Venezuela, grand froid, Mercosur...L'interview de Mathilde Panot (LFI) en intégralité
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8h29, vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Mathilde Panot. Bonjour. Bonne année. Vous êtes présidente du groupe LFI à l'Assemblée Nationale. De très nombreuses questions à vous poser ce matin, à la fois sur la situation internationale, évidemment l'arrestation de Nicolas Maduro, l'Ukraine, mais aussi le budget. Un point d'abord, parce que vous êtes vous-même élue du Val-de-Marne, vous êtes arrivée en voiture, ça allait ?
Oui, ça allait. J'invite toutes celles et ceux qui nous écoutent à être extrêmement prudents. Et je voudrais surtout avoir une pensée pour celles et ceux qui, aujourd'hui encore, dorment à la rue. Il y a eu la nuit de Noël, Morgane, 35 ans, un homme qui est mort de froid à Reims. Il y a eu le 30 décembre, Fernand, 72 ans, qui est mort à Paris. Et malheureusement, la liste est longue, puisque nous avons au moins 7 personnes qui sont décédées du froid ces deux dernières semaines. Et le collectif des morts à la rue parle de 912 personnes qui sont mortes de la rue, de l'innexion de ce gouvernement. En 2025 ? En 2024, c'est les chiffres.
Les chiffres de 2024, les chiffres de 2025 viendront un peu après. C'est un record, malheureusement. La plus âgée d'entre elles avait 93 ans, les plus jeunes d'entre eux avaient quelques jours. Et c'est une indignité absolue que, dans la France, 7e puissance mondiale, il y ait encore des gens qui soient condamnés à mort en vivant à la rue de cette manière. Et donc, j'appelle à faire respecter, à la fois à faire ouvrir les bâtiments publics, et à faire respecter la loi de réquisition qui date de 1946, qui a été utilisée la dernière fois en 1999. À l'époque, il y avait 1 000 bâtiments qui avaient été réquisitionnés. Je rappelle que la réquisition, contrairement au cri d'enfer...
Des bâtiments publics, des bâtiments privés ? Ce sont des bâtiments privés. À l'époque, c'était des bâtiments des assurances et des bâtiments de compagnies financières. Il y avait donc 1 000 bâtiments, que c'est des réquisitions qui sont temporaires, avec indemnisation du propriétaire, et qu'il y a 3 millions de logements vacants dans ce pays. Donc, il faut mettre d'urgence tout le monde à l'abri et faire en sorte que tout le monde est un toit. Application, donc, de la loi de réquisition immédiate, demandez-vous.
Oui, oui, et vraiment, je fais un appel solennel aujourd'hui, parce que des vies en dépendent, et nous voyons que nous avons des températures négatives un peu partout dans le pays, que nous avons une vague de froid qui, malheureusement, va se continuer, et que, face à l'explosion du sans-abrisme, notamment des enfants, il y a une responsabilité de ce gouvernement et de l'ensemble des pouvoirs publics de mettre tout le monde à l'abri. Coupable, coupable de ces condamnations à mort, comme vous dites ?
Oui, oui, moi j'ai honte de voir que, là encore, dans un pays aussi riche que le nôtre, un président de la République, qui, je le rappelle, est arrivé en 2017, en disant, dans un an, plus personne ne dormira à la rue. Eh bien, nous avons une explosion du sans-abrisme jamais vue depuis 70 ans dans ce pays. Donc, maintenant, ça suffit. Il existe une loi qui s'appelle la loi de réquisition, qui permet de réquisitionner temporairement, vous savez, sur les 3 millions de logements, pour être très précise, il y en a 1,2 million qui sont vides depuis plus de deux ans. Donc, il n'y a aucun problème à aller...
à aller réquisitionner ces logements et à faire en sorte que les personnes qui sont aujourd'hui à la rue puissent juste survivre. Je rappelle, évidemment, on parle de l'hiver et on en parle lors de la vague de froid, mais il y a malheureusement autant de gens qui meurent aussi lors des vagues de canicule.
Mathilde Panot, Nicolas Maduro a été présenté à la justice américaine hier. Je suis toujours le président de mon pays. Voilà ce qu'il a déclaré. Il reste en prison à New York jusqu'à sa prochaine audience le 17 mars. Vous avez écrit à Sébastien Lecornu pour demander un débat parlementaire sur le Venezuela. À quoi bon ?
À quoi bon ? Eh bien, beaucoup de choses. D'abord, parce que le président de la République ne peut pas décider seul de la politique étrangère de la France. Et je crois que l'Assemblée nationale a des choses à dire et une voix de la France à réaffirmer, d'autant plus fortement que la voix de la France a fortement manqué vis-à-vis de la tradition que nous avons sur cette question, puisque le président de la République a non seulement été incapable de condamner des violations du droit international extrêmement graves, mais il a même été incapable de nommer Donald Trump et les États-Unis comme étant les agresseurs. Nous sommes face à une situation qui est extrêmement préoccupante.
Il y a dans ce qu'a fait les États-Unis des violations, trois violations de la Charte des Nations unies. La première, c'est d'agresser militairement un pays sans avoir l'accord du Conseil de sécurité de l'ONU. La deuxième, c'est d'avoir kidnappé un chef d'État en exercice et sa femme pour l'emmener aux États-Unis et cela s'appelle un enlèvement et non une capture, comme on le dit régulièrement, malheureusement, en utilisant les mots de l'administration Trumpenne. Et la troisième, c'est de bombarder des civils. Et je le dis puisque j'ai entendu sur certains médias qu'il y avait zéro mort dans cette opération, dont on vante les mérites et je ne sais quoi.
La garde rapprochée de Nicolas Maduro a connu de nombreux victimes. Entre 40 et 80 morts dans cette opération. Pourquoi est-ce que c'est si grave, cette opération et cette agression qui a été faite par les États-Unis ? D'abord parce que les États-Unis sont en train de renouer avec un impérialisme qui est extrêmement violent et qui n'a rien à voir ni avec le narcotrafic qui est un prétexte, ni avec la démocratie comme on essaye de nous le faire croire en Europe, mais qui a tout à voir avec le pillage des ressources naturelles du Venezuela et donc du pétrole. D'ailleurs, Trump le dit lui-même directement. Le 19 décembre, il a dit nous allons récupérer le pétrole.
Et la deuxième chose, c'est que si on accepte que le droit international est à géométrie et à géographie variable, alors on légitime les coups de force. On légitime ensuite derrière ce qui se passe sur l'Ukraine, ce qui se passe à Gaza, ce qui se passe en République démocratique du Congo. Et ce n'est pas possible. La France ne peut pas participer à cela et doit donc condamner fortement ce qui s'est passé avec les États-Unis.
Vous le dites ce matin, vous aimeriez pouvoir le dire effectivement lors d'un débat à l'Assemblée nationale. Vous irez jeudi à l'Élysée. Il vous convoque non pas sur cette question-là, mais sur la question de l'Ukraine. Vous répondrez présente à cette rencontre avec le chef de l'État ? Oui, j'y serai.
Comme à chaque fois que nous parlons des sujets internationaux, nous avons répondu présents. Et j'y serai notamment pour rappeler d'abord l'importance du droit international. La honte que nous a fait Emmanuel Macron en ne faisant pas respecter, y compris le multilatéralisme autour de l'ONU. Et j'en profiterai évidemment pour demander des réponses sur le Venezuela. Mais aussi, je vous le dis, Madame de Malherbe, sur le Mercosur. Puisque vous le savez, le Mercosur a été décalé et le Mercosur, c'est donc le traité, le plus grand traité de libre-échange négocié entre l'Union européenne et le Mercosur, ne retombe pas. Exactement. Et ils ont bien raison.
Et donc, nous ne voulons pas que ça se soit décalé, peut-être à mi-janvier, pour une signature. Mais nous voulons que cet accord ne se fasse jamais. Vous demandez toujours le retour immédiat de Maduro au Venezuela ? Oui, nous demandons sa libération. Et je crois que tous ceux qui ne demandent pas sa libération... Non, je ne faisais pas dans les salubrations. Oui, le retour au Venezuela.
Le retour au Venezuela.
Oui, bien sûr. Mais sinon, ça veut dire que vous cautionnez un kidnapping. Vous souhaitez, pour les Vénézuéliens, qu'ils aient Maduro à la tête de l'État ? Mais ça, ce n'est pas... Écoutez, Madame de Malherbe, je suis une responsable politique française. Ce n'est pas à moi de dire qui doit être tel ou tel dirigeant d'un pays. Mais je veux alerter solennellement. Lorsque la France, et elle a eu bien raison, lorsque la France s'est honorée à dire non à la boucherie qui avait été décidée par Bush Junior en 2003 en Irak, lorsque la France a fait cela et elle a refusé de participer à cette guerre, elle ne l'a pas fait. Elle l'a fait en soutien à Saddam Hussein.
Elle l'a fait au nom de principes intangibles du droit international. Et la France doit s'honorer, justement, à faire respecter ce droit international. Parce que si on commence à demander qui soit le régime autoritaire dans le monde, et ensuite qui peut décider qui doit enlever et kidnapper tel ou tel président en exercice, je vous assure que là, c'est la loi du plus fort qui supplante le droit international et que le monde est alors en grand danger. Et vous avez d'ailleurs vu que le Groenland est menacé, que le Mexique est menacé, la Colombie est menacée.
Je vous interroge sur la nature du régime de Maduro et sur la répression qu'il a faite de son propre peuple. Est-ce que vous considérez toujours que Maduro est une source d'inspiration ?
Alors ça, vous parlez d'un tweet de 2013 de Jean-Luc Mélenchon. Mais je vais vous dire, alors il y a plusieurs choses. D'abord, en 2013, je vous rappelle que c'était Chavez qui était au pouvoir et que Chavez est le premier qui, dans ce pays, a décidé de socialiser les ressources de pétrole et de faire en sorte que l'argent du pétrole aille au peuple vénézuélien, sortant ainsi 5 millions... Est-ce qu'il est vraiment arrivé au peuple vénézuélien, cet argent du pétrole ? Sous Chavez, oui, bien sûr. Il y a 5 millions de personnes qui sont sorties du seuil de pauvreté. Mais je vais vous dire... Comment vous expliquez qu'un tiers des Vénézuéliens aient quitté leur pays ?
Eh bien, parce que peut-être que depuis 10 ans, il y a une pression incroyable dans ce pays du fait de l'embargo des États-Unis et des sanctions qui sont décidées. Je pense qu'il y a une mise sous pression du régime vénézuélien, oui, qui est due aux sanctions des États-Unis.
Une mission des Nations Unies, mandatée depuis 2019 par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, a publié un communiqué, je vous le cite, la nécessité de garantir que l'ancien dirigeant vénézuélien rende des comptes sur ces violations, dont des exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées, des tortures, des crimes contre les droits humains et des crimes contre l'humanité commis par son gouvernement.
Oui, mais très bien. Je ne suis pas en train de défendre... Pas très bien, franchement. Non, ce n'est pas ça que je suis en train de vous dire. Je ne suis pas en train de défendre... Mais c'est peut-être pour ça, qu'un tiers des Vénézuéliens ont quitté le pays, non ? Mais est-ce que c'est la question qui est posée aujourd'hui, Madame de Malherbe ?
Je vous l'aurais posée d'ailleurs, je vous l'ai d'ailleurs, en réalité, souvent posée. Je vous ai souvent parlé à vous, Eléphi. Je n'ai pas entendu ce qui s'est passé aujourd'hui pour savoir comment vous pouviez continuer à estimer, effectivement, qu'il n'y avait pas de problème...
Nous estimons le droit international, Madame de Malherbe. Nous n'avons jamais dit qu'il n'y avait pas de problème avec le régime vénézuélien. Nous disons juste qu'à partir du moment où nous laissons la première armée du monde décider qui est légitime d'être à la tête de tel ou tel pays, décider de pouvoir enlever tel ou tel président, alors c'est la loi du plus fort. J'ai parfaitement compris cette question-là, tout à fait compris. Je vous demande simplement, en fait, si Maduro est un dictateur. Mais ce n'est pas la question qui est posée. Je vais vous dire pourquoi je n'ai pas envie de répondre à cette question aujourd'hui.
En tout cas, j'ai vérifié, vous n'avez jamais dit, alors là, pour le coup, oublions la question de Donald Trump, vous n'avez jamais dit, les dernières semaines, les derniers mois,
ou même les dernières années, que Maduro est un dictateur. Écoutez, si c'est la question des dictateurs, pourquoi est-ce que les États-Unis n'interviennent pas ? Je ne sais pas, je ne vous demande pas la question de l'intervention, je vous demande la question de la nature de ce régime.
Est-ce que vous considérez, vraiment nonobstant la question de l'intervention de Donald Trump, est-ce que vous considérez que Maduro n'a jamais été un dictateur ?
Madame de Malherbe, je ne répondrai pas à cette question et je vais vous expliquer pourquoi. Nous ne prenons pas comme modèle, et d'ailleurs, nous ne prenons aucun modèle extérieur, puisque nous inventons nous-mêmes notre propre manière de fonctionner à la fin de sa chute.
Le mot inspiration a été prononcé par Jean-Luc Mélenchon à propos du vénézuélien.
Non, ce tweet date de 2013. Le moment de l'arrivée de Maduro au pouvoir. Oui, après le chavisme, ce tweet date de 2013. Donc, nous n'avons pas de modèle extérieur.
C'est Hugo Chavez qui a quand même choisi Maduro, vous le reconnaîtrez, comme son successeur. Donc, il y a une continuité.
Plutôt non, ça dépend comment on voit les choses. C'est l'un qui a choisi l'autre. En fait, je suis surprise. Pourquoi vous ne dites pas les choses comme elles sont ? Parce que peut-être vous ne considérez pas que c'est un dictateur. Non, parce que je ne rentrerai pas dans ce que font les atlantismes B.A. ici, qui essayent d'expliquer que l'agression qui a été faite au Venezuela serait une question démocratique. Mais moi, je ne parle pas de l'agression au Venezuela. Pourquoi est-ce que vous parlez de l'agression aujourd'hui de leur peuple ? Je vous parle des centaines de morts. Oui, mais d'accord. Moi, je parle aussi du peuple vénézuélien.
Et le peuple vénézuélien a le droit de choisir lui-même son avenir. Ce n'est pas une puissance étrangère qui doit décider pour le peuple vénézuélien. Ce n'est pas une puissance étrangère qui a le droit de venir voler et piller son sous-sol et son pétrole. Vous me répondez autre chose.
Je vous demande de me parler de ce peuple et de ce pays dans lequel Jean-Luc Mélenchon s'est à de nombreuses reprises rendu. Quel bilan en a-t-il tiré ? En rentrant, vous a-t-il dit qu'il y a une grosse inquiétude ? Il n'a jamais été au Venezuela ? Il n'a jamais été au Venezuela ?
Je n'ai pas la date en tête. Ah bah oui, ça fait très longtemps que Jean-Luc Mélenchon n'a pas été au Venezuela. Je ne sais pas, on le demandera. Mais ça fait très longtemps que Jean-Luc Mélenchon n'est pas allé au Venezuela. Est-ce que vous avez considéré qu'il y avait une rupture à mener avec le Venezuela ? Mais en fait, la question qui est posée n'est pas celle-ci. La question qui est posée est celle du respect du droit international. Si vous commencez à faire ce que vous êtes en train de faire et ce que font tous les Atlantistes de ce pays... Mais non, parce qu'encore une fois, cette question, je vous l'ai posée déjà avant,
donc ça n'a rien à voir.
Mais si, ça a à voir. Parce que si la question qui est posée, c'est est-ce que c'est une démocratie exemplaire ? Vous avez vu le genre de démocrate qu'on a avec Donald Trump ?
Je ne vous ai pas demandé si c'était une démocratie exemplaire, je vous ai demandé de qualifier ce régime.
Non, aujourd'hui, oui, mais la question n'est pas la qualification. Je ne veux pas répondre aujourd'hui à cette question parce que la question n'est pas la qualification du régime. Parce que si vous commencez à mettre le doigt dans la qualification du régime, à ce moment-là, vous justifiez et vous légitimez ce qui est fait comme violation du droit international. Et je le dis, vous savez quelle date nous sommes aujourd'hui, Madame de Malherbe ? Le 6, je crois. Oui, et quelle date est-ce ? Il y a exactement 5 ans. Qu'est-ce qui se passait aux États-Unis il y a exactement 5 ans, jour pour jour ? C'était... Vous imaginez que c'est le Capitole ? Exactement.
C'était la tentative de coup d'État par les partisans de Trump avec l'assaut du Capitole. Donc, ce qui nous explique que ce qui est en train de se passer est lié à la démocratie, ment éhontément. Tout cela est lié à des intérêts avec les États-Unis qui sont une puissance impérialiste. Et ce que démontre de manière éclatante l'agression qu'ont fait les États-Unis et les menaces qu'ils font peser sur les autres pays voisins, c'est que les États-Unis ont leurs propres intérêts et que ces intérêts sont différents de ceux du peuple français et des peuples du monde.
J'ai bien compris. Et il est clair qu'effectivement vous ne voulez pas qualifier Nicolas Maduro de dictateur. Vous pouvez essayer de faire un buzz là-dessus. Non, non, je ne fais aucun buzz. Je vous pose la question comme je vous l'ai toujours posée.
Je vous explique juste pourquoi je ne veux pas répondre à cette question. J'ai compris. Ce n'est pas ce qui est en jeu. Et je le dis parce qu'il faut être sérieux sur ce qui est en train de se passer. Il faut être sérieux sur le fait que ce qu'est en train de faire Donald Trump est en train de mettre en danger le monde entier. Tout à l'heure, vous parliez de l'Ukraine. Jeudi, nous irons voir. Emmanuel Macron, jeudi. Exactement.
Mais pas le Premier ministre que lui, il organise une réunion sur le budget, mais il ne vous a pas invité.
Oui, c'est très bien parce que nous n'avons rien à négocier avec eux sur cette question. Mais lorsqu'on va parler par exemple de l'Ukraine, comment voulez-vous défendre le peuple ukrainien alors qu'en disant à Poutine qu'il n'a pas le droit d'envahir son voisin, alors que Trump est en train lui aussi de violer le droit international, alors qu'un membre du Conseil de sécurité de l'ONU est en train de violer le droit international, donc c'est de ça dont il est question ?
C'est bien compris. Le Mercosur, vous dites que ça fera partie des points que vous mettrez sur la table avec Emmanuel Macron jeudi. Du côté de l'Union européenne, on dit par la voix de la porte-parole de la Commission que l'Union européenne est, je cite, « sur la bonne route et espère signer bientôt ». Du côté de la voix de la France, on affirme que ce ne sera pas fait. Qui vous croyez ?
Je pense que nous avons un président de la République qui depuis huit ans n'a absolument rien fait pour remettre en cause par exemple le mandat de dénonciation. Et qui de ce fait se retrouve dans une situation où on nous explique qu'il a réussi à repousser d'un mois, en fait ce n'est pas lui, on sait que c'est l'Italie de Mélanie qui a réussi à repousser d'un mois l'échéance sur le Mercosur. Encore une fois pour que tout le monde comprenne, le Mercosur c'est le plus gros traité de libre-échange jamais négocié avec les pays du Mercosur. Cela veut dire 99 000 tonnes de viande, de boeuf qui pourraient rentrer sur notre territoire avec des normes complètement différentes.
Et je précise que l'Italie d'ailleurs dit hier après en effet avoir freiné comme Emmanuel Macron qu'au fond si ce traité entrait en vigueur, il ne s'y opposerait pas.
Eh bien c'est une catastrophe parce que je rappelle que avant le CETA qui était le traité de libre-échange avec le Canada, les parlements nationaux devaient s'exprimer sur les traités de libre-échange. Depuis ils ont fait ce qu'ils appellent du splitting, c'est-à-dire le fait que ça passe uniquement par la Commission européenne de décider s'il y a oui ou non un traité de libre-échange. Nous, nous savons ce que donnerait la réponse du Parlement français. Nous avons fait lors de notre niche parlementaire le 27 novembre dernier une résolution qui a été adoptée, Madame de Malherbe, à l'unanimité de l'Assemblée nationale pour dire que pour nous le Mercosur...
C'est donc antidémocratique de passer au-dessus de cette décision ?
Mais bien sûr, et Emmanuel Macron doit faire respecter cette voix de la France qui s'est exprimée par la voix de l'Assemblée nationale et ce refus unanime. Et je dois dire que puisqu'il n'y a plus de votes nationaux, Emmanuel Macron aurait dû travailler à une minorité de blocage, c'est-à-dire au moins quatre pays qui représentent un certain pourcentage de la population européenne, et il n'a pas travaillé à cette minorité de blocage.
Donc Emmanuel Macron est responsable devant la colère des agriculteurs aujourd'hui, mais de l'ensemble du peuple de France, parce qu'on parle d'enjeux sanitaires qui sont énormes et qui concernent l'ensemble du peuple de notre pays, et il doit donc faire en sorte de refuser cet accord de libre-échange. Ni arrangement, ni close miroir, ni je ne sais quoi, il faut le refuser.
Une question très précise, il a dit hier, alors qu'il était avec les représentants des boulangers de France, qu'ils seraient autorisés à travailler le 1er mai. C'est un changement du code du travail. Est-ce qu'il faut autoriser les patrons des boulangeries à faire travailler leurs salariés le 1er mai ? Jusqu'à présent, ils encouraient une amende de 750 euros par salarié.
Écoutez, le 1er mai est une date symbolique et historique dans notre pays. C'est celle qui célèbre les conquêtes des droits des travailleurs, qui, lutte après lutte, ont conquéri des droits. Et donc, je ne suis pas d'accord avec le fait que ce jour, qui est un jour férié particulier, puisse ainsi souffrir de dérogations telles que celle-ci. Donc, je le dis, il est bon aussi pour les gens de sortir de temps en temps de, à la fois, des activités qu'ils ont avec le travail de manière forcée, de pouvoir faire en sorte de profiter dès l'heure de ce qu'ils aiment, de pouvoir profiter du temps où on peut... Donc, sacralisons le 1er mai, y compris les boulangers.
Bien sûr. Merci Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, d'avoir répondu à mes questions. Il est 8h47 sur RMC BFM TV.
Mathilde Panot