#RDLS30 : MÉDIAS, LOBBIES, FERRAND, MONSANTO, TRUMP-CLIMAT, THOMAS PESQUET
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Emmanuel Macron est devenu le leader du monde libre »
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« on voit bien la manœuvre à laquelle il est procédé autour de lui pour fabriquer quelque chose qui serait totalement artificiel, c'est-à-dire une majorité absolue »
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« le nombre de lobbyistes présents dans le gouvernement mais pas seulement en qualité de ministre, mais également dans les cabinets gouvernementaux »
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« on me reprochait le mot à propos de la mort de Rémi Fraisse »
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« on a vu des choses incroyables se faire qui sont le pendant de l'admiration béate devant M. Macron, c'est la diabolisation féroce contre moi »
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« la Société Générale qui veut me faire un procès en diffamation »
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« les méthodes avec lesquelles ont travaillé la Commission Européenne sous l'autorité de M. Juncker sont tout à fait détestables »
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« l'Union européenne met plutôt en danger la santé des gens en autorisant la diffusion de produits de cette nature »
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« il faudrait pas un réchauffement supérieur à plus de 2 degrés par rapport au début de l'ère industrielle »
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Bonjour voici la 30ème revue de la semaine. Et comme d'habitude on commence d'abord par le générique. Bon, je vais revenir sur la vie médiatique pour ce qui me concerne et ce qui concerne le président de la République.
Depuis son éléction, il faut quand même se poser des question sur ce qu'il se passe dans les médias. Parce que c'est une véritable adulation. Y a pas d'autre mot.
J'ai vu une une, d'un hebdomadaire, dont le titre était "Macron séduit le monde", c'est pas rien. J'ai lu un éditorial, où l'éditorialiste, absolument enflammé, écrivait à propos de quelqu'un d'autre "il est comme Macron : parfait". Et plus récemment encore, parmi je ne sais combien d'exemples de même nature, il y avait un article dans l'hebdomadaire Le Point, dans lequel on disait : "Emmanuel Macron est devenu le leader du monde libre".
D'exagération en exagération, sans aucune nuance, sans aucun esprit critique, on peut dire qu'on n'a jamais vu ça. dans une élection, après une élection ou à propos de n'importe qui dans les médias. Alors, il est possible que y ai en effet un enthousiasme de... , de toute une série de journalistes mais d'habitude ils se contrôlent, ou bien ils sont contrôlés, hein ?
C'est donc volontairement que cette déferlante a lieu, et évidemment elle a lieu dans un contexte bien précis qui est celui de la préparation des élections législatives et on voit bien que c'est fait pour fabriquer une ambiance de succès et de réussite et évidemment d'aveuglement autour du chef de l’État. Alors, heu, c'est un problème. C'est un problème.
C'est pas que l'on soit jaloux des compliments qu'il a, mais c'est qu'on voit bien la manœuvre à laquelle, il est procédé autour de lui pour fabriquer quelque chose qui serait totalement artificiel, c'est-à-dire une majorité absolue, très large à l'Assemblée Nationale qui donnera lieu à un malentendu encore plus grand que celui qui existe aujourd'hui. Lequel ? C'est de croire qu'il existe une majorité en France pour appliquer la politique que monsieur Macron a imaginé que ce soit dans le domaine de l'école, que ce soit dans le domaine du code du travail, de la santé, que sais-je encore ?
Tous les domaines clés de la vie des Français dans lesquels ce qui s'annonce c'est un véritable choc social, un retour assez brutal sur les fondamentaux des acquis sociaux, auxquels les gens sont attachés, dont ils ne savent pas qu'ils sont mis en cause aujourd'hui dans les projets du gouvernement. C'est aussi une manière de masquer une opération qui est sans précédent, qui est le nombre de lobbyistes présents dans le gouvernement mais pas seulement en qualité de ministre, mais également dans les cabinets gouvernementaux. Et puis, par dessus le marché, dans les candidats qui se réclament de M.
Macron, qui ont l'étiquette Macron. Et au total c'est une véritable armada de gens venus directement du monde des affaires et souvent sous le ... des secteurs les plus cruciaux du genre : chargé de relations publiques et institutionnelles directeurs, directeurs-adjoints alors c'est comme ça qu'on trouve au ministère du travail qui elle, est l'ancienne directrice du personnel de *[Danone], une multinationale, le directeur-adjoint du Médef, qui est son directeur de cabinet.
Ou bien qu'auprès du ministre de la santé, on va trouver le directeur d'une compagnie d'assurance il y a encore peu de temps. Tout ça, c'est du sans précédent on n'a jamais vu ça. Et pareil parmi les candidats à la députation, où se baptisent, se rebaptisent eux- mêmes "société civile", des gens qui, comme ça, ça fait joli "société civile", des gens qui ont des responsabilités extrêmement élevées.
Par conséquent, on peut dire que l'affaire Ferrand c'est juste un hors-d'oeuvre parce que le monde des affaires il a ses propres règles, ses manières de faire Et, le monde des affaires, à la fin des fins c'est toujours des affaires quand ça arrive en politique. Parce que ce ne sont pas les mêmes mécanismes, ce ne sont pas les mêmes règles morales, les mêmes interdits qui fonctionnent. Donc je pense que nous allons bientôt nous apercevoir qu'il y aura beaucoup d'affaires à propos du gouvernement, avec le même sentiment de malentendu pour les intéressés comme c'est le cas pour M.
Ferrand parce que lui dit: "mais je comprends pas, ce que j'ai fait est parfaitement légal" Oui, peut-être que c'est parfaitement légal, peut-être... c'est pas le sujet, mais c'est pas admis de la part d'un ministre que de tirer profit d'une situation de direction pour réaliser soi-même une bonne affaire ou la faire réaliser par ses proches.
Tandis que dans le monde des affaires, ma foi, c'est tout à fait normal et habituel. C'est si vous ne le faites pas que vous passez pour quelqu'un de naïf, de pas bon. Donc ça, c'est l'ambiance côté gouvernement, côté président de la République.
Et à l'inverse, moi je fais l'objet -- [en tant que] personne -- d'une campagne de diabolisation qui elle aussi est absolument inouïe : on n' a jamais vu ça non plus. On avait déjà eu une idée hein, de ce que ça pouvait être dans les quinze jours qui ont précédé le premier tour de l'élection présidentielle. Il n'y avait pas un mot contre l'extrême droite mais alors contre moi ça y allait : l'ALBA, je ne sais pas quoi.
Vous vous souvenez peut être, on me faisait toute sorte de procès, on me reprochait mon penchant pour M. Poutine et ainsi de suite...
Depuis on sait ce que toutes ces accusations sont devenues. Et sur tous les sujets, je veux dire, y compris à propos de la Syrie quand on voit M. Macron dire qu'il n y a pas d'autres solutions que la discussion en incluant tout le monde, y compris M.
Assad, et pas d'autres solutions que les élections en Syrie. Ce qui étaient quand même le cœur de ce que moi je disais comme solution possible et la seule possible, puisqu'on est déjà en guerre et déjà avec l'utilisation de tous les moyens de destruction massive dont on peut disposer. Bon, je le rappelle pour montrer comment ça peut être une construction politique.
C'est-à-dire pendant 15 jours, on explique que quelqu'un est le diable en personne parce qu'il propose quelque chose et puis 15 jours après on a quelqu'un d'élu qui propose exactement la même chose mais on dit: "ah, c'est génial, ça séduit le monde", et ainsi de suite...
Eh bien là c'est pareil, on voyait qu'ils étaient à l'affût. Pourquoi ? Parce que dans les prévisions électorales, il y a beaucoup de deuxième tours où c'est un candidat de la France Insoumise qui se trouve en face d' un candidat de M.
Macron. Donc, ils ont pris en quelque sorte un peu d'avance, en s'efforçant de me diaboliser. Et évidemment il faut ... n'importe quel prétexte est bon.
Là, il s'agissait d'une phrase dans un discours, c'était le 11e que je faisais dans les rues, hein, en aidant mes amis candidats, ici et là. Et dedans, je suis revenu sur l' affaire de la mort de Rémi Fraisse, et un mot a servi de prétexte pour un procès absolument incroyable. C'est que...on me reprochait le mot à propos de la mort de Rémi Fraisse, et avec une désinvolture et une arrogance inouïes.
On aurait cru à la fin que le problème c'était moi. Non, le problème c'est pourquoi est mort Rémi Fraisse. Et ... avec ça, ça a donné lieu à toutes sortes d'émissions sur le thème "il est revenu à de l'agressivité", des choses comme ça...
Et on a vu des choses incroyables se faire qui sont le pendant de l'admiration béate devant M. Macron, c'est la diabolisation féroce contre moi. Quand a-t-on vu, pour un autre homme politique, une émission comme celle qui a été faite dont le titre était : "Mélenchon est-il fou?", hein ?
Toutes les bornes peuvent être dépassées à mon sujet, et quand quelqu'un dit "c'est pas normal" on lui dit : "oh bah, après tout, si c'est normal puisque lui-même exagère". Mais on ne saura pas où et quand j'exagère. Et ça, je trouve qu'au total, tout ça, bon... qu'on m'agresse, qu'on m’affronte, après tout ça fait partie de la logique polémique d'une élection.
Mais que que ce soit ciblé comme ça d'une manière très psychologisante sur moi avec le soupçon que je sois fou, ça c'est nouveau et c'est très malsain parce que dans une démocratie on échange des arguments pas des injures. Alors, après ça M. Cazeneuve a dit que si c'était comme ça, il me ferait un procès en diffamation.
Bon, ça fera jamais que le deuxième, parce que il y a aussi la Société Générale qui veut me faire un procès en diffamation et dans l'un et dans l'autre cas je n'ai aucun autre recours que de dire: "Eh bien, allons-y! Faites un procès en diffamation". Et dans le procès en diffamation, il y aura enfin une fois un procès sur la mort de Rémi Fraisse parce qu'il n'y en a jamais eu et cette histoire se termine sans que personne ne soit désigné ni coupable ni responsable de ce qui a occasionné la mort de ce jeune homme et je pose la question de savoir si quelque barrage que ce soit, vaut la mort d'un jeune homme ?
Et bien moi, je ne le crois pas. Et de même, si la Société Générale considère que c'est une diffamation d'avoir dit que ses dirigeants avaient menti devant une commission d'enquête parlementaire et bien comme on va voir que ce n'est pas une accusation sans fondement, ben ma foi on pourra faire la démonstration. Donc, vous savez tous très bien que ou bien ces procès n'auront pas lieu, ou bien s'ils ont lieu, ils auront surtout de l'effet pour ceux qui les ont déclenchés.
Et voyez-vous, c'est intéressant de voir comment on essaye par ce moyen là d'intimider les gens pour qu'ils ne disent rien, pour qu'ils ne parlent pas des sujets qui dérangent les personnes puissantes et importantes, dans une période pourtant, où on devrait pouvoir parler de tout, qui est la période électorale pour les élections législatives parce que c'est le parlement qui vote les lois, qui vote le budget de la sécurité sociale, qui vote le budget de l'Etat. Qui accorde ou non la confiance au gouvernement, donc c'est pas une formalité administrative d'élire des députés, au contraire c'est un choix très profondément politique. Et je crois que l'actuel pouvoir a peur plus que tout, tout d'un coup de se voir placé en situation où il serait obligé de négocier, où il serait obligé de tenir compte de l'avis de l'opposition pour faire passer ces règles.
Et ce que veut M.Macron, c'est les pleins pouvoirs, et c'est ça qui est extrêmement dangereux dans un système institutionnel qui est déjà si concentré et qui donne déjà tant de pouvoir au monarque présidentiel. Donc voilà, pensez-y dans les jours qui viennent parce que je peux dire que tout est fait pour donner de la scène de cette élection législative une vision totalement déformée et assez manipulatoire.
Les amis je veux évoquer un conflit qui a une très grande importance pour nous tous. C'est celui qui oppose les producteurs du pesticide Roundup à plusieurs grandes institutions mondiales de contrôle de la santé publique et de lutte contre le cancer. On vient de découvrir que l'entreprise s'était organisée méthodiquement pour faire des pressions sur ces organismes mondiaux de contrôle au moment où ceux-ci avaient établi que les produits qui rentrent dans la composition de ce pesticide sont vraisemblablement cancérigènes.
Et, c'est un grand sujet parce que, ces pesticides sont de surcroît, adaptés à un type particulier de plantes qui sont produit... qui sont des plantes OGM.
Et ces plantes OGM, c'est-à-dire génétiquement modifiées, elles sont génétiquement modifiés pour supporter le pesticide Roundup. C'est-à-dire que quand on l' applique ça fait pas mourir la plante OGM en question, ça fait mourir tout le reste autour. Donc c'est assez paradoxal.
On fabrique des plantes qui résistent au Roundup Pour pouvoir déverser encore plus de Roundup dans la nature et c'est d'ailleurs ce qui se passe, c'est-à dire que, on parle là de centaines de milliers de tonnes maintenant, de ce pesticide déversées d'autant plus allègrement que les plantes génétiquement modifiées sont mises en circulation, elles sont vendues et à partir de là, les gens qui les cultivent balancent du Roundup de tous les côtés. Alors on pourrait dire: "Oui, c'est quoi la conséquence?" Ben, c'est que tout ça se passe dans l'eau, d'abord ça massacre absolument tout ce qui est vivant autour de soi, tout ce qui vit dans ces plantes qui sont détruites et puis ça passe dans le sol, du sol ça passe dans l'eau et de l'eau ça passe dans les organismes de tous ceux qui boivent de cette eau contaminée de cette manière.
Par conséquent, les effets et la présence de ces pesticides dans les organismes vivants sont absolument incontestables. Alors déjà en soi, c'est un problème de voir comment une entreprise mondiale nord-américaine évidemment. Maintenant elle est vendue à une entreprise de chimistes allemands.
Comment cette entreprise exerce des pressions pour en quelque sorte, détruire des organismes de contrôles internationaux qui jusqu'à présent ont toujours bénéficié d'une réputation, des fois même de modération. Les gens ont plutôt protesté contre le fait qu'ils arrivaient pas à se décider assez vite. Alors cette histoire elle prend un relief particulier en Europe.
Moi, je me suis beaucoup impliqué dans la lutte contre le renouvellement des autorisations données aux firmes chimiques de continuer à produire et donc à vendre et à répandre dans la nature, ces glyphosates. Et il y a là un scandale qui est en train de mûrir à l'intérieur de l’Europe, car se prépare la décision d'autoriser de nouveau pour dix ans d'utilisation supplémentaire ces fameux glyphosates dont les effets cancérigènes sont maintenant plus que hautement soupçonnés. Voyez, je fais attention à chaque mot parce que je voudrais éviter de m'attirer trop d'ennuis avec les firmes chimiques, j'en ai déjà assez avec d'autres.
Mais c'est très grave parce que, les méthodes avec lesquelles ont travaillé la Commission Européenne sous l'autorité de M. Juncker sont tout à fait détestables. Parce que ils ont rendu un avis sur la base d'arguments et de ressources scientifiques gardées secrètes.
Et il a fallu que des députés protestent, et disent : "Mais écoutez, ça n'a aucune valeur scientifique une décision prise sur la base d'informations gardées secrètes". Pour que à la fin ils finissent par céder et que on commence à remettre des centaines de tableaux, de toutes sortes, et de récits d'expériences qui ont permis à ceux qui les ont étudiés, il y a des sommités scientifiques, de dire : "il y a un problème : ces glyphosates sont probablement cancérigènes et la probabilité qu'ils le soient est extrêmement élevée." Donc, vous voyez, on est en ce moment dans cette phase-là où il y a d'un côté une offensive de Monsanto pour faire passer son produit le Roundup, alors, même contre les organismes internationaux, et de l'autre côté, au niveau européen, une démarche dont les motivations finalement sont assez obscures, hein...
D'accord, faire plaisir à une firme chimique, mais enfin, c'est pas rien de faire plaisir à une firme, au prix de la santé de millions de personnes. Si bien que les députés ont utilisé ça comme argument en disant au commissaire concerné : "Vous serez personnellement responsable le jour où il sera prouvé que c'est cancérigène, parce que c'est vous qui aurez dit qu'on pouvait continuer à le répandre alors que nous vous prévenons qu'il y a un problème". Et ça c'est en ce moment un débat à l' Europe.
Et on voit très clairement que l’Europe ne protège personne, c'est tout le contraire, l'Union européenne met plutôt en danger la santé des gens en autorisant la diffusion de produits de cette nature. Surtout que c'est quasiment une obligation de les utiliser, puisque vous ne pouvez pas interdire, à partir du moment où ils sont autorisés par la Commission Européenne, vous pouvez pas les interdire chez vous. Ça vous fait des histoires de toutes sortes, et les firmes peuvent vous faire un procès, et exiger le remboursement des bénéfices qu'ils auraient pu faire chez vous, si vous l'interdisez.
Ça, c'est le miracle des fameux tribunaux d'arbitrage privé, dont il est prévu la généralisation avec des accords comme le CETA, TAFTA, et ainsi de suite...
Donc là, on a une situation de tension en Europe ça vaut la peine que vous y intéressiez, que vous y regardiez de plus près c'est un peu évidemment un peu technique, toutes ces questions, mais l'enjeu est considérable parce que les épidémies de cancer ça, maintenant, c'est une évidence, statistiquement vérifiée et identifiée et documentée. Et de même les malformations génétiques qui arrivent sur les nouveaux nés et ensuite dans la suite du développement des jeunes êtres humains ça aussi, ça maintenant c'est complètement avéré, voilà. Donc il y a lieu là de se mobiliser au moins intellectuellement pour suivre cette affaire dans ses développements et vous pouvez être certain que de mon côté je vais m'y mettre pour de bon de nouveau parce que je déplorerai qu'on autorise à nouveau pour dix ans le déversement de ces poisons dans la nature.
Je viens encore sur un sujet écologique parce que, après tout ce sont des sujets fondamentaux, hein ? ça concerne tous les êtres humains. Cette semaine, là, le désastre c'est la décision de monsieur Trump, le président des États-Unis de sortir les États-Unis de l'accord de Paris.
L'accord de Paris, de la COP 21, c'est la conférence sur le dérèglement climatique 21, quand vous entendez 21 c'est numéro de la conférence, hein ? C'est vous dire...
On en est à la COP21, on n'avait pas beaucoup avancé, on avait enfin un accord qui naturellement ne peut pas être contraignant, vous comprenez les gens pourquoi il peut pas être contraignant ? Parce que à tout moment un Etat peut décider librement d'en sortir. Et là, y avait un certain degré de contraintes puisque les États-Unis ont signé.
Donc maintenant pour ne pas respecter ou sortir de l'accord, y a un délai qui court à peu près jusqu'à 2020 mais bon, c'est assez formel, parce que d'ici à 2020, les États-Unis sous la présidence de monsieur Trump, feront ce qu'ils ont envie de faire au nom du fait que ils ont ... ils ne sont plus concernés par l'accord de Paris.
Alors cet accord de Paris, il faut d'abord rappeler, que on en était content parce que 196 pays étaient impliqués, mais enfin honnêtement il y avait des raisons de se faire du souci. Et je vous rappelle pourquoi. Pourquoi ?
Parce que il a conclu que, il faudrait pas un réchauffement supérieur à plus de 2 degrés par rapport au début de l'ère industrielle. Et déjà ce chiffre de 2 degrés posait problème parce que à 2 degrés de plus qu'au début de l'ère industrielle, ça implique une élévation du niveau des mers -- pour ne rien dire du reste, hein, de leur acidification qui fait mourir de nombreuses espèces qui sont présentes dans l'eau de mer, comme par exemple les corails -- mais surtout ça veut dire une montée du niveau de la mer du fait de la fonte des glaces qui engloutit toute une série d'îles et donc de petits Etats indépendants dans le monde. Donc à la dernière minute, on avait rajouté que l'objectif visé bon, c'était de faire une élévation de 1,5 de la température par rapport au début de l'ère industrielle même si l'objectif formel c'était 2 degrés.
Et ensuite, quand les pays ont rendu leur copie, chaque pays a dit : " Ah ben voila ce qu'on va faire, nous ", quand on a totalisé ce que chacun disait, on s'est aperçu que ça aboutissait à un réchauffement de 3,5 degrés de la température par rapport au début de l'ère industrielle. Ce qui veut dire que le changement climatique que nous avons déjà sous les yeux non seulement ne sera pas interrompu mais sera accéléré. Alors il faut faire attention avec le changement climatique parce que ce ne sont pas des processus qui se développent d'une manière linéaire et progressive, hein, ni des processus qu'on peut ensuite "rembobiner" ça n'existe pas.
Pourquoi ? Parce que le dérèglement produit des effets qui se juxtaposent les uns sur les autres et font une bifurcation du cours général de l'Histoire. Donc, la décision de M.
Trump, quand il dit : " Moi je ne suis pas concerné par les accords de Paris", alors que les États-Unis d'Amérique sont producteurs de gaz à effet de serre, c'est véritablement une faute, on pourrait dire un crime mais il faut pas exagérer avec les mots comme vous le savez, sinon ça pourrait mal tourner. Mais c'est une agression contre le reste de l'humanité c'est-à-dire une partie de l'humanité dirigée par M. Trump, décide qu'elle n'en a rien à faire du destin commun de la civilisation humaine.
Mais les États-Unis d'Amérique souffriront comme les autres du dérèglement climatique hein. Donc, c'est une décision qui est bornée et stupide, qui a été prise par leurs gouvernants. Et ça, ça va aboutir à une accélération parce que attention, il faut bien se rendre compte que il y avait eu des mesures conservatoires qui avaient été prises par l'administration Obama pour maintenir les émissions de gazs à effet de serre, à niveau qui était insupportable !
C'était pas un niveau supportable, c'est un niveau insupportable. Et la décision de Trump, ça veut dire non seulement on va faire ça , mais en plus on va faire ce qu'on veut, et il l'a dit. Il a dit " Ben moi, je suis là pour aider les travailleurs du charbon et du pétrole, à produire.
Je suis là pour la population des États-Unis pas pour celle de Paris" Alors, rien que cette phrase montre la stupidité de l'individu et les limites de sa pensée parce que quand on dérègle le climat, on dérègle le climat pour tout le monde pas seulement pour les habitants de Paris, mais aussi pour les habitants des États-Unis d'Amérique. Et les États-Unis d'Amérique vont payer cher leur désinvolture à l'égard de cette question du dérèglement climatique. Alors après, nous autres les Français, il faut que on réfléchisse et qu'on se dise, bon, point n°1 : il faut avancer vers une coalition des pays, qui exerce des pressions sur les États-Unis d'Amériques parce que regardez , on intervient en Syrie, on intervient en Irak, on intervient en Afghanistan contre Daesh, contre les groupes armés islamiques, hein, mais on n'a rien à dire sur quelqu'un qui menace la Terre entière par sa désinvolture.
Je dis bien quelqu'un qui est assez isolé parce que heureusement que nous avons de notre côté le gouvernement chinois qui lui se comporte d'une manière responsable et va tenir parole, il dit qu'il va tenir parole, il a déjà mis en route des plans d'action, pour parvenir à une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre là-bas en Chine. Donc le premier point, c'est qu'il me semble que la France doit se mettre à la tête d'une coalition internationale pour faire pression sur les États-Unis, et commencer à marchander avec les États-Unis d'Amérique un certain nombre de points ou d'avantages auxquels ils ont droit contre le fait qu'ils adoptent une attitude plus conforme à l'intérêt général humain. Parce que là, pour le coup, on voit que c'est l'intérêt général humain qui est mis en cause et ce concept est tout à fait central dans notre pensée à nous de la France Insoumise, l'intérêt général humain.
Et la deuxième chose après cette coalition, c'est que nous faut qu'on montre l'exemple. Et que on fasse la preuve que, après d'autres pays, hein, je vais vous dire on est même pas en avance mais comme on est une des grandes puissances du monde après d'autres pays, on montre l'exemple en passant à 100 % d'énergies renouvelables dans un délai aussi court que possible. Ce qui pour un pays comme nous n'est pas difficile à faire compte tenu de notre niveau de développement scientifique et technique et de l'abondance de la main-d’œuvre que nous avons pour régler ce problème.
Donc je crois que, il faut que l'action, la décision de M. Trump ouvre les yeux de beaucoup de gens. Les États-Unis d'Amérique ne sont pas ce lieu magique extraordinaire de de gens aventureux ouverts, joyeux et créatifs, ce n'est pas vrai.
C'est un pays qui est extrêmement nuisible au reste du monde comme le dit à juste titre Mme Merkel. C'est un pays maintenant nuisible qui a des pratiques barbares de traitement des hommes et de la nature et il faut que nous arrivions à contenir l'empire et à ne pas lui permettre de nuire comme il est se prépare à le faire à la Terre entière, voilà. C'est une leçon de géopolitique en même temps qu'une leçon d'écologie politique que nous oblige à tirer monsieur Trump et sa décision bornée.
Bon, une autre chose : c'est le retour de Thomas Pesquet sur Terre. Alors, quand il est parti, ça a intéressé beaucoup de monde et puis ensuite pendant son séjour il a fait des milliers de tweets, de photos et je trouve que Thomas Pesquet, il nous a rendu de cette manière un très grand service parce qu'il a vraiment eu une activité d'éducation populaire. Beaucoup de gens ont découvert ou se sont intéressés à la question de l'espace à l'occasion de son voyage.
Alors, ce qui est intéressant c'est de voir que il a pu participer à ce voyage, je sais pas le combien-tième il est, hein, parce qu'il y a beaucoup de monde qui est déjà parti dans l'espace et dans la station internationale qui fonctionne grâce aux navettes que les Russes mettent à disposition de l'humanité pour transporter les gens et puis les ramener. Parce que ils ont une technique très au point pour récupérer les gens sur la terre ferme, hein. C'est moins archaïque que de les balancer à l'eau comme le faisaient les États-Unis d'Amérique ou moins coûteux que d'équiper la navette pour aller dans l'espace et revenir sur Terre.
Vous savez que tout ça est fini puisque la navette ne vole plus et les États-Unis ont un programme qui peut-être s'accomplira, nous ne savons pas. En attendant, les Russes sont les agents essentiels du maintien en l'état de la station spatiale internationale et bon, des allers et retours, parce qu'il faut y aller, il faut en revenir, il faut pouvoir ravitailler les gens qui s'y trouvent, et y amener sans cesse du monde pour procéder à des expériences scientifiques, bien sûr, mais aussi, à la maintenance de la station parce que un des aspects les plus drôles de tout ça c'est que les gens qui sont dans la station passent beaucoup de temps à maintenir la station en état de fonctionner. J'ai vu par exemple que Thomas Pesquet, quand il est arrivé, une des premières choses qu'il avait à faire c'était réparer les toilettes, c'est dire.
Il a fait un peu de la plomberie spatiale. Mais il a fait tout ce travail de photos et de commentaires et plein de gens ont choppé au passage cette passion pour l'espace alors moi je leur dis "Bienvenue au club", parce que depuis mon adolescence, j'ai toujours été fasciné par ça parce que j'ai connu le premier tir d'un être humains dans l'espace qui était Youri Gagarine qui restera une figure centrale de l'histoire humaine, hein, puisque c'est le premier homme qui a franchi la barrière physique de la Terre dont on n'arrivait même pas à imaginer qu'elle puisse être un jour ou l'autre vaincue par qui que ce soit. Hein, ça paraissait... absolument aussi extraordinaire que si on disait aujourd'hui quelqu'un va aller dans la mer et respirer de l'eau.
Hein. Ça paraissait incroyable, on se demandait comment c'était possible, comment les corps résisteraient, enfin bon voilà ! Et maintenant évidemment c'est très développé et le vol habité restera un fondamental de l'activité spatiale.
Parce que je sais qu'il y a une discussion sur le sujet. En particulier quand les Européens se sont posés la question de savoir si eux-mêmes organiseraient des vols habités parce que nous sommes capables hein. Nous avons les lanceurs, nous avons tout.
Mais bon, des gens comme le ministre Claude Allègre en France se sont opposés aux vols habités en disant : "Ça sert à rien. Mieux vaut envoyer des machines dans l'espace. Elles feront mieux le travail que des êtres humains, ça coûte très cher." Bon, peut-être qu'il a formellement raison, peut-être que des machines font mieux le travail, mais ce sont des êtres humains dont il est question pour la suite de l'histoire et il est question d'être capable de maîtriser le vol habité parce que un jour ou l'autre on fera des voyages vers d'autres planètes pour les habiter, pour les occuper ce seront des êtres humains qui les occuperont pas les machines, ça n'a pas de sens, bon.
D'autant que les grandes puissances continuent la course à l'espace et aux vols habités, par exemple les Chinois tirent à intervalles réguliers des vols habités. On en parle très peu aujourd'hui parce que d'abord, parce qu'ils sont Chinois et que il y a une grande agressivité contre les Chinois dans la presse occidentale. Mais aussi parce qu'il y a une moindre fascination de l'exploit que représente un vol habité, alors que ça ne cesse d'être un exploit scientifique et technique d'envoyer des hommes, et des femmes d'ailleurs, dans l'espace.
Bon, donc Pesquet est revenu , on lui dit : "Bienvenue", on lui dit "merci" et on apprécie la leçon que les actes de Pesquet portent, et ça au fond c'est la même que celle que nous, nous tirons avec le fil de la France Insoumise, hein. Puisqu'on dit il s'agit d'une relation harmonieuse des hommes entre eux et des hommes avec la nature et avec les animaux au nom d'un intérêt général humain. Et quand vous êtes dans l'espace, dit Thomas Pesquet, et ben, c'est justement, on voit que l'intérêt général humain et on se dit : "Mais à quoi bon les murs, les frontières, la haine la bataille pour des raisons religieuses ou de couleur de peau parce que tout ça est absurde.
Quand on est dans l'espace on voit l'unité de l'écosystème qui contient la vie humaine et tout ce qui nuit d'une part, mais surtout l'absence de prise de conscience de cette unité passe pour quelque chose d'incompréhensible vue de l'espace. Donc il y a un regard philosophique que l'espace confirme sur la similitude des êtres humains et la nécessité de tenir compte de leur intérêt général qui est d'abord la protection de leur écosystème commun. Alors si tout ce que je viens de vous dire vous a plu, vous mettez des petits pouces bleus comme ça, ça fait monter la fréquentation et l' écoute.
Recommandez, si vous le pouvez et si ça vous intéresse cette vidéo. C'est pas que je vous apprenne des choses que j'aurais moi-même découvertes, mais comme j'en parle, ça permet des fois d'en prendre conscience et de prendre le goût d'aller chercher davantage d'informations sur le sujet pour mieux comprendre l'époque dans laquelle nous vivons. Et ça, c'est fondamental parce que c'est le début de cet humanisme pour lequel moi je plaide, ce nouvel humanisme.
Vous savez, non seulement, par son contenu c'est à dire c'est pas seulement la centralité de l'être humain c'est que la centralité de l'être humain n'a de sens qu'en relation avec l'ensemble de la biosphère, hein. C'est en ça que c'est un nouvel humanisme. Autrefois on considérait la biosphère comme une espèce simplement de matière première, hein, dont on devait disposer mais qui ne valait pas la peine qu'on en discute parce que toute façon elle était renouvelable, pensait-on , de manière quasi sempiternelle.
Et c'est aussi, ce nouvel humanisme une nouvelle manière d'être intéressé, curieux, de son époque, exactement comme au 18e siècle dans l'esprit des Lumières, les gens étaient curieux : le fait d'être un honnête homme, une honnête femme de même, c'était s'intéresser à son temps, tacher d'acquérir le plus possible de savoir à propos de son époque pour bien la comprendre et être capable de poser des actes qui soient conformes aux nécessités du moment, voilà. C'est ce que j'aimerai par ce modeste moyen contribuer à développer autour de moi Alors maintenant je vous dis au revoir !
Jean-Luc Mélenchon