Macron contaminé, cluster à l'Élysée #cdanslair 17.12.2020
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 18 %Attaque 52 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 76 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:56OuverteRéponse partielle
Alors, le Président a-t-il été un peu imprudent ?
- 0:59OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui est prévu s'il devait rester plus longtemps absent du pouvoir, au-delà de sa santé ?
- 1:04OuverteRéponse partielle
Comment la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron est impactée par la crise du Covid ?
- 1:47OuverteRéponse directe
Bruno Jeudy, est-ce qu'il y a un brin d'inquiétude à l'heure où nous nous parlons, à l'Elysée, sur la santé du Président et sur les conséquences que cela peut avoir ?
- 4:33OuverteRéponse partielle
Jean-Luc Mélenchon, qui bruyamment, dites-vous, a dit qu'il n'était pas officiellement qu'à contact, même s'il était à ce déjeuner.
- 4:48FerméeRéponse directe
C'était un dîner ou ils étaient plus de six ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23PrésentateurFait
« Emmanuel Macron est depuis ce matin officiellement positif au Covid après un test PCR avec des symptômes qui se sont déclenchés tard hier soir. »
- 0:38PrésentateurFait
« Le Premier ministre, le Président de l'Assemblée, le Secrétaire général de l'Elysée, mais aussi des chefs d'État étrangers et le Président du Conseil européen. »
- 2:50InvitéFait
« Il y a un petit côté cluster à l'Elysée, comme c'est le titre de votre émission, que le Premier ministre s'est mis à l'isolement, que le Président de l'Assemblée nationale est à l'isolement, que plusieurs ministres le sont aussi. »
- 9:02InvitéChiffre
« Quatre ministres ont été malades depuis le début de l'épidémie de coronavirus : Bruno Le Maire, Franck Riester, Emmanuel Wargon et Brune Poirson. »
- 12:09InvitéFait
« Une dépêche de l'Élysée vient d'annoncer que le président de la République avait lui-même été diagnostiqué positif au coronavirus. »
- 12:30PrésentateurFait
« Le président de la République aura eu des symptômes légers de la maladie hier soir. »
- 12:57PrésentateurFait
« Emmanuel Macron doit rester isolé pendant 7 jours. »
- 13:11PrésentateurFait
« Le Premier ministre Jean Castex d'abord. Il se met à l'écart pendant 7 jours. »
- 13:24PrésentateurFait
« Autre cas contact, mis à l'isolement, son épouse, Brigitte Macron, même si elle ne présente aujourd'hui aucun symptôme. »
- 13:34InvitéFait
« Valérie Rabault, présidente du groupe socialiste : « Même si je ne suis pas considérée comme cas contact, j'ai effectué un test PCR en fin de matinée et suspend mes activités par principe de précaution ». »
- 14:12InvitéFait
« Selon Christophe Castaner, l'un des participants, les distances ont été respectées. »
- 29:08InvitéChiffre
« 17 000 cas de contamination hier encore. »
- 31:08PrésentateurFait
« Ce n'est pas prévu pour l'instant d'avoir une espèce de barnum et un show avec tous les gens qui se font vacciner, même s'il y en aura probablement quelques-uns qui le feront. »
- 34:06InvitéFait
« « Nous sommes en guerre. Toute l'action du gouvernement et du Parlement doit être désormais tournée vers le combat contre l'épidémie. » »
- 34:42PrésentateurChiffre
« 36,7 millions de téléspectateurs le 13 avril, Emmanuel Macron y annonçait le prolongement du premier confinement jusqu'au 11 mai. »
- 36:32InvitéFait
« Les chefs d'entreprise sont à bout. Ils ont été sages pendant le premier confinement, mais là, ils n'en peuvent plus. »
- 36:56PrésentateurChiffre
« Seuls 35% des Français ont confiance dans le gouvernement pour faire face à l'épidémie. »
- 37:10PrésentateurChiffre
« Depuis le début de la crise sanitaire, plus de 59 000 personnes sont décédées du Covid-19. »
- 37:16InvitéFait
« Le troisième bilan le plus important en Europe derrière le Royaume-Uni est le pays le plus touché, l'Italie. »
- 38:57InvitéFait
« Il a parlé des jours heureux. Les jours heureux étaient enfin arrivés. »
- 46:07InvitéChiffre
« 70% demandent toujours un nouveau tour de vis. »
- 46:51PrésentateurFait
« L'échec d'une politique menée d'en haut qui conduit à demander l'application de règles parfois absurdes. »
- 51:02InvitéChiffre
« Selon une récente étude, un maire sur deux estime avoir été mal associé à la gestion de la crise. »
- 59:00InvitéFait
« Ah ça, dans l'Elysée, il y a presque 800 personnes. C'est une usine. »
- 59:26InvitéFait
« ils confirment que les repas jouent un rôle central dans les contaminations »
- 59:39InvitéChiffre
« 44% des personnes infectées ne savent pas comment elles ont été infectées »
- 1:00:48InvitéFait
« Le président nous a dit qu'il l'avait téléchargée »
Temps de parole
- Présentateur39 %
- Invité18 %
- Invité 216 %
- Invité 315 %
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- ?3 %
- Invité 52 %
≈ 12,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Il n'aura donc pas échappé à l'épidémie et devra s'isoler au moins 7 jours. Emmanuel Macron est depuis ce matin officiellement positif au Covid après un test PCR avec des symptômes qui se sont déclenchés tard hier soir. Pas d'inquiétude sur son état de santé pour l'instant, mais une liste de cas contacts qui s'est allongé tout au long de la journée. Le Premier ministre, le Président de l'Assemblée, le Secrétaire général de l'Elysée, mais aussi des chefs d'État étrangers et le Président du Conseil européen.
J'en passe tous à l'isolement, un épisode de plus dans cette crise inédite avec un exécutif qui assure que cela n'entrave pas le bon fonctionnement du gouvernement. Alors, le Président a-t-il été un peu imprudent ? Qu'est-ce qui est prévu s'il devait rester plus longtemps absent du pouvoir, au-delà de sa santé ? Comment la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron est impactée par la crise du Covid ? Macron contaminé, cluster à l'Elysée, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Roland Quairol, vous êtes politologue, directeur du Centre d'études et d'analyse, le CETAN. Votre dernier livre, le Président sur la corde raide, est publié chez Calman Lévy.
Avec nous ce soir, Nathalie Saint-Cricq, vous êtes éditorialiste à France Télévision. Bruno Jeudy, vous êtes rédacteur en chef au service politique de Paris Match. Je rappelle votre dernier baromètre IFOP, Paris Match, selon lequel Emmanuel Macron est à 46% de bonnes opinions. Enfin, Soazic Kemener, vous êtes rédactrice en chef du service politique de Marianne. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce CETAN L'Air en direct. Bruno Jeudy, est-ce qu'il y a un brin d'inquiétude à l'heure où nous nous parlons, à l'Elysée, sur la santé du Président et sur les conséquences que cela peut avoir
? Alors
sur la santé du Président, absolument pas. Ils sont plutôt assez rassurés. Ils se disent que l'âge du Président lui permet de passer ce Covid normalement, tranquillement. Après, il faut toujours faire attention, puisqu'on sait que cette maladie réserve parfois des mauvaises surprises au bout du quatrième ou cinquième jour. Mais il n
'y a
pas d'inquiétude à ce stade. Sur le fait qu'il y
a
un risque sur la classe politique française, en tous les cas une partie, et notamment la majorité. Il y a un petit côté cluster à l'Elysée, comme c'est le titre de votre émission, que le Premier ministre s'est mis à l'isolement, que le Président de l'Assemblée nationale est à l'isolement, que plusieurs ministres le sont aussi. Oui, effectivement, ça c'est quand même un peu embarrassant pour le pouvoir, qui en plus n'a peut-être pas toujours donné l'exemple, puisqu'il y a des déjeuners et dîners à plus de
six
personnes. Donc on en parlera sans doute. Mais globalement, le Président a plutôt hormis ses déjeuners et dîners. Mais au fond, on voit bien, comme pour tous les Français, que les déjeuners et dîners sont un problème. En tous les cas, c'est le lieu où on peut se contaminer facilement. Est-ce que c'est là que ça s'est produit ? Personne ne le sait réellement. Et là, ils sont plutôt en train d'essayer de voir à quel moment ça a pu se passer. Est-ce que c'est carrément au Conseil européen de la semaine dernière, puisque c'est le début de la phase où il a pu se contaminer ? Est-ce que c'est lors de ces nombreuses...
Parce qu'il faut reconnaître que son agenda était beaucoup plus chargé ces derniers temps que lors du premier confinement. On regarde ce qu'il a fait depuis jeudi dernier. Il a fait beaucoup de sorties, de déplacements. Il a vu beaucoup de monde de manière institutionnelle avec le Conseil des ministres, mais jusqu'à le tirage au sort de la Coupe du monde de rugby, en passant par le Conseil européen en présentiel. Mais c'est vrai que l'Élysée nous répète, répète, que les Conseils des ministres, aujourd'hui, c'est seulement six ou sept ministres autour de la table, tout le monde masqué, la plupart des réunions en visio. Mais il
y
a un angle mort. Ça reste les déjeuners et dîners. Et là, peut-être que sur ce point-là, il va y avoir quelques explications, surtout quand ça implique en plus des membres de l'opposition, puisqu'il a reçu à déjeuner les responsables des groupes parlementaires. On a déjà entendu bruyamment Jean-Luc Mélenchon sur ce point-là.
Jean-Luc Mélenchon, qui bruyamment, dites-vous, a dit qu'il n'était pas officiellement qu'à contact, même s'il était à se déjeuner. Jolie expression de Bruno Jeudy, il y a des angles morts. C'est vrai, dans l'agenda du chef de l'État, c'est vrai que la règle, c'est pas plus de six au dîner et qu'il
y
a un couvre-feu. Alors, naturellement, c'est le chef de l'État. Peut-être a-t-il un régime d'exception. Mais il y
a
quand même beaucoup de questions ce soir sur ce thème-là. C'était un dîner ou ils étaient plus de six ? Ils étaient beaucoup plus que six, ils étaient même beaucoup plus que dix. Ce qui est amusant, c'est qu'on se souvient des propos de Richard Ferrand à France Inter, qui avait dit que
si
on est malade, c'est qu
'on
n'aura pas fait aussi attention que nécessaire. Donc, on a peut-être envie, si on prend ça à la légère, de leur renvoyer cette chose, cette idée-là, en leur disant que manifestement, ils auraient dû faire plus attention. Alors, on nous dit aussi beaucoup à l'Élysée pour préciser ce que Bruno Jeudy, qu'un, ils vont travailler autant qu'avant, c'est-à-dire qu'en gros, il n
'y a
pas besoin de présentiel, sauf les déplacements en province. Un déplacement au Liban qui a été annulé. Alors, au Liban, ça, effectivement, c'est plus important parce qu'il y avait un enjeu symbolique. Bon, mais pour le reste, il peut travailler, l'exicolaire peut travailler. Ce n
'est
pas parce qu'ils ne sont pas physiquement dans la même pièce qu
'il
ne peut pas travailler, sauf si, évidemment, les choses s'aggravaient. Et puis, sur le signal envoyé, effectivement, quand on bassine un peu les gens, probablement à raison avec les six au réveillon, ça fait un petit peu désordre. Mais honnêtement, on peut s'imaginer que le dîner d'hier soir, ils ne sont quand même pas embrassés follement et qu'il y a peut-être eu... On ne sait pas. C'est ce que disait, on va tracer et isoler, selon les propos en vigueur, pour essayer de savoir où il n'a plus à
la
tempête. Ce qui est plutôt terrible, c'est de voir à quel point Emmanuel Macron a pu contaminer l'Europe. Et finalement, on laissera un souvenir ému à tout un certain nombre de personnes, entre Pedro Sanchez ou Charles Michel, qui sont finalement, ou Ursula von der Leyen, tous ces gens qui vont les malheureux, vont être obligés de se mettre un peu au repos. Mais le message, quand même, c'est qu'on peut travailler. On peut travailler, sauf si on est allongé, allité à 40 degrés, on peut quand même travailler. Sur ce fameux dîner, les participants expliquent que c'était dans la salle des fêtes de
l'Elysée. Cette grande salle
qu'on voit,
toujours
dans les images,
une
salle qui peut accueillir 700 personnes et qu'ils étaient très éloignés.
À 3 mètres, les
uns des autres, peut-être pas suffisamment pour certains. On le verra
dans les jours. Il y a peut-être eu du lycée
à aller par moments. C'est humain. Oui, c'est humain. Roland Quairol, sur ces questions-là, sur à la fois peut-être le statut particulier du chef de l'État qui fait qu'il peut réunir les membres de sa majorité ou réunir les présidents de groupe. Et puis peut-être un mot sur la transparence liée à la santé du chef de l'État. Il y
a
eu un test PCR, il a de la fièvre. On le sait, les choses sont dites en toute transparence. On a fait un petit bout de chemin quand même.
Oui, on a fait du chemin parce qu'il fut des présidents qui ne pratiquaient pas de cette façon. On a su, lorsque le général de Gaulle s'était fait opérer de la prostate, on l'a su lorsque l'opération a été finie, et même plutôt deux jours après. Et alors, je ne vous parle pas de Mitterrand et Pompidou, pour lequel on a eu des secrets d'État. Pompidou était malade pendant des années. On l'a vu grossir à la télévision. C'était, on l'a su après, ses traitements corticoïdiens, pour qu'il prenait pour cette maladie, dont on n'a su la nature que 15 ans après sa mort. Donc ça a été le secret total. Le Premier ministre faisait le blackout.
On faisait comme si les rumeurs sur la santé du président étaient fausses. Il en est mort au bureau. Enfin, on l'exercice de ses fonctions. Mitterrand, c'est pareil. Le cancer le frappe dès la rentrée de 1981, à peine élu.
Et
il tient 14 ans, sans qu
'on
le sache. On a commencé, après son opération de 92, là le mot cancer a commencé à être prononcé. Mais vous vous rendez compte, le secret absolu, on verrouille. Alors que c'était des présidents, à commencer par Mitterrand, qui avaient dit qu'ils seraient transparents sur leur santé, qu'ils feraient des bulletins de santé, qu'ils n'ont jamais, par son médecin personnel, qui cachaient la vérité. Donc on est quand même, on a changé d'époque. Et ce n
'est
pas seulement en France. On a su tout de suite que Bolsonaro,
Trump, Johnson,
tous ont joué la transparence. On est dans une époque qui a changé, c'est clair.
Et on va en reparler, pardonnez-moi,
je
vous ai coupé, Roland Quairol, parce qu'effectivement, ça sera intéressant d'y revenir, parce que certains ont joué des stratégies bien différentes des chefs d'État vis-à-vis du Covid et du message qu'il faut renvoyer à la population. Suazie Kemener sur l'état de santé du président, la gouvernance. On entend très tranquillement, oui, on va pouvoir faire des visioconférences. On a quand même le chef de l'État, le Premier ministre, le patron de l'Assemblée nationale, un ministre, je crois, c'est Marc Fénaud, qui est à l'isolement, avec, pour le président, un peu de fièvre. Bon, on nous dit que ça fonctionne normalement. Il faut croire tout cela sur parole, Suazie Kemener.
– Alors,
ce qui est sûr, c'est qu'on sait déjà, c'est officiel, que quatre ministres ont été malades depuis le début de l'épidémie de coronavirus. Bruno Le Maire, Franck Riester, Emmanuel Wargon et Brune Poirson, qui était ministre à l'époque, secrétaire d'État à l'époque. Il n'y a pas eu de rupture politique à quelque moment que ce soit. Ils ont été très transparents. En fait, je pense que l'opération transparence aurait tout à fait fonctionné si on était resté dans les informations qu'on avait ce matin.
C
'est-à-dire, le président de la République annonce qu'il est touché par le coronavirus. C'est arrivé à d'autres chefs d'État, ou à la tête de gouvernement, ça vient d'être rappelé. C'est la maladie de l'époque. Ils pouvaient tout à fait continuer à travailler. Là, la question,
c
'est est-ce que le président a été assez prudent ? Et l'autre question, je trouve, qui, moi,
ce
qui me surprend beaucoup, c'est le périmètre à géométrie variable des cas contacts. C'est-à-dire que quand on regarde qui a été présent, qui a déjeuné avec le chef de l'État dans les 48 heures qui viennent de s'écouler, on a des réactions très différentes. Il
y
a ceux qui se sont mis à l'isolement, et puis ceux qui disent, non, on était dans la même salle, mais on a gardé les bonnes distances. C'est très variable,
il
n'y
a
pas de notion scientifique dans ce qui est annoncé à la fois par les patrons de groupe ou bien par les personnalités qui étaient conviées par Emmanuel Macron. C'est un peu à la carte. Et ce n
'est
pas du tout le message qui est envoyé aux Français depuis déjà plusieurs mois. C'est-à-dire que quand on n'est qu'à contact, on n'est qu'à contact. Et on ne peut pas jouer, décider soi-même si on n
'est
qu'à contact ou pas. C'est scientifique, ce sont les médecins, c'est la médecine qui le dit. Et là, on voit que, par exemple, Christophe Kestaner a décidé, enfin, dit que l'Élysée lui a dit qu
'il
n'était pas qu'à contact, qu
'il
ne s'isole pas. Et d'autres disent, bon, l'Élysée nous dit qu'on n'est pas qu'à contact, mais on va s'isoler quand même par précaution. Donc, il y a un flou. Et je pense que dans ces temps si troublés, dans ces temps où il faut de l'exemplarité, ça ne me semble pas très clair. Et c'est vrai que la transparence, oui, c'est bien, et je pense qu
'ils
vont pouvoir continuer à travailler si tant est que ça ne s'aggrave pas, mais ça n
'a
pas l'air d'être le cas aujourd'hui. Mais il y a un vrai problème sur la transparence, parce que ce problème des cas contacts, tous ceux qui ont été touchés par le coronavirus ont eu à éprouver cette difficulté de discerner si leurs proches étaient cas contacts ou pas. Et là, je trouve que c'est vraiment pas clair.
On
a vu passer, pendant que vous vous exprimiez, la règle concernant les cas contacts, une personne ayant partagé un espace confiné pendant au moins 15 minutes consécutives ou cumulé sur 24 heures.
C
'est sans doute une partie de cette règle qui est appliquée par les services de l'Elysée aujourd'hui pour retracer les personnes qui ont croisé le chef de l'État. En tout cas, depuis ce matin, c'est tout l'agenda présidentiel qui est passé au crible et la liste des cas contacts s'allonge. Un déjeuner à l'OCDE, un déjeuner avec les patrons des groupes parlementaires, mais aussi un dîner avec des très proches à l'Élysée. Un dîner à plus de 6, hier soir, en plein couvre-feu, qui fait déjà dire à certains que le chef de l'État a fait preuve d'un brin d'imprudence. Mélanie Nuna Serwani-Lyon.
C
'est sous les dorures du Sénat que la nouvelle tombe vers 10h30 ce matin, annoncée par le ministre de la Santé.
Je
crois qu'une dépêche de l'Élysée vient d'annoncer que le président de la République avait lui-même été diagnostiqué positif au coronavirus. Permettez-moi de commencer cette intervention en ayant évidemment une pensée particulière.
Un
communiqué publié sur le site de l'Élysée quelques minutes plus tôt, qui indique qu'Emmanuel Macron est positif au Covid-19.
Le
président de
la République aura eu des symptômes légers de la maladie hier soir. Son test PCR effectué ce matin s'est révélé positif.
En
début d'après-midi, c'est le patron des députés LREM, à un proche du chef de l'État, qui donne de ses nouvelles.
Mais jusqu'à tard, hier soir, il travaillait sans difficulté. Vous avez vu qu'aujourd'hui, il maintient son agenda qui est prévu.
Un chef de l'État qui continuera à travailler donc, mais à distance, par visioconférence, loin de ses collaborateurs. Emmanuel Macron doit rester isolé pendant 7 jours. Mais alors, le palais de l'Élysée est-il devenu un cluster ? Qui, au sein de l'État, peut s'inquiéter d'une éventuelle contamination après avoir vu Emmanuel Macron ? Le Premier ministre Jean Castex d'abord. Il se met à l'écart pendant 7 jours. Son test PCR réalisé ce matin est négatif. Autre cas contact, mis à l'isolement, son épouse, Brigitte Macron, même si elle ne présente aujourd'hui aucun symptôme.
Mais
ce ne sont pas les seuls à avoir croisé Emmanuel Macron. Mardi, un déjeuner est organisé avec les présidents de
groupes comme Valérie Rabault, présidente du groupe socialiste.
Même
si je ne suis pas considérée comme cas contact, j'ai effectué un test PCR en fin de matinée et suspend mes activités par principe de précaution.
Mais
hier soir,
un autre dîner se tient dans la salle des fêtes de l'Élysée. Cette fois, le chef de l'État réunit une dizaine de ses proches collaborateurs. À sa droite, le secrétaire général de l'Élysée, Alexis Collère. À sa gauche, Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale. Tous deux placés depuis ce matin à l'isolement. Alors Emmanuel Macron, a-t-il été imprudent d'organiser ce dîner ? Selon Christophe Castaner, l'un des participants, les distances ont été respectées.
Le dîner qui a eu lieu hier soir, le déjeuner de travail qui a rassemblé les présidents de groupe prévoyait des distances de plusieurs mètres entre chaque convive. Et donc, nous avons des micros pour cela. Et les dîners ou les déjeuners se tiennent dans la salle des fêtes qui a une capacité d'accueil de 700 places et qui du coup permet justement cet aménagement qui est pris en compte à l'Élysée depuis le début.
Le
gouvernement, accusé de ne pas montrer le bon exemple, Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale, est aujourd'hui pointé du doigt après avoir tenu des propos il y a quelques semaines sur les personnes contaminées.
Si nous sommes malades demain,
c
'est parce qu'à un moment donné,
nous
n'aurons pas fait aussi attention que nécessaire, soit parce que... Quand on tombe malade, c'est nécessairement de notre faute. Ben, c'est pas une question de faute,
mais ça veut
dire
qu'à un moment donné... C'est fort de café, Richard Ferrand.
Comment ? Non, c'est fort de café, à entendre. Non, c'est pas fort de café, c'est l'exacte vérité. Ça veut dire que on ne sait peut-être pas suffisamment laver les mains, que l'on a peut-être pas suffisamment gardé le masque. Chacun d'entre nous doit
être
en vigilance
pour
les autres et pour soi-même.
Une
affaire qui connaît aussi des répercussions à l'étranger. Lundi dernier, pour les 60 ans de l'OCDE, Emmanuel Macron a déjeuné avec Charles Michel, le président du Conseil européen, mais aussi Pedro Sanchez, chef de l'État espagnol. Ce dernier doit rester à l'isolement pendant 10 jours dans son pays. Hier, c'est le Premier ministre portugais, Antonio Costa, qui a partagé son repas. Il s'est à son tour mis à l'écart pour quelques jours.
Un
président malade qui a reçu le soutien de certains de ses homologues qui ont connu le même sort, comme Boris Johnson, hospitalisé il y a quelques mois du Covid-19.
Je
suis désolé d'apprendre que mon ami Emmanuel Macron a été testé positif à la Covid-19. Nous lui souhaitons tous un prompt rétablissement.
La solidarité entre dirigeants du monde touchés par la maladie, la liste s'allonge après notamment Jair Bolsonaro, président du Brésil, ou encore Donald Trump, vite rétabli avec un traitement à l'époque expérimentale à base d'anticorps de synthèse.
Et
cette question, pourquoi Emmanuel Macron n'a-t-il respecté ni le couvre-feu ni la limite de 6 à table ? Roland Carole.
Le couvre-feu, on a le droit à des réunions de travail.
Donc
j'imagine qu'ils ne dînent pas pour le plaisir de dîner, ils dînent pour travailler.
Ce
n
'est
pas sympa
pour
ces convives. Mais les autres aussi, ils ont le droit. Ils viennent travailler et ils ont le droit de se déplacer. Donc là, il n'y a pas de viol de règle. Après, il y a les distances à table. Évidemment, quand Castaner nous dit que la salle des fêtes ça peut avoir 700 personnes, là, il en fait trop. 700 personnes debout dans la salle des fêtes, mais pas autour d'une table. Donc autour d'une table, s'il y a vraiment, comme on nous le dit, toujours plus d'un mètre cinquante qui reste masqué et qui ne se touche pas, logiquement, ils ne devraient pas se contaminer. Alors on le sait bien, le problème, c'est qu'il y
a
une directive qui n'est jamais suivie, mais pas plus par eux que par nous, qui est que pendant le repas, entre les plats, il faut remettre le masque. Et ça, j'ai rarement vu des gens le faire.
Donc
qu'est-ce que vous voulez ? C'est l'éternel problème.
Mais vous
pensez qu'on en fait trop sur l'exemplarité ?
C'est toute la question. Il
est normal de parler de l'exemplarité parce que c'est eux qui nous donnent des directives et des conseils permanents. Peut-être même trop. Et donc, c'est une espèce de plaisir des gens de se dire « Ah ah ah ! Tu l'as voulu ? C'est toi qui l'as ! » Et qu'est-ce que vous voulez ? On peut le comprendre. Alors, on ne sait pas qui le donne à qui parce que le virus ne circule pas. C'est nous qui circulons. Donc, quand Nathalie dit « Il l'a filé au chef d'État européen. » Non, c'est peut-être eux qui lui ont filé. C'est peut-être eux. On n'a pas trouvé le cas, le R0 encore de ce cluster-là.
Mais
qu'est-ce que vous voulez ? Il n
'a
pas tort, Richard Ferrand, quand il nous dit « Si on l'attrape, je le dis pour moi comme pour nous tous, c'est qu'on n'aura à un moment pas respecté un geste
barrière. » Et cela
pique à lui-même aujourd'hui, vous pensez ? Et
au président de la
République.
Bien forcé. Bien forcé. Alors, moi, je trouve que ce n
'est
pas grave de se voir y compris à table et quand on est président de la République, on peut souhaiter ne pas tout faire en permanence, en visioconférence ou au téléphone. Voilà, je comprends ça très bien et c'est vrai pour chacun d'entre nous. C'est vrai pour les chefs d'entreprise,
c
'est vrai pour tout le monde. Mais qu'est-ce que vous voulez ? Du coup, il y a un petit risque et c'est tombé sur lui.
Ça
ne va pas changer la vie de la République. Il aura plutôt sans doute un cas allégé et dans une
semaine, on parlera d'autre chose. Il y a un fonctionnement de l'appareil
d'État, mais il y
a
un fonctionnement de l'appareil d'État.
C'est un peu dur pour leur égo, mais ils peuvent disparaître une semaine sans que ça change quoi que ce soit au fonctionnement de l'appareil d'État. Ce qui est vrai, c'est qu
'il
y
a
une entreprise, Élysée, et que là, il faut faire attention parce qu'il y
a
7 ou 800 personnes quand même. Donc, quand le patron est atteint, il faut faire gaffe parce qu'il n
'y
a pas de circulation à l'intérieur du palais. Si on voit des cas Covid, comme on l'a vu à la Maison-Blanche avec Trump, que tout le monde se met à l'attraper, là, ça ferait plus désordre. Le président, d'une certaine façon, le sait le plus facile parce que l'essentiel du boulot qu'il fait dans une semaine, si c'est un cas léger, il peut continuer tranquillement à le faire de son bureau. Il fait de la téléconférence comme tous les gens qui font du télétravail dans ce pays aujourd'hui. Donc, il n'y
a
pas de problème de ce point de vue. C'est plutôt cette histoire d'image qui est... Voilà. Est-ce que c'est normal que lui,
il
l'ait alors que c'est lui qui nous dit comment il faut faire attention ? Et ça, il faut bien reconnaître qu'il y a quelque chose dans le dossier qui est un tout petit peu gênant. En même temps, d'une certaine façon, ça l'humanise.
Ça l'humanise. Nathalie Saint-Cricq ? Oui, ça l'humanise. D'abord,
ça
montre... Avec la passion égalitariste française, ça montre qu'on est tous égaux face à la maladie. Donc, il n
'y a
pas de raison. Et d'ailleurs, on l'a vu avec les autres chefs d'État. Même Boris Johnson en a bénéficié. C'est-à-dire que sa cote de popularité est remontée après qu'il ait été malade. Alors, il a changé complètement sa stratégie, Boris Johnson. C
'est
intéressant
peut-être que ça a été un instant là
-dessus. C'était effectivement dans la première époque. Mais juste sur l'exemplarité, effectivement, que ce n
'est
pas exemplaire. Et mettons qu'il
y a
une vengeance française parce qu'on nous a tellement infantilisés. On nous a tellement un peu culpabilisés. Alors, pour la bonne cause,
c
'est-à
-dire
honnêtement, une allocution du chef de l'État à 20 heures où
on
nous dit qu'il faut aérer, c'est tout juste si on ne nous dit pas qu'il faut aérer tous les 3 minutes 30 ou tous les 5 minutes, la fameuse phrase « papi et mamie » ne vont pas aller... Enfin, tout ce qu'on a entendu y compris de Jean Castex en disant « papi et mamie ne vont pas aller chercher les enfants à l'école » comme si on était un peu dédemeurés. Je pense qu'il y a probablement dans l'opinion ce que disait Roland, une espèce de volonté de dire « écoutez, voyez, vous nous avez pris pour des bébés, vous-même vous vous
êtes fait avoir.
On vous chope pour parler vulgairement en flagrant délit. Et avec une petite... À la fois un petit côté « vous êtes comme nous » et puis un petit côté goguenard qui est de dire « finalement, vous n'êtes pas au-dessus des règles » et
quand vous ne les suivez pas... Et pas au-dessus de l'épidémie.
Bruno, je dis, de ce que l'on sait, est-ce qu'il y a des traitements, des soins qui sont déjà engagés pour le chef de l'État ? Il est suivi par le médecin de l'Élysée
?
Oui, il est suivi par le médecin de l'Élysée. C'est assez classique. Il était d'ailleurs très surveillé. Je me souviens d'en avoir parlé avec lui directement pendant le premier confinement et le premier déconfinement. Il était testé quasiment presque tout le temps. Donc il y avait vraiment peut-être même trop. Là, c'est vrai qu'on en parlait moins finalement de la surveillance autour d'Emmanuel Macron parce qu'évidemment, il y a un protocole. Il faut faire attention autour du président. Lui-même fait quand même attention.
C'est quelqu'un qui, contrairement à Trump, contrairement à Bolsonaro, contrairement même à Boris Johnson, époque 1, il a toujours fait attention sur le port du masque, même s'il a été pris parfois en flagrant délit de le baisser, faisant attention aussi à se laver les mains. Donc il a plutôt fait attention. Donc c'est pour ça qu'il n
'y
a pas beaucoup pour l'instant d'inquiétude. Il n
'y a
pas de raison d'en avoir. Il est plutôt jeune. Je suis d'accord avec ce
que
se vient de dire Roland. Donc oui, il y
a
un protocole normal qui est appliqué comme pour tous les Français. Il est à l'isolement. Aujourd'hui, il doit se reposer. Et puis, il doit même normalement assister par visio à une réunion qui avait lieu dans la journée consacrée au développement et parler depuis une pièce en visio avec les participants.
Il est en ce moment même en train de participer à cette conférence nationale humanitaire en visio conférence. Tout l'objectif des heures et des jours qui viennent soit-y de Caménaire, ça va être de nous montrer que tout se passe bien, que tout est sous contrôle et qu'en réalité, il est juste à l'isolement et que la vie continue.
Oui,
et puis lui,
il
s'épargne d'une difficulté politique, celle qu'avait pu rencontrer Donald Trump ou Boris Johnson, c'est qu'il n'a jamais fait partie de ceux qui défendaient, alors on n'en parle plus aujourd'hui, mais en tout cas au début de l'épidémie, l'immunité collective. C'est-à-dire qu'il a toujours considéré le risque sanitaire au point d'accepter pendant le premier confinement d'arrêter l'économie française. Donc il n'a pas ce souci-là politique,
c
'est-à-dire que sa maladie n'est pas en contradiction avec son discours. Donc il va continuer à travailler effectivement en visioconférence. Le seul point qui a changé, je trouve, tout récemment, c'est qu'Emmanuel Macron est devenu le président du quotidien. C'est-à-dire que c'était un rôle qui était plutôt dévolu à Édouard Philippe, c'est-à-dire de parler du quotidien, du lendemain des Français, comment ça va se passer. Et là, depuis quelques semaines, il rentre précisément dans les détails.
Et c'est pour ça que ça paraît d'autant plus étonnant qu'on se retrouve aujourd'hui dans cette situation avec non seulement un président malade, mais aussi un président qui a accueilli autour de lui plus de six personnes à table. Alors, Roland Quairol l'expliquait tout à l'heure, c'est pas dans des conditions qu'on peut tous reproduire chez soi, parce que c'est une très grande salle des fêtes avec énormément d'air de place. Mais c'est devenu le président qui sait tout de la maladie, qui sait comment ça fonctionne et qui nous dit ce qu'il faut faire. Et c'est en ça que c'est difficile.
Mais oui, il va continuer en visioconférence, il va changer son agenda puisqu'effectivement il devait aller au Liban pour faire un réveillon avancé. Et puis surtout, on ne va parler que de ça, parce que c'est quand même le premier personnage de l'État. il est celui qui parle en permanence de la crise. Donc effectivement, on va attendre de savoir comment sa maladie évolue avec cette chance qu'il a effectivement son jeune âge qui fait qu'on est quand même beaucoup moins d'inquiétudes que si c'était un président beaucoup plus âgé.
Avec cette campagne de vaccination qui doit débuter dans quelques jours, est-ce que ça a impact d'une manière ou d'une autre cette campagne de vaccination
? Il
y a beaucoup de gens qui vous regardent, qui disent,
ah
bah tiens, comme par hasard, voilà, il y
a
la campagne de vaccination. Est-ce que, voilà, il y a toujours cette idée de faire un lien parfois entre des événements qui n'en ont pas
? Oui,
parce que naturellement, on fait le lien, mais il n'y
en
a pas. Et là, il ne peut pas y en avoir. C'est-à-dire que ça n'est pas le président de la République qui fait l'échéancier de vaccination. Je sais bien que tout remonte au président, mais là, ce n
'est
pas son travail. Il y a eu les propositions de la Haute Autorité de la Santé. Il y a maintenant la mise au point. On attend que l'Agence Européenne du Médicament donne le feu vert. Et à partir de là, on a un plan de vaccination qui est prêt. Et
ça ne change
rien. Ce qui vient de se passer,
n'y change
rien.
Absolument rien. Dès que l'Europe dit oui, on commencera. Donc là, il n
'y
a rien de changé. Il y
a
une chose qui a un petit peu changé par rapport à avant, mais ça n'a pas aucun rapport avec le Covid. C'est quand j'entends parler comme si ça n'était naturel du fait qu'il y
a
un médecin à l'Elysée. Giscard d'Estaing, ce n'était pas avant la guerre de 1914, Giscard nous a fait un bouquin de mémoire, d'ailleurs formidable,
qui
s'appelle Le pouvoir ou la vie. Et à un moment, il raconte qu'il est tout seul dans son bureau à l'Elysée avec le chancelier allemand, Helmut Schmidt.
Il
se parle et tout à coup, l'autre est pris d'un étouffement et tombe en syncope. Et alors, Giscard raconte, je lui tapote les mains, je ne sais pas comment faire parce qu
'il
n
'y a
pas de médecin de garde à l'Elysée.
Vous vous rendez compte ? C'est de ce
moment-là qu'il
y a
eu un médecin de garde ?
Absolument, c'est ce que Giscard raconte.
En termes de communication, Roland Quairol, est-ce qu'il y a un risque ? On a parlé très brièvement de Boris Johnson. Boris Johnson, il est rentré à l'hôpital en étant sceptique vis-à-vis du port du masque. Il est ressorti en donnant à son fils le prénom d'un soignant avec lequel il avait eu affaire pendant ses semaines de maladie. Et il a été hospitalisé en réa, donc ça a été assez sérieux. En termes de communication, est-ce qu'il y a un risque dans la façon de gérer ce moment-là ? On a bien entendu depuis le début de l'émission les uns et les autres à dire « Ah, ben quand même, il nous a fait la leçon et puis maintenant c'est son tour
».
Là, sur les jours qui viennent, il ne
faut
pas se planter, pardon de vous le dire comme ça.
Oui, oui. Moi, je pense que si tout se passe bien, si c'est léger, etc., il n'y aura aucune espèce d'impact ni positif ni négatif. Alors on passera à autre chose, d'autant qu'il va être libéré, si j'ai bien compris, le 24 décembre, ça tourne bien. On passera vraiment à autre chose. Boris Johnson, il a été vraiment très malade et ça s'est vu. Et même quand il est sorti de l'hôpital, il était dans un état vraiment… Il
était en réanimation pendant trois jours. Voilà, il
était en réanimation et il a souffert. Et il a souffert encore longtemps après être sorti de l'hôpital. Et lui, il a en plus du coup changé de stratégie par rapport au virus à cause de ça. Donc lui, ce n
'est
pas seulement son personnage qui a changé, c'est que quelqu'un qui, grosso modo, avait la même politique que Trump, on verra, laissons le sang-fleur s'épanouir. Non, tout à coup, il a pris conscience de l'importance à cause de son cas personnel. Et du coup, ça lui est rapporté dans l'opinion, je crois pour les deux raisons, par compassion envers lui et parce qu'il avait changé de stratégie sur le virus. Là, je ne vois pas de raison de changer de stratégie par rapport au virus. Il y en a une, elle est appliquée, les vaccins vont arriver. Voilà, je ne vois pas en quoi ça peut affecter la stratégie présidentielle par
rapport au virus.
Mais
est-ce que ça
peut, Bruno Jeudy, renforcer le message en direction de la vaccination en disant personne n'est à l'abri ? J'en suis
la
preuve.
Peut
-être. C'est vrai qu'Emmanuel Macron n'a pas répondu directement à la question s'il se ferait vacciner lorsqu'il a été interrogé par le média Brutz. Moi, j'ai trouvé ça assez surprenant. Il aurait pu peut-être dire je me ferai vacciner quand ce sera mon tour. Il a préféré ne pas répondre. Il a un petit peu eu l'idée. On voit bien qu'il
y a
un message du gouvernement, l'idée que la vaccination n'est pas obligatoire et qu'on va essayer de persuader les gens, mais que ce ne
sont
pas les politiques qui vont porter cette parole. Peut-être qu'il changera derrière et qu'il aura un discours un peu différent sur la vaccination. J'ai plutôt tendance à croire qu'en termes de... Enfin, on va regarder comment l'Élysée va gérer un peu ce storytelling autour de la maladie du président. Mais je partage l'avis que ça aura sans doute assez peu d'effet dans un sens ou dans l'autre, d'ailleurs, parce qu'Emmanuel Macron, depuis le début de cette crise est plutôt... Il était plutôt justement... C'était l'anti-Trump,
c
'était l'anti-Johnson, c'était le défenseur des gestes barrières. Bon, voilà. Il est passé à travers. Il y
a
dû avoir une erreur à un moment, à un autre, comme ça arrive à beaucoup de Français. 17 000 cas de contamination hier encore, il faut le dire. Emmanuel Macron, c'est un des 17 000 contaminés le 18... Enfin, le 18 janvier, en tous les cas, déclarés comme tel. Le
scénario que vous
évoquez les uns les autres changera peut-être un peu si on se retrouve avec un Premier ministre qui développe une forme grave de la maladie, avec Richard Ferrand qui déclare la maladie. Vous voyez ce que je veux dire ?
C
'est-à-dire que pour l'instant, tout ça est très sympathique, on liste les gens avec lesquels on a dîné, les choses peuvent être plus sérieuses, c'est même le problème de cette pandémie. Oui, mais ça ferait effectivement beaucoup et un manque de chance.
Jean
Castex a déjà été cas contact, il s'en est remis. Il est passé au travail. Et puis de toute façon,
il
y
a
dans les institutions de la Ve République, toute une série de systèmes par ordre protocolaire qui est, si le Président est empêché pendant une semaine ou ça s
'est
déjà produit, il y
a
le Premier ministre, si le Premier ministre,
il
y
a
le Troisième. Donc on ne court pas le risque d'avoir une espèce de finir avec un obscur secrétaire d'État qui serait le dernier comme dans une série à la Maison Blanche où tout le monde meurt et il reste simplement une seule personne pour pouvoir gérer l'État. Je ne pense pas qu'il
y
ait de risque de ce côté-là. Et puis quant à la stratégie du vaccin pour aller compléter un
peu
ce que disait Bruno, je pense que c'est une famille de médecins, la famille des Macron, donc ce sont des gens qui ont un rapport au progrès à la science qui a un rapport assez rationnel. Je pense qu
'il
n
'a
pas voulu brusquer les gens en considérant qu'effectivement obligatoire, ça serait contre-performant. Deuxièmement, se rouler en disant je vais faire tout de suite le vaccin,
je
vais faire tout de suite le vaccin, ça ne serait pas bien. Il a laissé le temps que les autorisations, que les rapports, que les éléments pour aller exactement au même rythme que les connaissances scientifiques et les validations européennes et par les institutions. d'une manière de ne pas brusquer les gens et leur dire que voilà, les choses se font. Est
-ce
que de ce
que vous en savez, il y aura
ce qu'on va appeler la stratégie Biden qui lui dit, alors il a 78 ans, il va se faire vacciner et il veut que ça se sache, il veut que ça se voit. Est-ce que les membres du gouvernement qui ont atteint l'âge qui va être nécessaire pour se faire vacciner, et il y en a, je pense, quelques-uns, vont-ils mettre en scène la vaccination ? Ce n'est pas prévu pour
l'instant d'avoir
une espèce de barnum et un show avec tous les gens qui se font vacciner, même s'il y en aura probablement quelques-uns qui le feront, mais je n'ai pas l'impression qu'on va afficher tout le gouvernement qui se fait piquer au Conseil des ministres. En tout cas, vous disiez les uns et les autres, il n
'y aura
peut-être pas d'incidence en termes de communication qu'il ait eu ou pas. Je précise juste que Donald Trump, à la sortie de sa convalescence, avait eu cette phrase « N'ayez pas peur du Covid
».
C'était un message politique qui était adressé à ses troupes. On était en pleine campagne présidentielle, en pleine pandémie, quand même, être contacté, contaminé par ce virus-là, il va falloir qu'il trouve le message qu'il va porter à la sortie. Il sera sans doute conforme à celui qu'il a porté avant, c'est ça
que vous voulez me dire
? Oui, parce que le cas de Trump, c'est quelqu'un qui minimisait le Covid jusque-là et qui disait « On est un grand pays, on va s
'en sortir, sans problème ».
Et il a continué à le faire alors qu'il l'a eu. Et du coup, ce qui a plutôt marqué les gens, c'est cette contradiction incroyable entre le type qui continuait à dire « N'ayez pas peur, tout ça, on s'en sort tous », alors que le pays allait de plus en plus mal. Donc là, il a notamment perdu l'élection à cause de ça, à cause de sa gestion de la crise du Covid. Alors que, on va peut-être y revenir, mais la gestion de la crise du Covid, au total, a plutôt fait monter la popularité
d
'Emmanuel Macron. Et en effet, c'est une pure stratégie de communication que de ne rien dire sur la vaccination personnelle des membres du gouvernement. C'est M. Fischer, le professeur vaccin, qui nous a expliqué le premier qu'il fallait écouter ce que les gens disaient, qu'il fallait attendre de voir si ça marchait. Le président de la République a suivi le professeur Fischer, il a été suivi lui-même par Castex. On sent qu'on a décidé de ne pas violer les Français, qu'ils sont, eux, des vaccinophiles. Mais je crois que nous dire ça trop vite, alors qu'il n'y
a
pas encore les preuves scientifiques, ça aurait été un risque politique. Et là, je crois qu'en termes de communication, ça peut se comprendre.
9
mois de crise pour l'instant, 8 interventions présidentielles et une stratégie du président de la République qui a malgré tout un peu évolué quand même au fil de la crise. Une dramatisation, un déni parfois et parfois des messages d'espoir portés aux Français avec une question qui se pose. Désormais, Emmanuel Macron va-t-il pouvoir reprendre la main sur son calendrier et redevenir, comme il l'aime, le maître des horloges. Paul-Rémy Barjavel et Christophe Roquet. La Marseillaise qui retentit,
le
président de la République seul face à la caméra. Depuis le début de la crise sanitaire, le chef de l'État a pris l'habitude de s'adresser directement aux Français. Huit fois exactement depuis le 12 mars et à chaque fois, ces expressions qui marquent les esprits.
Le
gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires,
quoi
qu'il en coûte.
Certaines jugées trop martiales comme le 16 mars, date à laquelle le premier confinement est annoncé.
Nous
sommes en guerre.
Toute
l'action du gouvernement et du Parlement doit être désormais tournée vers le combat contre l'épidémie.
Nous sommes en guerre, répétée 12 fois. La formule fait parler. Nombreux, au sein de l'opposition, la trouvent inadaptée. Neuf mois plus tard, dans un entretien au magazine Le Point, Emmanuel Macron ne regrette rien.
Il
fallait créer un électrochoc pour sauver des vies. Des moyens exceptionnels devaient être mobilisés, l'armée, les trains, les avions pour les transferts sanitaires et donc ce champ lexical était justifié.
A
chaque fois, les allocutions du président sont très suivies. Avec un record absolu, 36,7 millions de téléspectateurs le 13 avril, Emmanuel Macron y annonçait le prolongement du premier confinement jusqu'au 11 mai. Ce confinement qui a vidé les rues de France. Première étape de la stratégie de l'exécutif dans la lutte contre l'épidémie de Covid-19. Une stratégie menée par Edouard Philippe à leur premier ministre qui aime les plans en trois points.
Vivre avec le virus, agir progressivement, adapter localement, voilà les trois principes de notre stratégie nationale.
À
partir du 11 mai, sa mise en œuvre va reposer sur le triptyque protégé, testé, isolé.
Avec
la saison estivale, la menace du virus semble s'éloigner. Le couple formé par Emmanuel Macron et Edouard Philippe à la tête de l'État se sépare au cœur de l'été. Edouard Philippe démissionne le 3 juillet, remplacé précisément par monsieur déconfinement, Jean Castex.
Le
nouveau premier ministre est chargé d'annoncer les mauvaises nouvelles,
comme
la généralisation du port du masque au mois d'août.
Si nous ne réagissons pas collectivement,
nous
nous exposons à un risque élevé de reprise épidémique qui sera difficile à contrôler.
Elle
mettra à nouveau sous tension l'ensemble de la chaîne de santé
de
la médecine de ville au service hospitalier.
À
la rentrée, les données épidémiques s'affolent à nouveau. La tension s'accentue dans les services de réanimation où les malades du Covid-19 affluent.
Fin
octobre, la France se reconfine. Les mesures impopulaires s'imposent comme la fermeture administrative des théâtres, des cafés, hôtels et restaurants. Et la défiance contre le gouvernement monte dans le pays.
Les chefs d'entreprise sont à bout. Ils ont
été
sages pendant le premier confinement, mais là, ils n'en peuvent plus.
C
'est bourré d'inégalités. Pour moi, c'est très compliqué de comprendre quand je vais chez Zara ou que je passe devant les galeries Lafayette de voir les gens collés pour acheter un pull et que dans des théâtres où on respecte des règles extrêmement strictes pour protéger la santé des gens, en fait, les gens ne puissent pas venir nous voir.
Début novembre, seuls 35% des Français ont confiance dans le gouvernement pour faire face à l'épidémie. La cote de popularité du président de la République, après avoir chuté en mars, puis en octobre, remonte en décembre à 38% d'opinions favorables. Depuis le début de la crise sanitaire, plus de 59 000
personnes sont décédées du Covid-19. Le troisième bilan le plus important en Europe derrière le Royaume-Uni est le pays le plus touché, l'Italie.
Nous
parlions tout à l'heure de l'humeur du pays. Cette question qui est plutôt amusante. Est-ce que je peux faire un dîner de travail en famille le soir du réveillon
?
Voilà,
parce
que ça passe parce que c'était soi-disant un dîner de famille. On a vu Bruno Jeudy pendant toute cette période de crise. Le président jouait sur différents tableaux en termes de registres.
C
'était bien raconté dans ce reportage avec une tonalité différente pour appréhender la crise du Covid.
Oui, c
'est vrai parce qu'il s'est beaucoup cherché pendant, j'allais dire, le confinement, période 1. Il est parti très très haut. Ça a été rappelé. Nous sommes en guerre, répété sept fois lors de sa première allocution. Il explique en privé qu'il voulait créer un électrochoc auprès des Français parce qu'au fond, personne ne savait si les Français allaient se discipliner au point d'accepter un confinement très strict, que les gens acceptent cette idée de ne pas aller travailler, de rester chez eux. Et au fond, personne ne savait. Il y a eu ce choix très fort d'Emmanuel Macron, au fond, de consigner tout le monde en leur expliquant qu'on était en guerre, y compris contre un ennemi invisible.
Est-ce que c'était les bons mots ? Je crois qu'on pourrait épiloguer à l'infini. Mais très vite, il a aussi cherché, parce qu'il a bien vu qu'il était parti très très haut et qu'ensuite, c'était devenu compliqué.
Et
il est passé, j'allais dire, lorsqu'on
est
passé au confinement, au déconfinement, à la sortie, il a sans doute, là aussi,
il
s'est cherché. Il a voulu donner de l'espoir. Il a parlé des jours heureux. Les jours heureux étaient enfin arrivés. Et à mon sens, ça a sans doute été une erreur dans le choix des mots parce que les jours heureux, ça a sans doute entraîné un relâchement et au fond, un feu vert pour les Français de se relâcher, de moins appliquer les gestes barrières. Peut-être aussi, Emmanuel Macron, à ce moment-là, a cru vraiment que la crise était derrière nous.
D
'ailleurs, il l'avait dit au 14 juillet sur France 2 que c'était derrière nous. Et puis, il y a eu l'annonce du reconfinement.
Et
là, on a eu Emmanuel Macron qui, cette fois-ci, a changé de registre. Il est devenu beaucoup plus pédagogue, beaucoup plus... Il a plus cherché à puiser dans l'histoire, dans le registre guerrier, dans le registre du Conseil de la Résistance et que sais-je encore. Il est devenu plus simple. Il a essayé d'expliquer des choses aux Français de manière plus simple. Et surtout, il a quand même dans le même temps tiré les leçons politiques en changeant son dispositif politique. Il s'est mis un peu plus en retrait, laissant son Premier ministre vraiment en première ligne.
Et on ne le dira jamais assez, mais Jean Castex, qui est devenu un peu le paradonnaire, celui sur qui les corporations, les Français, voire certains ministres, râlent, il est assez pratique, ce Castex, pour Emmanuel Macron dans cette deuxième phase du confinement, parce que pendant que lui,
ça
a été dit d'ailleurs, pendant qu'il monte dans les sondages et il a un niveau de popularité qui est relativement élevé, moi, je pense que c'est une popularité un peu en trompe-l'œil, mais elle est là, elle est assez confortable. Jean Castex, lui, il est dans une situation beaucoup plus périlleuse. Mais au fond, là, on est vraiment dans le système de la Ve République avec un Premier ministre qui est au four et au moulin pendant que le président vient de temps en temps s'expliquer sur la crise du Covid, mais se retire quand même assez vite. Je trouve qu'il est quand même dans cette deuxième phase un peu plus en retrait qu'il ne l'était pendant la première.
Ça
voudrait dire cette popularité, peut-être Nathalie Saint-Cric et puis ensuite Roland Carole, ça voudrait dire qu'il
y a
une forme d'indulgence des Français dans la gestion de la crise parce que tout le monde a bien compris que c'était très difficile de prévoir ce qu'il arrivait
le
lendemain et on voit tous les exécutifs un peu balotés par la gestion de cette crise. Grâce, enfin, je veux dire, au début, effectivement, il n'y avait pas cette indulgence parce qu'on a été quand même crédité ou il a été débité de ne
pas
avoir fait les choses correctement et c'est cette histoire des masques qui, de toute façon, on lui collera la poule voix mais quand on s'est rendu compte que finalement les autres pays européens qui étaient chantés, loués sur tous les plateaux comme étant des merveilles absolues notamment l'Allemagne et que finalement il y avait une espèce de mauvais exemple français et que les autres étaient des génies, là finalement, comme ça s'est propagé ailleurs, je pense que les choses sont mises à peu près au niveau. Mais je pense aussi que dans ce qui peut probablement profiter Emmanuel Macron, c'est qu'il a quand même, Bruno l'a dit, même s'il a changé de temps et qu'il n
'est
pas passé d'une forme de symbolisme ou de romantisme ou de clémencisme, je ne
sais
pas très bien, avec la guerre,
il
est rentré dans du pragmatisme en expliquant les choses aux gens. Mais je pense qu'il a toujours une façon de dire les choses qui est non pas optimisme bêta, c'est-à-dire avec un grand sourire, mais qu'il donne des perspectives et que c'est peut-être pour cela que les Français, finalement, lui passent beaucoup de choses alors que c'est vrai que Jean Castex, chaque fois qu'il annonce quelque chose, on a l'impression que ce n
'est
non pas la fin du monde mais il tourne les choses de façon quelquefois extrêmement sombre alors qu'Emmanuel Macron... Emmanuel Macron nous dit vous aurez le 24, c'est génial même si vous n
'avez
pas le 31 et Jean Castex nous dit le 31, vous buvez, vous mangez, vous faites la fête et c'est pour ça qu'il ne
faut
pas que vous l'ayez. Donc je pense que peut-être cette espèce de différentiel et je ne
suis
pas entièrement d'accord avec Bruno, je pense que
c
'est pratique d'avoir un Premier ministre paratonnerre ou qui prend tous les coups quand on ne les prend pas soi-même jusqu'à un certain point parce que s'il y
a
un trop grand décrochage dans l'image du Premier ministre, ça peut devenir un handicap pour le chef de l'État. Good Cop, Bad Cop, c'était Édouard Philippe qui était sur la ligne dure tout comme Jean Castex aujourd'hui
? Oui,
alors il était sur la ligne dure mais au tout début de l'épidémie, Édouard Philippe soulignait que l'important c'était plutôt de s'intéresser aux conséquences économiques. Il a fallu du temps pour que Matignon passe du côté sanitaire. Alors après, quand l'épidémie était là, on était dans le confinement, évidemment, le discours a changé et le discours d'Édouard Philippe, c'est d'ailleurs celui que copie aujourd'hui Emmanuel Macron,
c
'était de dire on va dire aux Français la vérité, ce qu'on ne sait, ce qu'on ne sait pas. Et ça,
c
'est une expression qu'on retrouve aujourd'hui très fréquemment dans la bouche du président de la République qu'il s'agisse de l'épidémie,
qu
'il s'agisse de la campagne de vaccination qui se prépare. C'est devenu plutôt un modèle Édouard Philippe pour Emmanuel Macron. Après, dans la répartition des rôles, c'est vrai qu'Emmanuel Macron a énormément varié mais toujours avec ce souci d'être dans l'accompagnement des Français. C'est-à-dire qu'on voit bien qu'à chaque fois qu'il y
a
eu des mesures, il fallait que l'acceptabilité soit là et on accompagnait l'humeur des Français.
À
partir du moment où il était possible de passer en mode confinement, on se disait on va y arriver, il ne
faut
pas susciter de colère.
Il
y
avait
quand même quelque chose de très précautionneux et surtout dans la deuxième partie où on voit que c'est très dur,
il
y a le monde de la culture qui se réveille, les restaurateurs qui comprennent que les perspectives, parce qu'il a donné des perspectives effectivement au président de la République,
mais
des perspectives qui s'éloignent en permanence, puisqu'à présent, on entend que ce ne sera pas le 20, mais plus tard. Donc, la difficulté là, je trouve qu'on est passé dans un moment où le président reconnaît qu'on est dans une incertitude et que ça va durer des mois. Et d'ailleurs, c'était son inquiétude et c'est ce qu'il a dit au parlementaire qu'il a reçu mardi matin. Il a dit, ce qu'il inquiétait, c'était une reprise épidémique au moment du début de la vaccination parce qu'il avait peur justement que les Français relâchent les gestes barrières et qu'il n
'est
pas encore bien intégré, qu'on en avait encore pour des mois et des mois.
Est-ce qu'il peut reprendre la main, Roland Quairol, avant la fin de la pandémie ? Ou est-ce qu'il est condamné à accompagner la fin de la crise jusqu'au bout en se disant, il me restera peut-être six mois peut-être pour faire campagne, peut-être pas pour caser des réformes, ça c'est derrière nous ?
Je crois qu'il
n
'y a pas de stratégie possible contre ce virus. Et que c'est le problème qu'ont rencontré tous les gouvernements occidentaux. Il faut s'adapter. C'est le virus qui fait qu'il monte ou il ne monte pas. Et il faut trouver des réponses à ce moment-là avec les difficultés qu'on a dans son appareil d'État parce qu'on n'avait pas forcément bien prévu. Et du coup, Macron, c'est pour ça qu'il a semblé évoluer. C'est qu'il essaie d'adapter à l'état du virus. Et il nous a dit des choses qui grosso modo correspondaient aux questions que se posaient les Français.
on avait le sentiment qu'il avait avec lui un très bon chargé d'études à l'institut de sondage qui lui expliquait les questions que se posaient les Français.
C'était qui
? Ah, j'en sais rien. Mais qu'en tout cas, il était bien briefé et que le changement de ton, le change... Il n'y
a
qu'une chose sur laquelle les gens lui ont reproché vraiment des choses pendant un temps assez long, c'est de ne
pas
nous donner suffisamment de perspectives et pas de calendriers.
Et
c'est ce qu'il a fait dans les deux derniers mois, quitte que ce soit des calendriers qu'on bouge un petit peu. Et il a été aidé dans tout ça par le fait que l'opinion publique avait peur de ce virus
et
qu'il y a toujours le même chiffre qui revient dans tous les sondages à tous les moments, c'est 70%. 70% demandent toujours un nouveau tour de vis. C'est plus facile de gouverner quand on a eu une opinion qui est comme ça. Et qu'en même temps, elle a envie de lui dire qu'après, il y aura de l'espoir. D
'où
la thématique des jours heureux qui ne voulait pas dire qu'on y entrait à l'été. Mais ça voulait dire quand la guerre sera finie, comme l'avait dit le Conseil de la Résistance, après, on repensera aux jours heureux. Donc, on repensera aux jours heureux vraiment à la fin de la pandémie. Et on n'y est pas.
On va parler de la méthode parce qu'il
y a
des critiques qui se sont exprimées. Il y avait la forme, la façon dont il a appréhendé le message qu'il devait aborder auprès des Français, mais aussi la méthode de gouvernance de cette crise. Les maires, eux, n'en démordent pas. L'une des leçons de cette crise,
c
'est tout simplement l'échec d'une politique menée d'en haut qui conduit à demander l'application de règles parfois absurdes. Le procès des normes, des règles de la bureaucratie française a débuté. Laura Radeau et Arnaud Foire.
Bonjour. Il
est devenu le porte-parole des élus en guerre contre ce qu'il appelle la folie bureaucratique française. Il
est là, le petit gel.
Vous êtes là en légalité cette fois ?
Oui,
c
'est
ça. Ça
me fait bizarre d'être dans une librairie sans être en clandestinité. Une librairie désobéissante qui a refusé de faire les boutiques au moment du deuxième confinement. Le maire de Cannes, lui, avait alors publiquement apporté son soutien face aux autorités.
Là, sur 100 mètres carrés, 3 ou 4 personnes, franchement, aucun risque sanitaire, monsieur le maire le comprenait très bien.
L
'État n'a cessé, selon lui, d'édicter des règles absurdes. Un phénomène qui se serait amplifié depuis le début de la crise et dont il a fait un argument politique. Comme la puissance publique régalienne est de plus en plus défaillante sur l'essentiel, elle arrive de moins en moins à cibler et à faire respecter des règles nécessaires. Elle multiplie les interdits superflux. C'est l'esprit des lois de Montesquieu lorsqu'il disait, j'utilise souvent cette citation, mais il est vrai, les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires. Inutiles, absurdes, aliénantes ou arbitraires, ces mots ne sont pas assez durs pour qualifier les protocoles imposés par l'État.
Les exemples, dit-il, se sont multipliés, notamment au plus fort de la première vague, quand la mairie a rusé pour contourner certaines règles. On fournissait les professionnels de la médecine de ville, qui a été la grande oubliée, comme souvent en France aussi, les libéraux, les infirmiers, les médecins, et l'hôpital, en matériel de protection, y compris des thermomètres d'ailleurs, que nous, on avait en stock à la ville parce qu
'on
les renouvelait, alors que ce n
'est
pas du tout notre compétence et notre responsabilité. Et on le faisait au départ en cachette, de peur qu'il
y ait
des réquisitions,
alors
qu
'on
le donnait au personnel soignant et que si on laissait réquisitionner, on savait qu
'on
ne leur verrait pas la couleur parce que ce serait monté à Paris,
ce
serait resté dans les entrepôts avant d'être redistribué. Face à une maladie,
il
faut aller très vite,
il
faut être agile,
il
faut être souple. Une lourdeur de l'État qui agace de nombreux élus locaux. À quelques kilomètres de là, la mairie de Grasse voudrait installer son traditionnel marché de Noël, un sujet qui s'est transformé au fil des semaines en casse-tête. Madame le maire adjoint, je vous propose qu'on s'installe si on puisse évoquer un petit peu
cette
question du marché. Sur la table, les différentes versions d'un événement qui varie au gré des nouveaux protocoles. Ça change tous les jours, j'ai l'impression. Le dernier arrêté préfectoral interdit la patinoire ou toute restauration sur place. Les food trucks, on n'a pas le droit de manger devant. Voilà, là, on l'a marqué bien, c
'est l'un
porté. Monsieur le maire l'assure, il échange toutes les semaines avec le préfet. Des discussions qui ne se concrétisent que rarement. Une gestion de l'épidémie bien trop centralisée selon lui. Je pense qu'on n'est pas écouté dans la co-construction justement de ces règles.
Et
je crois que ça,
c
'est une grande erreur de ne pas donner plus de pouvoir aux maires et de responsabilisation aussi des maires parce que je crois que les maires sont quand même peut-être pour la plupart responsables et ils connaissent les besoins à la fois de leur terrain, de ces sujets.
Des
maires en première ligne, y compris face à leurs administrés. À la rentrée de la Toussaint, Jérôme Vieux s'est retrouvé confronté à l'incompréhension de certains parents, obligé de justifier des protocoles contradictoires. Le matin, vous avez ces distanciations entre chaque papa, chaque maman, chaque enfant. L'enfant est confié à la garderie. Ils sont mixés, enfin, ils sont ensemble.
Puis
après, à 8h30, on passe de la garderie à l'éducation nationale et donc à l'école où les enfants sont non mélangés dans les classes. C'est quelque chose qui est difficile d'expliquer parce qu'on nous pose
souvent ces questions-là avec quatre protocoles différents qui sont écrits par le même ministère
et
qui s'appliquent de manière différente et
en opposition les uns avec les autres dans une même journée.
Un
manque de directives cohérentes qui aurait donc pris une plus grande ampleur en pleine pandémie. Selon une récente étude, un maire sur deux estime avoir été mal associé à la gestion de la crise.
Et
cette question qui nous est posée ce soir est une petite musique qui monte dans le débat politique sur Azique et Ménère avec le procès qui est fait à la bureaucratie française. « N'a-t-on pas édicté trop de règles sur le Covid ?
»
C'est vrai qu'il y
a
eu énormément de règles et surtout, c'est Roselyne Bachelot qui expliquait ça ce matin. Vous savez, il
y
a eu la question entre la distinction entre essentielle et non-essentielle. On en parle d'ailleurs aujourd'hui encore beaucoup pour le monde de la culture. Donc, elle a été interrogée là-dessus. Elle dit « Mais c'est une règle administrative. N'empêche que le gouvernement n'a pas transformé cette règle administrative. Et donc, tout le problème, c'est que le vocabulaire technocratique s'est retrouvé au premier plan. C'est pourtant un gouvernement d'experts qu'on devait avoir devant nous. C'est-à-dire que ça, c'était la promesse du début du quinquennat. Mais c'est-à-dire les bonnes personnes à la bonne place, efficaces, censées apporter immédiatement les bonnes réponses.
Et c'est vrai que dans cette crise, ce qui a manqué, c'est à la fois de l'efficacité. On ne
va
pas revenir sur ce qui s'est passé au tout début de l'épidémie, sur les masques, puis les tests, etc. Il a manqué de
l
'efficacité et il a manqué aussi du bon sens, c'est-à-dire la transformation des règles pour les expliquer. Je pense que c'est encore très difficile, je reprends cet exemple pour les professionnels de la culture, de comprendre aujourd'hui pourquoi, comme on ne peut pas aller au théâtre alors qu
'on
peut aller dans les grands magasins. Alors, le Premier ministre a expliqué qu'il s'agissait d'éviter les brassages de population, mais les brassages de population ont lieu aussi pour aller dans les grands magasins. Donc, c'est quelque chose qui n'est pas assez expliqué, c'est comme si c'était de l'induit ou qu'il ne fallait pas en dire plus. Et donc, effectivement, ça provoque énormément de mécontentement parce qu'il y a eu énormément de règles, énormément de choses. Ça a été la même chose, on s'en souvient, au début, pour les lieux de culte, 30 personnes. Pourquoi 30 personnes ? Alors, c'est pareil, on a disserté pendant des heures et des heures.
Donc, énormément de barrières comme ça, de jauges qui donnaient l'impression d'être enfermés. Alors, en même temps, on peut se consoler
les
voisins allemands où il faut calculer quels sont les parents, si c'est en ligne directe ou pas, pour savoir si on peut être présent avec eux. Selon la personne qu'ils reçoivent, c'est encore plus compliqué que chez nous. N'empêche que ce phénomène de déconnexion et de toute puissance de la bureaucratie,
c
'est vraiment ce qui aura marqué le début, en tout cas, ou le milieu, je ne
sais
pas où on en est, de cette épidémie.
On va dire à la fin ? Non ? Il reste trois à six mois, a dit le professeur Delfraissy hier, encore un peu de temps, a-t-il dit en tout cas. Et cette phrase d'Emmanuel Macron qui a fait le même diagnostic que vous expliquez à l'instant et que certains élus locaux qu'on a vus dans le reportage qui dit « Nous avons identifié certaines de nos faiblesses, une organisation imparfaite et trop de bureaucratie ».
Oui,
ça, on l'a vu notamment au début où chacun a essayé de se voler les masques et où il n
'y a
pas eu de régionalisation, notamment pour gérer au mieux les patients. Mais juste à des charges, non pas du gouvernement, il y a deux éléments, c'est-à-dire cette volonté que ce soit lisible pour tout le monde. C'est-à
-dire
au début de la crise, on a dit qu'on a fait un distinguo et on a fait un peu de dentelle en fonction des territoires, y compris même en fonction des rues à Paris ou des rues dans certaines villes en disant « Il
y
a des rues qui sont petites ou il y
a
des marchés où c'est très serré, dans ce cas-là, mettez votre masque. » En revanche, les grandes avenues et personne n'a rien compris. Ça, c'était le premier point. Donc, on en est arrivé à une règle uniforme, donc forcément imbécile parce qu'elle est uniforme. Deuxièmement, cette volonté d'égalité. En gros, si moi, je n
'ai
pas le droit d'aller au restaurant, je ne
vois
pas pourquoi dans un endroit où le virus circule moins, on pourrait y aller. Donc, si on croise tous ces critères, ça aboutit à des règles uniformes, mais c'est effectivement vrai qu'il
y a
une bureaucratie énorme qui s'est développée. Mais, il faudrait être honnête, si on voulait être plus libre, il faudrait qu'on accepte moins de précautions. C'est-à
-dire
qu'il y a à la fois une demande d'assurance, de réassurance et de protection des Français qui pourrait très bien dire pourquoi mon fils, il a pu s'asseoir à la cantine à côté et qu'il n
'y a
pas eu 10 cm et pourquoi le plateau, il n
'a
pas été lavé 8 fois. Donc, pour répondre à cette espèce de demande de réassurance de la société, on en arrive à régler tout, le poids du taille-crayon, la façon dont on va laver le plateau, les fourchettes, la licence et arriver à un protocole où Jean-Michel Blanquer avait rédigé 4 pages, il se retrouvait avec 40 pages sur l'école parce qu'il y
avait
une demande aussi des profs de tout le monde de savoir comment on doit tout faire. Ça voudrait dire qu'on a la bureaucratie qu'on mérite. Ça veut dire qu'en gros, quelquefois, on l
'a
un peu cherché. Et nous revenons maintenant à vos questions. C'est-on comment va Emmanuel Macron maintenant ? Bruno Jeudy.
Écoutez, il a un peu de fièvre. J'ai regardé pendant le reportage, désolé Caroline Roux, mais il
était en
direct, on voyait des images de lui en visio. Il avait l'air un petit peu faible quand même. Voilà, j'ai trouvé l'image de quelqu'un qui manifestement avait un peu de fièvre et n
'était
pas au mieux de sa forme. Mais c'est un petit peu normal au premier jour du Covid, si c'est le cas.
Vous
croyez,
Bruno Jeudy, qu'on va
passer sept jours à surveiller la mine du chef de l'État ? Oui.
Non, je crois qu'on va beaucoup la regarder. Je crois qu'on va beaucoup la regarder, croyez-moi. La santé des présidents, et Roland l'a très bien expliqué, la santé des présidents, c'est un sujet majeur dans ce pays qui est traumatisé parce que l'histoire de la cinquième, ça a été raconté, a été émaillée de nombreux mensonges. Donc du coup, avec ce jeune président, on va le regarder sans doute encore un peu plus que ses prédécesseurs. Surtout que là, on a ça en direct. Je vous rappelle que les autres,
ça
se passait un peu dans le palais. On l'apprenait souvent après, parfois dans les livres, beaucoup plus tard, y compris des présidents récents. Nicolas Sarkozy raconte que son fléguement à la gorge en 2008 lorsqu'il se rend au Maroc, on ne l'apprend que dans le livre quasiment qu'il a écrit cet été.
En tout cas, le choix qui a été fait, c'est ce que vous nous disiez en début d'émission, c'est la totale transparence sur l'état de santé du président avec des points quotidiens, j'imagine ?
Je
pense qu'il y
aura
des points quotidiens. Je pense qu'on va avoir le communiqué du médecin qui est toujours avec lui. Vous savez que les médecins à l'Elysée, quand même à Tignon, ce sont des médecins militaires qui suivent la santé du président. Et je pense que, oui, oui, on aura un point quotidien.
J'espère
que ça ne sera pas Jérôme Salomon. Parce
que
? Parce que c'est tellement terrible quand on l'entend que s'il nous parle du président,
on
va croire qu'il est
très malade. En
tout cas, on parle de la santé du président, mais aussi, naturellement, celle des cas contacts, à savoir aussi Jean Castex et notamment le président de
l
'Assemblée et d'autres chefs d'État. Quel bel exemple ! On ne leur a pas dit aux gens du gouvernement qu'on se contaminait à table
?
Oui, on sait que c'est effectivement la première source de contamination.
Oui, on sent un petit peu de malice. Peut-être que la
politique a été plus
forte hier
soir.
On ne sait pas si c'est hier soir.
Comme vous me l'avez dit tout à l'heure, on ne sait pas qu'il y
a
filé quoi. Peut-être pas dans ce dîner. En tout cas,
il
y a des cas contacts et on verra s'ils ont été contaminés lors des dîners à l'Élysée.
Déjeuner,
dîner et autres collations collectives dans les palais de la République quand on exige la ferme dure des restaurants. Voyez l'humeur des
gens qui nous regardent ce soir. Je
crois, Caroline Roux, qu'il va y avoir une sorte peut-être de critique, voire de procès des élites médiatico-politico-économiques parce qu'il faut le dire, les déjeuners pendant ce deuxième confinement ont continué dans les ministères. Voilà, donc avec les règles, en faisant attention.
À la cantine aussi,
dit Roland Quairol qui est avec nous sur le plateau. À la cantine aussi, dit-il.
Il
y a un risque. Il y
a
un risque au moment du déjeuner.
C
'est sans doute un peu l'un des angles morts de ce moment de confinement.
Si on
nous montrait Emmanuel Macron en train de manger un sandwich avec 8 mètres carrés autour de lui et avec pas un chat, on ne le croirait pas. Donc si vous voulez effectivement qu
'il
ne fasse pas des banquets ou des fêtes. Mais je n
'ai
pas l'impression que c'était une fête hier soir. Parce que quand on regarde un peu la nature, la personnalité des personnes présentes,
c
'est une réunion politique. D'abord, il n'y avait pas de femmes. Mais ce
n
'est pas que quand il y
a
des femmes, c'est une fête. Mais en tout cas, c'était très masculin. Et puis je pense que c'était plus pour aider à des problèmes dans la majorité. Mais honnêtement, qui dînent et qui
déjeunent...
Nathalie, c'est la Macronie.
Est-ce que l'Elysée sera un cluster ? On n
'en
sait rien, mais vous
nous disiez tout à l'heure,
il y
a
du monde à l'Elysée.
Ah ça, dans l'Elysée,
il
y a presque 800 personnes. C'est une usine.
Donc tout ça est placé sous surveillance. Et j'imagine que
tous les gens qui
sont aujourd
'hui à l'Elysée
seront testés également. Si ça table, faites ce que je dis, pas ce que je fais. Soyez qu'est-ce
que je m
'énerve
? Oui,
d'autant que cette information tombe pile le jour où l'étude de Xavier Fontanet, qui est épidémiologiste à l'Institut Pasteur et qui est un des scientifiques qui écoute beaucoup Emmanuel Macron, membre du Conseil scientifique, elle est tombée aujourd'hui. Donc ils disent que les repas, ils confirment que les repas jouent un rôle central dans les contaminations. Et aussi, ils ont extrait les données de 25 600 personnes qui étaient fichées par l'assurance maladie. Et 44% des personnes infectées ne savent pas comment elles ont été infectées. Donc ça va être toute la question parce qu'évidemment, vous savez, c
'est
la question du backtracing. On essaie de voir d'où vient la contamination. Évidemment, on n
'a
pas fini de refaire l'agenda d'Emmanuel Macron avec cette particularité. C'est-à-dire qu'il y
a
des personnes qui étaient au Conseil européen avec lui la semaine dernière qui se sont mis à l'isolement. Nathalie Saint-Cricq le disait tout à l'heure. Et puis d'autres qui l'ont rencontré plus récemment. Aux dernières nouvelles, Ursula von der Leyen n'est finalement pas en isolement parce que son cabinet estime que lundi et lundi, ils se sont vus dimanche soir et que le président n'était pas contagieux avant lundi ou mardi. Donc c'est vraiment à géométrie variable.
Sinon, on a des nouvelles de l'application Stop Tous anti-Covid
? Non, mais je veux dire,
là, il y a 11 millions de téléchargements. Donc ça veut dire que ça a été plutôt un succès cette fois-ci. Ça pourrait être utilisé
?
Je ne sais pas si le président l
'a
téléchargé.
Bruno
Jeudy ? Je
crois qu'elle a été téléchargée par plusieurs des membres, des personnes présentes à ce dîner. Le président nous a dit qu'il l'avait téléchargée. Je ne sais pas si elle a permis de localiser, de connaître les cas contacts.
Tout ça, c'est censé aider au contact tracing ? C'est ce qu'on nous a expliqué depuis des semaines. La tête de l'exécutif en quarantaine peut-elle bien gérer la crise du Covid à un moment à haut risque ? Ça ne
va
pas durer six mois. Ça va durer une semaine, comme Roland l'a dit. Effectivement, il devait partir au Liban. C'est dommage pour les Libanais parce que c'était un voyage qui était attendu. Mais c'était deux jours de déplacement. Pour le reste,
il
va être neutralisé. Mais il ne sera même pas neutralisé. On ne
va
pas le voir sortir. On ne
va
pas le voir embrasser des gens et toucher.
D
'ailleurs, il ne le faisait pas plus trop. Mais tout ce qui est de l'ordre... Et puis il y a toute une infrastructure derrière. Il n
'y a
pas que Alexis Collère, Emmanuel Macron et Jean Castex. Il y
a
des gens qui font avancer le travail. Je n'imagine pas que les choses s'arrêtent. Donc, effectivement, si ça devait durer plus longtemps, ça pourrait poser un problème.
Et puis il va travailler en
visioconférence comme il
l'a fait depuis le début. Et comme on nous le montre
allègrement à
l'heure de journée.
Notre président en sortira-t-il plus humain, moins condescendant
? Ça,
c'est une possibilité. Quand des faits, on l'a évoqué au tout début de l'émission, ça peut donner un peu plus d'humanité. Le fait d'être malade, le fait de penser que la souffrance fait partie de la vie d'un individu alors qu'il avait l'air d'avoir toujours raison, d'être toujours en forme, peut-être que ça peut aider à un peu plus d'humilité.
Qu'en dites-vous, Bruno Jeudy
?
Peut-être. Je ne sais pas. Moi, j'ai l'impression que ça aura peu d'effet. Je pense qu'Emmanuel Macron est déjà jugé sur des tas de choses. Il y a une saturation de jugement. Ceux qui le détestent continueront à le détester. Ceux qui l'adorent continueront à l'adorer. Et il y a tout un marais qui va et vient. Moi, je crois qu'aujourd'hui, pour Emmanuel Macron, qui a une bonne cote, on est dans une période de gel. Il faut attendre le dégel,
c
'est-à-dire la fin de cette période de Covid pour savoir exactement où il en est avec les Français.
Et pour savoir précisément quel effet aura eu la crise du Covid sur l'image éventuellement du chef de l'État. Qu'en est-il de la santé de la première dame
? Pour
l'instant, elle est cas contact. Elle l'a déjà été, il y a un petit mois. Finalement, elle avait été testée à la fin. Elle n'avait rien. Hier soir, elle était de sortie. Elle était à la messe d'enterrement. Enfin, pas d'enterrement à la messe.
En
l'honneur à l'intention de Valérie Giscard d'Estaing, elle représentait son mari. Elle avait l'air dans un état totalement normal. Mais je ne
suis
pas médecin et je ne
me
suis pas approchée plus que
ça. Et comme
les autres, il y aura une transparence sur l'état
de santé de la première dame. Il y aura une transparence. Mais attendez, sur la
transparence, il y
a
quand même quelque chose qui est formidable. C
'est
que ce soit une collégialité de médecins qui donne les bulletins parce qu'on est toujours dans un médecin qui habite à l'Elysée, qui habite et sert à certains autres pays des gens indépendants. Ça pourrait être bien. Je termine par cette petite question. Mon salon fait 120 mètres carrés. Je peux donc inviter une vingtaine de personnes.
Tout le gouvernement.
Bruno Duval de Marne, merci pour ce trait d'humour. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h35. Demain, vous retrouvez Axelle Detarlet. Tout de suite, c'est à vous.
C'est
à
vous.