Qui est vraiment Rachida Dati ?
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Chapitres
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« comment a-t-elle fait pour survivre politiquement aussi longtemps malgré les dossiers judiciaires, malgré les sorties de route et malgré les ? »
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« En janvier 2001, Rachida Dati est longuement interviewée par la télévision sur France 5 dans l'émission Au nom de la loi qui dresse le portrait d'acteurs et d'actrices de la justice. »
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« Elle rentre à l'école de la magistrature sur dossier, un dossier où elle fait figurer son fameux diplôme d'HEC pas vraiment obtenu. »
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« Cette place de premier plan, Rachida Dati l'a gagnée en se rendant indispensable aux yeux d'un personnage clé de l'ascension de Sarkozy, sa femme, Cécilia Sarkozy. »
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« Dati perd un maximum de points auprès du monde judiciaire qui lui reproche aussi sa trop grande intervention dans les affaires du parquet avec notamment des convocations de procureurs. »
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« La presse classique, elle, s'intéresse plutôt à son devenir professionnel, elle qui prête serment en tant qu'avocate en février 2010, une nouvelle activité qui lui permet notamment de renouer avec les milieux d'affaires. »
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« Salut le facho, je vais te donner un dernier avertissement par ce SMS dont la copie est envoyée à Nicolas Sarkozy. Soit tu me lâches, soit je vais déposer l'assignation qui date de 2 ans dans laquelle tu figures avec d'autres pour atteinte à ma vie privée et écoutes illicites. »
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« C'est juste une interview, je vois pas ce qui vous fait peur, franchement. »
Temps de parole
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[grognement] Binjodio
[musique]
Étrange personnage politique que Rachida Dati, pur produit des années Sarkozy avec tout ce que ça comporte de bling-bling, de mépris pour les usages feutrés de la République [musique] et de rapports assez acrobatiques avec les questions d'argent. Dati fait partie des rares [musique] survivants de la droite de ces années-là, en tout cas pour l'instant, car même si elle est parvenue jusqu'à [musique] il y a peu à faire son come-back au gouvernement puis à tenter sa chance dans la course à la mairie de Paris, son aventure est peut-être sur [musique] le point de connaître un sacré coup d'arrêt.
Jugée pour corruption en septembre 2026, elle doit désormais attendre la décision de la justice, le parquet ayant demandé contre elle 4 ans de prison dont deux fermes. La question qui reste en suspens cependant, c'est comment a-t-elle fait pour survivre politiquement aussi longtemps malgré les dossiers judiciaires, malgré les sorties de route et malgré les ? Est-ce que c'est grâce à sa maîtrise totale du carnet ? Est-ce que c'est à cause de sa propension à faire régner la terreur chez celles et ceux qui ont le malheur d'aller fouiner d'un peu trop près dans ses ? Ou bien est-ce que c'est grâce à son art de la punchline qui a tendance à masquer beaucoup de ses aspects les plus sombres
[musique]
au point que même certains à gauche se trouvent séduits. Ce qui est sûr, c'est que tous ces éléments, on les retrouve dans son parcours qu'on va vous raconter dans cet [musique] épisode. Je suis Thomas Rosec et vous écoutez Programme B.
[musique] [musique] [musique]
Je suis magistrat et plus spécifiquement juge. Mes attributions essentielles sont juge commissaire aux procédures collectives, juge aux affaires familiales, juge des applications des peines. Ça s'inscrit dans un parcours normal et de scolarité et d'éducation et puis de volonté. C'est une archive étonnante. En janvier 2001, Rachida Dati est longuement interviewée par la télévision sur France 5 dans l'émission Au nom de la loi qui dresse le portrait d'acteurs et d'actrices de la justice. Elle a 35 ans, elle est juge commissaire aux entreprises à Péronne dans la Somme, c'est-à-dire qu'elle suit les dossiers de sociétés en difficulté.
Mais rapidement, le portrait glisse vers la politique car Rachida Dati n'est pas n'importe qui déjà à l'époque. Comme on le voit dans les images, elle se place sous le patronage d'une personnalité bien connue des Français, l'ancienne ministre Simone Veil.
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Je voudrais tout d'abord vous faire partager une conviction de femme.
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Je m'excuse de le faire devant cette assemblée presque exclusivement composée d'hommes.
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Bien connue surtout pour avoir porté la loi légalisant l'IVG en France sous la présidence de Giscard d'Estaing 25 ans plus tôt. Aucune femme ne recourt de gaieté [musique] de cœur à l'avortement. Il suffit d'écouter les femmes. C'est toujours un drame. Dati, c'est son truc, c'est même sa spécialité et ce depuis des années. Rachida Dati est [musique] née en Bourgogne en 1965 dans une famille nombreuse. Son père est marocain, sa mère est algérienne mais elle et ses [musique] 11 frères et sœurs ont tous et toutes vu le jour en France. Son enfance, elle la décrira plus [musique] tard comme très modeste. Ce qui compte avant tout pour ses parents, c'est s'intégrer.
Par exemple, en fréquentant les écoles privées et surtout briller scolairement. Ce mythe de [musique] l'ascension sociale, parfois un petit peu romancé, Dati en fera son récit. Après un passage raté en fac de médecine, elle obtient un diplôme de sciences économiques et fait très [musique] tôt preuve d'une maîtrise très aboutie de la science de l'entregent. Venue à Paris suivre ses études,
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elle cherche surtout à se glisser dans les cercles du pouvoir déjà. En 1987, alors qu'elle a une vingtaine d'années,
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elle parvient à se faire inviter à une réception à l'ambassade d'Algérie. C'est là qu'elle croise la route de [musique] son premier protecteur, Albin Chalandon. Dans le Var, on attendait hier monsieur Chalandon comme un messie et monsieur Chalandon est arrivé symboliquement peut-être par les routes du ciel. L'opinion publique tenait à être rassurée. Elle n'était pas d'accord en effet avec le schéma directeur de l'aménagement du littoral proposé par le ministère de l'équipement. Le ministre a promis que le schéma sera revu et corrigé. Chalandon, ce nom vous est sans doute inconnu. Mais à la fin des années 80, c'est un ténor de la droite.
Un ancien résistant, plusieurs fois ministre sous de Gaulle, sous Pompidou puis rappelé au gouvernement lors de l'arrivée au pouvoir des Chiracien en 1986 à la faveur de la première cohabitation. Il est garde des Sceaux, ministre de la Justice, un poste qui va compter dans la carrière de Rachida Dati. Mais pour l'heure, cette dernière semble s'intéresser d'abord aux affaires. Chalandon, tombé sous le charme, dixit son ancien chef de cabinet de Dati, l'a fait embaucher chez Elf, l'entreprise encore publique à l'époque d'extraction pétrolière. Il en a été le PDG, il y a ses entrées et la place comme comptable.
Puis, une fois sortie du gouvernement, il la recrute dans sa propre entreprise de textile. Mais Dati a d'autres ambitions. En tant que président de Matra, je veux vous [musique] dire ma foi, ma confiance dans l'avenir de notre société au moment de sa privatisation. Comme moi, ayez [musique] confiance, devenez actionnaire de Matra. Lancée dans le grand monde, elle rencontre Jean-Luc Lagardère, le grand patron qui la recrute chez Matra qui à l'époque est encore un géant industriel. C'est grâce [musique] à lui que Dati peut faire un passage à HEC pour un diplôme qu'elle ne terminera pas. On y reviendra.
Encouragée par Chalandon à choisir entre les affaires et la politique, ce qui l'attire très fortement, elle choisit la seconde et grâce à un coup de pouce du vieux baron gaulliste, [musique] elle est embauchée comme conseillère technique au ministère de l'éducation nationale dirigé par un certain François Bayrou.
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Un passage de 2 ans qui s'achève avec la victoire de la gauche aux législatives anticipées de 97. Les socialistes reviennent au pouvoir, Dati doit quitter les ordres de la République [musique] qu'elle aspire dès lors à retrouver. En attendant, pour rester dans le giron du pouvoir et étoffer son CV, elle choisit la magistrature sur les conseils de Simone Veil qui la prend sous son aile. Elle rentre à l'école de la magistrature sur dossier, un dossier où elle fait figurer son fameux diplôme d'HEC pas vraiment obtenu. Une mention qui lui sera reprochée des années plus tard.
Mais pour l'heure, elle prête serment en 1999 et on la retrouve donc au tribunal de Péronne où elle ne compte pas s'éterniser. D'ailleurs, elle brille surtout par ses absences répétées, ne manquant jamais une occasion d'aller faire un tour à Paris et travailler son réseau. Un travail qui marche puisqu'en 2002, on la retrouve aux côtés de Nicolas Sarkozy tout juste nommé ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Raffarin.
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Moi je l'ai vécu. J'étais sa collaboratrice. Il voulait être sur le terrain tout le temps, tout le temps, tout le temps et sur tous les sujets liés à la sécurité.
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Un choix stratégique. Le maire de Neuilly est alors l'un des grands espoirs de la droite [musique] et ne cache pas ses ambitions. Il est l'un des candidats potentiels à la présidence de la République à l'issue du quinquennat de Chirac. Alors Dati [musique] ne va pas le lâcher. Il part à Bercy comme ministre de l'économie des finances, elle le suit [musique] même si son profil de magistrate n'est pas taillé pour Bercy. Dans Le Point des années plus tard, un ancien collègue se souvient "Elle s'est ajoutée dans la liste des membres du cabinet [musique] en pleurant et en trépignant." C'est pas très sympa, mais Dati étant connue pour ses vacheries, on dira que c'est un juste retour des choses.
En 2004, Sarkozy quitte le gouvernement pour prendre la présidence de l'UMP, le parti [musique] gaulliste, et recycle sa collaboratrice au conseil général des Hauts-de-Seine dont il est aussi [musique] le président. Un passage de quelques mois pour Dati, le temps que son patron ne retrouve [musique] le ministère de l'Intérieur et elle aussi par la même occasion. C'est la dernière marche avant l'échéance [musique] des présidentielles qui se précise à droite avec une certitude, le candidat s'appellera Nicolas Sarkozy.
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Et en quelques secondes, la droite a tourné une page. Porte de Versailles, sur le lieu du Chiracisme triomphant, Nicolas Sarkozy est intronisé candidat de l'UMP pour l'Élysée. Il est officiellement désigné par son parti le 14 janvier 2007 et il désigne dans la foulée ses porte-paroles officiels, ceux qui seront chargés de porter sa voix tout au long de la campagne. Ils sont deux, Xavier Bertrand et Rachida Dati. Ces deux visages sont désormais ceux de la campagne de Nicolas Sarkozy. Xavier Bertrand et Rachida Dati, un ministre et une inconnue du grand public.
Je pense qu'il a voulu euh euh en tous les cas euh en me prenant et en me recrutant, euh reconnaître et valoriser le travail, l'effort, le mérite. Cette place de premier plan, Rachida Dati l'a gagnée en se rendant indispensable aux yeux d'un personnage clé de l'ascension de Sarkozy, sa femme, Cécilia Sarkozy. Contrairement aux vieux usages qui ont longtemps fait des épouses des candidats et des présidents des personnages de second plan dans la vie publique, plutôt éloignés des bassesses de la politique, Cécilia Sarkozy est un rouage très important de la machine de guerre Sarkozy.
Conseillère de son mari, présente à ses côtés dans tous ses cabinets ministériels, elle est connue pour avoir une vue très aiguë des dossiers qui passent par son bureau et pour avoir une gestion assez serrée de l'entourage de son mari. Absolument, je le suivrai où qu'il aille parce que ça fait des années que on travaille ensemble et ça va continuer, je pense. Dati et elle deviennent très vite amies et elle va jusqu'à jouer [musique] le rôle de confidente, c'est ce que rapportent les observateurs de l'époque, lorsque le futur couple présidentiel bat de l'aile et que Cécilia Sarkozy part pour les États-Unis en 2005 retrouver le publicitaire [musique] Richard Attias avec qui elle a une liaison.
La presse bruisse de rumeurs et Rachida Dati elle tient l'épouse en cavale au courant des faits [musique] et gestes de celui qui est encore son mari. Elle prépare le terrain pour une réconciliation qui [musique] intervient pile à temps pour la campagne présidentielle qui s'annonce.
Toujours dans le Point des années [musique] plus tard, on peut lire "Quand Cécilia Sarkozy revient, elle ne jure que par Rachida Dati." Dans le Nouvel Obs, Cécilia Sarkozy explique carrément que Dati est plus qu'une amie, "C'est ma sœur." [musique] Le candidat fait donc place nette pour la protégée de son épouse qui devient incontournable à ses côtés, quitte à froisser quelques sensibilités parmi ses vieux copains de l'UMP, on y reviendra. Toujours est-il que quelques mois plus tard, dans la foulée de son accession [musique] à l'Élysée, c'est sans surprise qu'on retrouve Rachida Dati au casting du premier gouvernement.
Le président de la République a nommé sur la proposition du Premier ministre Madame Rachida Dati garde des Sceaux, ministre de la Justice. Ce rôle, vu les promesses sécuritaires de Sarkozy, ce n'est pas rien. Mais c'est peu dire que la cohabitation entre la ministre et ses administrés, à savoir le monde de la justice, va tourner rapidement à la confrontation. Dès ses débuts, la presse se fait l'écho de démissions en cascade au sein de son cabinet.
Puis c'est autour des magistrats et des avocats de s'alarmer de la réforme en cours de la carte judiciaire, une vraie révolution du paysage de la justice française avec des regroupements de tribunaux, des réorganisations en pagaille qui déplaisent fortement aux professionnels du secteur. Et même si la réforme finalement sera révisée, réajustée et plutôt réussie, le mal est fait. Dati perd un maximum de points auprès du monde judiciaire qui lui reproche aussi sa trop grande intervention dans les affaires du parquet avec notamment des convocations de procureurs qui se font remonter les bretelles pour n'avoir pas d'assez bons chiffres à fournir en matière de lutte contre la délinquance.
Elle est aussi au cœur des critiques sur les peines planchers, ce dispositif qui voulait que la loi fixe des peines minimum en cas de récidive, ce qui a eu pour effet de saturer les prisons qui n'en avaient clairement pas besoin. Bref, les tensions sont multiples et on ne mise pas sur une longévité incroyable de la ministre à son poste. Troisième étape du tour de France du garde des Sceaux et à chaque fois, le même comité d'accueil.
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D'autant que dès les premiers mois de la présidence, Dati a perdu l'un de ses principaux soutiens à l'Élysée, Cécilia Sarkozy. Revenue [musique] pour la campagne puis pour l'accession au pouvoir, elle a fini par repartir à l'automne direction les États-Unis et son nouveau compagnon, Richard Attias. Le divorce du couple est annoncé en octobre. [musique] Dati, elle, garde encore suffisamment de poids pour récupérer la mairie du 7e arrondissement de Paris, bastion historique de la droite, mais ses jours au gouvernement [musique] sont comptés. L'entrée en jeu de Carla Bruni avec qui le courant ne passe pas, scelle son sort. [musique] Avec Carla, nous avons décidé de ne pas mentir.
Et puis vous l'avez compris, c'est du sérieux. En 2009, Sarkozy la charge de mener la liste [musique] de l'UMP aux élections européennes, une manière de lui indiquer la sortie. Les sondages indiquent que la droite devrait arriver en tête du scrutin [musique] et en cas de victoire, elle devra quitter son poste de ministre, ce qu'elle fait en juin 2009. Ce départ pour le Parlement européen signe une première rupture avec la droite d'alors, celle de Sarkozy et de son cercle proche de ministres avec qui les rapports de Dati sont exécrables.
François Fillon, le Premier ministre, aurait, d'après Le Monde à l'époque, demandé à son gouvernement de ne surtout pas suivre l'exemple d'une Dati abonnée aux pages people des magazines et de faire preuve d'un peu de discrétion. Il est vrai que l'ex-ministre est une véritable attraction pour la presse à scandale qui se repaît notamment de ses histoires de cœur, cherche à savoir à tout prix l'identité du père de sa fille et passe un temps infini à détailler ses tenues et ses fréquentations.
La presse classique, elle, s'intéresse plutôt à son devenir professionnel, elle qui prête serment en tant qu'avocate en février 2010, une nouvelle activité qui lui permet notamment de renouer avec les milieux d'affaires. On en reparlera. Sa mise à l'écart du pouvoir ne lui [musique] ferme pas pour autant les portes des rédactions. Les journalistes raffolent des infos et des piques qu'elle ne se prive pas pour distribuer, surtout lorsqu'il s'agit de glisser quelques tacles à ses anciens collègues et notamment à Brice Hortefeux.
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Cet ami historique de Sarkozy, présent à ses côtés depuis les années 80, avait été mis un peu à l'écart lors de la [musique] campagne de 2007. À l'issue de la victoire, lui qui se voyait bien ministre de l'Intérieur, hérite du ministère de l'Identité nationale, ce qui est un peu moins glorieux. Il revient en grâce à la faveur du départ de Cécilia Sarkozy, qui faisait partie [musique] de ceux qui l'avaient tenu à l'écart. Dati, une fois sortie du premier cercle, lui réserve ses plus belles vacheries, exercice dans lequel elle est passée maître.
[musique] Son grand talent, si on en croit les échos dans la presse de l'époque, c'est sa capacité à collectionner [musique] les dossiers à l'encontre de ses adversaires. Hortefeux en fera les frais très directement lorsqu'elle le menacera en 2013 [musique] de révéler à la presse des malversations et des petits arrangements supposés avec la loi dont il se serait rendu coupable. Une menace envoyée par texto, un SMS resté célèbre.
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"Salut le facho, je vais te donner un dernier avertissement par ce SMS dont la copie est envoyée à Nicolas Sarkozy. Soit tu me lâches, soit je vais déposer l'assignation qui date de 2 ans dans laquelle tu figures avec d'autres pour atteinte à ma vie privée et écoutes illicites. Sarkozy l'avait reçu et m'avait demandé de ne pas la déposer au tribunal. En ta qualité de ministre naze de l'Intérieur. De plus, je vais dénoncer l'argent liquide que tu as perçu pour organiser des rendez-vous auprès de Sarko lorsqu'il était président, l'emploi fictif de ton ex à la Caisse d'Épargne et l'emploi illégal de ta compagne actuelle au Parlement européen.
Et je peux continuer avec les avantages que tu as eu et as encore à l'UMP à l'insu de ceux qui payent. Alors maintenant, je te préviens très fermement, tu me fous la paix. Je ne te lâcherai pas, espèce de voyou. Hélas, à l'époque les téléphones d'Hortefeux et de bien d'autres membres du cercle rapproché de Sarkozy sont sur écoute dans le cadre de l'enquête sur les financements de la campagne de 2007, c'est ce qu'on appelle l'affaire libyenne. Le SMS va donc atterrir dans le dossier d'instruction et sera révélé par Mediapart. Il a l'avantage de donner une idée de la méthode Dati.
On frappe fort, on hausse le ton, on menace, quelle que soit la qualité de la personne face à vous et surtout quand il s'agit d'un journaliste. On l'a vu lorsqu'Élise Lucet de France 2 a eu le malheur de vouloir l'interroger sur la possibilité de conflit d'intérêts entre ses activités de parlementaire européenne et celle d'avocate de quelques puissantes entreprises comme GDF Suez, Total ou Renault. C'est juste une interview, je vois pas ce qui vous fait peur, franchement.
Ou encore plus récemment sur France 5 lorsque Patrick Cohen dans cet aveu a osé lui demander si oui ou non elle avait bien déclaré au Parlement européen les 300000 euros d'honoraires qu'elle avait perçus de la part d'une société de conseil liée à ces mêmes grands groupes industriels. Vous avez pas d'éléments de ce qui a été dit. Est-ce que vous avez été ? Monsieur Cohen, il y a une enquête Mediapart qui vous a mis en cause pour harcèlement, management toxique, pour être si mais la l'enquête Mediapart qui est ressortie très récemment. Est-ce que c'est vrai Monsieur ? Est-ce que vous harcelez vos ? Est-ce que vous êtes désagréable avec les gens que vous avec les vous ?
C'est affirmé dans une enquête Mediapart. Il suffirait que je fasse un article 40 pour dénoncer suite à ce papier de Mediapart. On peut tout à fait saisir vous pouvez avoir une enquête
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Car au fil du temps, Rachida Dati s'est mise à accumuler, à l'image de son ancien patron Sarkozy, un petit lot de dossiers judiciaires et de polémiques liées à peu près toutes [musique] à des questions d'argent. C'est ainsi qu'on a appris qu'elle aurait omis de déclarer pour 420000 euros de bijoux à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, omission qui a déclenché une enquête du parquet de Paris. C'est ainsi surtout qu'elle s'est retrouvée renvoyée devant la justice dans le cadre du procès Renault-Nissan pour corruption. On va en reparler.
Car avant ce moment judiciaire, Dati s'est offert un petit tour de piste politique avec en ligne de mire son objectif ultime, tenter de rafler la mairie de Paris.
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Vous êtes messieurs et mesdames les journalistes convoqués au Dati Show. Votre politique pénalise les familles. Vous ne construisez pas, vous bétonnez la ville. On ne vous a pas beaucoup entendu sur les agressions sexuelles et les femmes violées sur le Champ-de-Mars. Depuis que vous êtes maire, Paris a perdu plus de 30000 élèves. Vous pourriez nous faire changer de locaux mais madame Hidalgo, malheureusement pour vous, je serai toujours là. Je le regrette pour vous. C'est le tremplin sur lequel elle a bâti son come-back sur la scène nationale.
Toujours maire du 7e arrondissement de Paris, elle a passé les dernières années à se poser en principale opposante à Anne Hidalgo qu'elle avait tenté sans succès de détrôner déjà en 2020. Depuis, les séances du Conseil de Paris où elle siège sont l'occasion de tirer à balles réelles sur la municipalité. Une séance régulière de vacheries qui lui valent une certaine sympathie jusque dans les rangs de la gauche qui a tendance à oublier la réalité de ses idées politiques derrière son côté sassi méchante de Walt Disney un peu piquante.
Toujours est-il que ce retour de hype de Rachida Dati, il s'est agrémenté d'un retour au pouvoir à la surprise générale alors qu'on pensait ses années au gouvernement derrière elle, la voilà qui surgit sur la liste des portefeuilles ministériels lors de l'arrivée à Matignon de Gabriel Attal en janvier 2024. Sur la proposition du Premier ministre, le président de la République a nommé Madame Rachida Dati ministre de la Culture. Ministre de la Culture, pas grand monde ne l'avait vu venir même s'il se murmurait que la Macronie prévoyait quelques prises stratégiques au sein des Républicains [musique] qui s'empressent de l'exclure du parti.
Pour un temps seulement car si Dati vient au ministère, c'est avant tout pour viser Paris. Si on en croit les indiscrétions relayées notamment par Le Monde à l'époque, ça faisait partie du deal. Elle met sa visibilité et sa surface médiatique au service d'un gouvernement qui [musique] a quand même beaucoup de mal à faire comprendre ses réformes et en échange les macronistes ne se mettent pas sur son chemin lors des municipales de 2026. Un deal qu'elle a réussi à imposer à tous les successeurs de Gabriel Attal puisqu'elle est parvenue à conserver son poste de Premier ministre en Premier ministre jusqu'à sa démission du gouvernement en février 2026 pour se consacrer aux municipales.
Des municipales pour lesquelles elle a arraché l'investiture des Républicains après avoir menacé d'empêcher Michel Barnier de briguer un mandat de député à Paris en se présentant contre lui. La méthode Dati encore et toujours. Ce passage au ministère de la Culture cependant n'est pas une opération totalement gagnante. La très contestée réforme de l'audiovisuel public dont elle avait la charge a fini par disparaître de l'agenda parlementaire tout comme a disparu la promesse des macronistes de ne pas investir de candidats à Paris. Le parti Renaissance dirigé par Gabriel Attal a choisi finalement de désigner Pierre-Yves Bournazel, un ancien des Républicains pour les municipales.
Une façon pour eux de marquer leur indépendance vis-à-vis de l'Élysée. Débordée par les centristes dans cette municipale, Dati s'est vue aussi rattrapée sur sa droite avec la candidature de Sarah Knafo, l'eurodéputée d'extrême droite compagne d'Éric Zemmour très populaire dans dans beaux quartiers parisiens. Elle a réuni cette dernière 10 % des votants lors du premier tour des municipales. Dati, elle est arrivée en seconde position. Elle parvient à intégrer à sa liste celle des macronistes dissidents. Elle lance de nombreux appels du pied aux électeurs de Knafo, mais ça ne suffit pas.
Elle est battue au second tour par Emmanuel Grégoire et échoue une nouvelle fois à piquer la ville à la gauche.
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Tout de même réélue maire du 7e arrondissement et officiellement coprésidente [musique] du groupe d'opposition au Conseil de Paris, Dati voit désormais son horizon largement occupé par son calendrier judiciaire. Car en septembre [musique] 2026, on l'a dit, c'est au tribunal qu'elle était attendue dans le cadre du procès Renault-Nissan, un procès pour corruption et trafic d'influence où elle était renvoyée au côté de l'ex-PDG
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du constructeur automobile Carlos Ghosn, absent de l'audience car en cavale au Liban. Le nœud du dossier, pour ce qui concerne [musique] l'ex-star des années Sarkozy, ce sont les quelques 900000 euros d'honoraires qu'elle aurait perçus pour des missions [musique] de conseil juridique, missions dont ni la justice ni l'entreprise Renault ne parviennent à retrouver la trace. [musique] Pour l'accusation, c'est évident, Dati a été payée pour faire du lobbying secret au [musique] Parlement européen, ce qui est rigoureusement interdit dans le cadre de ses fonctions d'élue. Le procès s'est déroulé fin septembre dans une ambiance
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électrique et Dati a pu y déployer l'étendue de son savoir-faire en terme d'agressivité rhétorique en invectivant les avocats qui [musique] avaient le malheur de remettre en cause la réalité de ses activités en se drapant en permanence dans une posture de victime [musique] éternelle de la jalousie que son parcours atypique inspirerait. Ça n'a pas convaincu outre mesure le [musique] parquet national financier qui a requis contre elle une peine de 4 ans de prison dont 2 ans ferme assortie de 5 [musique] ans d'inéligibilité et d'interdiction de la fonction publique. Est-ce que la méthode Dati a enfin trouvé ses ? Verdict [musique] dans quelques mois.
Quand vous insultez une journaliste dans un couloir, vous vous pas "Allez, en rentrant, je j'aurais pas dû dire ça, j'étais trop loin, c'est ce qui est compliqué.
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par le truc, le truc qui me travaille ? Je sais pas. Bah non. Jamais. Jamais.
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Merci à Paul Bertiaux d'avoir réalisé cet épisode de Programme B, un podcast Binge Audio, une marque Urbania. Merci à Charlotte Bex et Odile Michel qui l'ont préparé. Tous nos épisodes, les anciens comme les nouveaux, sont à retrouver [musique] sur toutes vos applis de podcast préférées. Cherchez-nous sur internet si vous voulez nous parler et à très vite pour un nouvel épisode.