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interviewC dans l'air· 20 mars 2021 64 min

Reconfinés... et en même temps dehors ! #cdanslair 19.03.2021

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:12
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. Un reconfinement en plein air. 21 millions de Français vont subir 4 semaines de confinement, 7 jours sur 7, avec attestation de déplacement. Mais un confinement qu'on pourra passer dehors toute la journée. Alors pour quelle efficacité ? Pourquoi un tel choix ? Sera-t-il suffisant pour étouffer cette troisième vague qui sature les réanimations ? Ce confinement d'un troisième type pourrait-il être étendu, d'abord dans le temps, mais aussi géographiquement ? Et puis surtout, est-ce bien le dernier confinement ? C'est le sujet de cette émission de ce C'est dans l'air, intitulé ce soir reconfiné et en même temps dehors.

Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Gilbert Deray. Vous êtes chef de service de néphrologie à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière de Paris. Cécile Cornudet, vous êtes éditorialiste politique aux Echos. Je signale votre dernier édito, Emmanuel Macron, le décideur solitaire. En duplex, on retrouve le professeur Daniel Lévy-Brulle. Vous êtes responsable de l'unité des infections respiratoires et vaccination de Santé publique France. Et enfin, Soazie Kémener, vous êtes rédactrice en chef du service politique à Marianne. Merci à tous les quatre de participer à cette émission en plein air.

Alors tout d'abord, Cécile Cornudet, on a failli intituler cette émission « Étrange confinement ». C'est vrai qu'on est là, un confinement d'un troisième type. Je cite Jean Castex hier « Freiner sans enfermer, s'aérer, dit-il, se promener, faire du sport ». En fait, c'est un confinement dehors, un confinement de plein air ? Et normalement, on n'a pas le droit de dire « confinement ». Emmanuel Macron a dit qu'on ne pouvait pas vraiment appeler ça un confinement. Ce n'est pas très facile à lire forcément pour tous les gens. Je ne sais pas si tout le monde a très bien compris hier. J'ai l'impression qu'on a compris en deux temps, ce nouveau confinement.

D'abord, ça a été un peu un coup sur la tête, notamment pour les commerçants qui ne s'attendaient pas du tout à ça. On s'attendait tous à un confinement le week-end. Mais les dernières consultations qu'a eues Emmanuel Macron avec des réanimateurs, ils lui ont dit « si on ne fait pas des mesures plus fortes que ça, on va arriver vers un tri de personnes de 40-50 ans ». Donc il faut vraiment prendre des mesures dures. Donc retour des attestations, interdiction de déplacements interrégionaux, on a eu l'impression de revenir en arrière. Et ce matin, beaucoup de gens se sont réveillés en regardant un peu précisément ce qu'il en était. Et en fait, on se dit « oui, mais on peut…

» Il y a certes une attestation, mais on peut sortir toute la journée dehors à 10 kilomètres. Le couvre-feu est repoussé d'une heure. Donc en fait, tout dépendra sur l'utilité, vous parlez d'utilité, de la façon dont les gens finalement le mettront en œuvre. Est-ce que les gens ont compris qu'on pouvait aller dehors ? Mais est-ce qu'ils ont compris qu'en réalité, il fallait arrêter d'inviter des copains à dîner ou à déjeuner le 7 et dimanche parce que c'est là qu'on se contaminait ? Ce n'est pas évident. Qu'est-ce qu'ont vraiment compris les gens ? Sauf que peut-être, il faut faire quand même un petit peu attention parce que la situation n'est pas bonne.

C'est vrai qu'on n'a pas tout compris. Sois-y, Kéméner, est-ce qu'on a… Moi, personnellement, je n'ai pas compris comment va marcher l'attestation de sortie. Comment ça se passe ? Le matin, on va se signer son attestation qui sera valable toute la journée, le soir jusqu'à 19h. Et tous les matins, il va falloir se l'assigner soi-même et ce, pendant 4 semaines ?

3:23
Emmanuel Macron

Alors, on n'a pas encore absolument tous les détails. Gérald Darmanin l'a dit tout à l'heure, il va donner des nouvelles précisions au fur et à mesure du temps. C'est un peu comme pour les commerces. On a appris ce matin, finalement, les coiffeurs, elles restaient ouverts. Et peut-être les fleuristes. Enfin, on attend encore les informations de Bercy. Donc, en tout cas, ce qu'on sait à l'heure actuelle, c'est qu'il va y avoir une attestation. On duplique, sans doute, de ce qu'on comprend, de ce que dit Jean Castex, le modèle des précédents confinements. C'est-à-dire, si on peut avoir une attestation de l'employeur, à ce moment-là, on n'a pas besoin d'une attestation supplémentaire.

Les enfants, pour aller à l'école, n'ont pas besoin d'une attestation. Mais en revanche, pour tout le reste, c'est-à-dire les courses du quotidien, le jogging dans le parc, les déplacements pour prendre l'air, puisque c'est un confinement dehors, à ce moment-là, il faudra une attestation. Mais c'est vrai que Cécile Cornudet le rappelait tout à l'heure, quand Emmanuel Macron a vu des journalistes aujourd'hui, il les voyait pour tout à fait autre chose, pour le sommet de la francophonie. Ils ont posé la question de ce mot confinement, puisqu'il était question des mots de la francophonie. Donc, il disait les mots qu'il aimait, les mots qu'il n'aimait pas.

Une journaliste lui a demandé, mais vous n'aimez pas le mot confinement. Et il dit, mais non, non, non, ce n'est pas du tout un confinement. Et on voit bien qu'il a cherché à trouver une solution hybride, à la fois sanitaire, donc ça ressemble vraiment à un confinement, mais en même temps politique, et aussi les questions d'acceptation sociale, bien entendu, de la fameuse acceptabilité. Donc, il a essayé de trouver une voie médiane, qui n'est pas évidente à comprendre. Mais finalement, c'est vrai qu'il y a cet effet, ce deuxième effet, où on se dit, mais finalement, le couvre-feu n'est plus à 18h, il va passer à 19h, donc un peu plus de liberté.

Et aussi, cette possibilité, finalement, beaucoup plus étendue que celle que ne l'avaient encore jusqu'au week-end dernier les habitants des Alpes-Maritimes, ou bien de Dunkerque, par exemple, ou du Nord-Pas-de-Calais, c'est-à-dire cette possibilité de se déplacer plus longtemps à l'extérieur, notamment le week-end. Donc, il a essayé de trouver une voie médiane. Et pour ce qui est des attestations, c'est une façon aussi de dire, attention, nous sommes tout de même dans un moment de resserrement de l'épidémie, de resserrement des contraintes. On essaie de freiner.

Et il faut qu'à l'esprit, ceux qui sont dehors, qui vont rencontrer d'autres personnes, et cet impératif à l'esprit, les gestes barrières, quelque part, l'attestation, c'est un peu un geste barrière.

5:34
Présentateur

C'est vrai que pour venir sur le mot confinement, confinement, ça veut dire enfermé à l'intérieur. Et donc là, enfermé dehors, ça paraît un peu un contresens. Daniel Lévy brûle, pourquoi veut-on nous mettre dehors ? Est-ce qu'on a des chiffres ? Est-ce qu'il est maintenant établi qu'on ne se contamine pas dehors ? Et dès lors, ça paraît du bon sens que de dire aux gens, allez dehors, puisque dehors, on ne se contamine pas. Est-ce que c'est l'un des ressorts aussi de ce confinement, enfin, on ne peut plus dire confinement, je ne sais pas comment dire, de ces mesures d'un troisième type ? Oui, tout à fait. Alors, je n'irais pas jusqu'à dire qu'on ne peut pas se contaminer dehors.

Mais on se contamine beaucoup moins dehors que dans un air confiné, que dans un espace clos, d'autant plus s'il est mal ventilé. Bien entendu, dehors, on peut se contaminer si on ne respecte pas les gestes barrières. Donc, il ne faut pas penser qu'à partir du moment où on est dehors, on peut tomber le masque, on peut ne pas respecter la distanciation physique. Mais il est vrai, et beaucoup d'études maintenant le montrent, y compris des études menées en France, que le risque de transmission est bien moindre à distance équivalente lorsqu'on se trouve à l'extérieur avec des virus qui se diluent. On le comprend facilement.

Si vous êtes porteur de virus et que vous êtes dehors, si vous exclatez du virus, ça va se diluer dans l'air ambiant. Alors que si vous êtes dans une petite chambre, le virus, il ne va pas pouvoir s'échapper. Il va rester dans la pièce. Il va être beaucoup plus susceptible d'être transmis à des personnes qui seraient présentes dans la même pièce. Donc oui, il y a un rationnel à dire qu'il vaut mieux être dehors que dedans. Mais dehors, il faut quand même continuer à respecter les mesures barrières et en particulier le port du masque et la distanciation physique. Alors Gilbert Deray, on prend ces mesures et Emmanuel Macron les a prises.

Cécile Cornudet l'a rappelé après, notamment sa visite à l'hôpital de Poissy, où il a vu la marée monter en service de réanimation. Ils ne sont pas bons, les chiffres, en réanimation. Et est-ce qu'il était urgent d'agir et quel regard portez-vous justement sur ces mesures ? Alors, on appelle ça une troisième voie. Par définition, quand vous êtes dans une troisième voie, c'est-à-dire que vous entrez dans une voie que vous ne connaissez pas. Vous ne voulez pas la première, vous ne voulez pas la deuxième, vous ne voulez pas, parce que ça vient de là, vous ne voulez pas du capitalisme ou du socialisme, vous inventez quelque chose. Donc nous inventons quelque chose.

Mais attention, quand on invente quelque chose, c'est à l'arrivée qu'on sait si ces trois mois étaient la bonne. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est que les dernières mesures, pour moi, sont illisibles, totalement illisibles. Je ne sais pas exactement ce que j'ai en moi, ce que j'ai en plus. J'ai même l'impression qu'en Ile-de-France, je vais être plus libre que dans une zone où j'ai couvre-feu à 18h et confiné le week-end. Moi, j'ai plus de liberté ici, avec ce qu'on vient d'annoncer. Je vais me promener tout le temps dehors. La troisième chose, c'est que c'est trop tard, trop peu. Clairement, trop tard.

On n'attend pas que les réanimations soient au bout du désastre, car on y est, au bout du gouffre, pour prendre des mesures. Ces mesures, elles ne vont pas agir avant. Au mieux, deux à trois semaines. Rajoutez encore une ou deux semaines pour qu'on voit quelque chose dans les réanimations. De toute façon, le mur, on est dedans. On n'est pas avant, on est dedans. Et donc, finalement, si vous voulez, je m'interroge, parce que sur le plan purement sanitaire, je ne les comprends pas, moi, ces décisions. Pour une raison simple, si on avait voulu contrôler l'épidémie, c'était en décembre dernier. C'était en janvier dernier qu'il fallait agir. On n'a pas voulu.

Et on a accepté, depuis maintenant six mois, un plateau très élevé de contamination. Il faut arrêter de penser que c'est que la réa le problème, parce que sinon, ça se termine parfait, délit de réa. Ce n'est pas la réa le problème, ce n'est pas que le problème. La réanimation, c'est un symptôme, les nombres de personnes. Et c'est un symptôme tardif. Et quand vous prenez une décision médicale sur un symptôme tardif, vous avez perdu. Depuis six mois, on a accepté entre 20 et 30 000 contaminations, des dizaines de milliers de Covid longues, des séquelles à vie pour plein de patients. C'est trop tard. On est à 1166 patients en réanimation en Ile-de-France.

Est-ce que vous craignez que la marée ne continue de monter ? Et à partir de quand, dites-vous, nous serons submergés ? Et on devra faire du tri en disant, il n'y a plus de place pour vous. Ça peut arriver demain matin. Souvenez-vous déjà qu'on déprogramme à fond. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, vous avez un polytrauma. Enfin, quelqu'un, pas vous, évidemment, un polytrauma. On va chercher un lit. Il va se passer ce qu'on a connu l'année dernière, c'est-à-dire qu'on va tourner dans les hôpitaux pour trouver un lit aujourd'hui déjà. Et on déprogramme des patients de partout. On nous a demandé de déprogrammer 40% des patients. Ceux-là, il va falloir un jour qu'on les opère.

Et donc, la réanimation est déjà au bord du désastre, si elle n'est déjà. Et la deuxième chose, c'est que je voudrais rompre avec ça. Ça n'est pas qu'un problème de réanimation. Et c'est pour ça qu'il fallait faire avant. On n'attend pas que le système sanitaire soit en train de collapser pour agir. On prévient. Et vous vous interrogez maintenant sur l'efficacité de ces mesures qui, de toute façon, n'auront un effet que dans 15 jours, puisqu'entre le moment où on se contamine et le moment où on va à l'hôpital, il y a un délai de 15 jours. Je refaisais encore un tour d'Europe de ce qui a été fait en Europe. Tout a été fait en Europe. C'était assez intéressant de faire ce tour d'Europe.

On pourra essayer l'exercice si vous voulez. On sait ce qui marche, ça c'est sûr. Et on sait ce qui échoue. Ce qui marche, c'est qu'on ferme le pays. Ça, ça marche très très bien. Ça a été refait par le Portugal, par l'Italie, par une partie des pays nordiques. Et puis on déconfine progressivement. Ça, ça marche très très bien, ça. On sait ce qui est un désastre. Le Brésil ne rien faire. Et nous, on est quelque part au milieu, nous. Mais ça ne marche pas.

Appartement, vous acceptez, et moi je vais me répéter, parce que c'est important, 300 morts par jour, 25 000 contaminations par jour, des Covid longues pour les années à venir, plus l'angoisse des adultes, des enfants, les déserts psychologiques. Ça fait six mois que ça dure. Et est-ce que ces mesures vont marcher ? J'en doute fortement, parce qu'elles n'ajoutent pas grand-chose. Je crains qu'elles ne marchent pas. Rendez-vous dans trois semaines. Alors, à partir de ce soir minuit, donc un tiers des Français vont connaître un troisième confinement, un confinement nouvelle formule, on l'a dit, avec des sorties extérieures autorisées dans un rayon de 10 kilomètres, et ce, sans limite de temps.

Mais comme pour les épisodes précédents, les commerces non-essentiels, eux, vont devoir fermer leurs portes pour au moins quatre semaines. Sujet de Walid Berissoul, Juliette Vallon, avec David Lemarchand. Une fois de plus, les gares parisiennes se remplissent. Car l'heure de la rechute a bel et bien sonné. Et c'est reparti pour un mois. Près d'un Français sur trois va vivre son troisième confinement. Un terme que Jean Castex comme Olivier Véran ont pourtant essayé d'éviter soigneusement, en annonçant hier soir les nouvelles mesures qui vont s'appliquer dans quelques heures. C'est une troisième voie que nous retenons, une voie qui doit permettre de freiner sans enfermer.

Je ne sais pas quel nom il faut donner à ces mesures fortes qui sont prises pour protéger les Français. Pour l'île de France, mais aussi les Hauts-de-France, la Seine-Maritime, l'Eure et les Alpes-Maritimes, en tout pour 16 départements où vivent 21 millions de Français, c'est bien un confinement qui va s'appliquer 24h sur 24 et 7 jours sur 7. Tout déplacement à plus de 10 km est interdit et c'est le retour de l'attestation pour toute sortie du domicile. Mais confiner ne rime plus forcément avec enfermer. Le couvre-feu passe de 18 à 19h et le temps de sortie est illimité.

Pour faire du sport, prendre l'air ou parfois même faire cours à des élèves dans un parc et recevoir la visite de la maire de Paris. Plutôt satisfaite de cette version, disons, aérée du confinement.

13:05
Invité

Je constate qu'on a tiré quand même quelques enseignements. Le fait que dehors, on se contamine moins qu'à l'intérieur et que donc il y ait une liberté de déplacement plus grande, c'est un point très important et très positif.

13:20
Présentateur

Un peu moins positif, l'état d'esprit de nombreux commerçants cet après-midi, sur le point de fermer boutique pour plusieurs semaines.

13:29
Invité

C'est compliqué du coup, on essaye de s'organiser comme on peut. Donc on vous laissera un message vocal sûrement pour vous confirmer que le rendez-vous sera annulé le jeudi 25 du coup.

13:37
Présentateur

Ce salon de beauté se retrouve une fois encore dans la liste des commerces dits non essentiels.

13:43
Invité

C'est vrai que pour nous, c'est l'incompréhension totale, d'autant puisqu'on a cru comprendre que les salons de coiffure sont ouverts. Nous, on fait quand même un métier utile. C'est quand même très difficile à accepter et à vivre.

13:55
Présentateur

Un air de déjà-vu. Et une opposition qui, elle, a retenu une chose. Emmanuel Macron et son gouvernement ont perdu leur pari.

14:03
Invité

Le confinement, c'est ce que l'on fait quand on a tout raté.

14:08
Présentateur

Les Français paient au prix fort le pari perdu d'Emmanuel Macron. La plupart de nos voisins européens font mieux. C'est un fiasco terrible. Alors, l'exécutif tente de montrer le chemin de la sortie de crise avec la campagne vaccinale. Le sérum d'AstraZeneca est de nouveau autorisé en France depuis aujourd'hui, réservé désormais aux 55 ans et plus. Exactement l'âge du Premier ministre qui, cet après-midi, a retroussé sa chemise, pour l'exemple. Tandis que dans les services de réanimation des hôpitaux en Ile-de-France, il va falloir attendre encore une dizaine de jours, au moins, avant que la situation s'améliore.

14:40
Invité

Nous devons donc encore, pendant un certain délai, travailler sous pression, à flux tendu, et devoir déprogrammer un certain nombre de soins et d'interventions chirurgicales. Mais très probablement, ces mesures porteront leurs fruits. En tout cas, c'est un pari qui met les Français

15:02
Présentateur

devant leurs responsabilités. Tenir encore à Paris, tandis que les New Yorkais, eux, commencent à retrouver leur théâtre et leur cinéma. Et les Israéliens, leur bar, leur restaurant, leur concert, munis toutefois de leur passeport vaccinal. À quelques détails près, donc, l'arrivée du printemps rime là-bas, avec le retour à une certaine forme de vie d'avant. Alors, question téléspectateur, Cécile Cornudé. L'Ile-de-France va connaître 12 millions de sportifs qui ont besoin de sortir toute la journée. Oui, puisque, sur l'attestation, pour le jogging, on peut également mettre se promener. Mais seront-elles contrôlées, ces attestations ? Parce que tout le monde va être dehors ?

Oui, c'est la grande question. Jusqu'à présent, au deuxième confinement, il n'y a pas eu beaucoup de contrôles. Moi, ce que je pense, c'est que, comme c'est très compliqué de savoir exactement ce qu'il faut faire, les gens vont regarder. Est-ce que c'est contrôlé ? Est-ce qu'on est contrôlé quand on sort d'Ile-de-France ? Est-ce que la SNCF a injonction de baisser son offre de train, par exemple ? Ou est-ce que tous les trains vont pouvoir continuer à circuler, ce qui sera tentant pour les prendre et partir ? Et en fonction de ce qu'ils verront de ces contrôles, ils adapteront leur comportement à ça.

Moi, je crois beaucoup que l'efficacité va se jouer dans les contrôles ou pas qui vont être mis en place. Mais jusqu'à présent, Gérald Darmanin n'a pas eu envie beaucoup de miser sur les contrôles, ne serait-ce que parce qu'il est beaucoup pris ailleurs sur les phénomènes de bande et d'insécurité dont on a parlé à d'autres émissions. Sois-y, Kéméler, décidément, il est bien étrange ce confinement, mais est-ce qu'il n'y a pas le double risque pour Emmanuel Macron ? Un, politiquement, finalement, il revient sur sa promesse du 29 janvier qui était de ne pas reconfiner, entre guillemets.

Et puis deux, sur le plan sanitaire, on vient d'entendre Gilbert Deray et pas mal de personnels hospitaliers dire qu'ils craignent que les mesures ne soient pas assez efficaces pour étouffer cette troisième vague qui va continuer à monter quoi qu'il arrive dans les 15 prochains jours.

16:56
Emmanuel Macron

Oui, effectivement. Alors, d'un point de vue politique, pas d'un point de vue sanitaire parce que je ne suis pas compétente sur cette question-là, mais d'un point de vue politique, sa décision de la fin janvier avait été plutôt bien reçue. C'est-à-dire que c'était un moment où les Français se sentaient déjà serrés dans ce couvre-feu et finalement, c'était le chef de l'État qui donnait l'impression, alors que la France avait été, on le sait, en difficulté sur la question des masques, des tests, etc. La campagne de vaccination avait mal commencé.

On avait regardé avec envie les voisins, notamment au Royaume-Uni, qui arrivaient à se faire vacciner alors que les Français avaient attendu au début du mois de janvier que ça se lance. Et donc, le président de la République avait envie de dire finalement, j'ai réussi quelque chose. C'est-à-dire que les autres sont confinés et nous, on ne l'est pas. Mais il y a eu énormément de poids politique. D'ailleurs, ça a été abondamment commenté par ses proches, mis dans ce pari. Et c'est peut-être là l'erreur finalement. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a non seulement cette catastrophe sanitaire, notamment dans les hôpitaux en Ile-de-France qui se profile.

Enfin, ça, c'est ce que vous expliquez à l'instant, professeur. Et en même temps, il y a la question effectivement du poids politique qu'il a mis dans la décision du mois de janvier. Et ce n'est pas un hasard, d'ailleurs, si on voit si tous les candidats à la présidentielle potentiels ou déclarés se sont réveillés hier soir, évidemment, en appuyant sur cette idée du pari perdu d'Emmanuel Macron. Et c'est vrai que depuis le début, dans cette crise, le président de la République essaie de prendre ses décisions en regardant tous les facteurs.

Mais évidemment, plus on se rapproche de la présidentielle, plus il y aura cette suspicion en permanence de prendre les décisions parce que la présidentielle s'approche et parce que finalement, beaucoup dans son entourage disaient pour pouvoir être candidat à la présidentielle et être vainqueur, il faut réussir la vaccination. Et on voit bien la difficulté dans laquelle est le président de la République parce que la vaccination, alors il y a eu des facteurs exogènes bien entendu, mais ça n'avance pas suffisamment aux yeux des Français. Et de l'autre côté, ces nouvelles contraintes qui sont des contraintes, c'est vrai, un peu étranges, un peu qui vont s'éclaircir sans doute.

On va comprendre un peu mieux ce qu'est cet objet politique un peu non identifié aujourd'hui qui est ce nouveau confinement, ce troisième confinement ou ce non-confinement qui est quand même un confinement. Mais c'est vrai que c'est un ensemble, un cocktail politique qui est très délicat.

19:12
Présentateur

C'est pour ça qu'il n'utilise pas le mot confinement parce qu'il ne veut pas se dédire par rapport au 29 janvier et c'est pour ça qu'il envoie Jean Castex l'annoncer alors que c'est toujours lui qui a annoncé les confinements jusqu'à présent.

Daniel Lévy-Brulle, alors autre mesure de ce confinement, on est obligé, il va falloir qu'on trouve un nouveau mot de ces nouvelles mesures de restriction, c'est l'interdiction de se déplacer de plus de 10 km par rapport à son lieu de résidence qui fait d'ailleurs qu'on a vu beaucoup de jeunes ce matin dans les gares s'échapper si on peut dire parce que ça veut dire que tout le week-end on va devoir rester si on habite un petit appartement dans son petit appartement. Quel est l'objectif de cette restriction de circulation ? Est-ce que c'est, je ne sais pas, d'éviter les déjeuners de famille, d'aller voir ses parents qui peuvent habiter parfois 20, 30, 40 km ?

Quel est le sens, le ressort de cette restriction de circulation de ces 10 km ? J'imagine que dans cette décision il y a la prise en compte de la forte hétérogénéité spatiale, géographique qui existe encore en France entre les différentes régions.

On a des régions et en particulier trois régions qui sont particulièrement affectées avec des taux d'incidence et des charges hospitalières extrêmement élevées et puis des régions qui sont relativement épargnées aujourd'hui et donc l'idée de restreindre les déplacements lointains c'est probablement l'idée d'éviter trop de déplacements qui seraient susceptibles d'être le germe de clusters à partir de zones particulièrement touchées vers des zones moins touchées donc l'idée c'est de rester un petit peu entre soi.

Gilbert Deray il y a une décision qui a été prise c'est de ne pas fermer les écoles ça aussi vous le regrettez on sait que les cantines sont malheureusement un haut lieu de contamination.

On est dans un débat qui est très difficile qui est divisé un tranché et pourtant il faut prendre position parce que vous me parliez des autres pays dans beaucoup de pays on ferme les écoles je vais prendre position mais je voudrais souligner que ce n'est pas un débat facile parce que c'est vrai que l'école c'est un sanctuaire parce que c'est vrai que fermer les écoles ça a d'énormes conséquences mais les enfants sont des vecteurs c'est maintenant clair quand on regarde les taux de contamination plus vous êtes jeunes plus vous êtes contaminés ça démarre dès l'âge de 10 ans donc il y a un vrai problème qui est là l'école est un réservoir de contamination c'est une évidence la deuxième chose c'est qu'après c'est une balance risque bénéfice c'est d'ailleurs du sanitaire qu'est-ce qui est le plus risqué c'est de les fermer ou de les garder ouverts c'est de laisser le virus circuler mais au prix d'avoir des enfants qui sont chez eux si on voulait appliquer des mesures sanitaires claires il faudrait fermer les écoles et on a un énorme problème on en a plusieurs un, on a diabolisé le mot confinement on l'a politisé le mot confinement ça c'est une erreur le mot confinement c'est pas une insulte et la deuxième chose qui me gêne beaucoup c'est que si un enfant est confiné chez lui qui ne va pas à l'école beaucoup de professeurs et de parents vous disent ils ratent beaucoup de choses non mais c'est bien sûr c'est global et alors justement ça m'amène à mon deuxième commentaire nous regardons il faut dézoomer tout au lieu de regarder les six premiers mois de l'année 2021 regardons les deux prochaines années quel est le drame est-ce qu'il est de rester neuf mois en trois quarts confinement et maintenant quatre-dix confinements comme maintenant ou de faire deux mois de confinement total et de réouvrir le pays moi je pense que la bonne décision c'était la deuxième c'était de fermer le pays comme donc l'ont fait pendant deux mois y compris les écoles puis de déconfiner progressivement et le scénario optimiste comme quoi la vaccination va rattraper bientôt et va avoir des effets ce qui fait qu'à la fin du printemps on pourra espérer avoir les réanimations enfin l'hôpital non pour deux raisons la première c'est qu'Henri Adéviens ce qui s'est passé en Israël et en Grande-Bretagne deux pays leaders là-dessus ils ont fermé le pays et ils ont vacciné pourquoi ils ont fermé le pays d'abord parce que 300 morts par jour on les oublie on les oublie 300 morts par jour tout le monde s'en fout depuis six mois moi je m'en fous pas deuxièmement parce que je vais le redire encore parce qu'on ne dit pas assez parce que les gens ne perçoivent pas mais il y a la Covid longue qui pose problème qui va conseiller des millions de personnes donc c'est pas une bonne solution la deuxième chose c'est que pour les courbes se croisent encore faut-il vacciner nous n'avons pas un rythme de vaccination qui nous permette d'espérer c'était le pari qui était fait quand on parlait mi-avril ça ça n'est pas possible ce qu'on peut espérer si on vaccine au rythme on nous a annoncé et ça c'est loin d'être gagné parce qu'on risque de perdre AstraZeneca on nous avait dit 30 millions de personnes en juin et tous les adultes qui le veulent en septembre donc moi ce que j'attendrai c'est de jolies courbes qui commencent à s'inverser en juin prochain une assez bonne situation en septembre et il faut dire à ceux qui nous écoutent nous allons vaincre la Covid-19 d'ici 2021 le pays reprendra sa vie quasi normale en 2022 c'est ça le message et permettez-moi d'insister en disant il faut dézoomer et lever le nez du guidon il faut arrêter de regarder la semaine prochaine ou dans 15 jours arrêter de donner des dates qui n'ont aucun sens ce qui m'intéresse c'est l'état du pays à la fin de l'année pour 2022-2023 puisque j'ai une économiste en face de moi les moins x% du PIB cette année j'y connais rien je m'en fous est-ce que le pays va se redresser en 2022-2023 ?

oui et c'est ce que nous montrent les pays extérieurs ceux par exemple qui ont fait la zéro Covid rebond partout donc nous dire attention attention à l'économie il ne faut pas que ça baisse entre juin et je ne sais pas quoi entre mai et juin je m'en moque par contre alors même si on peut penser qu'il y a d'autres critères comme la santé mentale qui ont été évidemment pris en compte les suicides je vous fais un commentaire là-dessus et bien entendu mon propos ne peut être ou alors il faut qu'on reste ensemble toute la soirée qu'en partie réducteur santé mentale là encore personne ne peut me démontrer et je pense au contraire que deux mois de confinement total qui vous avez compris mon mantra plus un déconfinement propre c'est pire que neuf mois de ce qu'on est en train de vivre là la santé mentale elle s'abîme au fil des semi-confinements alors en revanche c'est vrai que ceux qui sont les victimes de ce nouveau confinement ce sont les commerces alors notamment on revient au sketch un petit peu des commerces essentiels non essentiels on n'a pas la liste arrêtée d'ailleurs des commerces non essentiels les coiffeurs ce matin c'est Gabriel Attal ils se croyaient non essentiels ils ont basculé dans l'essentiel les visées par les défleuristes hier soir aussi mais ce matin Gabriel Attal disait click and collect pour les défleuristes donc tout ça est en négociation en ce moment il y a un décret que Bercy va sortir demain pour voir qui est vraiment concerné il y a tous les lobbies qui sont à Bercy en train de dire les professions de pousser leurs intérêts c'est normal c'est des salaires c'est des vies derrière quels sont les critères qui fonctionnent qui ont l'oreille de Bruno Le Maire les coiffeurs je ne sais pas exactement quels sont les arguments mais ce qui est sûr c'est qu'on va revivre aussi dans les grandes surfaces les rayons bâchés ah oui les rayons bâchés donc toutes ces choses absurdes qu'on a connues au second confinement parce qu'en fait comme on priorise l'école pour la santé mentale des enfants pour que les parents puissent continuer à travailler du coup il faut bien qu'à partir du moment où il y a confinement que quelqu'un ferme et en fait c'est si vous voulez c'est les commerçants qui sont les sacrifiés un petit peu de ce nouveau confinement Soisique et Ménère on est en train de vivre en ce moment même on voit bien la complexité de ce dossier entre des petits commerçants qui ne comprennent pas pourquoi eux on les met dans la case non essentielle ils doivent fermer ils se demandent bien d'ailleurs ils disent chez nous on respecte le protocole et d'un autre la colère aussi de ceux qui sont confrontés toute la journée à ces malades qui meurent du Covid et qui se disent on n'en peut plus on est en train de craquer et on voit bien la grande solitude des politiques est-ce que c'est un signe d'ailleurs de voir qu'il n'y a pas d'opposition qu'on entend peu l'opposition et y compris je crois que Martine Aubry a l'air de dire bah finalement c'est pas si mal que ça ce confinement à la sauce Macron

26:54
Emmanuel Macron

et on a vu aussi Anne Hidalgo dans votre reportage c'est intéressant parce que c'est deux maires de la capitale et d'une grande métropole et elles se font le reflet des demandes des habitants de leur ville qui vivent souvent plus qu'ailleurs dans des plus petits appartements qui ont besoin de respirer et qui ont plus souffert du premier confinement où effectivement ils avaient assez peu d'espace pour supporter ce moment mais c'est vrai que autant les maires je trouve globalement alors si on laisse de côté les Alpes-Maritimes et pour les Alpes-Maritimes c'est un peu la double peine dans la mesure où ils ont été confinés trois semaines déjà le week-end et puis qu'ils ne comprennent pas très bien pourquoi ils se retrouvent dans la même situation que l'Ile-de-France et les Hauts-de-France et les départements de l'Imitrof mais sinon les élus ont plutôt Jean Castex disait mardi soir il répondait à une interview et il disait qu'il regrettait de ne pas avoir suffisamment discuté ou en tout cas trouvé de point de convergence avec les élus locaux là en revanche ça a été trouvé on voit que ceux qui protestent c'est plutôt Jean-Luc Mélenchon qui dit qu'une stratégie aurait dû être planifiée depuis longtemps puisque c'est un de ses mantras politiques la planification Marine Le Pen qui regrette ce confinement qui tombe au dernier moment donc ceux qui se sont exprimés le font vraiment dans un contexte d'opposition nationale mais en revanche si on regarde ce qui s'est passé en Ile-de-France notamment là il y a plutôt un soutien parce que de toute façon les politiques savent bien qu'ils sont devant des décisions qui sont presque impossibles désormais à annoncer à la population alors est-ce que c'est parce qu'il y a eu un palimpseste de mesures il reste toujours un bout de la mesure précédente et finalement on les empile comme un millefeuille de mesures alors là on ne sait pas si la stratégie que propose le professeur Deray c'est-à-dire un stop pendant deux mois serait mieux accepté par les Français mais c'est vrai qu'il y a une fatigue de ce millefeuille perpétuel alors il reste toujours quelque chose des restrictions précédentes et c'est vrai que le retour à la normale semble s'éloigner de plus en plus donc pour les politiques c'est très compliqué de se positionner et puis l'opposition ils ne sont pas aux manettes tout simplement ils n'ont pas toutes les informations que peut avoir le président de la République ou le gouvernement donc ils essaient de répondre au coup par coup comme les décisions sont prises au coup par coup ils réagissent aussi au coup par coup et d'ailleurs je pense que c'est la principale critique qui peut être faite aujourd'hui c'est-à-dire qu'on voit en Italie il y a des critères très nets pour savoir si on est en zone blanche en zone jaune en zone orange en zone rouge et ça entraîne des fermetures tandis que nous on a l'impression que tout est remis à plat à chaque nouvelle restriction et ça je pense que c'est très usant pour les nerfs des Français regardez on est en train de se demander qui va être ouvert demain qui quoi comment on s'organise c'est encore très très très flou et je pense que ça c'est très dur psychologiquement pour les Français

29:41
Présentateur

Daniel Lévi-Brulle est-ce qu'à Santé publique France vous mesurez la tolérance des Français l'acceptabilité des Français sur ces mesures de restrictions et jusqu'où on serait prêt à aller ? Alors on n'a pas d'enquête spécifiquement dédiée à cette question mais on pourrait le faire ce qu'on mesure de manière régulière puisque c'est une enquête qui a lieu depuis maintenant de nombreux mois chaque mois qui mesure l'adhésion des Français aux différentes mesures de limitation de la transmission le port du masque la distanciation physique etc.

Donc on voit une relative stabilité dans l'adoption de ces mesures à un niveau élevé il faut le dire la plupart des Français adhèrent à ces mesures malgré la contrainte qu'elles font poser sur la vie quotidienne bien entendu il reste une petite portion des Français qui disent qu'ils n'adhèrent pas à ces mesures ou qu'ils n'adhèrent que parfois à ces mesures on ne voit pas d'évolution nette depuis plusieurs semaines et ça va être intéressant dans les prochaines vagues de cette enquête en particulier en comparant les différentes régions puisque de plus en plus on est maintenant dans une situation à la différence de ce qu'on a connu dans la première dans la première moitié de cette crise où les mesures sont différenciées selon les régions ça va être très intéressant de pouvoir comparer la manière dont les Français adhèrent ou non aux mesures en fonction du lieu où ils habitent et des mesures qui ont été mises en oeuvre Alors pour faire retomber la pression à l'hôpital les autorités misent aussi sur les transferts de patients mais voilà ces opérations d'évacuation sanitaire sont compliquées à mettre en place comme vous allez le voir dans ce reportage de William Rouset et Pierre Dehorn Un service de réanimation sous tension dans cette clinique privée des Hauts-de-Seine Déjà 8 lises occupées sur les 12 disponibles

31:40
Invité

On a reçu deux nouveaux patients aujourd'hui un de l'hôpital de Neuilly et un patient de l'hôpital de Garches

31:47
Présentateur

Le privé prend sa part de patients pour soulager l'hôpital public Donc par exemple ici vous avez une chambre vide parce qu'on n'a pas trouvé suffisamment d'infirmières pour la faire tourner Mais le manque de personnel commence à se faire sentir et l'établissement n'aura dans quelques jours plus de capacité d'accueil Avec des services de réanimation occupés à 105% en Ile-de-France il devient urgent de les désengorger Si on a plus de malades qui nous sont proposés alors on va être obligés de faire des choix entre soigner un cancer ou soigner un Covid soigner un infarctus ou soigner un Covid En conséquence la semaine dernière le gouvernement mise sur une stratégie déjà utilisée lors de la première vague le transfert de patients vers d'autres régions moins touchées par l'épidémie L'exécutif promet une centaine d'évacuations par trains et avions médicalisés Pourtant depuis lundi seule une dizaine de patients ont quitté l'Ile-de-France Pourquoi si peu ?

Les autorités ont surestimé le nombre de patients

32:54
Invité

éligibles à un transfert selon ce médecin Il faut un véritable alignement des planètes pour que le patient puisse être transféré Premier des critères ce sont des critères médicaux bien sûr ces patients doivent être parfaitement stables Ce sont des patients qui sont très graves qui sont sous ventilation artificielle pour lesquels il y a des médicaments qui sont administrés de manière continue mais on ne veut prendre aucun risque Après il y a des critères de logistique par exemple le patient ne doit pas avoir un poids trop important parce que ça met en danger si vous voulez les phases de brancardage

33:25
Présentateur

Il faut aussi convaincre les familles Aujourd'hui la grande majorité refuse le transfert pour s'épargner la douleur de l'éloignement Eux l'ont vécu lors de la première vague Ça c'est les photos du transfert En avril dernier lorsqu'il ouvre les yeux Gérard se réveille à l'hôpital de Vannes à 500 km de chez lui en banlieue parisienne La séparation est un traumatisme Quand on m'a dit que j'étais à Vannes moi j'étais dans un trou quoi j'étais complètement perdu Je savais que le Covid on était un peu pestiféré

33:59
Invité

à ce moment-là donc les familles ne pouvaient pas approcher etc. J'étais complètement laissé c'est difficile à exprimer si vous voulez mais j'étais abandonné

34:12
Présentateur

C'est très difficile parce qu'on voudrait faire plus on voudrait être proche et en fait on ne peut pas on est coincé on est comme si on avait une porte de fermé on ne sait pas ce qui se passe derrière Une souffrance qui n'est aujourd'hui qu'un mauvais souvenir Après 18 jours passés dans l'hôpital de Vannes il est maintenant guéri et reconnaissant envers le personnel soignant grâce à eux je suis là Et eux vont répondre mais c'est notre métier mais c'est au-delà du c'est vraiment c'est vraiment c'est pas un métier C'est formidable Comme Gérard près de 650 patients ont été transférés l'année dernière pendant la première vague Aujourd'hui en France 84% des lits de réanimation sont occupés et la marge se réduit de jour en jour Alors question téléspectateurs on sait peu de choses sur le profil des nouveaux patients Pourquoi ?

Question de Gauthier à Paris Gilbert Deray Alors ce qu'on constate c'est que l'âge baisse Conséquence du variant Alors conséquence de plusieurs choses La première c'est qu'on peut imaginer c'est vrai que comme on a vacciné dans les EHPAD on a en fait une tranche d'âge qui est moins touchée ça c'est magnifique ça vous montre d'ailleurs l'efficacité de la vaccination Dans les EHPAD ça commence à aller bien si on était tous dans les EHPAD plutôt que d'être tous dehors on serait tous bien La deuxième chose c'est que Oui ça baisse et probablement pour plusieurs raisons La première c'est le variant anglais qui est non seulement plus contagieux mais plus mortel probablement beaucoup plus mortel Alors 64% plus mortel disait la fameuse étude du British Medicine Journal Ce qui est énorme et peut-être aussi et peut-être aussi en raison d'un fort relâchement parce que quand vous voulez garder des mesures contraignantes depuis novembre dernier et nous sommes en mars et probablement pour les trois mois qui viennent c'est intenable pour les Français et donc vous avez les jeunes qui se contaminent à toute allure les plus jeunes pour moi les plus jeunes c'est 10 à 30 ans et qui vont contaminer les plus âgés c'est-à-dire ceux qui vont finir en réa 40, 50, 60 ans on a des quadrigénaires et des trentenaires en réanimation dont un tiers vont mourir alors peut-être pas forcément ceux-là parce qu'ils vont tenir mieux mais quand même vous en perdez 30% les réanimations je réponds ainsi aussi aux personnes qui nous disent faites des liens de réanimation on ne va pas si vous avez 20 000 liens de réanimation on va en perdre 30% l'objectif c'est pas ça fait 7 000 morts l'objectif c'est pas de mettre des gens en réanimation c'est qu'ils ne viennent pas en réanimation donc pour répondre à votre question oui ils sont plus jeunes et ça nous inquiète est-ce que le profil est différent il y a toujours ces comorbidités l'obésité, l'hypertension est-ce que ce sont toujours majoritairement des hommes alors vous avez toujours majoritairement on a l'impression que les femmes ça commence à monter en puissance on a des gens qui n'ont aucune comorbidité qui sont en réanimation de plus en plus et la différence ça va se jouer après sur le pronostic il est évident que si vous entrez en réa que vous êtes obèse et ou diabétique votre risque de mourir est plus grand que si vous avez 40 ans en forme Cécile Candudé c'est ce discours d'ailleurs je crois que que Emmanuel Macron a entendu à Poissy jeudi ça l'a un petit peu déstabilisé enfin ça l'a amené à changer la vie ça l'a fait changer sur juste confinement le week-end ou d'essayer de trouver une nouvelle forme de confinement plus large et espertile plus efficace qui sera une autre histoire il a eu une réunion avec une dizaine de réanimateurs et il leur a demandé mais qu'est-ce que vous craignez ici quand vous parlez d'embolie de l'hôpital qu'est-ce que vous craignez et bien on craint d'avoir à choisir dans les semaines qui viennent entre des gens de 40, 50 ou 60 ans donc ça ça l'a fait bouger paraît-il alors la bonne nouvelle choisie de Kemener c'est l'autorité européenne du médicament qui a à nouveau autorisé enfin qui a considéré que le vaccin de Pfizer était sûr et AstraZeneca était sûr et efficace et du coup cet après-midi Jean Castex s'est fait vacciner alors d'ailleurs il n'était pas forcément dans les clous pour se faire vacciner mais c'était pour restaurer la confiance dans ce vaccin qui néanmoins est durablement ébranlé avec cette affaire

38:13
Emmanuel Macron

oui alors il s'était posé la question au mois de janvier au gouvernement de savoir s'il fallait se faire vacciner ou pas et Roselyne Bachelot les avait dissuadés avait dissuadé ses collègues en disant mais regardez moi j'ai été vacciné au moment de la grippe H1N1 et ça a suscité plutôt des sarcasmes plutôt qu'un élan vers les vaccinodromes pour aller se faire vacciner donc ils avaient décidé de ne pas y aller et surtout de respecter la campagne de vaccination et les étapes et notamment les âges donc il y avait assez peu évidemment même personne au gouvernement qui pouvait se faire vacciner tout de suite alors après là on est dans un cas particulier c'est-à-dire que c'est le vaccin mal aimé l'AstraZeneca et donc le geste du Premier ministre après son ministre de la Santé qui est un soignant et qui a déjà été vacciné devant les caméras l'idée c'était de donner le go ça repart on recommence à avoir des vaccins AstraZeneca alors après la difficulté d'un tel geste c'est que effectivement ça peut rassurer mais aussi ça peut donner très envie d'aller se faire vacciner on sait bien qu'on a des grosses difficultés à la fois pour avoir encore des rendez-vous et puis surtout des problèmes d'approvisionnement qui ont déjà été annoncés la semaine dernière et donc toute la difficulté c'est à la fois en politique de vouloir redonner confiance en un vaccin et en même temps au bout du bout tous ceux qui veulent se faire vacciner ne pourront pas se faire vacciner même si le geste du Premier ministre qui est plutôt une image de bonne communication politique aujourd'hui puisqu'il était un peu souriant rieur ça fonctionnait bien à la télévision mais la difficulté c'est que la réalité c'est qu'il y a énormément de gens en France qui veulent se faire vacciner pour sortir de ce cauchemar et qui ne peuvent toujours pas le faire

39:52
Présentateur

Alors Gilbert Deray ce vaccin AstraZeneca au début on se souvient on ne voulait pas l'administrer aux plus de 64 ans parce qu'on disait on n'est pas sûr qu'il marche alors maintenant on n'y comprend plus rien on ne veut pas l'administrer aux moins de 55 ans parce qu'on dit attention je cite la Haute Autorité de Santé qui a identifié une possible sur-risse de coagulation intra-vasculaire disséminée bon c'est tellement compliqué chez les personnes de moins de 55 ans alors ça veut dire quoi il ne faut pas vacciner les moins de 55 ans il va être réservé aux personnes les plus âgées on n'en est pas là d'abord je suis attristé parce que le vaccin qui est un progrès juste absolument fabuleux va nous permettre de sortir de la crise et la face lumineuse de cette crise c'est la science exceptionnelle nous sortirons de la crise grâce à la science ça j'en suis convaincu et rapidement alors deuxièmement il joue de mal je suis là d'abord c'était pas les plus de 65 ans pas parce qu'on avait un doute on n'avait pas de données c'est mal passé ça d'ailleurs dans le public et dans les médias et ensuite on s'est aperçu qu'on avait des données qui marchaient très bien chez les plus de 65 ans et là la chaise qui donne attention nos recommandations c'est pas elle qui décide ça va passer par l'agence de santé ça va passer par le ministre de la santé je sais pas ce qu'ils vont faire et alors que le MEA comme on s'y attendait a dit go ils nous mettent un warning sur les moins de 55 ans j'ai pas pu voir le détail aujourd'hui parce qu'il n'est pas encore publié le détail donc j'ai juste entendu le communiqué j'ai appelé quelques collègues et effectivement ce qu'ils pensent c'est que en dessous de 50 que tous les cas en fait de thrombose sévère en France étaient des moins de 55 ans et que donc pour cette réservoir ils pensent qu'il y a un sur-risque mais à ma connaissance sans avoir évalué le bénéfice donc j'attends le rapport complet et pour l'instant la recommandation c'est moins de 55 ans si on maintient ça en France contrairement à ce qui se fait dans le monde je vous rappelle que l'Australie va vacciner toute sa population les 25 millions avec de l'AstraZeneca que la Belgique n'a pas arrêté j'en ai plein comme ça si on maintient ça en France c'est la mort du pied-cheval donc moins de 55 ans on fait quoi on y va quand même je peux pas vous dire ça moi il y a une recommandation il va y avoir peut-être une contraindication il y a le poison du doute c'est ça c'est ça est-ce que je pense je vais vous répondre quand même est-ce que je pense que le rapport risque-bénéfice à ce jour est favorable oui c'est d'ailleurs ce que dit l'EMA j'attends de voir ce rapport et j'attends de voir ce qu'on va nous autoriser à faire Cécile Cornudet il y a des moins de 55 ans qui ont eu la première dose oui qu'est-ce qu'ils vont faire pour la seconde dose ça on sait faire ça veut dire que vous voulez vacciner avec un autre si c'est ça et d'ailleurs c'était même déjà dans l'air ça mais c'est surtout toute la stratégie l'essentiel de notre vaccin c'était l'AstraZeneca même dans les mois qui viennent donc il va falloir totalement repenser notre stratégie vaccinale si elle est déconseillée au moins de 55 ans on a bien fait de suivre l'Allemagne lundi Emmanuel Macron a bien fait l'opinion attitrée sur la démocratie et l'émotion hop il y a une émotion on arrête tout on oublie le rationnel on oublie le politique qui s'intéresse au bien commun on est sur l'émotion c'est sûr que dans un pays qui doute comme ça ça ne fait qu'accroître le doute est-ce que politiquement vis-à-vis de cette opinion si défiante il pouvait prendre le risque de dire l'Allemagne a des doutes mais moi j'en ai pas je continue je pense qu'il était presque obligé de suspendre mais c'est vrai que c'est très très contesté Daniel Lévy-Brulle votre regard de scientifique rationnel sur cette semaine chaotique concernant le vaccin AstraZeneca Oui alors c'est bien sûr extrêmement difficile de statuer dans ces situations d'incertitude sur le risque d'un produit qui est suspecté d'induire des effets secondaires très rares mais potentiellement très graves néanmoins on a un vrai signal et ça le communiqué de l'agence du médicament européenne est très clair là-dessus sur ces deux pathologies qui ont été citées qui sont des pathologies exceptionnelles mais de grande gravité les données dont on dispose en rapportant le nombre de cas observés chez les vaccinés avec le nombre de cas qu'on attend dans la population générale sont vraiment en faveur d'un excès de risque lié à ce vaccin et effectivement cet excès de risque il concerne essentiellement pratiquement exclusivement les jeunes dans la mesure où on a en France des alternatives je pense qu'il n'est pas illicite et je pense que les français seront plutôt satisfaits de dire ça reste à explorer bien sûr c'est un signal c'est pas encore une relation de causalité qui est prouvée mais c'est un signal fort et dans cette situation à partir du moment où on a les moyens d'offrir aux français de moins de 55 ans un autre vaccin je pense qu'il n'était pas déraisonnable de dire préférons un autre vaccin toute la question est de savoir si on sera effectivement dans la vraie vie en mesure d'offrir ce vaccin à tous ceux qui le souhaiteront aujourd'hui on a plutôt des bonnes nouvelles sur les doses de vaccins RN messagers Pfizer en particulier qui vont pouvoir être livrés à la France de toute façon on avait plutôt des difficultés quant aux livraisons d'AstraZeneca ce n'est un secret pour personne donc voilà si on arrive à bien pallier le déficit de vaccins AstraZeneca pour les jeunes par du vaccin RN messager je crois que tout le monde sera satisfait et que finalement la décision qui est prise de prudence de précaution en attendant les études complémentaires paraît relativement raisonnable à ce jour Daniel Lévy Brul j'aimerais qu'on vous montre une carte alors on sait que le virus se répand en ce moment la situation est très tendue en Ile-de-France et dans la région Grand Est j'aimerais qu'on vous montre la carte des départements et des régions de France les plus vaccinées en pourcentage on va voir que justement c'est la Creuse c'est l'Indre c'est l'Allier mais que précisément l'Ile-de-France et le Grand Est en pourcentage l'Ile-de-France et le Haut-de-France sont les régions où l'on vaccine le moins en pourcentage est-ce qu'il ne faudrait pas mettre le paquet en vaccin là où il y a le paquet du virus ?

Si tout à fait il faut faire attention dans l'interprétation de ces cartes il y a un facteur qui me paraît déterminant qui est la démographie comme vous le savez on a vacciné essentiellement les seniors et la répartition par âge de la population française n'est pas identique en Creuse et dans le nord de la France et donc ce qu'il faudrait c'est refaire une carte en regardant la couverture vaccinale en prenant en compte la proportion différente des sujets de 75 ans et plus et je pense que l'image serait relativement différente Très bien et bien maintenant je vous propose un petit voyage en Sardaigne la Sardaigne qui fait figure de petit paradis dans une Europe qui vit sous cloche puisque alors que toute l'Italie subit un nouveau tour de vis et bien les écoles les commerces les bars et les restaurants en Sardaigne eux sont toujours ouverts la recette de ce succès ce sont des dépistages massifs menés localement et une interdiction stricte de se déplacer entre les régions vous voyez ce reportage en Sardaigne de Juliette Perrault et Ariane Morrison

47:06
Invité

Ce sont des images que l'on croirait venues du passé des amis qui trinquent des couples qui prennent l'apéritif des serveurs qui remplissent les verres une joyeuse cacophonie devenue tellement inhabituelle que certains ont encore du mal à y croire Je m'étais tellement faite à l'idée que les bars étaient fermés que j'ai mis du temps à revenir puis j'ai commencé par aller dîner et petit à petit j'ai repris l'habitude de sortir dans les bars c'est vraiment super

47:39
Présentateur

Le fait de pouvoir sortir passer un moment avec mes amis après une grosse journée de travail ça fait du bien

47:46
Invité

Et même si le bar doit refermer ses portes à 21h tous ont l'impression ici de regoûter un peu à la vie d'avant On a fait de la vente à emporter et de la livraison mais ce n'est pas du tout pareil Notre travail c'est le contact avec les gens c'est ce qui nous donne l'énergie pour travailler Un sentiment de légèreté qui gagne toute la Sardaigne depuis trois semaines Vidée de ses touristes l'île italienne affiche un taux d'incidence d'à peine 40 cas pour 100 000 habitants une zone blanche où peuvent rouvrir les bars, les restaurants et même les cinémas et les théâtres

48:24
Présentateur

Ici au lieu de faire le mouvement comme ça je fais ça

48:31
Invité

Au théâtre Massimo de Cagliari les acteurs ont repris le chemin de la scène et ils ont hâte de retrouver leur public

48:39
Présentateur

Jouer devant un public c'est notre métier On sent la présence du public les gens qui discutent avant qu'on entre en scène pour une fois on a même envie de les entendre discuter et sentir qu'il y a des gens même s'ils font du bruit qu'on puisse se dire

48:58
Invité

ah enfin ils sont revenus Le directeur lui se laisse encore 10 jours avant de rouvrir son théâtre le temps de finaliser la programmation et de s'aligner sur les nouvelles directives sanitaires

49:14
Présentateur

On a mis en place ces petites tables pour respecter

49:18
Invité

la distance physique imposée entre les spectateurs On a fait ça un siège sur deux et entre chaque rangée Un allègement des restrictions qui fait craindre à certains une reprise de l'épidémie Alors pour garder le contrôle les autorités ont décidé d'organiser de grandes campagnes de dépistage à l'échelle de toute la Sardaigne Regardez droit devant vous restez bien sans bouger Ce jour là autour des habitants de Célardios de pouvoir se faire tester gratuitement Combien de personnes

49:51
Présentateur

sont passées depuis ce matin ?

49:52
Invité

Pas loin de 1000 Une opération qui sera répétée d'ici la fin de l'année Ça va nous prendre

49:58
Présentateur

environ 3 mois 3 mois et demi pour aller de province en province Cet été on va mettre le processus sur pause parce que c'est une période où l'on vit beaucoup dehors où l'on se contamine moins

50:08
Invité

Mais dès la rentrée

50:10
Présentateur

avec la reprise de l'école on va reprendre le dépistage de façon très intensive

50:13
Invité

Garder le contrôle localement mais aussi vis-à-vis de l'extérieur à l'aéroport de Cagliari toutes les arrivées sont désormais contrôlées impossible de poser un pied sur l'île sans test négatif y compris en provenance du reste de l'Italie

50:29
Présentateur

Ça demande un peu de temps là le vol a eu du retard parce qu'une personne n'avait pas rempli tous les papiers

50:35
Invité

Ceux qui n'ont pas suivi la procédure ont le choix entre passer un test antigénique à l'arrivée ou se mettre en quarantaine un dispositif qui pourrait être maintenu cet été Tous les voyageurs sont négatifs ?

50:46
Présentateur

Oui, tous négatifs Parfait

50:48
Invité

On est en train de voir si ce système peut marcher y compris avec l'afflux de voyageurs que nous avons l'été On réfléchit aussi à une coopération entre les régions d'Italie pour que les personnes qui arrivent en Sardaigne aient déjà fait leur test ou aient déjà fait valider leur certificat de vaccination Objectif pour les autorités ne pas revivre l'échec de l'année dernière quand la Sardaigne victime de son succès avait connu une reprise de l'épidémie dès la fin de la saison estivale

51:26
Présentateur

Soisic Kemalair quand on voit ces images d'abord elles font envie mais on voit qu'en Israël les restaurants les bars ont rouvert on voit qu'à New York je ne sais pas si vous avez vu hier ce reportage dans le journal de 20h les cafés rouvrent parce que les gens sont vaccinés et que ça y est on est en sortie de crise qui est en train de se manifester il y a eu 100 millions de doses injectées aux Etats-Unis contre 7 millions chez nous est-ce qu'il y a un moment pour Emmanuel Macron ces images de bonheur retrouvées chez nos voisins ne risquent pas de lui en faire le reproche en disant et nous ?

51:59
Emmanuel Macron

bien sûr lui il lisait sur une autre comparaison c'est-à-dire les autres étaient confinés et nous ne l'étions pas alors là c'est vrai qu'en Italie la situation est très contrastée c'est-à-dire qu'en Sardaigne ça va plutôt bien ils sont en zone blanche mais en même temps le Latium, la région de Rome et quasiment les trois quarts du territoire ont été reconfinés la semaine dernière les bars, les restaurants on avait commencé à avoir des reportages ça a été refermé après Israël c'est vrai que c'est un modèle dans la gestion de cette crise mais c'est aussi parce qu'ils peuvent fermer les frontières parce qu'ils ont peu d'habitants 14 millions de mémoire on est sur un territoire beaucoup plus facile sur un nombre de personnes beaucoup plus facile à vacciner évidemment eux ont géré leur achat de vaccins c'est ça aussi le reproche qui sans doute sera présent dans l'année qui va venir c'est-à-dire le choix d'avoir fait ces achats de vaccins en commun par l'Europe est-ce que pour autant on aurait vu plus de vaccins si la France en avait acheté directement on ne le sait pas et on voit d'ailleurs que c'est la stratégie de réponse de Clément Beaune le secrétaire d'Etat aux affaires européennes qui est très présent sur ce dossier justement pour défendre la politique européenne et le choix qui a été fait mais c'est vrai que en comparaison il va y avoir un moment où les Français vont commencer à regarder évidemment ce qui se passe ailleurs parce que les beaux jours vont arriver parce que tout le monde attend cette libération et c'est vrai que pour l'instant si on regarde par exemple en Allemagne ils vont être reconfinés ils sont plutôt dans une stratégie de resserrement ils ont aussi des difficultés de vaccination donc le voisin allemand avec qui on se compare très souvent n'a pas de vraiment meilleur résultat que nous en ce moment précis même si au début de l'épidémie c'était pas tout à fait la même chose donc évidemment ces images font envie mais pour l'instant elles sont hélas assez peu répandues

53:42
Présentateur

sauf que Cécile Cornudet chez nos voisins en Allemagne ce sont les lenders souvent qui prennent des décisions agréables ou désagréables en Italie aussi c'est souvent l'administration chez nous tout remonte à Jupiter et donc il est redevable de tout des bonnes mais des mauvaises nouvelles ça c'est sûr il y a eu des débats quand on a comparé les pays sur quels étaient les types d'organisations qui fonctionnaient le mieux et en réalité en Italie où c'est très fédéral ça n'a pas mieux fonctionné parce que ça a créé plein de problèmes mais même en Allemagne il y a eu des polémiques parce qu'elle n'arrivait pas Angela Merkel à prendre des décisions rapides parce qu'à chaque fois il fallait qu'elle les négociait avec Delender donc de ce point de vue de l'organisation je ne sais pas si ce sera forcément défavorable à la France du point de vue effectivement de la campagne vaccinale ce choix européen c'était très fort chez Emmanuel Macron parce qu'il veut vraiment mettre ça dans sa campagne présidentielle à lui que son côté très européen et il a voulu faire après les échecs des masques la démonstration avec les vaccins que l'Europe ça marchait et en réalité peut-être qu'en s'arc-boutant sur ce choix-là il a fait la démonstration inverse en tout cas jusqu'à présent la comparaison avec l'Angleterre qui est sortie de l'Union Européenne est dramatique pour l'Europe parce qu'ils en sont à un vacciné sur deux alors que nous on n'est même pas à un sur dix c'est le fameux titre Brexit 1 Bruxelles 0 Allez tout de suite on revient à vos questions Soisic Kéméder comment expliquer la popularité d'Emmanuel Macron alors qu'il a raté les masques les tests et maintenant les vaccins Question de Pierre qui vit à Prague en République tchèque on nous suit là-bas

55:19
Emmanuel Macron

Oui C'est une éternelle question ce que disent les politologues les spécialistes des sondages c'est qu'en fait c'est un soutien parce que c'est lui qui est aux commandes donc il y a un réflexe un réflexe de corps il a expliqué qu'on était en guerre il y a un non donc c'est un peu ça l'idée c'est-à-dire que les gens se mettent derrière ceux qui décident ils font bloc derrière le président de la République enfin pour une partie il est populaire il est plus populaire que certains de ses homologues au même moment de son quinquennat au même moment pardon de son mandat après la question c'est qu'est-ce qui se passe quand on appuie sur le bouton qui annonce la fin des aides sociales enfin des aides globalement aux entreprises on sait bien que l'économie elle est sous perfusion actuellement qu'est-ce qui se passe quand on arrête tout c'est ça la question est-ce que c'est de la est-ce que c'est de la popularité de réserve et puis tout d'un coup tout tombe ça on ne le sait pas et d'ailleurs c'est la grande question la fin du quoi qu'il en coûte à quel moment ça va intervenir est-ce que ça intervient après l'été est-ce que ce sera plus tard est-ce que ce sera avant la présidentielle donc c'est un peu une popularité en suspens mais qui pour l'instant le protège un petit peu c'est vrai

56:24
Présentateur

Daniel Lévy brûle Jean Castex a dit qu'on entrait dans une forme de troisième vague pire qu'en janvier point d'interrogation est-elle pire qu'en janvier ?

Non d'abord on a le vaccin on a les vaccins même et ça je pense que ça va quand même faire une grande différence on le voit déjà comme ça a déjà été mentionné sur nos chiffres mais les hospitaliers le voient tous les jours on voit déjà un impact sur les admissions pour les sujets âgés ça va continuer à augmenter cet impact au fur et à mesure qu'on va continuer à augmenter la couverture vaccinale donc ça ça va faire une grande différence c'est vrai que le pari qui avait été fait de cette course de vitesse entre les variants et les vaccins et bien malheureusement aujourd'hui c'est plutôt 1-0 pour les variants mais très rapidement je pense que la bataille va s'inverser et que ça sera les vaccins qui vont l'emporter la limite c'est la disponibilité des produits je crois pas qu'on puisse dire que la France a été mauvaise là-dessus je crois qu'on se bat avec toutes nos armes pour essayer d'améliorer au niveau national comme au niveau européen pour améliorer la disponibilité de ces produits il y a une forte demande donc c'est une excellente nouvelle rappelez-vous ce que disaient les sondages à l'automne on craignait c'est que la population ne souhaite pas se vacciner aujourd'hui c'est le contraire la population attend les vaccins on espère qu'ils vont arriver et je pense que ça ça va permettre à ce que l'évolution peut-être pas dans les 2-3 semaines qui viennent qui sont cruciales je l'entends bien mais si on veut réfléchir un petit peu plus en avant l'évolution va être différente de ce qu'on a connu dans l'absence de vaccins en 2020 Cécile Canudé quelles sont les conséquences économiques de ce nouveau confinement ça a été évalué par Bercy qui parle d'un milliard d'aides en plus par mois de ce qui est dépensé aujourd'hui je crois qu'on est à 7 milliards par mois sur toutes les mesures aujourd'hui de restrictions fermetures des restaurants de tous ces secteurs-là là ça rajoute un petit peu plus après si ça ne dure pas trop longtemps les projections économiques ne sont pas remodifiées jusqu'à présent mais c'est sûr qu'on est loin loin loin de sortir du quoi qu'il en coûte et Sozé Kemener en parlait tout à l'heure il y a beaucoup de choses qui resteront jusqu'à la présidentielle de 2022 tout ce qui est aide à l'embauche des jeunes aide à l'apprentissage année blanche pour les artistes pour pouvoir sortir sur l'été ce quinquennat ça c'est sûr Pourquoi ne pas mettre en place des hôpitaux militaires Gilbert Deray ?

Ça avait été fait l'année dernière mais il ne faut pas non plus sous-estimer cette possibilité les hôpitaux militaires on ne va parler que de réanimation pour le reste on va assurer les hôpitaux militaires ça ne va pas apporter une aide qui va être considérable ce n'est pas quelques dizaines de lits supplémentaires en réanimation qui va changer la donne et donc ça ne suffira pas Cherche-t-on à préserver les vacances d'été avant de replonger en automne comme l'an dernier Daniel Lévy-Brul est-ce que vous avez cette impression que ça peut revenir en automne et puis l'an dernier l'été on avait passé des jours heureux d'ailleurs on nous avait expliqué avec le beau temps il y a moins de virus Attention à ne pas surestimer l'impact de la saisonnalité et les températures sur le virus d'ailleurs on l'a vu cet été dès le mois de juillet dès la mi-juillet nous avions des chiffres qui montraient que nous allions dans le mur on y allait tout doucement certes mais nous avions vous connaissez maintenant je crois tout le monde ce fameux R le taux de reproduction il était supérieur à 1 depuis la mi-juillet donc le virus circulait comme on a eu l'effet il est au-dessus de 1 là le R évidemment il est au-dessus de 1 aujourd'hui comme on avait l'effet bénéfique d'un confinement dur et bien nous partions de très bas donc on a pu tenir pendant de nombreuses semaines avant de revenir à une situation critique mais au fond l'été n'a pas été aussi serein que le souvenir que nous en gardons en tout cas du point de vue de nous épidémiologistes il ne l'a pas été et je redis ce que j'ai dit pour terminer je pense que ce qui va changer la donne cet été par rapport à l'été qu'on a connu à l'année dernière c'est les vaccins ça je pense que certes aujourd'hui on n'en voit pas encore suffisamment l'impact parce que la couverture vaccinale est insuffisante mais sauf accident d'ici là en termes de livraison des vaccins à l'été on peut espérer qu'on pourra enfin respirer ça ne sera pas à partie gagnée on n'aura pas vacciné toute la population française mais je pense qu'on aura vacciné une très grande partie si ce n'est la majorité des sujets les plus à risque et ça ça peut permettre de laisser circuler le virus beaucoup plus que ce qui était permis l'année dernière parce que le fait que le virus circule un peu en soi-même n'est pas un problème tant qu'il n'induit pas un nombre de formes graves qui dépassent qui débordent des capacités de présence à l'hospitalière Soisic Kemener a-t-on le droit de se réunir dans la limite de 6 adultes à domicile en journée ?

question de Terrence alors à Paris je précise puisque c'est important et la sous-question c'est d'ailleurs est-ce que ce n'est pas problématique que ces règles sont tellement subtiles et changeantes qu'on ne les connaît plus ?

1:01:51
Emmanuel Macron

oui bien sûr dans l'idée c'est toujours la même chose c'est-à-dire vous avez le droit à votre vie privée et la police ne va pas venir chez vous compter le nombre de convives présents mais l'idée du gouvernement évidemment c'est de plutôt appeler les gens à se retrouver en extérieur à distance en respectant les gestes barrières et donc c'est vrai que ces règles il y a des choses qu'on retrouve l'attestation mais il y a aussi des repères qu'on perd à chaque fois qu'il y a des nouvelles mesures et puis c'est vrai que c'est des mesures qui sont finalement très intrusives c'est-à-dire qu'on a quand même une conférence de presse hier qui nous a pas dit d'ailleurs clairement quels étaient les commerces ouverts ou pas ouverts mais le gouvernement va jusqu'à dire si les coiffeurs ou pas sont ouverts c'est vrai que le gouvernement va dans un luxe de détails très intrusif et du coup on a l'impression qu'il s'occupe d'absolument tout dans la vie privée des français

1:02:41
Présentateur

Gilbert Deray troisième confinement et je vois toujours des gens dans la rue qui ne portent pas de masque et qui se parlent à moins d'un mètre remarque de Nicolas à Paris vous avez l'impression qu'il y a un relâchement et ça vous désole ?

c'est obligatoire ça fait maintenant un an qu'on est dans la crise plus d'un an et ça fait six mois qu'on est soumis à des restrictions donc évidemment qu'il y a un relâchement qui est absolument inévitable qu'il faut combattre répéter les règles au fur et à mesure c'est-à-dire que la distance est importante le masque vous regrettez qu'il n'y ait pas eu de mesures suffisantes pour faucher cette troisième vague qui va vous déborder c'est très clair oui oui c'est très clair alors de sa durée de fer en décembre dernier ou en janvier dernier il fallait casser cette deuxième vague mais dans une situation qui est compliquée on va s'en sortir je le crois aussi grâce au vaccin mais c'était avant qu'il fallait casser tout ça merci beaucoup d'avoir participé à cette émission je rappelle que C'est dans l'air est disponible en podcast audio comme on dit sur toutes les plateformes je vais les dire Deezer, Apple Podcast Castbox et Spotify merci de votre fidélité vous restez sur France 5 à suivre c'est à vous c'est à vous