Carburants : Roland Lescure envisage "des aides supplémentaires à partir du 1er octobre", mais pas de baisse des taxes
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 72 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:28OuverteRéponse directe
Quel est votre diagnostic sur l'état de notre économie ?
- 2:15OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'un litre de carburant à 3 ou 4 euros est une hypothèse crédible ?
- 3:40FerméeRéponse directe
Pouvez-vous assurer aux Français qu'il n'y aura pas de pénurie de carburant dans les mois à venir ?
- 4:45FerméeRéponse directe
À combien de stations essence manquent au moins un carburant ce week-end ?
- 5:41OuverteRéponse directe
Qu'allez-vous proposer pour aider davantage de Français qui ne s'en sortent pas ?
- 7:27FerméeRéponse directe
Peut-on dire avec certitude qu'il y aura des aides supplémentaires à partir du 1er octobre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:48PrésentateurChiffre
« On a une croissance qu'on a revue à la baisse cette année, on était sur 1%, on sera finalement à 0,5%. »
- 0:54PrésentateurChiffre
« On espère un rebond modeste l'année prochaine, 1% de croissance, c'est pas non plus fantastique. »
- 2:41PrésentateurChiffre
« Depuis le début du conflit, les stocks de pétrole dans le monde ont baissé de 500 millions de barils. »
- 3:53PrésentateurFait
« On a toujours de la visibilité sur un à deux mois. Parce qu'on sait où sont les tankers, on sait ce qu'on a dans les stocks. »
- 6:03PrésentateurPromesse
« Au 1er octobre, les pêcheurs auront ce qu'on appelle un prêt à taux zéro. »
- 8:23PrésentateurChiffre
« 20 centimes de baisse sur le prix de l'essence, via une baisse des assises, c'est presque 10 milliards d'euros, 9,1 pour être précis. »
- 8:30PrésentateurChiffre
« On est en train de chercher plus de 50 milliards d'euros pour l'année prochaine. »
- 10:23PrésentateurChiffre
« La dette va dépasser les 120% du PIB. C'est un record. »
- 10:36PrésentateurChiffre
« Les taux d'intérêt à 10 ans sont au plus haut depuis 2007. »
- 12:54PrésentateurChiffre
« Avec l'émission d'obligation qu'on a faite jeudi dernier, on a complété 86% de notre programme d'émission pour 2026. »
- 13:22PrésentateurFait
« Dans le projet de budget transmis au Conseil d'État, il est prévu de geler les pensions de retraite au-dessus de 2034 euros par mois. »
Temps de parole
- Présentateur63 %
- Auditeur18 %
- Présentateur 213 %
- ?5 %
- Auditeur 22 %
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Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale. Nous voici donc avec le ministre de l'économie et vos questions, chers auditeurs. Je rappelle que vous êtes les bienvenus au 0145 24 7000 et sur l'application Radio France. Bonjour Roland Lesbure,
merci d'être avec nous ce
matin sur France Inter dans un moment de grande inquiétude devant la multiplication des crises qui affectent directement la vie des Français. Il y
a
les prix des carburants, les choix budgetaires à venir, le montant de la dette, les taux d'intérêt. Juste avant d'entrer dans le vif du sujet, monsieur le ministre, quel est votre diagnostic ? Dans quel état est notre économie dont vous avez la charge ? Est-ce que la France est malade
? Non,
elle
n
'est pas malade, mais elle est attaquée par des vents de face et elle résiste. Mais elle résiste, pas plus,
pas
moins. On a une croissance qu'on a revue à la baisse cette année, on était sur 1%, on sera finalement à 0,5%. Ça, ça affecte notre budget, on y reviendra. On espère un rebond modeste l'année prochaine, 1% de croissance, c'est pas non plus fantastique. Et pour ça, il faut que ça se calme dans le golfe. On ne s'attend pas à la paix dans le monde l'année prochaine, mais on s'attend à ce que le trafic dans le détroit d'Harmouz, qui est un peu le nœud économique de ce conflit, reprenne, alors que là,
il
est quasiment arrêté. Mais c'était le cas en juillet, il ne
faut
pas oublier que juillet, on était à 70 dollars sur le baril, on est aujourd'hui à 110. Donc la tension, elle se voit directement sur le baril, et du coup, directement...
Est-ce que
vous êtes un ministre
inquiet
?
Non, mais je dois reconnaître que je prends le moment avec une certaine gravité. Quand j'entends parfois quelques prises de position, y compris à votre micro tout à l'heure, je me dis, je ne
suis
pas sûr que tout le monde réalise la gravité du moment. Moi,
ce
que je veux, notamment dans le budget, c'est qu'on agisse maintenant,
j
'allais dire en responsabilité, mais encore en liberté, on peut faire des choix aujourd'hui, pour éviter d'être forcé à agir demain. Je vous donne un exemple très concret. On a dit, les retraites ne
vont
peut-être pas augmenter cette année. En Grèce ou au Portugal, quand ils ont fait face à la crise, les retraites ont baissé de 5, 10, 15%. C'est ça que je veux éviter à la France. Et
donc il faut agir.
On va rentrer dans tous ces détails, mais il faut qu'on commence par cette question qui préoccupe le plus les Français. Ce sont les prix des carburants. Hier, un nouveau record a été battu avec un prix du litre de gazole à 2,41 euros en moyenne. Certains spécialistes évoquent le scénario prochain d'un litre à 3 euros, voire même à 4 euros. Est-ce que c'est une hypothèse crédible
? Écoutez,
je ne
suis
pas Donald Trump ou le patron des gardiens de la révolution iranienne. Donc tout ça dépend quand même beaucoup de ce qui va se passer dans le monde. Ce que je peux vous dire quand même, c'est que depuis le début du conflit, les stocks de pétrole dans le monde ont baissé de 500 millions de barils. Donc on est en train de puiser dans les stocks. C'est-à-dire que si ça continue, on risque d'avoir un problème d'approvisionnement. Alors je tiens à rassurer tout le monde, il n'y
en
a pas en France. On va y revenir ici ponctuellement du fait du
plafondement. 15%
des stations de service.
Oui,
c'est le week-end, on a un peu plus de mal à livrer. Mais globalement,
on
a des stocks stratégiques qui sont à plein en France. Donc on n
'a
pas d'enjeu d'approvisionnement à ce stade. On a un enjeu de prix ? On a un enjeu de prix et ça, ça joue évidemment sur le porte-monnaie et sur le prix du plein. Et par ailleurs, si le conflit venait à durer, venait à s'éterniser, sachant que
ce
qui est nouveau depuis quelques semaines, c'est que les Ukrainiens, j'allais dire tant mieux, attaquent des raffineries en Russie. Mais ça veut dire qu'il
y a
moins d'essence en Russie et que la Russie se met à importer. Et que par ailleurs, les outils attaquent le pipeline saoudien qui permettait d'exporter. Donc on a moins de pétrole, moins
de
diesel qui circule. Roland Liscu, pour être très concret sur la question du carburant, puisque vous avez parlé des stocks d'approvisionnement, rentrons dans le vif du sujet. Est-ce que vous pouvez assurer aux Français que dans les mois qui viennent, ils ne manqueront pas de carburant dans les stations essence ? Est-ce que vous pouvez leur dire qu
'il
n
'y
aura pas de problème de pénurie, il n
'y
aura pas de problème d'approvisionnement dans
les mois qui viennent ? Ce que je peux
vous dire depuis six mois, je le dis, c'est qu'on a toujours de la visibilité sur un à deux mois. Parce qu'on sait où sont les tankers, on sait ce qu'on a dans les stocks. Donc ce que je peux vous dire aujourd'hui, c'est que pour les deux mois qui viennent, on n
'a
pas d'inquiétude. Pourquoi ? Donc seulement à horizon deux mois,
c
'est-à-dire que si on dépasse cet horizon-là ?
Non,
ça ne
veut
pas dire que j'ai une inquiétude au-delà. Depuis huit mois, depuis le début de ce contrat, depuis le début de ce combat, pardon, de ce conflit, j'ai été très clair, on a été très clair, on a de la visibilité très claire sur les six à huit semaines qui viennent. Et ensuite, évidemment, ça dépend de l'évolution du conflit. On n'a pas manqué d'essence en France, on n
'a
pas manqué de kérosène. Vous vous souvenez, on se demandait si on allait pouvoir partir en vacances. Et donc nous, on continue, et c'est pour ça que le président de la République a souhaité qu'on ait une réunion autour du Premier ministre aujourd'hui là-dessus, s'assurer que s'il y a un défi d'approvisionnement, on trouve les solutions. Donc on
prévoit à l'avance. Et juste Roland Lescure, pour nous faire un point d'étape ce matin, dans les stations essence, à combien on en est ? Ce week-end, on était à 16% de stations essence qui manquaient au moins d'un carburant. Est-ce que vous pouvez nous faire un point d'étape ce matin sur là où on en est ?
Oui, donc ce matin, on est à 17%, c'est-à-dire un chiffre similaire. Ce que je peux vous dire aussi, c'est que les stations qui manquent au moins d'un carburant, à 91%, ce sont des stations totales.
C
'est-à-dire que c'est le... Donc celles qui plafonnent. C'est la conséquence directe, évidemment, du plafonnement du prix. Les gens vont chez Total faire le plein. J'allais dire, je les comprends. Et du coup, ça tourne beaucoup chez Total. Et donc il faut un peu de temps pour réapprovisionner. On est lundi matin, on sort du week-end, c'est normal. Donc il n
'y a
pas d'enjeu systémique, stratégique d'approvisionnement. Les stocks stratégiques sont pleins, les raffineries tournent à plein. Mais évidemment, plus ce conflit risque de durer, plus on risque d'avoir des sujets. Et donc il faut qu'on prévoie tout ça. Alors, vous avez annoncé la prolongation des aides ciblées pour les gros rouleurs, sans extension pour l'instant. Il va y avoir une réunion avec le Premier ministre sur le sujet aujourd'hui. Est-ce que vous pouvez nous dire ce matin ce que vous allez proposer plus précisément pour aider davantage de Français qui ne s'en sortent pas, et qui font des arbitrages là, entre le supermarché, la voiture ? Donc les arbitrages ne sont pas tous pris.
Mais quand même, ce que je peux vous dire, c'est, vous l'avez dit, on a prolongé pour les agriculteurs, les pêcheurs, le BTP. Ce que je peux ajouter, c'est qu'on a annoncé qu'au 1er octobre, les pêcheurs auront ce qu'on appelle un prêt à taux zéro. Donc c'est l'État qui va financer des prêts de trésorerie, parce que ce que nous disent les pêcheurs aujourd'hui, c'est je n'arrive pas à payer mes factures, et donc je laisse mon bateau à port. Et nous, ce qu'on veut, c'est que les pêcheurs puissent sortir. Donc ce sera disponible dès le 1er octobre, c'est la banque publique d'investissement qui le fera.
Les pêcheurs peuvent d'ores et déjà se rapprocher des antennes locales de la BTP pour avoir ce prêt, pour ce qu'on appelle les gros rouleurs. Bon, on a fait déjà beaucoup de choses. La question qui se pose, c'est est-ce qu'on est temps après le 1er octobre, puisque pour l'instant le guichet est ouvert jusqu'au 30 septembre, est-ce qu'on élarge le spectre
? On
va décider de tout ça dans la journée. Mais moi, ce que je peux vous dire, en tout cas ce que je vais plaider, c'est que déjà, celles et ceux qui ont eu l'aide puissent avoir, si on la prolonge, une aide supplémentaire automatiquement. Donc c
'est-à-dire que ce n
'est
pas seulement, pardon pour l'anglicisme, un one-shot les 100 euros, c'est de pouvoir toucher une nouvelle fois, si vous êtes éligible, cette aide ?
De manière automatique. Parce que ce que je ne veux pas, c'est que ceux qui ont déjà fait la démarche aient à la refaire. D'autant que la moitié de ceux qui y auraient droit ne l'ont pas fait de cette
démarche. Alors ça,
c'est un paradoxe auquel, à ce stade, on n'a pas de réponse, puisque vous avez fait, et c'est normal, je dirais plutôt la pub de ce dispositif, c'est très bien. Vos confrères l'ont fait également.
Évidemment,
on a aujourd'hui, sur les quelques 3 millions de personnes qu'on avait estimées comme éligibles, à peu près 1,5 million de demandes, près d'un million de 100 000 qui ont déjà été versées. Le guichet est encore ouvert.
En
tout cas, Roland, pour ceux qui nous écoutent ce matin, vous pouvez nous dire avec certitude qu'il y aura des aides supplémentaires
pour ceux
qui prennent
leur voie. Il y aura
très vraisemblablement des aides supplémentaires à partir du 1er octobre, mais ce qu'il n'y aura pas, j'insiste là-dessus aussi, c'est une baisse de taxes généralisées. Parce que j'entends bien qu'on nous la demande, je dirais, à gauche et à droite. Je
voudrais rappeler quand même. Pardon, je fais une incise. On vous la demande aussi, parce qu'autour de nous, l'Allemagne vient de le décider, l'Espagne, le Portugal, l'Italie l'ont fait. Au fond, ce que vous dites aux Français, c'est que ce n
'est
pas qu'on ne veut pas, c'est qu'on n'a pas les moyens de baisser les taxes là où un certain nombre de nos voisins le
font. Et
on n'est pas tout à fait dans la même situation. L'inflation en Espagne aujourd'hui, elle est plus de 4%. Elle est à 2 et quelques en France. Donc, on n'a pas les mêmes pressions inflationnistes. Mais, effectivement, vous l'avez vu, j'en ai parlé avec mon collègue Almanche, j'étais à Dublin au Conseil des ministres des Finances vendredi, ils ont décidé de baisser les taxes. Je pense que
c
'était en partie lié à leur calendrier électoral, on ne peut pas dire que ça leur est beaucoup réussi. Mais, juste pour fixer les idées, 20 centimes de baisse sur le prix de l'essence, via une baisse des assises, c'est presque 10 milliards d'euros, 9,1 pour être précis. Donc, on est en train de chercher plus de 50 milliards d'euros pour l'année prochaine, et certains nous disent, allez en chercher 10 de plus, ce n
'est
pas grave. La réalité, c'est que ces 10 milliards,
il
va bien falloir que ce soit quelqu'un qui les paye. Donc, soit c'est des impôts en plus ailleurs, et on aura raison, on nous le reprochera, soit c'est encore des baisses de dépenses supplémentaires.
Mais c'est Roland Lescure, là encore pour ceux qui ont du mal à faire leur plein, c'est le bilan du macronisme, et votre bilan qui vous empêche de procéder à ces baisses de taxes. Donc, je disais,
20 centimes
de
baisse sur le litre,
c
'est 10 milliards. Nous, on l'a fait pour les grands rouleurs. Les grands rouleurs, ils ont eu 100 euros d'aide. 100 euros, 20 centimes, c'est 10 euros sur un plein. Donc, on a, entre guillemets, payé
10
pleins aux grands rouleurs à hauteur de 10 euros. Ça veut dire qu'on a aidé ceux qui en ont le plus
besoin,
et
je n'ai pas aidé celles et ceux qui, aujourd
'hui, n'ont pas
de
problème pour faire le point. Vous parlez
de la situation financière de la France. Est-ce que vous pouvez nous dire avec certitude qu'il n'y aura pas de baisse de taxes ? Il y a les taxes sur le carburant, il pourrait aussi y avoir, et Dominique se l'évoquait tout à l'heure, les baisses de taxes sur l'énergie, sur l'énergie produite en France, par exemple, sur l'électricité. Est-ce que ça, aussi, vous pouvez nous dire, non, ça, il n'en est pas question
?
Non, parce que ça, ce
sera l'objet du débat parlementaire. Mais ce que je veux dire, quand même, c'est qu'aujourd'hui, l'électricité est plus intéressante que jamais,
et
que
la
part des véhicules électriques qui sont vendus en France n'a jamais été aussi forte non plus. Les Français, ils ne
sont
pas bêtes. Ils comprennent qu'une pompe à chaleur électrique, ça coûte moins cher qu'une chaudière à gaz, qu'une voiture électrique, maintenant, c'est 100 comme une mesure,
ça vaut le coup. Et donc, une baisse
des taxes sur l'électricité, ça, ce n'est pas exclu. Non, mais ça, ça va faire partie du débat parlementaire. On l'a tous les ans. Le sujet, c'est, évidemment, combien ça coûte et qu'est-ce qu'on met en face. Parce que, moi, je vais entrer en mêlée. J'ai pris cette expression, j'espère que ce
sera
une mêlée fermée, à peu près organisée, pas une mêlée ouverte,
dans
le budget, avec un déficit prévu l'année prochaine à 5%. Et je souhaite qu'on y reste. Donc, si on baisse des impôts, il faudra en trouver ailleurs. Alors, justement, la situation financière du budget 2027 est la suivante. La dette va dépasser les 120% du PIB. C'est un record. Les taux d'intérêt à 10 ans sont au plus haut depuis 2007. La question, elle est toute simple. Est-ce qu'on est en train de perdre le contrôle ? Non, mais il faut tout faire pour éviter d'en arriver là. C'est pour ça que, j'insistais tout à l'heure, on est dans un moment où on peut encore choisir. On peut choisir de ne pas baisser les retraites. On peut choisir de ne pas baisser les salaires des fonctionnaires.
On peut choisir de continuer à investir dans l'avenir. On ne fait rien de tout ça. Les Portugais, les Espagnols, les Grecs, les Italiens, les Irlandais, quand ils sont passés par la crise, ils ont été obligés de faire tout ça. Les baisses du nombre de fonctionnaires...
Ce que
vous dites aux Français,
c
'est « Estimez-vous heureux, on n'en est pas encore là ». C'est « Agissons aujourd'hui avec détermination, en faisant certes des efforts, mais qui ne sont pas incommensurables. »
On
dit « Les retraites ne vont pas baisser.
»
On dit « Les salaires des fonctionnaires ne vont pas baisser. » Ça peut paraître absurde, mais si on maintient la main, si on garde la maîtrise de nos dépenses publiques et qu'on évite que ça parte
en
spirale,
on pourra garder
la main sur notre destin. C'est-à-dire précisément la question
des retraites et du salaire des fonctionnaires, mais simplement quand Florence vous pose la question de la perte de contrôle, le chiffre, là encore, on le cite beaucoup ce matin, donné par Dominique Seux, qui dit qu'en 2027, on paiera autour de 90 milliards d'euros d
'intérêts. 91
pour être précis. Donc le chiffre que vous nous
donnez ce matin,
c'est 91 milliards d'euros. Pour l'ensemble des
charges de la dette.
C
'est-à
-dire, je rappelle que le budget de l'éducation nationale, c'est une soixantaine de milliards d'euros. Oui, après un
peu moins. Et on parle
des
intérêts
de la dette. Quand la France fait face à cette situation, et encore j'imagine que c'est calculé avec un tendanciel avec des taux à 4,5%. Oui. Donc est-ce que ça, ce n
'est
pas une situation d'étranglement progressif ? Alors,
si. On ne perd pas la main sur nos finances publiques, donc on n'est pas dans une spirale. Il faut éviter d'y aller. Mais en revanche, tous les ans, on paye plus sur notre dette et ça nous étrangle progressivement. Ça serre la ceinture d'un trou tous les ans. Voire de deux. Et donc, pour desserrer cette ceinture, pour desserrer cet étau, il faut arriver à faire des économies
acceptables.
Et ça va être tout le sujet du débat parlementaire. Mais importante. Parce que sinon, on risque effectivement de
manquer d'air. Sinon, on risque quoi ? Pour dire les choses, est-ce qu'on risque une crise financière ? Est-ce qu'on risque des créanciers qui, à un moment donné, diraient, nous, on n'a plus confiance en la signature de la France, donc on vous prêtera plus
cher ?
Écoutez,
ce
que je peux vous dire, c'est qu'on n'en est pas là. Une annonce que je vous fais aujourd'hui aussi, c'est qu'avec l'émission d'obligation qu'on a faite jeudi dernier, on a complété 86% de notre programme d'émission pour 2026. Donc, on arrive à prêter. On arrive à emprunter et les prêteurs continuent à emprunter. C'est plus cher, mais il
n
'y a aucun problème pour couvrir. Moi, je veux préserver la stabilité financière de la France.
Je
veux préserver la signature de la France. Et pour ça, il faut agir avec détermination, aujourd'hui, pour éviter d'agir sous la contrainte demain.
Alors,
pour être précis, dans le projet de budget transmis au Conseil d'État, il est prévu de geler les pensions de retraite au-dessus de 2034 euros par mois. Est-ce que ça veut dire que ce seuil des 2000 euros, c'est celui du retraité riche ? Non. D'abord, ces chiffres ont fuité. Je ne sais pas par qui, je ne sais pas comment. Si vous les transmettez au Conseil d'État, ils risquent
de se retrouver dans la place.
C'est dur. Le Conseil d'État, il n
'est
pas censé, qui que ce soit,
être sur le chemin. Il est par contre, il est
refuité. Mais ce que je vais vous dire, c'est que
ce
budget, notamment, en l'occurrence, c
'est
le budget de la sécurité sociale, il a été transmis au Conseil d'État, c'est la loi, il va être présenté en Conseil des ministres, ça aussi, normalement, c'est la loi, 1er octobre, ou en tout cas, début octobre. Et dans la foulée, il va être débattu au Parlement. Et ce qu'on a dit, c'est que ce budget, c'est un point de départ. Et effectivement, il a fallu fixer des paramètres, à la fois sur l'indexation des retraites, et sur le fameux abattement. On en a fixé, c'était un début, on va discuter avec les parlementaires, là encore.
Mais est
-ce
que vous êtes favorable à ce seuil, ce seuil de 2034 euros, à partir duquel les pensions de retraite ne seraient plus indexées
sur l'inflation ? Je
ne veux
en aucun cas dire qu'au-delà de 2000 euros, on est aisé, et qu'en dessous de 2000 euros, on est pauvre, parce que ça,
c
'est un débat qui dépasse le problème, qui déplace le problème. C'est quelle proportion de retraités les pensionnés au-dessus de 2000 euros
?
Je n'ai pas le chiffre exact, mais on doit être au-delà de la moitié. La
pension
moyenne, elle était à peu près 1700 euros par mois. Donc, à peu près au-delà de la moitié. Mais simplement, à un moment donné, il faudra bien déterminer un seuil au-dessus
duquel les
pensions... Donc, est-ce que ce
seuil de 2000 euros, il vous paraît... C'est la démocratie parlementaire ?
Mais est-ce que vous, comme ministre de l'économie, vous aurez un avis ? Est-ce que ce seuil,
il
vous paraît pertinent ? De dire
environ
la moitié des retraités vont faire un effort. Je le répète, en n'augmentant pas les pensions, autant que l'inflation, j'allais dire, le mériterait. Donc, on n'est pas dans des baisses de retraite. Je suis désolé d'insister là-dessus. On
est dans un moment grave. À partir de quel niveau
la
pension n'augmentera pas ? On
dit, et moi j'en connais autour de moi, à des retraités qui ont des retraites correctes. Voilà, 2000 euros, c'est correct comme retraite. On vit avec 2000 euros. correctement.
Par
ailleurs, s'ils utilisent leur voiture, etc., il y a des aides qui ont quand même été mises en oeuvre. Donc, on est
sur
une population qui, en tout cas, moi je l'entends autour de moi, est consciente qu'il faut faire des efforts pour éviter la galère et que ces efforts, tout le monde peut le faire. Vous connaissez peut-être des retraités autour de vous aussi qui disent, franchement, ça ne m'enchante pas, mais moi aussi, je suis prêt à faire un effort pour aider la France à sortir d'une ornière dans laquelle elle est. Reconnaissons-le. Alors, passons par le standard de France Inter où Isabelle nous attend. Bonjour, bienvenue Isabelle. Vous avez une question à poser au ministre de l'Économie. Oui, allô ? Oui, bienvenue
Isabelle. Oui, bonjour. Allez-y. J'ai bien entendu ce que vous avez expliqué, monsieur, mais comment peut-on expliquer, alors qu'on demande à tout le monde de faire des efforts de contribuer, comment explique-t-on, alors sur la forme, autant que sur le fond, que lorsqu'il s'agit de faire contribuer les plus riches, les ultra-riches ou même simplement les 5% les plus riches, indépendant, je ne parle pas des retraités là,
ce
sujet devienne tabou
et
toutes les mesures de taxation qui sont proposées ne passent pas, apparemment, le cap du Parlement. Comment, comment, pouvez-vous l'expliquer ? Merci
Isabelle.
Merci Isabelle. Non mais, cette question se pose à tous les débats, donc ce n
'est
pas un tabou. Toutes les années, au Parlement, on a ce débat. Et le choix qu'on doit faire, collectivement, et c'est vrai que l'année dernière, le Parlement a refusé la dite taxe Zuckman qui vise notamment à ça, c'est,
est
-ce que cette taxe risque d'avoir un effet
contre
-productif sur la production, la création de richesses, ou est-ce que finalement, c'est juste de la taxation des ultra-riches ? Et la manière dont la taxe Zuckman est aujourd'hui pensée, elle impacte directement les
entreprises. Mais Roland L'Espel, pardon,
sans me
faire la porte
-parole d'Isabelle, parce que la taxation des plus riches,
il y a
la question de la taxation du patrimoine via la taxe Zuckman, mais il y a aussi les grands équilibres de ce budget. Vous allez geler les aides au logement, vous allez geler le point d'indice des fonctionnaires, vous allez fiscaliser les indemnités de l'arrêt de travail, vous allez donc vraisemblablement plafonner l'abattement fiscal pour les retraités, et dans le même temps, sur la contribution exceptionnelle aux grandes entreprises qui étaient l'année dernière de l'ordre de 7 milliards d'euros en termes de recettes, vous allez baisser cette contribution. Donc au fond, vous allez faire payer davantage tous les Français et vous allez moins faire payer les grandes entreprises.
Comprenez que certains
se
disent que
ce
budget manque de justice. D'abord, les grandes entreprises, c'est vous et c'est moi, c'est des centaines de milliers de salariés. Mais, vous l'avez dit, la contribution dite exceptionnelle, ça fait trois ans qu'on la prend. Donc ça fait trois ans, ça fera trois ans
que
les grandes entreprises françaises et internationales qui font des affaires en France vont payer plus d'impôts que toutes les autres. On va juste baisser un peu cette surtaxe, mais 8 milliards en 2025, 7 milliards en 2026, on verra l'ordre de 5 milliards en 2027,
c
'est quand même tout ça des impôts en plus pour les grandes entreprises. Donc, non, aujourd'hui, ce que j'aimerais, c'est que ce débat soit pas on taxe les uns, on ne taxe pas les autres,
qu
'on arrive à montrer nous, le gouvernement, qu'on a demandé un effort justement
partagé. Une question d
'ordre plus générale, Roland Lescure, là encore, sur le message que vous envoyez par rapport à ce budget. Sébastien Lecornu a dit il n
'y a
pas de hausse d'impôts. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça
?
Alors, il n
'y a
pas de hausse d
'impôts généralisée, évidemment, on n'augmente pas la TVA, l'IR, etc. Ce qu'on fait, parce que j'entends votre question, on dit que ce qu'on appelle le taux de prélèvement obligatoire
va
augmenter de 0,3 points et par ailleurs, ça veut dire que si vous êtes en arrêt de travail, le projet de budget prévoit de fiscaliser les indemnités que vous recevez. Ça, si ce n
'est
pas des hausses d'impôts, je ne vois pas ce qu'est une hausse d'impôts. On
supprime un certain nombre de
niches,
celles à lesquelles vous faites référence. Aujourd'hui, si vous travaillez, vous payez l'impôt. Si vous êtes malade demain, vous ne payez plus d'impôts. Est-ce que c'est normal ? D
'accord, mais supprimer une
niche fiscale,
c
'est augmenter les impôts. Et
augmenter la lutte contre
la fraude, c'est aussi de manière... Mais si ! Non, ce n
'est
pas pareil. Excusez-moi, quand on est fraudeur, on n'est pas censé frauder.
Par contre, dire qu'on va payer des impôts sur un travail,
c'est payer
davantage d'impôts. C'est qu'il y a une
partie de la hausse des impôts auxquelles vous faites référence qui vient de la lutte contre la fraude. Donc, nous n'augmentons pas les impôts de manière généralisée, impôts sur le revenu, TVR, etc. Mais effectivement, sur certains cas particuliers, sur un certain nombre de niches fiscales, on les supprime et donc, mécaniquement, ça augmente les impôts. Pour finir, Roland Liscure, toute la question maintenant, ça va être de savoir avec qui vous allez réussir à faire passer ce budget. En janvier 2025, vous étiez simple parlementaire, vous disiez je ne compose pas avec le RN. Est-ce que c'est valable aussi, cette fois, dans
le cadre
du budget 2027, vous ne négocierez pas avec eux pour qu'ils évitent de vous censurer ? J'ai toujours dit que je respectais les élus, quels qu'ils soient, parce qu'au fond, ils sont élus, comme moi, par le peuple, mais que je ne souhaitais pas composer avec le RN.
C
'est la raison pour laquelle je me suis engagé en politique il
y
a 10 ans. Donc, on va faire, sur ce budget, comme l'année dernière, défendre au banc, comme on dit, tous les amendements du gouvernement, donner notre avis sur tous les amendements des uns et des autres. Ce que j'ai vu l'année dernière, c'est que le RN votait à peu près tout et n'importe quoi, ça partait dans tous les sens. Mais
hier, par exemple, Gabriel Attal, sur cette antenne, disait, on ne
peut
pas faire confiance au RN. Regardez ce qu'il
se passait sur
la loi Asile-Immigration il y a 4 ans, sur la loi, sur la fusion de deux organismes énergétiques. Ils changent d'avis comme de chemise, ils donnent en général un vote en fonction de leur intérêt personnel. Donc,
ça
échoue des chronophones. Merci Roland Lescure d'être venu au micro de France Inter ce matin. La revue de presse à suivre.
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