La rentrée s'annonce délicate pour François Bayrou - reportage #cdanslair 23.08.2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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La France sera-t-elle à l'arrêt le 10 septembre ?
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C'est un appel à bloquer le pays qui prend de l'ampleur sur les réseaux sociaux pour dénoncer les coupes budgétaires envisagées par le gouvernement.
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Certains partis s'emparent de ces protestations, à commencer par la France insoumise hier.
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Une censure déjà annoncée, soutenue par les autres partis de gauche.
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Quant au blocage, socialistes et écologistes restent prudents, mais suivent de près cette future mobilisation.
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La rentrée de tous les dangers pour François Bayrou, plus impopulaire que jamais et sans majorité à l'Assemblée.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Il nous faut la grève générale le 10 septembre, parce que le 23 septembre, nous déposerons la motion de censure pour faire tomber le gouvernement de M. Bayrou. »
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« On sait qu'il y a eu plusieurs réformes successives. Le résultat, c'est qu'il y a déjà eu beaucoup d'économies. »
- 2:36InvitéFait
« À nos yeux, dans les principaux problèmes qui sont sur la table. Il y a trop d'efforts demandés aux Français, pas assez d'efforts faits par l'État sur sa dépense publique. »
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« La France est exactement au même niveau de la Grèce. La Grèce qui était quand même le pays au bord de la faillite il y a une dizaine d'années. »
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« Et l'Italie, l'Italie était comme la Grèce véritablement le mauvais élève de l'Europe. Et ça y est, on emprunte comme l'Italie. »
- 4:24InvitéFait
« Exactement. Et la réforme de l'assurance chômage dont parlait Valérie, c'est des totems qui ne sont pas du tout envoyés aux Français, même si c'est plutôt soutenu je pense par une part importante des Français. »
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« Le gros problème de la France, quand on dit aux agences de notation, aux investisseurs, on va faire ça, on ne le fait jamais. »
- 4:43InvitéFait
« La réforme des retraites, elle a été plus ou moins réduite par rapport à ce qui était prévu, on ne réduit pas nos déficits, alors que tous les autres le font. »
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« On n'est pas la Grèce, on n'est pas l'Argentine. On ne va pas faire faillite demain. »
- 5:31InvitéFait
« On est tous d'accord pour réduire les déficits. Les autres pays sont arrivés à réduire leurs déficits, mais nous, nous n'y arrivons pas. »
- 6:25InvitéChiffre
« François Bayrou souhaite faire presque 44 milliards d'euros d'économie, ce qui est un des budgets les plus ambitieux. »
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« on a vu que c'était pour l'instant pas du tout un franc succès. »
- 7:33InvitéFait
« Laissons François Bayrou faire le sale boulot. »
Temps de parole
- Invité29 %
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La France sera-t-elle à l'arrêt le 10 septembre ? C'est un appel à bloquer le pays qui prend de l'ampleur sur les réseaux sociaux pour dénoncer les coupes budgétaires envisagées par le gouvernement. Symbole d'une rentrée politique qui s'annonce très tendue, certains partis s'emparent de ces protestations, à commencer par la France insoumise hier.
Il nous faut la grève générale le 10 septembre, parce que le 23 septembre, nous déposerons la motion de censure pour faire tomber le gouvernement de M. Bayrou. Elle va mettre tout le monde au pied du mur.
Une censure déjà annoncée, soutenue par les autres partis de gauche. Quant au blocage, socialistes et écologistes restent prudents, mais suivent de près cette future mobilisation.
Nous devons l'accompagner. Notre vocation n'est pas non plus de la canaliser, de la dompter, de l'instrumentaliser, de la soumettre, mais de lui offrir un débouché politique qui ne soit pas celui de l'extrême droite. Tout va se jouer dans ces mobilisations. Est-ce que ça prend, ça ne prend pas, est-ce que c'est une fois, est-ce que ça retombe ? Franchement, moi j'attends ça avec impatience.
La rentrée de tous les dangers pour François Bayrou, plus impopulaire que jamais et sans majorité à l'Assemblée. Cet été, le Premier ministre a tenté d'expliquer ses choix aux Français, en lançant un podcast.
Si vous voulez m'écrire directement, vous écrivez à l'adresse suivante.
Conscient de la défiance qu'il suscite.
Je préviens à l'avance, je ne répondrai pas aux injures.
Il défend ses propositions, qu'il juge nécessaire.
Si nous ne décidons pas de nous ressaisir, alors c'est que nous sommes irresponsables devant nos enfants.
Mais serait-il déjà trop tard pour convaincre, tant les oppositions sont nombreuses ? Plusieurs appels à la grève sont lancés et les syndicats font front commun contre les propositions du Premier ministre. La suppression de deux jours fériés ou de nouvelles règles plus restrictives sur l'assurance chômage. La réforme de trop pour la CFDT.
On sait qu'il y a eu plusieurs réformes successives. Le résultat, c'est qu'il y a déjà eu beaucoup d'économies. Les efforts ont été faits déjà par les demandeurs d'emploi et qu'on est dans une situation où une nouvelle réforme ne ferait que précariser encore plus.
Chez les Républicains aussi, on se montre critique envers certaines propositions.
À nos yeux, dans les principaux problèmes qui sont sur la table. Il y a trop d'efforts demandés aux Français, pas assez d'efforts faits par l'État sur sa dépense publique. C'est la première chose qu'on veut changer. La deuxième, c'est qu'on ne peut pas demander plus d'efforts à la France qui travaille et rien faire pour lutter contre l'assistanat et les abus.
Alors, le gouvernement survivra-t-il à l'examen du budget ? Le vote d'une motion de censure par l'extrême droite serait déterminant. Malgré sa nette opposition au gouvernement, le RN fait durer le suspect.
Vous vous dites déjà que c'est la censure assurée à l'automne ? Non, non, parce que nous sommes des élus responsables et nous espérons qu'ils nous écoutent. Mais bon, ça fait quand même trois ans qu'ils ne nous écoutent pas.
Les négociations ne font que commencer pour le gouvernement qui recevra les partenaires sociaux ce lundi. François Bayrou s'exprimera le même jour face à la presse.
Alors, question téléspectateur Emmanuel Duteil, c'est Marie dans le Var. On bloque tout et pendant ce temps-là, la dette de la France continue à croître. Non. C'est vrai qu'on va regarder ensemble le niveau des taux d'intérêt que j'ai récolté cet après-midi. La France est exactement au même niveau de la Grèce. La Grèce qui était quand même le pays au bord de la faillite il y a une dizaine d'années. Ça devrait nous alerter ? Ça doit nous alerter au même niveau que la Grèce. Et l'Italie, l'Italie était comme la Grèce véritablement le mauvais élève de l'Europe. Et ça y est, on emprunte comme l'Italie. Ça montre que notre pays aujourd'hui fait moins confiance aux investisseurs que ces pays-là.
La Grèce, on peut le comprendre parce qu'il y a eu vraiment un retournement. Et l'Italie aussi commence à avoir une amélioration de ses finances publiques assez intéressante. Notamment depuis le début de l'année, il y a eu pas mal de lois d'incitation qui commencent à... Vu de l'étranger, on se dit mais la France est-elle tenue quoi ? Exactement. Et la réforme de l'assurance chômage dont parlait Valérie, c'est des totems qui ne sont pas du tout envoyés aux Français, même si c'est plutôt soutenu je pense par une part importante des Français. Mais ça c'est envoyé aux agences de notation. Parce que ça c'est des économies sûres et certaines.
Le gros problème de la France, quand on dit aux agences de notation, aux investisseurs, on va faire ça, on ne le fait jamais. La réforme des retraites, elle a été plus ou moins réduite par rapport à ce qui était prévu, on ne réduit pas nos déficits, alors que tous les autres le font. Parce qu'on pourrait parler en termes de taux d'emprunt des Espagnols, des Portugais. Le travail qui a été fait par ces pays, et aux dernières nouvelles, Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol, n'est pas quelqu'un de droite. Il n'a pas en plus une stabilité politique très forte, mais il arrive à faire des réformes qui sont en train de changer radicalement son pays.
Donc vous avez totalement raison, et cette dame a totalement raison. Il y a une vraie inquiétude. Après, il faut toujours faire très attention. On n'est pas la Grèce, on n'est pas l'Argentine. On ne va pas faire faillite demain. La France, c'est la France. On a toujours 16 ou 17 sur 20 quand on regarde les agences de notation. On a un tout petit peu de marge. Le problème, c'est que chaque jour qui avance réduit notre marge. Comment expliquer cette espèce d'exception française ? On est tous d'accord pour réduire les déficits. Les autres pays sont arrivés à réduire leurs déficits, mais nous, nous n'y arrivons pas. Est-ce qu'il y a une spécificité française, Aurore Malval ?
Il y a plusieurs pour réduire un déficit, le poids du déficit par rapport au PIB. Il y a deux façons. Soit on coupe dans les dépenses, soit on augmente le PIB. Pour le coup, l'Espagne a choisi la deuxième option, c'est-à-dire qu'on travaillait plus. Ils ont beaucoup coupé les dépenses. Oui, mais aujourd'hui, ce qui marche, c'est aussi la relance, c'est la croissance et c'est l'augmentation du PIB. Et c'est ça aussi qui porte l'économie espagnole.
Et c'est vrai que par rapport à la question aujourd'hui, comment on résout cela, notre problème, notre exception française, c'est surtout qu'on a un pays où personne n'a la majorité pour dicter une politique claire sur laquelle il puisse être validé par tout le monde. On voit bien dans l'Assemblée tripartite que toute mesure, quand on essaye de bricoler ce budget... Alors, c'est assez contradictoire parce que François Bayrou souhaite faire presque 44 milliards d'euros d'économie, ce qui est un des budgets les plus ambitieux. Lui, d'ailleurs, le revendique en disant « je fais un choix le plus courageux presque des deux quinquennats d'Emmanuel Macron en présentant ce budget ».
Et il voudrait finalement qu'une assemblée qui n'est pas à sa main valide ce plan. – C'est quasiment une mission totalement impossible parce que tout ce que vous donnez Alain, par exemple, s'il veut embarquer l'EPS pour avoir un accord de non-censure, comme il a réussi, ça veut dire aller taxer les plus riches alors que les LR qui font partie du socle commun ne veulent absolument aucune augmentation d'impôts, que ce soit pour les entreprises. – Donc on ne fera rien avec cette assemblée nationale ? – En tout cas, c'est extrêmement compliqué de le faire.
La seule petite voie, le chemin de crête, je dirais, que François Bayrou entrevoit peut-être, et peut-être ils misent là-dessus, outre le fait de convaincre l'opinion publique, on a vu que c'était pour l'instant pas du tout un franc succès. C'est de se dire, 2027, tous les partis politiques ont les yeux braqués là-dessus, sur cet horizon. Si on n'assainit pas les finances, c'est eux qui vont hériter de cette situation. C'est, ce sont peut-être… – Laissons François Bayrou faire le sale boulot.
– Bah oui, si demain le Rassemblement national se dit, nous arrivons au pouvoir et nous ne pouvons appliquer aucun élément de notre programme, parce que nous sommes pieds-poings liés dans un monde en plus, qui sera, je dirais, presque encore pire, parce qu'on dit, là on parle de l'Italie ou de la Grèce, mais en fait ce qui est le plus inquiétant pour la France, c'est lorsque l'Allemagne empruntera sur les marchés. Parce qu'en fait l'Allemagne, meilleure élève de l'Europe, va avoir, elle, des taux d'intérêt bien meilleurs, et va peut-être prendre une part de l'épargne. – Les gens préfèrent prêter leur argent aux Allemands qu'aux Français, naturellement. – Exactement.