Arlette Laguiller soutient la candidature de Nathalie Arthaud
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Propositif 70 %Attaque 30 %
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- 0:15Arlette LaguillerFait
« Je suis une femme et j’ose me présenter à cette République d’Hommes »
- 1:45Arlette LaguillerChiffre
« De 2 % à plus de 5 % en 1995 et 2002 et jusqu’à moins de 1 % en 2012 »
- 2:00Arlette LaguillerFait
« Cela nous a permis de montrer que le courant dont nous exprimons les idées, certes minoritaires, est toujours là »
- 3:30Arlette LaguillerFait
« Dans les années 1960/1970, le Parti communiste était un grand parti, implanté dans les entreprises avec de nombreuses cellules »
- 4:30Arlette LaguillerFait
« En 2017, le Parti communiste n’est plus présent dans cette campagne électorale »
- 5:00Arlette LaguillerFait
« L’affaiblissement du Parti communiste est uniquement dû à la politique de sa direction »
- 6:30Arlette LaguillerPromesse
« Nous continuerons à militer sur la base des idées communistes révolutionnaires »
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Arlette Laguiller meeting Paris du 26 mars 2017 Travailleuses, travailleurs, chers camarades et amis Je prends la parole d’abord pour apporter mon soutien à Nathalie Arthaud, notre candidate à toutes et à tous, mais aussi pour souligner la continuité dans le combat commun que nous menons. J’ai été la candidate de Lutte Ouvrière dans 6 élections présidentielles, avant que Nathalie prenne le relais.
La première fois, c’était en 1974. Nous étions la première organisation à avoir le courage de présenter à l’élection présidentielle une femme,
qui était aussi une travailleuse, une employée. En 1974, nous étions seulement six ans après la grève générale de 1968 et on aurait pu penser qu’avec le bouillonnement des idées qui avait marqué cette période, les partis traditionnels auraient osé présenter une femme, mais aucun ne l’a fait. Et je suis consciente que ce qui a le plus marqué les esprits à l’époque ce sont des phrases de mes allocutions télévisées. Lors de ma première intervention, je disais en effet : « Je suis une femme
et j’ose me présenter à cette République d’Hommes » . Et lors de ma dernière intervention, je m’adressais aux travailleuses et travailleurs en disant : » Femmes mes sœurs, travailleurs, mes frères » .Eh bien,
et bien, ma candidature suscita... le mépris amusé de la caste politique et de bien des médias ! Comment une femme, une travailleuse, pouvait-elle faire irruption au milieu des petits jeux et des grandes combines ? ! Les anciens ici s'en rapelle, en 1976, un certain général Bigeard, ex-chef militaire des guerres coloniales du Vietnam Les anciens ici s'en rapelle, en 1976, un certain général Bigeard, ex-chef militaire des guerres coloniales du Vietnam et d’Algérie, proposa même de « me marier avec un parachutiste pour me calmer » !
J’ai sans doute été la seule à dire à ce ministre de Giscard qu’il n’était qu’un « pithécanthrope galonné » .
Ce pays, la France, qu’on nous présente comme une grande démocratie a donné le droit de vote aux femmes plus d’une décennie après la Turquie. Et ce n’est pas un hasard si la bourgeoisie conservatrice de ce pays n’avait jamais voulu présenter une femme jusqu’alors. Oui, nous l’avons fait, nous, parce que pour nous l’égalité des femmes et des hommes, avant d’être un droit à imposer, est un fait, une évidence ! Alors, je suis très fière qu’aujourd’hui encore, nous ayons choisi une candidate en la personne de Nathalie Arthaud pour défendre les intérêts du camp des travailleurs.
Au-delà de la diversité des situations lors des six élections présidentielles successives, ce qui était commun à toutes mes candidatures, c’est que nous avons toujours voulu représenter les intérêts de classe du monde du travail, le camps des travailleurs. Nous avons toujours cherché à ce que cette fraction des travailleurs qui ont gardé leur conscience de classe, la conscience que les exploités ont des intérêts opposés à ceux de leurs exploiteurs, puissent s’exprimer et qu’ils ne soient pas obligés de voter pour un homme politique de la bourgeoisie, que son étiquette soit de droite ou de gauche. Certes, nous avons connu des scores
et des résultats variables. De 2 % à plus de 5 % en 1995 et 2002 et jusqu’à moins de 1 % en 2012, cela a représenté de 200 000 à 1 million 600 000 femmes et hommes qui ont choisi au moins une fois de voter pour des communistes révolutionnaires.
Cela nous a permis de montrer, que le courant dont nous exprimons les idées, certes minoritaires, est toujours là. Cela a permis que ne disparaisse pas la petite étincelle qui, si elle s’enflamme un jour, oui, mettra le feu à la plaine.
Oh, les coteries politiques de droite et de gauche qui se relayaient au pouvoir et les médias qui véhiculaient le conformisme de ces gens se gaussaient souvent, déjà à l’époque, de nos résultats ! À leur aune, ceux qui n’étaient pas en situation de conquérir le palais présidentiel de cette République bourgeoise ne méritaient que du dédain. Cette tradition persiste aujourd’hui, et Nathalie Arthaud a droit bien souvent à des réflexions ou à des questions qui me rappellent de vieux souvenirs. Oui, les idées communistes révolutionnaires sont minoritaires dans ce pays, et nous en sommes parfaitement conscients.
Il en a toujours été ainsi, sauf pendant ces périodes, si rares dans l’Histoire, où les opprimés et les exploités de la veille relèvent la tête et font trembler la société sur ses bases.
C’est de ce creuset révolutionnaire, la révolution russe, qu’est né à l’époque le parti qui portait et qui porte toujours le mot « communiste » dans son nom, le Parti communiste français. Mais ce parti, ô combien puissant à certaines époques, a abandonné depuis des décennies toute perspective communiste pour s’aligner, dans un premier temps, derrière la bureaucratie stalinienne de feu l’Union soviétique, avant de s’intégrer complètement dans le jeu politique de la bourgeoisie ici, en France. Dans les années 1960/1970, le Parti communiste était un grand parti,
implanté dans les entreprises avec de nombreuses cellules. Et avant 1968, à chaque fois que nous venions à la porte des usines distribuer nos tracts, on avait droit à des insultes, voire aux coups, de la part de militants du Parti communiste qui nous traitaient d’Hitlero-trotskystes. Aujourd’hui, à part Lutte Ouvrière, il n’y a plus grand monde qui distribue régulièrement une presse communiste devant la porte des usines.
À l’élection présidentielle de 1969, le PCF représentait 21 % de l’électorat et encore 15 % avec Marchais en 1981. Cela a été ensuite une lente dégringolade jusqu’à la dernière fois où ce parti a présenté une candidate, qui avait obtenu moins de 2 % des voix. En 2017, le Parti communiste n’est plus présent dans cette campagne électorale. Il s'est ralié à Mélenchon, cet ancien sénateur et ministre du Parti socialiste, qui essaie de faire croire qu’il suffit de changer le numéro
de la République pour que tout aille mieux pour le monde du travail.
Et c'est au grand désarroi d’une partie de ses militants, la direction du PCF n’a eu ni la volonté ni le courage de présenter un candidat. L’affaiblissement du Parti communiste est uniquement dû à la politique de sa direction qui, déjà en 1974, n’avait pas présenté de candidat face à Mitterrand. Elle avait mis alors toute l’influence, tout le dévouement de ses militants dans les entreprises, dans les quartiers populaires, à présenter cet homme politique bourgeois comme l’espoir des travailleurs. Par la suite, elle avait soutenu le gouvernement Jospin, puis Hollande, et elle recommence aujourd’hui avec un Mélenchon qui pourtant la méprise.
Voilà comment le PCF a trompé, trahi les travailleurs. Voilà pourquoi le PCF a perdu son influence dans la classe ouvrière. Alors, je dis aux militants du PC qui y ont adhéré sincèrement, pour les idées généreuses d’une société communiste et pas pour participer à des gouvernements qui mènent la politique voulue par la bourgeoisie, je leur dis que s’ils ne veulent pas voter pour un Mitterrand au petit pied, s’ils veulent voter selon leurs idéaux, il faut qu’ils votent pour la seule candidate qui lève bien haut le drapeau du communisme, Nathalie Arthaud.
Et je suis sûre que dans cette salle sont venus des militantes et des militants, des ex-militants ou des sympathisants du PC. Alors, je les appelle à être plus fidèles à leurs convictions profondes qu’à une direction erratique et à voter pour notre camarade. Bien sûr, c’est à eux qu’appartient ce choix. Alors, pour ce qui nous concerne à Lutte Ouvrière, nous continuerons à militer sur la base des idées communistes révolutionnaires, sur la base de ces idées qui nous relient au courant du mouvement ouvrier représenté successivement par Marx, Engels, Rosa Luxemburg, Lénine et Trotsky.
Qui nous relient à cette révolution russe de 1917, ses perspectives, ses idées politiques, dont nous nous réclamons. Ces idées nous ont été transmises par d’autres générations de militants trotskystes qui, même broyés par le stalinisme, ont tenu bon dans de nombreux pays et d’abord en Union soviétique, Et ils ont tenu bons malgré les calomnies, malgré la répression, les arrestations et les assassinats.
Eh bien, ces idées, nous continuerons à les défendre, en nous efforçant de reconstruire un parti communiste révolutionnaire qui manque à la classe ouvrière ! Nous continuerons à le faire parce que la société capitaliste basée sur l’exploitation et la concurrence qui conduisent l’humanité vers la catastrophe, oui, je vous le dis, cela ne peut pas être notre avenir.
Arlette Laguiller