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interviewJordan Bardella (sur YouTube)· 27 janvier 2025 46 minAutoproduit

Voeux de Jordan Bardella à la presse

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bien, bonjour à tous, madame la présidente, ma chère Marine, mesdames, messieurs les parlementaires, mesdames, messieurs les journalistes, chers représentants de la presse. Merci de votre présence à ces traditionnels voeux à la presse qui nous donnent l'opportunité, comme il est de coutume chaque année, d'échanger librement et de prendre un peu de hauteur sur notre vie démocratique. Comme l'an dernier, je tiens à m'adresser à vous avec franchise, avec sincérité et surtout avec respect, car je considérerai toujours votre rôle comme essentiel au bon fonctionnement de notre démocratie.

Permettez-moi tout d'abord de vous présenter mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année, à vous, à vos proches, à vos rédactions, à tous ceux qui contribuent dans l'ombre ou la lumière à faire vivre le débat public dans notre pays. Que cette année 2025 soit placée sous le signe de la sérénité, et je l'espère à titre plus personnel, du renouveau pour la nation. Vous et nous avons en commun une mission, celle d'éclairer nos concitoyens. Vous, en relatant les faits, en investiguant, en décryptant l'actualité avec honnêteté, nous, responsables politiques, en proposant une vision, un projet, une volonté et par-dessus tout des réponses aux grands défis de notre temps.

Alors certes, nos rôles diffèrent et parfois nos approches s'entrechoquent, mais cette confrontation est nécessaire. Elle est même le signe d'une démocratie vivante et il est de notre responsabilité commune de préserver cet équilibre. Je crois profondément en une presse libre. Libre, mais responsable. Une presse qui ne se laisse pas instrumentaliser. Une presse qui, loin des logiques de censure ou de caricatures faciles qui nuisent à la vérité, cherche constamment à élever le débat public. Une presse qui exerce son métier avec pugnacité, mais aussi avec éthique et sens des responsabilités. Un formé ne doit jamais devenir une arme pour détruire.

Ce respect de la dignité humaine, de la vie privée et de l'honneur de chacun est une condition indispensable pour préserver un débat public sain et constructif. Une presse, enfin, qui reflète la diversité des opinions et qui donne à chacun, surtout en période électorale, les clés pour comprendre le monde qui l'entoure. Un monde en perpétuel mouvement où les nouvelles technologies contribuent à façonner le débat public et à enrichir la démocratie. Les réseaux sociaux permettent à chaque individu d'être un diffuseur de contenu et donc un média. Mais nous savons tous que cette nouvelle donne numérique ne va pas sans risque de dérive.

Les intelligences artificielles génératives permettent potentiellement de diffuser des fake news à grande échelle et avec très peu de moyens. Les réseaux sociaux peuvent ainsi être la caisse de résonance de la rumeur ou de la fausse information. Dans ce contexte, votre profession joue là encore un rôle de vigie éminent. Enfin, et avant de revenir à des considérations plus politiques, permettez-moi d'avoir un mot pour vos confrères qui exercent chaque jour hors de nos frontières et parfois sur des terrains périlleux. Au cours de l'année 2024, un tiers des journalistes tués dans le monde, au cours de leur mission, l'ont été à Gaza, selon Reporters sans frontières.

Et 70% des journalistes retenus en otage le sont actuellement en Syrie. Comme chaque année, je veux ici rendre un hommage appuyé à ces journalistes d'investigation présents sur les théâtres de guerre qui couvrent au plus près du terrain les déchirements d'un monde en pleine convulsion. Avant d'aborder les enjeux de l'année 2025 pour notre pays, je voudrais naturellement dresser le bilan des 12 mois qui viennent de s'achever. L'année 2024 a été une année de politique avec un grand P, extrêmement dense, marquée par deux rendez-vous électoraux majeurs, les élections européennes d'une part et les élections législatives anticipées d'autre part.

En 2024, le Rassemblement national a confirmé sa place au premier rang du débat public puisqu'il est le parti politique pour lequel les Français ont le plus voté, dépassant les 30% aux trois tours et recueillant cet été près de 11 millions de suffrages. Le Rassemblement national n'a jamais compté autant d'adhérents, d'électeurs, de parlementaires, autant d'influence dans la vie politique française. Nous avons d'abord constitué le troisième groupe du Parlement européen avec d'autres forces patriotes sur le continent et bien sûr le premier groupe d'opposition, premier groupe tout court à l'Assemblée nationale. Cette influence nouvelle est d'abord idéologique.

Elle s'est vérifiée dès le lendemain des élections européennes par la décision inédite de rehausser les droits de douane face à la Chine, à contre-courant de la naïveté commerciale pratiquée jusqu'alors. Cette capacité d'action s'est aussi confirmée à l'occasion du vote de la censure du gouvernement Barnier, destinée à protéger les Français et nos entreprises d'une augmentation d'impôts sans précédent. Plus profondément, cette puissante vague électorale traduit une dynamique et un état d'esprit qui traversent en réalité toutes les démocraties occidentales. Nous assistons à un réveil des fiertés nationales et à un mouvement de réappropriation de la politique par les peuples.

À la sécession des élites qui entendent poursuivre sur la voie d'une politique unique, les peuples répondent chaque jour davantage par la volonté de se réinviter à la table du pouvoir et d'en reprendre le contrôle. Ce mouvement a culminé ces dernières heures avec l'élection présidentielle de la première puissance mondiale qui a vu le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump. L'enseignement de cette élection, remportée aussi bien par le collège électoral que par le vote populaire, c'est qu'elle s'est notamment construite sur la défense intransigeante de la liberté d'expression, par opposition à un conformisme médiatique caricatural souvent éloigné des sentiments majoritaires dans le pays.

Des deux côtés de l'Atlantique, ce combat est fondamental et je souhaite inscrire l'année 2025 dans ce grand engagement pour la liberté d'expression. C'est en Occident que la liberté, dans sa double acception publique et privée, a atteint son plus haut stade de développement. C'est un trait de notre civilisation et une singularité de l'esprit occidental. Mais c'est aussi un acquis fragile qu'il nous faut préserver à chaque instant et cela face à des périls nouveaux. Le premier péril a frappé il y a dix ans sur notre pays la rédaction de Charlie Hebdo.

En s'attaquant au journal qui avait publié les caricatures de Mahomet, les islamistes d'Al-Qaïda ont attaqué un symbole de la liberté d'expression. En prenant cette rédaction pour cible, ils ont visé un esprit français, frondeur, irrévérencieux à l'égard des dogmes. Ils ont voulu éteindre cette envie de rire dont Charlie Hebdo a été le porte-étendard. Malgré les hommages rendus, il faut avoir la lucidité d'admettre que la terreur est parvenue à imposer sa loi. Combien de journaux oseraient aujourd'hui diffuser à nouveau ces caricatures sans craindre de représailles ?

Qui oserait assumer publiquement ce défi lancé à l'islamisme lorsque l'on sait ce qu'il suppose en termes de danger pour sa vie, pour sa propre existence ? Le second péril qui plane sur la liberté d'expression, je le crois, vient de l'influence dans le débat public d'une gauche de plus en plus intolérante, virulente, à mesure qu'elle perd la bataille des idées et celle des esprits. Une gauche de plus en plus ambiguë quant à son rapport à la République, à ses valeurs, à la démocratie et aux libertés qui en sont la conséquence. Ces derniers mois, c'est à gauche que se sont multipliés les appels à la censure, comme s'il fallait bannir de la société toute idée contraire aux siennes.

Censurer des plateformes numériques, interdire la promotion d'un livre, se réjouir de la disparition d'un adversaire politique, appeler à la fermeture de chaînes de télévision après un harcèlement ciblé, je veux aussi vous appeler, journaliste intègre, à ne pas laisser l'obscurantisme abîmer ou restreindre notre démocratie. En cherchant à imposer son conformisme à tous, à rétablir un ministère de la vérité, la gauche participe à réduire le champ des possibles en matière de liberté d'expression. Or là où triomphe la pensée unique, voire la pensée officielle, c'est la démocratie qui recule. Alors cette liberté si précieuse, si fondamentale, ne va bien sûr pas sans responsabilité.

Concernant la liberté de la presse, que j'évoquais il y a quelques instants, cette responsabilité porte le noble nom de déontologie. Je me souviens qu'il y a un an, jour pour jour, devant vous, en janvier 2024, j'avais formulé le vœu que la campagne européenne soit couverte et observée avec rigueur et honnêteté, évidemment sans favoritisme, mais sans caricature. L'honnêteté m'oblige à vous dire, douze mois plus tard, que ce n'est pas le sentiment que laisse le monde médiatique dans son ensemble à l'issue de la séquence électorale et aux Français en premier lieu.

Lorsque le Rassemblement national est entre autres le seul parti à bénéficier de deux numéros successifs et dans la même année d'un complément d'enquête aux aires de fait entrer l'accusé, cela pose question quant à la neutralité du service public. Voici là un exemple parmi tant d'autres. Plus globalement, si la défiance est installée entre une grande partie du peuple français et les médias, ce n'est pas en raison des mauvais instincts ou des dérives d'une liberté d'expression qui irait trop loin, c'est principalement parce que trop de Français ont le sentiment que la presse, partie de la presse, cherche à prescrire l'opinion plutôt qu'à informer.

Je l'affirme devant vous avec franchise, ce militantisme heurte souvent leur conscience et leur conviction. Les Français n'attendent pas qu'on leur dise quoi penser, qu'on leur désigne un camp du bien. Ils veulent être renseignés sur les enjeux de notre époque et sur la marche du monde, c'est là toute la noblesse de votre profession. En 2025, plus qu'auparavant, votre défi sera notamment d'accepter de faire de la place à des idées, jusqu'à présent minoritaires dans la sphère médiatique, mais désormais de plus en plus majoritaires dans le pays.

En 2025, le Rassemblement national prendra comme chaque année part au débat sur tous les grands sujets d'actualité, à commencer par ceux qui préoccupent d'ores et déjà l'actualité immédiate, que ce soit à l'Assemblée nationale ou au Parlement européen. Nous poursuivrons notre route. D'abord sur Mayotte, victime d'une catastrophe naturelle inédite depuis plusieurs décennies. Marine Le Pen a consacré à l'île 101e département français son premier déplacement de l'année 2025, accompagné de notre députée Anchia Bamana. Nous avons présenté un plan ambitieux pour inscrire Mayotte dans la modernité française, avec en priorité l'accès aux soins, aux services publics et bien sûr à l'eau potable.

A Mayotte, rien de durable ne pourrait être rebâti sans un coup d'arrêt à la submersion migratoire, grande cause de l'insécurité qui frappe l'île et qui menace d'engloutir toute la société mahoraise. Ensuite, sur l'Algérie, nous demandons depuis plusieurs années maintenant que la France instaure un véritable bras de fer avec un régime manifestement hostile et provocateur. La France a les moyens de se faire respecter pourvu que ses dirigeants en aient la volonté et ce ne sont pas les possibilités d'action qui manquent, mais bien le courage et la volonté politique.

Suspension des visas, des transferts de fonds privés, suppression du visa pour soins qui permet aux ressortissants algériens d'être soignés aux frais du contribuable français, dénonciation de l'accord algérien de 1968, aucune piste ne doit être écartée pour rééquilibrer une relation qui bénéficie aujourd'hui largement à l'Algérie. Ne rien faire, se contenter d'une profusion verbale jamais suivie d'effets réels, c'est dévaloriser la parole de la France dans le monde.

Enfin, mesdames, messieurs, sur la scène européenne, j'ai demandé il y a quelques jours, à l'occasion de la session parlementaire de rentrer à Strasbourg, la suspension du Green Deal, ce plan européen inspiré de l'écologie punitive qui risque d'aggraver demain et après-demain encore davantage le décrochage économique du continent. Alors que les Etats-Unis affichent leur ambition et leur volonté de conquête, l'Europe ne peut plus être l'otage de l'idéologie de la décroissance qui l'empêcherait de relever les grands défis du XXIe siècle.

L'élection de Donald Trump, qui pourrait aggraver les tensions commerciales, ne doit pas être vue comme un malheur, elle doit être vue comme un défi et l'occasion d'un vaste sursaut pour la France et pour l'Europe.

Face à la réglementation européenne excessive qui comprime l'initiative et mine la confiance, j'appelle à lever toutes les contraintes qui pèsent sur la croissance dans tous les domaines, que ce soit dans l'agriculture, fortement pénalisée par l'écologie punitive, dans l'automobile avec la folle décision d'interdire les véhicules thermiques à l'horizon 2035, l'industrie ou l'intelligence artificielle engluée dans les pesanteurs administratives, sur l'énergie nucléaire enfin victime d'un incompréhensible rejet. Entre la promotion d'une écologie raisonnable et une économie de production, un chemin existe et la France doit l'emprunter au risque de disparaître demain de la compétition mondiale.

Que Donald Trump travaille pour les intérêts de l'Amérique est une chose somme toute assez normale, c'est là le rôle que lui ont confié les Américains. Mais on peut s'étonner que Mme Van der Leyen et la Commission européenne soient finalement au service des mêmes intérêts en appliquant une politique insensée qui flirte chaque jour davantage avec la décroissance. Les nations européennes doivent avoir conscience de ce qu'elles sont, de leurs intérêts et les défendent en priorité comme le font l'ensemble des pays qui réussissent dans la mondialisation. Enfin, mesdames, messieurs, face au nouveau gouvernement, nous poserons là encore nos exigences.

La défense du pouvoir d'achat et la revalorisation du travail, la lutte contre l'insécurité et l'immigration massive, la maîtrise de la dépense publique ou encore la revification de la démocratie. Si le discours de politique générale du Premier ministre était bien pauvre sur le fond, au moins mentionnait-il la nécessité d'une banque de la démocratie et l'instauration de la proportionnelle, nous veillerons à ce que ces deux mesures soient effectivement engagées car elles permettraient, pardonnez-moi, de renforcer notre démocratie. Pour approfondir la démocratie française, il en faudra bien plus.

Nous réitérons en cette rentrée 2025 notre demande d'organiser un grand référendum sur l'immigration destiné à permettre aux Français de reprendre le contrôle de leur destin. À quelques jours d'une nouvelle discussion budgétaire, le Rassemblement national va continuer de faire valoir ses propositions, notamment celles sur l'urgence du retour à la raison budgétaire par la baisse de la mauvaise dépense publique. Nous appelons là encore à briser des tabous qui organisent et paralysent l'État. Face à un endettement inédit de la France, il faudra de la lucidité et du courage, notamment face à ce que nous identifions comme étant les angles morts des politiques publiques.

Le tabou de l'immigration de guichet social, dont le coût est estimé à plus de 10 milliards d'euros en hypothèse basse par l'Institut Montaigne, comment par exemple justifier que l'on accorde les allocations familiales aux ressortissants étrangers alors que notre pays affiche un déficit supérieur au 6% du PIB ? Je pense à la contribution de la France au pot commun de l'Union européenne au moment où plusieurs de nos voisins européens, à l'instar de l'Allemagne ou des Pays-Bas, ont obtenu un rabais sur les fonds versés à Bruxelles. Je pense au défi majeur de la surréglementation dont l'OCDE nous indique qu'elle coûte à notre pays, au bas mot, 60 milliards d'euros par an.

Je pense au coût de la décentralisation auquel personne n'ose s'attaquer par clientélisme et habitude. Ces excès normatifs, cet empilement de structures et de comités provoquent ce que Jérôme Fourquet, a très justement nommé la maladie bureaucratique, une maladie dont la France souffre depuis bien trop longtemps. En cette rentrée, derrière la façade du consensus mou et d'un compromis qui ne satisfait personne, François Bayrou incarne une inertie préoccupante à l'heure des grandes urgences quotidiennes pour le pays. La politique de François Bayrou n'est pas celle du changement.

Elle est celle d'Emmanuel Macron et de son indifférence aux grandes problématiques de la vie quotidienne des Français, la grande absente du discours de politique générale. Y a-t-il un pilote dans l'avion ? C'est la question que tous les Français se posent en ce début d'année et les rares qui se laissent tenter par une réponse affirmative se demandent pour aller où. Il me paraît inévitable de convoquer des élections législatives dès qu'elles seront institutionnellement possibles. Seul le retour au peuple permettra de construire une majorité claire et stable pour le pays, conformément à sa volonté.

Si la composition actuelle de l'Assemblée nationale, complexe et indécive, représente les propres doutes des Français, elle ne pourra rester en l'État sans plonger la France dans une forme d'immobilisme de long terme. Il faudra en ce sens nécessairement que le peuple tranche et achève ce qu'il a ténicié l'été dernier. Enfin, mesdames, messieurs, l'année 2025 va permettre au Rassemblement national de préparer intensément les élections municipales de l'année prochaine, avec la constitution de listes sur l'ensemble du territoire national.

Ces élections municipales démontreront la progression du Rassemblement national en termes d'implantation locale, un chantier que je fixe et que nous fixons avec le bureau exécutif comme prioritaire. Le Rassemblement national va devoir se conformer, se confronter aux défis difficiles de la conquête des grandes villes. Je peux d'ores et déjà vous annoncer que nous aurons des listes pour toutes les grandes villes de France.

Avec la victoire de l'élection municipale anticipée de Reniaque dans les bouches du Rhône, il y a quelques semaines, nous abordons ces élections avec confiance et détermination, sans triomphalisme, mais avec la volonté de prouver dans d'autres communes que la gestion municipale du RN est rigoureuse et saine et que des centaines de milliers de Français voudront se l'offrir à eux. Pour conclure, je vous renouvelle, mesdames, messieurs observateurs et membres de la presse, mes meilleurs voeux pour 2025 et je me tiens évidemment à votre disposition pour répondre à vos questions.

18:08
Auditeur

Je tiens le nom de votre média.

18:16
Invité

Bonjour, Gréga Wachinski du journal allemand Handelsblatt. Monsieur Bardella, j'aimerais bien savoir quel est votre regard sur la campagne électorale en Allemagne avec le débat sur l'immigration et les annonces du prochain, probablement prochain, chancelier Frédéric Metz de durcir les contrôles aux frontières. Et deuxième question, votre ancien partenaire, l'AFD, en Allemagne pourrait faire un score historique. Est-ce que vous pensez peut-être renouer le lien avec ce parti ou qui serait un partenaire ou un allié politique possible pour vous en Allemagne ?

18:53
Présentateur

Bien, nous regardons avec grand intérêt la campagne et les élections évidemment législatives en Allemagne. L'Allemagne est un partenaire de la France. Elle a vocation à le rester, bien que nous entendions sur un certain nombre de plans rééquilibrer une relation qui, pendant de trop nombreuses années, a été disproportionnée sur le plan commercial ou sur le plan énergétique. Je crois qu'il n'y a plus aucune société européenne qui ne prend pas conscience des dangers d'une politique migration devenue folle et devenue totalement hors de contrôle.

Je me permets de rappeler que pendant la campagne des élections européennes, alors qu'on nous reprochait une impossibilité dans la mise en œuvre des contrôles aux frontières et dans cette double frontière que nous avions proposée comme réforme pendant la campagne, le chancelier allemand a rétabli des contrôles aux frontières avec une efficacité immédiate sur la baisse du nombre d'entrées s'agissant de l'immigration clandestine.

Et donc je me réjouise que la société allemande puisse prendre conscience aujourd'hui qu'une politique d'immigration massive qui a été pratiquée pendant de très nombreuses années par Angela Merkel bouscule les grands équilibres d'une société qui souhaite très certainement protéger son identité, sa sécurité, sa culture, son art de vivre. Et sans doute la progression de l'AFD aux élections européennes comme dans les sondages est liée à cette inquiétude majeure.

Nous avions fait le choix pendant la campagne européenne de prendre nos distances avec l'AFD compte tenu des prises de position qui ont été celles de l'AFD, je ne vais pas m'étendre dessus, y compris d'ailleurs à l'encontre d'intérêts français et notamment à l'égard de Mayotte en pleine campagne des élections européennes. Nous siégeons aujourd'hui dans deux groupes différents.

Jamais rien n'est figé en politique mais nous ne varierons pas quant à notre stratégie électorale que nous avons choisie et notamment au Parlement européen qui vise non pas à dépasser le PPE par la droite mais peut-être à le remplacer et à occuper aujourd'hui un rôle central qui soit un rôle et une stratégie qui puisse nous permettre d'arriver au pouvoir.

21:23
Auditeur

Bonjour Laurent Gélin pour le journal Heure Active, je rebondis sur la question de mon collègue sur la question de l'immigration, le probable futur chancelier allemand a émis quelques réserves, sur la question du Green Deal également, est-ce que pour vous le PPE peut être un partenaire crédible de collaboration au sein du Parlement européen sur ces deux questions, question migratoire, question du Green Deal, est-ce que vous avez déjà pris contact avec eux, est-ce qu'il y a des échanges qui ont déjà été faits entre vos deux mouvements ?

21:54
Présentateur

Merci. Bon, d'abord, je pense que le Green Deal et les contraintes, les 13 déclinaisons du Green Deal, industriel, automobile, agricole, environnemental, sont des contraintes importantes à la croissance à la fois en France, en Europe, mais qu'elles vont surtout représenter des contraintes importantes face notamment à l'Amérique de Donald Trump. J'ai demandé il y a quelques jours à ce que les contraintes posées par le Green Deal soient réexaminées et que son application soit suspendue.

Je vais dans les prochaines heures écrire, puisque vous savez qu'il existe aujourd'hui une majorité un peu évoluée par rapport aux précédents mandats, certains diront une majorité de droite dans l'hémicycle du Parlement européen, qui nous a permis, par exemple, il y a quelques jours, c'est symbolique, mais c'est historique en termes de réalisation politique dans l'hémicycle, de faire adopter une résolution commune avec le PPE, avec les conservateurs d'ECR, avec le groupe ESN sur le Venezuela.

Donc je vais proposer dans quelques heures, je vais écrire au président des groupes PPE, ECR et ECN afin de leur proposer de mutualiser nos forces pour proposer ensemble la suspension du Green Deal comme une réaction aux mesures extrêmement attractives pour l'économie et pour les entreprises, et aussi aux mesures protectionnistes que va mettre en place Donald Trump aux États-Unis.

Moi, j'ai écouté avec intérêt les premières déclarations du nouveau président du Conseil, Donald Tusk, qui lui-même s'est montré extrêmement critique sur la mise en œuvre du Green Deal, étant entendu que les cinq premières années du mandat d'Ursula von der Leyen ont consisté en l'adoption législative du Green Deal, et désormais, les cinq années qui viennent vont être sa déclinaison concrète. Donc je suis favorable à la suspension du Green Deal. Je suis favorable notamment à ce que le calendrier qui vise à l'interdiction des véhicules, la vente de véhicules thermiques neufs à l'horizon 2035 soit revue.

Il y a une clause de revoyure qui est prévue en 2026, je pense qu'il faut s'en saisir, et plus largement à la révision des objectifs, notamment de la ferme à la fourchette, qui, par la multiplication des contraintes environnementales qu'elles sous-tendent, mettent nos agriculteurs en très grande difficulté aujourd'hui. Donc c'est l'initiative que je vais prendre dans les prochaines heures, et j'appelle là mes collègues, notamment du PPE, à avoir un peu de courage et à penser à la compétitivité de la France, à nos entreprises et évidemment aux travailleurs français.

24:35
Auditeur

Bonjour, Sophie Dupont pour BFMTV. Le ministre de l'Economie s'est interrogé hier soir sur les dépenses de santé. Je cite « Doit-on être remboursé à 100% quand on a les moyens ? » Voilà ce qu'il a dit. Qu'est-ce que vous répondez au ministre de l'Economie aujourd'hui ? Est-ce que vous êtes favorable à ce que des foyers de classe moyenne supérieure ont revenu plus aisés, puissent être mis à contribution pour ces dépenses sociales ? Merci.

24:57
Présentateur

Alors on a bien compris qu'en matière de santé, en matière sociale, il y avait un tabou qui allait demeurer, c'est celui de notre politique d'immigration. Et avant d'aller demander des efforts à nos compatriotes, moi je l'appelle à supprimer l'aide médicale d'État, qui octroie aujourd'hui la gratuité des soins à des étrangers en situation irrégulière qui viennent dans notre pays pour bénéficier de cette palette de soins.

Et ce qui me dérange, c'est qu'on va demander des efforts à nos compatriotes, alors qu'il y a un éléphant au milieu du salon que personne ne voit, c'est celui de notre politique migratoire, qui représente aujourd'hui un poste de dépenses publiques et un poste de dépenses sociales extrêmement importants. Je rappelais que, s'agissant de l'Algérie, une grande partie des visas qui étaient délivrés étaient des visas pour soins. Et donc je souhaite que la générosité du système social français soit réservée à nos compatriotes. Et ça peut d'ailleurs faire l'objet, la priorité nationale d'un point dans le référendum sur l'immigration. Vous savez que nous le réclamons depuis plusieurs mois.

On a bien compris que M. Lombard était socialiste hier et qu'il est encore socialiste aujourd'hui. Je lui rappelle que si M. Barnier est tombé, c'est précisément parce qu'il présentait un budget à la France qui était un budget socialiste. Et tant qu'on ne fera pas l'effort d'aller couper dans la mauvaise dépense publique et dans les mauvaises dépenses de l'État, alors on ne réglera pas la question du déficit

26:28
Auditeur

budgétaire. Bonjour. Une question pour PBS Frontline aux Etats-Unis. Vous avez parlé à de nombreuses reprises de la nécessité d'une préférence nationale s'opposant à une préférence étrangère. A qui cela profiterait-il et pourquoi est-ce nécessaire ? Je précise que c'est pour une audience américaine que je pose la question.

26:48
Présentateur

Je souhaite qu'on puisse faire dans le marché commun en France et dans les économies européennes, ce qui se fait dans beaucoup d'États dans le monde, à savoir s'appuyer sur notre marché intérieur pour relancer notre économie et notamment mettre en place une préférence européenne dans les marchés publics et à défaut une préférence nationale pour faire en sorte que les entreprises qui produisent en France et qui produisent en Europe puissent être prioritaires dans les marchés publics. Aujourd'hui, les marchés publics européens sont à 80% ouverts à des entreprises extra-européennes.

C'est 28% aux Etats-Unis, 31% au Japon et ces grandes puissances ont compris tout l'intérêt de s'appuyer sur leur marché intérieur. Je crois que notamment dans les marchés liés à la défense, le premier acte de patriotisme et de soutien à l'économie et aux économies européennes que pourraient mettre en oeuvre les gouvernements serait d'acheter du matériel européen et d'acheter du matériel français. Moi, je prends Donald Trump au mot. Il invite les Européens à mettre plus d'argent dans leur défense, dont acte. Engageons ces efforts d'investissement avec une contrepartie qui est celle de favoriser les entreprises européennes. C'est un principe de bon sens.

Vous produisez sur le sol français, vous produisez sur le sol européen, vous devez avoir un avantage dans les marchés publics. C'est une réforme que nous avons longtemps portée, que j'ai portée moi-même lors des élections européennes, que Marine Le Pen avait portée lors de la dernière élection présidentielle. Et je crois qu'il y a aujourd'hui une convergence chez beaucoup de députés européens pour cette mesure. Et donc nous souhaitons qu'elle puisse être portée et mise en oeuvre.

28:31
Auditeur

— Bonjour, Caroline Mott pour France Télévisions. Vu le contexte de négociations en ce moment entre le gouvernement et les socialistes sur le budget, vous semblez réduit à un rôle de spectateur. De fait, si un accord est trouvé avec l'EPS, vous perdrez votre influence à l'Assemblée nationale. Alors comment vous pesez concrètement sur le budget ? Et est-ce que vous vous apprêtez à le censurer ? — Il faut que vous posiez la question à

28:55
Présentateur

M. Retailleau et aux députés des Républicains. Est-ce que M. Retailleau, M. Darmanin et une partie des Républicains souhaitent rester dans un gouvernement qui donne des gages à la gauche et qui donne des gages à des gens qui ont été élus avec le soutien du nouveau Front populaire, c'est-à-dire avec le programme économique le plus dépensier de toute l'histoire de la Ve République ? Vous savez, la censure, pour nous, c'est pas un jouet. Et pour nous, la censure n'est pas une fin. Je crois qu'une coalition qui irait du Parti socialiste aux Républicains viendrait clarifier les choses et viendrait clarifier la situation pour beaucoup de Français.

Donc nous allons continuer à nous apporter nos mesures. Et je suis pas certain que le gouvernement en sorte grandisse que de donner des gages au nouveau Front populaire. Vous me direz, ils ont fait élire beaucoup de députés du nouveau Front populaire face au Rassemblement national. Mais moi, ce qui m'a beaucoup interpellé dans le discours de politique générale et dans les premiers jours du nouveau gouvernement, c'est que la vie des Français a été totalement absente. On parle beaucoup d'accords politiciens. Il n'y a rien eu sur le pouvoir d'achat. Il n'y a rien de significatif dans les économies, dans la mauvaise dépense publique et des grandes économies dans les mauvaises dépenses de l'État.

Il n'y a rien sur la contribution de la France au budget de l'Union européenne, rien sur le coût de la décentralisation, rien sur les dizaines d'agences et sur ce qu'on appelle le maquis d'opérateurs publics qui représentent jusqu'à 80 milliards d'euros, rien sur le prix de l'électricité. Voilà. En tous les cas, la situation ne durera pas très longtemps. C'est ma conviction. Encore plus si le gouvernement s'octroie les faveurs du Parti socialiste.

30:43
Auditeur

Bonjour. Corentin Lussière pour Le Monde. Bonjour. Dans le cadre du projet de budget PLF du gouvernement Barnier, vos députés avaient proposé la suppression de l'abattement fiscal de 10% des pensions de retraite et son remplacement par un abattement forfaitaire de 1 000 euros. Le Rassemblement national est revenu sur cette proposition. Donc deux questions. Pourquoi être revenu sur cette proposition de suppression de l'abattement fiscal des retraités ? Et deuxième question. Est-ce un tabou pour votre parti ? de mettre à contribution les retraités, même les retraités les plus aisés, dans le cadre de la résorption du déficit public ?

31:19
Présentateur

D'abord, moi, je n'aime pas trop ce débat qui consiste à faire peser sur les retraités en réalité la responsabilité de la situation économique de la France. Il y a beaucoup de nos retraités qui vivent dans des situations difficiles, qui ont travaillé toute leur vie pour s'octroyer cette retraite. Et nous avions indiqué, et c'est d'ailleurs l'une des raisons qui nous avait poussés à activer le mécanisme de la censure, que nous n'entendions pas désindexer les pensions de retraite de l'inflation. En revanche, nous avions proposé, vous vous en souvenez, un contre-budget.

Nous avions été raisonnables, puisque sur la soixantaine de mesures sur lesquelles nous avions travaillé, nous avions spécifiquement appuyé auprès du précédent gouvernement sur une dizaine de mesures qui nous apparaissaient être des mesures raisonnables. Dans les travaux budgétaires, nous avions indiqué que nous étions prêts à rediscuter, et à discuter en l'occurrence de cet abattement fiscal de 10% sur les retraités, mais qu'il était hors de question de revenir sur l'indexation des pensions de retraite au 1er janvier. Voilà, c'est un choix que nous avions fait, discuter possiblement de cet abattement, mais certainement pas d'une désindexation des pensions de retraite.

La question n'est pas réglée, on peut parfaitement en discuter, mais enfin, si vous voulez, ce qui me dérange, c'est qu'on demande des économies aux Français, et notamment aux Français qui ont travaillé et qui bénéficient de leur retraite, et qu'on ne fasse pas sur l'autre plan et l'autre versant des économies substantielles dans la mauvaise dépense publique.

Et c'est un peu ce qui me dérange, et c'est ce qui me gênait dans le budget barnier, c'est-à-dire qu'on prévoyait 40 milliards d'euros d'impôts supplémentaires sans, dans le même temps, présenter un plan d'économie substantiel pour améliorer l'efficacité de l'État et réduire un État qui vit au-dessus de ses moyens depuis 50 ans en réalité.

33:24
Auditeur

Oui, bonjour, Nicolas Massol de Libération. Bonjour, Nicolas Massol. Alors moi, je reviens du coup sur Trump. Donc pour rentrer, enfin comme réponse à Donald Trump, vous proposez de suspendre le Green Deal. Est-ce que vous comptez éventuellement, lorsque viendront des mesures de guerre commerciale contre l'Europe, appuyer éventuellement un rapport de force ? Parce que pour l'instant, je n'entends pas dans votre bouche, enfin je ne vous vois pas prendre cette direction-là.

Et donc du coup, ma deuxième question, c'est comment jugez-vous vos partenaires, soit européens, soit sur la scène nationale, qui viennent en fait, enfin qui sont allés un peu comme faire allégeance à Donald Trump lors de son investiture, et laissant présager que votre camp en général ne serait pas dans un rapport de force avec Donald Trump, mais plus dans une forme d'allégeance ?

34:17
Présentateur

Alors, moi j'ai beaucoup de respect et d'admiration pour le patriotisme de Donald Trump et pour la volonté de défendre les intérêts de son pays, d'abord et avant tout, mais je n'ai pas le syndrome du petit frère. Et je considère que le rôle de la France n'est pas de se positionner à côté ou à l'ombre d'une grande puissance. Nous avons toujours été attachés à l'indépendance de la France, à son rôle de puissance d'équilibre et à sa position de non-alignée dans les rapports internationaux.

C'est la raison pour laquelle ni Marine Le Pen ni moi avons souhaité être à la cérémonie d'investiture, mais en tout cas, il était parfaitement normal que nous y soyons représentés et que nous entamions des discussions et des échanges avec le parti des Républicains, parce que l'Amérique reste une grande puissance. Et en réalité, l'élection de Trump nous lance un défi qui est un défi existentiel. Voilà. L'Amérique va défendre ses intérêts. Et moi, je regarde autour de nous et je vois beaucoup de puissances, beaucoup de pays, beaucoup de grandes puissances qui réussissent dans la mondialisation faire le choix de défendre leurs intérêts.

C'est précisément l'inverse de la naïveté commerciale que pratique l'Union européenne depuis maintenant plusieurs décennies. Donc l'élection de Trump est une bonne chose pour les Américains. Et je me réjouis que les Américains aient fait ce choix. Mais c'est à la lumière de ce changement de philosophie en matière commerciale une mauvaise nouvelle pour l'Europe. Si nous ne prenons pas conscience que si nous ne défendons pas nos intérêts, alors nous disparaîtrons. Donc nous souhaitons évidemment des relations d'équilibre. Et vous mentionniez les droits de douane.

Il se trouve que pour l'instant, le déficit commercial, il plaide plutôt en notre faveur, puisqu'il y a un déficit commercial de 156 milliards d'euros, me semble-t-il, qu'on exporte essentiellement des médicaments, des voitures, entre autres. Et qu'en réalité, les principales économies qui seraient concernées par une politique de rétorsion commerciale de l'administration Trump seraient surtout l'Allemagne et seraient surtout l'Italie.

Nous allons être extrêmement vigilants et attentifs à la situation de nos agriculteurs, et notamment des viticulteurs qui avaient été pénalisés sous le mandat précédent par un premier rehaussement, en tout cas une politique commerciale un peu plus dure de la part de Donald Trump par rapport à son prédécesseur. Mais encore une fois, moi, je défends l'indépendance de la France et il est clair que dans ce nouveau monde, nous sommes des interlocuteurs privilégiés. Parce qu'en réalité, toutes les grandes puissances aujourd'hui font le choix du patriotisme économique, font le choix de remettre les peuples au cœur de la décision publique, font le choix de maîtriser leurs frontières.

Il se trouve que c'est précisément l'ambition que nous portons pour la France. Et donc dans ce cadre-là, sans développer le syndrome du petit frère, nous avons vocation à développer des liens, des échanges et des dialogues francs avec toutes les grandes puissances de ce monde. Et je crois que dans ce nouveau monde, nous sommes effectivement des interlocuteurs privilégiés. Mais on va faire ce qu'ont fait toutes les nations de par l'histoire et de par le monde. Kissinger disait que l'Amérique n'a pas d'amis ni d'ennemis permanents, elle n'a que des intérêts. C'est le visage du monde aujourd'hui.

Et donc il faut aborder les années qui viennent sans naïveté et avec un esprit franc, un esprit de dialogue avec toutes les grandes puissances. Mais vous savez, je pense que dans ce nouveau monde, les faibles disparaissent. Et pour dialoguer avec les grands dirigeants de ce monde, avec les dirigeants patriotes, parfois nationalistes, il faut avoir du caractère. Voilà. Sinon, eux, vous mangent et vous disparaissez.

39:08
Auditeur

Bonjour, Sonia Gobry pour France Info. Vous appelez à convoquer des législatives dès qu'elles seront constitutionnellement possibles. Et vous affirmez que vous aurez des listes dans toutes les grandes villes de France pour les municipales. Est-ce que vous êtes prêt ? Avez-vous investi ou pré-investi tous vos candidats ? Et quels sont vos objectifs ? Merci.

39:25
Présentateur

Merci pour votre question. Nous nous préparons en réalité depuis l'été dernier à de potentielles élections législatives anticipées à minima, parce que ça n'aura échappé à personne que la situation dans laquelle nous sommes n'inspire en rien à la stabilité. Et nous avions d'ailleurs prévu cette instabilité, puisqu'au second tour des élections législatives, c'est pas tant d'ailleurs la dissolution qui a provoqué l'instabilité dans laquelle nous sommes. Ce sont les accords de second tour entre Emmanuel Macron, Gabriel Attal et Jean-Luc Mélenchon qui ont privé le pays pendant un minima un an d'un cap clair et d'une stabilité institutionnelle. Rien de stable ne pourra émerger de cette situation.

Et donc, par conséquent, nous qui sommes attachés à la stabilité du pays et surtout extrêmement inquiets de voir les urgences quotidiennes des Français passer à la trappe du débat public et de l'action politique. Nous sommes effectivement lucides sur la situation. Et je crois que seul un retour aux urnes permettra en réalité de dégager un cap clair et de dégager une majorité stable sur le long terme. Ça paraît être une évidence. Nous nous y préparons donc. La commission nationale d'investiture se réunit chaque semaine, chaque jour, ces derniers jours. Et donc nous préinvestissons non seulement des candidats aux élections législatives, mais également des candidats aux élections municipales.

Et nous aurons l'occasion de tenir une grande convention municipale qui lancera officiellement la campagne au mois de septembre 2025, donc à la rentrée.

41:13
Auditeur

Bonjour, Sébastien Ligné pour Valeurs Actuelles. Bonjour, M. Ligné. Comment jugez-vous les premiers pas de Bruno Rotailleau au ministère de l'Intérieur, que ce soit dans son vocabulaire ou dans ses premières décisions, notamment face à l'Algérie ? Est-ce que vous croyez en sa sincérité et en sa capacité à obtenir des victoires à la fois sur le volet sécuritaire et migratoires ?

41:32
Présentateur

Je ne juge pas les cœurs et les reins. Je pense que c'est un homme sincère. Pour le coup, ce qu'il dit aujourd'hui, il le disait il y a 10 ans, il le disait il y a 20 ans. Donc je pense que ce n'est pas un sujet de sincérité. Mais il est condamné à être le ministre de la parole parce qu'il n'a pas de majorité et qu'il fait le choix d'être dans un gouvernement macroniste, de passer de la douce musique aux électeurs du Rassemblement national qui, c'est vrai, sur les mots, résonne très bien à mon oreille, mais qui, en réalité, s'en tient à énormément de communication.

Je veux dire, la circulaire qui a été passée visant à faire évoluer la circulaire valse est un durcissement en trompe-l'œil parce qu'en réalité, on ne remet pas en cause le principe même de régulariser des gens qui violent la loi de la République, qui violent l'hospitalité du peuple français en venant de manière illégale sur le sol de la République française. Donc si M. Rotaillot a sincèrement et réellement la volonté d'agir, alors à ce moment-là, il faut supprimer le droit du sol, il faut supprimer les pompes aspirantes qui font que des gens viennent dans notre pays.

Et je pense notamment à notre très généreux système de protection sociale, et j'ai cité tout à l'heure l'aide médicale d'État. Il faut peut-être s'inspirer de ce qu'a fait le président Trump avec la Colombie. Nous, ça fait 30 ans qu'on peine à régler la question de l'Algérie. En quelques heures, Trump a réglé celle de la Colombie par une politique de fermeté diplomatique qui permet de faire respecter les intérêts américains. Bon, il se trouve que les quelques personnes qu'on a recondues en Algérie sont revenues par le vol retour. Donc je pense que les effets de communication qui ont vocation à endormir l'électorat du RN de la part de M. Retailleau ne dupront personne.

Et de toute manière, il est condamné à la parole à partir du moment où il accepte de cohabiter avec des macronistes et avec des socialistes, puisqu'il y en a au sein du gouvernement, qui accusent depuis 7 ans tous les records en matière d'immigration légale, illégale

43:41
Invité

et tous les records d'insécurité. Isabelle Quintard pour l'émission Ligne Rouge de BFMTV. Un récent baromètre Odexa vous a placé devant, en tête des sondages, devant Marine Le Pen, chez les sympathisants du RN. Comment expliquez-vous cette popularité grandissante ?

44:00
Présentateur

Vous avez pris le sondage qui vous arrange pour la question. Il faut demander à Marine Le Pen, parce que c'est à elle que je dois cette popularité. Je vais vous dire, on accueille, et je pense pouvoir parler en nos deux noms, cette confiance des Français avec beaucoup d'humilité, beaucoup de pudeur. Et je crois que c'est surtout des injonctions, d'abord à l'unité entre nous et au sein du Rassemblement national. J'ai eu l'occasion de le dire et de l'écrire, il y a une relation évidemment d'une très grande confiance. Et je suis son premier soutien. Elle a toujours été aussi le mien.

Et donc nous travaillons évidemment en bonne intelligence, parce que c'est vrai que le Rassemblement national est non seulement le parti politique pour lequel les Français votent le plus, mais qui est un parti populaire. Et je pense qu'il y a beaucoup de partis politiques qui envient la façon dont le Rassemblement national est accueilli, est attendu aujourd'hui dans le pays. Et pour nous, c'est des injonctions à l'humilité, au travail. Et il n'y a aucun réjouissement dans cette situation. Évidemment, il vaut mieux être apprécié que détesté, mais on sait que les temps sont durs pour les Français.

Et je pense en nos deux noms pour pouvoir dire que notre plus grande douleur serait peut-être de les décevoir. Donc nous avançons et nous travaillons main dans la main. Merci à vous et bonne année.