Contre-Matinale #132| Cette France qui vote Marine Le Pen, les vérités de Sandrine Rousseau
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Bonjour à toutes et tous, on est jeudi 28 avril et nous approchons presque l'objectif des 10 000 abonnés. Le Média a enregistré 9 577 souscriptions en quelques semaines. C'est incroyable, merci infiniment pour votre soutien inestimable. Encore quelques petits efforts pour garantir la survie du Média. Toujours après les résultats du second tour et les 41,5% obtenus par la candidate du Rassemblement national, la crainte s'impose. A ce rythme-là, la prochaine élection pourrait lui être favorable. Des questions se posent aussi, qui sont les 13 millions d'électeurs qui ont voté pour Marine Le Pen. Et pourquoi ?
Nous en discuterons avec Vincent Jarrousseau, photographe, documentariste et auteur de l'illusion nationale et les racines de la colère. En deuxième partie, mon confrère Jemille recevra Sandrine Rousseau, économiste et membre d'écologie Les Verts, pour échanger sur la tempête qu'elle traverse au sein du parti sur fond de législative après une campagne présidentielle très difficile. Il est 7h35, vous regardez ou écoutez l'épisode 132 de la Contre-Matinale du Média. À la une du monde, la guerre en Ukraine. On en parlait hier, les États-Unis organisent le soutien militaire à Kiev.
Près de 40 États se sont réunis sur une base américaine en Allemagne pour évaluer collectivement les besoins en armement de Kiev. Un groupe de contact sur l'Ukraine se retrouvera désormais chaque mois afin de poursuivre la coordination de cet effort de soutien. Depuis le début du conflit, près de 5 milliards de dollars d'équipements militaires ont été fournis à l'Ukraine par les États-Unis et leurs alliés, dont 3,7 milliards par Washington. L'aide de la France à l'Ukraine est estimée à une centaine de millions d'euros. L'Elysée a aussi fait savoir ces derniers jours qu'une quarantaine de militaires ukrainiens allaient être formés dans l'Hexagone. Gazprom sanctionne la Pologne et la Bulgarie.
Le groupe russe a suspendu ses livraisons de gaz au motif que ces deux pays ont refusé de payer en rouble. Un schéma auquel se prépare également la France. Malgré un déluge de feu, la Russie ne progresse pas. Dans le Donbass, Moscou espère conquérir ce territoire de l'est de l'Ukraine d'ici au 9 mai. Mais pour l'instant, les forces ukrainiennes tiennent leur position. Comment l'Ukraine parvient-elle à résister aux géants russes ? Grâce au téléphone portable.
Jusqu'ici envisagé comme un moyen de propagande, le téléphone portable et les réseaux sociaux sont utilisés par les services ukrainiens pour collecter du renseignement opérationnel qui explique les nombreuses embuscades dans lesquelles est tombée l'armée russe. C'est ce que révèle Mediapart, que les réseaux qui rapportent également que les réseaux de télécommunications ukrainiens n'ayant été que très partiellement endommagés par la guerre, les simples citoyens peuvent se servir de leur téléphone pour utiliser différentes applications, parmi lesquelles la messagerie d'origine russe Telegram.
Le gouvernement ukrainien a réorienté sa chaîne officielle, Covid-19 Telegram, qui au cours des deux années précédentes avait été utilisée pour partager des informations sur la pandémie, afin de fournir des mises à jour 24h sur 24 sur la guerre. Rebaptisée Ukraine Now, elle compte plus de 3 millions d'abonnés et diffuse des avertissements quant aux raids aériens russes et indiquent où se trouvent des abris antibombes. En retour, les Ukrainiens rapportent des détails sur les mouvements de troupes et des véhicules blindés russes, informations qui sont relayées par des bottes sur Telegram vers les autorités régionales ou nationales. 13 millions d'électeurs, pourquoi ils ont voté Le Pen ?
On revient en France avec cette une de libération qui est allée à la rencontre des Français qui ont parfois, pour la première fois, glissé un bulletin Rassemblement National dans le lieu de dimanche. De la Seine-Maritime à l'Aveyron, où l'extrême droite progresse, sentiment d'abandon ou d'injustice sociale, rejet d'un Macron arrogant, peur de l'inflation, les électeurs avec lesquels l'IB a échangé témoignent de la rencignement de ce vote d'extrême droite, mélange de contestations antisystèmes, de ras-le-bol fiscales, d'impressions, de relégations spatiales, sociales et de la peur de l'altérité.
Plus de 5 millions de voix supplémentaires entre le premier et le second tour de l'élection présidentielle au profit de Marine Le Pen, près de 3 millions de plus qu'au même stade en 2017. Si Marine Le Pen a certes échoué pour la troisième fois dans une élection présidentielle, la candidate a toutefois gravi une marche le 24 avril. On peut conquérir le pouvoir. Vous reconnaissez le ton ? À la une de l'UMA, vous trouverez un entretien exclusif du leader de la France insoumise qui poursuit l'union des forces de gauche en vue des législatives.
Jean-Luc Mélenchon, qui a réuni 22% des voix au premier tour de la présidentielle, appelle la gauche à bâtir une fédération pour remporter la majorité au scrutin des 12 et 19 juin. Que ferait Jean-Luc Mélenchon s'il était à Matignon ? Comment comptent-ils convaincre qu'une victoire est possible aux législatives ? Quelles seraient ses marges de manœuvre dans le cadre de cohabitation avec Emmanuel Macron ? Pour le savoir, on vous renvoie vers l'article de l'UMA. On va continuer justement de parler de ces élections présidentielles et de ce record de Jean-Marie Le Pen. De Jean-Marie Le Pen, c'est le lapsus de Marine Le Pen avec notre invitée.
Nous avons le plaisir de recevoir Vincent Jarousseau, photographe, documentariste et auteur de l'illusion nationale et les racines de la colère. Quatre jours après les résultats du second tour et les 41,5% obtenus par la candidate du Rassemblement national, la crainte s'impose. On craint que Marine Le Pen soit élue présidente à la prochaine élection. Et la question aussi se pose de savoir qui sont, quel est le profil de ces 13 millions d'électeurs et pourquoi ils ont voté Marine Le Pen. On en discute donc avec Vincent Jarousseau. Bonjour. Bonjour, merci d'avoir accepté notre invitation.
Alors peut-être avant de parler de vos travaux, est-ce que vous avez été étonné du score de Marine Le Pen ?
Écoutez, non, je n'ai pas vraiment été étonné dans la mesure où déjà c'est un résultat qui était quand même annoncé de longue date. Mais je dirais qu'il y a eu plutôt des incertitudes dans toute la période après campagne, à la fin de l'automne, notamment quand il y a eu la candidature d'Éric Zemmour. Pour ma part, je n'ai jamais cru au fait que la candidature d'Éric Zemmour puisse mordre sur l'électorat traditionnel, on va dire, de Marine Le Pen. Donc dans cette France désindustrialisée, pour bien connaître ses terrains, pour y travailler depuis de nombreuses années, le discours d'Éric Zemmour, sa personne, ce qu'il pouvait incarner, n'avait pas prise.
Il n'était pas forcément d'ailleurs connu de tous ses électeurs. Et ça s'est confirmé dans les résultats du premier tour. Et on a bien vu qu'il y a eu, je dirais, au contraire, c'est une candidature qui a dégagé un terrain et qui a permis, d'une certaine manière, à Marine Le Pen de franchir un pas supplémentaire dans cette campagne électorale.
Oui, Vincent Jarousseau, vous connaissez bien l'électorat de Marine Le Pen, puisque vous avez co-écrit l'illusion nationale avec Valérie Gounet, qui est historienne spécialiste du négationnisme et de l'extrême droite en France, paru en 2017 sous forme d'un roman photo. Ensemble, vous avez mené une enquête dans trois villes dirigées par le Front National depuis 2014, à Yanges-en-Moselle, Bocquer dans le Gard et Hénin-Beaumont. Deux ans après, vous publiez un nouvel ouvrage intitulé « Les racines de la colère ».
Pendant deux ans, vous avez suivi le quotidien de huit familles issues de milieux populaires de Denain, une petite ville de 20 000 habitants dans le nord de la France, l'une des communes les plus pauvres de France, où Marine Le Pen réalise également un score impressionnant. Vincent, pourquoi vous avez choisi de donner la parole à ces populations ?
Disons qu'en 2014, quand j'engage ce projet autour du vote Front National, c'est d'abord le fruit d'une rencontre avec cette historienne Valérie Gounet, qui venait de sortir à l'époque un essai important sur l'histoire de ce parti. Et je trouvais à l'époque, on trouvait tous les deux, qu'il y avait une sorte d'angle mort, de manque de travail, je dirais, qui donne un peu la parole à ces électeurs, sans porter le moindre jugement d'ailleurs. L'idée, ça a vraiment été d'aller à la rencontre et pas que de leur donner leur parole, mais aussi, je dirais, de documenter leur quotidien, leur vie, d'aller vraiment dans leur intimité. Et donc, l'idée, ça n'a pas nécessairement été une enquête.
On a symboliquement été dans des villes gérées par le Front National, mais ce n'était pas forcément une enquête sur ces municipalités, même si, évidemment, on a fait le lien entre ce qui pouvait séduire ces électeurs et la stratégie de ces maires ou de ces candidats à l'époque. Mais l'idée, véritablement, a été vraiment de travailler en fond, de fond en comble sur cet électorat, qui, j'irais, a été évoquée de manière un peu abstraite jusqu'alors.
Oui, alors, j'ai lu, effectivement, dans certaines de vos interventions, où vous expliquez qu'il était question de donner aussi la parole à des populations qui sont invisibilisées dans les représentations médiatiques et tentées de montrer les fractures qui menacent notre société, d'épeindre la France qui n'est pas en marche, également changer l'image de ces électeurs. Est-ce qu'on ne vous a pas reproché, quelque part, de peut-être réhumaniser, de dédiaboliser, du coup, un électorat qui vote pour l'extrême droite ?
C'est possible, c'est vrai que c'est des choses que j'ai pu entendre. Après, moi, on n'est pas dans une logique de dédiaboliser. On humanise, enfin, je veux dire, ce sont des êtres humains, comme vous et moi. La démarche à Denain a été un peu différente, puisque ce n'était pas spécifiquement un travail sur le Front National, même si, effectivement, c'était un fond qui était bien présent. D'ailleurs, si je me rends à Denain, à l'hôtel 2016, donc dans la pré-campagne électorale, ce n'est pas pour rien, parce que je sais que c'est un territoire de conquête. C'est là que Sébastien Chenu s'implante. Mais là, ce qui m'intéressait, c'était autre chose.
Au fur et à mesure du développement de cette campagne, ça a été, pour le coup, et c'est un peu le sous-titre de ce livre, « Les racines de la colère », de parler de cette France qui n'est pas en marche. Donc, plutôt de suivre, pendant le début du quinquennat d'Emmanuel Macron en 2017, le quotidien de plusieurs familles sous le prisme de l'injonction à la mobilité. Et parler de la mobilité, c'est aussi bien des mobilités quotidiennes que des mobilités résidentielles. C'est aussi une façon de parler des modes de vie, du travail et des imaginaires. Et je pense que cette question des imaginaires, c'est quelque chose d'extrêmement important dans les années qui viennent.
C'est un véritable chantier, je pense, pour l'ensemble de la gauche, de savoir, disons, contourner d'une certaine manière ces imaginaires du ressentiment sur lesquels l'extrême droite a parfaitement compris et a parfaitement compris comment, d'une certaine manière, parler à cette population pour être entendue. Il y a eu, je pense, une interview de François Ruffin il y a deux semaines, je crois, dans Libération, extrêmement importante sur cette question que je vous encourage à lire et à relire. Mais voilà, je pense que c'est extrêmement important, déjà, de commencer à comprendre, documenter. Moi, c'est mon rôle.
Et mettre de côté un peu cette crainte de la dédiabolisation qui, à mon sens, est complètement secondaire.
Donc, vous avez enquêté dans un premier temps, dans ces trois villes où le Front National est bien installé. De Nain, également, Marine Le Pen a vraiment enregistré un score très important. Comment, qu'est-ce qui explique l'ancrage vraiment du Front National dans ces villes ?
Alors, il y a plusieurs cas de figure. Parce que si on veut parler d'ancrage politique, ça dépend. Effectivement, à Inain-Beaumont, on sait qu'il y a un ancrage extrêmement ancien, avec un travail de fond mené par le binôme Steve Briouat et Bruno Bild, qui est un ancrage politique ancien. Si on va sur des territoires comme Denain, même si Sébastien Chenu, porte-parole de Marine Le Pen, est député sur ce territoire, il n'y a pas un ancrage politique fort. Les ancrages politiques forts sont beaucoup plus anciens. Il y a des restes du Parti communiste, il y a des restes du Parti socialiste. Mais la politique, globalement, ne fait pas partie du quotidien des gens que je côtoie sur place.
Que ce soit le Front National, que ce soit les partis de gauche, le quotidien des gens n'est pas charpenté par la politique. Qu'est-ce qui fait que cette population est sensible au discours ? Si on veut parler des résultats de dimanche, du second tour, je pense qu'il faut quand même panier le fait qu'il y a eu un vote utile, entre guillemets, contre Emmanuel Macron. C'est vraiment la France qui n'est pas en marche, qui s'est déplacée, et qui permet aussi quand même d'expliquer ce score extrêmement élevé pour Marine Le Pen. Ce n'est pas nécessairement, il ne faut pas forcément le surinterpréter comme un vote d'adhésion.
Il y a une part de vote d'adhésion réelle, mais il y a une, je pense, d'ailleurs le vote dans les Antilles françaises ou dans les Dômes-Temps en général, en est aussi une des explications. On a certains territoires, je dirais, voilà, Denain par exemple, si on veut donner quelques chiffres, c'est quand même un taux de pauvreté de 45%. C'est un taux de chômage extrêmement élevé, évidemment, chez les jeunes. C'est une ville qui a été inconnue d'une forme d'effondrement. On parle beaucoup de ce terme en matière écologique, mais il y a eu un effondrement industriel avec la chute d'usine nord dans le courant des années 80.
Et cette ville ne s'est jamais relevée, d'une certaine manière, de cet effondrement. Il y a eu, d'une certaine manière, des mesures politiques qui ont été vécues comme des trahisons par un bon nombre de la population. Et donc, à partir de là, effectivement, c'est un terrain extrêmement favorable pour un parti comme le Front National.
Oui, voilà, le Front National qui progresse là où les partis majoritaires ont abdiqué, c'est ce que vous soutenez. Le Front National voit un rêve teinté de nostalgie, c'est ce que vous dites aussi. Et le Rassemblement National-Front National se nourrit parfaitement de l'imaginaire, du ressentiment. Vous pouvez peut-être développer ce point, s'il vous plaît ?
Oui, disons que c'est vrai qu'on peut constater quand même qu'on est dans une société, dans un monde contemporain. Ce n'est pas propre à notre pays, qui est de plus en plus fracturé, parcellisé dans ses référents culturels. Moi, j'ai 49 ans. Je pense que quand on était enfant, on regardait à peu près tous les mêmes films à la télévision. On avait des référents culturels tout communs, d'une certaine manière, que ce soit politique, que ce soit culturel, que ce soit sportif, etc. Et c'est vrai qu'il y a, d'une certaine manière, des bulles comme ça, d'imaginaire qui existent.
Et quand je parle d'imaginaire du ressentiment, c'est un ressentiment par rapport à ce que j'expliquais tout à l'heure sur le déclin industriel et, d'une certaine manière, le fait de parler, en gros, du « c'était mieux avant », qui revient quand même beaucoup, moi, dans la discussion que je peux avoir avec ces électeurs. On peut le voir aussi sur leur mur Facebook. On va partager des extraits de films anciens, où on va partager vraiment des choses du passé qui correspondent aussi à une époque, qui est cette époque des Trente Glorieuses, qui est une sorte de rêve qui est entretenue, d'une certaine manière, d'une nostalgie, qui est entretenue et qui fonctionne quand même assez bien.
Je ne parle pas forcément des générations de personnes très âgées. Je parle de Quadra, de Quinqua. On voit que le vote Front National sur cette élection se cristallise fortement sur les salariés, de manière générale. Marine Le Pen fait quasiment jeu égal avec Emmanuel Macron dans la France entière sur l'électorat de 25 à 50 ans. C'est un chiffre quand même extrêmement marquant. Elle est très majoritaire chez les ouvriers, chez les employés, chez les femmes, dans toute la classe servicielle, que ce soit le back-office féminin dans les métiers du lien ou dans les métiers de service chez les hommes, dans la logistique, les métiers de la route.
Du côté des électeurs, c'est quelque part un vote sanction à l'encontre d'Emmanuel Macron, qui n'aurait pas été à l'écoute de leurs revendications, de leurs souffrances, même si on parle de ces territoires où il y a quand même une misère sociale très prégnante. Et de l'autre côté, il y a aussi visiblement une stratégie de normalisation de l'extrême droite qui a profité à Marine Le Pen.
Oui, mais disons que ce qu'il faut bien comprendre, c'est que souvent sur ces territoires, moi je pense notamment à des territoires plus ruraux, disons à dimension post-industrielle, dans le grand carnet nord-est. J'ai beaucoup travaillé du côté de Fourmis et dans la Vénoire, où les scores sont aussi très très élevés. On est sur des scores second tour de l'ordre de 65 à 70% dans les petites villes, pas dans les tout petits villages. C'est que voter pour Marine Le Pen, c'est dire que quelque part, on est du côté du travail.
Ce que je veux dire, c'est que dans ces territoires déclassés, il y a chez une part importante des jeunes qui ne font pas d'études, la volonté de rester dans les territoires dans lesquels ils vivent. rester, ça passe par des formes de socialisation immédiates. Donc on construit d'une certaine manière des contre-sociétés, des réseaux. On ne va pas s'appuyer sur les services de l'État ou des collectivités locales pour trouver un emploi. Et c'est aussi une façon de se démarquer, entre guillemets, de ce qu'on appelle les cassos, c'est-à-dire celles et ceux qui vivent de l'aide sociale. On est juste un petit peu au-dessus. Et voilà, c'est vraiment les gens que je peux côtoyer.
Et de ce point de vue, Marine Le Pen, elle incarne, d'une certaine manière, cette France qui travaille. Et pour nombre de jeunes travailleurs sur ces territoires déclassés, le travail, c'est forcément un travail des mains, c'est le travail dans le petit BTP, c'est pas le travail dans les bureaux. Donc c'est une forme de distinction par rapport à une France technocratique, bureaucratique, qui ne leur correspond absolument pas.
Là, ça touche peut-être encore une fois de plus à cet imaginaire, parce que comment Marine Le Pen a pu incarner cette candidate, on va dire, des peauves et des précaires, quand on connaît sa filiation, c'est une femme plutôt bourgeoise, il y a eu beaucoup d'affaires de corruption au sein de son parti. Et voilà, elle a été, sauf erreur de ma part, mise en examen, ou en tout cas, elle a eu affaire à la justice. Elle s'est présentée comme une candidate du pouvoir d'achat, sans vraiment proposer des mesures concrètes. Il s'agit de leur rendre l'argent, comment ? On ne sait pas. Comment Marine Le Pen fait pour convaincre ces populations ?
Eh bien, ça a été toute sa stratégie depuis de nombreuses années. Ce que je veux dire, c'est que la question qui a été mise en avance ces derniers mois dans l'élection présidentielle, ce n'est pas une pirouette de dernière minute. Il faut bien voir que Marine Le Pen s'implante à Édnepaumont au milieu des années 2000, quand elle est vraiment au fond du trou au Front National. C'est Bruno Bild et Steve Rivois qui viennent la chercher à l'époque. C'est d'une certaine manière, comme dit Bruno Bild, Édnepaumont qui l'a sauvée.
Donc, elle a réussi progressivement à incarner, à partir du bassin minier, qui a quand même une identité extrêmement forte dans notre pays, cette France, entre guillemets, du travail. Et donc, c'est un travail de longue haleine. Pour revenir à la dimension raciste de ce parti, moi, je suis quand même assez marqué par les différences territoriales et sociologiques entre le vote pour Éric Zemmour et le vote pour Marine Le Pen. Et pour le coup, là où c'est quand même extrêmement fort, c'est pour ça que je pense qu'il faut vraiment faire le distinguo entre les électeurs, une grande partie de ces électeurs, et le fond de son discours.
C'est que les véritables racistes ont voté Éric Zemmour, massivement, et pas forcément Marine Le Pen.
Oui, surtout en plus d'ailleurs en Ile-de-France et dans les villes, enfin dans les arrondissements plutôt.
Oui, dans les villes côtières, dans un électorat aussi beaucoup plus âgé. Et puis, voilà, il a fait une campagne avec des thématiques, à mon avis, qui étaient extrêmement, enfin, qui étaient mises en avant, qui ont été clairement mises en avant.
Et justement, pour reparler encore de l'électorat de Marine Le Pen, qui se peut-être distingue là de celui d'Éric Zemmour, elle est souvent présentée comme la candidate des oubliés, des invisibles. Mais il y a de nouveaux visages justement qui émergent. Quel est aujourd'hui le profil des électeurs de Marine Le Pen ? Surtout quand on sait, quand on connaît les résultats dans les territoires ultramarins.
Oui, bien sûr. Alors, il y a un élargissement de toute façon de son électorat. On l'a dit, je voudrais quand même insister sur le fait que 51% de son électorat est un électorat féminin, qui a un peu plus de femmes que d'hommes. Ce qui peut paraître anecdotique, mais absolument pas, dans la mesure où il faut savoir que cet équilibre dans le Front National de Jean-Marie Le Pen et des débuts de la prise du parti par Marine Le Pen était un vote extrêmement masculin, un vote extrêmement viriliste, d'une certaine manière, et qu'elle a considérablement féminisé son électorat.
Moi, il se trouve que j'ai travaillé depuis 2019, comme je vous le disais, du côté de Fourmi, où j'ai suivi, à la fois dans la Vénois, en Thiers-Râche et en Seine-Saint-Denis, où j'ai suivi huit femmes travaillant dans les métiers du lien. Donc, ce sont des aides à domicile, une assistante maternelle, une assistante familiale, une TISF, travailleuse familiale. Et donc, ces femmes, l'objet de ce travail, ce n'est pas un travail sur le Front National, mais on est sur des territoires quand même où on vote pour Front National.
Et typiquement, dans cette classe servicielle, chez les aides-soignantes aussi, on voit qu'il y a eu une prise très importante du vote en faveur de Marine Le Pen dans ce que je parlais du back-office féminin, donc dans cette classe servicielle féminine.
Et comment vous l'expliquez ?
Je l'explique assez simplement. Je crois que la démonstration a largement été faite de manière extrêmement médiatique, on va dire, avec le Covid, de l'état de ces professions et de la manière dont elles étaient reconnues. Même si on en a un petit peu plus parlé dans la période récente, même si elles ont gagné en visibilité, je ne vais pas reparler du documentaire de François Ruffin aussi, de Boules et Femmes, on voit que le chemin à parcourir pour reconnaître à la juste valeur ces professions est encore extrêmement long.
Il faut quand même savoir que, par exemple, le projet de loi Grand Hage, qui devait intégrer un certain nombre de mesures de reconnaissance pour les métiers du Grand Hage, a été repoussé à plusieurs reprises lors du précédent quinquennat. C'était une promesse du précédent quinquennat. Ça va revenir sur la table, mais on ne sait pas dans quelles conditions. Les quelques mesures qui ont été annoncées par Emmanuel Macron pour les édits de domicile sont plutôt proches de l'aumône plus qu'autre chose, plus qu'une vraie reconnaissance. Donc là, typiquement, on est dans des professions qui sont complètement mises de côté et ces femmes ne se sentent pas reconnues.
Et d'une certaine manière, une partie d'entre elles, pas toutes évidemment, vont glisser un bulletin de vote pour Marine Le Pen. Après, il y a eu l'effet aussi dans les métiers hospitaliers, chez les infirmières, chez les aides-soignantes, de la question de l'obligation du pass vaccinal qui a fait quand même des dégâts dans une partie de ses proches.
Mais il y avait une autre alternative à Marine Le Pen, il y avait Jean-Luc Mélenchon. Pourquoi un vote pour Marine Le Pen plus que pour Jean-Luc Mélenchon qui défend quand même un programme social beaucoup plus cohérent et oui, beaucoup plus cohérent que Marine Le Pen ?
Moi, je ne suis pas un spécialiste de ces questions. Ce que je peux vous dire, c'est qu'après, c'est une question, entre guillemets, de compréhension. Enfin, de compréhension. Pas de compréhension, mais de langage. Il y a tout un vocabulaire. D'une certaine manière, quand une partie de la gauche parle, elle n'est pas forcément audible par une partie de cet électorat au sens large. elle n'est pas comprise, elle n'est pas perçue comme crédible. J'ai parfois l'impression, en ayant discuté avec ces personnes que j'ai pu suivre, mais vraiment dans leur intimité, que certains dirigeants de gauche parlent une autre langue que la leur, d'une certaine manière.
Et quand je parle de travailler sur les imaginaires du ressentiment, je pense que ça passe aussi par la réinvention d'un vocabulaire et peut-être par une plus grande écoute aussi des dirigeants de la gauche auprès de ces populations.
Vincent, il y a eu d'autres territoires où Marine Le Pen a obtenu son meilleur score, 69,6% en Guadeloupe. Globalement, la candidate du Rassemblement National est en tête dans les Outre-mer, à rebours de la réélection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République. Comment expliquez-vous ce résultat ? Je sais que vous avez surtout travaillé sur les territoires de l'Hexagone, mais je pense que vous avez un avis sur les territoires ultramarins.
Je pense qu'il ne faut quand même pas oublier les résultats du premier tour dans les territoires ultramarins. Je fais une exception sur lequel de Mayotte, qui est extrêmement particulier, et je connais bien Mayotte. On pourra en discuter si vous voulez, mais pour les autres territoires ultramarins, il ne faut pas oublier que Marine Le Pen arrive quand même très loin derrière Jean-Luc Mélenchon, parfois loin aussi derrière Emmanuel Macron. Et c'est surtout, de mon point de vue, ce qu'on a pu constater aussi en France, dans certains territoires, un vote de rejet contre Emmanuel Macron.
Très, très clairement, on connaît la situation extrêmement compliquée de la Guadeloupe depuis de très nombreuses années sur des questions environnementales, sur des questions de confiance à l'égard de la métropole. Et clairement, c'est un vote massif de rejet, avec aussi une abstention massive. Il ne faut pas l'oublier, puisque je crois de mémoire que le taux d'abstention est de près de 40 % en Guadeloupe et dans les territoires ultramarins de manière générale. Et donc là, on assiste effectivement à une forme de sécession politique de ces territoires à l'égard de Paris.
D'ailleurs, l'abstention s'y progresse à Denain. L'abstention aussi profite à Marine Le Pen, que ce soit sur l'Hexagone,
dans les territoires ultramarins. Oui, alors à Denain, elle progresse dans des proportions, je dirais, équivalentes à ce que l'on a pu voir au plan national. Mais oui, c'est extrêmement important de rappeler qu'on a une part extrêmement importante. Là où le Front National fait de gros scores, l'abstention est globalement plus importante aussi.
Et Vincent Jarousseau, donc là, l'interview va bientôt toucher à sa fin. C'est important quand même de parler de vos projets en cours. Vous avez commencé à l'évoquer. Je pense à votre prochain livre, Les Femmes du lien. Est-ce que vous pouvez peut-être davantage développer ? Quand est-ce qu'on peut attendre la sortie de ce livre ?
C'est un livre qui va sortir le 22 septembre aux éditions Les Arènes, qui, comme les deux précédents, prend cette forme un peu originale à la fois du roman photo documentaire, c'est-à-dire que c'est vraiment un travail de reportage où je passe énormément de temps avec ces femmes, à la fois dans leur travail et dans leur intimité. C'est vraiment, on partage des choses ensemble. C'est à la fois un travail qui allie un travail sur les représentations par l'image et où je recueille la parole que je restitue dans les bulles, avec une validation des protagonistes.
Comme je l'expliquais, j'ai voulu suivre à la fois des travailleuses du lien en Seine-Saint-Denis, donc plutôt d'origine africaine et dans la Vénoie et en tirage. Donc à la fois des aides à domicile, des aides soignantes, une assistante maternelle, une TISF, comme je disais tout à l'heure, une travailleuse familiale, un métier profession pas assez connue, extrêmement importante, je pense. Et l'idée, c'est vraiment à la fois de montrer concrètement par les gestes, par l'importance qu'elles peuvent jouer pour maintenir un semblant de cohésion déjà dans notre pays. On travaille sur les extrêmes des âges de la vie, sur les fragilités.
C'est une sorte, je dirais, d'appel à ce que dans notre pays, on reconnaisse enfin à leur juste valeur ces professions, non pas uniquement par le salaire, mais aussi par la reconnaissance sociale. Ce sont des femmes qui, vraiment, adorent ce qu'elles font, retirent énormément de fierté. Mais voilà, concrètement, une aide à domicile doit passer 13 ans pour atteindre le SMIC, pour accéder au SMIC. Les aides à domicile, c'est un taux d'accident du travail qui est deux fois supérieur à celui des ouvriers du BTP. Ce sont des choses qui sont peu connues. Et voilà, elles continuent, souvent avec beaucoup de dignité. C'est extrêmement intéressant.
Il y a un peu de BD aussi dans ce livre, puisque chaque récit de femme est ouverte sous forme de BD dessiné, avec les dessins de Thierry Chavant, qui avait réalisé l'enquête sur Sarkozy Kadhafi, avec Mediapart. Et donc, dans ces récits en BD, on parle du passé de ces femmes, elles parlent de leur passé, et de ce qui les a amenées à exercer ces professions. Donc, on voit d'où elles viennent aussi. Ce sont vraiment des enquêtes sociales. Et voilà.
Et dans mes projets en cours, au-delà de ce livre, j'ai co-réalisé un documentaire avec Laurence Deleur, à Denain, justement, qui est une suite adaptation, on va dire, des Racines de la Colère, qui s'intitule Nous, les enfants de Denain, où pendant un an, nous avons suivi un jeune couple et leurs parents sur la question pour eux de savoir s'ils restent ou s'ils partent de cette ville. Voilà. On a d'un côté Alan qui est apprenti en plomberie, en bâtiment, on va dire, et sa petite copine Chloé qui est en bac pro service à la personne. Et donc, on suit, c'est justement cet imaginaire des ressentiments qui est extrêmement présent dans le film.
Et donc, ce sera diffusé sur France 2 dans l'émission Afrarouge à une date qui n'est pas encore fixée. Ça devait être diffusé pendant les élections, mais l'Arcum était passé par là et malheureusement, ça ne sera pas diffusé au mois de mai.
De toute façon, on suit votre actualité. J'ai vu que vous aviez un site internet très fourni où toutes les informations sont mises à jour. Également sur Twitter où vous partagez justement toutes vos publications et les travaux qui sont en cours. Je rappelle que Vincent Jarousseau est photographe, documentariste et auteur de l'illusion nationale et les racines de la colère et donc des femmes du lien à paraître très bientôt. Et donc, on vous invite à soutenir le travail de Vincent Jarousseau qui vraiment donne la parole à ces personnes qui sont invisibilisées et que cette France ne veut pas voir. C'est laissé pour compte de la République. Merci beaucoup Vincent Jarousseau.
Alors, avant d'accueillir mon confrère Vincent Jemil, évidemment, je rebaptise tout le monde sur ce plateau, Jemil, qui va donc s'entretenir avec Sandrine Rousseau. On balance ce petit clip de campagne. On vous rappelle que l'on est en pleine campagne d'abonnement. On doit atteindre cet objectif de 10 000 abonnés pour pouvoir pérenniser les finances du Média.
Le Média disparaît. Vous le savez, nous venons de clore une cagnotte destinée au pôle enquête. Cela ne suffira pas à assurer au Média sa survie.
Au Média, depuis sa naissance, nous avons fait le choix de vous proposer une chaîne d'information, une web télé indépendante, libre, et surtout en libre accès.
Les médias ont déjà réélu Macron. Ils ont inventé le mandat de 10 ans. Philippe David, elle est finie cette campagne. Gratuitement, nous vous avons proposé des talk-shows politiques, des interviews long format, où on peut s'exprimer militants associatifs, syndicalistes et intellectuels, dans des conditions que l'on ne retrouve nulle part ailleurs.
On a le droit de dire stop, de dire non dans la rue. C'est un droit, c'est légal et voici la réponse.
On est dans une situation assez dingue où un gouvernement vote une loi sur le secret des affaires pour arranger ses potes et après se cache derrière cette loi au moment où ça peut être déterminant.
Quand on contacte l'Elysée en disant il y a quelque chose de grave, de l'argent vers ça dans un trust, on n'a pas le début d'une réponse. Et puis quand on réinsiste sur mais il a touché combien Macron, il n'y a plus aucune réponse. Donc s'ils sont de bonne foi, pourquoi ils ne parlent pas ces gens-là ?
Nous vous avons proposé des reportages, des enquêtes, des chroniques. Nous avons couvert les luttes comme aucun média mainstream ne le fait.
Thomas, selon toi, Emmanuel Macron est-il un rempart comme il l'affirme contre l'extrême droite ?
Pas du tout. Cette politique qu'il a menée a favorisé l'extrême droite. On a des gens qui sont des copains de longue date, qui sont passés par les mêmes écoles et qui se retrouvent dans un conseil d'administration parce que ce gouvernement ne sait pas autre chose, à être responsables de rien devant personne. Les citoyens
n'ont jamais leur mot à dire.
Cette gratuité, c'est un choix politique et idéologique assumé depuis toujours. Mais c'est aussi un pari risqué. Risqué parce que c'est vrai, payer pour un média dans le contenu est gratuit, ça ne va pas de soi.
Mais c'est un pari que nous avons jugé nécessaire, indispensable même. D'ailleurs, la preuve, nos vidéos cumulent 8 millions de vues par mois. Preuve que vous souhaitez une autre information. Vous avez échoué finalement à mettre à l'ordre du jour cette question.
Je pense qu'il y a une responsabilité qui est quand même et avant tout celle des gens qui nous dirigent et notamment depuis 5 ans celle de Macron.
Loin des médias surconcentrés où seuls les libéraux et les fascistes ont le droit de s'exprimer dans de bonnes conditions.
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Mon invité de ce matin fait beaucoup parler d'elle et encore plus depuis mardi. Ayant failli remporter la primaire des écologistes puisqu'elle n'a perdu qu'à 49% contre 51 pour Yannick Jadot, elle incarne depuis une ligne radicale qui nourrit une fracture au sein d'Europe écologie-lévère sans réussir pour l'instant à s'imposer. Pour autant, éjectée de l'équipe de campagne du candidat Jadot depuis début mars, c'est son investiture puis son investiture aux législatives dans la même circonscription de Paris qui fut remise en cause en début de semaine sur fond de négociation entre son parti et l'Union Populaire menée par Jean-Luc Mélenchon pour finalement être validée hier en fin de journée.
Je reçois ce matin Sanlène Rousseau. Sanlène Rousseau. Bonjour. Merci d'avoir accès dans l'invitation ce matin. Merci à vous de cette invitation matinale. Très matinale, c'est vrai. Comment allez-vous ? Parce que là, ça commence fort. On a une petite info rapidement. Vous recevez des insultes maintenant et des menaces sur Instagram ? Ce n'est pas maintenant, c'est depuis le début de la primaire. Mais là, j'en ai reçu des particulièrement trash. Mais ceci dit, c'est ma vie depuis la primaire et ça dit aussi que je fais peur à toute la fachosphère et très bien. Coucou la fachosphère. Coucou la fachosphère. Alors bon, reprenons comment son cache est directement dedans.
Pour reprendre avant-hier, Mediapart révèle à la disparition de votre nom dans la négociation de la circo que vous visiez à Paris. À ce moment-là, le jour même, surprise, vous répondiez ne pas savoir, ne pas faire partie des négociations et ne pas pouvoir expliquer la situation. Hier, sur France Info, Julien Bayou dément tout et dit que Repécologie Lévers soutenait toujours votre institut, accusant du coup LFI d'être l'auteur du problème. Alors qu'en face, je refais toute l'histoire, aussi. En parallèle, on a pu voir Thomas Porte, membre de l'Union Populaire de Jean-Luc Mélenchon, poster sans commentaire une double photo de vous à côté de lui et d'autres militants et élus LFI.
Et puis finalement, votre investiture suite à un accord LFI-ELV est validé en fin de journée. On a du mal à suivre. Qu'est-ce qui s'est passé ? Je ne sais pas trop ce qui s'est passé mais surtout, il n'y a toujours pas d'accord. Il faut quand même le préciser. C'est ça qui est quand même le plus important derrière. Et sur cette erreur de frappe dans un tableau Excel parce que je ne veux pas croire qu'il s'agisse d'autre chose, eh bien... Ah, vous pensez que c'est une erreur ? Oui, on fait... Vous savez, les tableaux Excel, c'est toujours compliqué de les manier. Donc voilà. Et donc, cette circonscription a disparu et sans doute que c'est par une advertence de mon parti politique qui a dû...
Voilà, ça arrive de fausses manipulaires. c'est énorme et quand même. Une erreur après tous ces jours-là parce que quand même, vous avez labouré méritiquement le terrain depuis le début de semaine. Est-ce que ce n'est pas ça qui a changé finalement la donne ? Parce que bon, on vous a vu un partout. Non, je pense que juste ils ont retrouvé la case dans le tableau. Ils ont retrouvé la case. Bien. Alors aujourd'hui, c'est sûr et certain, vous êtes candidate aux législatives. Sûres et certains. Sûres et certains, oui, bien sûr.
et puis sur la 75-09, c'est-à-dire dans le 13e arrondissement de Paris et puis derrière, et j'espère qu'il y aura plein d'autres candidatures de ce mouvement-là, notamment des mouvements féministes, antiracistes, etc. parce qu'on a besoin de faire rentrer dans l'Assemblée nationale des Alice Coffin, des Naderra Belletrej, des Bénédicte Monville, des Aurel Lolo, enfin toutes ces personnes qui localement ou nationalement mènent des combats tout à fait incroyables et qu'on a besoin pour faire des lois à la hauteur et pour gouverner cette France à la hauteur des enjeux.
Alice Coffin, vous citez qui, au début de semaine, vous supportez en fait et vous soutenez sur Twitter en disant dans son tweet que oui, c'était connu, que les investitures écoféministes au sein de l'ELEV étaient souvent hop, hop, hop, balayées. Vous partagez ce constat ?
En tous les cas, il n'y a pas une volonté affichée extrêmement forte d'aller faire quelque chose d'autre au législatif que ce qui est attendu et c'est ça peut-être que dénoncer Alice Coffin et que je comprends, c'est que là, il y a vraiment des personnalités qu'on a fait monter et notamment dans le cadre de la primaire mais pas que, évidemment, mais aussi dans le cadre de la primaire et dans le cadre de ma candidature, il y a plein de gens qui sont arrivés et là, on voit que toutes ces candidatures-là sont fragilisées en interne comme en externe d'ailleurs parce que par exemple, une Lorraine Lolo qui fait un travail absolument incroyable de mobilisation des jeunes des quartiers, c'est pas forcément à ELV qu'elle a connu le plus de pression, c'est à l'extérieur, c'est-à-dire les gens de sa majorité qui disaient non mais tu n'es pas légitime à te présenter mais au nom de quoi n'est-on pas légitime à se présenter ?
C'est telle est la question aujourd'hui. C'est vrai, c'est vrai. Alors, est-ce que vous pouvez dire que vous êtes satisfaite finalement de l'accord passé là avec LFI pour votre investiture dans la 75e ? Je ne suis pas satisfaite d'un accord qui n'existe pas, il n'y a pas d'accord là. Il n'y a pas d'accord entre LFI et ELV sur le fait de faire un contrat de gouvernement, une coalition et d'aller ensemble à l'Assemblée nationale et ça, ça ne peut pas me satisfaire. Je veux dire là, ce qu'il faut comprendre c'est que le score de Jean-Luc Mélenchon révèle quelque chose de très puissant je pense dans le peuple de gauche et de l'écologie qui est une envie d'union et pourquoi une envie d'union ?
Parce que une envie viscérale, un besoin même j'ai envie de dire viscéral de gagner. C'est-à-dire que là je crois que les gens de gauche et d'écologistes ne veulent plus qu'on joue à la politique mais qu'on fasse de la politique pour gagner et pour que les idées de gauche et écologiste s'imposent aux plus hautes sphères et donc pour la présidentielle pour Jean-Luc Mélenchon ou pour le gouvernement là et dans l'Assemblée nationale. Et ça, il faut l'entendre. Il faut l'entendre parce que l'erreur de la présidentielle a été de ne pas l'entendre. Et donc on ne peut pas refaire la même erreur pour les législatives. Admettons qu'il n'y a pas d'accord.
Vous maintenez votre candidature dans la Serco ? Mais bien sûr. Non mais vous m'aurez quoi qu'il se passe. Enfin je veux dire, voilà. Bon, alors une chose de réglée. Vous êtes candidat, c'est certain. Alors reprenons un peu parce qu'il reste un nœud quand même à démêler au sein de RecoVGV. On le comprend bien. Il y a dix jours, vous étiez invité de backseat l'émission de Jean Massé sur Twitch où vous faisiez état, je vous cite, d'un énorme gâchis après le premier tour où manifestement vous souhaitiez la victoire de l'Union Populaire de Jean-Luc Mélenchon. On regarde.
Un énorme gâchis parce que je pense qu'on aurait pu imaginer par exemple une union de la gauche qui nous aurait mené au second tour et je pense que l'histoire en aurait été quand même assez définitivement différente. Et là, voilà, Jean-Luc Mélenchon échoue aux marches du second tour. Nous, on échoue aux marches des 5% et en fait, tout cela est un énorme gâchis. L'évolution de la courbe de Yannick Jadot, elle était au-dessus de Jean-Luc Mélenchon jusqu'au mois de janvier de mémoire, quelque chose comme ça. Et puis après, elle chute. Et à l'époque, il était à 9% et il a fini à 4,5%. C'est-à-dire qu'il a perdu la moitié de son électorat.
Et moi, si je regarde un peu les gens qui m'avaient soutenu pendant la primaire, il y en a quand même énormément qui sont allés vers Jean-Luc Mélenchon. Et donc, je pense qu'il y a eu une espèce de translation comme ça d'un électorat. Parce que moi, je ne comprends pas pourquoi on tapait sur Jean-Luc Mélenchon. Je ne vois pas l'intérêt, mais même, quels que soient les scores de l'un ou de l'autre, ce n'est vraiment pas... L'adversaire n'est pas Jean-Luc Mélenchon. C'est la droite, c'est l'extrême droite, mais ce n'est pas la gauche.
Si j'ai des félicitations à adresser à Jean-Luc Mélenchon, je ne suis pas sûre qu'il en attende de ma part, mais c'est vraiment de dire bravo d'avoir été jusqu'à la radicalité complète comme ça et d'avoir osé le truc parce que manifestement, ça a levé des gens et ça a levé des gens qui n'avaient pas envie de se lever le jour de l'élection. Et moi, je pense qu'il y a vraiment quelque chose à travailler parce qu'il y a une anxiété, il y a une inquiétude dans la population et là, on est à un moment de bifurcation, il faut être clair sur le chemin qu'on prend. Mais non, mais si vous voulez me faire dire...
Vous avez voté pour qui, en fait ? Parce que je voterais pour l'écologie.
Bah oui, j'ai voté pour l'écologie. Macron, de toute évidence, c'est quoi cette question ? J'ai voté pour l'écologie et j'ai voté pour l'écologie politique. Pardon ? C'est épistique là, l'ouïdrolienne. Jamais su la nature de votre vote. Bon, alors, ce n'est pas la question. Vous avez voté pour l'écologie. Bon, alors, je vais me faire l'avocat du diable. Peut-on être membre d'un parti et paraître à ce point en draguer un autre ? Je vais plus loin.
Vous ne pensez pas que l'ambiguïté que vous semblez un peu entretenir doit fortement déplaire finalement chez vous, chez Europe Ecologie des Verts et que ça pourrait être expliqué quelque part la situation que vous avez traversé début de semaine et puis un peu ce bis-bis-là, au fond. Je ne drague personne, moi. Je suis à Europe Ecologie des Verts. Je participe à ce parti. J'en suis une des membres, d'ailleurs, quand même historique, finalement. Après, je dis juste que nos adversaires ne sont pas à gauche. On entend très bien votre discours mais il n'est pas pris comme ça partout et que ça peut être... On entend ce qu'on veut aussi.
C'est-à-dire que moi, je vous dis juste parce que tout le monde, par exemple, la question que j'ai le plus souvent depuis la primaire, c'est pourquoi vous ne rejoignez pas Jean-Luc Mélenchon mais précisément parce que je suis écologiste d'Europe Ecologie des Verts. Il n'y a pas de doute là-dessus. Après, juste, je dis, nos adversaires ne sont pas à gauche et ça, je le tiendrai quoi qu'il se passe mais je l'ai tenu. Vous auriez pu faire exactement la même capture vidéo avec Christiane Taubira dont on peut considérer qu'elle n'est pas sur le même angle politique à gauche et pourtant, il y avait les mêmes captures des camps parce que je disais Christiane Taubira, je respecte ses combats.
Je la respecte. Évidemment, tout le temps. Vous, tout le temps, dans votre propre camp qu'on vous taxe parfois de manque de loyauté ou peut-être de tact. Comment vous voyez ça ? Pourquoi ? Qu'on me prouve sur la loyauté, qu'on me prouve en quoi je n'ai pas été loyale parce qu'en fait, j'en ai marre de ces procès-là.
C'est-à-dire que c'est comme si on était dans une situation où on ne pouvait pas dire que oui, à gauche, on veut une union, que oui, il y a quand même des liens avec les autres candidats et candidates ou les autres parties à gauche, que oui, ce n'est pas une honte que de le dire, ça n'est pas disparaître ou perdre en identité que de dire qu'il y a des liens avec d'autres formations politiques à gauche et que moi, mon adversaire principal, tout le temps, Constance, c'est l'extrême droite, c'est la montée de l'extrême droite et que c'est d'ailleurs pas pour rien que je reçois des menaces quasi non-stop et ça, je ne dérogerai jamais de cette ligne. Jamais.
Voilà, c'est-à-dire que ça peut plaire ou ne pas plaire. Après, vous avez le droit de voter pour moi ou de ne pas voter pour moi. C'est votre choix le plus strict et ça se respecte absolument. Mais par contre, moi, je ne dérogerai pas de cette ligne. C'est-à-dire que mes adversaires ne sont pas à gauche, mes adversaires sont à l'extrême droite. Bien, au moins, c'est clair, on espère que ce soit vraiment clair. Que pensez-vous de l'affiche Jean-Luc Mélenchon, Premier ministre, qui fait beaucoup parler et puis quelque part aussi de sa troisième tour, la stratégie du troisième tour ? Vous pensez quoi de ça ?
Cette affiche, elle a le mérite de dire les choses et de mobiliser un électorat en disant mais attendez, ce n'est pas terminé, c'est-à-dire que quelque chose peut se jouer là sur l'Assemblée nationale. Après, je sais que mon parti a mal pris cette affiche parce qu'il n'y avait pas le mot écologiste, je voudrais juste dire quand même pour qu'on comprenne un peu la situation que l'écologie politique et l'écologie qui est portée par Europe Écologie Les Verts et qui est portée par tous les militants et militantes d'Europe Écologie Les Verts, c'est une écologie qui parfois a été très difficile à porter. Enfin, je veux dire, on le porte depuis les années 70.
Il y a quand même des gens qui ont fait des grèves de la faim devant des projets d'incinérateurs. Tout le monde se moquait d'eux qui ont occupé des zones et des zones qui devaient devenir des zones industrielles. Tout le monde s'est moqués d'eux et ce sont des gens qui parfois ont même investi leurs biens et leur argent personnel pour leur vie même pour que des projets anti-écolo et nuisant à notre santé ne soient pas réalisés. Et donc, aujourd'hui, le fait que Jean-Luc Mélenchon arrive et dise je suis écologiste et tout ça, évidemment, ça génère quelque chose chez ces gens-là. Ça fait un petit moment.
Non mais d'accord, mais ce que je veux dire, c'est qu'il faut aussi que le mot écologie soit présent parce qu'en plus, c'est notre défi. C'est notre défi. On a trois ans pour agir. Le GIEC le dit. Et puis, à force de ne jamais mettre écologie dans les affiches, dans les trucs... Non, ce n'est pas une question d'égo. C'est qu'à force de ne pas mettre le mot écologie, on rentre dans cette espèce de petite musique politique où les problèmes écologiques n'existent pas vraiment. C'est-à-dire qu'on contribue à ça. C'est pour ça que le mot écologie doit être présent parce que ça dit aussi que c'est le défi principal que l'on a. Dans le programme de Jean-Luc Mélenchon.
Oui, mais pas sur l'affiche, par exemple. Je ne pourrais pas être heureux, contents que justement leur combat a dépassé le cadre du parti écologique. Mais bien sûr qu'ils sont heureux et contents qu'on parle d'écologie, sauf que ce n'est pas complètement vrai d'ailleurs qu'on en parle non-stop. C'est-à-dire que voilà. Et puis, la deuxième chose, c'est que si ça n'apparaît pas... Vous savez bien, vous faites aussi de la communication politique puisque vous êtes journaliste, vous la regardez de près, cette communication politique. Vous voyez bien que si un mot n'existe pas, derrière, l'enjeu n'existe pas.
Donc voilà, c'est important de mettre que l'écologie est un des défis majeurs au nom duquel on doit faire ce gouvernement de coalition. Alors du coup, on comprend bien dans tout ça que la question Mélenchon, la question plus largement la France insoumise semble être centrale chez Europe Écologie-Vert.
Rappelons la mise en retrait d'Alain Coulombelle suite à la suspension de Bénédicte Monville, élue de l'Europe Écologie-Vert à Melun, qui avait fini par dire qu'elle votrait Mélenchon ou encore Claire Lejeune, alors secrétaire fédérale des jeunes écologistes qui, elle, a rejoint l'Union populaire avant le premier tour et ça sans parler de vous qui entretenez des liens particuliers tout à l'heure. Bref, la ligne d'Union de la Gauche derrière le plus fort d'ici à juin semble déchirer votre parti malgré les enjeux, tout du moins officiellement. Quelle est votre analyse de ce constat-là précisément ? Quels sont les enjeux ? Je ne pense pas que ça déchire le parti.
Je pense que tout le monde, enfin il y a une énorme majorité au sein d'Europe Écologie qui veut l'alliance avec LFI. Mais qu'est-ce qui bloque alors ? Parce que ça ne se voit pas. Si, ça se voit. Sinon, il n'y aurait pas de discussion et il n'y aurait pas tous ces échanges-là. Il n'y aurait pas eu le psychodrame de cette semaine, etc. Donc si, si, ça se voit. Après, il y a des paroles qui sont prudentes sur le fait que l'écologie doit être représentée dans la coalition, qu'il s'agit d'une coalition, pas d'un ralliement. On retrouve exactement les mêmes débats au sein du PS et c'est normal et sans doute aussi au sein du PC même si je connais moins les débats qui sont en interne.
Mais donc, voilà, il y a une immense majorité qui veut cette alliance et moi j'appelle à ce que cette alliance soit faite non pas au nom d'une alliance de partis dont on se fout un peu en réalité. Parce que ça ne marchait pas à cette fois. Voilà, je l'appelle au nom du fait que ce qu'il faut entendre de la présidentielle, c'est ce dont je parlais tout à l'heure, c'est-à-dire cette envie, ce besoin, cette nécessité que la gauche gagne. Et cette nécessité, elle se mesure à l'aune de la vie concrète des gens. C'est ce qu'on disait tout à l'heure sur les femmes qui travaillent...
Je dis des femmes parce que c'est évidemment une majorité de ces emplois-là, les travailleurs du lien, les travailleuses du lien, toutes les personnes qui sont dans les soins à un domicile, etc., toutes ces personnes-là, leur vie concrète en dépend. Mais ce n'est pas qu'elles, c'est tout un tas de personnes, les gens au RSA, les gens au chômage, les gens qui sont dans des emplois précaires, dans des emplois compliqués, tout cela, en fait, leur vie change si c'est la gauche égologiste qui passe.
Donc là, on ne peut pas plaisanter avec ça, on ne peut pas jouer avec ça et on ne peut pas avoir des espèces de petites stratégies partidaires qui ne sont pas à la hauteur de l'enjeu et de la perception qu'ont les personnes de cet enjeu. Et puis, il y a Yannick Jadot, qu'est-ce que vous lui dites ? Parce que, revenons sur mardi, ses déclarations sur France Inter où il se dit comme vous favorable à une coalition de toutes les forces de gauche pour le citer aux législatives tout en précisant que se ranger derrière Mélenchon, ça ne marchera pas, dit-il aussi.
Alors, vous, vous étiez très critique de sa posture agressive envers Jean-Luc Mélenchon durant toute la campagne présidentielle, ce qui vous a valu d'être éjecté de la campagne, critique et alors partagé par de plus en plus de membres de votre parti. Vous confissiez récemment de ne plus avoir de contact direct avec Yannick Jadot depuis mars. Est-ce que d'ailleurs c'est remis ou pas ? Bon, ok. Depuis en ce moment-là, on aurait tenté, on serait tenté, d'ailleurs moi, de vous demander si vous n'êtes pas en train de gagner finalement du terrain quelque part sur la ligne Jadot en interne. Est-ce que la ligne bouge ? La ligne bouge, oui, parce que les résultats de la présidentielle sont là.
Mais après, moi, je ne veux pas accabler Yannick Jadot parce que sa situation n'est quand même pas complètement simple. il a fait une campagne, il s'est donné à fond dans cette campagne. Vous ne voyez pas cette campagne ? Non, non, mais moi, je ne partage pas la stratégie sinon je pense que ça serait vu donc il n'y a pas de doute là-dessus. Après, je ne veux pas non plus accabler le candidat qui a mis toute son énergie et vraiment toute sa volonté dans le fait de faire cette campagne et qu'on sait très bien que quand on se retrouve à 4,6 le soir d'un premier tour, ce n'est pas facile.
Donc juste, je pense que là, il faut laisser ce temps-là se passer et moi, je dis juste ne refaisons pas les mêmes erreurs stratégiques que nous avons fait pour la présidentielle et prenons les leçons de cette présidentielle pour faire autre chose et répondre davantage aux attentes et aux nécessités des Français. Bien. Alors malgré tout, malgré tout ça, les accords entre LFI et vous, enfin et vous et Europe et que je l'ai vert parce qu'avec vous, ça aurait été peut-être différent, patinent fort, voire sont à l'arrêt alors qu'entre les insoumis, le PC et même le PS, ça avance vraiment très rapidement, ça avance même très bien.
Hier, sur France Info, Julien Bayou disait regretter l'offre faite par la France Insoumise qui pourtant correspond à la demande d'Europe Écologie Les Verts soit 20% sur 165 circonscriptions. On imagine que c'est l'attribution précise de ces dernières qui bloquent les négociations. Mais bref, au fond, qu'est-ce qui cloche véritablement ? Il y a quelque chose qui ne va pas. Est-ce que Europe Écologie Les Verts peut-être emploi son force à ce point-là pour pinailler face à la France Insoumise ? Ou alors le contraire ? Est-ce que LFI est trop rigide dans les négociations ? La question que beaucoup de gens se posent, je vous la pose.
Je n'ai pas envie d'attribuer des bons points et des mauvais points. La seule chose que j'ai envie de dire c'est qu'on a... En fait, là, il faut aussi comprendre que l'alliance avec LFI c'est un changement de stratégie par rapport à ce qui s'est fait ces dernières années qui était de construire un pôle écologiste et de construire l'indépendance de l'écologie politique.
Évidemment, là, compte tenu des résultats, il faut une réorientation de la stratégie et par ailleurs, moi je conteste la stratégie depuis le début parce que je pense que l'écologie n'est pas indépendante des rapports sociaux, n'est pas indépendante des rapports de domination et n'est pas indépendante des questions de capital et d'accumulation de richesse. Bon, mais ça se dit, ça c'est maligne. Et donc là, en fait, il y a tout un ensemble à bouger et c'est pour ça que je pense que c'est compliqué au sein de l'écologie, c'est qu'il faut tenir cet ensemble pour aller vers cette alliance.
À un moment donné, ceci dit, voilà, s'il y en a qui, je pense notamment à Génération Écologie ou des parties comme ça, qui se disent que ce n'est pas du tout possible, il faudra aussi en prendre acte à un moment. Moi, je pense que là, on est dans un moment historique, dans un moment politique historique et qu'on ne peut pas faire de la politique classique dans un moment historique. Et j'insiste vraiment sur le caractère historique de la situation. Je crois qu'Emmanuel Macron a été élu en étant détesté, vraiment, et que si nous ne sommes pas à la hauteur, alors nous serons détestés autant que lui.
C'est-à-dire que vraiment, il y a quelque chose qui ne sera pas accepté par la population et je crois qu'aucun électeur, aucune électrice ne peut comprendre qu'au titre de ça ou ça, qui peut paraître très important au sein des parties mais qui peut paraître aussi très secondaire dans la population, eh bien, on refuse une alliance. Donc là, j'invite juste mes camarades, mes copains, mes copines à dire, à prendre la mesure de l'enjeu. Ça ne veut pas dire, et quand je dis ça, ça veut dire tenir la négociation pour qu'on obtienne le plus possible. J'ai pas de doute là-dessus et je sais que les filles sont très bons en négociation et c'est très difficile.
Donc voilà, je dis, tenez bon, mais par contre, allons vers cette alliance. Alors pour finir, revenons à vous, vous qui enchaînez les tempêtes depuis un moment, depuis pratiquement toujours, notamment venant de votre propre camp, encore une fois, et malgré les gros appels de phare, des insoumis, les pressions, vous tenez position, votre position, coûte que coûte chez Europe Écologie Les Verts. Alors j'aimerais savoir, et j'imagine que ceux qui nous regardent aussi, quel est votre objectif et votre stratégie qui explique tout ça ?
Mon objectif, c'est de peser au sein de l'écologie politique et de peser durablement et de faire en sorte que ce dépassement des partis, cette reconstruction à gauche, cet espoir que l'on suscite puisse s'inscrire dans le moyen et long terme. Et en fait, à gauche, on a tendance à régler les conflits par le départ. C'est-à-dire que si vous n'êtes pas d'accord, vous partez chez Macron ou vous partez chez Mélenchon de l'autre côté. Moi, je pense que... Vous n'avez jamais pensé jamais partir chez Mélenchon. J'ai une chanson populaire qui me vient en tête, mais je ne vais pas vous la chanter parce que je ne vais pas vous heurter les oreilles dès ce matin.
Mais en l'occurrence, non, c'est l'écologie politique. Il faut construire aussi une autre manière, sans doute, de faire cette écologie politique. Il faut renforcer la ligne sociale et populaire, non discriminante, antiraciste, vraiment de tous ces mouvements sociaux au sein de l'écologie politique. Je suis là pour le faire et c'est aussi très important que je sois là pour justement faire ces liens dont on parlait tout à l'heure avec les différents parties de gauche. Et je n'ai pas envie de... On change les choses de l'intérieur, ça a rarement marché. Vous y croyez vraiment ? Qu'est-ce qu'il vous dit que ça a rarement marché ? Il y a très peu d'exemples. On change les choses de l'intérieur.
Vous y croyez vraiment à cette stratégie-là ? Je ne sais pas. Je ne suis pas d'accord avec vous sur le fait que de l'intérieur, on ne change pas les choses. Il y a plein d'exemples. Mitterrand, il l'a fait. Sarkozy, tous ceux qui ont gagné. Là, en fait, ces derniers temps, on a des mouvements qui sont en dehors des parties. Et moi, je pense qu'il faut interroger la forme partidaire. Je crois que vraiment, on arrive au bout de quelque chose. Mais ceci dit, ce n'est pas vrai qu'à l'intérieur, on ne change pas. Et puis, voilà, moi, je veux peser sur cette écologie politique. Je veux que notre ligne soit présente. Je veux qu'il y ait plein de gens aussi qui portent ça.
C'est-à-dire, ce n'est pas que moi parce que ça aussi, on le dit peu, mais quand on dit pourquoi vous ne bougez pas, ce n'est pas moi. Je veux dire, c'est plein de gens qui sont dans le... C'est 30% de votre parti. Oui, c'est plein de gens qui sont dans le parti politique qui ne comprendraient pas. Vous les lâcheriez si vous partez. Exactement. Et puis, ces personnes-là, c'est aussi grâce à elles que j'ai gagné. Je veux dire, je suis aussi... Je leur dois quelque chose à ces personnes. Et ce n'est pas vrai qu'on peut trahir les gens comme ça. C'est trop facile de faire de la politique comme ça.
Donc, non, je tiendrai, je tiendrai envers et contre tout et je tiendrai pour mener cette bataille politique, pour faire en sorte que ça s'impose et qu'après, on puisse justement dépasser les clivages qui nous ont perdus en 2017, qui nous ont perdus à la présidentielle 2022 mai, qui vont nous faire gagner aux législatives et qui nous permettront de voir 2027 d'un œil très différent. On peut s'imaginer quand même que les choses auraient été différentes, bien différentes si vous aviez gagné la primaire face à Yannick Jadot. Mais bien sûr, bien sûr. Mais avec des sillons met Paris en bouteille. Effectivement, mais bon, quand même, on n'en serait peut-être pas là dans les négociations.
Évidemment que ça aurait été très différent, ça aurait été une histoire très différente. Après, peut-être qu'elle aurait été pire, on n'en sait rien non plus. C'est la pédifixion quelque part, mais bon, permettez que je crois qu'elle ait été meilleure, mais bon, voilà. On imagine. Et dernière, dernière petite question. Je rappelle que le prochain congrès d'Europe Écologie de l'Évier tiendra à l'automne. Avez-vous des projets dans ce cadre-là ? Mais là, la question, ce n'est pas le congrès, c'est les législatives, step by step. Vous savez, je crois que vraiment, j'ai mené beaucoup de batailles dans ma vie, j'ai mené beaucoup de combats dans ma vie.
Et s'il y a une chose que je sais de ces combats, c'est qu'on ne gagne jamais un combat si on mène la bataille suivante. C'est-à-dire que là, la bataille aujourd'hui, c'est les législatives, c'est les législatives, c'est le gouvernement. Faisons un gouvernement qui change la vie des gens et après, on voit. Bien. Merci d'avoir accepté mon invitation ce matin sur le plateau du métier très matinal. On ne manquera pas de suivre la suite des événements jusqu'aux législatives qui, je le rappelle, se tiendront les dimanches 12 et 19 juin prochains. Et puis aussi, bien sûr, rappelez aux gens de bien s'inscrire.
Oui, alors c'est jusqu'au 4 mai, vous pouvez vous inscrire sur les listes électorales et je pense notamment à tous les étudiants du 13e dont on a absolument besoin pour ces législatives. Jusqu'au 4 mai, vous pouvez vous inscrire sur votre lieu d'études. À bientôt. Voilà, c'est la fin de l'émission en direct qui, une fois, celui-ci terminé se traduira automatiquement en replay vidéo que vous pourrez partager à votre guise. Chers internautes, abonnés et ou sociaux du Média, de la part de toute l'équipe, merci. Merci d'avoir suivi l'émission ce matin, mais aussi, surtout, merci de votre soutien sur lequel rien de tout cela serait possible.
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Merci et bonne journée.
Sandrine Rousseau