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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 23 juin 2026 3 min

Affaire Lyhanna : « On a l’impression que le directeur d’enquête n’y croyait pas »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Mais à l'arrivée, très clairement, on lui demande de mettre en garde à vue. Il met pas en garde à vue quand même. Dominique Verrien, dans ce rapport, on voit qu'il y a eu une perte de temps hein dans la procédure, un manque de priorisation, de prise en compte du caractère urgent des faits.

À la lecture de ce rapport, qui est responsable selon vous ? En fait, je pense qu'il y a plusieurs responsabilités. Là, très clairement, il y a des responsabilités au niveau du GERS, que ce soit de la substitute ou du directeur d'enquête.

Très sincèrement, le directeur d'enquête qui veut réécouter tout le monde alors que la gendarmerie, la première gendarmerie avait fait correctement son travail et que la substitute demandait une garde à vue, on a l'impression qu'en fait il y croyait pas vraiment. Il avait peut-être envie de creuser plus. Mais est-ce que c'était pour bétonner contre monsieur Barella ou c'était pour encore discréditer un peu plus la parole de la victime ?

C'est c'est à ça que ça ressemble de temps en temps la gendarmerie quand ils sont pas formés. C'est pour ça que j'arrête pas de dire formation formation. Et là, quand on manque de formation, et bien pour le coup, c'est pas de la faute de ce gendarme.

S'il est pas formé, c'est parce que sa hiérarchie lui a pas demandé de le faire, lui a pas imposer de le faire. Et ça c'est quand c'est une priorité dans une gendarmerie, alors on se on se forme. Je connais des gendarmeries, je peux citer la gendarmerie de Lyon, je le fais assez souvent, mais qui a formé tous ces enquêteurs pour ces sujets-là justement.

Euh et je pense que si d'en haut on explique que c'est une priorité, les colonels des départements savent que c'est une priorité et en font une priorité sur le territoire. Je pense que là ça n'a pas été fait. Donc les responsabilités sont partagées.

Mais à l'arrivée très clairement, on lui demande de mettre en garde à vue. Il met pas en garde à vue quand même. H Et le premier ministre a réagi he aux conclusions de ce rapport.

Pour lui le rapport ne décrit pas un dysfonctionnement administratif ni un manque de moyens. Pourtant, si on regarde un peu plus dans le détail ce que dit ce rapport, il manque des personnels au parquet de Toulouse, il manque des personnels au parquet Doch, notamment au service des greffes du parquet Doch. Il manquait en 2025 en 2025 7,5 équivalents temps plein.

Ça fait à peu près 18 % des effectifs sans compter de nombreux arrêts maladies. C'est ce que nous dit le rapport. Est-ce que c'est vraiment qu'une succession d'erreurs individuelles ou il y a un contexte quand même qui favorise tout ça ?

Alors il y a un contexte. Euh les magistrats ont été fortement augmentés. Euh les griffiers aussi, l'école des greffes s'organise pour qu'il y ait plus de griffiers puisque quand on a voté 1500 magistrats, on a voté 1800 greiers.

Pour autant, ça veut pas dire que euh quand les postes sont affichés sur le tableau, ils soient vraiment remplis, ce que ce soit en gendarmerie ou euh dans les différents tribunaux judiciaires. Mais là, a priori ça pourrait expliquer au niveau du greff, ça peut pas s'expliquer au niveau de la substitute. Le fait qu'elle se trompe de gendarmerie, le fait qu'elle ne suivent pas le dossier.

Donc ça c'est un autre sujet. Donc vraiment c'est assez mélangé. Oui, bien sûr.

En gendarmerie le vrai problème c'est quand ils sont pas assez nombreux, ils sont obligés de prioriser justement. Et donc quand la priorité ben c'est plutôt les atteintes au bien, on s'occupe moins des atteintes aux personnes. Quand c'est les atteintes aux personnes, on s'occupe moins des atteintes au bien parce que ils ne sont pas assez nombreux.

Donc oui, la gendarmerie a besoin d'être renforcée très clairement et là encore parce qu'on inscrit des postes que ils sont remplis. Donc il faut que les gens soient vraiment là. Mais dans le rapport, il est aussi dit qu'à priori euh par les supérieurs euh de ce directeur d'enquête euh queil avait largement les moyens de mener à bien sa mission.

Affaire Lyhanna : « On a l’impression que le directeur d’enquête n’y croyait pas » — Dominique Verien · Pourquijevote