interrogé un peu une trentaine de personnes. À un moment donné, je regarde les auditions à mes avocats.
Question. Connaissez-vous M. Entel ?
À la personne. La personne répond. Une autre personne est interrogée.
Connaissez-vous M. Entel ? Même réponse.
Le capitaine en charge faisait les questions et les réponses de personnes différentes qui étaient interrogées à trois mois d'intervalle, les auditions, à la virgule près, si elles ont des questions et des réponses. Là, je veux dire, mon avocat, bien béni, on voit bien que les gens, ce n'est pas eux qu'on parlait. Il fait les questions et les réponses.
On va le faire valoir au procès ? Bien sûr qu'on va le faire valoir au procès. On donne ça au président du tribunal.
M. le Président, il y a quand même une ambiguïté, là. À la virgule près.
Si ça tournait autour, encore, à la virgule près, au mot près, les personnes à quatre mois d'intervalle qui ne se connaissent pas disent la même chose, les mêmes réponses aux mêmes questions. Il fait les réponses et les questions, le capitaine. C'est une audition, ça ?
C'est un procès verbal, ça ? On ne vous répond pas. On ne vous répond pas.
On vous regarde. On prête. On vous regarde.
Quand vous amenez une preuve, une photo que vous avez un local de campagne et vous dites ça, c'était le local associatif. Regardez le local de campagne. Il y a une effigie, il est plus grand, il coûte plus cher.
Tenez le bail. On regarde, on prend acte. Et là, tu te dis, dans la rédaction, à un moment donné, des éléments d'accusation, tout ça va être pris en compte, Karim.
Tu es serein, tu es tranquille. C'est pour ça que quand tu en appelles, tu dis, bon, on va en appel, c'est parce qu'on a suffisamment d'éléments. Sinon, tu ne vas pas en appel.
Est-ce que vous pensez que votre personnage médiatique a joué contre vous ? Je pense que quand on vous voit beaucoup, qu'on vous entend, que vous parlez un peu fort, que vous dites les choses franchement, ça ne plaît pas. Ça ne plaît pas.
Est-ce que ça a été évoqué, tout ce que vous avez fait en télévision, que ce soit dans les grandes gueules ou chez nous, dans « Balance ton poste » ou pas du tout ? À première instance, la présidente du tribunal commence en me disant « Moi, je vous préviens, je ne vous connais pas. Je ne regarde pas la télé. » Ce n'est pas le sujet.
Moi, je ne veux pas qu'on me dit si on me regarde, si on ne me regarde pas. Moi, je ne veux pas qu'on juge Karim Zeribi. Je veux qu'on juge un citoyen.
Est-ce qu'il a fauté ? Est-ce qu'il n'a pas fauté ? Honnêtement, si je parlais en langage populaire, je dirais, sur la tête de mes enfants, si j'avais quelque chose à me reprocher, je paye et c'est terminé, on n'en parle plus.
Tu n'appelles, tu ne fais rien, tu dis « Cette affaire est derrière. » Tu dis « C'est terminé. » Mais quand il n'y a rien à te reprocher, tu n'acceptes pas la décision.
Tu dis « Elle est tellement injuste et incompréhensible. J'ai donné tellement d'éléments. J'ai donné tellement d'explications. » Tu dis « Mes avocats, ils étaient trois en appel. » Trois.
Trois heures et demie de plaidoiries. Ils amènent les éléments juridiques. Ils amènent les éléments de preuve matérielle.
Et en face, il n'y a pas d'élément matériel. Tu dis « Quand même. » Ils ne vont pas juger les magistrats sur, je dirais, leur sentiment.
Leur intention. Ils vont juger sur des éléments. Il y a des éléments tangibles qui disent que Karim Ziribi a profité de la vie associative.
Oui ou non. S'il n'y en a pas. Qu'on l'aime ou qu'on n'aime pas cette grande gueule, on ne le condamne pas.
S'il y en a, on le condamne. On ne le traite pas comme Karim Ziribi, chroniqueur, intervenant dans la médiation. On le traite comme un citoyen.
S'il a fauté, il doit payer. S'il n'a pas fauté, il n'a pas à payer. Même si sa gueule ne nous revient pas.
Même s'il parle fort. Karim, c'est quoi la suite pour vous maintenant ? Au niveau juridique.
J'ai fait un pourvoi en cassation. D'accord. Donc un pourvoi en cassation.
C'est sur le...
C'est sur le...
Pardon ? Vous y croyez ? Vous pensez que la décision peut...
Je vais aller au bout, Cyril. Quand tu es innocent, tu vas au bout. Tu épuises toutes les voies.
Ce sera la dernière...
C'est la dernière à la cassation. Et tu te dis, à un moment donné, il y a des magistrats qui vont regarder ce dossier et qui vont faire du droit et seulement du droit sans regarder qui est jugé. parce qu'on s'en fout encore une fois de qui est jugé.
Que ce soit Nicolas Sarkozy, un citoyen lambda ou Karim Dérémy, ce n'est pas le sujet. Ça va prendre combien de temps, ça, Karim ? Malheureusement, je pense que ça va prendre encore entre 9 et 1 an. 9 mois et 1 an.
D'accord. Et là, la décision...
Et là, je suis présumé innocent. Je tiens à le dire. Encore ?
D'accord. Parce que là, ça suspend toutes les charges. D'accord.
Toutes les accusations. Donc là, c'est suspensif. Et tu repars.
Et c'est suspensif. Et tu es présumé innocent. D'accord.
Le problème, c'est qu'on ne te regarde pas comme un présumé innocent. Quand il y a ce tapage, tu es présumé coupable. Bien sûr.
Il y a le doute. Alors, ceux qui te soutiennent, qui t'aiment bien, qui te connaissent, te disent, on est avec toi. Tu es un homme authentique, tu es un homme qui a des convictions.
On ne peut pas croire ce dont on t'accuse. Mais ceux qui ne t'aimaient pas trop, qui étaient un peu les charognards, qui te contestaient et tout, là, ils se régalent. Bien sûr.
Là, ils s'allument. J'ai vu sur les réseaux sociaux qu'il y avait beaucoup de gens sur qui tu peux compter dans ces moments-là. Bien sûr.
Parce que quand, effectivement, tu n'as pas épuisé toutes les voix, il y a des gens qui te disent, en cassation, ça va passer, Karim. C'est une cour de magistrale, la cassation, qui ne fait que du droit. Ils ne font que du droit.
Donc là, nonobstant, la personne, je n'y serai pas, moi, mes avocats n'y seront pas. C'est un avocat spécialisé en cassation qui va apporter les éléments, en disant, voilà, Karim Giribia a été accusé pour abus de confiance. L'abus de confiance ne tient pas.
L'abus de social, sur cet aspect-là, ne tient pas. La confiscation de la maison juridiquement ne tient pas. C'est ce que disent mes avocats.
Tous ces éléments-là, en droit, on va les poser sur la table. D'accord. Et après, la cour de cassation, elle va statuer.
Moi, je crois qu'elle statuera à un moment donné pour casser certaines accusations qui ont été portées. Est-ce qu'elle cassera tout ? Je ne sais pas.
C'est donc pas confiance. Je veux toujours l'avoir. Karim.
Je veux toujours l'avoir parce que sinon, Cyril, tu baisses la tête, tu pars en dépression et tu te dis finalement dans ce cauchemar tu ne t'en sortiras jamais. Je suis quelqu'un de plutôt optimiste. Je suis croyant.
Et vous allez vous battre. Et je me dis que je vais me battre jusqu'au bout. Karim, vous allez rester avec nous dans BTP quand même.
Bien sûr, Cyril. Avec vous, je vais au bout du monde.
Anasse Kazib