Christian Jacob: "Je fais confiance à Laurent Wauquiez pour rassembler"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:09OuverteRéponse directe
Quels vœux souhaitez-vous à la droite pour 2018 ?
- 0:46RelanceRéponse partielle
Laurent Wauquiez est largement contesté y compris par ses proches, ça ne vous a pas échappé ?
- 1:21RelanceRéponse partielle
Ce sont des petits égaux froissés qui disent du mal de Laurent Wauquiez ?
- 2:30RelanceRéponse partielle
Pourquoi Laurent Wauquiez ne parvient pas à rassembler la famille LR ?
- 3:24FerméeRéponse directe
Soutenez-vous Laurent Wauquiez ? (référence à Christian Estrozic)
- 3:40OuverteRéponse directe
Que dites-vous aux dissidents de LR ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:19Invité politiqueFait
« On vient d'encaisser deux échecs cinglants, perdre les présidentielles, perdre les législatives. »
- 0:56Invité politiqueChiffre
« Une élection à 60, je ne sais plus, 65% au premier tour avec 100 000 votants, c'est plutôt bien dans un parti politique. »
- 1:57Invité politiqueChiffre
« Il a été élu à plus de 70% en premier tour dans une ville de 20 000 habitants. »
- 2:16Invité politiqueFait
« On n'est pas un sectaire renfrogné tel qu'on peut le présenter ou de droite extrême parce qu'on n'hésite pas à le présenter de cette manière-là. »
- 6:16Invité politiqueChiffre
« Le budget vient d'être voté, 2% d'augmentation des dépenses publiques. »
- 6:20Invité politiqueFait
« C'est la CSG qu'on fait porter sur les retraités. »
- 6:23Invité politiqueFait
« C'est les classes moyennes qu'on continue à matraquer sur la politique familiale, avec la baisse de la prestation d'accueil du jeune enfant, pour des couples qui, à deux, gagnent 3 000 euros par mois. »
- 6:34Invité politiqueFait
« Du temps de Hollande, on expliquait que les riches, c'était à partir de 4 000 euros. Là, c'est à partir de 1 500, avec M. Macron. »
Temps de parole
- Christian Jacob70 %
- Présentateur29 %
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Et l'invité de France Inter jusqu'à 9h est député de Seine-et-Marne, président du groupe Les Républicains LR à l'Assemblée Nationale. Bonjour Christian Jacob. Bonjour et bonne année. Mais à vous aussi, bonne année, meilleur vœu, on vous souhaite quoi à vous et à la droite pour 2018 ?
Eh bien écoutez, de se remettre sur les rails, une reconstruction. On vient d'encaisser deux échecs cinglants, perdre les présidentielles, perdre les législatives. Ça nécessite effectivement une remise en question, remise sur les rails. Ça commençait par l'élection interne de notre président Laurent Wauquiez qui était largement et brillamment élu. Et maintenant il vient d'annoncer une première partie de son équipe. Le reste je crois va venir dans les jours qui viennent.
Il est largement et brillamment contesté aussi, y compris par les gens qui sont ses proches, les membres même du parti Les Républicains. Ça, ça ne vous a pas échappé ?
Ça ne m'a pas échappé mais une élection à 60, je ne sais plus, 65% au premier tour avec 100 000 votants, c'est plutôt bien dans un parti politique. Je pense que beaucoup auraient aimé avoir ce résultat. Et puis c'était une élection. Tous ceux qui pensaient être en situation de porter un projet devant les militants avaient l'occasion de le faire. L'élection s'est passée, elle s'est déroulée d'ailleurs sans contestation.
Ce sont Christian Jacob, de petits égaux froissés et souffreteux qui disent du mal de Laurent Wauquiez aujourd'hui ? Ou est-ce que vous ne voyez pas qu'il y a un certain nombre de ténors qui ne se reconnaissent absolument pas dans ce qui est en train de devenir le parti et dans ce qu'est la ligne politique de Laurent Wauquiez ?
Écoutez, moi je fais confiance à Laurent Wauquiez pour rassembler. La démonstration, vous savez, il l'a fait, il y a ce qui relève de la caricature et puis il y a la réalité. La réalité, il a été élu dans sa mairie du Puy à deux reprises, on peut se faire élire une fois, réélire c'est autre chose. Et il a été élu à plus de 70% en premier tour dans une ville de 20 000 habitants. Ce n'est pas le fait du hasard, c'est qu'on n'est pas un sectaire renfrogné tel qu'on peut le présenter ou de droite extrême parce qu'on n'hésite pas à le présenter de cette manière-là. C'est au contraire qu'on est rassembleur.
Quand on gagne une région, une grande région comme il l'a fait, avec une majorité composée de centristes, puisqu'il y a des modèles dans sa majorité, il y a des UDI, il y a bien sûr des LR, il a là aussi montré qu'il rassemblait.
Mais pourquoi il ne parvient pas à rassembler la famille, Christian Jacob ?
Parce qu'au lendemain d'une défaite, vous savez, ce n'est pas un long fleuve tranquille. Tout ne se passe pas comme ça, gentiment. Et il est normal que dans cette période des élections, il y ait des critiques, il y ait des prises de positions différentes. Maintenant, ce temps est passé. Et à partir de janvier, on ouvre, on est sur une autre période avec la famille politique qui se restructure. Et là, on a besoin de toutes les énergies, de tous les tempéraments. Et Laurent Wauquiez a d'ailleurs invité tous ceux qui avaient l'envie de reconstruire notre famille politique, en leur disant qu'ils étaient les bienvenus.
Et quand Christian Estrozic, nous citons une fois toutes les demi-heures ce matin sur France Inter, dit au micro de Léa Salamé, je reste bien entendu au sein du parti Les Républicains, Léa lui demande mais soutenez-vous Laurent Wauquiez, et répondent alors là, pas du tout. Comme si, enfin, les choses coulaient de source, qu'on pouvait être membre de ce parti et être en dissidence absolue, radicale et cash, si vous me passez ce mot de français, avec le président nouvellement élu.
Oui, ça on ne peut pas être dans cette... Vous dites quoi aux dissidents ? On ne peut pas être dans cette situation. C'est-à-dire que si on est la même famille politique, c'est qu'on a des choses en commun. Sinon, on la quitte. Et je pense que si Christian Estrozic reste dans notre famille politique, c'est parce que nous partageons effectivement un certain nombre de choses. Sinon vous lui dites, prends la porte, elle est là ? Non, d'abord il serait assez grand pour le faire lui-même, mais c'est d'abord parce qu'il y a ce qui nous rassemble qui est plus fort que ce qui nous divise. Sinon les gens ne restent pas.
Vous y croyez ça, vraiment ?
Oui, parce que je pense qu'il y a un temps pour chaque chose. Et je pense qu'il est normal qu'il y ait eu ce temps de querelle au lendemain de défaite, parce que chacun a sa propre analyse de la défaite et ça ne se passe jamais bien au lendemain de défaite. Et maintenant nous sommes sur une reconstruction et on a besoin de tout le monde. Enfin, tous ceux qui ont envie de travailler, ceux qui n'ont pas envie ou qui ne se retrouvent pas dans notre famille politique, on ne les fait pas rester de force.
Vous, vous êtes légitimiste, responsable ou c'est passion voquée depuis qu'il a été élu ?
C'est, d'abord c'est beaucoup de réalisme. Laurent a été...
Pas de l'amour donc, c'est du réalisme.
Oui, le réalisme c'est la capacité de porter un projet devant des militants. Il a eu cette capacité de le faire, il a fait la démonstration dans ses différents postes ministériels. Donc c'est plutôt du légitimisme. Il a été apprécié dans ses postes ministériels. Il a gagné une grande région. Il a été élu et réélu maire dans sa ville lorsqu'il pouvait l'être. Donc voilà, et tous ceux qui voulaient présenter un projet ont pu le présenter. Et donc à partir de ce moment-là, moi quand je regarde le parcours qu'est le sien, je lui fais une totale confiance pour avoir cette capacité à la fois rassembler et apporter l'étendard de notre famille politique.
Vous êtes de droite, on peut le dire comme ça ? Ah oui, oui, totalement assumé.
Et Emmanuel Macron l'est-il ? Pour la gauche ça ne fait aucun doute et pour un homme de droite comme vous ?
Ah je le vois plus dans l'opportunisme que dans le...
Mais un opportunisme de quelle couleur politique ? Je n'en sais rien, je pense que c'est pas trop sujet. Plutôt à droite, plutôt à gauche ?
C'est le vrai opportunisme, c'est-à-dire d'essayer à chaque fois qu'il y a une faille de pouvoir l'apprendre. Mais là aussi, ce qui compte, c'est la réalité. Pourquoi vous ne pouvez pas dire qu'il est de droite ? Non, non, non, c'est le concret. Non, ah ben non, parce que...
Travaille avec l'un de vos anciens camarades...
Non, non, non, non, d'abord on a plus de compagnons que de camarades. Oui, c'est vrai, c'est vrai. Mille excuses.
Mais en tout cas, Edouard Philippe, voilà, il vient de vous rendre.
Non, mais moi, si vous le présentez comme de droite, c'est une droite dans laquelle je ne me retrouve pas. Ça n'est pas une droite où on augmente les dépenses publiques. Vous avez, je crois d'ailleurs, annoncé plutôt le contraire. Le budget vient d'être voté, 2% d'augmentation des dépenses publiques. C'est la CSG qu'on fait porter sur les retraités. C'est les classes moyennes qu'on continue à matraquer sur la politique familiale, avec la baisse de la prestation d'accueil du jeune enfant, pour des couples qui, à deux, gagnent 3 000 euros par mois. Vous savez, du temps de Hollande, on expliquait que les riches, c'était à partir de 4 000 euros. Là, c'est à partir de 1 500, avec M. Macron.
Mais donc, vous ne reprenez pas le, comment dire, cette phrase qu'on a tellement entendue chez vos compagnons de droite, il fait ce qu'on aurait dû faire. Nous n'en avons jamais eu le courage. Voilà, et c'est pour cette raison qu'il a triomphé et que nous avons perdu.
Non, non, non, non. Vous ne dites pas ça. Ah non, absolument pas. D'abord, parce qu'il ne l'a pas fait. Attendez, moi, j'attends de voir. Qu'est-ce qu'il a fait aujourd'hui ? Un certain nombre de réformes qui sont sur les rails, comme vous diriez. Il augmente les dépenses publiques. Bon, chapeau, oui, effectivement. Voilà, ça, c'est très concret. Le coût du travail va augmenter.
Et le coût du travail ?
J'y viens. Le coût du travail va augmenter l'année prochaine, parce que vous savez que le CICE va passer de 7% à 6%, ce qui va se traduire par une augmentation du coût du travail. Les ordonnances, effectivement, allaient dans le bon sens. D'ailleurs, c'est sans état d'âme qu'on les a votées. Moi, j'avais moi-même présenté, avec Gérard Cherpion, un de mes collègues des Républicains, on avait présenté une proposition de loi qui allait dans le même sens deux ans avant. Donc, on a voté ça sans aucune difficulté.
Et sur l'immigration, vous trouvez qu'il est en deçà de la main, en dessous de la main ?
C'est la continuité de François Hollande, puisque rien n'a été fait pour le moment.
Vous ne voyez pas de tour de vise ? Vous ne voyez pas de changement de nature dans la politique migratoire de la France ?
Non, je n'ai rien vu qui a changé depuis 7 mois. Donc, le texte est trop faible ? Il faut le durcir encore ?
Ah, il n'y a pas de texte ? Ben non, moi, je ne l'ai pas vu. Les mesures dont on a pu voir qu'elles scandalisaient un certain nombre d'associations, critiquées par les députés de la République en marche, pour vous...
Ben, ils n'existent pas pour le moment. Pas encore, ben oui. Ben non, mais moi, je suis député, je suis président de groupe, je n'ai pas vu de texte. Le texte n'est pas déposé sur le bureau de l'Assemblée. Il n'existe pas.
Quand il le sera, mais sur un plan philosophique, pour vous, ce sont là des postures ?
On est dans la posture, donc qui permet de faire de grandes déclarations martiales, ensuite de rétro-pédaler, et on verra quand on aura un texte. Pour le moment, personne n'a vu ce texte.
La circulaire, dit Léa Salamé, à juste titre.
Non, vous avez raison, avec une application qui a été pour le moins contestée, puisque vous savez que, notamment, dans les centres de rétention, les fonctionnaires des préfectures devaient venir pour exercer les contrôles. Il semble que c'était remis en cause. Alors, j'ai vu que, dans sa dernière interview, le Premier ministre disait, mais non, c'est maintenu. Bon, il semble que la réalité ne soit pas tout à fait là. Mais là-dessus, vous trouvez que quoi ? Pourquoi vous ne voulez pas porter un... Mais non, mais j'attends de voir... Attendez, moi j'attends de voir un texte. Une analyse.
Alors, à chaque fois qu'on a un texte, vous savez, je prends position, au nom de mon groupe politique, mais pour le moment, on est dans des déclarations d'intention, et donc la politique de François Hollande continue sur la même ligne.
Le macronisme, c'est la forme suprême du hollandisme.
Oui, ça c'est vous, peut-être, oui. Mais pour vous, c'est clair, il n'y a pas de rupture, c'est la continuité. Très concrètement, sur ce sujet de l'immigration, c'est la continuité, à ce stade.
On verra après, évidemment. Christian Jacob, beaucoup de questions encore à aborder avec vous, avec Léa Salamé dans quelques instants, avec les auditeurs de France Inter, juste après la revue de presse de Claude Askolovic. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Christian Jacob