Présence du RN à la marche contre l'antisémitisme et crise au sein de la Nupes... le "8h30 franceinfo" d'Alexis Corbière
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Bonjour Alexis Corbière, nouvelle hausse légère du chômage, 7,4% en dernier trimestre selon l'INSEE et cette explication de Bruno Le Maire, le ministre de l'économie, notre modèle social tel qu'il existe aujourd'hui ne nous permettra pas d'arriver à 5% de chômage. Il a raison, le plein emploi c'est impossible avec notre modèle social.
D'entrée, ouvrez les oreilles les gens, quand quelqu'un vous dit le modèle social ne nous permettra pas, ce dont il parle, derrière ces phrases creuses, ou du moins ces éléments de langage, c'est en gros ils considèrent que le droit du travail n'empêche pas d'embaucher, donc ils vont baisser encore plus les différents droits du travail sans prendre le code du travail, comme ils l'ont fait d'ailleurs, ça fait le lien avec la baisse de l'assurance chômage, je rappelle que ce gouvernement a fait baisser les droits des chômeurs en considérant quoi, quel était le raisonnement qu'il faut motiver vous savez madame.
C'est ça qu'il dit, parce que s'il y a du chômage, parce que les gens sont un peu feignants, ils se mettent dans le confort des droits évidemment des chômeurs dans lesquels ils se votent et il faut les secouer un petit peu.
Il dit qu'il faut une réelle différence entre les revenus du travail et les revenus de la redistribution justement.
D'accord, en entretenant le mythe en quelque sorte qu'on gagne autant en restant à la maison qu'en travaillant ce qui est faux. Par ailleurs il faut augmenter les salaires, il faut augmenter les salaires, il faut que le travail paie tout simplement, c'est à dire que quand on bosse on puisse vivre dignement et aujourd'hui on est dans une situation où le salaire minimum, notamment des villes là où on est à Paris, le studio est à Paris, et franchement en Paris région parisienne vivre avec le salaire minimum c'est extrêmement difficile d'avoir un logement, quasi impossible de faire une famille, etc. Donc il faut que les salaires augmentent, vieux débat, c'est le sujet.
Le partage des richesses, organisez-moi, j'ai été porteur d'une proposition de loi qui était pour l'augmentation du SMIC par exemple. Je rappelle au passage pour ceux qui sont sensibles à ce mouvement que le Rassemblement National s'y est opposé, il ne faut pas augmenter le SMIC, me dit le Rassemblement National. Parce qu'on vous dit justement que ce n'est pas bon pour l'emploi, enfin en tout cas les détracteurs opposés.
Les entreprises vont moins recruter.
Ce n'est pas qu'on le dit, c'est qu'on le répète depuis des années, toujours les mêmes arguments, il ne faut pas augmenter les salaires, c'est mauvais pour l'emploi. Alors que lorsque ça a été fait, ça n'a pas du tout créé une situation de détérioration de l'emploi. De toute manière, on voit bien aujourd'hui, quelle que soit l'opinion qu'on a dans l'échiquier politique, il y a concentration de richesses dans certains endroits, l'inégalité se creuse et que la puissance publique doit organiser le fait qu'il y ait une meilleure répartition de richesses et notamment à travers l'emploi.
Bref, effectivement aujourd'hui, vous voyez, contrairement à ce qui était un des seuls arguments qui restait Emmanuel Macron que le chômage baissait, ça repart. Il y a même des analyses de la Banque de France qui montrent qu'on risque d'approcher les 8%, 7,9% de chômage. Et toutes les politiques blessantes, mais concrètement pour ceux qui n'avaient pas d'emploi en disant qu'il fallait les motiver, qui ont déjà été faites depuis plusieurs années, n'ont pas produit d'effet. Alors on peut culpabiliser les chômeurs, je préfère que plutôt de combattre les chômeurs, qu'on combatte le chômage et qu'on organise vraiment des situations où il y ait plus d'emploi, des relocalisations, etc.
Il parle aussi de plus de formation et de mobilité avec des logements. Un mot peut-être sur cette mesure très concrète, la pérennisation des tickets restaurants pour faire ses courses. Bruno Le Maire envisage sa pérennisation.
Pourquoi pas ? Mais ça, je veux dire, c'est une situation qui montre aussi, en vérité, qui est le symptôme d'un problème social. C'est-à-dire que les gens utilisent les tickets restaurants pour pouvoir faire les courses. Bon, je veux dire, il ne faut pas s'en féliciter, en vérité, de cette situation. Je répète, il faut augmenter les salaires. Après que des gens soient réduits à utiliser un ticket resto qui leur permet, en vérité, de pouvoir manger... La solution la plus simple, ce que vous dites, ce serait d'augmenter les salaires. Ben, ce n'est pas la solution la plus simple. Commençons par là. Que le travail paie.
Beaucoup de gens ont le sentiment, enfin c'est plus que le sentiment, que même en ayant un emploi stable, je ne parle même pas de la précarité qui s'est installée, les contrats courts, la généralisation, qui est aussi une dégradation du travail lui-même, de travail précaire, même ceux qui ont un emploi qui est sous forme de contrat à durée indéterminée, etc. Même ça ne permet pas de vivre dignement, c'est-à-dire de payer un loyer, de pouvoir... Bon, c'est ça qui est un problème de fond.
Alexis Corbière, le théâtre de guerre au Proche-Orient s'est concentré ces dernières heures autour de l'hôpital Al-Shifa, le plus grand de la bande de Gaza. L'armée israélienne y est entrée parce qu'elle pense qu'il s'agit aussi d'une base stratégique du Hamas. Environ 2300 personnes, selon l'ONU, des patients, des soignants et des déplacés de guerre se trouvaient à l'intérieur, qu'on en vienne à combattre dans un hôpital. Qu'est-ce que ça vous inspire ?
Que c'est interdit. D'ores et déjà, il y a une indignation générale, y compris, j'ai entendu, les Etats-Unis qui ont dit à Israël de ne pas faire ça. Mais le sujet que vous évoquez, il faut le cesser le feu. Nous ne cessons de le réclamer. Rien ne sortira, dans ce dossier, si je puis dire, du conflit israélo-palestinien, de la réponse extrêmement puissante que fait Israël à l'horreur du 7 octobre.
Mais vous entendez aussi les pays alliés et aussi Israël qui disent un cessez-le-feu. Non, parce qu'en face, on a des terroristes, le Hamas. Un cessez-le-feu, c'est entre deux armées, entre deux Etats. Sauf qu'en face, ce sont des terroristes.
Mais les victimes actuellement ne sont pas les 10, 12 000 personnes qui sont mortes à Gaza ne sont pas des terroristes. Nous parlons de ça. Qu'est-ce qu'il sortira de ce cycle de violence ? Faire basculer encore plus la région dans une trappe sanglante qui fabriqua du fanatisme. Qu'est-ce que c'est que le Hamas ? Une organisation terroriste, islamiste. D'où vient-elle ? Elle vient aussi de la dégradation de toute série d'organisations pro-palestiniennes qui, par exemple, ont été exécutées, y compris par le Hamas. On pourrait parler sur l'histoire du Hamas.
Aidé par certains secteurs israéliens, justement, qui ne voulaient pas qu'il y ait le FPLP et le FATA, des organisations qui n'étaient pas islamistes. Bon, et ce fanatisme, cette montée du fanatisme. Je n'ai pas vu les images d'autre soir, mais j'avais lu l'article de Libération. La violence de la manière dont, le 7 octobre, 1200 personnes ont perdu la vie.
Les images qui ont été projetées à l'Assemblée. Pardon ? Les images.
Oui, le film qui a été projeté dans la petite salle de cinéma de l'Assemblée. Ce que je veux dire, c'est qu'attention, ayons un peu de mémoire longue, y compris en regardant le passé, et le futur. C'est-à-dire que, moi, ce que je dis au gouvernement israélien, qui était un gouvernement très particulier, M. Netanyahou, j'ai même vu que l'opposition devant la démission de M. Netanyahou, c'est un gouvernement très particulier.
C'est quoi un gouvernement très particulier ?
Allé à l'extrême droite, à tel point que même dernièrement, alors il a été suspendu, un des ministres qui participait au gouvernement de M. Netanyahou a considéré que la bombe atomique était une option. Vous voyez le niveau auquel on en est arrivé.
Quand le président turc, par exemple, dit hier qu'Israël est un état terroriste, vous n'allez pas jusque-là, vous ? J'ai pas entendu quoi ? Le président turc dit qu'il s'est montré très virulent hier envers Israël, il le qualifie d'état terroriste. Vous, vous n'allez pas jusque-là ?
Surtout, ce que je dis, c'est que la politique actuelle qui est menée par Benjamin Netanyahou fait basculer la région dans encore plus de lances et ne règlera rien. Il faut la libération des otages, c'est une évidence, mais en bombardant des populations civiles, en commettant des crimes de guerre, sans aucun doute, on verra comment le droit international et la CPI nous permettent de préciser les choses, mais objectivement, quand on nous dit que les principales victimes des bombardements de l'armée israélienne sont des enfants, qu'est-ce qui va sortir de bon de tout ça ? Si c'est des générations futures encore plus potentiellement fanatisées, on doit arrêter.
Emmanuel Macron l'a dit, il a tenu ce discours-là.
Bravo, pour le coup, je le salue dans le sens où nous le réclamons, nous manifestons tous les samedis. Je manifesterai samedi prochain encore pour dire cessez le feu, respect du droit international, libération des otages, et je me félicite que le président de la République dise cessez le feu, parce que la voie de la France, elle devrait porter. J'avoue, là, ce n'est pas l'occasion de cette matinale qu'on pourrait pas s'amuser, mais noter de quelle manière ça a zigzagué parfois l'expression de la France sur le terrain diplomatique. Mais c'est une bonne chose, je forme le vœu surtout qu'au-delà de sa parole, nous soyons entendus, parce qu'il le faut, c'est immédiat, me semble-t-il.
Et après, bien entendu, que le chantier, il est énorme, comment on arrive à recréer les conditions de quelque chose qui garantit la sécurité d'Israël, mais qui garantit aussi le droit des Palestiniens. Je ne suis pas un naïf, ça ne se passera pas en une journée, parce que le cessez-le-feu a lieu le lendemain, un jour lumineux et fraternel, ça met en place. La haine est montée, la société israélienne a été extrêmement blessée et traumatisée par ce qui s'est passé le 7. Et aussi, le peuple palestinien, notamment les habitants de Gaza, sont dans une situation terrible, où j'imagine que le degré aussi de potentielle volonté de vengeance qui peut monter là-dedans.
Donc nous, on doit, nous, comment dirais-je, les pays qui pouvons aider à ce que des solutions politiques soient trouvées, bien entendu à ce que les coupables soient traduits devant les instances internationales, mais à ce que tout de même nous soyons des facteurs de paix. Rien ne sortira de positif dans une région potentiellement explosive. Une région, c'est avec d'autres pays à côté, on le sait bien, que ce soit l'Iran, qui peut faire basculer la région dans un conflit quasiment de dimension mondiale. Donc c'est sérieux ce dont on parle.
Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Brachia. Toujours avec Alexis Corbière, député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis, plus de 1700 actes antisémites ont été comptabilisés en France depuis le début de la guerre au Proche-Orient. Est-ce que vous faites partie de ceux qui remettent en cause les chiffres ? On a pu l'entendre, notamment chez un député de la France Insoumise. Vous ne remettez pas en cause la réalité de ces actes ? Pardon, qui c'est qui remet en cause ? Un député qui était la semaine dernière en Tunisie, qui a semblé remettre en cause la réalité de ces actes. Je ne crois pas qu'il l'ait fait. Il a eu l'occasion de se défendre.
Il a vu d'ailleurs, lui, les images à l'Assemblée nationale. Très bien.
Il y a des actes antisémites, c'est indiscutable. Je crois que nous parlons, évidemment, au lendemain, notamment, de la détérioration de stèles de tombes juives dans l'Oise. Un rabbin, j'ai en mémoire, qui a été agressé encore dernièrement. L'agresseur a été arrêté. Il avait insulté, frappé. Bon, il y a des faits antisémites. Ne soyons pas y compris. À quoi bon, mais goter. Je veux dire, ils sont là. C'est une réalité. Je dirais, c'est assez d'ailleurs symptomatique de quelque chose qu'on voit bien. Attention, il y a une fracture potentielle qui monte dans la société. Actes antisémites. J'ai vu aussi qu'une mosquée a été taguée. À Pessac.
Donc, quel est le message que les républicains, pas le mot républicain répété tous les quatre matins, qui ne veut plus rien dire, mais ceux qui disent que nous devons faire république, avec des citoyens égaux en droit, nous devons travailler au rassemblement, à la fraternité, au fait que, quelles que soient vos convictions spirituelles, nous sommes des citoyens égaux. Nous ne devons pas nous regarder avec des lunettes qui font que Mme Raclia, de quelle religion êtes-vous, monsieur ? Donc, à partir de là, tout acte antisémique, tout acte raciste, notamment contre les musulmans, parce que, bon, doit être combattu et dénoncé.
Et je suis de ceux qui iront à toutes les manifestations qui diront ça. Mais pas pour opposer des haines aux autres. Pas pour dire, il y a... Parce que ça, ça nous amène dans quelque chose qui est...
La concurrence victimaire, vous voulez pas de ça ?
Voilà, qui n'est pas bon.
Mais il y a un procès qui est fait, justement, depuis le 7 octobre, à la France insoumise, parfois, certains à la France insoumise concilieraient plus telle victime que telle autre. Vous êtes dans une position d'équilibre.
On fait à la France insoumise, là vous en évoquez un, 500 procès. Tous les matins, il y a un procès. Le soir, il y en a un autre. Il est de bon temps de nous accabler de tous les vices. Mais je pense que, oui, quand on est insoumis, on dit non à l'antisémitisme. C'est clair. Quand on est insoumis, on dit aussi non à toute parole haineuse, raciste contre les musulmans de ce pays. Parce que cette affaire de nous fracturer entre soi-disant appartenance réelle ou supposée, d'ailleurs, religieuse, est vraiment le pire des poisons. À partir de là, il y a aussi beaucoup de discussions, je ne sais pas si on y vient, sur ce qui s'est passé dernièrement.
C'est aussi, on peut avoir des gens qui ont envie de manifester contre l'antisémitisme, mais qui sont un peu piqués à l'idée que s'ils vont manifester contre l'antisémitisme, ils vont le faire aux côtés de M. Zemmour, aux côtés de Mme Le Pen, qui ne cessent de diffuser un discours raciste contre nos concitoyens de confession musulmane. Avouez que c'est un peu problématique.
Alors on nous dit... Il y en a plein qui vous disent que la cause est beaucoup plus importante que celle à côté de l'équipe.
Quelle est la raison pour laquelle j'ai manifesté ? J'ai manifesté pour ma part, je suis allé à Strasbourg, où il y avait un appel clair qui disait que les gens qui diffusent les messages de haine ne sont pas les bienvenus. Ça m'allait. Mais je comprends aussi que des gens se posent des questions.
Ce n'est pas une question qui est potentiellement de suspicion, d'indifférence à l'antisémitisme, que de dire, ah bon, manifester contre l'antisémitisme avec Zemmour, qui explique que le maréchal Pétain a sauvé les Juifs, manifester contre l'antisémitisme avec Mme Le Pen, qui a été porte-parole, directrice de campagne de Jean-Marie Le Pen, qui a été le principal émetteur de discours antisémites dans la société, en expliquant que les chambragas, c'était un détail de l'histoire. Alors on nous dit, elle a changé un peu de discours. Oui, en quelque sorte, pendant des années, elle a vendu du Pepsi, maintenant elle a vendu du Coca. Pendant des années, ils étaient antisémites.
Maintenant, on nous dit, non, non, leur haine n'est que...
En tout cas, en sa bonne foi, comme Nicolas Sarkozy, vous ne croyez pas en sa bonne foi, de dire, ben voilà, elle a renié l'héritage de son parti, de son père aussi. Vous, vous ne croyez pas en sa bonne foi, Marine Le Pen ?
Je suis en train de le dire, c'est-à-dire que, quand même, j'irais sur le terrain de dire, elle n'est plus antisémite, elle fait du racisme antimusulman. C'est quoi le... Alors ça, ça devrait être formidable. Qu'est-ce que c'est que cette histoire qu'il faudrait substituer un racisme contre un autre, et dire, ah bon, avant, vous voyez, là, attention, parce que, premièrement, l'antisémitisme est un racisme. Celui qui est raciste contre les musulmans est, en vérité, potentiellement antisémite. Parce qu'il voit les gens, non pas à travers ce qu'ils sont, à travers des appartenances, soi-disant, des appartenances religieuses, qui, soi-disant, rendent incompatibles avec la nation.
C'est le raisonnement antisémite. C'est le raisonnement antisémite. Donc, et après, regardez la défense de Jordan Bardella, par exemple. Il est coincé par un de vos collègues, il y a encore dix jours, il dit, Jean-Marie Le Pen, c'est-à-dire le père Le Pen qui a été le champion, le médaille d'or olympique de l'antisémitisme. Il nous dit, en premier temps, qu'il s'est enfermé dans l'antisémitisme, à tel point qu'en 2015... Non, non, attends. Sa phrase, le retour sur les propos, dit, à tel point qu'en 2015, Marine Le Pen a rompu avec lui. Eh, mais Jordan, c'est pas en 2015 que Jean-Marie Le Pen s'est enfermé dans l'antisémitisme.
Peut-être que t'es un peu plus jeune que moi, mais je te rappelle, ami, si je puis me permettre, ami étant moi, entre guillemets, que Jean-Marie Le Pen, 20 ans a fait de l'antisémitisme. Donc, la simple manière dont il s'abonne un peu pour se justifier, montre que les gars, ils sont pas clairs. Parce que moi, j'étais à l'Assemblée Nationale, et un jour, le hasard de la vie, quand ils ont fêté les 50 ans de la naissance du Front National. Là, les actuelles, d'accord ? Ils avaient invité Bruno Gollnich à la tribune. Je l'ai croisé, il me dit, ah, monsieur Corbière ! Gollnich, dans l'ascenseur. Gollnich qui a été un des grands diffuseurs de paroles antisémiques. Ils l'ont invité.
Donc, c'est du baratin. Et écoutez, je vais parler clairement. Juifs de France qui m'écoutez, ne vous laissez pas abuser par ces gens. Alors, peut-être qu'aujourd'hui, ils viennent vous câliner, soi-disant, en vous disant, allez, nous, on est avec vous pour une bonne détestation contre les musulmans. Mais ce sont des menteurs. Ils ont encore invité les pires antisémites à l'Assemblée Nationale. Les statuts du Front National, fondés en 72, ont été déposés en préfecture par monsieur Pierre Bousquet, qui était un Waffen-SS.
Il y a un argument porté aujourd'hui.
Donc, vous voyez ce que je veux dire.
Oui, Scorbière. Il y a un argument porté aujourd'hui par le Rassemblement National, notamment par Sébastien Chenu, qui est aussi vice-président RN de l'Assemblée Nationale. Il dit ça. Il dit, un jeune juif, il risque plus sa peau dans un environnement islamiste, par exemple, en Seine-Saint-Denis, que dans une manif du Rassemblement National. J'adore cette phrase. Vous êtes député de Seine-Saint-Denis.
Écoutez-moi. Cette phrase, alors, moi, je ne suis pas psy. Donc, ce qu'il nous dit, c'est, un jeune juif, il risque plus que dans une manif du RN. Sous-entendu, il risque dans une manif du RN, mais ils sont pires, nous dit. Déjà, c'est un raisonnement qui, du point de vue psychanalytique, est intéressant. Thierry reconnaît qu'il y a quelques antisémites, mais peut-être qu'il va nous dire, comme ils sont un peu vieux, c'est pas là. Bon, bref. Ensuite, c'est cette manière de désigner un département entier. Le bon truc, c'est les musulmans. La Seine-Saint-Denis. De quoi il parle ? À quel endroit ? Moi, je suis élu de Montreuil et Bagnolet.
J'ai encore interrogé le commissaire, monsieur le préfet. Moi, je n'ai pas d'éléments. Je ne dis pas que l'antisémite n'existe pas en Seine-Saint-Denis. Ça existe. Je veux dire, c'est pas un département idéal. Il y a plein de problèmes. Même, je vais aller jusqu'au bout du raisonnement, je ne dis pas qu'il n'y a pas des gens qui sont un peu, évidemment, pris par une idéologie islamiste qui portent l'antisémitisme. Oui, c'est une réalité. L'antisémitisme, il naît à plusieurs sources. Il naît à plusieurs sources, évidemment. Pas seulement dans l'extrême droite nazie qu'on connaît.
Mais une fois qu'on a dit ça, pour quelle raison chercher à opposer de dire qu'il y aurait des départements entièrement hostiles aux Juifs de France ? Il y a des Juifs qui habitent en Seine-Saint-Denis, qui habitent. Il y a des synagogues. Il y a à Drancy, il y a le mémorial des départements des Juifs de France. Il y a un travail formidable qui est fait dans les écoles. Ça se passe bien. Donc, ce que je veux dire, c'est symptomatique de ce que je disais tout à l'heure par une blague. Elle est peut-être de mauvais goût de dire, pendant des années, j'ai vendu un produit, maintenant, je vous en propose un autre.
Maintenant, leur petite haine, c'est essentiellement concentré contre les musulmans. D'accord ? Et ils veulent faire croire qu'ils ont abandonné la haine antisémite. Je dis bien, ils veulent faire croire. Mais ça participe à la fracturation du pays. Et moi, je crois que nous, on doit être ceux qui rassemblent, qui se faisons en société par des droits égaux, par la laïcité, qui n'est pas uniquement dirigée contre une partie de nos concitoyens, mais qui portent de même manière le regard sur l'ensemble des religions, le droit de croire ou de ne pas croire, etc. Ce n'est pas simple parce qu'à l'heure actuelle, on voit qu'on est dans un monde de tensions.
Mais la banalisation de l'extrême droite à laquelle on assiste aujourd'hui m'inquiète parce que ça crée des conditions d'une possible victoire demain et ce serait terrible pour notre pays.
Alexis Corbière, c'est un texte sur l'immigration beaucoup plus dur que le projet initial qui a été adopté avant-hier au Sénat qui va arriver à l'Assemblée le mois prochain. Tout est à jeter dans le texte adopté par les sénateurs ?
Je ne voterai pas favorablement ce texte. Que ce soit la version dure, endurcie qui sort du débat sénatorial que la version initiale. Premièrement, c'est le 29ème texte qui arrive depuis 30 ans où chaque fois on revient à le sujet sur l'immigration. Il ne sert à rien ce texte ? Non mais toujours avec le même vocabulaire. Cette fois-ci, ce texte va régler le problème de l'immigration et en voulant faire croire quoi ? Là aussi en faisant des détournements de conversation. Alors il y aurait un problème, ce serait l'aide médicale d'État qui c'est 0,04% du budget de la sécurité sociale.
Tous les spécialistes disent que la moindre des choses c'est que même les gens qui sont là en situation irrégulière pour ne pas qu'ils soient porteurs d'épidémies il vaut mieux les soigner. Le fantasme que des gens...
C'est pas l'excitation que des gens...
Non mais c'est dans l'excitation générale de la discussion. Il faut durcir soi-disant, etc. On voit bien qu'on a un problème y compris de tas de gens qui travaillent qu'il faut régulariser. Pas seulement dans les métiers dits en tension d'ailleurs faisons-le mais dans l'ensemble des... Mais si cette mesure revient vous votez ce texte ? Non mais on va avoir je ne vais pas vous raconter d'histoire une discussion avec mes amis comment tactiquement on prend le texte. Moi je suis pour que si on peut y avoir dans le débat général des petites avancées pour démontrer qu'on peut régulariser telle personne on peut peut-être le faire mais globalement je ne vais pas faire de langue de bois.
On est opposé à ce texte parce qu'il ne réglera aucun problème et il vise à faire quelques semaines de discussion et d'excitation parlementaire si je puis dire autour du fait que notre problème c'est celui de l'immigration. Le sujet de l'immigration et des migrations pour ceux qui m'écoutent. Je ne dis pas qu'il n'y a pas un grand sujet qui concerne l'ensemble des pays du monde. Oui effectivement nous sommes en ce début du XXIème siècle dans un moment de dérèglement climatique d'économie entière dans certaines régions du monde qui ont été fichues en l'air parfois par des traités de libre-échange libéraux qui ont mis en place des sociétés.
Nous sommes dans un moment de guerre et il y a des millions de gens aujourd'hui qui sont en train de migrer et nous avons un problème à gérer dans le sens problème humainement pour ces gens comment nous nous créons les conditions que les gens ne quittent pas leur pays puissent vivre dignement. Tout ça c'est un gros sujet. Alors on peut l'aborder uniquement sous l'angle de au secours il y a des gens qui viennent poussés par la misère donc on va mobiliser l'armée des barbelés etc. Vision folle qui n'existe pas. Soit on essaie de voir comment nous organisons certaines choses
et donc il faut en discuter dans ces cas là il y a un projet de loi.
Non mais là c'est pas discuter c'est expliquer qu'en fait il faut être encore plus dur il faut expulser encore plus expulser les mêmes qui n'arrivent pas à expulser aujourd'hui vont dire qui vont encore plus s'expulser et nous explique après qu'il faut retirer des droits minimum pour que ceux qui sont sur notre territoire puissent au moins ne pas faire circuler des maladies auprès d'ensemble de nos concitoyens. Bref à grande giclée remettre une parole xénophobe dans la société vouloir alimenter l'idéologie du rassemblement national on a l'impression que les agents électoraux incessants de Mme Le Pen c'est M.
Darmanin c'est tous ceux qui portent ce genre de texte et c'est la droite sénatoriale qui s'est auto-chauffée pendant quelques jours au Sénat en disant des choses extrêmement terribles.
Alexis Corbière les communistes ont coupé les ponts avec la NUPES le PS lui a suspendu sa participation comme l'écologiste Yannick Jadot ou le communiste Fabien Roussel est-ce que vous pensez que c'est fini la NUPES c'est mort ?
Mais il ne faut pas que ce soit fini moi je suis pour que continue l'idée de l'unité du rassemblement Jean-Marie Le Pen Jean-Luc Mélenchon
vous alliez dire ?
Non allez j'en arrête certains de mes amis arrêtez vous voyez vous allez me mettre encore plus vous allez dire quoi j'allais dire Jean-Luc Mélenchon j'allais dire Jean-Luc Mélenchon vous m'avez non non mais vous me troublez non mais précisément Jean-Luc Mélenchon disait une chose vraie que la NUPES est le plus court chemin pour la victoire en 2027 donc je garde l'idée du nécessaire rassemblement après il y avait une vieille formule dans le mouvement ouvrier qui était l'union est un combat bah il faut ça n'a jamais été simple dans toute l'histoire je ne vais pas c'est plus le temps
il n'y a pas une contradiction entre cette formule l'union est un combat l'union est un combat et la stratégie de conflictualisation sur tous les sujets qui est celle de Jean-Luc Mélenchon alors je vais y venir
vous abordez deux sujets je suis moi Alexis Corbière mais ça fait l'objet d'un débat peut-être au sein de la France Insoumise on verra pour la stratégie de l'union qui est un tournant dans notre histoire qui n'était pas exactement la même stratégie que ce que nous avons fait précédemment avec Jean-Luc Mélenchon donc maintenir la NUPES j'ai bien compris que ce n'est pas simple vous savez c'est comme si on transporte des grenouilles dans une brouette des fois ça veut sauter mais il faut continuer à avancer et il faut avoir des paroles qui permettent le rassemblement ça c'est une chose ensuite il y a la stratégie à l'heure actuelle qui est celle de la France Insoumise dont il n'est pas un secret pour ceux qui aiment ma vie politique que je la questionne et je pense que parfois nous-mêmes nous créons les conditions que ce rassemblement ne soit pas simple mais qu'est-ce qui vous inquiète c'est qu'en fait cette stratégie elle divise jusqu'à
la France Insoumise elle-même
alors au sein de la France Insoumise quand on termine notre émission déjà moi je veux appliquer la consigne de Jean-Luc Mélenchon de faire mieux il faut faire mieux il faut faire mieux dans notre fonctionnement notamment interne je pense que nous devons fabriquer les conditions que le débat soit mieux maîtrisé notamment par les militants ces cadres les choix stratégiques qui sont faits ce qui n'est pas bien le cas à l'heure actuelle c'est ce que je répète notamment quand récemment
la France Insoumise n'est pas un mouvement démocratique
il faut faire mieux sur le plan démocratique il faut faire mieux indiscutablement par exemple quand ma collègue et on sait que c'est plus le cas Raquel Garrido est sanctionnée voilà il faut lever la sanction c'est ce que demandent beaucoup de gens on ne règle pas des débats politiques par des mesures de ce type bon ça c'est une chose alors on me dit il faut que le débat ait lieu à l'interne on lave le linge ça en famille sauf qu'en interne je cherche encore les lieux ou la pièce où ça se passe et qu'on me dit c'est pas le moment sauf que ça fait un an un an et demi que c'est pas le moment il y avait la bataille le 11 c'est Manuel Bompard pardon
le 11 c'est Manuel Bompard non mais attends
si on personnalise trop on dépolitise c'est un problème collectif Manuel Bompard en est un c'est aussi la parole de Jean-Louis Planchon la stratégie qu'il met en place on aura compris que je souhaite que nous puissions en discuter que je ne suis pas d'accord avec cette manière parfois de moi je suis pour la conflictualisation mais il faut la conflictualisation qui porte en elle-même une compréhension générale de ce qui se passe et il faut pas que la conflictualisation nous marginalise il faut créer les conditions de ce rassemblement qui nous permet d'être au second tour et qui je le répète après nous permet de gagner au second tour donc je suis pour que tout ça on en parle je forme le vœu que ce soit possible dans les mois qui viennent pourquoi ce serait pas le cas on va faire mieux
merci Alexis Corbière député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis vous étiez l'invité de France Info ce matin dans les mois d'aujourd'hui
de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis de Seine-Saint-Denis de Seine-Saint-Denis de Seine-Saint-Denis
Alexis Corbière