Macron, les agriculteurs et le pouvoir d'achat - Les questions SMS #cdanslair 23.02.2019
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:03OuverteRéponse directe
Acheter français, est-ce vraiment plus cher ?
- 0:55RelanceRéponse partielle
La loi alimentation ne permet-elle pas encore de taxer davantage les consommateurs ?
- 1:53OuverteRéponse partielle
Les distributeurs ne devraient-ils pas diminuer leur marge ?
- 3:42OuverteRéponse directe
La visite d'Emmanuel Macron au salon de l'agriculture est-elle une opération de communication ?
- 4:31OuverteRéponse directe
Pour qui les agriculteurs votent-ils en majorité ? Leur participation aux élections européennes est-elle traditionnellement élevée ?
- 5:18OuverteRéponse directe
Quelle agriculture pour demain si les agriculteurs ne perçoivent pas des revenus décents ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:14InvitéFait
« Acheter français, c'est vous payer le prix de la sécurité et de la qualité. »
- 0:19InvitéFait
« Nous avons les normes les plus élevées du monde. »
- 0:24InvitéFait
« C'est une des pistes sur lesquelles les agriculteurs doivent travailler, c'est le label France. »
- 0:34InvitéFait
« Des entreprises chinoises sont en train d'investir en France sur nos produits agricoles pour les exporter en Chine. »
- 0:50InvitéFait
« En Chine, une alimentation française, ça veut dire une alimentation sûre et saine. »
- 1:04InvitéFait
« Soit on paie par les prix, soit on paie par la subvention. »
- 1:19InvitéFait
« Le kiwi néo-zélandais, rendu dans le port de Marseille ou du Havre, est moins cher que le produit équivalent fabriqué dans la vallée de la Garonne. »
- 2:25InvitéFait
« Dans la loi alimentation, il est prévu que les ventes à perte des distributeurs soient moindres. »
- 2:37InvitéPromesse
« C'est le pari politique de ces lois qui était une promesse électorale d'Emmanuel Macron, qui l'a portée. »
- 3:59InvitéFait
« François Mitterrand ne mettait pas les pieds au salon de l'agriculture. Il ne cédait pas à ce folklore. »
- 4:38InvitéChiffre
« La participation des agriculteurs aux élections européennes est un petit peu plus élevée que la moyenne nationale, qui est extrêmement faible. »
- 5:26InvitéFait
« Il y aura toujours une agriculture. De toute façon, c'est un choix sur le plan politique. »
- 6:19InvitéChiffre
« Il y a plus de la moitié des agriculteurs qui vont partir à la retraite. »
- 7:51InvitéFait
« Il ne faut pas non plus négliger l'intérêt stratégique d'être indépendant alimentairement. »
- 7:56InvitéFait
« Les printemps arabes sont nés de la disette et de la crainte de manquer et de la hausse des prix alimentaires qui étaient importés. »
- 8:13InvitéFait
« Elles tirent leur croissance actuelle du bio, du local et des produits sous label. »
Temps de parole
- Invité26 %
- Invité 220 %
- Invité 316 %
- Invité 415 %
- Présentateur15 %
- ?8 %
≈ 34,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Alors,
acheter français, est-ce vraiment plus cher ? Emmanuelle Ducroix
?
Pas forcément. Souvent,
on se dit que les fraises qui viennent d'Espagne, elles n'ont pas de goût, mais elles sont moins chères.
Oui, pour les acheter. Acheter français, c'est vous payer le prix de la sécurité et de la qualité. Nous avons les normes les plus élevées du monde. Alors, ça mérite d'être pris en compte dans les achats. Et je pense que c'est une des pistes sur lesquelles les agriculteurs doivent travailler, c'est le label France. Vous savez que ce label France, nous, on le boune un peu. Notre label, il fait envie partout dans le monde. Des entreprises chinoises sont en train d'investir en France sur nos produits agricoles pour les exporter en Chine.
Des grands noms de la distribution chinoise, comme Alibaba, qui est l'Amazon chinois, comme JD.com, qui est une sorte d'Amazon, sont en train de créer des circuits logistiques pour venir se fournir chez nous. Parce qu'en Chine, une alimentation française, ça veut dire une alimentation sûre et saine.
La
loi alimentation ne permet-elle pas encore de taxer davantage les consommateurs
?
Alors, Jean-Marc Daniel Serric, cette loi,
elle
organise la montée des prix.
Elle
organise la montée des prix. On en revient à ce qu'on disait,
c
'est-à-dire que soit on paie par les prix, soit on paie par la subvention. Alors, la seule chose qui pourrait corriger ça, c'est qu'il y ait des gains de productivité, une efficacité accrue. Mais l'efficacité accrue aussi, ça peut signifier la baisse de qualité. Alors,
il
y a des produits sur lesquels c'est assez bizarre, parce que le kiwi néo-zélandais, rendu dans le port de Marseille ou du Havre, est moins cher que le produit équivalent fabriqué dans la vallée de la Garonne. Mais sachant que la Nouvelle-Zélande a des exigences qui sont des exigences en termes de qualité de la même nature. Donc, c'est lié au fait qu'il y a aussi, dans un certain nombre de pays, une augmentation considérable des rendements qui a été liée à l'augmentation des surfaces. Donc, sur certains types de produits, de toute façon, il ne
faut
pas se faire d'illusions. La bataille est
perdue, sauf à
accepter de payer
plus
cher. Les distributeurs ne devraient-ils pas diminuer leur marge
? C
'est ce que souhaite le gouvernement, c'est ça. Les distributeurs souhaiteraient que les agriculteurs aient un pouvoir d'achat amélioré, donc que les distributeurs leur achètent plus cher leurs produits agricoles et puis qu'ils n'augmentent pas les prix aux consommateurs. Donc, ça entraînerait
forcément aux agriculteurs,
c'est qu'ils ne gagnent rien sur les grandes marques, sur Coca-Cola ou Pernod Ricard, etc., qu'ils vendent à prix coûtant. En revanche, ils pressurisent les agriculteurs et c'est là qu
'ils
se font de la marge.
C
'est ça,
le procès. Oui, d'ailleurs,
dans la loi alimentation, il est prévu que les ventes à perte des distributeurs soient moindres. Voilà. On
limite les ventes à perte pour éviter
de
tordre le bras des électeurs.
C'est le pari politique de
ces
lois qui était
une promesse
électorale d'Emmanuel Macron, qui l'a portée. Alors, ça a été un débat assez compliqué au Parlement. Maintenant, on est dans la phase de négociation avec les distributeurs. Il y en a qui jouent le jeu, il y en a qui ne jouent pas le jeu.
C
'est aussi simple que
ça. D'augmenter le prix du lait, des œufs, de la viande, etc. Il y en a
qui ne veulent pas réduire leur marge, il y en a qui veulent bien. Et on va avoir les résultats assez vite. Et ce pari sera réussi ou pas en fonction du
partage de la valeur. Ce pari ne sera réussi
que s'il est transformé, s'il est réussi. Parce que ce n
'est
pas un système pérenne. C'est-à-dire qu'il va y avoir des négociations en permanence. Ce n
'est
pas comme aux États-Unis.
Bien sûr.
Vous avez un système d'aide aux agriculteurs avec des prix minimums. Et là, c'est pérenne. Mais en tous les cas, c'est le marché, c'est l'accord tacite qu'il y a entre le président de la République et les agriculteurs. Qui lui font confiance pour l'instant. Si jamais ça ne se traduit pas, comme ils disent, s
'il
n'y
a
pas d'euros qui arrivent dans la cour de ferme. Parce que c'est l'expression qu'on entend souvent sur le salon. Alors là, à mon avis, je crains que les lendemains soient plus difficiles.
Bruno Jodistan, autre question pour vous. La visite d'Emmanuel Macron au salon de l'agriculture est-elle une opération de communication ?
Forcément. Le salon de l'agriculture, depuis quasiment...
Ce soir, ça va
faire la une du 20h. Emmanuel Macron va se dire, ah, c'est bien.
On
ne parle plus des gilets jaunes. On me voit devant une vache. Dans
tous les 20h, depuis que les présidents de la République, ils y sont presque tous allés. Sauf François Mitterrand, qui n'y a jamais mis les pieds. Ah bon, pourquoi ? François Mitterrand ne mettait pas les pieds au salon de l'agriculture. Il ne cédait pas à ce folklore. Ce qui, maintenant, quasiment, n'est plus pensable. Depuis Jacques Chirac, ça a été institutionnalisé. Et Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron, lui, il fera les 5 salons des 5 années.
Et puis, il y a tous les chefs de parti, je crois qu'il y a Marine Le Pen. Et maintenant, il y a les chefs
de parti, surtout pendant les années électorales.
Alors, cette année, il y a les européennes.
Donc là, on va avoir le grand défilé. Édouard Philippe va y aller 3 jours.
Alors, encore question
politique pour vous, Bruno. Pour qui les agriculteurs votent-ils en majorité ? Leur participation aux élections européennes est-elle traditionnellement élevée ?
La participation des agriculteurs aux élections européennes est un petit peu plus élevée que la moyenne nationale, qui est extrêmement faible.
Je
rappelle qu'il n
'y
avait que 42% de votants aux dernières élections européennes. Donc là, on avait vraiment atteint le fond. Espérons qu'il y
en
ait un peu plus la fois prochaine. Ils votent un petit peu plus, j'allais dire, parce qu'ils sont un peu plus âgés. Les agriculteurs, je
dis,
c'est 55 ans, la moyenne d'âge.
Ils
sont aussi assez pro-européens. Oui, mais alors le paradoxe, c'est qu'ils sont partagés maintenant entre ceux qui sont très pro-européens et ceux qui sont assez désespérés de voir peut-être une Europe qui les aide moins ou en tous les cas, ils ont le sentiment d'être moins aidés, souvent à tort. Et ils ont tendance à se réfugier vers les listes non-européennes ou pas très européennes.
Quelle agriculture pour demain si les agriculteurs ne perçoivent pas des revenus décents ? Je ne
sais
pas qui veut répondre.
Il
y aura toujours une agriculture. De toute façon, c'est un choix sur le plan politique. Par exemple, le Japon a fait une étude montrant que si on faisait jouer le marché, si on laissait le Japon importer sa nourriture, il pourrait vivre sans aucun agriculteur. C'est-à
-dire
tous les produits qui ont produit le Japon, y compris le riz, on les trouve à
meilleur marché. C'est très
subventionné
à l'agriculture japonais.
On la trouve à meilleur marché sur le marché international. Techniquement, on pourrait vivre sans
agriculteurs, rien qu'avec de l
'importation. Avec de l'importation. Et compte tenu de la structure du commerce extérieur du Japon et des excédents que dégage le Japon, le Japon pourrait vivre sans
agriculteurs.
Mais aucun
pays
ne peut s
'y résoudre.
Exactement.
Et
le Japon, dans le partage sur qu'est-ce qu'on attend des agriculteurs, les Japonais attendent clairement que les agriculteurs représentent la tradition. Pour
eux, le Japon,
c'est la tradition.
L
'agriculteur, c'est l'agriculteur.
C'est juste un
petit bémol, je ne
sais
plus qui disait ça, plus de paysans, plus de pays. Je pense que s'il n
'y
a plus de pays, et c'est vrai qu'il
y a une vraie question
de la disparition des paysans dans les dix ans qui viennent. Il y a plus de la moitié des agriculteurs qui vont partir à la retraite. Plus de paysans, ce n
'est
pas seulement un problème d'alimentation, c'est aussi des bâtiments en ruines, un paysage plus entretenu. C'est une France qui change d'identité. Justement, n'oublions
pas d'où nous venons. Nous avons tous un peu de paille et de terre à la semelle de nos souliers.
Elle est bien
dite.
C'est très bien dit, et si vous voulez, ça met en évidence combien nous avons eu des idéologies qui ont fait des erreurs. Il faut se rappeler qu'il
y a
une trentaine d'années, il y a eu un livre qui a été écrit, qui a eu beaucoup de succès, qui s'appelait « Une France sans paysans
».
C'est-à-dire l'idée que finalement, on n'avait plus besoin
de paysans. C'était
un livre sérieux en plus, c'était un livre sérieux. Alors que Raymond Lacombe, que vous rappeliez tout à l'heure, lui a écrit « Pas de pays sans paysans ». – Figure
historique du syndicalisme agricole.
– Absolument. Donc c'est absolument essentiel. Cette agriculture, c'est celle qui nous rattache aussi aux terroirs. Et c'est la force de la France, on l'évoquait tout à l'heure. La superficie la plus vaste des pays de
l
'Union européenne
et
la diversité des terroirs, et donc du coup des productions agricoles considérables.
Prenons
simplement les appellations d'origine. Nous en avons à peu près 500 en France. Ce qui prouve quand même la diversité des éléments. Bon, vous allez en Vendée, vous avez le préfou. Vous allez à Retel, vous avez le boudin blanc, enfin etc. Vous allez en Creuse, vous avez le creusoir. Je pourrais vous citer mille exemples semblables. Et c'est ça la richesse du pays. – Emmanuel Lucro. – Je crois
qu
'il ne faut pas non plus négliger l'intérêt stratégique d'être indépendant alimentairement. Rappelons-nous quand même que les printemps arabes sont nés de la disette et de la crainte de manquer et de la hausse des prix alimentaires qui étaient importés. C'est stratégique d'avoir une indépendance alimentaire.
–
Les enseignes de la grande distribution s'adaptent-elles aux nouvelles exigences des consommateurs français ?
–
Oui, elles tirent leur croissance actuelle du bio, du local et des produits sous label. C'est-à-dire qu'elles ont quand même entendu ce que demandent les consommateurs.
– Existe-t-il des substituts plus écologiques au glyphosate ?
–
On peut le substituer dans beaucoup de cas. Il y a quelques cas d'agriculture extrêmement vertueuse pour les sols dont on en a besoin. Les solutions en noir et blanc, ça n'existe pas.
–
Eh bien voilà, merci beaucoup d'avoir participé à cette émission. Demain, vous retrouverez Karim Rissouli pour C'est Politique qui recevra l'historien des religions Jean-François Colosimo. Merci de votre fidélité. Restez sur France 5. À suivre, c'est l'hebdo.
– Sous
-titrage Société
Radio-Canada