Laure Lavalette : "L’État explique qu’il prend à gauche pour rendre à droite " (France Info)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:04OuverteRéponse directe
C'est votre première interview depuis votre défaite au municipal à Toulon alors que le RN se voyait aux manettes de la ville. Vous allez nous dire ce qui vous a manqué.
- 0:12OuverteRéponse directe
Le Premier ministre a publié ce qu'ont rapporté les taxes sur le carburant à l'État en mars-avril. Est-ce que vous dites, vous, toujours au Rassemblement national que l'État est un profiteur de crise, qu'il s'enrichit avec cette crise ?
- 1:14RelanceRéponse directe
Mais vous pensez vraiment que l'État est une diversion ?
- 1:22RelanceRéponse partielle
Mais ce n'est pas factuel de dire que l'État n'a gagné que plus de 190 millions et que l'État doit sortir 380 millions d'euros ?
- 2:05OuverteRéponse directe
Ce sera une indemnité de 50 euros à partir du 27 mai. Ce n'est pas suffisant pour vous ?
- 3:00RelanceRéponse partielle
On entend ce que vous dites, mais le gouvernement vous répond structurellement. On ne peut pas répondre comme le veut le Rassemblement national.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:19PrésentateurChiffre
« C'est 190 millions de recettes par rapport à l'an dernier. »
- 0:48Invité politiqueFait
« L'État explique ce qu'il prend à gauche pour rendre à droite. »
- 1:34Invité politiqueFait
« Les Français ont très bien compris que sur 100 euros, quand vous faites votre plein, il y a 40% qui payent l'essence et 60% qui sont des taxes. »
- 2:26Invité politiqueChiffre
« La preuve de notre mesure, c'est entre 12 et 16 milliards d'euros. »
- 2:42Invité politiqueFait
« Souvenez-vous, la crise des gilets jaunes avait été déclenchée quand le plein d'essence était à 1,71. »
- 3:32Invité politiqueChiffre
« Notre contribution nette à l'Union Européenne, c'est à peu près 10 milliards sur l'immigration, vous le savez très bien, en réservant aux nationaux les allocations de solidarité. »
- 4:07Invité politiqueFait
« Les macronistes ont fait plus de 1000 milliards de dettes, c'est-à-dire autant de dettes qu'entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et les années 2000. »
- 5:03Invité politiqueFait
« Dites-moi pourquoi le Portugal, l'Espagne, l'Italie a réussi à baisser cette TVA ? »
- 6:16Invité politiqueFait
« On n'est pas contre taxer les profiteurs de crise ou ceux qui font des profits indus, ce qui est très différent d'une entreprise qui fait des profits parce qu'elle a fait une recherche et développement où de son fait, elle gagne beaucoup d'argent. »
- 6:43Invité politiqueChiffre
« Plus 51%, quasiment 5 milliards. »
- 8:51Invité politiquePromesse
« Un des premiers postes qu'il aura à faire, c'est de rembourser les intérêts de la dette. »
- 10:46Invité politiqueFait
« Vous avez voté contre la réforme de l'assistanat, qui prévoyait 15 heures d'activité endomadaire pour... »
- 14:27Invité politiqueChiffre
« Il a mis en exergue des conflits d'intérêts, des externalisations de prestations qui coûtent très cher, à peu près un milliard, des conflits d'intérêts. »
- 15:18Invité politiquePromesse
« Nous demandons la privatisation de l'audiovisuel public, sauf des antennes régionales. »
Temps de parole
- Laure Lavalette64 %
- Présentateur20 %
- Invité9 %
- Invité 24 %
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Bonjour Agathe Lambré. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour Madame, bonjour à tous. Bonjour Paul. C'est votre première interview depuis votre défaite au municipal à Toulon alors que le RN se voyait aux manettes de la ville. Vous allez nous dire ce qui vous a manqué. Mais d'abord, le Premier ministre a publié sur X ce qu'ont rapporté les taxes sur le carburant à l'État en mars-avril. C'est 190 millions de recettes par rapport à l'an dernier. Des recettes qui serviront à financer les aides annoncées, explique Sébastien Lecornu. Est-ce que vous dites, vous, toujours au Rassemblement national que l'État est un profiteur de crise, qu'il s'enrichit avec cette crise ?
En tout cas, ce qui est sûr, c'est que là, il fait diversion.
M. Lecornu explique aux Français ce que rapportent les taxes qui vont permettre des aides pour pouvoir payer les taxes. Avouez que c'est quand même un cynisme absolument hallucinant. C'est-à-dire que l'État explique ce qu'il prend à gauche pour rendre à droite. Vous savez, en 2024, je disais déjà lors d'une question au gouvernement à Gabriel Attal lors de la crise en hiver que le problème était structurel, qu'il fallait une réponse structurelle. Marine Le Pen et le Rassemblement national demandent la baisse de la TVA, vous le savez bien, de 20 à 5,5 sur l'essence que nous considérons comme un produit de première nécessité depuis septembre 2021.
Donc voilà, nous sommes très constants sur la baisse de cette TVA. – Mais vous pensez vraiment que l'État est une gagne ? – Une diversion ? – Bon, une diversion, oui. La transparence, heureusement que l'État est transparent. Oui, une diversion.
– Mais ce n'est pas factuel de dire que l'État n'a gagné que plus de 190 millions et que l'État doit sortir 380 millions d'euros ?
– Vous savez, mais pour des aides, pour aider à payer les taxes que lui-même prend dans sa poche, vous voyez bien que ça pose une question. Les Français ont très bien compris que sur 100 euros, quand vous faites votre plein, il y a 40% qui payent l'essence et 60% qui sont des taxes. Il y a la TVA, l'Axis et la TVA sur l'Axis. Donc vous voyez bien, les Français ne sont pas dupes. Oui, je pense que c'est de la diversion de la part de M. Lecornu. Il faut absolument baisser rapidement, drastiquement, évidemment, cette TVA sur l'essence. On va avoir un problème, je parlais il n'y a pas très longtemps, à une infirmière libérale me disant qu'elle avait toutes les peines du monde à faire sa tournée.
Ça va poser des vraies questions. Il y a moins de consommation. Vous voyez bien que l'économie est en train de se contracter. Mais le gouvernement ne fait pas rien.
Alors, la valette, il y a des taxes, des aides ciblées qui ont été mises en place et aussi une aide pour 3 millions de travailleurs modestes qui ont besoin de leur voiture. Ce sera une indemnité de 50 euros à partir du 27 mai. Ce n'est pas suffisant pour vous ? Agathe Lebré, les Français méritent mieux que des miettes. Encore une fois, le problème est structurel.
Oui, ce sont des miettes. Le problème est structurel. La preuve de notre mesure, c'est entre 12 et 16 milliards d'euros. Donc vous imaginez bien que ce que propose l'État n'est pas à la hauteur de ce dont les Français ont besoin. Je regardais ce matin au Pont-du-Las, à Total, chez moi, le gasoil est à plus de 2,20 et on est à 2 euros pour l'essence. Souvenez-vous, la crise des gilets jaunes avait été déclenchée quand le plein d'essence était à 1,71. Enfin, pas le plein, le litre d'essence était à 1,71. On peut repartir, une crise comme les gilets jaunes ? Malheureusement, j'en sais rien et je n'espère pas parce que ce n'est pas la période la plus sympa du quinquennat Macron.
Mais il faut répondre de façon structurelle à ce problème.
Alors la manette, on entend ce que vous dites, mais le gouvernement vous répond structurellement. On ne peut pas répondre comme le veut le Rassemblement national. D'abord parce que les caisses sont vides et ensuite parce que la question qui se pose aujourd'hui à la France et à d'autres pays, c'est comment on accélère la transition énergétique. Et vous, vous dites, alors que les caisses sont vides et alors qu'il faudrait accélérer cette transition énergétique, on va subventionner le carburant pour tout le monde, même pour les plus riches. Est-ce que vous comprenez que le gouvernement dise que ce n'est pas ça la solution ?
Je ne comprends pas et d'ailleurs les Français non plus ne comprennent pas.
Déjà, vous avez raison, les caisses sont vides, mais on va faire des économies ailleurs. Notre contribution nette à l'Union Européenne, c'est à peu près 10 milliards sur l'immigration, vous le savez très bien, en réservant aux nationaux les allocations de solidarité.
Du jour au lendemain, vous allez récupérer 1 milliard d'euros par mois parce que c'est ça que ça coûte la paix de la TVA que vous proposer.
Je vous l'ai dit, on l'a chiffré, vous avez raison, c'est entre 12 et 16 milliards, donc bien sûr. Mais encore une fois, il faut savoir ce que l'on veut. Là, il est vital pour les Français de pouvoir se déplacer, de pouvoir aller travailler. Les Français font en moyenne 40 kilomètres pour se déplacer, pour aller au travail. Ils ne vont plus pouvoir se déplacer, Mme Lambret, ça pose une vraie question. Si on en est là, ça n'est pas une fatalité, c'est la conséquence de choix politiques qui ont fait qu'en ces temps, les macronistes ont fait plus de 1000 milliards de dettes, c'est-à-dire autant de dettes qu'entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et les années 2000.
Et justement, nous n'avons plus d'argent, c'est ce que dit le gouverneur de la Banque de France. Nous n'avons plus d'argent pour des mesures générales. Il s'en est agacé, il se trompe.
En fait, vous avez raison, les caisses sont vides, mais il y a des économies à faire. À chaque fois qu'on a un budget de la Macronie, on voit bien qu'il est dispensieux, ils ne savent pas faire d'économies. Je pense qu'il est temps qu'ils donnent les clés à l'alternance.
Le Premier ministre appelle Total Energy à un « plafonnement », je cite, « généreux ». Sachant que Total, on le sait, plafonne déjà ses prix. Est-ce que ça pourrait, pour vous, pour le Rassemblement national, être la bonne réponse ?
Mais encore une fois, ça n'est pas suffisant avant d'aller demander à une entreprise privée qui est quand même à la fois là pour faire des bénéfices. Il faut faire des économies et baisser la TVA. C'est à l'État de le faire, voilà, c'est comme ça. Alors, ils vont chercher des solutions à droite, à gauche, mais à mon avis, et à notre avis, ça n'est pas la bonne solution. Encore une fois, dites-moi pourquoi le Portugal, l'Espagne, l'Italie a réussi à baisser cette TVA ? Ils ne sont pas dans la même situation que nous. Mais ils font partie de l'Union européenne. Les finances ne sont pas dans le même état. L'inflation n'est pas totalement la même, les dépendances ne sont pas les mêmes.
Les dépendances ne sont pas les mêmes. Ils n'étaient quand même pas à la fête. Oui, mais, enfin, je veux dire, donc on fait quoi ? On baisse les bras et on ne va pas négocier cette TVA à l'Union européenne ? Certains proposent de taxer Total, Laure Lavalette. J'ai bien entendu, j'ai répondu. Moi, je pense qu'avant de taxer, il faut déjà faire des économies. L'État se doit d'arrêter, de dépenser l'argent des Français de façon dispensueuse.
Ce n'est pas clair parce qu'au Rassemblement National, on a l'impression qu'il y a deux lignes sur ce sujet de la taxation de Total. D'un côté, Marine Le Pen, elle, elle a défendu une taxation exceptionnelle et parlait même d'une mesure de justice fiscale. De l'autre, on vous entend ce matin. Et Jordan Bardella, lui, au même moment, il disait que taxer Total, ce n'était pas la priorité. Vous avez encore besoin de vous accorder au Rassemblement National sur les sujets économiques ?
Agathe Lambré, je sais que vous aimeriez tant que nous ayons besoin de nous accorder. C'est pas une dissonance de lignes, là. Jordan Bardella dit exactement ça. On taxera une fois qu'on aura fait des économies si vraiment on n'y arrive pas. Voilà. Non, il n'y a pas de différence de lignes. Donc vous êtes pour ou contre une taxe exceptionnelle, qu'on comprenne bien. On n'est pas contre taxer les profiteurs de crise ou ceux qui font des profits indus, ce qui est très différent d'une entreprise qui fait des profits parce qu'elle a fait une recherche et développement où de son fait, elle gagne beaucoup d'argent.
Là, la question n'est pas là puisqu'effectivement, il y a des profits qui sont dus à cette crise dans le détroit d'Hormuz, bien évidemment. Mais il n'empêche qu'avant cela, il faut baisser cette TVA.
Donc il faut d'abord baisser la TVA, puis taxer Total potentiellement. Vous êtes pour cette taxe, mais plus tard.
Dans cet ordre-là, c'est exactement ce qu'a dit Jordan Bardella. Donc Total est un profiteur de crise ? Non, mais vous voyez bien que Total, évidemment, avec cette guerre en Iran, gagne plus d'argent. Oui, bien sûr. Plus 51%, quasiment 5 milliards. Je ne peux pas vous le dire mieux que ce que je viens de vous dire. Il faut commencer dans la mesure où le problème est structurel à baisser la TVA. Et après, on voit ce qui se passe. Encore une fois, Total est une entreprise privée.
Ce qui n'est pas très clair, on parlait des différences de lignes, c'est qu'il y a d'un côté le ni droite ni gauche de Marine Le Pen. De l'autre, une ligne de droite assumée par Jordan Bardella. C'est laquelle la bonne ligne ?
Mais je ne crois pas, j'aime bien parce que vous faites semblant de ne pas comprendre, mais encore une fois, il y a des mesures de gauche, c'est des mesures de droite. Si vous voulez privatiser l'audiovisuel public, on va en parler, ça pourrait être une ligne de droite. Nationaliser les autoroutes serait une mesure de gauche. Donc en fait, la question n'est pas là. Donc Jordan Bardella, il n'est ni de droite ni de gauche. Nous n'avons qu'une seule boussole, c'est l'intérêt des Français.
Vous voyez bien qu'il y a quand même deux lignes économiques pas tout à fait similaires. Il y a quand même un petit peu à ta caisse entre les deux, la semaine dernière.
Pardon, je n'ai pas entendu.
Il y a quand même eu un petit peu de friture sur la ligne économique entre Marine Le Pen et Jordan Bardella, factuellement, on vous l'a cité. Non. Dans des contradictions.
Non, mais j'entends que vous aimeriez. Mais non, mais c'est pas que l'on a, c'est qu'on relève. En tout cas, ça n'est pas du tout, je vais vous dire, ça n'est franchement pas ce que les Français ressentent. La preuve, vous avez bien vu qu'on a un projet présidentiel et deux personnalités présidentielles, ce qui est quand même une chance folle sous la Ve République, ça n'existe pas. Ce ticket gagnant, il se trouve que ces deux personnalités sont en plus les deux personnalités préférées, enfin politiques préférées des Français. Vous voyez bien que ce que vous cherchez à mettre en exergue n'existe pas.
En tout cas, on s'interroge, est-ce que le Rassemblement National est toujours un parti anti-système ? Quand on voit, par exemple, que ces dirigeants dînent avec les plus grands patrons ou des jeunes avec le MEDEF, l'organisation patronale, quand Jordan Bardella affiche son couple en une de Paris Match, comme tant d'autres l'ont fait avant lui avec une héritière richissime en plus, est-ce que c'est anti-système, ça ?
Non mais, la question n'est pas là. Déjà, ça c'est la vie privée de Jordan Bardella qui a été révélée. Mais est-ce que vous voulez être anti-système ? Mais est-ce que c'est un but en soi d'être anti-système ? Nous, ce que l'on veut, c'est améliorer le quotidien des Français. C'est ce que j'ai voulu faire à Toulon. Normalement, je n'ai pas assez convaincu, mais c'est ce que nous voulons faire ici. Nous n'avons qu'une seule boussole, c'est l'intérêt des Français. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'on est anti ce système-là. Nous aurions fait au pouvoir très différemment.
Voyez-vous, nous, on aurait commencé par faire des économies avant de continuer à faire voter des budgets qui ont 150 milliards d'excédents. Ça ne nous paraît pas possible. Ça fait 50 ans que la France ne vote pas un budget à l'équilibre. Ça nous paraît complètement hallucinant. Et d'ailleurs, je vais le dire aux Français, celui qui va gagner en 2027, et j'espère que ce sera Marine Le Pen ou Jordan Bardella, un des premiers postes qu'il aura à faire, c'est de rembourser les intérêts de la dette. Parce que cette dette est un boulet que nous avons au pied, qui nous aura été laissé par l'héritage, accéléré par l'héritage de la Macronie. Donc on fera évidemment très différemment.
Et nous aurons une vision très différente, évidemment, sur la souveraineté, sur l'Union européenne, sur l'immigration, sur l'agriculture qu'on a envie de protéger.
Est-ce que vous croyez à la théorie du ruissellement ? Est-ce que vous pensez que plus les riches sont riches, plus les pauvres ont de chances de gagner de l'argent ?
La question n'est pas là. Je ne pense pas que moins de riches, ça fasse moins de pauvres. Je pense qu'il faut évidemment continuer... Est-ce que vous pensez que plus de riches, ça fait moins de pauvres ? Mais vraiment, je pense qu'on a aussi besoin de gens qui consomment, et on l'a toujours dit. On sait que les TPE, PME sont le poumon de notre économie. C'est la raison d'ailleurs pour laquelle on veut libérer cette économie, baisser le coût du travail, baisser les impôts sur les entreprises, pour pouvoir vivre correctement et arrêter de voir cette fuite en ce moment. Vous avez dû l'entendre comme moi. Beaucoup de chefs d'entreprise veulent partir en Italie.
C'est quelque chose qui m'inquiète beaucoup. Moi, je veux faire en sorte que nous gardions sur notre sol les gens qui veulent entreprendre.
Les deux têtes du Rassemblement national, dont vous saluez l'unité, étaient en meeting ensemble le 1er mai. Et à ce moment-là, Marine Le Pen a tensé à plusieurs reprises l'assistanat, un terme qu'elle refusait d'employer jusqu'à présent. Elle a même évoqué un assistanat endémique, entretenu et encouragé. Donc finalement, l'assistanat, ça existe, même pour le Rassemblement national ?
Enfin, je veux dire, encore une fois, vous essayez... Bien sûr, mais je veux dire, on l'a toujours dit, on a dit qu'il fallait aller le traquer, que c'était probablement à la marge. Mais vous avez voté contre la réforme de l'assistanat, qui prévoyait 15 heures d'activité endomadaire pour... Vous avez raison, parce que pour le coup, c'était un travail avec un SMIC complètement dégradé. Et ça ne nous paraissait pas digne pour quelqu'un d'aller travailler pour le prix du RSA 15 heures par semaine. Donc vous êtes contre l'assistanat, mais pas contre le réformé. On a toujours dit que nous irons de toute façon lutter contre la fraude fiscale et sociale.
Je vais vous dire, ça fait partie de ce aussi sur lequel on compte pour pouvoir renflouer les caisses de l'État. Donc on n'est pas naïf, on n'est pas béat. Bien sûr qu'on sait qu'il y a des fraudeurs, on ira les chercher. Mais l'immense majorité des Français n'est pas assistée, n'est pas fraudeur.
Et ce n'est pas une évolution du discours, ça ? Je ne pense pas. Vous ne pensez pas. Alors Lavalette, dans un instant, on va parler de l'audiovisuel public et de ce rapport très commenté, publié par l'un de vos alliés, membres de l'UDR. Mais pour l'instant, il est 8h45 et c'est l'info en une minute avec Maureen Signal.
Nous continuons à parler à toutes les parties prenantes et à appeler à la désescalade. Assure sur France Info, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. Reprise des tensions dans le détroit d'Ormouz hier. Les Iraniens ont frappé les Émirats, dont un site pétrolier. Et cela a forcément une influence sur les prix des carburants. Ils sont de nouveau à la hausse. Sur France Info, le président de l'Union française des industries pétrolières assure en tout cas que les approvisionnements en carburant du mois de mai seront assurés.
Hier, le gouvernement a annoncé que l'État avait engrangé 190 millions d'euros de recettes fiscales de plus en mars et en avril par rapport à l'année dernière. Mais le ministre des Transports assure ce matin que les mesures ciblées décidées par l'État pour les transporteurs ou les routiers vont coûter le double. Deux départements sont en vigilance orange, pluie, inondation ce matin, la Sarthe et la Mayenne de la pluie attendent toute la journée. Puis les supporters parisiens attendent avec impatience le match de demain soir. La demi-finale retour en Ligue des champions de football face au Bayern.
Ce soir, on connaîtra le premier finaliste Arsenal et face à l'Atletico de Madrid, il y a eu un partout au match aller.
France Info
Le 8.30 France Info Agathe Lambret, Paul Larouturou
Avec Laure Lavalette, députée Rassemblement National du Var. Paul, le rapport sur l'audiovisuel public est publié aujourd'hui sur le site de l'Assemblée.
Exactement. Agathe, un rapport rédigé par votre allié, Madame la députée Charles Aloncle, membre du parti UDR, invité de France Info Télé, il y a quelques minutes. Sur 130 chaînes de télévision et de radio, il y a des optimisations à faire, il y a des fusions de chaînes à réaliser, ce que je propose dans le cadre du rapport, mais en aucun cas, en aucun cas, je me suis positionné pour la privatisation. Par contre, vous, au Rassemblement National, vous voulez privatiser ? Privatiser, ça veut dire vendre à qui ? Aujourd'hui, qui pourrait acheter France Télévisions ou Radio France ?
Alors, vous avez raison, on n'a pas exactement la même, pour le coup, la même avec nos alliés, mais d'ailleurs, c'est ce qui fait que ce sont des alliés, sinon nous serions exactement dans la même famille politique. Déjà, je tiens à rendre hommage au travail formidable qu'a fait Charles Aloncle, quand même dans une ambiance très particulière, où j'ai trouvé qu'il y avait eu des contre-feux médiatiques difficiles sur lui. Je voyais juste après lui, il y avait mon collègue Balanant qui était chez vos confrères, et typiquement, je me souviens de M. Balanant sortant de la pièce en disant « on va te régler, toi ». Je trouvais qu'il y avait une violence absolument hallucinante autour de Charles.
Il n'a pas créé cette ambiance particulière ? Il n'a pas contribué, lui aussi ? D'aller chercher en profondeur et pour le coup, demander de la transparence de ce qui se passe dans les 4 milliards d'euros qui sortent de la poche des Français, M. Laroutrou, je ne pense pas que ce soit créé une ambiance particulière. C'est extraordinaire, parce que est-ce que vous vous souvenez de la commission d'enquête par M. Saint-Toul sur une chaîne de télévision privée qui, là, ressemblait carrément à un tribunal et à une inquisition ? Là, j'ai trouvé que ça avait été mené de main de maître. Et c'est vrai que Charles Alonc nous a rendu fiers. Je compare ceux qui étaient à la tête du rapport.
Il nous a rendu fiers dans sa façon de faire. On le savait, il a mis en exergue des conflits d'intérêts, des externalisations de prestations qui coûtent très cher, à peu près un milliard, des conflits d'intérêts.
Une fois que cet hommage est posé, si vous répondiez à ma question sur la privatisation, qui pourrait acheter ?
Mais qui ? C'est dans un an. C'est demain. Quand vous voyez M. Pigasse, par exemple, qui dit qu'il veut mettre son argent au bout de ses idées, ils trouveront des gens. En fait, si vous voulez, le problème, ce ne sont pas ces émissions. On peut imaginer. Moi, je trouve que vos collègues de France 5, par exemple, que ce soit c'est à vous, c'est dans l'air, enfin tout ce qui commence par C, a un biais idéologique et militant très important. Mais ils ont le droit d'avoir ce biais-là, mais avec de l'argent privé, pas l'argent des Français. C'est la seule chose que l'on déplore.
Et je vous rappelle simplement, pour être tout à fait précise, nous demandons la privatisation de l'audiovisuel public, sauf des antennes régionales. Nous garderons évidemment ce qu'il y a en métropole avec TV5MONDE. Mais est-ce que vous êtes en conversation avec des acheteurs potentiels ? Non, je ne suis en conversation avec personne, moi, M. Laroutourou. Mais dans votre parti, il y a personne qui commence à penser à ça. Je ne doute pas. Je vais vous dire qu'on trouverait acheteurs assez rapidement. Regardez quand TF1 a été privatisé. Ils ont d'ailleurs mieux marché que quand ils étaient dans le service public. Donc je ne doute pas qu'il y aura des acheteurs.
Et en moins, les Français arrêteront de payer de leur poche ce parfois catéchisme que l'on peut entendre.
Vous parlez de biais idéologiques de certaines émissions sur le service public. Charles Alloncle, le rapporteur de la commission d'enquête, lui, est visé par une plainte pour prise illégale d'intérêt. Après que Le Monde a révélé que le groupe Lagardère, dont la famille Bolloré est le premier actionnaire, avait envoyé des listes de questions aux députés de cette commission d'enquête afin qu'ils les posent aux personnes auditionnées. Mais ça, ça n'entache pas le rapport de la commission, selon vous, vous qui êtes si attaché visiblement à l'indépendance ? J'espère que vous l'êtes aussi, Agathe Lambré. On est tous très attachés quand même, évidemment, à cette indépendance.
Mais c'est vous qui mettez en cause l'indépendance du service public. Vous savez, on a une grande chance en France, c'est la présomption d'innocence. Donc on va laisser la justice faire son travail et je reviendrai vous en parler à ce moment-là. Personne n'a nié qu'il y avait eu des mails envoyés. On peut faire semblant et imaginer que le service public soit complètement neutre, mais ce serait quand même difficile et un peu fort de café, même à la sortie de ce rapport. Alors, je n'ai pas tout lu, je ne faisais pas partie de cette commission. Donc, comme vous, j'ai vu ce matin qu'il était sur le site.
Charles Aloncle a reconnu ce matin sur France Info TV avoir reçu deux ou trois mails qui assurent-ils, il assure en aucun façon de les avoir lus. Vous, vous avez participé à d'autres commissions, pas à celle-là, mais à d'autres. Est-ce que ça vous est déjà arrivé de recevoir des informations, de subir des formes de pression venant d'une boîte privée ?
Je veux dire, la boîte privée, la boîte d'un député, ça n'est que ça. Sur la tauromachie, je reçois des milliards de mails. Sur les vaccins, c'est pareil. Enfin, tous les sujets sont matière à ce que nous recevions et on fait le tri dans nos boîtes. Les députés sont évidemment soumis. Les gens se disent que c'est une porte d'entrée, évidemment, pour leurs idées. Mais c'est à nous, évidemment, d'être plein de bon sens et de ne pas...
Alors, la valette, très rapidement, parce qu'il faut qu'on termine sur ce sujet. Vous êtes d'accord avec Jordan Bardella quand il dit que la démocratie n'est pas que le pouvoir politique soit propriétaire d'une chaîne de télé ? Non, mais bien sûr. Mais encore une fois, la seule chose que l'on dit...
Donc, vos amis italiens, donc en Grande-Bretagne, ce ne sont pas des démocraties. Mais est-ce qu'on... Mais non, ça n'est pas la conception que nous avons en France. Voilà, c'est...
Il faudrait supprimer les services publics chez vos amis européens.
En tout cas, les services publics tels qu'ils sont, avec ces dépenses complètement dispensieuses, avec ces cocktails très chers, avec ces voitures de fonction, avec ces prestations externalisées pour un milliard, rendez-vous compte, c'est absolument colossal. Et ces conflits d'intérêts, je pense qu'il faut faire le ménage. Et effectivement, contrairement à M. Alonc, moi, je pense qu'il faut qu'on en privatise une très grande partie. Mais je reviendrai quand vous serez privatisés, je vous assure, ça sera sympa. Vous ferez le même boulot, sauf que vous ne serez pas payés par les Français.
Alors, la valette, Marine Le Pen sera fixée sur son sort le 7 juillet, jour de la décision de la Cour d'appel de Paris sur son éventuelle inéligibilité. Certains y croient encore, vous allez nous dire si c'est votre cas. Mais au meeting du 1er mai, auquel ont participé Marine Le Pen et Jordan Bardella, ce que notre reporter sur place, Pierrick Bonneau, a constaté, c'est que beaucoup de militants avaient tourné la page. Et ce qui ressortait de ce meeting, c'était surtout la Bardellamania. On écoute.
Pour Jordan, je trouve qu'il est bien quand il parle. Il parle bien, il a un beau programme. Pour moi, il a tous ses gens. Le fait que Jordan Bardella soit au RN, bien sûr que ça a attiré, je pense, pas mal de monde. Ça a quand même bien changé.
Le Pen, elle a le nom de son père. Et pour l'opinion publique, ça ne passera jamais. Il est jeune, ça représente une nouvelle dynamique.
Ça ne va pas être évident si c'est pas Jordan Bardella, non ?
Vous auriez pu aussi en trouver qu'allez vous dire qu'on ne pouvait pas imaginer le RN sans Marine Le Pen.
Moi aussi, je suis dans des meetings et il y a une vraie Bardellamania factuellement.
Alors, la grande chance qu'on a, et vraiment, je le répète, c'est ce ticket gagnant. Ça n'existe pas. Aucune autre famille politique n'a deux personnes présidentielles qui, je le rappelle, sont les deux personnalités politiques préférées des Français. Imaginez la chance qu'on a.
C'est vrai qu'il y a deux personnes très populaires, mais les militants scandent surtout Jordan président.
Pour avoir écouté le meeting auquel je n'ai pas pu me rendre, je n'ai pas trouvé. Je trouvais que Marine Le Pen était aussi très très applaudie. Moi, je pense qu'elle est innocent. Donc, j'espère évidemment que le 7 juillet, pardon, elle ne sera pas inéligible et qu'elle pourra évidemment se présenter. Et si ça n'est pas le cas, bien sûr que nous nous rangerons derrière Jordan Bardella qui, vous avez raison, jouit d'une grande popularité. Mais je viens de faire six mois avec les Toulonnais. J'ai passé six mois de façon très proche. Je peux vous assurer que l'un et l'autre représentent beaucoup d'espoir pour les Français.
Je pense que c'est ça qui compte. Il s'effacera d'un coup de baguette magique, Jordan Bardella, quand on voit la popularité qu'il a dans les sondages et l'intention de vote.
Mais, Mme Lambret, personne ne s'effacera. Si on gagne la présidentielle, on n'aura qu'une idée en tête, c'est d'améliorer le quotidien des Français.
Mais il n'y a qu'un ticket, il n'y a qu'un bureau de vote, ce sera Jordan Bardella ou Marine Le Pen.
Pardon ?
Il n'y a qu'un bureau de vote, ce sera Jordan Bardella ou Marine Le Pen.
Mais il n'y a aucun doute, mais il ne va pas s'effacer. Oui, ça c'est certain. Si Marine Le Pen peut se présenter, bien sûr, c'est Marine Le Pen qui se présentera. Mais par contre, personne ne va s'effacer. On est une équipe, on est prêt. Tous les jours qui passent, on se prépare à incarner cette alternance et à améliorer le quotidien des Français. Je vais vous dire l'espoir qui est suscité par nos candidatures. Et je l'ai encore vue, et vous avez raison, vous avez commencé par ça sur ma défaite. Mais vous savez, quand vous faites 48% tout seul, je peux vous assurer que vous représentez un espoir absolument fantastique pour les Toulonais.
Et 52% de barrage, je peux vous assurer que vous étiez donné favori pour cette élection.
Qu'est-ce qui s'est passé ? Vous parliez de votre défaite à Toulon, vous étiez donné favorite au début. Et puis le RN pensait remporter cette grande ville. Et finalement, les Toulonais, vous venez de le dire, vous dites 48, c'est 47,65. La mer sortante a été réélue à 52,35%. Est-ce que vous avez buté sur le même plafond de verre ?
Il est tout petit votre plafond de verre, Paul Laroutourou. Parce que si pour une première élection, première élection sur une ville de 180 000 habitants, c'est la première fois que je me présentais, j'arrivais avec mon équipe à faire 47,6%. C'est absolument colossal. On pourrait s'arrêter deux secondes sur les scores du premier tour. Premier tour, nous faisons 42%. La mer sortante est à moins de 30%. Vous voyez bien que l'élan se mettait sur notre candidature. Il se trouve qu'après, elle a été rejointe, et c'est bien le problème de ses seconds tours, par des gens qui pensaient au premier tour qu'elle était incapable de gérer la ville.
Vous parliez du LR qui s'est désistée.
Pardon ?
Vous parliez du LR qui s'est désistée.
Du LR qui a appelé à voter pour elle et de la gauche qui finalement s'était déjà reportée rapidement sur elle puisqu'elle était, j'allais dire, gauche compatible et ça, tout le monde le savait. Et ça ne s'appelle pas le plafond de verre, ça ? Sur une première fois, je ne pense pas. Vous voyez, j'y serais allée pour la quatrième fois, je l'entendrai. Là, je pense que vraiment, il est tout... Ça ne vous inquiète pas pour la suite, le fait que dans les grandes villes,
notamment on l'a vu aux municipales, le fait qu'à chaque présidentielle, à chaque fois, il y a des réactions, un front anti-RN qui se met en place dans les urnes.
On a 2500 voix d'écart, c'est-à-dire sur plus de 50 000 voix, c'est absolument pinot. Moi, je fais 2850 voix, je crois. C'est colossal, encore une fois, pour une première fois. Vous devriez presque me féliciter pour cette performance.
Sérieusement, comment vous l'avez vécu cette défaite et quelle leçon vous en tirez ?
Alors, je suis une très bonne nature, donc j'ai rebondi très vite, mais c'est vrai que j'ai une tristesse infinie pour les Toulonnais que je rencontre encore dans la rue. Je passe ma vie à consoler les Toulonnais parce qu'ils ont gagné les élections, mais je pense qu'on a conquis le cœur des Toulonnais pour qui nous représentions un espoir. Encore une fois, faire 48% pratiquement seul, c'est très différent que d'être élu par défaut avec un front républicain à 52%. Et d'ailleurs, on le voit bien, voilà, elle ne suscite aucune enthousiasme, n'a pas de vision, pas d'ambition pour la ville, ce que nous, nous avions. Donc, ça n'est que partie remise.
Mais, encore une fois, je n'abandonne pas, évidemment, les dizaines de milliers de Toulonnais que je remercie à ce micro et nous les défendons corps et âme au Conseil municipal.
Alors, la ballette, rapidement, Jean-Luc Mélenchon, candidat en 2027, il prétend être le mieux placé pour vous battre. Est-ce que c'est votre adversaire le plus sérieux ?
Non, j'en sais rien, mais de toute façon, c'est un secret pour personne. On se doutait bien qu'il allait arriver. Mais il y a quand même une poussée de l'extrême-gauche, effectivement. Moi, je pense que, justement, il faut que les gens du centre droit, qui soient un peu câblés, aient un vote utile dès le premier tour, évidemment. Mais, voilà, c'est un secret pour personne. Je ne pense pas qu'on craigne beaucoup de Jean-Luc Mélenchon.
Il est 8h57, c'est l'un de la question qui est retrouvée sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, c'est la question qui part, en fait, sauvage. J'en parle beaucoup, évidemment, du Technival près de Bourges, des dizaines de milliers de personnes, des milliers d'amendes. Mais ce week-end, il y avait aussi une free party dans votre département, à Trigan, 150 personnes, 94 verbalisations. Si vous arrivez au pouvoir demain, l'année prochaine, vous faites quoi concrètement ? Vous interdisez totalement ces rassemblements ou vous cherchez à les encadrer différemment ?
En tout cas, je ferai respecter la loi, monsieur.
Comment vous faites ? Parce que tous vos prédécesseurs ont joué à le faire.
Écoutez, c'est peut-être la grande différence entre eux et nous, justement. Je pense qu'on est très différents comme famille politique. Et nous, nous avons de la volonté politique. Et effectivement, j'imagine bien qu'il y a des renseignements territoriaux qui savent qu'une fête va se passer à cet endroit-là. Je pense qu'il faut faire en sorte d'éviter qu'elle arrive. Parce qu'encore une fois, il y a énormément de drogue dans ces free parties. C'est le mot sexy, ça, pour dire qu'en fait, c'est quand même un endroit très particulier.
Vous vous appelez comment, vous, si vous ne vous appelez pas les free parties ?
Bon, j'en sais rien. Je ne sais pas. Enfin, free parties, avouez que c'est presque un peu sympa. Alors que dans les faits, ça saccage des chantiers, ça va illégalement chez des propriétaires. Ça pose une vraie question. Mais la différence, c'est la volonté politique.
Laure Lavalette