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interviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 3 août 2022 15 min

L'interview : David Guiraud - 03/08

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC.

0:03
David Guiraud

Il est 8h39 sur RMC. RMC. L'interview. Bonjour David Guiraud. Bonjour. Merci de venir répondre à mes questions en direct ce matin sur RMC. Vous êtes député La France Insoumise du département du Nord. Le Sénat a adopté cette nuit sa version du projet de loi de finances rectificatives qui inclut les mesures sur le pouvoir d'achat, mesures modifiées sur plusieurs points par la majorité des Républicains au Sénat et notamment la prime de rentrée qui était prévue par le gouvernement. 100 euros par adulte plus 50 euros par enfant et qui doit être versée à 8 millions de foyers bénéficiaires des aides au logement ou des minimas sociaux.

Les sénateurs l'ont remplacé par une prime plus élevée, 150 euros, mais qui serait réservée uniquement aux bénéficiaires de la prime d'activité, c'est-à-dire uniquement à ceux qui travaillent. Les sénateurs en font une question philosophique. Aider ceux qui travaillent, ne pas encourager l'assistanat. Qu'est-ce que vous en pensez ?

1:00
Présentateur

Moi j'appelle ça surtout laisser tomber les gens. Excusez-moi, j'ai un petit chat dans la gorge. Moi j'appelle ça surtout laisser tomber les gens. C'est laisser tomber les gens qui sont en galère. C'est pas vrai qu'on peut trouver du travail juste en traversant la rue dans ce pays. Donc on laisse tomber encore une fois les plus précaires. Moi je ne suis pas d'accord avec ça. Il y a bien de mieux à faire. Mais vous savez, c'est tout l'enjeu de ce projet de loi. C'est de savoir si à la fin de ce projet de loi, les Français vont gagner ou perdre de l'argent. Parce que les prix augmentent, parce que les prix sont trop hauts. Est-ce que les aides qu'on va leur donner sont suffisantes ?

Et moi je ne crois pas. Moi je ne crois pas. J'observe, dans tous les domaines sur lesquels on a parlé, que ce soit les retraites, que ce soit les salaires, que ce soit les prix Macron, tout ce que vous voulez, le logement, l'augmentation des prix va être plus forte que les aides qu'on va donner aux gens. Donc en fait les gens vont perdre de l'argent à l'issue de ce projet de loi. C'est pour ça que nous on était contre. Alors après des fois il y a des petits...

1:55
David Guiraud

Après on a beaucoup eu d'auditeurs cette semaine au 32-16 sur RMC qui nous disent ok c'est pas parfait, mais un petit peu est bon à prendre. tout est bon à prendre. Vous voterez malgré tout contre toutes ces mesures, y compris l'augmentation du point d'indice des fonctionnaires, la revalorisation de certains minimas sociaux, etc.

2:16
Présentateur

Tout ça est en dessous du niveau de l'inflation. Beaucoup de gens disent que c'est mieux que rien. Mais j'entends moi les gens qui disent ça. C'est pour ça qu'on a pris cette discussion avec sérieux. C'est-à-dire que moi par exemple, en tant que député, je me suis retrouvé à voter des amendements qui n'étaient pas dans mon orientation politique. Je les ai votés parce que je ne suis pas sectaire, je me dis bon ben en effet, l'aide sur le fioul, je le fais. Mais je vais vous dire, j'ai aussi voté des amendements. Par exemple celui qui donnait 500 millions d'euros pour nos retraités, qui n'était pas un amendement de la gauche.

C'était Charles de Courson, qui est un député plutôt au centre on va dire. Et puis à 2h du matin, vous avez un gouvernement qui revient, un mauvais joueur, avec les Républicains, oui, qui changent.

2:54
David Guiraud

Le fameux incident de séance où on a re-voté une deuxième fois pour écarter cette mesure. C'est terrible comme signal qu'on envoie aux gens. Enfin, semble-t-il, y compris Charles de Courson, ne croyait pas vraiment faire passer cet amendement. Alors là, il faut savoir ce qu'on veut dans l'une. Il avait écrit qu'il fallait prendre sur les pensions des militaires.

3:07
Présentateur

Oui, mais ça, c'est un gage. C'est juste que quand on dépose un amendement, on est obligé par la loi de dire comment on le compense parce qu'on n'a pas le droit de créer de dépenses nouvelles. Donc bon, il le sait. Par ailleurs, personne n'est dupe là-dessus. Mais quand même, rendez-vous compte du signal politique qui a été envoyé ce jour-là. C'est que c'était le dernier vote avant le vote de la loi. Le dernier vote sur une loi sur le pouvoir d'achat a retiré 500 millions d'euros à nos retraités. Il faut se rendre compte du niveau où on était. Et toute la discussion, franchement, je vous le dis honnêtement, a été comme ça. C'est-à-dire qu'on a essayé de parler de sujets de pouvoir d'achat.

Par exemple, des pompiers. Il y a eu une engueulade là-dessus. Moi, j'ai défendu. J'ai dit qu'il faut recruter des pompiers professionnels. Il faut mieux payer nos sapeurs-pompiers volontaires. On nous a accusé dans l'hémicycle de faire diversion,

3:49
David Guiraud

de parler d'autres sujets que du sujet hors-sujet sur plusieurs fois

3:55
Présentateur

et de perdre beaucoup de temps dans l'hémicycle. J'ai dû être naïf. Notamment sur ces questions. Moi, j'ai dû être naïf parce que je pensais que le pouvoir d'achat des pompiers, c'était une question de pouvoir d'achat. J'ai déposé un amendement sur les aidants. Parce que ce n'est pas facile d'être aidant aujourd'hui. Que c'est une situation très précaire, très difficile pour beaucoup de Français qui aident souvent leurs parents ou un enfant en situation de handicap. Ce n'est pas le sujet. Et en fait, tous les sujets qu'on a posés comme ça, on nous disait que ce n'est pas le sujet. Mais on parle de pouvoir d'achat ou de quoi ?

Moi, j'avais l'impression d'être un congrès de gens qui ne me parlaient que de l'entreprise.

4:22
David Guiraud

Mais vous trouvez où l'argent ? Parce qu'il y a aussi la contrainte des finances publiques. Endetter la France coûte de plus en plus cher aujourd'hui. Et là-dessus, le Sénat et l'Assemblée ont été assez sur la même ligne d'être très rigoureux sur la question des finances publiques.

4:35
Présentateur

J'entends ça, mais attention, je mets quand même dans la balance un élément qui doit faire réfléchir les gens. C'est que si on ne paye pas mieux les pompiers, si on ne paye pas mieux les soignants, ce sont des systèmes qui vont s'effondrer. Et ça va coûter encore plus cher à l'arrivée. Moi, je le dis, je sais que la question des dépenses publiques, il faut qu'on soit rigoureux, mais je le dis comme ça. Si vous n'avez, par exemple, pas d'augmentation significative du salaire des profs, des soignants, de certains métiers dans le privé, ces filières-là vont s'effondrer. Et vous allez voir combien ça va coûter à la fin quand ces filières-là vont s'effondrer.

Donc, moi, je pense qu'il faut regarder ça quand même avec une vision grand angle. Et puis, comment on finance ? On a fait des propositions. Il y en a une quand même qui est revenue souvent sur le tapis, vous en avez parlé souvent. C'est, par exemple, taxer les super profits.

5:17
David Guiraud

Cette taxe sur les super profits, notamment des groupes pétroliers, qui a fait beaucoup de débats, qui a été rejeté, y compris au Sénat, de justesse. Vingtaine de voix. Il y avait des voix chez les centristes, notamment au Sénat qui l'ont réclamé, y compris chez les Républicains. On n'était pas complètement fermé. Et là, les centristes du Modem à l'Assemblée disent que ce sujet pourrait revenir sur la table à la rentrée. Ce n'est pas complètement fini. Vous avez espoir que ce sujet sur les profits des grandes entreprises puisse revenir dans le débat à la rentrée ?

5:44
Présentateur

Je l'espère vraiment très fortement. Parce que, si vous voulez, tous les pays d'Europe sont en train de taxer les super profits, sauf nous. L'Italie est en train de le faire, le Royaume-Uni, l'Espagne. Tous ont en plus des situations économiques différentes. Mais ils sont tous en train d'y réfléchir au moins. Et nous, on s'interdit ça. Moi, je ne pense pas que ce soit une mesure, si vous voulez, de gauche. C'est vrai que la NUP l'a beaucoup porté. Mais c'est une question de patrie. Au bout d'un moment, qui c'est qui paye les effets de la crise ? Les Français, ils payent là, depuis deux ans, c'est plein pot.

Et donc, par exemple, quand ils vont payer 2 euros le litre d'essence, il faut savoir qu'on donne beaucoup à la TVA aussi. On donne beaucoup aux recettes de l'État. Donc, en fait, les 20 milliards qu'on est en train de dire, on donne aux Français 20 milliards, ce n'est pas un cadeau. C'est les Français qui ont abondé le budget de l'État, notamment les classes moyennes et les classes populaires. Du coup, il y a cette histoire qui est financée par l'État. Il va falloir répondre. C'est 500 millions d'euros. Il y a un communiste au Sénat, je crois, un peu facétieux, qui a dit que ça représentait 0,2% de leur chiffre d'affaires à Total. Total, oui, je parlais de l'État.

Donc, si vous voulez, au bout d'un moment, c'est juste qu'il y a des secteurs où il y a des profits considérables. Je vous prends juste Total, mais il y en a plein d'autres. Sur le raffinage du pétrole, par exemple. En 2021, Total faisait payer 10 dollars la tonne de pétrole raffiné. Aujourd'hui, on est à 145 dollars. Qu'est-ce qui explique ça ? Il y a un moment aussi, il faut se poser ces questions-là. Au niveau du transport maritime, vous avez cette entreprise CGM-CMA ou quelque chose comme ça. CMA-CGM. CMA-CGM, qui a fait passer le prix des containers, c'est M. Leclerc, qui le disait. C'est un grand ami de chez nous. De 2 000 à 18 000 euros.

Alors, c'est vrai, il y a eu un moment, les ports chinois qui ont été bloqués. Moi, je ne suis pas dogmatique. Il y a sûrement des éléments, la guerre en Ukraine. Mais par contre, il y a des éléments qui sont louches. Et à partir du moment où Total réalise des profits records, rien que sur ce premier semestre, il faut partager. Ce n'est pas un gros mot de dire qu'il ne faut pas juste les classes moyennes qui payent et les classes populaires.

7:34
David Guiraud

Éric Coquerel, l'insoumis Éric Coquerel, dirige la commission, préside la commission des finances. C'est un sujet dont il va aussi se saisir au sein de cette commission des finances à la rentrée ?

7:44
Présentateur

Oui, oui, mais d'ailleurs, pas qu'à la rentrée, parce qu'en fait, on lance une mission flash, notamment sur les super profits, qui va commencer tout à l'heure. Alors, je crois que Manu Bompard, qui sera pour nous en commission finance. Mais on commence l'agenda aujourd'hui. Et puis, j'espère que ça va revenir. C'est une question d'intérêt patriotique. Je veux dire, il y a un moment, les grandes boîtes qui se font énormément d'argent sur des raisons qui ne sont pas forcément de leur faite, par exemple la guerre en Ukraine et où, doivent payer. Elles doivent contribuer. Et encore une fois, on parle d'une taxe sur les super profits. Moi, je pense qu'il ne faut plus taxer les grands groupes.

Mais si on pouvait juste se dire, jusqu'à 2023, 25% des bénéfices en plus, ça on prend. C'est une taxe ponctuelle de bon sens pour les Français.

8:24
David Guiraud

David Guirault, je voudrais qu'on revienne sur ce qui s'est passé hier dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale au moment des questions au gouvernement. Incident de séance sur l'antisémitisme. Vous avez quitté l'hémicycle avec tous les élus de la NUPES pour protester contre les propos du garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, qui pointait du doigt l'extrême gauche et notamment les insoumis en répondant à une question sur l'antisémitisme. Vous dites comme vos collègues qu'on a voulu vous salir. Ça n'existe pas. Il n'y a aucune forme de complaisance ou d'indulgence avec aucune forme d'antisémitisme au sein des insoumis ?

8:57
Présentateur

Ah non. Bon, après, il ne faut pas se mentir. Aucune organisation n'est immunisée en soi magiquement contre l'antisémitisme. Donc, on a un devoir de vigilance. Mais si vous voulez, il y a quelque chose que j'ai remarqué quand on est parti. Je suis un peu myope, vous savez, mais je suis sur le côté gauche, enfin sur le côté droit de la gauche. Donc, je suis assez à côté des macronistes. Et en fait, quand les accusations d'antisémitisme ont commencé à sortir de la bouche de Dupond-Moretti, du ministre, je voyais des gens sourirent, en fait. Je voyais des gens se marrer. Et je crois qu'aujourd'hui, il faut se rendre compte qu'il y a chez une partie des gens... C'était pour le spectacle ?

C'est cette... Mais il y a une sorte de jouissance malsaine à aimer accuser les autres d'antisémitisme. Ces gens-là, je vous le dis, ils sont en train de tuer le combat contre l'antisémitisme.

9:41
David Guiraud

Ils sont en train de le tuer. Après, il y a des choses assez précises qui vous sont reprochées. Et notamment le fait d'avoir accueilli Jérémy Corbyn, l'ancien Premier ministre britannique qui est venu soutenir des candidats insoumis pendant la campagne. Lui qui est pourtant accusé par un rapport indépendant pour le coup d'avoir couvert

9:57
Présentateur

l'antisémitisme concernant son parti. De son parti qu'il a réintégré. Quand même. Je veux dire, il ne faut pas oublier ça. Mais si vous voulez, moi à la limite, je suis ouvert à tout. Ça ne vous a pas gêné ? Non, de toute façon, moi j'étais dans ma campagne, j'étais loin dans le Nord, je vous avoue.

10:10
David Guiraud

Mais ça, on ne voit pas une forme de message brouillé où on voit les insoumis s'afficher avec des gens qui sont accusés d'antisémitisme, etc. Ça alimente tout ça.

10:18
Présentateur

Le problème aujourd'hui, c'est qu'il y a aussi beaucoup de gens qui sont accusés d'antisémitisme. Et parfois, à tort, il faut aussi le reconnaître. Donc moi, je n'ai pas de problème, si vous voulez, quand quelqu'un me dit je me sens mal à l'aise par rapport à telle ou telle question. Moi, je n'ai pas de problème en discuter, y compris à devoir m'expliquer quand il faut le faire. Mais là, de la bouche d'un garde des sceaux, de nous sortir ça, avec des gens qui se marrent, ça les fait marrer. J'ai l'impression que les Juifs, c'est de la chair à canon pour eux. C'est-à-dire, ils mettent le sujet sur la place et il y en a qui n'en ont rien à faire.

Alors évidemment, dans les rangs de La République En Marche, il y a des gens qui sont honnêtes dans leur engagement. Je veux dire, même des gens qui disent des horreurs sur nous, je pense à Sylvain Maillard, je pense qu'il est honnête dans son engagement. Mais on ne peut pas faire taire, par exemple, la critique de la politique de l'État israélien sous le sceau de l'antisémitisme. Parce qu'à force de traiter tout le monde d'antisémites, on est en train de tuer le combat contre l'antisémitisme. Parce que cette accusation a de moins en moins de valeur. C'est ce cercle aussi qui vous a été reproché ?

Oui, mais vous savez, par exemple, l'apartheid sur Israël, il y a un débat entre les spécialistes. Je veux dire, moi je le reconnais, il y a un débat. Mais moi je parle d'apartheid. Parce qu'il y a une définition claire, précise, celle du droit international, du traité de Rome, etc. Et les critères sont remplis, y compris des ONG israéliennes. On ne va pas faire le débat sur Israël. Mais attention, moi déjà, je n'ai pas de compte à rendre là-dessus à ces gens-là. J'en ai aux Français, à la limite, qui me posent des questions. Mais attention à ne pas tuer la lutte contre l'antisémitisme. Parce qu'ils sont en train de dévitaliser complètement. C'est-à-dire maintenant, c'est devenu facile.

On a entendu, vous démentez toute forme d'antisémitisme. C'est devenu rigolo dans la bouche de certains.

11:45
David Guiraud

D'un côté, vous démentez effectivement toute forme d'antisémitisme. De l'autre, vous avez pris, vous David Guéraud, l'initiative de défendre un imam, l'expulsion, un imam à qui on reproche justement des appels à la haine et à la violence contre les communautés juives et pas seulement. Il n'y a pas une contradiction avec tout ce que vous venez de nous dire ? Mais il a été condamné. Il y a un dossier, il y a eu une procédure et tout ça est conforme à la loi sur les séparatismes qui a été votée. Moi, c'est tout le problème.

12:16
Présentateur

Moi, c'est ce que je dis. Moi, je ne défends pas ce monsieur. Mais est-ce qu'il a été condamné une seule fois dans sa vie ? Non. Donc moi, par exemple, s'il est accusé d'antisémitisme, parce qu'il a dit des choses. Je veux dire, il ne faut pas qu'on se mente là-dessus. Moi, je ne suis pas d'accord avec ce qu'il a dit. Il a dit des choses. Par ailleurs, il les a reconnues que c'était antisémite. Mais pourquoi est-ce qu'on ne l'a pas fait condamner à l'époque ? Moi, je veux dire, pourquoi est-ce qu'on l'expulse ? Pourquoi est-ce qu'on sous-traite ça au Maroc ?

Et quelle est notre vision de la justice française pour penser que, bon, alors, on va punir politiquement quelqu'un parce que c'est une politique sur la base d'une décision administrative ? Je ne suis pas d'accord. Moi, vous savez, les libertés individuelles, ce n'est pas que envers les gens qui sont d'accord avec moi. Moi, je ne suis pas d'accord avec ce qu'il a dit. Je ne me retrouve pas dans ce cas. Il y a même fait appel au respect de la charia dans des vidéos sur YouTube. Oui, oui, mais vous avez raison. Moi, je ne suis pas d'accord avec ce qu'il dit.

Mais par contre, je suis contre le fait que le ministre de l'Intérieur comme ça se dit je vais expulser quelqu'un qui n'est coupable d'aucun crime ni délit et qui, par ailleurs, les faits remontent à assez longtemps, une dizaine d'années. Son comportement n'a pas changé. Mais la loi a été respectée.

13:18
David Guiraud

Il y a une commission d'expulsion des étrangers qui a été réunie par le président du tribunal judiciaire de Lille qui est donc un magistrat. Attendez, parce que Darmanin

13:25
Présentateur

nous explique que ce soir... Ce n'est pas juste une décision du ministre de l'Intérieur tout seul. Et hier, il y a quand même le préfet du Nord qui est venu plaider en personne sur la base d'une décision administrative. Moi, je suis pour que ce soit des décisions judiciaires. Par exemple, si quelqu'un est accusé d'antisémitisme dans ce pays, mais condamnons-le dans ce pays. Je veux dire, quelle est notre vision de la justice française ? À quel point on est devenu aussi mauvais pour se dire qu'en fait, on résout les problèmes en expulsant les gens ? Et pourquoi ce sera au Maroc de s'en charger ? Ce monsieur n'a jamais quasiment mis les pieds au Maroc.

Donc, je veux dire, pourquoi est-ce qu'on ne serait pas capable de condamner les gens ? Est-ce que c'est ça notre vision de la justice en France ? C'est vrai que ce n'est pas un combat populaire. Je vous l'avoue. Alors, je me fais insulter tous les noms sur les réseaux sociaux, mais ce n'est pas ma vision de la justice. Moi, ma vision de la justice, c'est qu'on ne peut pas, comme ça, du jour au lendemain, parce que Darmanin a décidé qu'il fallait le faire et qu'il a envoyé le préfet du Nord plaider en personne sur la base d'une décision administrative pour rendre coupable quelqu'un de fait qui aurait dû être traité bien avant et qui aurait dû être réglé par la justice française.

Au bout d'un moment, il faut savoir quelles sont nos valeurs. Parce que si on met le doigt là-dedans, derrière, toutes les personnes qui déplairont à la politique de monsieur Darmanin, que ce soit des associations ou autres, je vous rappelle qu'il y a des députés de la majorité qui appelaient par exemple à dissoudre Amnesty International comme ça une ONG. Moi, je ne suis pas d'accord avec ça et je ne veux pas mettre

14:35
David Guiraud

le doigt là-dedans. On est au bout du temps qui nous est imparti. David Guéraud, merci d'être venu ce matin sur RMC. David Guéraud, député LFI du Nord sur RMC 8h54.

L'interview : David Guiraud - 03/08 — David Guiraud · Pourquijevote