La réforme de l'allocation personnalisée d'autonomie, la saisine du Conseil Constitutionnel... le 8h30 franceinfo de Jean-Philippe Tanguy
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Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour. 32 conseils départementaux des départements de gauche, des maires aussi annoncent aujourd'hui qu'ils n'appliqueront pas la conditionnalité des aides sociales qui figurent dans le texte immigration. Ils veulent être un bouclier républicain face à cette préférence nationale. Ça vous donne un aperçu de ce qui pourrait se passer dans le pays si vous arriviez un jour au pouvoir ?
C'est assez consternant. Ça donne surtout un aperçu aux Français du fait qu'un certain nombre d'élus considèrent que la démocratie ne les oblige pas mais pour eux une espèce de contrainte qu'ils acceptent si ça va dans leur sens. Et si le peuple, puisque ces mesures sont très largement soutenues par les Français, si le choix des Français ne va pas dans leur sens, alors il faudrait s'y opposer par des moyens illégaux. Car ce que revendiquent ces personnalités de gauche, aussi bien des maires que des conseillers départementaux, c'est illégal. Ils n'ont pas une autonomie législative ou réglementaire.
Ils dénoncent une rupture d'égalité entre les Français et les étrangers.
Ils ont le droit de le dénoncer politiquement. Tous ces personnalités ont le droit de s'exprimer. D'ailleurs, ils soutiennent un groupe politique qui existe à l'Assemblée nationale, au Sénat évidemment, puisque les collectivités territoriales sont représentées au Sénat à juste proportion, ou même surreprésentées pour ce qui est de la gauche socialiste par exemple, au Sénat par rapport à leur poids réel dans l'opinion. Bref, ils ne veulent pas appliquer certaines lois qui leur déplaisent. Mais que dirait-on si des élus de droite, quand c'était M.
Hollande, avaient décidé par exemple de ne pas appliquer, d'ailleurs certains ont voulu le faire, mais ne l'ont pas fait, le mariage pour tous, pour marier des couples homosexuels, si cela n'aurait pas plu. Bon, si on commence à ne pas appliquer les lois...
Il y en a qui ont beaucoup rechigné, il y en a qui l'ont fait.
Oui, mais à l'époque, excusez-moi, ça avait fait scandale au sens strict du terme. C'était normal, il était inacceptable de ne pas appliquer la loi, quelle qu'elle soit, quand elle est votée par la représentation nationale. Mais comment voulez-vous aussi de toute façon que ces maires ou ces présidents de collectivité territoriale les appliquent ? Puisque la Première Ministre elle-même a dit à France Inter que oui, elle savait qu'elle avait peut-être fait voter des mesures qui seraient anticonstitutionnelles, et que donc elle-même n'était pas très enclouvant. On va revenir là-dessus, mais d'abord...
Il y a, si vous voulez, une irresponsabilité à tous les niveaux de l'État, et donc tout le monde s'y engouffre.
Jean-Philippe Tanguy, au Rassemblement National, depuis hier, vous parlez de victoire idéologique. Emmanuel Macron lui dit hier soir que c'était une défaite, une défaite du Rassemblement National, ce texte d'immigration.
Non, mais les propos d'Emmanuel Macron sont grotesques. Donc, une très large majorité des Français, une fois plus un sondage hier, BFM TV, entre 60 et 75%, reconnaissent que c'est une victoire idéologique du Rassemblement National, que c'est Marine Le Pen et le Rassemblement National qui sortent le plus renforcés de cette séquence. Et c'est logique, ce sont les thèmes du Rassemblement National. Sur quoi elle repose cette... Parce qu'en fait, aujourd'hui, le débat politique se fait sur des mesures, des nuances de mesures, qui autrefois étaient complètement taboues, qui même avaient justifié le pseudo-barrage républicain encore il y a 18 mois pour empêcher Marine Le Pen d'arriver à l'Élysée.
Et aujourd'hui, ces mesures, des mesures de priorité nationale, des mesures d'atténuation, de remise en cause de l'automaticité du droit du sol, la déchéance de nationalité, bref, un certain nombre de thèmes mis dans le débat par Marine Le Pen et qui faisaient l'objet de tabous il y a 18 mois, sont aujourd'hui au centre du débat.
Éric Zemmour dit exactement l'inverse ce matin dans le Figaro. Il dit que cette loi, elle est encore pire que ce qui aussi n'y avait rien. Elle n'est pas seulement inutile, elle est nuisible, elle permet toujours plus de régularisation de travailleurs clandestins. Vous avez voté ça.
Non mais c'est faux, mais M. Zemmour a désespérément besoin d'exister, donc raconte de plus en plus n'importe quoi sur les réseaux sociaux. Ce qui est dans la loi est inférieur... Non mais ce qui est dans la loi, il n'y a aucune difficulté à répondre à cette question. Ce qui est dans la loi est inférieur à ce qui existe aujourd'hui, à savoir la circulaire valse permettait déjà de régulariser des travailleurs clandestins au cas par cas sur un certain nombre de critères.
Les critères prévus dans la loi sont plus restrictifs que ceux de la circulaire, en particulier si le casier judiciaire vierge, il faut avoir un casier judiciaire vierge, ce qui n'était pas un critère auparavant pour être régularisé.
Mais désormais, avec la loi, le salarié lui-même pourra demander cette régularisation et donc ça va faire à peu près entre 7 et 10 000 régularisations chaque année. Vous l'assumez ? Vous l'avez voté ?
Oui, puisque le fait que le salarié puisse demander à la place de son patron, ce n'est pas ça le critère. Le critère, c'est savoir pourquoi est-ce qu'il se régularisait en droit. Or, avant, il n'y avait pas le critère, par exemple, d'un casier judiciaire vierge. Aujourd'hui, il y a un critère de casier judiciaire vierge. Or, comme on rétablit le délit de séjour irrégulier...
Vous avez voté la régularisation des travailleurs sans papier. Jusqu'à 10 000 régularisations par an, vous l'assumez, ça.
En propos, comme il y a le rétablissement du délit de séjour irrégulier qui avait été supprimé par François Hollande, au même moment que cette circulaire, le fait que ce soit illégal d'être sur le territoire fait que vous pouvez avoir un casier judiciaire qui n'est plus vierge. Et donc, si vous avez un casier judiciaire qui n'est plus vierge, vous ne pouvez pas être régularisé.
Vous avez finalement accepté, Jean-Philippe Tanguy, la régularisation des travailleurs sans papier. J'insiste, pardonnez-moi, parce que depuis le début, votre discours, c'est une prime à l'illégalité, à la prime aux clandestins, vous avez changé d'avis.
On n'a pas changé d'avis. Une loi, elle améliore ou elle dégrade une situation qui existe. Alors attendez, c'est important de s'arrêter juste. Je m'arrête juste là-dessus parce que... Oui, mais enfin, moi je m'arrête. Ma réponse est aussi arrêtée en cours, donc c'est compliqué de répondre à une question essentielle.
Non, parce que cette précision est importante. C'était mardi matin, c'était sur France Inter, d'ailleurs. Jordan Bardella, président du Rassemblement National, dit « Si les mesures qui visent à faciliter la régularisation d'immigrés sont retirées, nous pourrions voter ce texte. » Les mesures n'ont pas été retirées et le 19 au soir, le RN a voté ce texte. Qu'est-ce qui explique ce vote ?
Ben si, les propos de Jordan Bardella sont précis. Si les mesures qui facilitent, les mesures qui ont été votées ne facilitent pas une situation existante, elles durcissent pour nous une situation existante. Mais qu'est-ce qui s'est passé entre le mardi matin et le mardi soir pour que le Rassemblement National vote ? Le texte a changé sur ce point-là. Oui, bien sûr. Quand Jordan Bardella s'exprime, comme moi-même et d'autres porte-parole la veille au soir, le texte de la CMP n'est pas connu. De toute façon, depuis le début, vous pouvez reprendre toutes nos interventions. Il y a toute une partie du texte qui est connue le matin.
Et les miennes en particulier, pas celles-là justement, nous disons que ça dépend du texte. Quand un texte sort et qu'il durcit les dispositifs de régularisation, on le prend. Et par ailleurs, une loi, c'est une balance. Or, les mesures de durcissement de l'immigration et de facilitation des expulsions nous semblent plus bénéfiques ou en tout cas moins pénibles pour la nation que l'inverse. Donc à la fin, nous avons décidé que cette loi, l'équilibre général de cette loi, était plutôt favorable et surtout allait dans notre sens. Et que ceci est l'étape 1 du rétablissement de la souveraineté migratoire de la France.
Vous parlez d'équilibre du texte aujourd'hui, sauf que vous-même, pareil, le matin même du vote, vous disiez sur Sud Radio, si je vous disais 5 choses agréables à entendre à vos oreilles, mais qu'ensuite je vais vous donner une ligne rouge, vous n'accepteriez pas les 5 choses d'avant. La régularisation, vous l'avez acceptée Jean-Philippe Tanguy, vous avez voté ce texte.
Parce que le texte prévoit des dispositions plus dures que celles qui existent aujourd'hui.
C'est pas le cas.
Une loi, mais c'est pas, est-ce que oui ou non, il y avait le crime.
Les salariés désormais peuvent faire la demande, les salariés étrangers.
Vous ne refusez d'accepter qu'il y a le critère du quasi-judiciaire, qui n'est pas quelque chose d'anecdotique, c'est quelque chose de très important. Est-ce qu'il y a des régularisations de clandestins depuis 50 ans ?
Combien de salariés étrangers ont un quasi-judiciaire ?
Là je ne sais pas, je rappelle que c'est quand même privé ces informations.
Alors pourquoi vous dites que c'est plus dur ?
Parce que ça n'existait pas avant. Quand vous avez un critère qui est ajouté qui n'existait pas avant, c'est par définition plus dur.
Mais il y a un autre critère qui a été rajouté, c'est les salariés qui peuvent faire la demande eux-mêmes.
C'est pas ça qui me choque, la question qui me choque, c'est pas qu'un salarié...
C'était restrictif, puisqu'avant c'était que les employés.
Le fait, la vision bourgeoise de la régularisation vue par François Hollande, où effectivement tout dépend du patron qui lui-même est en situation illégale, c'est pas quelque chose qui me satisfaisait non plus. Donc c'est pas ça qui me choquait. Ce qui me choquait, c'est est-ce que la situation est plus dure avant qu'après. La situation est plus dure qu'après. Vous considérez que nous n'avons pas raison de voir cela comme ça. Nous pensons que nous voyons les choses comme il faut. Visiblement, nos électeurs nous soutiennent dans cette démarche. Et je comprends bien que ça dérange M. Darmanin, qui du jour au lendemain était monsieur anti-régularisation et qui lui-même est passé de...
en limitant, oui, ce sera que 7000. Et maintenant, il dit, ah ben, ça sera 10 000, voire 2 fois 10 000. Donc lui-même a paniqué devant visiblement un argument qu'il estimait mauvais pour ses propres intérêts et qui après, il a découvert que c'était quelque chose qui pouvait le servir. Donc tout ça est un peu grotesque. Par ailleurs, on parle quand même d'une situation où il y a 500 000 immigrés par an qui rentrent sur le territoire. On va revenir sur ce chiffre. Donc, si ça permet de renvoyer tous ceux qui n'ont pas leur place dans notre pays, c'est toujours ça de pris.
Jean-Philippe Tanguy, on va poursuivre cet entretien dans une minute puisqu'il est 8h41 lors du Filinfo, Maureen Suignard. L'incompréhension et la colère des associations féministes. Emmanuel Macron dénonce une chasse à l'homme contre Gérard Depardieu. L'acteur est accusé de viol et d'agression sexuelle par plusieurs femmes. Le chef de l'État maintient sa légion d'honneur. Emmanuel Macron s'exprimait sur France 5 hier soir. Longue interview pour défendre notamment l'adoption du projet de loi immigration. Un texte équilibré selon lui, malgré les oppositions. La CGT affirme ce matin prévoir des actions d'ampleur dans tout le territoire.
C'est l'une des plus grandes collectivités européennes à se lancer dans une telle démarche. La métropole de Montpellier dans l'Hérault rend ce soir ses transports en commun gratuits pour ses 500 000 habitants. Le maire socialiste de Montpellier se dit fier de concilier écologie et pouvoir d'achat. Paris, Nice et Monaco, le podium après la dernière journée de Ligue 1 de l'année. Le PSG a battu Metz 3 buts à 1. Marseille a été tenue en échec à Montpellier 1 partout. Lyon a battu Nantes 1-0 et sort de la zone rouge.
Toujours avec Jean-Philippe Tanguy, le président délégué du groupe ERN à l'Assemblée nationale. Vous parliez des chiffres de l'immigration il y a quelques instants. 500 000 étrangers accueillis en France, mais par rapport à combien d'habitants ? Parce que c'est comme ça qu'il faut réfléchir Jean-Philippe Tanguy. Quand vous allez faire vos courses, le prix des légumes par exemple, c'est par rapport au kilo. Quand vous allez acheter un appartement, le prix c'est au mètre carré.
C'est aussi par rapport à votre budget personnel.
Oui, il y a le budget personnel aussi. Selon les derniers chiffres d'Eurostat, Organisme de Statistique Européen ou même de l'INSEE en France, notre pays accueille 5 étrangers pour 1000 habitants. Ce qui place la France tout en bas du classement des pays européens. Loin derrière le Luxembourg, loin derrière Malte, loin derrière Chypre, l'Allemagne, l'Espagne, l'Irlande, l'Autriche, les Pays-Bas, la Roumanie. Ma question est simple, comment vous pouvez parler de submersion migratoire au ERN alors ?
Parce que la relativisation de ces chiffres ne me satisfait pas. 500 000 en valeur absolue, ça correspond à des métropoles françaises entières. On ne peut pas parler de chiffres absolus sur cette question-là, vous le savez très bien, je l'ai dit tout à l'heure. C'est comme les légumes, c'est comme les appartements. Non, c'est pour ça que vous avez répondu avec le budget que vous avez personnellement. Ça dépend aussi de votre capacité d'accueillir ces personnes, de ce que vous avez accueilli, des personnes que vous avez accueillies, non pas seulement depuis 2-3 ans, comme Malte, par exemple, ou quelques années, mais depuis 50 ans. Le regroupement familial, c'est M.
Giscard d'Estaing, c'est 73. L'Espagne, vous le savez très bien, jusqu'aux années 80, il y a un régime politique qui fait qu'il n'accueille pas beaucoup d'immigration. C'était des pays d'immigration. L'Espagne, jusqu'à une période très récente, ce sont des pays d'immigration, encore d'ailleurs une partie de sa jeunesse malheureusement. Le Portugal, c'était des pays d'immigration. Mais pour appuyer votre position au RN, il faut se passer sur des faits. On a l'impression que dès que j'essaie de répondre à vos questions, vous ne les acceptez pas. Le Luxembourg, c'est une immigration particulière, qui est essentiellement une immigration intra-européenne.
Or, pareil, quand on parle d'immigration en absolu, ça n'a pas de sens. Ce n'est pas la même chose d'accueillir des personnes très qualifiées, qui appartiennent à des sphères culturelles ou linguistiques proches des vôtres, et d'accueillir... Oui, mais c'était des pays qui n'étaient pas de choix très heureux. L'Allemagne, c'est comparable à... Et l'Allemagne, l'Allemagne fait un chemin inverse. L'Espagne aussi. C'était la dernière de mes réponses. L'Allemagne, aujourd'hui, fait un chemin considérablement inverse de ce qu'ils ont fait avec Mme Merkel.
Le débat politique aujourd'hui dans l'Allemagne est extrêmement tendu par rapport à des erreurs qu'ils estiment avoir faites sur l'accueil massif de réfugiés, qui a provoqué une grave crise dans toute l'Europe. Et aujourd'hui, la France n'arrive plus, pas seulement à accueillir financièrement, mais aussi à assimiler les personnes. Je vous pose la question, parce que dans le texte... Moi, je réponds à Mme Merkel, j'essaie de répondre à vos questions. Oui, oui, parce qu'il y a un point précis sur lequel je vais vous emmener. Dans le texte, il y a la question des étudiants.
Il y a la question des quotas, même pour les étudiants.
Oui. Alors, sur les étudiants, parce que les présidents d'universités, les grandes écoles, sont en colère contre la mise en place de... Oui, mais c'est leurs affaires précisément, parce qu'il y a la question de l'attractivité de la France. En tout cas, c'est ce qu'ils mettent en avant, et ils disent que la caution pour les étudiants étrangers, ce n'est pas une bonne idée. D'ailleurs, Emmanuel Macron, lui-même, hier soir, a dit qu'à ses yeux, ça n'était pas non plus une bonne idée. L'attractivité de la France pour les étudiants, notamment les étudiants les plus brillants, qui peuvent apporter quelque chose à un pays, ce n'est pas important, ça ?
Si, mais quand je vois les présidents d'HEC ou de l'ESSEC qui disent qu'ils sont contre la caution, alors que pour entrer dans leur école, je le sais, il faut payer entre 30 et 43 000 euros, et que donc c'est une caution pour les classes populaires françaises, ils me font bien rire.
Mais là, on parle des grandes universités françaises.
Oui, d'accord, mais ils ont un point de vue que je respecte, qu'ils peuvent faire valoir dans le débat public, mais accueillir des étudiants dans un nombre important a un coût.
Vous savez quelle est la part des étudiants étrangers en France ?
Non, dans la valeur absolue, là, je ne le sais pas, ce matin. Eh bien, il y en a 400 000, Jean-Philippe t'en dit. Un coût important, Madame Bracquet, laissez-moi finir ce sujet-là, laissez-moi finir ce sujet-là. Non, ça ne rapporte pas d'avoir des étudiants français, c'est un investissement pour l'avenir ou un investissement pour la France, si on veut, mais ça ne rapporte pas. L'organisme Campus France affirme que les étudiants étrangers apportent 5 milliards d'euros à l'économie française chaque année. Les moyens accordés aux étudiants français sont très faibles dans l'OCDE, c'est un chiffre qui se dégrade.
Les conditions d'emploi des professeurs, des intervenants à l'université sont très faibles. Le taux de réussite des licences n'est pas satisfaisant. Les places en master sont insuffisantes, ce qui fait qu'aujourd'hui, des étudiants français ou étrangers assimilés, qui ont des bons résultats en licence, peuvent ne pas trouver de place en master parce qu'il n'y a pas de moyens.
Mais c'est un tout, monsieur, de faire croire qu'il y a toujours plus d'argent, qu'on peut acquérir toujours plus de monde, dans toujours de meilleures conditions, comme si l'argent poussait sur les arbres, que les impôts des français, qui sont déjà à 48% du PIB, pouvaient censé s'être augmenté et que tout allait bien, madame la marquise, et bien non, ça ne va pas. Donc l'immigration n'est pas la seule cause des difficultés de l'université, comme ce n'est pas la seule cause des difficultés de logement, comme ce n'est pas la seule cause des difficultés de l'hôpital, personne n'est dans la caricature.
Mais de nier que l'accueil massif de 500 000 personnes par an, dont un nombre important d'étudiants, d'année en année, n'a pas de conséquences financières, n'a pas de conséquences sur les infrastructures, n'a pas de conséquences sur la capacité des services publics à assurer justement ce service public à coût égal, c'est faux. Et à un moment, il le dit depuis 50 ans aux français qui le voient, c'est faux. Bah si, il faut répondre parce que c'est compliqué, vous posez des questions très différentes, sur des sujets très complexes, très complexes, et si vous ne voulez pas qu'on soit dans la caricature, il faut aussi avoir le temps d'exposer des difficultés que la France a.
Ne restons pas dans la caricature, et surtout parlons des faits et les faits, c'est ce qu'a dit Jérôme, selon une étude de Campus France, les étudiants étrangers apportent 5 milliards d'euros à l'économie française chaque année, alors que les dépenses publiques, puisque c'est ça qui vous préoccupe, pour les accueillir, s'élèvent à 3,7 milliards. Donc il y a un gain, déjà financier, à accueillir ces étudiants étrangers, en plus du rayonnement qu'ils permettent à la France, dans le monde. Ça, on oublie ?
Mais ce n'est pas qu'on oublie déjà cette étude, je ne l'ai pas lue, je ne la connais pas, et vous citez régulièrement à l'antenne des études sur l'accueil des étrangers de l'OCDE, qui sont toujours cités de manière partielle et partielle, celle-là, je ne la connais pas, je ne vois pas... Vous réfutez les chiffres ? Non mais ce n'est pas des chiffres, une étude, ce n'est pas un paragraphe. Donc je ne vois pas, si vous voulez là, à brûle pourpoint, comment des étudiants pourraient...
Si on prend l'ensemble de leur contribution tout au long de leur vie, et dans ce cas-là, il y aurait d'autres choses à prendre en compte, sur l'ensemble de la contribution de tout le monde, je ne vois pas comment des étudiants peuvent rapporter 5 milliards d'euros, sauf si cette étude prend en compte les aides sociales qu'on leur verse, qui sont ensuite redépensées dans le PIB, dans un phénomène keynésien, qui est très dur à accepter aujourd'hui, puisque au bout de 50 ans de keynésianisme, il y a surtout 3 000 milliards de dettes. Donc cette façon de compter, je ne connais pas cette étude, mais cette façon de compter, je ne vois pas en comment le fait d'étudier pourrait créer de la richesse.
Donc si on considère, dans la logique keynésienne, qui a mis 3 000 milliards de dettes en France, que quand on fait de la dépense publique, ça rapporte, oui, je vois bien comment ces gens peuvent compter. Mais permettez-moi d'avoir un énorme doute.
Jean-Philippe Tourgui, donc vous avez voté ce texte sur l'immigration, qui comporte ce qu'on a dit, les différentes mesures sur les étudiants étrangers, je l'ai dit, ils sont 400 000, et son nombre de 400 000 en France, vous savez combien retournent chez eux, après leurs études ?
Mais je ne sais pas, vous voulez que je sois... Mais vous avez voté le texte, Jean-Philippe Tanguy. Vous me demandez des espèces de chiffres précis sur un... Non mais la question est de savoir, sur quoi vous basez vos arguments ? Est-ce que c'est sur du ressenti ou est-ce que c'est sur des chiffres ? La logique générale, c'est que les étudiants étrangers ne retournent pas assez dans leur pays d'origine. Mais alors quel est le chiffre ? Tous les pays d'origine nous le disent, tous nos partenaires africains notamment nous le disent, tous les dirigeants africains.
Il n'y a pas un dirigeant africain aujourd'hui qui ne se plaint pas auprès des présidents ou des ministres français ou de Marine Le Pen quand on les rencontre. Vous pouvez nous donner un exemple ? Du fait que les médecins formés, les masters formés, les ingénieurs formés ne retournent pas assez dans leur pays d'origine, ce qui représente évidemment un pillage. Mais parce qu'eux-mêmes estiment que les meilleurs éléments de leur pays, qu'ils forment à l'école élémentaire, au collège, au lycée, quittent leur pays d'origine pour aller étudier en France et ne reviennent pas à ça. Mais de toute façon, à partir du moment... C'est objectif, il y a un ressenti, mais il y a aussi des faits objectifs.
... où nos partenaires africains le disent tous, que tous les grands discours des leaders africains, que ce soit dans leur pays ou au sein de l'Union africaine, se plaignent de ce phénomène comme un phénomène, estimant à leurs yeux, trop massif. De toute façon, c'est logique. Vous êtes un parlementaire français, Jean-Philippe Tanguy.
Est-ce qu'on fait la loi à partir de sentiments, ou alors de faits, constater, objectifs ?
Ce n'est pas un sentiment, madame Braclay. Je sais qu'il y a trop d'étudiants qui ne rentrent pas dans leur pays d'origine. Mais donnez-moi les chiffres, alors. Parce que je ne connais pas le chiffre par cœur. Il n'y en a pas de chiffres. C'est parce que je ne connais pas le chiffre par cœur, comme un singe savant qui fera un numéro sur votre plateau, que je ne sais pas que c'est vrai. Je peux vous interroger sur plein de choses, madame Braclay, que vous estimez vrai, parce que vous savez que c'est vrai. Parce que vous avez travaillé dessus, vous informez les gens, vous êtes le quatrième pouvoir. C'est au moins aussi important que le Parlement. C'est aussi au moins important.
Ça ne veut pas dire que c'est faux. Parce que vous ne connaissez pas le détail de tout ce que vous dites, que ce que vous dites est faux. Ça n'a pas de sens. On ne peut pas arriver sur un plateau ou même dans un Parlement en connaissant tous les chiffres par cœur. Écoutez, ça c'est pour faire croire aux gens que votre interlocuteur serait discrédité. Alors que, je le sais, on peut vérifier ensemble,
que c'est trop important. Jean-Philippe Tanguy, on va marquer une courte pause. On vous retrouve dans une minute juste après le fil info, puisqu'il est 8h52, Maureen Suénière. Les organisateurs ont jusque-là toujours maintenu qu'il n'y avait qu'un scénario pour la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024. Une cérémonie sur la scène. Mais Emmanuel Macron affirme hier qu'il y a évidemment des plans B ou C en cas de tension accrue ou en cas d'attaque. Pour le moment, 600 000 spectateurs sont attendus sur les berges. Emmanuel Macron a balayé tout un tas de sujets pendant une interview de deux heures. Hier, il défend l'adoption du texte immigration.
Notamment, il estime que c'est une défaite du Rassemblement national. Il dit aussi respecter la démission de son ministre de la Santé, Aurélien Rousseau. La succession des ministres à ce ministère ralentit la capacité à réformer, estime sur France Info l'ancienne ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Le Hamas affirme que le bilan humain dépasse désormais les 20 000 morts depuis le début de l'offensive israélienne à Gaza. Et les espoirs d'un cessez-le-feu s'éloignent. Le chef du Hamas était en Égypte pour des pourparlers, mais ces derniers ne donnent rien. Elle sera peut-être l'un des cadeaux sous le sapin chez vous dans quelques jours.
La PlayStation 5 vient de dépasser les 50 millions d'exemplaires vendus. Cela fait 3 ans que la console est sortie, mais les ventes ont longtemps été freinées par des pénuries.
Et avec Jean-Philippe Tanguy, le président délégué du groupe
Rassemblement National à l'Assemblée, Emmanuel Macron annonce saisir le Conseil constitutionnel à propos de la loi qui a été votée avant-hier. Est-ce que vous vous attendez à une censure ?
Je ne sais pas. Moi, j'estime que ces dispositions sont pour l'essentiel ou la totalité conformes à la Constitution. La Première Ministre, vous le rappeliez d'ailleurs tout à l'heure, dit que certaines mesures ne le sont sans doute pas. Oui, mais ça c'est une espèce de défaite de la pensée de la Première Ministre qui prouve qu'elle n'a absolument rien à faire à sa place et à sa fonction, puisque quand vous êtes capable d'appeler votre majorité à voter une loi tout en pensant au fond de vous-même qu'elle pourrait ou qu'elle serait inconstitutionnelle, on est soit au comble de l'incompétence, soit au comble du cynisme, l'un n'empêchant pas l'autre.
Par contre, nous ce que nous avons toujours dit, et si malheureusement le Conseil constitutionnel prend ses dispositions de censure, ça prouvera qu'on avait raison, c'est qu'il faut une réforme de la Constitution pour assurer que les dispositions ne pas qu'elles soient inconstitutionnelles en elles-mêmes, mais nous savons que les juges constitutionnels, que ce soit en France, en Europe ou dans d'autres instances internationales, abusent de leurs droits pour censurer des dispositions qui sont parfaitement conformes.
Le Conseil constitutionnel a déjà abusé de son droit
en France à propos de l'immigration ? Oui, absolument. Par exemple, le Conseil constitutionnel d'autorité a établi ce qu'on appelle un bloc de constitutionnalité mettant au niveau de la Constitution ou surinterprétant des éléments passés comme faisant partie des éléments constitutionnels. Je l'entendais Laurent Fabius sur votre maison, maison de la radio dimanche, qui lui-même avait établi qu'il avait créé un principe de tradition et d'identité constitutionnelle de la France, un concept qui n'a jamais existé du temps du général de Gaulle.
Donc le Conseil constitutionnel, mais c'est une tendance malheureusement en Occident de l'ensemble des juges suprêmes, s'arroge un pouvoir exorbitant par rapport à leur fonction initiale.
Si on vous écoute, Jean-Philippe Tanguy, vous dites que le Conseil constitutionnel, qui est donc garant des libertés publiques dans notre pays, ces décisions sont motivées par le droit, sur des principes, des normes, des jurisprudences aussi, qui correspondent à l'histoire de notre démocratie, vous êtes prêts demain à les remettre en cause, ces décisions du Conseil constitutionnel ?
Non, on ne les remet pas en cause, puisque je vous dis qu'on ne les remet tellement pas en cause qu'on modifiera la Constitution avec le soutien du peuple français à due proportion, je vous dis, qu'ils sont sortis de leur rôle, oui. Mais vous lisez le général de Gaulle, les conceptions qu'avait Michel Debré du rôle du Conseil constitutionnel, nous sommes extrêmement loin de ce que prévoyait le général de Gaulle, qui estimait que la seule Cour suprême en France, c'était le peuple.
Donc vous avez une dérive, à mes yeux et aux yeux de ma famille politique, des juges constitutionnels, qui imposent de prendre des décisions importantes, mais d'ailleurs les Républicains eux-mêmes en ont tiré les conséquences, puisqu'eux-mêmes, si vous écoutez notamment M. Rotaillot, a la même analyse que moi sur le rôle des juges constitutionnels en France et en Europe et estiment que pour cette raison, les Républicains veulent aussi modifier la Constitution et rétablir la souveraineté du peuple à travers sa Constitution.
Jean-Philippe Tanguy, qu'est-ce que vous attendez du réexamen de l'aide médicale d'État début janvier promise par le gouvernement ?
Quand j'écoute Mme Borne, je n'attends pas grand-chose, puisque visiblement elle estime que tout fonctionne bien et qu'il n'y a pas grand-chose à revoir.
Donc nous mènerons la bataille législative si le texte est vraiment déposé et j'espère qu'on arrivera à avoir des avancées, à modifier notamment le panier de soins pour faire ce que proposait Marine Le Pen à la présidentielle, l'aide médicale d'urgence, à savoir traiter les maladies affectieuses et les urgences médicales, les femmes par exemple qui vont accoucher, qui évidemment doivent être encadrées, bref, d'assurer la santé, comment dire, la santé des personnes, le respect des êtres humains, mais ne pas autoriser le traitement d'un certain nombre de maladies chroniques, de maladies qui n'ont pas rentré dans un panier de soins d'urgence et aussi tout simplement de faire en sorte que le panier de soins correspond à une situation temporaire puisque l'aide médicale d'urgence doit être pour les personnes clandestines, les personnes clandestines ne doivent pas rester sur le territoire, donc par définition, le panier de soins doit correspondre à des soins de personnes en transit.
Jean-Philippe Tanguy, ce n'est pas sur la base d'un reportage qu'on enlève une légion d'honneur, c'est ce que dit Emmanuel Macron en parlant de Gérard Depardieu, vous êtes d'accord avec lui ?
Il n'y a pas de valeur absolue, ça dépend de ce qu'on voit dans le reportage. C'est celui de complément d'enquête ? Oui, oui, mais je sais, les propos de M. Depardieu concernant une enfant, sexualisant une enfant me semblent complètement indécents, je pense qu'il mérite la condamnation publique que M. Depardieu a depuis quelques semaines. Après, pour moi, le seul élément où M. Macron a raison, c'est que retirer sa légion d'honneur ne doit revenir qu'après une condamnation ou une procédure judiciaire ou des faits établis. Retirer sa légion d'honneur n'est pas une sanction judiciaire.
Mais vous trouvez, comme Emmanuel Macron l'a dit hier soir, qu'il fait la fierté de la France, Gérard Depardieu ? Mais c'est des choses différentes. Est-ce qu'en tant qu'acteur, il a fait la fierté de la France ? Oui, mais ça n'empêche pas. Pour moi, je n'ai jamais fait la différence. Il y a eu d'autres exemples dans le cinéma français, malheureusement. Ce n'est pas parce qu'on est un grand cinéaste, un grand réalisateur qu'on a le droit de faire n'importe quoi, de dire n'importe quoi, de maltraiter les femmes ou les hommes d'ailleurs et de s'arroger un rôle supérieur. Mais là, il y a une chasse à l'homme ou pas ? Non, je n'estime pas qu'il y ait spécialement une chasse à l'homme. M.
Depardieu a réitéré des propos très graves, un comportement que moi, je n'accepte pas. Et d'une manière générale, il y a, oui, il faut dire, des systèmes de protection de personnalités qui depuis des années, moi je l'ai vécu quand j'étais à Sciences Po ou ailleurs, des personnalités qui s'estiment disposées de droits, d'autorités, de protection qui fait qu'ils se comportent n'importe comment. Moi, je me félicite que ce système n'ait pas mis fin puisque quelques années encore après MeToo ou dans le système du sport, il y a encore de nombreux problèmes. Par contre, oui, le fait de condamner ce système de protection ne doit pas empêcher de laisser la justice faire son travail.
Donc ce sont en fait deux choses différentes. Il y a toujours beaucoup de confusion. Mettons les choses au clair. Mais moi, ce qui m'a choqué hier dans les propos du président, c'est son absence d'empathie pour les victimes. Il fait qu'il n'ait pas eu un mot pour les personnes qui se sont senties ou qui ont été agressées ou discriminées par M. Depardieu. C'est surtout ça le problème.
Merci Jean-Philippe Tanguy, président délégué du groupe Rassemblement National à l'Assemblée. Vous étiez l'invité du 830 France Info.
Jean-Philippe Tanguy