Alim Latrèche, député Ensemble pour la République de l'Isère | La politique et moi
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- 0:01OuverteRéponse directe
combats à fleur et mouchetés, il connaît, mais davantage sur les pistes d'escrime que dans l'hémicycle suppléant d'une députée qui est devenue ministre.
- 0:09OuverteRéponse directe
Mon invité a dû tout laisser tomber pour siéger à l'Assemblée au sein du groupe Ensemble pour la République.
- 0:40OuverteRéponse directe
On va regarder un combat d'escrime à Londres, un combat aux fleurés en 2012.
- 1:24OuverteRéponse directe
Ça vous fait quoi de revoir ces images ?
- 1:40OuverteRéponse directe
Vous avez en tout quatre médailles paralympiques, dont une en or, deux titres de champion du monde, un titre de champion d'Europe.
- 2:10OuverteRéponse directe
Cette aventure sportive, elle trouve ses racines dans un drame que vous avez vécu à l'âge de 18 ans, je crois.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:40PrésentateurChiffre
« Vous avez en tout quatre médailles paralympiques, dont une en or, deux titres de champion du monde, un titre de champion d'Europe. »
- 2:14PrésentateurFait
« Une chute quand vous étiez chez vous. Vous avez perdu l'usage de vos jambes. »
- 2:57InvitéFait
« J'ai eu mon accident en décembre 97. »
- 3:31PrésentateurFait
« Avant votre accident, vous vous destiniez, j'ai découvert ça, à devenir cuisinier. »
- 3:35PrésentateurFait
« vous avez fait une école de commerce, vous avez enchaîné avec une carrière brillante dans un grand groupe français, Schneider Electric. »
- 6:13PrésentateurFait
« Camille Galliard-Migné est nommée ministre. »
- 8:12PrésentateurFait
« Vous êtes le deuxième député en fauteuil roulant, assiégé à l'Assemblée. »
- 9:00InvitéFait
« c'est plus qu'un espoir, parce qu'actuellement, l'Assemblée est en train de mettre en place un emplacement dédié pour moi, mais pour, de façon générale, les personnes en situation... »
- 12:10InvitéFait
« Il y a une salle d'armes. Il y a un mètre d'armes. »
Temps de parole
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- Présentateur37 %
- ?5 %
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Les
combats à fleur et mouchetés, il connaît, mais davantage sur les pistes d'escrime que dans l'hémicycle suppléant d'une députée qui est devenue ministre. Mon invité a dû tout laisser tomber pour siéger à l'Assemblée au sein du groupe Ensemble pour la République. Bonjour Alim Latrèche. Bonjour. Alors quand je reçois des députés en général, je commence souvent par diffuser de leurs interventions dans l'hémicycle. Avec vous,
on
va faire un peu différemment. On va regarder un combat d'escrime à Londres, un combat aux fleurés en 2012.
Je
ne cache pas, j'espérais plus, mais j'ai fait une super demi-finale contre le Chinois. Il a été plus fort que moi,
mais
ça se présentera autrement une autre fois. Et là, je remporte cette médaille de bronze, du coup, je
suis
super content.
C
'était donc une médaille de bronze aux Jeux Paralympiques de Londres en 2012. Ça vous fait quoi de revoir ces images ?
C
'est beaucoup d'émotions. Notamment ces Jeux de Londres qui ont été très intenses pour moi. Je me revois complètement dedans. J'ai vraiment ces images de
la compétition. Il y
a
un palmarès qui ne se résume pas à cette médaille. Vous avez en tout quatre médailles paralympiques, dont une en or, deux titres de champion du monde, un titre de champion d'Europe. Tout cela en escrime dans un fauteuil roulant. J'imagine que ces médailles, c'est le fruit de beaucoup de sacrifices pour vous, d'entraînements
longs sur
la durée ? Oui. C'est le quotidien du sportif de haut niveau. Beaucoup d'entraînement, beaucoup de préparation. Et si on veut atteindre le haut niveau, c'est nécessaire. Cette aventure sportive,
elle trouve ses racines dans un drame que vous avez vécu à l'âge de 18 ans, je crois. Une chute quand vous étiez chez vous. Vous avez perdu l'usage de vos jambes.
Et
alors là, c'est un kiné qui vous a dit, mais Alim,
il
faut vous mettre au sport. Il y a des sports, vous pouvez faire du sport. Et c'est ça qui vous a aidé à remonter la pente ?
Voilà, entre autres. Alors moi,
j
'étais du coup suite à cet accident hospitalisé. Ensuite, je suis allé dans un centre de rééducation. Où, en fait, moi, ma volonté principale, c'était de pouvoir remarcher. Et en fait, j'ai appris que je n'allais pas pouvoir remarcher. Et dans ce centre de rééducation,
on
m'expliquait que ce n
'est
pas parce qu'on est en fauteuil roulant, ce n
'est
pas parce qu'on ne peut plus marcher, que la vie est finie. Il y a beaucoup de choses à faire. Et alors, j'ai eu, entre guillemets, cette chance. J'ai eu mon accident en décembre 97. Et début d'année 98, avaient lieu les Jeux de Nagano.
Et
à ces Jeux, j'ai pu découvrir le handisport. Et ma volonté, par rapport à ces kinés, ce personnel soignant qui m'a bien accompagné, ma volonté, c'était de m'essayer au sport et notamment au ski. Ah, au ski. D'accord.
Et vous avez pratiqué
beaucoup de sports différents. Le ski, le basket, je crois, aussi. Le basket, c'est ça aussi. Et les scrims, donc.
Les scrims.
Et d'autres. Alors, avant votre accident, vous vous destiniez, j'ai découvert ça, à devenir cuisinier. Et alors, après, vous avez repris vos études, vous avez fait une école de commerce, vous avez enchaîné avec une carrière brillante dans un grand groupe français, Schneider Electric. Et aujourd'hui, vous êtes député. Ça vous inspire quoi
? En
fait, c'est un parcours qui n'est peut-être pas original. Un petit peu quand même. Il peut ne pas l'être parce qu'en fait, on va dire, pour moi, c'est un parcours de vie où, certaines fois, on est confronté à des situations bloquantes. Moi, toutes ces situations bloquantes, je ne me suis pas arrêté là, je ne
suis
pas revenu en arrière. J'ai souvent... Alors, ce que j'aime dire, c'est contourner et trouver d'autres chemins. D'autres voies. D'autres voies, exactement, pour avancer. Donc, ce n
'est
pas original dans le sens où on avance, en fait, même si on ne prend pas un chemin, une direction qui est très droite, on continue d
'avancer.
Et alors, pendant toutes ces années, celle de sport de haut niveau, celle de cadre en entreprise, quelle place avait la politique dans votre vie
? La
politique,
dans ce cadre-là, elle s'est construite. En faisant des médailles au jeu, j'ai eu l'honneur de pouvoir être accueilli à l'Élysée, être accueilli par les présidents de ces différentes époques. Et, on va dire, d'un côté, c'est ma première roue dans la politique. Sans pour autant être vraiment de la politique, mais ça faisait partie de la politique. Et après, en prenant la présidence du club des scrims, voilà, j'étais dans une politique qui était locale, une politique qui était associative, et une politique qui était liée nationalement au sport, aux thématiques du sport. Est-ce que
vous avez développé le sport, notamment pour des personnes qui pouvaient être confrontées à des maladies ? C'est ça ? Et dans ce cadre-là, vous avez travaillé avec des associations, et c'est ce qui vous a amené aussi à rencontrer
celle dont
vous êtes devenue le suppléant, Camille Galliard-Migné. C'est comme ça que ça s'est fait ? Pas vraiment. En fait, en travaillant chez
Schneider, une fois que je suis rentré dans l'entreprise, en 2006, dans la même équipe, le même service que moi, il y avait une personne, Vincent Minier, qui était aussi sportif, et on a bien sympathisé, bien échangé. Et il s'avère que cette personne est le compagnon, le mari de Camille Galliard-Migné. Et pour des événements, justement, sportifs liés au handicap, au milieu associatif, elle m'a sollicité.
Et de fil en aiguille, elle a fini par vous proposer
d
'être son suppléant lors d'une législative partielle au mois de janvier 2025. Elle a été élue, vous avez été élue suppléant,
vous avez repris
votre vie normale, et puis alors là, un an plus tard, 26 février, Camille Galliard-Migné est nommée ministre.
Et
là, vous devenez députée ? Vous étiez préparée à ça
?
Alors, je n'étais pas du tout préparé, sachant que Camille était plutôt récente, on va dire, dans la politique. Et en fait, l'idée qu'on avait construite ensemble, c'est de se dire, moi j'apprends en tant que suppléant, et elle, elle se développe en tant que députée.
Sauf que c'est des choses qui sont allées très
vite, quand même.
En un an, elle rentre
au gouvernement,
ministre en charge des personnes en situation de handicap, de l'autonomie et des personnes handicapées. Et en fait, elle n'avait pas prévu ça. Et vous non plus, j'imagine.
Et moi non plus. Pour vous, la politique, c'est ça ? C'est un défi en plus, dans votre vie, à relever ? Comment vous vivez les choses ? On peut
l'appeler défi. Au début, c'était la curiosité pour en savoir plus, parce que,
alors
je ne menais pas de combat, dans le sens proprement dit, du combat, ou même dans le sens de l'escrime. Mais je voulais apporter quelque chose et apporter mon engagement que je fais au quotidien, dans le sport ou même dans la vie associative.
Et alors, après quelques semaines passées à l'Assemblée, vous avez expliqué dans une interview de l'extérieur, on a l'impression que tout est lent à l'Assemblée, mais vu de l'intérieur, il y a énormément de choses à faire. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous n'attendiez pas à ce rythme de travail
? Je
ne
m
'attendais pas à ce rythme au niveau de tous les textes. Je me disais qu'on suivait un texte, ça prenait du temps,
il
y avait des discussions. Les gens, de façon générale, les députés, les politiques, prenaient énormément de temps. Et en fait, je m'aperçois, en arrivant, qu'il y a énormément de sujets, de textes, tout est préparé et les personnes sont multi
-sujets. Et en plus, vous, vous arrivez,
vous
devez monter dans un train en marche, parce que tout le monde, tous les députés sont lancés depuis quelque temps, ils connaissent la maison, le fonctionnement.
Et
vous, vous arrivez là-dedans. Exactement, un défi comme un autre.
Vous
êtes le deuxième député en fauteuil roulant, assiégé à l'Assemblée. Sébastien Peytavi vous a précédé de quelques années. Vous avez échangé avec lui à votre arrivée, il vous a un peu accompagné, comment ça s'est passé ? En fait, j'ai échangé
avec lui même avant mon arrivée. Parce qu'il m'a accompagné, justement, il était en contact avec Camille, justement, qui l'a prévenu de mon arrivée. et il s'est offert de m'expliquer comment ça fonctionnait.
On
le voit là sur la photo. On le voit sur les photos. Et je le remercie déjà de ce qu'il a pu faire pour moi, et m'expliquer. Et il est disponible
pour moi. Donc, actuellement, vous siégez tout en bas de l'hémicycle,
on
le voit sur ces images, à côté de Sébastien Peytavi, sur un espace qui a été aménagé pour vous. Est-ce que vous avez espoir de pouvoir siéger un jour avec votre groupe, qui est situé plus en hauteur, on va dire, dans les gradins
?
Alors, c'est plus qu'un espoir, parce qu'actuellement, l'Assemblée est en train de mettre en place un emplacement dédié pour
moi,
mais pour, de façon générale, les personnes en situation... Donc,
ça
va se faire. ...de fauteuil roulant. Est-ce que vous attendiez,
en
arrivant ici au Palais Bourbon, à ce que le bâtiment ne soit pas tout à fait aux normes PMR, comme on dit, pour les personnes à mobilité réduite
?
Je ne suis pas surpris. C'est
un bâtiment qui fait partie du patrimoine. Et de façon générale, en France, les bâtiments qui font partie du patrimoine, on a toujours cette difficulté d'aménagement.
Mais c'est quand même un bâtiment public,
c'est la maison du peuple. Exactement.
Ça ne vous a pas surpris ? Je n
'ai
pas été surpris, parce que, de façon générale,
je
ne
vais
pas dire que
c'est
le quotidien, mais ça arrive.
Donc, je n
'ai
pas eu cette surprise. Vous avez expliqué, en arrivant, que vous ne vouliez pas être cantonné aux sujets qui sont liés au sport ou au handicap. Pourquoi ? Vous aviez peur d'être réduit à cela ?
Non, c'est exactement l'inverse.
C
'est pour montrer plus large. Parce qu'en fait, on a souvent tendance à juste centrer ou identifier juste la partie handicap ou juste la partie sport. Mais en fait, ça va bien au-delà de ça. Et c'est pour ça que j'ai choisi la Commission des Affaires Sociales, parce qu'elle englobe énormément de sujets. Et dans le sujet de la Commission des Affaires Sociales, on peut aborder les sujets du sport et le sport... Mais vous ne vous en privez pas, quand même, parce que vous avez une vraie légitimité sur
ces deux sujets. Bien
sûr, bien sûr. Mais du coup, je les associe à d'autres thématiques. Par exemple, quand on parle d'handicap, on parle d'éducation, on parle de travail, on parle d'associatif. C'est assez large. Et pour le sport, c'est exactement
la même chose. En devenant député, vous avez donc mis en pause tout le reste de votre vie et de votre vie professionnelle, notamment. Le jour où Camille Galliard-Minié quittera le gouvernement, elle redeviendra députée. Et vous, vous devrez abandonner ce mandat. Est-ce que ce n
'est
pas compliqué de se projeter dans le mandat de député quand on sait que, du jour au lendemain, tout peut s'arrêter
? Alors,
je m'y suis préparé également. Je ne dirais pas que je suis prêt à 100%. Mais avant même d'avoir pris mes fonctions de député, quand j'ai appris que Camille était ministre, du coup, j'ai essayé d'imaginer ce parcours, sachant qu'il allait être relativement court, relativement dense. Donc, imaginez ce parcours en politique et le après.
Et l'après, dans l'après, la politique, elle restera dans votre vie ou vous le vivez comme une simple parenthèse, aussi passionnante qu'elle soit, une parenthèse ? Alors, aujourd'hui, je
le vis comme une opportunité d'apprendre, de pouvoir apporter ce que j'ai apporté, de pouvoir apporter mon expérience. Je le vis vraiment comme une opportunité et je vais construire sur cette opportunité. Demain, je ne saurais pas vous dire, mais en tout cas, aujourd'hui, je veux vraiment profiter de chaque instant pour pouvoir
partager ce que j'ai à partager. On va passer à notre quiz de fin d'émission, le quiz de la politique et moi. Vous allez donc devoir compléter des phrases que je vais vous proposer. En escrime comme en politique,
on joue
sur différents sujets. On registre aussi.
On
registre, exactement. Et il y a une certaine stratégie. En escrime comme en politique.
La
salle d'armes de l'Assemblée. Ah, c'est dommage. Car il y en a une. Il y a une salle d'armes. Il y a un mètre d'armes. J'aurais aimé partager cette salle d'armes avec mes collègues députés et leur présenter ô combien ce sport est magnifique. Et vous ne pouvez pas ?
Aujourd'hui, je ne peux pas.
Je ne peux pas. Il n'y a pas d'accès, justement, à cette salle de sport. Elle
est dans un sous-sol de l'Assemblée et il n'y a pas d'ascenseur. Il
y a des escaliers pour y accéder.
Elle
n
'est
pas accessible à une personne en fauteuil roulant. Ce qui me manque le plus depuis que je suis député
? Plus
de temps pour le sport. Ah oui ? C'est ce qui me manque. Je pratique beaucoup de sport, divers et variés. Et aujourd'hui, ce qui me manque vraiment, c'est plus de temps pour le sport et
quand
même, deuxième chose, plus de temps aussi pour ma famille et mes amis. Ah oui, ça,
tous les députés le disent. Ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup Alim Latrej, d'être venu dans La politique et moi. Merci bien.
Merci à tous. Merci à tous. Merci à tous. Merci à tous. Merci à tous.
Alim Latrèche