François-Xavier Bellamy: "Un monde de ruptures : enjeux philosophiques" [DIRECT]
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:36Invité politiqueFait
« la terre n'est pas le centre du mouvement de tous les astres dans l'univers »
- 11:29Invité politiqueFait
« le mouvement ne saurait être analysée qu'à partir d'un espace de référence »
- 12:57Invité politiqueFait
« le repos n'existe pas et avec sa disparition c'est tout un monde qui s'écroule »
- 15:08Invité politiqueFait
« la vie humaine peut être comparée à une course »
- 44:03Invité politiqueFait
« la nouveauté ne s'accomplit jamais par la rupture »
- 1:00:53Invité politiqueFait
« ce qui ne doit pas changer dans une société comme la nôtre c'est que la vie d'autrui vaut plus que la mienne ce qui ne doit pas changer dans une société comme la nôtre c'est que nous partons du principe que nous sommes prêts à mourir non pas pour tuer mais pour sauver si nous pouvons l'espérer »
- 1:02:21Invité politiqueFait
« porter l'uniforme signifie être prêt à porter à ce qui doit être sauvée l'apport de sa propre vie »
- 1:06:19Invité politiqueFait
« le smartphone est précisément quelque chose comme une disruption saisir l'occasion d'introduire une révolution dans le monde »
- 1:08:24Invité politiqueFait
« celui qui ne connaît absolument rien en philosophie n'a que très peu de chances d'inventer quelque chose de nouveau »
- 1:14:21Invité politiqueFait
« la vérité ne change pas quand même nos conceptions à son égard se transforme »
- 1:16:15Invité politiqueFait
« la recherche de la vérité c'est la recherche d'une contemplation de la vérité quelque chose d'infiniment gratuit »
Temps de parole
- francois-xavier-bellamy99 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
on amiral mesdames messieurs dans le cadre des grands événements de l'école de guerre et en réponse à l'invitation du comité penser autrement nous avons le plaisir ce soir d'accueillir le philosophe françois xavier bel ami monsieur vous êtes professeur agrégé de philosophie diplômé de l'école normale supérieure en 2013 vous ouvrez le monde de la philosophie au grand public en créant les soirées de la philo un rendez vous bimensuel dans un théâtre parisien en 2014 vous publiez un essai plusieurs fois récompensé intitulé les déshérités où il urge où l'urgence de transmettre qui à bord de la crise de la culture et l'échec de la transmission très prochainement vous allez publier un autre ouvrage et j'en profite pour en faire la publicité ce soir qui traitent des changements qu'il connaît notre monde vous allez intervenir et c'est aussi pour cela que nous vous avons invités sur le thème de la rupture et des ruptures un thème d'étude retenu cette année par le comité penser autrement et qui fait l'objet de nombreuses conférences travaux et réflexions tout au long de notre scolarité à l'école de guerre sans plus attendre je vous cède avec joie la parole et vous remercie par avance de nous faire l'honneur d'être d'intervenir ce soir
[Applaudissements]
l'amiral mesdames et messieurs d'abord je voudrais commencer par vous remercie infiniment pour l'honneur que vous me faites de vous accueillir dans le cadre de ces grands événements de l'école de guerre et vous dire à quel point c'est une chance et une joie de pouvoir partager avec vous cette réflexion dans le sein de cette institution prestigieuse mais aussi dans le moment où elle s'ouvre à une diversité de public je suis soulagé de ne pas être le seul civil ici dans un monde de militaires pour aborder cette question qui est effectivement fondamental de la de la rupture qui parle sans aucun doute à vos expériences opérationnelles à vos préoccupations militaire mais qui peut aussi fait l'écho d'une manière bien plus générale au contexte dans lequel se trouve aujourd'hui notre monde dans le contexte que traverse aujourd'hui notre société et pour lequel je crois que la rupture est vraiment un concept clé pour nous permettre d'interpréter les grands mouvements de notre temps de fait il est important me semble-t-il de permettre ces échanges et ces moments que nous allons partager ce soir parce que le travail que vous faites est nécessairement touchés par les transformations du monde dans lequel nous sommes placés et de ce point de vue là je ne voudrais pas vous donner ce soir comme il est présomptueusement indiqué derrière moi une leçon de philosophie mais partager avec vous un blement ce que la philosophie peut nous apprendre ce qu'elle peut nous permettre de rencontrer pour pouvoir éclairer ces grands enjeux qui font le monde d'aujourd'hui nous vivons profondément je crois un monde de rupture un monde marqué par le concept de rupture comme un concept fondateur et pour tenter de comprendre ce que notre monde à avoir avec l'idée de rupture je vais me permettre de commencer par revenir brièvement sur une histoire que vous connaissez tous une histoire qui peut éclairer ce qui a produit le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui nous sommes et je sais qu amiral vous êtes sensible aux choses de la littérature et de l'histoire de la culture et de la science alors projetons nous un peu dans l'histoire nous sommes le 8 janvier 1610 en italie et par ce soir claire divers un érudit un astronome un philosophe qui s'appelle et galilée ouvre sa fenêtre et explore dans la nuit à l'aide d'une lunette qui l'a récemment exploiter pour la détourner de son usage classique les savants et les opticiens hollandais ont récemment amélioré lusage de l'optique pour pouvoir construire des lunettes de plus en plus performantes mais elles servent d'ordinaire à un usage militaire ou un usage maritime et galilée fait partie de ceux qui les premiers ont l'idée de tourner ses lunettes vers le ciel pour observer l'univers et ils braquent cette lunette dans la nuit sans trop savoir ce qu'ils cherchent et sans savoir ce qu'il trouvera et ils observent jupiter et il observe qu autour de jupiter en trouve quelques points quelques à ce train qui se trouve loin dans la nuit et qui ne sont observables khaled de cette lunette dont il vient de se servir en la braquant vers l'est vers le ciel pour la première fois et il note et de façon très émouvante nous avons gardé ses notes il note sur un graphique un petit schéma rapidement dessiné la position de ces étoiles le lendemain il recommence et les étoiles sont restés autour de jupiter elles se sont simplement déplacé autour de l'astre et le surlendemain à nouveau et ainsi pendant quelques semaines au gré des observations dont il peut faire l'expérience malgré les aléas du climat galilée se rend compte que ces trois points se déplace en permanence autour de jupiter la nouvelle est d'une importance considérable puisque galilée vient de découvrir que jupiter avait des satellites c'est de dire qu'il y a des astres qui tourne autour de jupiter des corps célestes qui se déplacent autour de cette planète et que par conséquent la terre n'est pas le centre du mouvement de tous les astres dans l'univers la terre n'est pas le centre de l'univers et galilée découvre soudain que le modèle proposé par copernic il y a plusieurs décennies de cela ce modèle mathématique qui n'avaient pas de vocation empirique ce modèle qui décrivait le mouvement des planètes à partir de l'hypothèse que le soleil en été le centre galilée découvre soudain que ce modèle est peut-être réel qu'il n'est pas seulement plus utile plus économique intellectuellement qu'il n'est pas seulement plus efficace pour prédire la position des astres à l'intérieur de l'univers mais qu'il décrit la réalité le soleil est le centre de l'univers et la terre tourne autour du soleil cette découverte de galilée constitue l'occasion d'un ébranlement majeur pour la civilisation occidentale et même d'un ébranlement majeur pour notre humanité toute entière c'était drôlement majeur aura des conséquences inouïes des conséquences insondable des conséquences scientifique et technique bien sûr pour nous ne cessons de mesurer aujourd'hui les applications pratiques mais aussi et d'abord des conséquences intérieures des conséquences intellectuelle des conséquences à l'intérieur de la civilisation elle-même est la première de ses conséquences est la plus décisive de tout me paraît être celle que galilée produit lorsqu'il est contraint de répondre aux objections qui lui sont faites comme vous le savez la découverte de galilée sera massivement polémique et elle quand elle contribuera à l'un des plus grands débats de ce 17ème siècle commençant mais les premiers arguments que galilée rencontre contre lui ne sont pas d'ordre religieux ou d'ordre théologique bientôt le dialogue entre galilée et le cardinal bellarmin entre galilée et l'église finira par se tendre au point que galilée sera condamnée par réelle mais le premier obstacle galilée rencontre n'est pas un obstacle religieux non la première objection à laquelle galles il doit faire face est bien plus évidente est bien plus immédiate celle objections que lui font à chaque instant nos sens parce qu'aucun d'entre nous n'a l'impression que la terre est en mouvement nous ne voyons pas la terre se déplacer nous voyons le soleil se lever et le soleil se coucher et nous parlons d'ailleurs du soleil qui se lève et du soleil qui ce tout qui se couche ne parlons pas de la terre qui se déplacent autour du soleil et qui dans sa rotation produits l'alternance du jour et de la nuit nous n'avons pas du tout le sentiment que la terre est en mouvement nous avons l'impression que la terre est immobile que la terre est fixe et stable que la terre ne se déplace pas et galilée pour répondre à cette objection de nos sens sera contraint de mettre au point la démonstration de ce qui n'est au départ qu'un argument de circonstance mais qui devient un acquis scientifique absolument majeur c'est à clis et la théorie de la relativité du mouvement en fait nous dit galilée le mouvement ne saurait être analysée qu'à partir d'un espace de référence pour le dire autrement ce que nous croyons être immobile en fait nous ne le voyons immobile que parce qu'ils se déplacent à la même vitesse que nous à l'intérieur de l'univers les choses sont-elles immobile où sont-elles en mouvement en réalité pour répondre à une telle question d'égalité il faut savoir de quel référentiel on parle imaginons que nous prenions à un bateau amiral et que nous allions de venise à alep c'est l'exemple que prend galilée dans le dialogue sur les deux grands systèmes du monde imaginons que ce bateau parte de venise à alep il y a dans ce bateau des marchandises elles sont stockées dans une cabine les marchandises sont elles immobile ou bien se déplacent tél pour répondre à cette question il faut savoir qui pose la question si c'est l'armateur qui pose la question au commandant du bateau le commandant répondre à monsieur les marchandises se déplacent nous naviguons à telle vitesse entre venise et gêne entre venise et à l'est aujourd'hui mais si c'est le capitaine du bateau qui pose la question à l'un de ses matelots le matelot pourra lui répondre non capitelles sont toujours au même endroit elles sont restées dans la cabine du point de vue du bateau les marchandises sont immobiles mais celui qui croit qu'elles sont absolument immobile en fait et dans l'illusion elles ne sont immobiles que parce qu'elles se déplacent en fait à la même vitesse que le bateau à l'intérieur duquel nous les regardons la première conséquence de cette démonstration galiléennes c'est le fait qu'en réalité le repos n'existe pas que l'immobilité est désormais absolument impossible rien n'êtes absolument immobile et ce soir nous ne disons que nous sommes en repos les uns par rapport aux autres et vous ne vous croyez confortablement installé sur vos fauteuils dans ce bel amphithéâtre de l'école de guerre cup parce qu'en réalité vous vous déplacez à la même vitesse que votre fauteuil à la même vitesse que vos voisins je me déplace à la même vitesse que le pupitre auquel je me tiens et nous sommes en fait tous emportés dans le même mouvement celui de la terre au milieu de l'univers le repos n'existe pas et avec sa disparition c'est tout un monde qui s'écroule le monde qui avait construit la civilisation occidentale le monde qui avait formé la conscience du monde que les hommes de notre civilisation avait pu structurer à travers une philosophie qui avaient constitué jusque là le cadre de référence de la constitution même de la société et de la conscience humaine ce cadre de référence est celui qui avait formalisé si vous voulez la la philosophie d'aristote que nous dit aristote aristote nous disait que peut-être vous en souviendrez vous réminiscences de vaud année de terminale aristote nous disait que le mouvement c'est l'effort que fait un corps pour arriver jusqu'à son point d'arrivée pour arriver jusqu'à son lieu naturel chaque chose dit aristote à un lieu naturel chaque chose cherchent leur peau et quand nous travaillons quand nous agissons quand nous nous déplaçons nos déplacements n'ont de sens que parce qu'il vise ce lieu naturel où nous pourrons demeurer où nous pourrons être en repos où nous pourrons être immobile mais le repos est impossible il n'y a pas de lieu naturel et c'est toute une vision du monde et tout une vision de l'existence humaine qui va s'ébranler et qui va littéralement se transformer avec la révolution scientifique avec la rupture galiléennes on en trouve une trace fascinante dans la littérature qui entoure ce moment galiléen et la littérature philosophique emporte en particulier la marque quelques années après quelques années seulement un philosophe britannique qui s'appelle thomas hobbes écrit un traité de la nature humaine et dans ce traité de la nature humaine comme beaucoup de philosophes ils se livrent à l'inventaire des passions humaines et il tente de décrire chacune des passion qui anime l'esprit humain et à la fin de son traité il fait la synthèse de toutes ses passions dans une longue métaphore dans une analogie continuer de ce qu'est l'existence humaine la vie humaine écrit obs la vie humaine peut être comparée à une course et quoique la comparaison ne soit pas vrai à tous égards elle est néanmoins vérifier en bien des points mais c'est une course continue obs dans laquelle on n'a d'autre but que de devancer continuellement ceux qui courent cette course avec nous la vie humaine est une course mais elle n'a plus de point d'arrivée vivre désormais c'est courir vivre désormais c'est bouger et c'est bouger sans savoir à quel point nous pourrions nous dire que nous sommes enfin arrivés que nous avons atteint un but que nous pouvons nous arrêter c'est vraiment une rupture immense qui se joue à travers cette transformation du regard que nous portons sur la vie il n'y a plus de point d'arrivée il n'y a plus de lieux naturels et il n'y a plus de place possible pour ce qu'on pourrait appeler le repos que devient donc l'existence elle devient simplement cette course et dans cette course tout peut être décrit comme étant rapportés à notre place à l'intérieur de la course parmi tous nos concurrents être continuellement devancé bonheur être continuellement derrière ses malheurs dépasser l'autre ses joies être dépassé ses tristesses je cite ici up ce qui fait l'inventaire de toutes les passions tomber ses malheurs c'est ont baissé pleurer voir tomber l'autre ces dispositions arrière pousser quelqu'un c'est aimer faire tomber quelqu'un fait haïr et à la fin de cette langue synthèse de toutes les passions humaines up achève son propos par cette phrase conclusive abandonner la course c'est mourir la vie humaine peut être comparée à une course nous sommes en train de voir ici la naissance de ce que nous appelons la modernité la conscience moderne du monde de qui vient se substituer à ceux qui avaient fait jusque là le regard que les hommes portaient sur leur propre vie et sur le monde qui les habitaient la modernité se définit par la passion du mouvement non seulement le mouvement est désormais la loi universelle des choses tout est désormais en mouvement tout est instable et t mobile mais le mouvement devient en quelque sorte la valeur universelle ce qu'il faut savoir épouser vivre c'est bouger c'est être mobile c'est être dynamique c'est être en mouvement c'est épouser le mouvement du monde et nous voyons bien y compris dans notre vocabulaire contemporain à quel point nous sommes en train de vivre l'accomplissement de cette modernité de fait cet accomplissement a été sans doute retardé par quelques étapes intermédiaires d'abord il y avait la prégnance de la religion qui continuait de marquer à l'horizon de notre vie ce lieu de repos éternel qui s'appelait le paradis et puis quand la religion a commencé à reculer quand elle a commencé à s'éroder dans son influence massive sur la société occidentale les grandes idéologies 600 substituer et ses grandes idéologies tout au long du xxème siècle nous ont elles aussi promis des points d'arrivée des horizons auxquelles nous pouvions espérer nous dira enfin avoir atteint le but que nous pouvions nous fixer le communisme nous promettait le grand soir et la société sans classe le nazisme avait promis ne l'oublions pas le reich de mille ans la paix pour toujours c'était encore d horizon des horizons sécularisée peut-être mais des horizons qui pouvait nous faire espérer que nous allions arriver quelque part et pouvoir nous dira un jour arriver mais ces grandes idéologies se sont effondrés avec le fracas que lens est et dans le désastre qu'on connaît et désormais nous nous trouvons placé en quelque sorte dans le point d'arriver dans le point d'aboutissement dans le point d'accomplissement absolu de la modernité nous savons qu'il faut bouger nous savons qu'il faut nous transformer nous réformer nous adapter nous ajuster nous savons qu'il faut être dynamique mais nous ne savons pas exactement à quel endroit nous pourrions un jour nous dire que nous sommes arrivés et le mouvement de notre monde connaît une accélération sans précédent une accélération d'autant plus vertigineuse qu'il nous est désormais impossible d'imaginer le point où elle pourrait s'arrêter accélération dans tous les domaines bien sûr on pensera au domaine de la technique de la technologie auquel le monde militaire et directement exposés nous voyons bien qu'aujourd'hui nous sommes à la veille d'une mutation si profonde que le mouvement est en train de s'opérer jusque dans nos propres corps dans notre propre condition le mouvement qui transformait de façon de plus en plus rapide le monde autour de nous est en train de s'étendre jusqu'à notre propre nature tout doit être transformé tout doit être changé rien ne doit demeurer stable rien ne doit rester en l'état et même nos propres records sont sur le point de connaître leurs réformes radicales ce qu'on appelle le transhumanisme ce qu'on appelle les biotechnologies ceux qui se présentent à nous à travers les récentes évolutions de la recherche scientifique de la recherche technologique c'est peut-être le moment où le mouvement va atteindre le point ultime de ce qu'il est en train de transformer dans le monde c'est à dire l'auteur du mouvement lui même et sur ce plan là nous sommes un certain de savoir comment réagir exactement à ces mutations qui se présente à nous qui déconcerte nos schémas d' analyse mais auquel pourtant nous disons tous qu'il est nécessaire de nous adapter qu'il est nécessaire de nous ajuster parce que le mouvement qu'il touche ce qui touche dans nos propres corps à ce mouvement ne peut pas nous être définitivement un différents mouvements technologique mouvement scientifique mouvements politiques aussi bien sûr et de ce point de vue là aussi il est tout à fait frappant de voir à quel point la politique a semblé se transformer dans la simple administration du mouvement universel des choses mouvement universel des choses que nous croyons de notre devoir de traduire sur le plan politique par la réforme continuelle depuis plusieurs décennies déjà la totalité de nos élections se trouve plaît c'est sous le signe du mouvement et sous le slogan du mouvement en 2007 c'était la rupture le signe sous lequel vous avez placé le cycle de vos études en 2012 c'était le changement c'est maintenant en 2017 il faut être en marche et il ya quelque chose de tout à fait frappant dans ces slogans que nous voulons être en marche avant de savoir où aller et d'une certaine manière je veux dire par là il n'ya de monde dans mon propos aucune espèce de considération qui toucherait un camp politique plutôt qu'un autre parce que je crois que c'est le propre de la totalité de notre paysage politique que nous avons fait de la réforme en elle-même la vertu politique majeure que nous avons fait du changement le slogan absolument cardinal sans que ce changement ne soit explicitement diriger vers un point d'arrivée qui seraient identifiables si nous demandons à la conscience moderne à quel endroit elle pourrait estimer être politiquement enfin arrivé à quel moment elle pourrait se dire qu'elle est arrivée au terme du mouvement qu'elle nous propose à quel moment nous pourrons considérer que la transformation s'est accompli et que nous pouvons enfin goûter un repos mérité il est probable que la conscience politique moderne ne sera pas vous répondre tout doit être transformée et tout devra toujours se trouver de nouveau transformé nous sommes placés dans ce mouvement permanent qui nous est imprimé par la marche du monde et auquel la politique elle même est sommé de s'adapter ce qui constitue d'ailleurs un paradoxe majeur dans la mesure où la politique et l'administration de l'état était dans sa définition même normalement et nécessairement l'administration d'une forme de stabilité car quelle est la qualité première d'un état sinon qu'il est stats et qu'il demeure stable la caractéristique de l'état c'est d'être cet ordre public qui constitue justement un facteur de stabilité et l'état lui même semble aujourd'hui marquer par à la liquéfaction par la mutation permanente par la nécessité de la réforme constante qui fait que le monde autour de nous semble avoir perdu tout lieu de stabilité au fond ceci converge avec le sentiment que beaucoup de citoyens partagent aujourd'hui le sentiment que la politique a perdu le pouvoir face à ce qui est le lieu de cette mutation permanente c'est-à-dire l'économie l'omniprésence de l'économie et pourrait-on dire le caractère central qu'elle a prises dans nos sociétés d'aujourd'hui est absolument consubstantiel avec ce mouvement moderne car l'économie est précisément le lieu du mouvement qu'est ce que le marché sinon le lieu où l'on échange c'est à dire où l'on transfère la propriété d'une personne à une autre d'un acteur à un autre qu'est ce que le marché sinon le lieu de la circulation des marchandises et des biens qu'est ce que le marché sinon le moyen de la liquidité c'est à dire de la transmutation de toute chose dans autre chose qu elles mêmes les choses remarquer marx non pas qu'une seule valeur ils ont en fait deux valeurs tout bien à deux valeurs une valeur d' usage par quoi une chose est absolument singulière une valeur d'usagé par quoi ce pupitre est absolument irréductible à cet ordinateur parce que ce pupitre fait tout autre chose que cet ordinateur par quoi ce pupitre fait tout autre chose que le fauteuil qui est devant moi une valeur d' usage par quoi les choses sont absolument ce qu'elles sont et absolument identique à elle-même est une valeur des changes qui est celle que le marché leurs affects et qui est ce par quoi elles sont convertibles en n'importe quoi d'autre la valeur des changes de ce pupitre c'est ce qui fait que ce pupitre est égal du point de vue du marché à la moitié de cet ordinateur ce qui fait que cet ordinateur est égale au double de ce fauteuil ce qui fait que ce pupitre est égal à 1 milliardième d'un airbus a380 c'est à dire que toutes choses et convertibles dans n'importe quoi d'autre la valeur des changes c'est la valeur qui fait la liquéfaction des choses puisque c'est la valeur qui fait la liquidité de l'économie la capacité que le marché a de transmuter tout faisant n'importe quoi d'autre et il est parfaitement normal d'ailleurs que sous le signe du chiffre est sous le signe du nombre l'économie nous permettent de faciliter cette circulation des biens qui est évidemment indispensable à la vie en société mais le fait que le marché soit sur le point d'absorber la totalité des choses et le fait que tous puissent entrer dans un marché le fait que demain par exemple le corps humain lui-même soit susceptible de devenir affecté d'une valeur marchande le fait qu'on puisse considérer que n'importe quoi peut s'acheter ou se vendre cela nous montre à quel point le mouvement a saisi la totalité des choses la totalité du réel semble être aujourd'hui entrer dans la logique de l'économie dans cette liquidité universel un très grand sociologue minutes de l'europe de l'est pendant la période communiste et qui a tenté de comprendre les mutations qui touchait le monde occidental zygmunt bauman nous a légué ce concept majeur de société liquide et c'est semble-t-il cette société liquide qui fait au fond le coeur du mouvement permanent dans lequel nous sommes entrés et qui fait sans doute aussi la clé des inquiétudes que ce mouvement peut faire naître nous vivons un monde de rupture c'est à dire un monde dans lequel il semble que rien ne doivent demeurer stable que rien ne doivent demeurer permanent que rien ne doivent s'installer pour toujours un monde dans lequel tout ce qui est ancien apparaît comme étant une forme de faute de goût face à la modernité qui doit toujours triompher un monde dans lequel tous qui a le visage d'une tradition mérite d'être renouvelée pour pouvoir s'adapter à la modernité triomphante ce monde-là a pour propriété de créer au fond les conditions d'une crise permanente et d'une crise qui n'est pas accidentel mais qui est une crise nécessaire la modernité est critique dans son essence la modernité est dans sa structure absolument une mise en crise de la transmission une mise en crise de la tradition une mise en crise de ceux qui nous précèdent et qui doit d'après ce mouvement universel nécessairement être amendé renouvelé et transformé j'ai eu l'occasion dans un dans un travail précédent de me concentrer sur la question de l'école et sur la crise de l'éducation et je crois que ce dont nous parlons à quelque chose de profondément lié avec la crise de la transmission que notre pays traverse comme jeunes enseignants j'ai vécu une expérience qui a été pour moi à la fois passionnante et traumatique j'ai été de la dernière promotion des iufm et je suppose qu'on ne dira jamais de la promotion actuelle de l'école de guerre qu'elle est une expérience traumatique comme l'a été pour beaucoup d'entre nous l'expérience de faire partie d'une promotion de l'iufm c'était une expérience fascinante en même temps parce que nous avons pu y rencontrer un discours pédagogique extrêmement claire et structurée extrêmement généreux dans son principe extrêmement radical aussi dans ses applications ce discours très simple consistait à nous dire que comme les jeunes enseignants que nous étions comme enseignant comme professeur nous ne devions surtout pas transmettre des connaissances que nous ne devions surtout pas transmettre un savoir parce que la transmission d'un savoir était nécessairement l'occasion d'allier né chez nos élèves leur capacité créative leur liberté d'inventer leur propre représentation du monde leur désir de se forger leur propre représentation du monde vous ne devez pas transmettre des connaissances at on expliqué à des générations d'enseignants vous devez permettre à vos élèves de construire par eux mêmes leur propre savoir de réformer par eux mêmes l'idée qu'ils se font du monde plutôt que de subir celle que vous avez acquises et que vous voudriez projeter sur eux que vous voudriez peut-être d'une certaine manière reproduire en eux vous ne devez surtout pas transmettre des connaissances cette condamnation de la transmission au fond elles n'étaient pas le fait d'une petite minorité de gens animés par une idéologie particulière elle était le résultat d'une conscience collective qui a traversé la société la crise de la transmission qui a eu lieu à l'école n'a pas eu lieu qu'à l'école a traversé toute la société toute la société française et toutes les sociétés occidentales d'une manière plus générale il suffit de voir comme tous les lieux de la transmission se sont d'une certaine manière subitement arrêté de fonctionner oyez tous les lieux dans lesquels s'était transmis quelque chose pendant des générations avec une forme de bonne conscience absolument sans scrupules ce sont d'un seul coup était ce son en seul coup trouvé inhibé de l'intérieur par cette inquiétude majeure nous devons laisser l'avenir advenir et pour que l'avenir advienne il faut ne pas le charger de tout le poids du passé la sociologie pourrait nous montrer à quel point non seulement dans l'école mais dans les familles dans les églises à l'intérieur même de l'église comment à l'intérieur de la société cette transmission s'est soudainement rompu voyez je parlais de cela avec un généalogiste il y a peu de temps qui me disait que de façon tout à fait frappante le nom de famille et même les prénoms de famille se transmettait jusqu'à il ya encore peu de temps il ya on prenait le prénom de son grand-père en prenait le prénom de sa grand mère ont donné à ces enfants des prénoms qui était déjà dans la famille est soudainement tout ceci s'est arrêté et nous donnons à ceux qui nous suivent des prénoms complètement nouveaux formés pour eux inventés pour eux il y aurait une infinité de symptômes a montré pour invoquer cette cette soudaine rupture par laquelle nos sociétés se sont brutalement représenter le passé comme étant l'adversaire de l'avenir au nom de l'idée que nous nous faisons du mouvement au nom de l'accomplissement enfin réaliser de la modernité au nom du fait qu'il faut évoluer qu'il faut changer que tout doit être changé nous avons regardé d'une certaine manière le passé comme l'adversaire de l'avenir nous avons regardé pour le dire autrement encore l'autorité comme étant l'adversaire de la liberté puisque l'autorité fij avons-nous qu elle installe un ordre elle empêche le mouvement et que par conséquent elle inhibe la liberté de ceux sur lesquels elle s'exerce alors parfois avec un peu de mauvaise conscience nous avons malgré tout exercer l'autorité parce qu'il le fallait bien la société suppose bien incertaine ordre et une certaine stabilité mais l'autorité est devenu dans son principe une espèce de malédiction de malédiction nécessaire peut-être mais de malédiction quand même parce que non de la spontanéité du mouvement au nom de l'innovation de la souplesse au nom de l'adaptation nécessaire aux évolutions de l'avenir il nous faudrait 116d construire les schémas qui nous précédaient défaire les institutions qui nous enfermait est critiquée et mettre en crise l'autorité qui nous avaient formé cette perspective là je crois à traverser profondément la société contemporaine et elle traverse profondément la crise contemporaine elles touchent directement à la situation critique dans laquelle nous avons le sentiment parfois de nous trouver à une forme d' angoisse à l'intérieur de laquelle nous pouvons avoir le sentiment de ne pas savoir comment nous situer de ne plus savoir nous repérer parallèlement en effet à cette mobilité permanente ne pouvait que surgir un discours de déploration sur la disparition des repères sur l'effondrement des valeurs sûres l'érosion du sens de ces traditions nécessaire qui avaient constitué jusque là les continuités indispensable à notre identité collective nous avons le sentiment que tout cela s'est érodée coup tout cela s'était passé mais nous ne savons pas comment répondre à cette érosion est à cet effacement et nous ne savons plus retrouver le sens de la légitimité de ce que nous pensons avoir perdu alors je voudrais tenter de vous proposer pour essayer de répondre à ce monde de rupture dans lequel nous nous trouvons je voudrais tenter de vous proposer une eu une indication de ceux de ce par quoi nous pourrions essayer de reconstruire ensemble une société plus vivable une société plus pensable une société dans laquelle nous puissions de nouveau avoir la possibilité d'habiter un monde que nous puissions de nouveau habité ensemble il n'est pas question évidemment de nous faire les adversaires du mouvement et il serait d'ailleurs terrible que dans un mouvement de balancier le finition part nous opposer à cette nécessaire ouverture à l'avenir par la volonté de ressusciter les fixité du passé sans doute d'ailleurs la crise que la modernité apporte avec elle n'était que le résultat d'une transmission qui avait perdu le sens de la liberté et de son ouverture à la nécessaire aux nécessaires et veille de la liberté dans les consciences auquel elle s'offrait qu'on nous retrouvons les échos de la révolution scientifique nous y retrouvons aussi bien sûr le caractère totalement figée d'une tradition qui s'était fermée sur elle même au point de ne plus avoir trouvé en elle les moyens de la fécondité d'une inventivité nouvelle quelques décennies après le travail de galilée on en trouve la trace dans un texte magnifique de blaise pascal qui comme vous le savez a été un très grand philosophe un très grand mystique mais aussi et avant tout peut-être un très grand scientifique blaise pascal alors qu'il était encore tout jeune blaise pascal du haut de ses 2 c de ses 25 ans se décide à faire un travail personnel extraordinairement audacieux sur l'existence du vide son intuition est que la nature peut contenir potentiellement des espaces vides qu'il peut y avoir du vide à l'intérieur d'un espace qu'un espace peut ne contenir absolument rien et donc être vide et pour le démontrer il emploie les dernières découvertes de la physique italiennes et celles de torricelli et il envoie son malheureux beau-frère perrier en eau du puy de dôme avec un instrument qu'il à bricoler pour mesurer la pression de l'air et périers en auge du puy-de-dôme relève la pression de l'air et constate que la pression de l'air en haut de la montagne est moins importante qu'elle ne l'est en bas de la montagne par conséquent si nous pouvons mesurer qu'à un certain lieu la pression de l'air est moins importante qu'à un autre en allant au bout de notre raisonnement on peut très bien imaginer qu'il y ait un lieu où la pression soit nul c'est à dire un espace vide et pascal affirme donc qu'il peut y avoir du vide dans la nature bien sûr cette découverte se vérifiera et c'est en son honneur qu on mesure aujourd'hui la pression de l'air en place cades mais sur le coup la découverte n'est pas du tout facilement admise et le jeune pascal a contre lui la totalité l'université parisienne et des spécialistes de physique tous les grands professeurs de physique qui lui répondent d'un seul coeur il ne peut pas y avoir du vide dans la nature pourquoi pour une raison très simple par ce qu'aristote a écrit que la nature a horreur du vide or vous n'êtes pas plus intelligent qu'aristote donc vous devez dire comme lui que la nature a horreur du vide sauf à vous prétendre plus avant que lui plus intelligent que lui ce qui serait être fou vous devez reconnaître que la nature a horreur du vide puisque aristote l'a dit on comprend bien que pascal on comprend bien que des cartes on comprend bien que la modernité naissante et jugé nécessaire de secouer le joug de cette tradition qui ne se regardaient plus elle même comme le moyen de s'ouvrir à une liberté véritable ce à quoi pascal répond dans un texte magnifique qui s'appelle la préface pour un traité du vide aristote dit pascal en substance était bien plus intelligents que moi aristote était un géant et moi à côté de lui je sais que je suis en un mais en prenant la célèbre métaphore de bernard de clairvaux je peux monter sur ses épaules et 1,1 juché sur les épaules d'un géant voit plus loin que le géant c'est grâce à lui bien sûr que je vois plus loin que lui les travaux d'aristote nous ont conduit à un certain point et s'il nous y a conduit c'est pour que nous continuions son oeuvre après lui pour que nous continuions à avancer après lui pour que nous puissions continuer de cheminer grâce à ce qu'il nous avait offert est ainsi pour que nous puissions découvrir ce qu'il n'a pas eu le temps de voir si aristote était encore vivant dit pascal en substance il penserait la même chose que moi si aristote était encore vivant il serait parvenu aux mêmes résultats que moi et par conséquent je fais exactement ce qu'il aurait voulu que je fasse après lui de telle sorte écrit pascal dans une formule magnifique que tout en disant le contraire de lui cependant je ne le contredit points c'est même un acte de reconnaissance à son égard que de poursuivre le travail qu'ils avaient commencé avant nous et que de continuer à cheminer vers ce qui demeure pour toujours le point d'horizon vers lequel nous cheminons quand nous pratiquons la science c'est à dire la vérité et la connaissance de la vérité aristote n'est pas arriver à la vérité tout entière c'est la raison pour laquelle il faut encore avancer et c'est grâce à aristote que j'avance et que j'avance plus loin que lui mais j'avance vers le même point que lui et ce point demeure notre but commun que pouvons-nous tirer de cet enseignement tout simple il me semble que nous pouvons en tirer deux conséquences majeures la première c'est qu'effectivement il n'y a pas de transmission qui ne trouve son sens plein et entier sans l'ouverture à une fécondité véritable que pour le dire autrement le concept même de rue cure doit être dénoncée en ce sens que c'est à l'intérieur de la tradition que la nouveauté est permise c'est à l'intérieur de ce qui nous est transmis par ceux qui nous ont précédés que nous trouverons le moyen d'aller plus loin que et de cheminer plus loin qu'ils ne l'ont fait il n'y a pas de liberté qui ne commence par la rencontre avec l'autorité des auteurs qui nous ont précédés il n'y a pas de liberté pour l'individu qui ne commence par la rencontre avec l'autorité de ceux qui demeurent et de ce qui précède notre propre initiative il n'y a pas de liberté véritable qui ne se nourrissent d'abord de ce qui nous a été transmis et qui ne suppose pour nous d'abord de retrouver la fécondité de ce qui nous a été transmis il n'ya pas non plus de transmission qui ne trouve son point de fécondité maximale sans cette ouverture à la liberté que tout ancienneté peut produire sans cette ouverture à l'avenir que seul le passé peut offrir le concept de rupture me semble devoir être disqualifié dans la promesse qu'il nous faire la véritable innovation la véritable liberté la véritable inventivité ne se trouve pas dans la rupture et si l'homme est un être libre c'est toujours parce qu'il peut puiser de la connaissance de ce qui l'a précédé que sa liberté s'accomplir toucher du doigt cela c'est toucher du doigt le mystère de ce qu'on pourrait appeler humblement le mystère de la médiation si on le fait qu'au fond notre propre liberté ne s'accomplit jamais de manière immédiate que notre propre liberté n'est jamais immédiatement achevée prenez l'exemple de l'artiste un artiste est celui qui fait dans le monde la preuve de la liberté dans les hommes sont capables il est tellement libre le grand artiste que quand il crée quelque chose ce qu'il créé a pour propriété de n'avoir jamais été vus avant lui de n'avoir jamais été entendu avant lui si vous écoutez un morceau de musique d'un artiste que vous connaissez bien si vous écoutez un morceau de chopin si vous connaissez bien chopin en écoutant un morceau de chopin que vous n'avez jamais entendu vous le reconnaîtrez instantanément c'est lui c'est son style personne ne compose comme chopin chopin en composant un nocturne à composer quelque chose qui exprime une personnalité d'une manière absolument singulière au point que personne ne peut composer comme lui le style c'est ce qui distingue l'homme et on voit le style d'un homme aussi bien dans la manière dont il compose que dans la manière dont il écrit que dans la manière dont il commande et dont il conduit une opération il y a un style inimitable auquel parvient celui qui parvient à la maîtrise de son art la question donc de nos vies et comment devient ton chopin et bien pour devenir chopin c'est à dire pour composer quelque chose que personne n'a jamais entendu avant vous il ne suffit pas de s'asseoir devant un piano et d'appuyer au hasard sur les touches et voilà ce qui est tout à fait étonnant pour composer quelque chose qui vous exprime vraiment il ne suffit pas d'appuyer au hasard sur les touches d'un instrument il faut encore avoir appris avoir reçu un héritage qui vous précède il faut avoir eu des professeurs de piano avoir fait des gammes s'être instruit pendant longtemps avoir fait des exercices s'être entraînés et parfois dans la difficulté avoir été corrigé par l'autorité d'un autre il faut avoir appris ce que d'autres avaient fait avant vous avoir appris par coeur les morceaux d'autres artistes et les avoir joué de nombreuses fois les avoir répété encore et encore et à la fin de tout ce parcours seulement la totalité de cet héritage devient la matière par laquelle se construit la substance d'une liberté nouvelle et à la fin de tout ce parcours seulement chopin composent quelque chose qu'on n'avait jamais entendu avant lui quelque chose d'inédit quelque chose littéralement d'inwi à nocturnes de chopin la nouveauté ne s'accomplit jamais par la rupture l'innovation ne s'accomplit jamais par le fait de tourner le dos au passé que nous jugerions devoir être dépassé le passé ne sera dépassée que lorsqu'il est vraiment reçu le passé ne deviendra la substance de notre propre liberté que si nous le regardons précisément comme l'a subi ans nécessaires à notre propre liberté c'est le premier enseignement me semble-t-il que nous pouvons tirer de ce très rapide exposé deux sets très rapides expérience de pensée que nous partageons ensemble l'idée même de rupture me semble devoir être disqualifié l'idée que la liberté suppose de rompre avec tout ce qui nous précédaient l'idée que la liberté suppose le mouvement permanent que la liberté suppose le changement permanent que la liberté suppose dans ce changement de tourner le dos à une quelconque stabilité la liberté se trouve dans le fait d'habiter le passé dans le fait d'habiter ce qui nous précèdent dans le fait d'habiter complètement ce qui demeure en nous et ce qui doit demeurer pour que nous puissions y trouver la substance de nos propres nouveautés de nos propres créations de toute transformation véritable essai de ce point de vue là toute une vision de l'engagement me semble-t-il qui mérite aussi à travers elle de pouvoir être redécouverte car si la liberté suppose le mouvement et la mobilité si la liberté se réduit au dynamisme et au changement alors dans ce cas le premier ennemi de notre propre liberté ça n'est pas seulement le passé à travers la figure des autres ce n'est pas seulement la figure de l'autorité qui toujours nous précèdent mais ce qui constitue l'adversaire principal de notre propre liberté ce sont nos propres engagements vous avez peut-être vu comme moi sur les murs de nos métros en ce moment même à paris la publicité d'un site que je ne nommerai pas pour ne pas lui faire de la publicité gratuite et qui vous promet justement la liberté retrouvée à travers l'un fidélité aux engagements contractés la mobilité permanente ne se satisfait pas en effet de cet épouvantable stabilité à laquelle vous avez consenti si vous avez fait ce choix étrange qui consiste à vous marier nous vivons dans ce monde de la fluidité permanente dans ce monde de la société liquide incarné par le caractère nécessairement mobiles de nos relations ont nécessairement changeants de nos partenariats ponctuels et à ceux qui ont fait le choix étrange de s'enfermer censément pour toujours dans un engagement qui finirait par leur peser la société liquide répond par la technologie numérique en nous permettant de retrouver une forme de fluidité une forme de mobilité une forme de liberté et croyons nous croyons nous parce qu'en réalité précisément montrer à quel point la liberté suppose d'habiter vraiment ce qui demeure dans nos vies s'est retrouvé aussi le sens profond de la nécessité de ses engagements à l'intérieur desquels notre propre liberté s'accomplit c'est le premier enseignement que nous pouvons tirer de cette disqualification de la promesse de la rupture comme une promesse de liberté mais il y a peut être un deuxième enseignement à en tirer il ne s'agit pas de dire que nous devons devenir les adversaires du mouvement bien au contraire avec pascal nous voyons bien que le mouvement est fécond lorsqu'il prend sa source dans une histoire qu'il continue le mouvement est même nécessaire au sens et seulement au sens où il se dirige vers quelque chose qui pour le coup échappe au mouvement et c'est me semble-t-il ce que nous avons le plus besoin de retrouver aujourd'hui le sens de ceux qui en échappant au mouvement peut donner sens à nos mouvements nous vivons aujourd'hui dans une forme de triomphe du progressisme triomphe paradoxale du progressisme paradoxal parce que c'est encore une fois un progressisme qui ne se connaît pas de point d'arrivée et qui parce qu'il ne se connaît pas de point d'arrivée ne serait plus dire exactement au nom de quoi il est progrès prenons l'exemple par exemple du progrès scientifique ce qu'on appelle le progrès scientifique et dans l'expression même me paraît être en fait bien souvent l'occasion d'une aberration dans les termes il n'ya pas en réalité de progrès scientifiques il n'y a de véritables progrès dans les sciences que si nous rapportons les changements qui s'y opèrent à quelque chose vers quoi la science et la technique peuvent nous permettre d'approcher et c'est seulement à partir de ce critère que nous pouvons dire d'une mutation scientifique d'une mutation technologique qu'elle constitue un progrès pour le dire autrement toute nouveauté n'est pas un progrès une nouveauté n'est un progrès que si nous rapportons cette nouveauté à quelque chose d'extérieur à elle et qui vaut en soit comme un bien et à partir de quoi ne pouvant dire d'une nouveauté qu'elle constitue oui ou non une amélioration un progrès de ce point de vue là tout est question au fond de paramètres extérieurs à ceux qui changent et à ceux qui se transforme et c'est à partir de ces paramètres extérieurs à ceux qui changent et à ceux qui se transforment que nous pouvons dire d'une nouveauté qu'elle constitue un progrès le progrès dans la science c'est le fait que nous avons découvert quelque chose qui nous approchent de la connaissance de la vérité et lorsque nous avons découvert quelque chose qui nous approchent de la connaissance de la vérité nous pouvons dire qu'il y a eu un progrès scientifique pour le dire autrement que littéralement progrès dior nous avons avancé vers cet objectif qui s'appelle la vérité mais la vérité elle elle ne change pas la vérité ne se transforme pas la découverte galiléennes était un progrès par rapport aux modèles de ptolémée parce que de fait oui la terre était déjà en mouvement autour du soleil que la terre a toujours été en mouvement autour du soleil et que jamais la terre n'a était immobile et c'est parce que la vérité ne change pas que la découverte de galilée était un progrès par rapport aux modèles de ptolémée il n'ya de progrès c'est à dire il n'ya de mouvements qui sont bons et qu'ils sont utiles et fécond que parce que ces mouvements sont des mouvements vers quelque chose qui ne se veut pas vers quelque chose d'immobile quelque chose qui ne change pas de la même manière il n'y a pas de progrès techniques en soi une nouveauté technique n'est pas nécessairement un progrès une nouveauté technique n'est un progrès que si elle nous approche de quelque chose que nous considérons être bon absolument quelque chose que nous considérons être bon en tant que tel est une innovation technique nous le savons très bien peut aussi nous éloigner de ce qui est absolument bon est absolument juste en disant cela je ne dis pas que nous possédons la connaissance parfaite du bien et du juste de la même manière que nous ne connaissons pas la maîtrise parfaite de la vérité mais ils sont des horizons vers lesquels nous devons cheminer vers lesquels littéralement nous devons progresser penser le progrès c'est penser ce qu'ils ne progressent pas penser le progrès suppose de penser ce qu'ils ne progressent pas penser le mouvement dans son caractère fécond ses pensées nécessairement ce qui n'est pas en mouvement c'est savoir au nom de quoi nous voulons changer vers quoi nous voulons avancer à quoi nous voudrions arrivée ou en tous les cas de quoi nous voudrions approcher et c'est sans doute ce qui manque le plus à la société contemporaine nous vivons le progrès comme une espèce de fatalité nous vivons l'évolution du monde comme étant nécessairement et fatalement un progrès auxquels il faut nous ajuster et c'est d'ailleurs de ce point de vue là que nous vivons une forme de dissolution profonde de la politique de dissolution profonde de la politique notamment dans le champ de l'économie parce qu'une innovation et là il faudrait nécessairement l'adopter parce qu'une mutation survient nous sommes contraints de la choisir ce qui fait qu'en fait nous ne choisissons plus rien et que nous avons parfois le sentiment d'être dépossédés de notre propre pouvoir individuel et collectif d'être dépossédé par là de l'expérience politique pour retrouver le sens de la politique me semble-t-il il nous faut retrouver le sens de cette interrogation collective qu'est ce qui ne change pas et qui vaut la peine que nous avancions qu'est ce qui ne change pas et vers quoi nous voulons avancer qu'est-ce qu'ils ne se transforment pas et qui en soi est absolument mérite l'effort de nos mouvements et c'est à partir de là que nous pourrons prendre ensemble les décisions les plus ajustés et reprendre ensemble la maîtrise de notre destin rien n'est absolument et fatalement un progrès qu'il faudrait nous laisser imposer et nous avons le droit devant tout ce qui se présente comme un progrès d'interroger au nom de quoi on nous le présente comme étant nécessairement un progrès je dis cela en sachant pertinemment que la chose militaire sera directement touché par les mutations techniques qui se présentent à nous et ses mutations techniques elles vont avoir la propriété de se présenter à nous comme étant absolument impérative parce que de fait elles vont à devenir nous dira-t-on et que nous n'avons pas d'autre choix d'une certaine manière que de consentir à ce qui sera eh bien je crois que c'est devant cette équation impossible que nous avons non seulement le droit mais le devoir de redire à quel point plus la technique chemine plus nous devons être capables de demander au nom de quoi nous devrions adopter les solutions qu'elle nous propose et si ces solutions nous rapproche de ce à quoi nous tenons éternellement et pour toujours c'est à dire du bien et du juste du vrai et du beau alors nous avons le devoir de les adopter et de ne ménager aucun effort pour transformer notre outil pour transformer nos instruments pour transformer nos méthodes autant que ce sera nécessaire afin de pouvoir progresser vers ces objectifs éternelle mais si ces mutations nous éloigne de ce que nous pensons être bon de ce que nous pensons être juste de ce que nous pensons être vrai alors nous avons simultanément le devoir de refuser avec tout autant d'énergie en disant cela encore une fois je ne dis pas que nous possédons la claire conscience de ce qui est bien et de ce qui est juste de ce qui est vrai et de ce qui est beau mais je dis que cela vaut précisément notre interrogation que cela mérite plus encore que jamais dans un monde qui se transforme à toute vitesse que nous prenions le temps de nous arrêter pour savoir ce qui ne doit pas se transformer ce qui ne doit pas changer ce qui ne change pas en fait et ce qu'ils méritent par là de redonner sens à tous les changements que nous voudrons consentir et que nous voudrons opéré c'est à partir de là je crois que les choix essentiels de nos vies pourront être correctement posé de nos vies personnelles et de nos vie collective et je ne peux pas terminer cette trop brève réflexion j'espère pas trop théorique pas trop abstraite et pas trop insuffisante surtout au regard de l'enjeu il ment ce que j'ai conscience de soulever je ne peux terminer cette réflexion qu en évoquant bien sûr l'actualité qui nous marquent tous et qui a traversé en particulier et ces deux journées et les derniers jours que nous avons vécu ensemble je le dis comme enseignant c'est je crois profondément cette crise de la transmission qui a laissé se frayer un chemin à la folie islamistes que nous connaissons aujourd'hui je suis enseignant du secondaire j'ai enseigné en lycée avant d'être actuellement en classe préparatoire j'ai enseigné en lycée plusieurs années et j'ai pu voir à quel point la passion de la mutation permanente l'incapacité que nous avions à définir ensemble un point d'arrivée notre incapacité collective à définir dans notre identité ce à quoi nous sommes attachés et ce qui ne doit pas changer à quel point cette rupture dans la transmission que nous avons organisée avec une véritable générosité mais sans conscience des conséquences à quel point cette crise que la modernité vie et qu'elle porte avec elle en fait à quel point tout cela avait laissé la place à la recherche chez nos élèves dans les générations qui viennent d'une permanence et d'une stabilité à quoi finalement toute personne humaine aspire et c'est à ce désir de permanence à cette aspiration à quelque chose qui ne change pas à cette soif d'une transcendance à cette recherche de quelque chose qui vaut la peine que tout change dans nos vies parce que quelque chose ne changeant pas mérite qu'on se dirige vers lui c'est tout cela qui a laissé la place au discours délirant de l'islamisme qui a attiré beaucoup de jeunes à l'intérieur de notre pays issus de l'immigration ou non vers cette transcendance morbide que ce discours proposé transformant s'empoisonner bien sûr et qui est une passion de la mort plutôt qu'une passion de la vie mais qui malgré tout est une passion que nous n'avons pas su offrir une passion que nous n'avons pas su proposer quelque chose qui vaut la peine de donner sa vie ce que nous n'avons pas su donner j'ai toujours comme enseignant trouvé magnifique ce mot de gustave thibon qui dit celui qui ne me donne rien c'est celui qui ne me donne pas l'occasion de me donner celui qui ne me donne rien c'est celui qui ne me donne pas l'occasion de me donner et je crois que nous avons été collectivement comme société incapable de donner à la génération qui vient une occasion de se donner une raison éternelle qui vaille de donner sa vie or l'homme cherche moins à une raison de vivre dans le monde qu'une raison de donner sa vie quelque chose qui vaut la peine que tout se transforme en nous que tous soient transformés dans nos vies jusqu'à ce qu'elle soit potentiellement abandonné à ce qu'il ya de plus grand qu'elle et c'est ce que nous n'avons pas su offrir et c'est ce qui fait que tant de jeunes d'aujourd'hui ont été chercher la mort celle qu'il pouvait donner mais celle que peut-être il allait subir et qu'il savait qu'ils allaient subir dans le djihadisme dans le terrorisme dans l'engagement loin de notre pays sur des théâtres d'opération dont ils ne connaissaient rien et qui leur promettait seulement la possibilité de faire le voyage est essentielle c'est à dire celui qui nous conduit vers quelque chose comme un absolu quelque chose qui n'est pas relative quelque chose qui échappe totalement à tout marché possible à toute transformation possible à toute mutation possible quelque chose qui par conséquent donne sens à tout marché à toute société à toute évolution à tout mouvement à toute mutation et c'est de ce point de vue là qu'il me semble que le colonel arnaud beltrame a remporté une véritable victoire bien sûr c'est une victoire paradoxale du point de vue opérationnel ça n'est pas du tout une victoire du point de vue opérationnel le colonel arnaud beltrame a échangé sa vie ou celle d'une otage mais il n'est pas parvenu à donner une issue plus favorable à la situation dans laquelle il était engagé il a donné sa vie contre l'avis d'une otage une vie contre une vie le bilan humain est le même du point de vue opérationnel rien n'est changé c'est un échec un nouvel échec d'ailleurs mais sur le fond nous voyons bien que la vérité n'a rien à voir avec des bilans chiffrés la vérité c'est que le colonel arnaud beltrame a remporté une victoire une victoire absolument massive et incontournable parce qu'il a montré précisément que nous étions encore capable comme pays comme société de nommer ce qu'ils valaient la peine de tout transformer dans nos vies de tout abandonner dans nos vies d'abandonner même notre vie parce que quelque chose de plus grand qu'elle doit pouvoir demeurer toujours quelque chose ne doit pas changer et ce qui ne doit pas changer dans une société comme la nôtre c'est que la vie d'autrui vaut plus que la mienne ce qui ne doit pas changer dans une société comme la nôtre c'est que nous partons du principe que nous sommes prêts à mourir non pas pour tuer mais pour sauver si nous pouvons l'espérer et cette affirmation d'un absolu de quelque chose d'immuable qui ne doit pas se transformer et qui vaut la peine qu'on donne sa vie pour cela qu'il faut la peine qu'on engage toute sa vie pour cela c'est l'affirmation que me semble-t-il vous portez dans le monde contemporain en choisissant de porter l'uniforme j'en ai toujours été marqués et j'avais eu l'occasion de partager cette réflexion il ya quelques années de cela avec de tout jeunes officiers qui terminaient leur cycle à l'école navale en partageant avec eux quelques jours de formation au sein de la mission jeanne d'arc j'avais eu l'occasion de leur dire comme civil comme citoyen français l'infini reconnaissance que j'ai prouvé à l'endroit de leur engagement parce que l'engagement militaire dit la volonté professionnelle exigeante d'un travail d'un effort d'un mouvement sans cesse améliorés pour pouvoir servir quelque chose qui justement mérite d'être préservée et dans ce monde de fluidité permanente dans cette société liquide où nous avons parfois le sentiment d'être réduit à n'être que les particules élémentaires d'un univers marqué par le chaos dans ce monde nous nous sommes souvent réduit à être les individus atomisés enfermés dans leurs propres calculs dans ce monde là l'engagement militaire le seul fait de porter l'uniforme est à lui seul le témoignage ce qui nous tient ensemble quelque chose doit être sauvé quelque chose qui vaut toutes nos actions tout notre effort tout notre engagement et peut-être même l'engagement de notre vie et peut-être même le don de notre vie être militaire bien sûr ne consiste pas à se préparer à mourir mais plutôt à se préparer à vaincre son adversaire mais le militaire s'est malgré tout qu'en portant son uniforme et il le sait aujourd'hui sans doute plus que jamais parce que le simple port de cet uniforme peut lui valoir d'être l'objet de la vindicte comme l'a montré le début de cet attentat que nous avons connu à carcassonne et à trèves porter l'uniforme signifie être prêt à porter à ce qui doit être sauvée l'apport de sa propre vie et il me semble que deux cela mme arnaud beltrame s'est fait par son acte d'une certaine manière le porte-parole le plus simple et le plus naturel ce qui me touche profondément dans le récit de cette action c'est qu'elle ne dit rien d'autre que le fait que cet homme a été au bout de son propre engagement en allant au delà de son propre engagement il a été finalement au bout de ce qu'il avait porté à s'engager dans la chose militaire il a été au bout du choix qui l'avait déjà fait il a été au bout du courage qu'il avait déjà cultivé il a été au bout du postulat de principes qu'ils avaient déjà posé quelque chose doit être sauvée quelque chose doit demeurer quelque chose qui vaut la peine qu'on sorte absolument de toute espèce de calcul de toute espèce de marché et même dans un supermarché qu'on puisse offrir ce don immense qui consiste à se mettre en danger à la place de la vie d'un autre et je crois que c'est fondamentalement peut-être l'un des enseignements que votre institution et que chacun d'entre vous bien au delà du professionnalisme propre à la chose militaire peuvent apporter à la société toute entière le sens de ceux qui justement mérite dans sa permanence tout notre effort tout notre réformes constantes notre exigence sans cesse renouvelé notre travail d'ajustement et d'innovation permanente non pas parce qu'il faut changer mais parce que quelque chose d'essentiel à quoi nous tenons plus que tout mérite absolument de demeurer merci infiniment prête attention monsieur bel ami merci beaucoup il reste quelques instants pour les questions bonsoir monsieur commandant belbéoc'h vous avez dit que la rupture doit être dénoncé il ya un mot à la mode en ce moment disruptif est ce que ce mot doit être aussi dénoncé je vous remercie en fait ce qui me paraît devoir être disqualifié ce sont moins les mots que les modes et le fait de faire de la disruption en soi une vertu mais c'est ça que je trouve absolument fascinant dire que la disruption puisse être en soi une qualité en soi un but qu'il faille nous renouveler c'est sans doute toujours nécessaire qu'il faille nous réformer nous transformer nous adapter c'est absolument indispensable mais ce que j'ai voulu tenter d'exprimer très très brièvement dans cette réflexion trop sommaire c'est peut-être ces deux choses fondamentales que nous ne pouvons nous réformer que dans ce qui n'est pas disruptif c'est à dire dans la continuité avec un héritage dans quoi se forment notre potentiel d'imagination d'innovation de créativité il n'y a rien de nouveau qui ne commence par hérité d'un passé rien et d'ailleurs nous le voyons très bien dans dans dans l'est dans les mutations technologiques contemporaine ce qu'elles ont de disruptive dans leur promesse n'est en fait pas du tout l'occasion d'une rupture apprenons au prénom on pourrait prendre une infinité l'exemple mais qu'est-ce-qui qu'est ce qui a constitué le monde dans lequel nous vivons nous avons fêté il y à fêter je ne sais pas si c'est le mot marqué en tous les cas il ya quelques mois seulement l'invention de cet outil qui habite aujourd'hui notre monde et qu'il a déjà considérablement transformé et qui s'appelle le smartphone le smartphone est précisément quelque chose comme une disruption saisir l'occasion d'introduire une révolution dans le monde à quoi est-ce qu'on reconnaît une révolution technique gadamer on nous dit qu'on reconnaît une révolution technique au fait que l introduire un paradigme tellement nouveau que les savoir-faire qui prévalait dans le monde ancien ne sert plus à rien pour aborder le nouveau et c'est bien souvent ce qui se produit ce à quoi nous reconnaissons facilement le fait que dans le monde de la révolution technologique ce sont souvent les aînés qui ont besoin des plus jeunes pour leur enseigner les techniques qui prévalent dans le nouveau monde mais en réalité c'est technologie disruptive ont été inventés qu'en s'appuyant sur un héritage extrêmement anciens steve jobs par exemple qui a été celui qui a contribué le plus sans doute à l'imagination de cet objet steve jobs savait qu un moment de 2,2 de flottement dans sa vie personnelle qui l'a conduit en asie et notamment en inde et en chine dans un moment où il était inoccupé il s'est passionné pour la calligraphie pour la calligraphie chinoise il a toujours dit qu'il n'aurait jamais inventé le smartphone avec la dimension du design qui le caractérisait s'il n'avait pas pratiqué la calligraphie il ya quelque chose de fascinant au fond qui nous rappelle chopin circé dans un art plurimillénaire que se structurent les conditions de l'innovation les conditions de la nouveauté les conditions de l'imagination d'un monde qui vient et au fond celui qui ne sait rien n'a aucune capacité d'inventer n'a aucune capacité d'imaginer moi qui n'ai pas fait assez de piano pour pouvoir devenir un grand artiste je mesure bien en moi même ce que l'ignorance de l'instrument produits en mois d'incapacité à imaginer quelque chose de nouveau il arrive parfois comme professeur de philosophie qu'on entende les élèves nous dire monsieur mais pourquoi est-ce qu'on devrait citer des auteurs dans nos copies est ce qu'on pourrait pas penser par nous-mêmes peut-être et les candidats de l'école de guerre que vous avez tous été se sont fait la même réflexion pourquoi dans des copies de culture générale faudrait-il est allée des références plutôt que de commencer par penser par soi même bien fait de la question est sans objet celui qui ne connaît absolument rien en philosophie n'a que très peu de chances d'inventer quelque chose de nouveau et nous faisons tous l'expérience font que en rencontrant des grands auteurs nous n'avons pas été privés de notre liberté qu'elle ne s'est pas trouvée influencé par le jusqu'à ce que nous perdions la capacité de construire notre propre pensée mais que bien au contraire c'est la fréquentation des grands auteurs qui même lorsqu'elles nous a conduits à penser contre eux nous a permis de structurer une pensée qui soit vraiment la nôtre et de suspendus la wii l'idée du 10 rue psion me paraît devoir être disqualifié dans le fait que ce qu'il ya de plus nouveau et toujours en réalité inscrits dans l'héritage de quelque chose d'ancien et parfois de très anciens et parfois de plus ancien le plus ancien produit parfois ce qu'il ya de plus nouveau et surtout cette dimension de disruption me paraît devoir être disqualifié dans la vertu qu'elle incarne à elle seule une nouveauté et une rupture n'a rien qui soit en soit nécessairement un progrès être disruptif n'est pas une qualité pas du tout ça peut être une grande qualité d'être imaginatif ça peut être aussi un très grand défaut d'inventer quelque chose de nouveau si la nouveauté qu'on invente nous éloigne de ce qui est bon de ce qui est juste de ce qui est nécessaire pour la société pour l'homme pour l'humanité dans son ensemble nous devons par conséquent regarder tout ce que nous sommes capables de produire de nouveau avec une exigence qui consiste à leur appliquer à ses inventions nouvelles des critères qui ne changent pas et qui doivent constituer notre souci permanent et qui doivent continuer d'entretenir notre interrogation permanente puisque ces choses à côté de quoi nous devons placer ce qui est nouveau pour pouvoir les évaluer sécheuse que sont le bien le juste le vrai ne sont absolument connu par aucun d'entre nous et que c'est par le dialogue et la délibération que nous continueront d'entretenir que nous cultiverons le souci éthique qui nous permettra d'évaluer si les ruptures qui nous sont présentés sont effectivement bonne pour nous ou si elles sont au contraire potentiellement catastrophique être disruptif n'est pas en soi une vertu et c'est je crois en tous les cas ce qu il faut savoir rappelé aujourd'hui aujourd'hui plus que jamais pascal andrieux j'avais une question concernant le monde de rupture que vous abordez est ce qu on pourrait plutôt le nommer un monde de révolution pour reprendre l'analogie copernic en disant que c'était un éternel recommencement si on ne prend pas en considération le passé merci alors en effet dans l'idée de révolution on retrouve cette idée de rupture mais avec le caractère paradoxal de la révolution la révolution mot de révolution vient originairement de l'astronomie précisément et dans l'astronomie le mot de révolution désigne le mouvement que fait un corps lorsqu'il décrit un tour complet qui le ramène à son point d'origine la révolution donc nous montre d'une certaine manière que paradoxalement lorsque tout change peut-être précisément rien ne change et que la la l'exaltation de la rupture permanente pourrait bien nous mettre aux prises avec une continuité désespérante ce qui est certain c'est que nous nous avons semble-t-il à reconsidérer profondément le sens de tout véritable changement de tout véritable mouvement parce que et nous le voyons bien il y à des mouvements qui ne nous font pas progresser il y a aussi des mouvements qui nous reconduit sans cesse au point dont nous voulions partir et de ce point de vue là la catastrophe serait que notre refus de considérer les mouvements qu'on nous présente avec un authentique souci éthique nous conduisent à refaire les erreurs que notre passé a pu vivre c'est de ce point de vue là effectivement que nous serions en droit de nous lamenter que en changeant pourtant nous ne nous transformons jamais si nous ne savons pas mettre à l'épreuve de nos de notre recherche et de notre aspiration au bien et au vrai les nouveautés qu'on nous présente au fond le principe même de la révolution si vous laissez le principe qui consiste à opposer le nouveau monde à l'ancien monde principe tout à fait là encore d'actualité et l'idée que le nouveau monde s'oppose à l'ancien monde l'idée que le nouveau monde est nécessairement meilleur que l'ancien monde c'est une idée qui paradoxalement risque de nous voir retourner sans cesse au travers de l'ancien monde faute d'avoir assez réfléchi au caractère potentiellement risquée des nouveautés que les utopies contemporaines semblait nous proposer capitaine de frégate appriou marine nationale monsieur vous avez dit que le progrès était bénéfique si le temps de nous rapprocher de la vérité or pour penser le progrès il faut parfois faire des erreurs quelle est la vertu de l'erreur dans le mouvement selon alors précisément l'erreur en effet compte que quand elle est reconnue comme erreur c'est à dire quand elle est comparée à quelque chose qui littéralement demeure l'horizon immuable de nos de nos recherches collectives je veux dire par là que si le mouvement est bon en soi alors il n'ya plus d'erreurs parce que tout mouvement est par définition nécessairement bon et utile c'est à partir du moment où nous affirmons que nous cherchons quelque chose qui ne se transforme pas qui ne se veut pas que nous pouvons évaluer un mouvement comme étant un mouvement échoué comme étant un mouvement erronée et la découverte de l'erreur et ce par quoi nous pouvons reprendre le sens correcte de la marche que nous espérions suivre c'est seulement quand l'erreur est reconnu comme erreur que l'erreur que d'être instructive de ce point de vue là il faut que l'erreur soit reconnu comme erreur c'est à dire il faut qu'elles soient évalués et à côté de quoi elles évaluent ton l'évaluent à côté de quelque chose qui ne change pas c'est à dire du point de vue de la science par exemple de la vérité on va dire que la science est ce par quoi l'homme tente de connaître que par conséquent l'horizon de la science et la vérité on peut dire donc que le point de départ nécessaire pour la pour la recherche de la vérité le plan de départs nécessaire pour que le progrès de la science sa complice c'est qu'il faut que nous ayons tous conscience ensemble de cheminer vers quelque chose qui échappe à nos cheminements faire quelque chose qui leur est extérieur qui échappe à nos mouvements il arrive très souvent le président de la république dénoncer tout à l'heure dans son guide dans son discours le relativisme il arrive très souvent le relativisme est un peu comme l'air que nous respirons que le professeur de philosophie en terminale se trouve aux prises avec cette objection que lui font souvent ses élèves la vérité ça dépend des gens ou la vérité ça change il arrive très souvent que les élèves me disent que la vérité ça change et par exemple typiquement si on reprend l'exemple que j'évoquais tout à l'heure c'est un exemple qui revient très souvent dans la bouche des élèves il arrive très souvent que les élèves me dise monsieur voyez par exemple avant la vérité c'est que la terre était plate et maintenant c'est qu'elle est ronde et bien en réalité c'est une vision totalement erronée des choses la terre n'a jamais été plate et affirmé que la terre est plate a toujours été une erreur pour le dire autrement la vérité ne change pas quand même nos conceptions à son égard se transforme bien sûr même au moment où toute l'humanité pensait que la terre était plate et sans doute ce moment a dû exister un jour même si la totalité de l'humanité formé consensus pour affirmer que la terre est plate l'énoncé la terre est plate et est essentiellement erronée l'erreur ne nous fait progresser que si nous la reconnaissons comme étant une erreur et c'est lorsque nous reconnaissons l'erreur commettant une erreur que nous pouvons cheminer vers la vérité en corrigeant notre erreur ce qui suppose d'affirmer que quelque chose ne change pas en l'occurrence la vérité qui ne se transforme pas et c'est à partir du moment où il reconnaissant que la vérité est indépendante de nos conceptions à son égard c'est appartement où nous reconnaissons que la vérité ne dépend pas de nos propres opinions sur elle c'est à partir de ce moment seul que nous pouvons reconnaître notre erreur et faire de notre erreur l'occasion d'un véritable progrès le problème est que il ya quelque chose de gratuit dans la science j'entends par là que la recherche de la vérité c'est la recherche d'une contemplation de la vérité quelque chose d'infiniment - gratuit dans l'ordre de la technique dans la science peut découler de la technique qui elle peut servir le bien des hommes et pour le coup il est vrai que les erreurs dans l'ordre de la technique les erreurs dans l'ordre de la politique qui doit décrire ce qui est autorisé ou non dans l'ordre de la technique sont infiniment moins gratuite elle aussi que celle que la science peut commettre l'erreur d'un énoncé théorique n'emporte pas avec elle de catastrophe majeure l'erreur que nous pouvons commettre lorsque notre action se dirige dans une mauvaise direction cette erreur là peut prêter à conséquence aussi bien donc la science doit être poursuivi dans son travail et d'une certaine manière de jusque dans ses erreurs elle doit être encouragée à persévérer dans la recherche du vrai aussi bien nous devons me semble-t-il d'un pur point de vue politique être capable aujourd'hui d'évaluer avec une exigence absolue avec le sens absolu de notre responsabilité les évolutions techniques face auquel nous serons placés à partir de ce critère fondamental qu'est non pas la vérité mais ce qui est le propre de l'ordre dû faire de la technique et de la politique à partir de ce que nous pensons être le bien de l'homme le bien de la société le bien de notre humanité verront suffisamment vu à quel point des mutations techniques avaient pu emporter avec elle des conséquences dévastatrices pour notre propre environnement il me semble que nous devons aussi faire porter cette prise de conscience sur la fausse évidence des progrès techniques que les disruption de demain nous présenterons en leur appliquant cette exigence absolue de les évaluer à partir de ce qui ne change pas de ce qui doit être conservé de ce qui doit être transmis de ce qui vaut en soi et pour soi que nous le poursuivons que ne le poursuivit en commun bien en disant cela encore une fois je ne prétend pas savoir ce qu'est le bien mais simplement affirmé qu'il nous faut absolument en parler ensemble et que c'est d'autant plus nécessaire que nos erreurs pour reprendre la question que vous posiez pourrait prêter à conséquence il en va me semble-t-il de notre responsabilité fondamentale et ceci concernera directement je crois les questions que l'éthique militaire ne manquera pas de rencontrer dans les années et les décennies qui viendront je pense qu'on va peut-être bon voilà nous avons je pense que nous avons épuisé les questions merci merci encore de mes amis mon propos
[Applaudissements]