Vaccin : l'effondrement de l'État rend la France impuissante
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Bonsoir Jean-Luc Mélenchon.
Bonsoir.
Merci d'être avec nous dans Toute Franchise. Vous êtes donc leader de la France Insoumise, candidat à l'élection présidentielle. Mais pour commencer, je vais surtout m'adresser aux députés des Bouches-du-Rhône que vous êtes, puisque l'inquiétude gagne surtout Marseille. 7 cas positifs confirmés de ce variant. C'est ce qu'a annoncé la mairie dans le cadre d'un cluster familial. Le maire de Marseille, il dit, se passe quelque chose à Marseille et chaque minute compte. À quel point vous êtes inquiet de la situation ? Est-ce que vous êtes inquiet pour les Marseillais ?
D'abord, je me réfère à lui. Benoît Payan est un homme sérieux. S'il lance un appel de cette nature, c'est qu'il y a péril en la demeure. Au demeurant, Marseille, dans son histoire un peu longue, a déjà été victime d'épidémies terribles. Donc ça fait partie de l'histoire de la ville. Et il y a un sentiment d'alerte qui est très fort. Alors, à Marseille, ils se sont superposés toutes les tares de notre époque. Et les gens y ont résisté vaillamment. Il y a une limite à cette résistance. Alors, quels sont ces tares ? La pauvreté, la misère, le dénuement, l'absence de services publics, tout ça a frappé les Marseillais.
Et maintenant, face aux microbes, aux virus, on a le sentiment que ce qui aurait dû être fait en matière de contrôle aux frontières, dès lors qu'on a su qu'il y avait un variant, n'a peut-être pas été fait. Et que le suivi de l'évolution de ce nouveau virus n'a pas été fait. Et si le maire de Marseille dit qu'il faut prendre des mesures exceptionnelles à ce sujet, j'invite le gouvernement à écouter le maire de Marseille. Parce que Benoît Payan ne parle pas pour ne rien dire.
Et il dit, en effet, il appelle le gouvernement à renforcer les contrôles dans les aéroports entrées-sorties. Vous appuyez ces demandes, quelles qu'elles soient ?
Ça va de soi. Peut-être est-il déjà trop tard, puisqu'on nous dit que le virus est entré dans plusieurs départements de France. Alors, pour l'instant, on parle de petits foyers de contamination, mais vous savez comme moi que ça ne veut rien dire. Ça se propage à une vitesse considérable. Alors, on avait déjà le sentiment que la deuxième vague n'était pas vraiment dominée, que la troisième finirait par arriver, et maintenant voilà que nous nous trouvons avec un virus. Donc, nouveau, mutant, hein. Alors, on voit qu'on a besoin plus que jamais de discipline, d'ordre, et surtout de clairvoyance, de prévoyance, de logistique organisée. Et là, on a un sentiment de déclassement de la France.
C'est-à-dire que le pays qui est capable de faire 4 millions de vaccins contre la grippe, dont moi, n'est pas capable d'organiser une campagne de vaccination de masse, quand il s'agit du virus. Lorsqu'il s'agit de la Covid-19, il n'y a pas de choix de vaccins. On dit, il faut, vous êtes libres, mais vous n'avez qu'un seul vaccin. Bref, on a le sentiment que l'État s'est en quelque sorte presque effondré. Et quand on apprend par-dessus le marché qu'il y a eu des contrats de faits avec 4 entreprises privées pour organiser la logistique, alors là, c'est à pleurer.
On va reprendre tous ces points les uns après les autres. On a un petit peu de temps, mais depuis 3 minutes maintenant, c'est le couvre-feu dans les bouches du Rhône, dont vous êtes, je le rappelle encore une fois, le député.
Un des députés.
Un des députés. Un des députés. Un des députés, compte tenu de la recrudescence, notamment, ça a été aussi précisé par la mairie de Marseille, dans les eaux usées de l'épidémie à Marseille, compte tenu de la présence de ce variant. Vous êtes en faveur de cette mesure à 18h, ou vous rejoignez d'autres élus, comme Renaud Muselier, qui lui ne comprend pas et est plus en colère.
Non, mais beaucoup d'entre nous ne comprennent plus quels sont les objectifs qui sont suivis. Et je le dis sans malveillance ni, comment dire, esprit de système contre le gouvernement. Parce que dans ce type de situation, ce qui doit l'emporter, c'est l'esprit d'entraide et la discipline collective. Mais pour qu'une discipline soit respectée, nous sommes en France. Les gens sont aptes à cette discipline, ils l'ont démontré. Il faut qu'on comprenne et que ça soit cohérent. Or, il nous paraît que ce n'est pas cohérent d'établir un couvre-feu à 18h. Qu'est-ce que ça change ? On dit, les gens rentrent à la maison, donc le virus circule moins.
Ben non, parce qu'avant qu'ils rentrent, du coup, ils s'accumulent plutôt dans les transports en commun, et on ne voit pas où, à la mesure, coupe-feu. Pardon de vous dire que, moi, j'avais proposé avec tout le groupe des Insoumis, parce que ce n'est pas moi personnellement, une autre idée, qui était d'organiser la société de rotation. Dans les transports, les ouvrages au travail. À tour de rôle, au travail, chaque entreprise, par exemple, un jour commencerait une heure avant, un jour une heure après. Ou bien, on réduirait la journée de travail, car aucune entreprise ne gagne rien à ce que ses salariés tombent malades.
Donc, il y a bien un intérêt général à la santé publique dans cette affaire. Nous préférons l'idée d'une société de rotation, d'un état de crise, de fonctionnement par rotation, que, comme ça, c'est un couvre-feu, on ne comprend pas à quoi il sert.
Vous regrettez un manque de concertation avec les élus, pour ce type de décision, par exemple ?
On ne sait pas qui décide et pourquoi. Parce qu'il s'est produit pendant cette période un phénomène assez curieux de concentration sur quelques personnes des décisions, et on ignore les motifs qui les conduisent à décider. Le conseil de défense qui prend les décisions aujourd'hui est tenu par le secret, le secret défense. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est comme ça. Donc, très peu de gens décident et on ne sait pas comment. Et je pense que beaucoup d'erreurs tiennent au fait qu'il y a une vision très technocratique de la gestion de la crise, avec un état devenu impuissant, et des gens qui n'ont pas l'habitude de prendre l'avis des autres.
Et les élus locaux, dans ce type de situation, sont évidemment essentiels. Parce que c'est le maillon le plus fort de notre démocratie. C'est la commune, donc c'est là qu'on a les gens qui savent.
À ce stade, il n'y aura pas la rotation que vous appelez de vos voeux, et cette organisation, elle n'aura pas lieu. Or, vous dites effectivement, la situation, elle est compliquée, et le couvre-feu, vous ne comprenez pas très bien à quoi ça va servir ces deux heures. Est-ce qu'il faut envisager de reconfiner Marseille, ou de reconfiner des territoires ? Je vous pose la question parce que l'une des députés de la France Insoumise de Vauran, qui est en plus aide-soignante, c'est Caroline Fiat, elle est députée de Mertemoselle, qui est très touchée dans son coin, elle dit le temps des demi-mesures est passé, il faut agir et reconfiner, pour se ver ce qui peut l'être.
Est-ce qu'il faut reconfiner territorialement ?
Elle s'exprimait, alors c'est quelqu'un qui a une extrême compétence, parce que non seulement elle est du métier, mais elle y retournait, tout en étant députée, elle a ses horaires d'aide-soignante, et elle est retournée sur le terrain. Donc son avis est très précieux, parce que ça part du terrain. Et ils sont d'accord dans le Grand Est, ils ont déjà vécu une première vague qui a été horrible, et ils sont d'accord pour dire, reconfiner le Grand Est, les élus. Alors, je prends évidemment, je m'applique à moi-même ce que je recommande aux autres, je tiens compte de ce qu'ils disent.
Mais plus globalement, à ma place, qui est d'essayer de voir le tableau d'ensemble, je sais quelque chose d'important. On ne pourra pas faire vivre la France en épisode de confinement, reconfinement, déconfinement, reconfinement, comme ça pendant des mois, des mois et des mois, et peut-être une année, peut-être une année et demi. Il faut donc, dès maintenant, prévoir et organiser les étapes suivantes. Enfin, si je m'écoute, je me dis, mais je suis en train de dire des banalités, alors pourquoi ne le font-ils pas ?
Mais en attendant que ça, ça puisse arriver, compte tenu de l'urgence de la situation, est-ce qu'il faut reconfiner territorialement ? Comme elle le propose, elle...
Moi, écoutez, alors, dans le Grand Est, apparemment, il le faut, puisque les élus locaux le demandent, et sans doute une partie de la population. Sans doute le faut-il, mais écoutez-moi bien, Amélie Caravard, tout de même, alors, on va reconfiner, et qu'est-ce qu'on prévoit pour après ? Comment va-t-on déconfiner ce qu'on aura confiné ? On recommence, comme la dernière fois, à faire tout et n'importe quoi, et quand la troisième vague va arriver, qu'est-ce qu'on fera ? Il faut commencer, maintenant, à penser un peu plus loin que le bout de son nez, et l'instant dans lequel on est.
Et nous avons, en France, des capacités, j'ai dit tout à l'heure, on n'est pas foutu d'organiser une campagne de vaccination, pour ceux qui pensent que c'est celle-là qu'il faut faire, alors qu'on vient d'avoir été capables de faire la vaccination contre la grippe. Qu'est-ce que c'est que ce chaos ? Faisons confiance à ceux qui savent faire, l'État, les praticiens de terrain, les élus. On sait planifier dans notre pays. Et là, ça me fend le cœur de voir qu'on a l'impression d'être balotté par les événements, et d'être incapable de les anticiper. Je crois qu'on est capable d'anticiper.
Je prends encore 2-3 points très pragmatiques sur ce qu'il faudrait faire ou non, la situation dans les écoles, est-ce qu'il faudrait les fermer ou prolonger ? Vous savez très bien qu'on en parle beaucoup en ce moment. Les vacances d'hiver, Jean-Michel Blanquer sur cette antenne ce matin a dit que ce n'était pas la solution privilégiée. Mais si, il se confie.
Alors quelle est la solution privilégiée ? Parce que cet homme a décidé d'une rentrée, a tenu une réunion de concertation 3 jours après que la rentrée ait eu lieu, et maintenant, qu'est-ce qu'il nous dit qu'il faut faire ? On aimerait savoir. C'est quand même lui qui a une vision d'ensemble.
Ils disent qu'il faut sacraliser l'école et que c'est vraiment en cas d'extrême urgence gravité qu'il faudra faire.
Mais il n'a pas que tort, parce qu'en effet, nos enfants ont besoin de se socialiser, de vivre entre eux. Ils se construisent aussi à l'école psychologiquement, pas seulement dans leur savoir. Ça, c'est vrai. Mais alors on prend les mesures qui rendent ça possible. Lesquelles ? Par exemple, on aurait pu profiter des vacances pour organiser, vous savez, les systèmes de purification de l'air. On le fait dans plein de pays. On ne peut pas se contenter de dire ouvrez les fenêtres, même s'il fait au moins deux dehors ou pire. Donc c'est absurde de se comporter comme ça.
Parce que les gens qui essayent de bien faire, pensant à cela, le prof, l'instituteur, la personne qui est là, qu'est-ce qu'ils doivent faire ? Alors ils doivent ouvrir les fenêtres et tout le monde se gèle ? Ou bien les laisser fermer, on leur dit « ah ben c'est de votre faute parce que les enfants vont tomber malades ».
Mais du coup, il aurait fallu garder fermé les écoles. Et comme vous estimez que ce qui devait être fait n'a pas été fait, est-ce qu'il faut le faire ?
Non mais alors on passe son temps si vous voulez. Non, attendez Mme Carouer, moi je ne suis pas d'accord. D'abord, ce n'est pas moi qui gouverne, c'est eux. Il faudrait s'en souvenir. Et deuxièmement, quand on me demande mon avis, on me demande de donner un avis sans avoir les éléments qu'ils ont eux d'information et toujours pour réparer leurs bêtises. Et quand on leur annonce d'avance ce qu'il faudrait faire, je me permets de rappeler, ce n'est pas pour faire l'orgueilleux, mais que je fais partie des rares personnes qui ont parlé de la deuxième vague. Pas parce que moi, Mélenchon, je serais un génie, mais parce que j'ai consulté, j'ai écouté ce qu'on m'a dit.
Là, je dis, il y a une troisième vague, on nous dit, il y a un mutant, pardon, mais plusieurs personnes ont parlé de la mutation des virus parce qu'ils savaient que les virus, c'est leur manière d'être mute. Donc, on ne prévoit rien à aucun moment et ensuite, on nous met au pied du mur d'avoir à accompagner des décisions absurdes, violentes. Alors, on dit, on va reconfiner tout le monde. Mais être confiné, c'est une souffrance. Vous savez, il y a quelque chose...
Le gouvernement fait tout pour l'éviter, a priori, Jean-Luc Mélenchon, avec les couvre-feux, en prenant le temps, ils excluent un reconfinement pour le moment. Ils l'ont redit ce matin, Olivier Véran.
Oui, oui, ils disent et puis ensuite, ils font le contraire. Par exemple, M. Macron avait dit que le vaccin était un bien public mondial en juin 2020, après l'ONU. Depuis, il a changé d'avis, c'est devenu le bien privé de Pfizer et nous sommes tous censés aller nous faire vacciner. Et combien d'autres choses où ils disent et ils font le contraire. Prenons, là, vous et moi, nous savons, parce que nous avons dans nos familles des petits ou des moyens petits, bon, bref, nous savons tous qu'ils vont mal dans le confinement. Et encore, nous faisons partie des familles qui ont sans doute le plus d'espace à la maison. Imaginons ceux qui en ont moins.
Donc, nous savons que nos enfants sont en souffrance psychologique. On vient d'avoir une pause. Il y a 14 départements dans le pays où il n'y a aucun pédopsychiatre à l'école. Aucun, zéro. Quand vous êtes l'instituteur ou, par miracle, s'il reste une infirmière ou un infirmier dans le collège ou dans le lycée, vous ne savez pas où envoyer l'enfant qui va mal et en tout cas le service public qui pourrait l'accueillir. Nous avons une augmentation de 50%, nous dit-on à l'hôpital Debray à Paris, de 50% des jeunes gens de moins de 15 ans qui entrent dans une phase suicidaire. Bon. Donc, on voit que la jeunesse du pays va mal. Il y a deux jours, un jeune s'est jeté d'une fenêtre.
Les élus locaux ont réagi. On dit, bon, ce n'est pas pourquoi il s'est jeté, mais attention, alerte. Donc, il y a une situation de souffrance psychologique. Le confinement n'est pas une mesure neutre. Et c'est la raison
pour laquelle Jean-Luc Mélenchon, Jean-Michel Blanquer, dit qu'il exclut vraiment jusqu'à l'ultime limite le fait de fermer les écoles parce qu'il veut aider les enfants.
Très bien, mais que fait-il à part dire qu'il ne fermera pas jusqu'à l'extrême limite ? Et puis, un jour, on va lui dire, ah ben, l'extrême limite est atteinte. Alors, on referme et on reconfine tout le monde. Est-ce qu'on peut, pour une fois, prendre une main d'avance ? Est-ce qu'on peut écouter ce que nous lui... Quand nous, nous lui disons, ce n'est pas de la malveillance, organiser la rotation. Les enfants qui ne peuvent pas être dans la salle de classe éparpillés, alors, trouver des endroits où on puisse faire de l'étude surveillée.
Mais ça veut dire plus de personnel. On le trouve où, ce personnel-là, pour surveiller les enfants en dédoublement ?
Mais c'est très facile. Il y a des milliers d'étudiants qui sont, enfin, de parcours universitaire et qui sont en état de prendre en charge le suivi comme nous l'étions lorsque nous étions jeunes gens et qu'il y avait des pions, ça s'appelait autrefois. Je l'ai été. Je finissais mes études de philo. Et bien, on aidait les jeunes gens qu'il y avait là. Donc, on pourrait le faire à plus grande échelle de manière à ce que les uns soient dans la salle de classe, dans des conditions normales. On pourrait donner de l'aide à l'enseignant en lui mettant un assistant qu'on prendrait aussi parmi ces jeunes gens.
Et puis, on organiserait des études surveillées avec, au lieu d'un seul qui surveille, trois, quatre qui interviennent. Et ça, ce sont des choses exceptionnelles. Je ne dis pas qu'il faut que l'éducation nationale fonctionne comme ça tout le temps. Mais dans ce moment exceptionnel, ça, c'est faire quelque chose. Ensuite, organiser l'installation de purificateurs d'air. Enfin, dans ce que je suis en train de vous dire, qu'est-ce qu'il y a d'extravagant ? Rien, alors pourquoi ne le font-ils pas ?
On va ouvrir le dossier des vaccins dans un tout petit instant. Mais j'ai une dernière question sur ces mesures très concrètes. Oui. Lieux de culture, restaurants, bars qui ne vont pas rouvrir avant fin janvier, mi-février même pour certains. Est-ce que vous dites, effectivement, dans l'état actuel de la situation, c'est la mesure à prendre. Didier Sicard, il était sur ce plateau à votre place hier soir. Et il disait, mais en regardant les choses en face, le mois de février, il est déjà fichu d'un point de vue épidémiologique. Est-ce que vous comprenez qu'on garde ces lieux fermés ?
Non, je ne comprends pas qu'on ne fasse rien. C'est-à-dire, au début, qu'on ait dit, ah là là, c'est la catastrophe, on ferme tout, on va faire face, on va trouver, bon. Et puis après quoi ? On continue à tout fermer. Jusqu'à quand ? Jusqu'à ce que tout le monde soit ruiné. Jusqu'à ce que toutes ces personnes soient ruinées. Et c'est la France, ça, un endroit où tout est fermé tout le temps. Il est tout à fait possible d'organiser les choses. Alors on dit, tant de personnes par mètre carré. Pas un de plus. Bon, ben très bien. Mais au moins, on vit, on respire. On ne va pas mettre la vie entre parenthèses. La culture, c'est à peu près pareil. Les gens disent, mais alors on ne comprend pas.
On vient me dire à moi, monsieur Mélenchon, vous montez dans cet avion, l'avion est plein, vous avez un masque et vous n'avez pas l'air d'avoir peur. Et quand il faut aller au théâtre où on peut se mettre un tous les trois rangs, non, c'est fermé. Tout ça, voyez-vous, je ne fais pas le reproche. Au premier confinement, qu'on n'ait pas su et qu'on ait pris des décisions d'urgence, je l'ai admis à l'époque très facilement. Et j'ai dit, il faut respecter la discipline parce qu'on ne sait pas où on va. Mais maintenant, on sait où on va. On sait que si on continue à tout laisser fermer, on va tuer la culture, on va tuer la manière de vivre française et notre manière d'être, nous, les Français.
Donc, je suis contre qu'on maintienne cette fermeture sinédiée de tous les lieux où les gens peuvent se retrouver. Qu'on y mette des consignes strictes, voilà, c'est sûr, et qu'on les fasse respecter. Mais qu'on ait comme unique solution de mettre tout le monde en prison volontaire pendant des semaines, non, non. On ne gouverne pas un pays comme ça. Ce n'est pas possible.
Le vaccin Jean-Luc Mélenchon, la France a soumis à beaucoup parler de fiasco. Vous, vous avez parlé de bidouille en reprenant les mots de votre blog. Oui, mais c'était quoi la bidouille selon vous ? Qu'est-ce que vous entendez par bidouille ? Est-ce que bidouille, ça veut dire aussi cacher, ça veut dire aussi mentir, ça veut dire dissimuler ?
J'essaye de peser mes mots parce que ça ne sert à rien de rajouter des polémiques aux problèmes qu'on a déjà sur le dos. Mais la bidouille, c'est la gestion aventureuse, pas gaillouze, alors on vous dit, alors on va faire une campagne de vaccination. Bon, alors quels sont les vaccins ? Ah ben, il n'y en a qu'un, le Pfizer. Ah bon ? Comment se fait-il ? C'est libre, on peut choisir. Vous savez comme moi que ce vaccin, il repose sur une technique tout à fait nouvelle qui est en effet très prometteuse. Oui, très prometteuse. Mais on n'a pas pu vérifier un certain nombre de choses. Et on vaccine quand même tout le monde. Ça dépend d'une chaîne du froid.
Il faut que le vaccin soit maintenu à une température extrêmement basse. Il y a deux prises à faire.
Il n'y a eu aucune rupture de chaîne du froid constatée pour le moment.
Pour le moment, aucune.
Ni effet secondaire grave, en tout cas extrêmement rarement.
Il n'y a pas de quoi vous rassurer. Non, mais si vous vous êtes rassuré, moi je ne vais pas vous appeler. Non, non, mais je vous pose la question. Mais Mme Carwer, parlons-nous franchement. Vous êtes un être humain, moi aussi. Si vous êtes rassuré, demandez aller vous faire vacciner, je n'y ai pas d'inconvénient.
Mais vous vous aviez dit, si mon médecin généraliste me le conseille, je le ferai. Voilà. Bon, et vous, vous n'auriez rien conseillé, premièrement.
Ça ne vous regarde pas, c'est ma vie personnelle.
Plus sérieusement, bien sûr, est-ce que vous n'êtes pas rassuré par les dernières constatations ? Non.
Alors je préfère le dire franchement. Puisque vous me posez la question, c'est que vous supposez que je vais vous répondre franchement, pas en faisant la comédie. En effet. Je vous dis, en effet, je ne suis pas rassuré par un procédé qui est tout à fait nouveau, dont on ne connaît pas les conséquences. J'ai appris à l'école ce qu'était un vaccin et puis il se trouve que j'ai vécu assez longtemps dans le Jura, d'où est Louis Pasteur, pour savoir ce qu'est le vaccin. Donc je préfère les formes traditionnelles de vaccination et je m'étonne que quand on est dans une crise d'une ampleur pareille, on aille choisir précisément ceux qu'on ne savait pas faire jusqu'à présent.
Pourquoi ? Parce que ce sont ceux qui sont disponibles maintenant avec des chiffres, des résultats de plus de 90% et qui sont...
Madame Kerouer, je ne vais pas vous contredire. D'accord, vous ne connaissez pas les conséquences à long terme mais ça ne vous dérange pas. D'accord, vous ne savez pas si ça protège vraiment tout le monde. Les études elles-mêmes disent que non, que c'est à 80%. Mais si vous voulez, faites-le. Moi, je suis pour que ce soit libre. Mais je vais pouvoir choisir. Je ne veux pas être votre cobaye.
Donc vous attendrez. Donc moi, j'attends. Mon cobaye, Jean-Luc Mélenchon, je ne vaccine pas personnellement.
Non, bien sûr. Je ne veux pas être le cobaye de celui qui me dit va donc essayer. Et j'ajoute la chose suivante. Comment se fait-il que nous, la France, nous soyons l'une des seules grandes puissances à n'avoir aucun vaccin ? Comment se fait-il que l'Institut Pasteur, qui est un modèle mondial, n'ait pas eu la possibilité encore d'en faire un ? Peut-être qu'on pourrait là aussi se demander est-ce qu'ils ont besoin d'argent ? Est-ce qu'ils ont besoin d'aide ? Non, pas de question. Autre question qui va avec. Le soin donné aux gens. C'est-à-dire pas seulement vacciner, empêcher la maladie. Une fois que vous êtes malade, comment on vous traite ?
Il y a une structure de l'Institut Pasteur à Lille, ce n'est pas tout à fait l'Institut Pasteur, mais peu importe, qui avait un protocole, une manière de travailler. Ils disent, écoute, on n'a plus d'argent. Que dit l'État ? Rien. Donc, c'est une entreprise privée qui a donné l'argent pour continuer. C'est LVMH
qui a donné 5 millions d'euros. Mais le directeur général, j'ai regardé un article justement parce que j'attendais ce dégagement sur le sujet. Le directeur de Pasteur dit que les essais vont commencer dans peu de temps et qu'ils vont soumettre dans très peu de temps maintenant leur traitement aux autorités de santé.
Donc, nous sommes capables. Peut-être qu'on pouvait s'y prendre un peu plus tôt. Peut-être qu'on n'aurait pas dû attendre qu'ils soient pris à la gorge et qu'ils aient plus d'argent et qu'ils commencent à aller faire la quête partout pour trouver des sous. Peut-être que l'État aurait pu intervenir. Peut-être qu'on pourrait se reposer la question pour cette entreprise de techniques biologiques qu'il y a du côté de Nantes si mes souvenirs sont bons. Moi, je n'accepte pas l'idée que la France ne sache pas faire. Madame Carwer, je n'accepte pas. Ça me révolte. Nous savons faire. Nous avons les savants. Nous avons les scientifiques. Nous avons les procédés.
Comment, expliquez-moi, comment ça se fait qu'on n'ait qu'un seul vaccin qui soit à notre portée, un vaccin américain. Sanofi, à qui on donne tous les ans 150 millions d'euros de crédit recherche soit incapable de faire quoi que ce soit dans ce domaine et annonce que peut-être en décembre prochain ils auront quelque chose sous la main. Comment se fait-il qu'il n'y ait plus d'élite en France capable de diriger une entreprise française comme Sanofi qu'on a été chercher en anglais pour la diriger et qu'aujourd'hui le bilan c'est zéro. On a donné tout cet argent pour rien.
Donc maintenant, ce que je souhaite, c'est qu'on se reprenne en main et qu'on dise maintenant on va s'y mettre et organiser nous-mêmes. Nous n'avons pas besoin de donner 100 millions à l'entreprise McKinsey pour nous conseiller comment organiser une déroute comme celle dans laquelle nous vivons à propos. On va parler des cabinets de conseil
mais sur les vaccins vous avez plaidé cette semaine pour acheter des vaccins à la Russie, à Cuba et à la Chine.
C'est parce que ça fait un chiffon rouge quand on dit Cuba, Russie, Chine on est certain d'avoir 10 commentateurs qui hurlent.
Donc c'était de la provoque ?
Oui bien sûr, ça fait partie de la communication.
Et donc vous ne souhaitez pas qu'on se tourne vers la Russie, vers Cuba et vers la Chine ?
Alors laissez-moi terminer. Oui. Je dis ça parce que je ne veux pas que les a priori idéologiques nous empêchent d'accéder à des moyens de santé publique. Si les Chinois, tous Chinois qu'ils sont, ont un vaccin, alors bienvenue aux vaccins chinois et je veux pouvoir choisir. De quoi parlons-nous ? Aujourd'hui, dans l'océan Indien où est présente l'île de la Réunion et Mayotte, mais l'île de la Réunion où il y a une université, eh bien les vaccins qui vont être appliqués à Seychelles, c'est des vaccins chinois. Les Français, il y en a plus.
Mais l'efficacité, vous avez parlé, vous avez dit... Attendez, je continue, les Cubains. Non mais justement, sur le Chinois, après on vient à Cuba, sur le Chinois, vous avez dit je favoriserai les vaccins de type traditionnel, les hauts pourcentages de résultats positifs comme on les exigeait dans le passé. C'est ce que vous avez déclaré sur le vaccin. En fait, les Chinois, ils ont fini par donner l'efficacité de leur vaccin principal. C'est 79%. Et c'est moins que le Pfizer, par exemple.
Eh bien, madame, bravo à Pfizer et vous êtes un bon agent de propagande pour Pfizer. Là, vous récitez quoi ? Vous êtes devenue une spécialiste des vaccins chinois ?
Non, j'ai regardé justement s'ils avaient publié des résultats.
Mais madame Carouère,
ce sont les Chinois qui les publient.
Mais écoutez-moi, vous êtes en train de dire tourne et retourne Pfizer. Je ne sors pas de l'œuf. J'ai l'habitude de la lutte idéologique. Pourquoi ? Parce qu'il s'agit pour tout le monde d'aller à Pfizer. S'il y a un vaccin chinois, choisissez ce que vous voulez. Mais laissez-moi le droit, moi, de choisir le vaccin que je veux. Non, mais j'interroge
le choix.
Ça fait partie de mon job. Non, mais je sais que ça fait partie de votre job. Mais en attendant, c'est un vaccin qui fonctionne. Vous dites à 79% des cas. Je n'ai pas la méchanceté de vous dire dans quel cas le vaccin Pfizer fonctionne à moins. D'accord ? De l'aveu de l'étude qui dit que c'est seulement 60%, etc. Je n'ai pas l'intention, moi, de me repeindre en spécialiste de l'épidémiologie. Et ça me fait rigoler de voir qu'il aura suffi que je dis Chine et Cuba pour que des gens sortent de la boîte absolument indignés, que ça laisse indifférent que leur patrie soit incapable de proposer un vaccin. ou qu'il faille aller pleurer dans le giron des Américains pour en avoir.
Et que les mêmes qui disaient que ça devait être un bien public mondial n'aient plus rien à dire sur le sujet que payer et donner de l'argent à Pfizer. Pour l'instant, le vaccin, il a surtout enrichi les propriétaires de cette entreprise. Je mets en garde et j'invite à réfléchir. Quand on est en situation de détresse comme nous le sommes aujourd'hui, on prend tout ce qui vient à la rescousse. S'il y a un vaccin cubain, prenez-le. Les Cubains sont des gens très sérieux. S'il y a un vaccin chinois, prenez-le.
S'il y a un vaccin malaisien ou ce que vous voulez, ce que je veux dire, l'appel que je lance, c'est ouvrez les oreilles, ouvrez les yeux, tendez la main et acceptez l'aide et proposez votre aide. Moi, ça me fait mal au cœur que les Français ne soient pas en train d'aider les Seychelles ou Maurice et les autres pays du monde et qu'un tout petit pays comme Cuba propose lui ses médecins pour aller chez les autres et que nous, Français, nous en soyons incapables. Voilà ce qui me révolte. Mais bon, ça passera.
Je crois que c'est très clair. Je tiens juste à préciser que je n'étais en rien un agent de Pfizer.
J'ai compris. Bon, mais je voulais que ce soit clair. Je vous pique, vous me piquez, je vous pique.
Eh bien, chacun dans son rôle. Je continue alors.
Je sais très bien que vous n'êtes pas un agent de qui que ce soit. Vous faites votre boulot. Voilà. Moi, c'est mon devoir aussi de répondre que, attention au raisonnement, vous savez, bout de ficelle, de cheval, etc. Alors, on commence par dire « Ah ben, ça, ça va pas, ça, ça va pas. » Donc, à la fin, on revient. Il ne reste que Pfizer. Ben non. Par exemple, il y a un vaccin qu'on n'a pas cité. Le vaccin anglais, il paraît qu'il marche bien. Eh bien, très bien. Proposez-le moi. Mais, je n'ai pas vous, Mme Carwer, mais je dis au gouvernement, ne nous prenez plus pour des imbéciles. Nous sommes des adultes, instruits, conscients.
Donc, il y a un vaccin anglais, vous nous le proposez, oui ou non ? Vous avez commandé des doses ou pas ? Expliquez-moi, Mme Carwer, pourquoi le contrat que l'Union Européenne a conclu avec le laboratoire Pfizer est un contrat qui est secret, qui fait que quand vous, parlementaires européens, ce qui est le cas de mes camarades, vous dites « Ben, on aimerait bien savoir ce qu'il y a dans l'appel d'offres. » On ne vous laisse ni photographier, ni on vous donne le texte, ni vous avez le droit d'entrer dans la salle où se trouve le fameux contrat avec un stylo. Vous ne pouvez entrer qu'avec un crayon de papier. Quel est le problème ? Comment se fait-il qu'on en soit là ?
Jean-Luc Mélenchon, compte tenu des doutes que vous émettez, des questionnements que vous soulevez ?
Vous savez pourquoi je le fais, Mme Carwer, parce que les gens, ils le savent. Plus ce sera transparent, plus les gens auront confiance. Plus les gens ont confiance, plus la discipline est possible. Et plus on va pouvoir sortir d'une situation absurde. Moi, je vois des gens m'expliquer que le vaccin, c'est dangereux. Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? C'est la science ! Enfin, moi, j'ai pris mon vaccin pour la grippe, et quand j'étais gamin, on m'a fait le BCG pour tout le monde, comme à vous.
Vous dites que le vaccin n'est pas dangereux, qu'il est même nécessaire dans une campagne de santé publique. C'est ce que vous aviez déclaré pour le H1N1 en 2009.
Mais évidemment ! Je ne suis pas...
Je vais plus loin, Jean-Luc Mélenchon. Oui, je vous en prie. Lors de la campagne présidentielle 2017 sur votre plateforme Avenir en commun, vous aviez répondu à une ligue sur la vaccination qu'il n'y avait qu'une vaccination obligatoire qui pouvait s'imposer quand il y a des problématiques de santé publique. Du coup, c'est vrai qu'on a peut-être du mal pour certains à comprendre les doutes.
Non, on n'a pas du mal à comprendre parce que personne ne pousse jusqu'à aller voir ce que j'ai dit à tel mois, à tel moment, à tel... Bon, oui, en effet, j'ai pensé pendant longtemps que la vaccination, je n'étais pas un spécialiste de cette question. Je suis passé, comme tout le monde, au BCG à l'époque où on était capable de vacciner toute une génération en même pas 15 jours à l'école. Alors après, on avait un petit truc là, on avait tous très peur quand on y allait, mais on y passait tous. Bon, et dans mon esprit, une vaccination obligatoire, c'était bien. Et depuis, on m'a expliqué, ça, ça marche quand on est en confiance.
Mais quand il y a un doute, il ne faut pas faire ça parce que ça se retourne contre toi, les gens se cachent, ne te disent pas qu'ils ne se sont pas fait vacciner, bref. Donc, on m'a convaincu qu'une vaccination ne pouvait être obligatoire que quand il y avait la confiance. La confiance n'y est pas aujourd'hui. La preuve, c'est que le gouvernement lui-même a dit qu'il n'y a qu'une personne en France qui a dit que le vaccin doit être obligatoire, c'est M. Jadot. Et je ne le dis pas pour polémiquer avec lui, c'est une opinion, elle se respecte, lui, il pense qu'il faut faire comme ça. Moi, je sais aujourd'hui que si on fait ça, ça va mal tourner. Je préfère qu'on dise, 1.
Les gens, rappelez-vous que la vaccination est un procédé scientifiquement valable qui nous a permis de nous débarrasser et même d'éradiquer certaines maladies. 2. Que vous devez avoir la liberté de choisir et dans cette liberté, réfléchissez bien que vous vous mettez en danger si, quand vous aurez le choix, vous choisissez de ne pas vous vacciner. Mais, voilà, on ne peut pas être plus clair. Ce que je n'aime pas, c'est que quand on critique le vaccin Pfizer et le fait qu'on ait accès qu'à un seul vaccin, on se fait aussitôt, on vous met une pancarte anti-vaccin. Non, non, non, je ne suis pas anti-vaccin.
J'ai fait le vaccin pour la grippe et pourtant, il y a des gens qui me disent tu sais, c'est pas fameux, c'est pas 100%. Ben, ma foi, je prends mon risque.
Mais alors, du coup, une fois qu'on s'est dit tout ça, on a parlé de la bidouille puisque vous l'avez qualifiée ainsi, des doutes ou des questionnements sur le vaccin. Qu'est-ce que vous pensez du changement de stratégie ou de l'accélération du gouvernement qui a été ultra critiquée sur son démarrage sur la vaccination en France ? Du coup, c'est une bonne chose ou ce n'est pas une bonne chose d'aller plus vite ?
Écoutez, c'est bien parce que vous, c'est votre métier, vous arrivez à suivre les épisodes, même qu'il y en a plusieurs par jour. Bon, alors, ça change sans arrêt. Ils font quelque chose et ben tant mieux. Ça va nous changer. Mais enfin, ça a quand même commencé par un désastre. C'est eux qui ont dit qu'il fallait se vacciner avec le Pfizer et qui ont été incapables de l'organiser. Donc, on devrait se poser, me semble-t-il, la question de savoir pourquoi on n'est pas capable d'organiser ça. Pourquoi ? Parce qu'on ne croit pas à l'État, parce qu'il n'y a pas de pôle public du médicament, que si c'était moi qui dirigeais ce pays, il n'y en aurait un, de pôle public du médicament.
Expliquez-moi, Mme Carouer, pourquoi avant, on produisait, il n'y a même pas 20 ans, 80% des médicaments qu'on consommait, et aujourd'hui, c'est 80% de ce qu'on consomme qui vient de l'extérieur.
Mais sur le fait d'avoir...
Mme Carouer, si on ne fait jamais aucun bilan, mais même, vous voyez, j'ai évité de dire que c'est la faute à Macron, parce que c'est aussi bien à Macron qu'à Hollande, tous ces gens-là ne croient pas à l'État. Et ils ont tout désarticulé en disant que vous allez voir la magie du marché qui va remplacer tout le monde. On ne voit rien du tout, aucune magie, à part qu'on est dans la mouise. Et donc, moi, ce que je fais, c'est des propositions pour essayer d'en sortir dignement et par le haut, en prenant des mesures. Voilà.
Mais alors, sur la mise en place un peu lente du gouvernement au début, le gouvernement parle d'un excès de prudence. Olivier Véran a fait ses mea culpa, il en a refait un encore ce matin chez nos confrères d'Europe 1. Les mea culpa du gouvernement, vous en faites quoi ?
Écoutez, on n'a pas besoin d'une équipe de flagellants, on a besoin d'une équipe qui sache où ils vont. La manière avec laquelle ils ont organisé tout ça est faite en dépit du bon sens. Je crois que tout le monde s'en rend compte.
Et Olivier Véran, il est auditionné à l'Assemblée mardi. Si vous l'aviez en face de vous, ce ne sera pas le cas parce que c'est la commission des affaires sociales, mais vous lui poseriez
quoi une question ? Les députés peuvent aller dans la commission qu'ils veulent. Je n'irai pas parce qu'il y a mes camarades des affaires sociales. Olivier Véran, de toute façon, ne répond jamais aux questions qu'on lui pose. Donc je veux simplement vous faire remarquer que les décisions sont prises par un conseil de défense alors que nous avons des commissions à l'Assemblée nationale qui seraient capables de prendre des décisions de cette nature. Tout se fait en petit nombre, en petit cercle et dans la plus grande... Alors il faut suivre. Une semaine, on fait ci, la semaine d'après, on fait ça. On a vu une chose extravagante.
Le chef de l'État qui se cache dans le conseil de défense apparaît dans un journal hebdomadaire pour dire quoi ? Critiquer son gouvernement et s'en plaindre. Mais enfin, l'opposition, c'est nous, ce n'est pas lui. Alors lui, il fait la majorité et l'opposition. Le président de la République française se plaint dans un journal de son propre gouvernement qu'il ne réunit pas pour prendre les décisions concernant la vaccination et la lutte contre la pandémie. Vous ne trouvez pas ça extravagant ?
On en vient au cabinet de conseil. Quatre cabinets de conseil, vous l'avez déjà souligné, qui ont été engagés pour accompagner la logistique, McKinsey ou encore Accenture. Donc visiblement, ça ne vous convient pas parfaitement. Vous y voyez un défaut, une fébrilité, un manquement à combler parce que vous avez aussi écrit par le passé que la logistique, et vous l'avez dit d'ailleurs tout à l'heure, c'est aussi un métier et qu'il faut faire appel aux experts. Est-ce que ce n'est pas le cas ?
La logistique, c'est un métier et il y a un État pour faire ça. Pour organiser les campagnes de vaccination, il y a un système public de santé publique. Il y a un ministère, normalement, c'est son job. Alors, dans leur état d'esprit à eux, toutes les prestations sont des prestations qui peuvent être privées. Et vous verrez qu'un jour ou l'autre, vous aurez des armées privées, comme maintenant, il y a des polices privées. Il y a 20 ans de ça, quand on disait une police privée, tout le monde se regardait, vous êtes fous. Ça n'existe pas. Si, ça existe. Dans leur vision du monde, ce que je veux dire, ils ont une vision idéologique. Mais une vision idéologique exagérée.
Parce que, par exemple, ils s'interdisent de réquisitionner certaines entreprises. J'ai dû dire 10 fois qu'on pouvait réquisitionner Framar, qui ne fonctionne pas. Il y a les ouvriers qui sont là, qui sont capables de fabriquer des bonbonnes à oxygène qui sont les plus légères et les plus faciles à installer aujourd'hui. Pourquoi ne l'a-t-on toujours pas fait ? Ça fait 8 mois que ça dure. Pourquoi ? Quand je parle avec M. Roux de Bézieux du MEDEF, il ne me dit pas, la fois où j'ai parlé avec lui, il ne m'a pas dit « Non, non, qu'est-ce que tu es en train de dire ? » Vous savez ce qu'il m'a répondu ? Il m'a dit « Mais M. Mélenchon, nous, on s'est réquisitionnés tout seuls, les patrons.
» « Ah bon ? » Lui ai-je dit « Vous êtes réquisitionnés tout seuls, pour quoi faire ? Pour les masques, etc. » Donc, ça veut dire que le gouvernement n'a jamais pensé à le faire par idéologie, alors même que les patrons auraient pu le faire. Et c'est vrai dans plein de domaines où, par exemple, la réquisition des hôpitaux et des cliniques privées, la première réunion qu'on a eue avec le gouvernement, j'ai dit « Le secteur privé, il prend sa part. » Édouard Philippe m'a dit « Mais comment ? » « Mais bien sûr, comment osez-vous imaginer ? » Et après, qu'est-ce qui s'est passé ? La fédération des cliniques privées a protesté parce que personne ne lui demandait rien.
Et le fait de faire appel à un conseil citoyen, 35 citoyens qui sont tirés au sort, s'est mis en place dès aujourd'hui pour écouter les citoyens qui puissent faire remonter leurs questionnements, etc.
C'est absurde.
La parole du peuple, écouter le citoyen,
la politique participative,
c'était une promesse. Ça n'a aucun sens à votre oreille ?
Non, parce que c'est entièrement bidon. Je vais vous le résumer en quelques mots. D'abord, il y a des assemblées qui existent avec des gens qui sont élus et qui représentent le peuple et qui, dans certaines circonstances comme celle-là, sont eux aussi d'excellents intermédiaires avec la masse de la population. D'abord, les députés, mais aussi les élus, régionaux, locaux, etc. Nous sommes en contact les uns avec les autres. Alors donc, nous, nous sommes les pestiférés. Nous, on ne demande pas notre avis. On tire 35 personnes au sort. Pourquoi pas ?
Je vous signale que le tirage au sort, ça a un sens si ça produit un résultat statistique, c'est-à-dire qu'on tire au sort, on a l'impression qu'à peu près tous les points de vue vont être recueillis. Vous me comprenez ? Si on tire au sort, dans la population, on a la probabilité, suivant le nombre de gens qu'on a tiré au sort, assez grande que ça représente toutes les variantes de l'opinion. Mais la lutte contre une pandémie, ce n'est pas une affaire d'opinion. Ce n'est pas un sujet politique, c'est un sujet scientifique. C'est tellement vrai que le gouvernement a dit qu'on va tirer au sort, mais on va s'arranger pour qu'il y ait autant de gens qui soient contre les vaccins que pour.
Alors premièrement, on apprend au passage qu'être contre les vaccins, c'est une stratégie contre la pandémie. C'est de la folie. Et deuxièmement, si vous tirez au sort en vous arrangeant pour que les opinions soient préfigurées, ça ne s'appelle plus un tirage au sort. Et je ne sais pas si on me comprend bien, tout ça ne tient pas debout. Ça n'a ni queue ni tête. Ça n'est pas une représentation de la population, c'est n'importe quoi et de la com. Et c'est pourquoi j'ai dit bidouille plus com, ce n'est pas une stratégie de lutte contre la pandémie. Ce n'est pas comme ça qu'il faut faire. Et arrêtez de croire que les gens sont des imbéciles.
On va en venir aux Etats-Unis. On a une heure, mais en fait, ça passe assez rapidement. Mais juste avant, une question sur l'économie, puisqu'il y a plusieurs secteurs fermés. On l'a encore évoqué ensemble à l'instant. Est-ce qu'il faut un nouveau plan de relance, de nouvelles mesures plus fortes ? Bruno Le Maire, il dit qu'il maintient la mobilisation. Je résume rapidement. On mettra l'argent nécessaire. Il est prêt à muscler l'effort pour lutter contre les faillites. Le PGE qui serait généralisé. L'aide pour les emplois des jeunes, c'est prolongé. Quel geste supplémentaire ?
D'abord, commençons par un peu d'honnêteté dans le bilan, parce que le gouvernement et le président de la République s'est vanté d'être le pays le plus intervenant, etc. C'est un mensonge. C'est-à-dire que nous avons perdu 12 points de production dans l'année et nous avons, le gouvernement a remis l'équivalent de 6 points. Donc, il en manquera encore la moitié. Je ne sais pas si ce que je dis est assez clair sur le plan économique. Vous avez 12 points de production qui ne seront pas faits et vous remettez de l'argent pour 6. Donc, vous voyez le trou. Prenons l'exemple des Allemands. Ils font l'inverse. Ils ont perdu 6 points et ils en ont remis 14 de plus.
Donc, ils sont nettement, ils mettent plus d'argent qu'ils n'en perdent et ils pensent comme ça relancer leur machine. Donc, nous les Français, nous sommes déjà une main en dessous. Premier problème. Deuxième problème, sans entrer plus dans le détail de ce que je viens de dire, au minimum, il faut remettre dans la circulation ce qui est perdu, ce qui a été perdu. Deuxièmement, il faut faire face aux urgences vitales. Vitales. Il y a des gens qui commencent à avoir faim. Il y a des gens qui ne peuvent plus vivre. Donc, premièrement, l'aide aux personnes. Aujourd'hui, l'argent qui est donné sur 100 milliards, donné à différentes entreprises, à mon avis, d'une manière irraisonnable.
Il y a à peine 800 millions pour l'aide aux pauvres. C'est-à-dire les gens qui ne sont plus en état ni de manger, ni de se chauffer, ni d'avoir de l'eau.
Bruno Le Maire, il s'est dit ouvert à davantage de soutien aux plus modestes et pourquoi pas à la création d'un chèque alimentaire, par exemple.
Donc, il lui aura fallu 8 mois pour se dire ouvert à ce qu'on lui propose depuis le premier jour. Deuxième chose, puisque c'est M. Bruno Le Maire, la gravité de la situation, c'est que des milliers et des milliers et des milliers de petits entrepreneurs, restaurateurs, bistrotiers, petites entreprises, travailleurs précaires, auto-entrepreneurs, ont pris le prêt garanti par l'État. Vous avez tous bien compris, le prêt garanti par l'État. Jusqu'en juin prochain, ils continuent à en donner et ces prêts, il faudra les rembourser à partir de 2022.
Vous avez des milliers de gens qui savent que leur entreprise, comme elle ne fonctionne pas, ne rentre pas d'argent et par conséquent, ne pourront pas rembourser.
Je propose à Bruno Le Maire une mesure simple, qu'il fasse remonter dans une caisse centrale comme on l'a fait pour la dette sociale, qu'on fasse remonter toutes les dettes de ces petites entreprises dès lors que les gens peuvent justifier qu'il n'y a pas de chiffre d'affaires ou que le chiffre d'affaires ne permet d'aucune manière de rembourser quoi que ce soit, qu'on fasse remonter tout ça dans une caisse centrale et que le montant total de cette dette soit pris en charge par l'État via éventuellement l'Europe et la Banque Centrale Européenne.
Je vous rappelle qu'il y a un débat qui n'est toujours pas épuisé, c'est qui va payer cette dette parce que personne ne peut la payer ni les particuliers ni l'État et c'est donc le moment pour la Banque Centrale Européenne de nous tirer d'affaires, de nous sauver en acceptant que toute cette dette soit gelée. C'est trop compliqué à expliquer en quelques mots mais personne n'y perdrait un centime parce que quand on remonte une dette sur une Banque Centrale personne ne perd un centime dans cette affaire. Ce n'est pas vos économies Madame Kerouer ni les miennes qui vont être mis en cause c'est la Banque Centrale qui s'en occupe. J'adjure qu'on ouvre ce débat.
Il y a des gens qui disent le débat ne doit pas avoir lieu. S'il doit avoir lieu ou bien qu'on nous dise qui à la fin va payer cette dette. Je vous le redis des dizaines de milliers de gens savent qu'ils sont condamnés à une mort sociale. Ne croyez pas qu'ils vont l'accepter.
Justement, justement, des actions prévues par la CGT annonce de Philippe Martinez dans le JDD la semaine dernière. Il prévoit des actions le 26 dans l'éducation le 28 dans l'énergie et également contre les fermetures de sites. D'ailleurs, on pourra dire un mot de Michelin. Est-ce que vous allez vous associer à ces mouvements ?
Toujours, par principe, on participe aux actions mais ça serait pas mal qu'il y ait une concertation. Vous comprenez, on en meurt de ça. Alors, les syndicats de leur côté, les associations du leur, les partis politiques du leur, il n'y a pas moyen de faire converger tout ça et puis de mettre sur la table une série de propositions d'urgence. Je ne dis même pas qu'on change de rôle. Les syndicats sont des syndicats et les partis sont des partis.
On va appeler Philippe Martinez à faire ça. On se retrouve autour d'une table et on met ensemble des propositions sur la table.
C'est lui l'homme fort. C'est lui qui a les moyens. Il est le président, le secrétaire général d'une très grande confédération. Oui, qu'il prenne la tête de cette convergence qu'il nous la propose, qu'on aille voir le gouvernement avec des mesures d'urgence parce que là aussi, tout est fait et pas fait. Regardez l'argent qui a été donné pour l'aéronautique. Alors, on donne de l'argent pour l'aéronautique et en même temps, on licencie. Et en même temps, on met des gens au chômage partiel. Et il se produit quelque chose que je trouve extraordinaire, brillantissime de la part des jeunes ingénieurs français. Ils ont dit, écoutez, nous, on ne veut pas être payé à rien faire.
Donc, on vous demande de nous aider à participer, à réinventer une autre aéronautique qui serait respectueuse de l'environnement, etc. Donc, profitons, si j'ose dire, de la crise pour réorienter. Si je présidais le pays, je dirais, vous là, vous voulez des sous, combien ? Très bien. Mais il y a une condition. Je vous donne mes sous, dorénavant, vous changez votre production pour qu'elle soit écologiquement soutenable. C'est dur à faire, ça ? Où est la difficulté ? Il faut le vouloir et organiser.
Un mot de Michelin, du coup, 2300 suppressions de postes, pas de licenciement de départ contraint, mais le PDG, il prévient, il y aura d'autres fermetures de sites. Ben voyons. J'imagine bien que ça vous choque, mais je vais vous soumettre les arguments du PDG pour essayer d'avancer encore. Il dit, nos clients, à nous, ils sont en demande de produits plus compétitifs. Donc, je vous pose la question, quand les clients disent ça, qu'est-ce qu'on fait ? On tourne le dos à ses clients, oui ou non ? Je vais au bout de la question. Il met un autre argument sur la table.
Mais vous avez raison, on tourne le dos au client, on leur jette les pneus à la figure. Enfin, pourquoi y a-t-il alternative ? C'est ou bien accepter une gestion calamiteuse de la société ou bien être un fou. Entre les deux, on peut faire quelque chose d'autre.
Il met aussi sur la table les résultats de son entreprise. Il dit que le deuxième trimestre 2020 a été le pire de toute l'histoire de Michelin, avec une baisse d'activité qui n'est pas vu depuis la seconde guerre mondiale.
Alors lui, il dit, mes pneus sont trop bien, donc je ne peux pas les vendre. L'autre, dans le nord du pays, il disait, mes pneus ne sont pas assez bien, donc je ne peux pas les vendre. Et l'un et l'autre, attendez, s'ils ne peuvent pas, pourquoi ils prennent nos sous ? Pourquoi ils prennent notre argent ? Ils ont dit, écoutez, non, cette année, on a honte, on ne prend pas le crédit impôt recherche parce qu'on n'a rien trouvé, on n'a même pas cherché. On ne prend pas le crédit d'impôt compétitivité parce qu'on n'est pas compétitif, donc tout l'argent que vous avez donné ne servit strictement à rien et on ne vous prend plus pour la suite.
Non, ils prennent, ils augmentent les salaires des principaux dirigeants, ce n'est pas le cas pour Michelin, mais c'est le cas pour beaucoup d'autres, et vous avez toute une série d'entreprises comme ça où on augmente la paye du PDG et où on licencie des milliers de gens. Ça suffit. Ça suffit maintenant. Maintenant, tout le monde étant dans une situation de détresse, il faut l'entraide, se serrer les coudes, s'entraider et pas les uns pillent et les autres souffrent. Donc, je ne peux que protester contre cette manière irresponsable d'un certain patronat d'avoir un rapport avec le pays. Ils ne peuvent pas s'en foutre à ce point du pays. C'est leur pays aussi quand même.
Ils ne peuvent pas accepter que d'entrée de plume on condamne à la mort sociale des milliers de gens après avoir pris l'argent de leurs impôts. Enfin, je le dis avec passion parce qu'on ne sait plus comment faire pour arriver à se faire entendre. Et vous avez affaire, pour l'instant, à quelqu'un de raisonnable, à un parlementaire, à un président de groupe. Mais si vous croyez que les gens vont supporter tout ça sans rien dire, c'est une vue de l'esprit.
Donc, comme on sait que les gens ne le supporteront pas, pourquoi ne pas prendre les devants et essayer de trouver une sortie par le haut où on indique voilà comment on va s'y prendre pour maintenir les emplois, pour faire tourner la production, voilà, on peut le faire.
Jean-Luc Mélenchon, les Etats-Unis, on y vient. Est-ce que vous pensez, et même pour le symbole, puisque finalement, il reste peu de temps à Donald Trump au pouvoir jusqu'au 20 janvier, mais qu'il faut effectivement, vous n'en avez pas le pouvoir, je vous demande un avis, bien évidemment, mais pensez, il faudrait qu'il soit destitué ou une mesure d'impinishment. Et d'ailleurs, je précise que si cette mesure, elle allait jusqu'au bout, ça pourrait l'empêcher de se présenter en 2024. Il faut tout faire désormais, même avant la date, pour le stopper.
D'abord, il y a deux séries de problèmes. La première, c'est la dignité des institutions démocratiques. Dès qu'on a vu la scène, moi, je tout de suite dis, solidarité avec les parlementaires, les congressmans américains, quel que soit leur bord politique, on ne peut pas accepter qu'une assemblée soit comme ça, bousculée. Bon. Et en fait, c'était pour empêcher l'élection de Joe Biden. Le reste, c'est du baratin. Ils voulaient empêcher que ça se fasse. Ils n'y sont pas arrivés. Alors, pour la dignité de l'institution, je sais que mes amis aux Etats-Unis d'Amérique, dans le groupe des démocrates, demandent cette destitution de M.
Trump parce qu'ils estiment qu'il est responsable de cette situation. Ça, c'est une première chose et évidemment, que s'ils le demandent, je pense qu'ils y ont réfléchi et que ce qui est en cause pour eux, c'est de laver la front que la démocratie américaine a subi. Mais après, il y a d'autres aspects. Je ne suis pas d'accord pour que les grandes entreprises comme Facebook ou Twitter décident de couper le compte de M. Trump. Quoi qu'on pense de lui ?
Vous avez réagi, effectivement, sur Twitter. Justement, vous avez dit que le comportement de Trump ne peut servir de prétexte pour que les GAFA, donc ces grands groupes du numérique, s'arrogent le pouvoir de contrôler le débat public. Et vous rajoutez, les lois Macron ont pourtant légalisé cette censure privée. En quoi les lois Macron ont légalisé cette censure privée ?
Ah ah, Mme Kerber, vous êtes capable de repérer en 2017 ce que j'ai dit sur un vaccin, mais pas sur en quoi les lois Macron... Eh bien, la loi Avia...
Mais je peux vous poser les questions.
J'ai compris. Bon, bah oui, écoutez, tant pis pour vous, vous m'avez atteint tout à l'heure, je vous atteins là. Bon, alors, pourquoi ? Parce que les lois Macron ont prévu que ce sont les GAFA, les grands groupes, qui exercent la censure sur les contenus. C'est la fameuse loi Avia. Donc, c'est eux qui sont... On a un système en France, maintenant, pour les réseaux sociaux, de censure privée. Ce sont les grandes entreprises qui exercent cette censure. Pas un pôle public, pas une organisation publique qui ferait de la vigilance, de la surveillance, etc. Non, ce sont les entreprises qui ont ce pouvoir de censure.
Alors, quand les grandes entreprises, quand on est une aussi grande entreprise que Facebook ou Twitter, on comprend que ces gens-là finissent par se dire « Bah, c'est nous qui décidons parce que les autres sont incapables de le faire ». Et alors, ils évaluent et sans doute pensent-ils bien faire. Ce M. Trump, il est en train de fiche la pagaille avec ce qu'il raconte, ça ne peut pas durer, couic, on le coupe. Mais ça, c'est la tentation de tout censeur. Celui qui en a le pouvoir croit toujours qu'il sait mieux que les autres. C'est pourquoi on organise les pouvoirs publics. Dans les pouvoirs publics, il y a toujours un pouvoir et un contre-pouvoir. Là, il y a un pouvoir et c'est tout.
Il n'y a pas de contre-pouvoir. Vous, moi, Mme Kerouard, on n'est pas d'accord, eh bien, on a juste nos yeux pour pleurer.
Cédric O, qui est secrétaire d'État en charge du numérique, il parle de la création d'un cadre législatif, justement.
Ah, ben, il fallait y penser avant, mais c'est bien qu'ils y pensent maintenant parce qu'on le leur a dit, ça aussi, la dernière fois. La loi sur les soi-disant fake news, pour dire les fausses nouvelles, qui étaient déjà punies, ils ont inventé encore autre chose. Une responsabilité de la censure privée, plus le fait que si vous écrivez une bêtise et qu'on vous prévient en pleine nuit, vous avez une heure pour changer votre bêtise, parce que sinon, votre site est coupé. Peu de gens le savent, tout ça. Mais s'ils l'ont fait. Alors, il y a eu des débats du Conseil constitutionnel, tout le monde sait qu'on a un problème. Ils veulent un cadre législatif. Tant mieux.
Mais je ne suis pas d'accord, voilà le principe de base, je ne suis pas d'accord pour qu'une entreprise privée décide de ce qui est écoutable par les citoyens et de ce qui ne l'est pas.
Jean-Luc Mélenchon, ce qui s'est passé aux Etats-Unis, ça a donné lieu à un débat avec la République en marche. Chacun accuse en fait l'autre d'être la véritable menace pour la démocratie, etc. Vous concernant, beaucoup ont repris des déclarations passées où vous appeliez, c'est ce qui est dit, à l'insurrection. Il y a plusieurs extraits qui ont été repris, j'en prends un, un tweet de novembre 2018. Vous écrivez que la constitution révolutionnaire de 1793 prévoyait que l'insurrection était un droit et même un devoir. Et donc, pour certains... C'est vrai ou pas ? Pour certains...
Mais attendez, c'est vrai ou pas que dans la constitution de 1793, il y a ça ?
J'imagine que si vous l'écrivez, c'est que c'est vrai.
C'est vrai.
Mais pour certains, vous n'avez pas de leçon à donner quand vous avez appelé vous-même à l'insurrection en France.
Oui. Alors, je trouve ça extraordinaire. Je pense qu'il y a eu des abus pendant les fêtes et que les gens s'en sont parmi. Parce que, aller trouver, comme je l'ai lu, que j'étais un supporter de Trump, il faut quand même avoir un peu abusé de la fin de soirée pour arriver à une conclusion politique pareille. Alors, franchement, le droit à l'insurrection était dans la constitution de 1793. Et il est cité très régulièrement. Le droit à l'insurrection, le peuple français s'en saisit régulièrement. Mai 68, 1946, etc. etc. Mais je ne l'ai jamais dit, moi, il faut faire des putschs. Jamais. Mais regardez bien, regardez bien comment les choses avancent.
Monsieur Trump a déclenché un mouvement d'extrême droite aux Etats-Unis d'Amérique. Et tout ce que trouve à faire la République en marche, ce n'est pas de dénoncer l'extrême droite, de se poser la question de si cette extrême droite est organisée internationalement, si elle a des ramifications en France. Vous avez un très beau reportage qui est passé sur Arte où il y a eu toute une enquête de fait là-dessus. Non, leur problème, c'est Mélenchon. C'est quand même incroyable.
Oui, mais est-ce que vous allez plus loin que ça encore ? Là encore, je reprends vos propos sur Twitter. Vous avez écrit quand la menace vient de l'extrême droite qui a envahi rien de moins que le Capitole, c'est le déni pour nommer. Quelle alerte faudra-t-il ? Vous avez aussi retweeté la plateforme multimédia de la France Insoumise avec un article qui est intitulé Attaque du Capitole. De point, comment les macronistes protègent l'extrême droite ? Vous dites que les macronistes protègent l'extrême droite. C'est forcément grave. Qu'est-ce qui vous permet de le dire
et pourquoi le ferait-il ? D'abord, ils les protègent parce qu'au lieu de parler de l'extrême droite, ils parlent de moi. Le problème des États-Unis, ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon. C'est comment les gens ont pu envahir le Capitole, pourquoi la police ne les a pas arrêtés avant. Qui sont ces gens ? Ce sont des gens d'extrême droite, des nazis affichés pour certains d'entre eux. C'est ça le vrai problème. Nous savons tous que l'extrême droite nord-américaine rayonne dans le monde. Il faut s'en soucier. En France, il y a des groupes qui sont un danger public. Nous avons demandé qu'ils soient dissous. On ne nous a pas écoutés.
Comment je fais pour accuser les connivences entre les macronistes et l'extrême droite ? Eh bien, les macronistes ont voulu être le grand parti de droite et ils se sont retrouvés avec sur les genoux le problème qu'a la droite par rapport à l'extrême droite. Et vous avez toute une large partie de la droite qui résiste, ne veut pas entendre parler d'un accord avec l'extrême droite. Mais ce n'est pas ce que font les macronistes. Dites donc. Dites donc.
Ils ne vont pas passer un accord avec l'extrême droite.
Pardon. Quand en décembre, le président de la République, dans une interview à l'Express, dit que Pétain est un maréchal et qu'il mérite qu'on se rende compte que ceci et que cela. Bref. Passe encore qu'il croit que Pétain était un grand militaire, ce que je ne crois pas et que le général de Gaulle non plus ne croyait pas. Mais Maurras, qui est un antisémite ouvert, qu'il ose dire « Ah ben oui, il était antisémite par ailleurs, mais il était brillant. Non, il était antisémite, point barre. Et par conséquent, c'est un personnage détestable. Il le sait, c'est un intellectuel aussi, M. Macron. Pourquoi fait-il ça ?
Parce qu'il veut faire des signaux amicaux à l'égard de la culture de l'extrême droite intellectuelle. Je ne parle pas de l'extrême droite non intellectuelle, mais c'est ça qu'il est en train de faire. Et c'est à moi qu'on vient chercher. Moi, j'ai toujours été constant dans ma lutte, sans faille, sans pause, sans trêve, sans arrangement, jamais. J'ai été devant, rappelez-vous, j'ai été me faire battre dans la circonscription de Mme Le Pen.
Et d'un beau monde.
Eh bien, j'ai mené la lutte. Et lui, qu'est-ce qu'il fait ? Non, des grands discours pour dire que finalement, Pétan, ce n'est pas si mal que ça, et Maurras aussi. Non, ils sont en train de faire des clins d'œil et je les accuse quand ils s'en prennent à moi. Sur cette histoire invraisemblable de Capitole, figurez-vous qu'au début, je n'avais pas compris qu'ils s'en prenaient à moi. Il a fallu que mes amis me disent, ils te mettent en cause, en cause de quoi ? Je ne suis pas aux Etats-Unis, de quoi vous me parlez ? J'ai soutenu Bernie Sanders. Et j'ai compris. Donc, ce qu'ils font, c'est une diversion. Voilà, ils font une diversion.
Au moment où l'extrême droite est mise en cause, où ils devraient s'occuper de dissoudre un certain nombre de groupes d'extrême droite, notamment ceux dont viennent les gens qui voulaient m'assassiner, ainsi que M. Castaner, au moment où il faudrait qu'ils s'occupent de ça, où ils ont une alerte, non, ils s'occupent de quoi ? De moi. Des insoumis et de tout ce secteur de l'opinion française. C'est absurde !
Ce soir-là, vous vous êtes interrogé sur le silence des parlementaires français, de la politique française. Et finalement, dans la nuit, Emmanuel Macron, il a pris la parole. Une allocution solennelle avec le drapeau américain derrière lui. Il a passé un message. Il a déclaré « Nous ne céderons rien à la violence de quelques-uns qui veulent remettre en cause la démocratie ». Mais comment vous l'avez reçu, ce message ? Il ne cédera rien à ceux qui veulent remettre en cause la démocratie.
Il s'est exprimé à 3h du matin. Je suis obligé de vous dire qu'à cette heure-là, je dormais. Mais enfin, le lendemain, j'ai découvert le discours et cette scène ahurissante. Nous ne cédons rien, quoi. Qu'est-ce que nous comptons faire, nous autres français ? Nous comptons intervenir aux États-Unis d'Amérique et aller libérer le Capitole ? Non ! La seule chose que nous puissions faire, nous autres français, si nous ne cédons rien, c'est de nous occuper de savoir si les groupes d'extrême droite nord-américains n'ont pas fait, ici en France, des petits. Voilà ! Ils ne le font pas !
Et après, bon, pardon, mais je ne veux pas être excessivement cruel parce qu'il s'agit de mon pays, mais franchement, quelle image, quoi ! Un président français en train de gesticuler à 3h du matin, terminant un discours en anglais devant un drapeau nord-américain. Enfin, où on va, là ? Il y a un moment où il y a un principe de décence aussi, quand même, et de mesure. Nous sommes déjà la risée du monde parce qu'on n'est pas capable de vacciner des gens. Nous sommes la risée du monde parce que nous ne sommes même pas capables de produire un vaccin, ni une campagne, ni un vaccin. Et maintenant, voilà, qu'on y ajoute ce genre de scène qui ne sert à rien.
Il fallait faire comme on fait les autres, c'est-à-dire, on fait un communiqué, on dit nous, on ne cèdera jamais, on n'accepte pas, solidarité avec les parlementaires américains, etc. Et voilà, c'est ça le rôle de la France. Et puis surtout, surveillez qu'on n'aille pas nous faire des petits nazis chez nous.
On doit refermer la page sur les Etats-Unis maintenant parce que le temps est compté. J'ai quelques questions. On va essayer d'être un peu rapide. Oui, je vais essayer.
J'ai la tentation de m'expliquer.
Mais vous avez raison, vous êtes là pour ça. Je donne juste un rendez-vous et un téléspectateur. On revient sur ce qui s'est passé au Capitole ce soir à 20h45 dans un documentaire exclusif sur LCI Capitole. C'est gravissime. Mais justement, on revient sur ces faits à 20h45, mais on continue d'avancer ensemble. Je voulais vous interroger sur le Mali, sur François Mitterrand et un petit peu de politique avec les communistes. Vous voyez, on a beaucoup à faire encore. Le Mali, 6 militaires français blessés dans une attaque. Récemment, 5 soldats avaient déjà été tués. On connaît vos positions. Vous demandez beaucoup plus de transparence. Vous êtes très fermes sur la question du Mali.
La ministre en charge a dit que la France va très probablement réduire ses effectifs militaires. Ça devrait être annoncé à l'occasion d'un prochain sommet avec les pays du G5 Sahel. Vous dites très bien ?
Non, ce n'est pas rassurant du tout. Et je vais vous expliquer. Depuis 2013, je dis qu'on ne peut pas être en guerre sans qu'on en discute. Il y a des guerres qui sont justifiées. Mais on ne peut pas être en guerre sans qu'on en discute au moins au Parlement. Depuis 2013, nous n'avons jamais voté sur cette guerre. On nous dit aujourd'hui, nous avons été appelés par le gouvernement du Mali. Et en effet, nous sommes intervenus contre un raid qui s'est organisé en direction de la capitale. Mais le gouvernement du Mali, déjà à l'époque, n'était pas un gouvernement démocratique. Aujourd'hui, on nous dit, nous y sommes à l'appel du gouvernement.
Le gouvernement qui est en place est le résultat d'un coup de force militaire. On peut dire qu'il était justifié et que la population ne pouvait plus, etc. Mais en attendant, c'est ça la situation. Les Maliens font bien comme ils veulent parce que c'est chez eux. Mais nous, les Français, nous avons le devoir de savoir ce que nous faisons. Nous n'y sommes pas chez nous au Mali et par conséquent, nous devrons nous en aller un jour ou l'autre. Je pense que même si vous n'êtes pas de mon avis, vous qui m'écoutez, vous êtes d'accord pour dire qu'on devra partir. Très bien, parlons-en. À quelles conditions ? De quelle manière ? Et quand ? Voilà les choses dont nous devrions discuter.
Et quand Mme Parly dit qu'elle va réduire les effectifs sur le terrain, nous avons 4000 hommes là-bas, 4000 hommes et femmes. Un peu plus, si on compte toute la région, ça fait 5000. Bon. On les retire pourquoi, Mme Kerouard ? C'est ça la question qu'il faut poser. Je vais vous dire pourquoi. Parce qu'on veut moins de monde sur le terrain, plus de drones, plus de surveillance depuis l'espace. Eh bien, ça veut dire qu'on va augmenter les risques de confusion. Parce que voyez-vous, un djihadiste n'a pas d'uniforme. Et par conséquent, quand ils se réunissent à plusieurs, ils ont toujours l'habileté de le faire au milieu des populations et que c'est là qu'il faut faire preuve de discernement.
Nous ne sommes pas une armée d'occupation au Mali. Nous ne le sommes pas et nous ne devons jamais le devenir. Les Maliens, c'est un peuple ami et frère. Donc ils nous disent s'ils veulent qu'on reste, je suis d'accord pour dire qu'on ne peut pas plier bagage et s'en aller comme ça. Mais il faut qu'on dise comment on reste, à quelle condition et à quel moment on s'en va et à quelle condition on s'en va. Il faut préciser ces choses parce que ça, le discrédit de la France, le résultat, c'est que nous allons commencer à être haïs partout. Qu'est-ce qu'on a fait pour mériter ça ? On a voulu se rendre utile. Mais ça fait 7 ans qu'on y est. 7 ans, Mme Carouer.
On ne peut pas gagner contre une guerre de guérilla autrement que politiquement. Tout le monde l'a compris en Afghanistan, enfin, au bout de 20 ans. On y est encore et on n'a toujours pas fini. Vous voyez ?
Le Mali, on vous entendra à nouveau sur le sujet, j'en doute pas, un instant. Je voudrais revenir sur ce que vous avez dit. Emmanuel Macron qui a rendu hommage à François Mitterrand, à Jarnac, 25e anniversaire de sa disparition à François Mitterrand. Alors, dans l'Obs, vous avez été direct. Vous avez dit sa présence à Emmanuel Macron, c'est écœurant, ça dégoûte, c'est une manière cannibale de s'approprier un personnage historique comme s'il pouvait en capter quelque chose. Certains vous répondraient c'est un président qui rend hommage à un président et il a rendu hommage par le passé, Emmanuel Macron, à Valéry Giscard d'Estaing, à De Gaulle ou à Pompilou. Et vous, vous dites ?
Non, je dis ne me prenez pas pour un imbécile. Je sais très bien ce que vous faites là-bas, j'arnaque, M. Macron. Vous êtes là-bas pour essayer de créer un lien entre François Mitterrand et vous, parce que c'est vrai, vous avez été membre du Parti Socialiste, M. Macron, parce que c'est vrai, vous étiez secrétaire général d'un président socialiste, du PS en tout cas, de la République. Donc vous essayez de créer un lien, mais ne croyez pas que nous n'allons rien dire, que nous allons confondre l'homme qui a créé l'impôt sur la fortune avec celui qui l'a abrogé, l'homme qui a créé la retraite à 60 ans avec celui qui compte la faire passer à 65 ou à 66.
Je pense qu'il y a une manière, vous savez, de tuer l'histoire. Tout se vaut, tout est égal, plus rien n'a de sens et à la fin, plus rien n'est vrai. Et quand plus rien n'est vrai, et bien vous ne faites plus rien parce que les choses n'ont plus de sens. François Mitterrand représente le programme commun, la mobilisation des communistes, des socialistes de l'époque, du mouvement syndical pour faire avancer les droits sociaux et le progrès social. Monsieur Macron représente exactement l'inverse.
C'est vous l'héritier de François Mitterrand, c'est ce que vous dites aujourd'hui ?
C'est l'histoire de France qui est héritière de François Mitterrand, ce n'est pas moi. Et tous ceux qui essayent de se l'approprier sont des vaniteux qui ne nous mènent nulle part. François Mitterrand appartient à l'histoire du progrès social en France. On peut avoir à son égard des reproches à faire sur la politique qu'il aurait dû faire ou pas faire. Moi je lis ça assez souvent sur les réseaux sociaux, ça m'énerve un peu parce que les donneurs de leçons qui nous disent qu'il fallait faire en 1983, il se trouve que personne ne savait au juste quoi faire après quatre dévaluations et un emprunt forcé. Mais enfin on peut, mais on ne peut pas lui enlever ça.
Et on ne peut pas enlever que cet homme nous a donné une leçon. Il avait perdu les élections législatives. M. Chirac a privatisé en tant que président de la République. Il devait signer les ordonnances. Il ne l'a pas fait. C'est-à-dire que jusqu'au bout il est resté fidèle à ce à quoi il s'était engagé avec le programme commun. Eh bien pour moi ça compte plus que d'autres choses. Et en tout cas ça me donne une leçon. Il faut tenir bon et jamais lâcher prise.
Et c'est ce que vous allez faire avec les communistes. Vous voyez où je veux en venir. Ils ne vous disent pas non mais ils ne vous disent pas oui non plus les communistes pour 2022. Ils vont voir avec les militants il y aura un vote dans quelques semaines. Mais est-ce que vous avez espoir ? Parce que quand même Fabien Roussel le patron du Parti communiste lui il n'est pas tellement partant pour le moment pour une candidature commune.
J'ai vu ça. Bon les communistes et les insoumis et leurs prédécesseurs c'est quelque chose qui procède d'une même famille. Je ne dis pas identique parce que sinon on serait tous dans le même parti. Encore que ça s'est posé la question de savoir en 2011 il ne fallait pas créer une nouvelle structure. Bon ça ne s'est pas fait. Les dirigeants communistes n'ont pas été de cet avis. Le Front de Gauche ne pouvait pas devenir un nouveau parti où il y aurait eu des communistes et des non communistes. Bon moi je le regrette. Je fais ma part d'erreur. J'en ai commis aussi dans ces moments-là. Peut-être qu'il aurait fallu agir autrement.
Mais disons nous sommes aujourd'hui à l'Assemblée Nationale dans 98% des cas on vote de la même manière. Donc on est très proche. Nous pourrions parfaitement avoir un bon accord pour les élections législatives et puis capter ensemble le bilan de notre travail parce qu'on l'a fait ensemble. 2012 on est passé de 3,5 à 11. 2017 on est passé de 9 à 19. Donc on pourrait continuer cette bonne alliance ensemble et moi je le souhaite et que chacun s'y retrouve parce que les communistes ont le droit d'exister comme parti ça va de soi et je ne souhaite pas que le parti communiste disparaisse je le dis franchement.
Ma toute dernière question Annie Dalgo
Je signale qu'il y a des communistes qui ont déjà choisi de me soutenir il faut le noter aussi.
Marie-Georges Buffet par exemple.
Oui parce qu'on a avec elle fait le front de gauche et que la preuve a été faite que bon il y avait là une vision de l'histoire qui était plutôt gagnante.
Annie Dalgo interview au JDD aujourd'hui selon le Parisien elle va monter sa plateforme en gros elle dit qu'elle va s'investir dans 2022 elle ne confirme pas de candidature mais vous redoutez une candidature d'Anne Hidalgo ?
Non mais c'est la démocratie. Si elle est candidate ce qui semble plus probable elle sera candidate du social libéralisme c'est un courant qui existe en France. Il a eu un président François Hollande d'autres bon bah c'est normal c'est le centre gauche ça existe. Alors moi j'appartiens à une autre logique qui est de dire on tourne la page de ce système absurde et on se met à autre chose. Si je dois être classé à gauche alors je suis dans une gauche de rupture. Elle elle est dans une gauche bon voilà ils pensent que le libéralisme c'est bien le marché moi je suis pour une société d'économie mixte. Il y a des différences que les français les arbitrent.
Il y a une différence majeure sur la constitution de la 5ème république je suis pour passer à la 6ème. Il y a une différence majeure sur l'Europe je suis pour désobéir au traité européen et passer à autre chose. Elle non. Bon bah il faut que les français c'est étrange. C'est pas elle et moi qui allons nous mettre dans un bureau et dire allez on coupe la poire en deux un jour on désobéit le lendemain on obéit.
Jean-Luc Mélenchon merci d'avoir été notre invité dans toute franchise ce soir. Merci d'avoir regardé cette vidéo.
Jean-Luc Mélenchon