L'invitée de Bourdin Direct : Agnès Pannier-Runacher - 12/06
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Jean-Jacques Bourdin. Agnès Pannier-Runacher, bonjour. Bonjour Jean-Jacques Bourdin. Vous êtes secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances. On n'a jamais vu une baisse de l'activité économique aussi forte. La crise économique et sociale a commencé. Elle est en train de supplanter, elle a même supplanté la crise sanitaire. Vous êtes d'accord Agnès Pannier-Runacher ? Elle a supplanté la crise sanitaire ?
La crise économique, elle est le fruit de la crise sanitaire. Je rappelle que nous sommes rentrés dans la crise sanitaire avec de très bons fondamentaux économiques. Un chômage qui était du côté de 8%, n'avait jamais été aussi bas depuis 10 ans. Une croissance qui était le double de l'Allemagne. Et des investissements étrangers qui nous mettaient sur la première marche du bon job, y compris sur les sujets industriels, par rapport notamment à l'Allemagne. Donc pas tant, la crise sanitaire a arrêté l'économie mondiale pendant deux mois. L'économie mondiale, si c'était que l'économie de la France.
Oui, oui, oui, oui, oui, Agnès Pannier-Runacher, oui, je sais.
Et donc, effectivement, le sujet important sur la table, c'est la crise économique. C'est comment on fait pour limiter la casse sociale et pour relancer cette économie. Et la relancer, pas seulement au niveau de la France, parce que nous sommes dépendants des autres, pour qu'il y ait du moteur, de l'huile, plutôt de l'essence dans le moteur.
Alors, j'ai déjà quelques idées. Le déconfinement doit être accéléré. Oui ou non ?
Plutôt, oui. Je crois qu'aujourd'hui, le 11 mai, on a déconfiné. Tout le monde était un peu inquiet. Le 12 juin, on est un mois après. Les indicateurs sont au vert. On peut accélérer, mais il ne faut pas baisser la carte. L'ennemi, les tapis. Et les mesures les plus simples, les mesures barrières, le port du masque, lorsqu'on ne peut pas respecter la distanciation sociale, il ne faut surtout pas baisser la garde, parce que je ne voudrais pas qu'on tombe de l'autre côté du cheval. On abandonne tout, le virus repart.
On accélère, donc il faut accélérer le déconfinement. C'est ce que vous nous dites. Est-ce qu'il faut passer l'île de France en vert ?
Ça, ça sera en fonction des indicateurs. Les choses ont l'air bien orientées, mais si on a une méthode, il faut la suivre. Et la méthode, c'est de regarder factuellement comment le virus circule, combien de tests ont été positifs par rapport aux personnes testées récemment. Si les indicateurs sont au vert, il n'y a pas de raison de ne pas passer l'île de France au vert.
Voilà, il n'y a pas de raison de ne pas passer l'île de France au vert.
Si les indicateurs sont au vert. Et donc, on va regarder ça en conseil de défense. Tout à l'heure, je suis convoquée et on parlera de ce sujet.
Voilà, vous allez parler de ce sujet tout à l'heure. Et ensuite, si les indicateurs sont bons, vous passerez l'île de France au vert, là, juste après.
Eh bien, on activera. Après, pourquoi on a donné cette date ?
Après, c'est-à-dire ce soir ou demain, quoi.
Pourquoi on donne cette date du 15 juin pour le 22 juin ? Pardon, pourquoi on donne cette date ?
Le 15 juin, on m'a dit. C'est-à-dire que ça va passer au vert le 15 juin ?
Non, ce n'est pas du tout ce que je dis. Ce que je dis, c'est qu'on prend des positions, on prend des décisions, et on laisse une semaine aux gens pour s'organiser. Pourquoi on a donné la date du 22 juin ? Et pourquoi on prend des décisions maintenant ? C'est pour donner aux acteurs économiques le temps de s'organiser. En tout cas, vous n'ouvrez pas des cinémas comme ça.
Non, mais je ne parle pas des cinémas, je parle des hôtels-restaurants, des restaurants et des cafés, en zone orange aujourd'hui, en zone Île-de-France. Ces restaurateurs qui attendent impatiemment, ça aussi c'est de la relance économique, qui intendent impatiemment de pouvoir ouvrir leurs salles, de pouvoir ouvrir leurs restaurants. Je me mets à leur place. Que leur dites-vous quand ils voient qu'il y a des rassemblements ou des manifestations qui sont organisées ici ou là, autorisées ? Pourquoi autorisées ? Sous le coup de l'émotion. C'est ce que disait le ministre de l'Intérieur chez moi mardi matin. Que leur dites-vous à ces restaurateurs ?
Moi, je leur dis qu'on est à leur côté. Je leur dis qu'ils ont un plan de soutien et d'accompagnement qui est sans égale dans notre pays aujourd'hui. Avec Bruno Le Maire, nous sommes à leur côté. Nous avons fait en sorte qu'ils passent cette crise avec le Fonds de Solidarité. Je rappelle que les commerçants, les artisans, ce sont les premiers bénéficiaires du Fonds de Solidarité.
Mais si vous étiez restaurateur, Agnès Pannier, Runaché, et que vous voyiez des rassemblements ou des manifestations autorisées, que feriez-vous ? Que diriez-vous ?
D'abord, je rappelle qu'il ne soit fait erreur de ma part, mais je ne suis pas une spécialiste de l'ordre public, la plupart des manifestations n'étaient pas autorisées.
Elles ne sont pas autorisées, mais sous le coup de l'émotion, elles sont acceptées, elles sont tolérées.
Ça, c'est l'application avec discernement de la loi, ça n'a rien à voir. L'enjeu aujourd'hui qu'on a, c'est d'accompagner les restaurateurs, c'est d'inviter les Français à aller chez les restaurateurs. Moi, j'ai fait une terrasse la semaine dernière, je peux vous dire que ça a un plaisir infini d'aller au restaurant.
Sauf qu'ils sont à 10 ou 15% de leur chiffre d'affaires aujourd'hui.
Oui, et c'est pour ça que nous sommes à la côté. C'est pour ça qu'ils auront le bénéfice d'un soutien jusqu'à la fin de l'année. C'est pour ça qu'ils ont le bénéfice du chômage partiel jusqu'à la fin de l'année. C'est pour ça aussi que nous ne contentons pas de les accompagner financièrement, mais nous les aidons. Nous les aidons à se transformer, nous les aidons à mettre en place de nouvelles façons d'aller chercher du chiffre d'affaires. La livraison à domicile, le fait de pouvoir livrer des repas depuis leur restaurant. Ça, c'est des compléments de chiffre d'affaires. C'est très concret.
Nous avons mis à disposition des plateformes numériques par rapport pour le faire à des coûts très compétitifs. Et il faut qu'on continue.
Alors, Agnès Pannier-Runacher, Emmanuel Macron va s'exprimer dimanche à 20h. Quand saura-t-on s'il y a accélération du déconfinement et s'il y a, par exemple, passage de l'île de France en zone verte ? Quand le saura-t-on ?
On le saura, je pense, dans les prochaines heures.
Ah, aujourd'hui, donc ?
Dans les prochaines heures ?
Les prochaines heures, c'est aujourd'hui, Agnès Pannier-Runacher.
48, 50 heures, c'est à peu près les prochaines heures.
Oh là là, c'est compliqué, 48 heures. C'est très simple. C'est très simple. Nous avons un conseil de défense. Avant l'intervention d'Emmanuel Macron, Agnès Pannier-Runacher. Nous avons un conseil de défense aujourd'hui. Oui, ça j'ai compris.
On va prendre des décisions. On les communiquera de la manière la plus appropriée possible parce qu'il faut permettre aux professionnels de s'organiser. Et le Président de la République prend la parole dimanche.
C'est lui qui va annoncer cela ?
Il prend la parole pour fixer le cap. Et je crois que c'est important qu'il prenne la parole. Et on va plus loin.
C'est lui qui va fixer ces nouvelles règles de déconfinement ?
Non, on est sur quelle est la prochaine étape de ce quinquennat.
Vous allez le faire aujourd'hui, si j'ai bien compris. Bon, je regarde les chiffres. L'urgence économique et sociale, on en parlait tout à l'heure. 500 000 emplois détruits au premier trimestre. Vous attendez à quoi pour ce deuxième trimestre ? Est-ce qu'il y en a d'autres derrière ?
On s'attend à une augmentation du chômage. On ne va pas se mentir.
500 000 emplois détruits, ça fait quoi ? Un million d'emplois détruits ?
Oui, je pense que Muriel Pénicaud a indiqué qu'on pouvait effectivement passer le cap de 10% de chômage. Maintenant, je vais mettre ce chiffre en relation avec les Etats-Unis. Les Etats-Unis, c'est 40 millions. 40 millions de chômeurs.
Moi, je n'aime pas trop qu'on regarde les autres. Regardons ce qu'on fait, nous.
Oui, mais comparons aussi. Comparons la manière dont l'État s'est impliqué et fait en sorte que, justement, les Français soient accompagnés dans cette crise. Que, justement, on ne casse pas brutalement le lien entre les salariés et leur entreprise et qu'on fasse en sorte qu'ils passent cette crise, pas en ne faisant rien, mais justement, en les formant, en transformant les entreprises, en leur permettant d'innover dans la technologie, là où, lorsque vous êtes en crise, en règle générale, vous coupez tous les budgets de recherche, de développement, d'innovation, parce que vous devez passer le cap.
Et ce que nous faisons au travers du plan automobile, au travers du plan aéronautique, c'est précisément ça. C'est permettre aux entreprises de se projeter dans le futur et de ne pas casser leur appareil de production.
Alors, on parle beaucoup de l'automobile, on parle beaucoup de l'aéronautique. L'automobile, Renault, le prêt de 5 milliards d'euros garantie par l'État a été signé. Ça y est ? Tout à fait. Il a été signé. Bien. Il n'y aura pas de licenciement sec. On est bien d'accord ?
C'est l'engagement de Jean-Dominique Sénard.
Bon. Un seul site fermé ?
Ça, on verra. C'est un Renault. On verra. On verra. C'est un Renault.
On choisit le roi pour l'instant. Et Renault pourrait fermer d'autres sites ?
C'est à Renault de définir et d'entamer la discussion avec les organisations syndicales. Mais d'autres sites pourraient être fermés ? Ce n'est pas à nous de nous substituer au travail de Renault. Vous êtes actionnaire. Je suis actionnaire de Renault. Oui. Je regarde ce qu'il propose. Mais je laisse aussi le dialogue social se mettre en place. Parce que c'est par le dialogue social qu'on va répondre aussi à cette crise. Ce n'est pas aux actionnaires...
C'est par le dialogue social qu'on va décider de fermer ou pas un site.
Ou de regrouper des sites. Ou de donner un avenir à des salariés sur d'autres sites. Attention à ne pas tout mélanger. Nous savons que Renault est au bord du gouffre. Renault est au bord du gouffre. Alors on peut être dans le déni en leur interdisant de tout faire. Ou alors on regarde avec les organisations syndicales, avec les salariés, la meilleure façon de franchir cette crise. Et nous, notre boussole, elle est très claire. Notre boussole, c'est qu'on veut plus de production en France. Et on a obtenu des engagements de Renault de relocaliser par exemple le moteur électrique à Cléon. Ça, c'est très clair. Ça, c'est précis. Et ça, c'est de l'emploi en plus.
On veut un accompagnement des salariés. On veut de l'investissement. Et on veut qu'ils soient responsables de leurs sous-traitants, des PME et des entreprises de taille intermédiaire qui travaillent pour eux. Pardon, mais ça, c'est concret. Et moi, je ne vais pas faire à la place de Renault son travail. En revanche, je serai extrêmement vigilante sur la qualité du dialogue social et sur la façon dont ils construisent le premier leader de la voiture électrique demain.
Bien, l'intérim, 318 000 emplois détruits. 318 000 emplois détruits. Les premières victimes, aujourd'hui, les premières victimes de la crise économique, ce sont tous ceux qui sont en intérim. Je vais vous prendre un exemple. Tiens, chez PSA, par exemple, à Ordain, vous connaissez le site d'Ordain près de Valenciennes ? Il y a des intérimaires qui travaillaient sur ce site. Tout à fait. Et qui n'ont pas retrouvé de boulot. Vous savez ce qu'a fait PSA ? Qu'a fait PSA ? Vous ne savez pas ?
Si, je le sais.
Vous le savez ? Alors dites-moi, qu'a fait PSA ?
PSA a effectivement qu'il y a des salariés polonais, des salariés en contrat à durée indéterminée. Et leur a proposé, alors que leur site polonais est fermé, de venir travailler sur le site d'Ordain.
Pendant que les intérimaires sont sans boulot. Pendant que les intérimaires français sont sans boulot, les salariés polonais de PSA viennent travailler sur le site français. C'est ça ?
Les salariés polonais de PSA
Oui, de PSA, oui. Ou espagnols, d'ailleurs.
Pourraient venir travailler sur le site d'Ordain, mais je vais faire une précision. De deux choses l'une.
Non, je ne veux pas pouvoir. Ils viennent travailler.
De deux choses l'une. Soit, c'est effectivement dans le cadre des règles du jeu et c'est extrêmement contrôlé, les travailleurs détachés. Et ce sont les salariés de PSA, au même titre que les salariés français. Et c'est OK. Soit, c'est une façon détournée d'utiliser du chômage partiel et comme vous le dites très bien, de ne pas employer d'autres personnes. Et dans ce cas-là, ce n'est pas acceptable. Et Muriel Pénicaud est en train de regarder et là aussi, nous serons vigilants.
Parce que PSA a reçu des aides publiques, non ?
PSA a reçu des aides publiques, mais PSA est responsable vis-à-vis de ses salariés. Qu'ils soient français, polonais, espagnols. PSA est l'employeur de milliers de personnes dans le monde. Vous regardez ce qui se passe. Muriel Pénicaud est sur le sujet en ce moment.
Oui, vous regardez. Ça veut dire quoi, regardez ? Ça veut dire que si, si ce n'est pas conforme, mais mettez-vous à la place des intérimaires. Mais mettez-vous à la place. Est-ce que vous pouvez vous mettre à la place de celui qui habite dans le Valenciennois, à côté d'Ordin, qui n'a pas de boulot à cause de la crise sanitaire, qui travaillait chez PSA ? On lui dit, il y a un ouvrier qui vient de Pologne et qui vient d'Espagne et qui vient prendre ta place. Que feriez-vous ? Que feriez-vous ?
Alors moi, je vais mettre à la place aussi des salariés de PSA. Si j'étais un salarié français de PSA, si mon site était fermé et si PSA me proposait d'aller sur un site allemand, je serais très contente.
Mais le site n'est pas fermé, Agnès Pannier.
En Pologne, si. Non, mais en Pologne,
c'est une chose.
Oui, mais c'est les salariés de PSA. Si moi, j'étais un salarié français de PSA et si PSA prenait ses responsabilités en me faisant aller sur un autre site, je trouverais ça bien. Et s'il ne me prenait pas en charge et s'il me licenciait, je trouverais ça pas bien. Ce qui serait inadmissible, c'est que PSA profite du chômage partiel d'un côté et fasse venir des salariés de l'autre pour essayer d'équilibrer. Ils ne respectent pas les règles du travailleur détaché. Et c'est pour cela que nous sommes en train de regarder. Et regarder pourquoi ? Pas juste pour regarder. Regarder pour arrêter si ce n'est pas conforme à la législation.
Depuis le 17 mars, des millions de salariés sont au chômage partiel. Des millions de salariés. Alors, vous avez réduit le chômage partiel au 1er juin et vous allez encore le réduire au 1er juillet. On est d'accord, Agnès Pannier.
Nous faisons une incitation pour qu'effectivement, il y ait une incitation pour les employeurs à refaire reprendre le travail.
C'est-à-dire que les entreprises paieront plus ?
Elles paieront un petit peu plus.
Combien ?
Un petit peu plus.
Combien ?
De l'ordre de 10%.
10% de plus le 1er juillet. Et les salariés, eux, toucheront toujours 84% de leur salaire ?
Non, il y aura également une incitation pour qu'il y ait une reprise du travail.
Oui, pour une reprise. Pour une reprise du travail. Incitation, ça veut dire quoi ? Comme en Allemagne, 60% du salaire ?
Ce sont des paramètres qui sont en train d'être réglés.
Comme en Allemagne ?
Avec les organisations syndicales.
Est-ce que c'est 60% du salaire comme en Allemagne ?
Jean-Jacques Bourdin, il y a une négociation en cours entre Muriel Pénicaud et les organisations syndicales. Et moi, je respecte le dialogue social. Et donc, de ce dialogue social sera issu les paramètres du chômage partiel. Et je crois qu'il n'y a aucun pays en Europe, aucun pays, aucun pays en Europe qui a mis en place un dispositif de chômage partiel de cette nature. Aucun pays en Europe qui fait en sorte que lorsqu'on est payé le SMIC, on a l'intégralité de son salaire. Aucun pays en Europe qui fait en sorte que lorsqu'on a jusqu'à 4,5 fois le SMIC, on ait ce filet de sécurité. Ne perdons pas de vue ce petit détail qui a toute son importance.
Alors, moins de 84% dans tous les cas, Agnès Pannier-Runacher. C'est sûr. Moins de 84%. Pour inciter, est-il vrai quand même que l'industrie allemande repart beaucoup plus vite que l'industrie française ? C'est vrai ou c'est faux ?
C'est parfaitement exact.
Pourquoi ?
Parce qu'il y a une reprise plus rapide au mois d'avril. Parce qu'il y a un arrêt qui a été aussi moins net. Parce que je dirais que...
Nous avons trop confiné chez nous ?
Ce n'est pas une question de confinement.
Alors, pourquoi ?
Rappelez-vous une chose. Les industries, nous ne sommes jamais arrêtés. Il n'y a jamais eu d'arrêt réglementaire des industries. Donc ça, c'est la résultante du dialogue social, si je puis me permettre. Je veux quand même rappeler que certains syndicats se sont opposés au redémarrage d'entreprises. Se sont opposés sans mesurer la caisse sociale qu'il pouvait y avoir derrière. Qu'il y a eu des tensions entre les syndicats. Très fortes. Et moi, j'appelle effectivement les entreprises industrielles à accélérer. Nous devons accélérer si nous ne nous serons déclassés par rapport à d'autres pays comme l'Allemagne qui, eux, ont repris dans un dialogue social constructif.
Justement, certains disent il faut, par exemple, je prends un exemple, il faut un moratoire sur l'installation des entrepôts Amazon en France. Que dites-vous ? Que répondez-vous ?
Moi, je réponds deux choses. La première chose, c'est que lorsqu'on a des dossiers qui sont créateurs d'emplois, il faut éviter de se précipiter pour dire qu'ils ne sont pas bien. Il faut les regarder pour leur mérite propre. Si on peut prouver que de tels entrepôts détruisent de l'emploi, on peut discuter. Mais pour le moment, je n'ai pas une clarté totale sur ça parce qu'un entrepôt, vous pouvez le mettre en France et vous pouvez le mettre en Belgique. Vous pouvez le mettre en Allemagne.
Je vais être très claire.
J'attends lundi une note qui fasse les avantages et les inconvénients de la mise d'un entrepôt sur le territoire français. Mais les entrepôts, ce n'est pas que les entrepôts d'Amazon. Ça peut être le bon coin, ça peut être ses discounts. Donc si vous interdisez Amazon, vous interdisez tous les entrepôts, vous interdisez toute la capacité.
Vous êtes plutôt favorable à l'installation.
Je suis favorable à l'emploi et je suis favorable aux salariés et je suis favorable aussi à l'équilibre du commerce physique et du commerce digital.
Donc à l'installation de ces entreprises.
Non, je suis favorable à l'emploi. Je ne suis pas dans le gimmick et l'idéologie. Je regarde les choses pragmatiquement. Ça crée de l'emploi ? Oui, non. Ça en détruit ? Oui, non. Et c'est beaucoup plus simple que d'avoir des grands slogans et puis vous avez des régions qui tombent littéralement.
Alors, 8 milliards, on est bien d'accord, 8 milliards pour l'automobile, 15 milliards pour l'aéronautique. Combien pour les PME, TPE ?
Aujourd'hui, on est... Je vais prendre l'exemple du fonds de solidarité, par exemple. Le fonds de solidarité, vous avez à peu près un tiers pour les commerçants artisans et l'ensemble du fonds de solidarité est uniquement sur les TPE. Et ça, c'est déjà plus de 7 milliards d'euros. 7 milliards. Plus de 7 milliards d'euros. Vous ajoutez à ça le chômage partiel. Vous ajoutez à ça les prêts garantis par l'État. Le chômage partiel,
ça existe partout.
Les prêts garantis par l'État. Oui, mais ça concerne aussi les TPE.
Oui, ça concerne aussi les TPE, mais les autres...
Plus de 75% des sommes, c'est sur les TPE.
Je vous dis ça parce qu'on attend un effort considérable du gouvernement pour les PME et pour les TPE.
Mais c'est bien pour cela que le président de la République veut un plan sur les indépendants. Pourquoi il veut un plan sur les indépendants ? Parce que vous le dites très bien, les salariés de PSA, on les entend. Les salariés de Renault, on les entend. Quand il y a un plan social, on l'entend. Quand un indépendant dépose le bilan, on ne l'entend pas. On ne l'entend pas alors que ça peut être le premier plan social français. Ça peut être des millions de personnes qui déposent le bilan parce qu'ils ne sont pas capables de redémarrer.
Vous avez des chiffres qui sont communiqués par les fédérations qui disent que 30% des commerçants et des artisans se demandent s'ils sont capables de passer l'année. Et c'est pour cela que nous devons les accompagner. Nous devons les accompagner avec des mesures fortes. Nous l'avons fait. Le plan d'urgence a permis de sauver des centaines de milliers d'emplois. Des centaines de milliers d'emplois. Mais maintenant, il faut passer à la suite. La suite, c'est comment on accompagne ces commerçants, justement, pour être capables de résister à Amazon. C'est de la transformation numérique.
Il faut à la fois avoir le plaisir d'aller chez le petit commerce, le petit commerçant, d'avoir cette discussion que vous n'aurez jamais avec Amazon, mais également le fait qu'ils puissent livrer à domicile, faire du clic à de collecte.
Le numérique fonctionne partout sur ce territoire. Je pense qu'on a fait des gros progrès,
M. Bourdin. Là encore, si ce gouvernement n'avait pas triplé le déploiement du très haut débit et doublé celui de la 4G, on aurait été en grande difficulté au moment du déconfinement. Je vous parlais
de la 5G, justement. Il y aura, pour l'obtention des fréquences des enchères, les dates ?
C'est lancement au mois de septembre.
Les enchères, mais quelle date ? Pendant combien de temps ?
Ensuite, vous avez un processus qui se déroule.
Pendant combien de temps, les enchères ? Ça va durer combien de temps ?
Ça dépend de la rapidité avec laquelle le processus est organisé, des réponses, etc. C'est un peu près sur six semaines.
Dix jours, entre le 20 et le 30, non ?
Non, c'est courant septembre et ensuite... Et attribution quand ? Attribution à l'automne pour permettre d'avoir les premiers déploiements d'ici la fin d'année. On sera exigeant ? On sera exigeant. On a un cahier des charges qui est très exigeant sur la couverture du territoire. On a un cahier des charges qui est très exigeant sur la couverture des zones rurales. On ne refera pas les erreurs de la 4G. Et la 5G, c'est une technologie mystérieuse. On ne sait pas très bien ce que ça recouvre. Mais l'enjeu qui est derrière, c'est justement... Il est économique. Il est centralement économique. Ce n'est pas pour regarder des vidéos qu'on fait de la 5G. C'est pour les industries.
Et nous avons aussi un enjeu. C'est que moi, je veux diminuer l'empreinte environnementale des réseaux télécommunications. Et la 5G va nous y aider parce que la 5G elle est beaucoup moins énergitivore que la 4G par exemple.
J'ai une dernière question. La réforme des retraites, simplement reportée ou supprimée ?
Ça, il va falloir arbitrer.
Ce n'était pas encore arbitré. Reportée ou supprimée ? Ce n'est pas arbitré encore ? Vous ne savez pas ? Je ne sais pas. Moi, je ne sais pas. Vous ne savez pas.
Je vous regarde dans les yeux et je ne sais pas. Vous ne savez pas si elle est reportée ou supprimée. Je vous le dis de manière très à l'aise.
Avant la fin du quinquennat,
nous verrons.
La décision sera annoncée par Emmanuel Macron dimanche ?
Vous savez quand même
que vous êtes informés de ton gouvernement.
Jean-Jacques Bourdin, la prise de parole du président de la République du 14 juin n'a pas vocation à répondre à toutes les questions qu'on se pose autour de cette table. La réforme des retraites. Mais la prise de parole est importante. Elle doit montrer un cap. C'est ça l'enjeu. Il faut donner une vision, montrer un cap, faire en sorte que les Français aient envie d'aller de l'avant. On a toutes les ressources pour pouvoir rebondir. Mais il faut vraiment qu'on se retrousse les manches et le mot-clé, c'est solidarité.
Bon, reporter ou supprimer, c'est par vitré. Merci beaucoup, Agnès Pannière-Unaché, d'être venue nous voir ce matin il est 8h54.
Agnès Pannier-Runacher