Gadi Eisenkot, le général qui défie Netanyahou 3/4 : Une ambition politique à l'épreuve du 7-Octobre
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
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- 0:12OuverteRéponse partielle
Pourquoi l'entrée en politique de Gadi Eisenkot crée-t-elle autant de remous en Israël ?
- 0:21OuverteÉludée
La réforme de la justice a été adoptée en Israël. Quel est votre avis ?
- 1:46OuverteRéponse directe
Quand Gadi Eisenkot s'est-il engagé en politique ?
- 2:43OuverteRéponse partielle
Comment Eisenkot a-t-il réagi à la réforme judiciaire avant le 7 octobre ?
- 3:52OuverteRéponse directe
Quel rôle a joué le 7 octobre dans la trajectoire politique d'Eisenkot ?
- 6:21OuverteRéponse directe
Comment la mort de son fils a-t-elle marqué Eisenkot ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:47Locuteur non identifiéFait
« Depuis 6h30 ce matin, le sud d'Israël fait face à une pluie de roquettes tirées depuis la bande de Gaza. »
- 1:04Locuteur non identifiéFait
« Nous sommes en guerre, non pas dans le cadre d'une opération ou d'une ronde, mais en guerre. »
- 1:10Locuteur non identifiéFait
« J'ai ordonné une vaste mobilisation des réservistes et que nous ripostions avec une ampleur que l'ennemi n'a jamais connue. »
- 2:17PrésentateurChiffre
« On a 120 députés en Israël. »
- 2:24PrésentateurFait
« On a un système parlementaire à la proportionnelle quasi intégrale. »
- 2:27PrésentateurChiffre
« Il faut réunir 3,25% des voix pour entrer. Ça représente environ 150 000 à 200 000 voix. »
- 2:51PrésentateurFait
« Il critique très vertement le gouvernement. »
- 5:18Locuteur non identifiéChiffre
« Israël annonce que près de 90 de ses soldats ont été tués depuis le début de l'offensive à Gaza. »
- 5:37InvitéFait
« Il est presque midi hier, Gadi Eisenkot apprend la mort de son fils de 25 ans, Galmer. »
- 8:39Locuteur non identifiéFait
« Malheureusement, Netanyahou nous empêche d'avancer vers une vraie victoire. »
Temps de parole
- Présentateur35 %
- Invité26 %
- Locuteur non identifié10 %
- Invité 28 %
- Invité 35 %
- Locuteur non identifié 24 %
- Locuteur non identifié 33 %
- Locuteur non identifié 43 %
- ?2 %
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Le
monde ne parle plus que de l'entrée en politique de Gadi Heisenkot. Pourquoi est-ce que ça crée autant de conversations et de remous en Israël, cette entrée dans la vie politique d'Heisenkot ?
À
l'Akneset, la réforme de la justice a franchi le premier pas vers son adoption. Les textes controversés ont été adoptés dans la nuit, après une tumultueuse session de débats.
Mes
parents s'immigraient en 78 dans un pays démocratique. Ils ont abandonné toute leur vie, tout ce qu'ils avaient pour construire quelque chose ici. Et je ne veux pas voir ça partir en ligne.
Le
son strident des sirènes a retenti dès l'aube. Depuis 6h30 ce matin, le sud d'Israël fait face à une pluie de roquettes tirées depuis la bande de Gaza. Le Hamas revendique les attaques et annonce dans la foulée avoir déclenché l'opération déluge d'Alaqsa contre l'État hébreu. Nous sommes en guerre, non pas dans le cadre d'une opération ou d'une ronde, mais en guerre. J'ai ordonné une vaste
mobilisation
des réservistes et que nous ripostions avec une ampleur que l'ennemi n'a jamais connue.
Les
visages de l'actu, Gadi Heisenkot, épisode 3, une ambition politique à l'épreuve du 7 octobre. Comme Rabin, Barack ou Gantz avant lui, Heisenkot troque l'uniforme contre un mandat de député. Son entrée en politique aurait pu rester discrète à l'ombre de Benny Gantz. Le 7 octobre, on décide autrement. Entrer au cabinet de guerre, il vit la catastrophe de l'intérieur avant d'être frappé à son tour par la mort de son fils à Gaza.
En
2022, Gadi Heisenkot va s'engager au scrutin de 2019-2020. Et puis, en 2022, Gadi Heisenkot arrive justement à terme de la période où il n
'a
pas le droit de faire de politique entre 2019 et 2022. Il s'engage. Au départ, sa candidature n'attire pas tellement d'attention parce qu'il est considéré un petit peu comme un énième général dans un parti de généraux. Il est aux côtés de Benny Gantz, mais il n'attire pas tellement l'attention sur lui. Et puis, en novembre 2022, il entre au Parlement israélien, donc la Knesset. On va en profiter pour préciser un petit peu. On a 120 députés en Israël. On a une chambre unique. On a un système parlementaire à la proportionnelle quasi intégrale. Il faut réunir 3,25% des voix pour entrer. Ça représente environ 150 000 à 200 000 voix.
Il va rejoindre les bancs de l'opposition puisque Netanyahou parvient à former une majorité et à former le gouvernement qui, en réalité, est le gouvernement sortant dans ces élections-là. Et au départ, il attire peu l'attention. C'est un député relativement discret. Mais en 2023, avant le 7 octobre, on a évidemment le grand mouvement de contestation en Israël contre la réforme judiciaire proposée par le gouvernement. À l'époque, il critique très vertement le gouvernement. Et tout ça nous amène évidemment au 7 octobre avec le choc que cela représente dans la société israélienne et dans la classe politique israélienne. Et très vite,
le
9 et le 10 octobre, Benny Gantz va répondre présent à l'appel d'union et va entrer dans un gouvernement d'union avec Benjamin Netanyahou.
Ce matin, la branche armée du Hamas a déclenché une opération militaire parfaitement inédite. C'est une véritable guerre qui débute
sous
vos yeux. Édition spéciale de France Info le 7 octobre 2023.
Des milliers peut-être de roquettes tirées depuis la bande de Gaza vers Israël. Des sirènes dans les villes de tout l'État hébreu ce matin, alors que des hommes sont parvenus à pénétrer le territoire par le sol, par les airs, par la mer aussi. Des palestiniens qui sont parvenus à prendre des positions de l'armée israélienne, à tuer sans discernement des civils, à capturer des otages qui seraient désormais détenus dans la bande de Gaza.
Donc le 7 octobre, les massacres du 7 octobre, qui est vraiment un séisme en Israël et qui réactive une mémoire traumatique, notamment celle des pogroms et de la Shoah.
C
'est un moment très important dans la trajectoire de Gadier Eisenkot parce qu'il décide
contre
son instinct quelque part, parce qu'encore une fois il s'est quand même opposé
à
Netanyahou de rejoindre sa coalition.
Aux côtés de Benny Gantz et de Hilli Trooper, il est numéro 3 à ce moment-là de Bleu Blanc, vont rejoindre le cabinet de guerre en tant que ministre sans portefeuille. C'est une décision politique importante parce qu'ils rejoignent une coalition qui est constituée également de l'extrême droite. Et à la différence de Yair Lapid, qui à ce moment-là est chef de l'opposition au sein du Parlement israélien, ils vont faire le choix malgré tout d'entrer au sein du gouvernement.
C'est un ministre sans portefeuille mais qui participe aux réunions du cabinet de guerre israélien. Donc il est vraiment au cœur du réacteur, donc vraiment les décisions stratégiques qui sont prises
concernant
la guerre à Gaza et notamment le dilemme de la coalition
à
laquelle il participe, c'est les otages. La centaine d'otages qui sont entre les mains des différentes organisations armées palestiniennes à masse d'islamique mais aussi de civils palestiniens à Gaza.
Et
assez vite finalement, au bout de quelques mois, il exprime des désaccords de plus en plus bruyants, notamment sur la question de la sortie de crise.
Ce qui est intéressant politiquement, ça va être des mois dramatiques dans le parcours d'Eisenkot, ces premiers mois-là.
Israël annonce que près de 90 de ses soldats ont été tués depuis le début de l'offensive à Gaza. Thibaut Lefebvre, parmi eux, figure le fils d'un ministre israélien.
Le fils de Gadi Eisenkot, un des six ministres avec Benyamin Netanyahou, qui compose le cabinet de guerre et décide donc de la stratégie militaire d'Israël. Il est presque midi hier, Gadi Eisenkot apprend la mort de son fils de 25 ans, Galmer. Le jeune homme a succombé à ses blessures après l'explosion d'un IED, une mine artisanale. Journal de France Inter, le 8 décembre 2023. Les obsèques de Galmer Eisenkot se sont tenus ce matin en présence de Benyamin Netanyahou et de Benny Gantz, ancien chef d'état-major, ancien premier ministre et lui aussi membre du cabinet de guerre. Gadi,
lorsque nous avons approuvé le plan de bataille, nous avions conscience de ce que ça signifiait. Nous savions que les flèches tracées sur les cartes pouvaient devenir les flèches qui transperceraient les cœurs de nos chères familles. « Toi, mon frère, mon camarade d'armes, mon camarade, toi et ta famille, vous êtes des exemples pour moi.
» C
'est effectivement le moment de bascule pour Gadi Eisenkot qui perd son plus jeune fils, Galmer, qui est le cinquième, le petit dernier de la famille, qui à ce moment-là combat en tant que réserviste dans les rangs de Tzal. On avait même eu des photos de Gadi et de son fils qui se rencontrent au front auparavant. Donc on savait que son fils était là. Et puis la famille va être traversée par en réalité de multiples deuils puisque son neveu va tomber à une semaine d'écart de son fils. Et puis l'année suivante, en 2024, un autre cousin va tomber.
Donc en réalité, ce sont trois jeunes de la même génération, des jeunes cousins de cette famille Eisenkot élargie qui vont tomber au cours de la guerre à Gaza. Et Gadi Eisenkot va évidemment être soutenu par l'ensemble de la classe politique et de l'échelon militaire, mais va très vite retourner au cabinet de guerre et va dire le prix que j'ai payé est un prix personnel. Je vous demande de continuer à ce qu'on prenne des décisions ensemble sans faire cas en réalité de mon deuil personnel.
Gal,
son fils, quand il tombe en décembre 2023, il tombe notamment lors d'une opération pour restituer le corps d'otage qu'Israël s'est assassiné dans la bande de Gaza. Et à ce moment-là, il y
a
un débat qui se crée autour de la nécessité de mettre en danger des soldats vivants pour récupérer des corps d'otages assassinés. Donc c'est une vraie question, la question des otages. Et effectivement, l'opposition israélienne va plaider pour raccourcir la guerre et pour céder quelque part à une partie, en tout cas des demandes du Hamas, pour pouvoir amener les otages plus
rapidement. Comment on sort de cette guerre ? Et surtout, est-ce qu'il ne faut pas privilégier dans l'équation but de guerre, c'est-à-dire destruction politico-militaire du Hamas et libération des otages ? Il y a en réalité une contradiction entre ces deux objectifs stratégiques. Et lui fait le choix de sauver le plus d'otages possible et estime qu'il faut, pour ça, négocier avec le Hamas. Et c'est ce qui explique qu'au mois de juin 2024, il décide de démissionner
du
cabinet de guerre israélien, manifestant, encore une fois, bruyamment ses désaccords avec Netanyahou. Donc il estime qu'en réalité, il avait politisé cette guerre parce que celle-ci ne poursuivait plus de réels objectifs politiques. Il a une vision klauswitzienne du fait militaire Eisenkot. Pour lui, encore une fois, la guerre, ce n'est pas une fin en soi. C'est un moyen au service d'objectifs stratégiques.
Malheureusement, Netanyahou nous empêche d'avancer vers une vraie victoire, ce qui justifie le coup continu et douloureux de la guerre. C'est pour ça que nous quittons le gouvernement d'urgence aujourd'hui, avec le cœur lourd, mais avec confiance.
Un extrait du discours de démission de Benny Gantz, diffusé par la chaîne I-24, en juin 2024.
Les décisions stratégiques et fatidiques se heurtent à des hésitations et à des attermoiements en raison de considérations politiques. Sincèrement, rejoindre le gouvernement a été une décision facile. En partir alors que nos otages sont dans les tunnels du Hamas, alors que les habitants du Nord sont loin de leur maison et des milliers de combattants sont au front, est une décision complexe et déchirante.
Benny Gantz, à l'époque chef de son parti Bleu Blanc, explique en réalité pourquoi lui, Eisenkot et Trooper s'en vont du gouvernement au printemps début d'été 2024. Et petit à petit, Gadier Eisenkot, à la fois poussé par son deuil personnel, mais aussi par cette réalisation que Benny Gantz ne sera pas celui qui arrivera à remplacer Netanyahou, se dit que c
'est
en réalité son destin, et va quitter Bleu Blanc et fonder son propre parti, Yachar.
Pour lui, pour Gadier Eisenkot, au fond, Benny Gantz, il a un peu trahi, parce qu'il est resté un ministre, certes, sans portefeuille de la coalition de Netanyahou, mais il a surtout servi de caution à Netanyahou, quelque part en n'actant pas une forme de désaccord sur la question de la conduite de la guerre, et sur sa politisation que Eisenkot déplorait
de
plus en plus bruyamment. Et ça a conduit ensuite à Eisenkot à, encore une fois, à créer cette nouvelle formation politique, une formation centriste, et qui, dans son message presque subliminal sur le plan communicationnel,
évidemment,
c'est l'antithèse de Netanyahou, du point de vue d'Eisenkot, droiture par opposition à la corruption, aux trois affaires de corruption qui entachent la carrière politique de Netanyahou depuis plusieurs années. Et il pense qu'il peut incarner, justement, une forme de retour à la décence en politique. Gadier Eisenkot se décide à créer son propre parti, Yachar, délivré du cabinet de guerre, puis émancipé de son mentor politique Benny Gantz. Il se porte candidat aux législatives israéliennes de 2026. Nous allons voir dans le prochain épisode des visages de l'actu qu'il est décidé à battre Netanyahou, dont il se veut l'antimodèle.
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