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InterviewRadio France (sur Site radio)· 27 août 2026 6 minComplaisantActualité / polémiqueAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

"La première des souvenerainetés, c'est l'alimentaire" : Franck Leroy réclame des mesures d'urgence pour l'agriculture

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:27OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous attendez clairement de la part du gouvernement en place ?

  • 1:09OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous attendez d'elle ?

  • 2:06OuverteRéponse directe

    Est-ce que certaines exploitations chez nous en Alsace pourraient ne pas s'en relever selon vous ?

  • 2:56OuverteRéponse partielle

    Il faut changer de modèle, clairement, sortir de certaines cultures ultra consommatrices en eau en Alsace, Franck Leroy ?

  • 4:03OuverteRéponse directe

    Comment est-ce que vous luttez, vous, à notre échelle locale, en tant que président de région, contre le réchauffement climatique ?

  • 4:50OuverteRéponse directe

    Vous pensez que cette question climatique est assez présente dans le débat national, notamment en état 8 mois de l'élection présidentielle ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:34Invité politiqueFait
    « on a subi l'un des étés les plus durs de l'histoire, en tout cas de l'histoire contemporaine, avec une succession de canicules, de sécheresses, d'incendies de forêt, de pénurie d'eau »
  • 1:12Invité politiqueFait
    « On attend à la fois d'abord un appel à la bienveillance généralisée. Vous savez qu'il y a beaucoup de réglementations et trop de réglementations d'agriculture donc il faut peut-être assouplir tout ça. »
  • 1:25Invité politiqueFait
    « la disparition de certaines cultures, l'effondrement de certains rendements va générer chez les agriculteurs des difficultés économiques »
  • 1:33Invité politiqueFait
    « Il n'y a pas de souveraineté s'il n'y a pas de souveraineté alimentaire. La première des souverainetés, c'est la souveraineté alimentaire. »
  • 2:24PrésentateurChiffre
    « Avec des baisses de production effectivement de 35%, voire de 50% dans certains secteurs. »
  • 2:29Invité politiqueFait
    « Oui, que ce soit les couets, les fruits rouges, le vin, le chou à choucroute, la pomme de terre, les fourrages, le maïs, tout s'est effondré. »
  • 4:16Invité politiqueFait
    « On a un SRADET, un schéma régional d'aménagement, qui a été critiqué en 2018 et 2019 parce qu'il anticipait sur ce changement climatique. »
  • 4:31Invité politiqueFait
    « Regardez que cet été, deux centrales nucléaires étaient au ralenti dans notre région. »
  • 4:46PrésentateurChiffre
    « Dix fois plus de vagues de chaleur d'ici 2100, c'est ce que nous dit Météo France. »
  • 4:56Invité politiqueFait
    « Je pense qu'il y aura un avant et un après été 2026. »

Temps de parole

  • Invité politique75 %
  • Présentateur25 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

8h moins le quart, votre radio de proximité ici à Alsace avec Sébastien, une grande réunion aujourd'hui au ministère de l'Agriculture. La ministre Annie Gennevard reçoit les préfets de toute la France en visioconférence pour faire un état des lieux des pertes après un été catastrophe pour nos agriculteurs. La sécheresse est intense et les pertes très importantes en Alsace. Bonjour Franck Leroy, président de la région Grand Est, vous demandez la mise en place de mesures d'urgence pour les agriculteurs au niveau européen mais il y a aussi des leviers à actionner au niveau national. Qu'est-ce que vous attendez clairement de la part du gouvernement en place ?

0:34
Invité politique

Je crois qu'à tous les niveaux il faut agir, niveau européen, niveau national, niveau régional, tout simplement parce qu'on a subi l'un des étés les plus durs de l'histoire, en tout cas de l'histoire contemporaine, avec une succession de canicules, de sécheresses, d'incendies de forêt, de pénurie d'eau et jamais nos territoires n'ont été à ce point touchés. Nos territoires dépassent d'ailleurs les frontières. Puisque l'agriculture européenne a été lourdement frappée et je pense que dans un contexte comme celui-ci, on a besoin évidemment de mesures d'urgence et on attend de connaître les mesures qu'Annie Gennevard va proposer au niveau national. Je crois que c'est prévu pour le 3 septembre.

Dans une semaine tout pile, qu'est-ce que vous attendez d'elle ? On attend à la fois d'abord un appel à la bienveillance généralisée. Vous savez qu'il y a beaucoup de réglementations et trop de réglementations d'agriculture donc il faut peut-être assouplir tout ça. Je pense qu'on a besoin de dispositifs et de fonds exceptionnels de soutien parce que la disparition de certaines cultures, l'effondrement de certains rendements va générer chez les agriculteurs des difficultés économiques et on a besoin évidemment de conserver des agriculteurs dans notre pays. Il n'y a pas de souveraineté. C'est un concept qu'on évoque aujourd'hui beaucoup dans tous les domaines.

On parle de souveraineté militaire, etc. Il n'y a pas de souveraineté s'il n'y a pas de souveraineté alimentaire. La première des souverainetés, c'est la souveraineté alimentaire. Donc on a besoin évidemment, quand on voit les rendements s'effondrer et donc les revenus s'effondrer, de fonds de soutien à l'agriculture, de fonds de modernisation de l'agriculture et de fonds d'adaptation de l'agriculture. Parce que malheureusement, l'été qu'on a connu...

2:00
Présentateur

On est en danger, clairement. L'Institut national de l'origine de la qualité, INAO, qualifie la sécheresse actuelle d'historique. Est-ce que certaines exploitations chez nous en Alsace pourraient ne pas s'en relever selon vous ?

2:11
Invité politique

Évidemment. Évidemment. Parce que quand vous ne produisez pas et que vous avez investi pour une année de production, évidemment, votre revenu s'effondre. Certains ont les reins solides et sont capables de passer une année difficile. Mais beaucoup n'ont pas ces reins solides.

2:24
Présentateur

Avec des baisses de production effectivement de 35%, voire de 50% dans certains secteurs.

2:29
Invité politique

Oui, que ce soit les couets, les fruits rouges, le vin, le chou à choucroute, la pomme de terre, les fourrages, le maïs, tout s'est effondré. Tout simplement parce que les conditions climatiques ne permettaient pas des rendements tels qu'on les attendait. Évidemment, les revenus se sont effondrés de la même manière. Et encore une fois, il y a des agriculteurs capables de rester au-dessus de la ligne de flottaison. Et d'autres qui sont déjà en difficulté, qu'il faut absolument aider. Parce que si on perd notre potentiel de production, on ne s'en remettra pas.

2:56
Présentateur

Il faut changer de modèle, clairement, sortir de certaines cultures ultra consommatrices en eau en Alsace, Franck Leroy ?

3:02
Invité politique

Alors je pense que l'Alsace a la chance d'avoir une nappe phréatique exceptionnelle, la plus grande d'Europe. Non, ça ne fait pas tout. Mais je sais que le monde agricole, il travaille. Quand on parle de transition, ce sont des changements qui interviennent sur une durée longue. On ne peut pas demander aux agriculteurs de faire un virage à 180 degrés du jour au lendemain. Donc l'idée, c'est de continuer à travailler avec les chambres d'agriculture comme on le fait. Et on remonte chaque année des informations sur l'évolution des rendements dans un certain nombre de domaines. Et croyez-moi, les changements sont déjà en œuvre.

Qui plus est, rappelons qu'on a quand même de toutes les agricultures européennes la plus vertueuse en France. Donc ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas encore des efforts à faire. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas adapter encore l'agriculture parce que les sols sont épuisés parfois, parce que certains territoires sont plus vulnérables que d'autres. Mais en tout cas, il faut un, des mesures de simplification, deux, des mesures de soutien d'urgence. Et bien entendu, je souscris à l'idée qu'il faut une grande réflexion pour amorcer un certain nombre de changements lorsqu'ils ne sont pas déjà engagés.

4:03
Présentateur

Plus largement, Franck Leroy, comment est-ce que vous luttez, vous, à notre échelle locale, en tant que président de région, contre le réchauffement climatique ?

4:12
Invité politique

Alors on a, vous le savez, un grand plan d'adaptation au changement climatique. On a un SRADET, un schéma régional d'aménagement, qui a été critiqué en 2018 et 2019 parce qu'il anticipait sur ce changement climatique. Mais dans le domaine des transports, dans le domaine de l'énergie, dans le domaine de l'urbanisme durable, dans le domaine de l'agriculture, dans tous les domaines où on est impacté. Regardez que cet été, deux centrales nucléaires étaient au ralenti dans notre région. Regardez celles de Gravelines qui étaient envahies par les méduses. Enfin, c'est des choses qu'on n'avait pas forcément anticipées.

Ça veut dire que le changement climatique, il touche absolument tous les domaines de notre société.

4:45
Présentateur

Et ce sera de pire en pire. Dix fois plus de vagues de chaleur d'ici 2100, c'est ce que nous dit Météo France. Vous pensez que cette question climatique est assez présente dans le débat national, notamment en état 8 mois de l'élection présidentielle ?

4:56
Invité politique

Écoutez, je pense qu'il y aura un avant et un après été 2026. Je pense que ceux qui, au niveau de la sphère nationale, pensaient que le GIEC exagérait et autres, vont corriger leur point de vue parce que ça va devenir le point essentiel de notre vie, de notre existence. Les entreprises sont pénalisées, les agriculteurs sont pénalisés, les transports sont au ralenti parfois. Imaginez ce qu'a été la vie de certaines personnes dans des appartements non traversants, situés plein sud ou plein ouest, où les enfants ne dorment pas parce qu'il fait trop chaud, où il n'y a pas de climatisation parce qu'on ne peut pas en avoir partout.

Voilà, toute la société a été touchée par cet été et je pense qu'effectivement, il faut des plans d'urgence secteur par secteur. Nous avons entrepris cette réflexion à l'échelle de la région, mais évidemment, si le niveau national et si le niveau européen ne s'engagent pas sur le sujet, je ne vais pas dire que ça ne sert à rien, mais tout le monde doit prendre conscience des difficultés qui nous attendent.

5:51
Présentateur

Merci beaucoup, Monsieur le Président de la région Grand Est, Franck Leroy, invité ici à l'Est ce matin. Merci à vous, Monsieur. Il est 7h52 chaque matin, un invité pour échanger sur l'actualité, invité que vous retrouvez sur notre site et notre appli ici.fr.